Luttes
Durée de lecture : 7 minutes
Lors de la manifestation à Paris, le 17 octobre 2026. - © Valentina Camu / Reporterre
Transmission de connaissances et appui logistique : depuis le début des mobilisations lycéennes, des organisations écolos ont fait le choix d’apporter leur soutien. Dans la rue le 17 octobre, elles ont continué à faire le pont entre les revendications.
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Kaméra Vesic, 53 ans ... La fondatrice de l’association PikPik, en Seine-Saint-Denis, a répondu présente aux appels de convergence lancés par les mouvements lycéens et étudiants. Les publics de son association d’écologie populaire, « ce sont les mamans et les jeunes du 93 », précise la militante, qui accompagne des familles « sur des problématiques d’alimentation, de mobilité, de chauffage, mais aussi de manque de débouchés pour les jeunes ».
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Une convergence dont la militante écologiste Greta Thunberg est venue faire la démonstration, dès le 13 octobre, en se rendant aux côtés des lycéens de Paul-Éluard à Saint-Denis, puis dans la rue avec les manifestants.
S’unir pour un « avenir vivable »
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les initiateurs du Mouvement du 26 septembre « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » ont décidé d’orienter leur prochaine mobilisation annoncée le 14 novembre. « L’enjeu, c’est l’avenir de notre jeunesse, et même le nôtre, adultes : est-ce que je trouverai une filière après le bac ? Est-ce que j’aurai une retraite ? Ma maison va-t-elle se fissurer sous l’effet de la sécheresse ? » résume Benjamin Ball, cofondateurice du Mouvement du 26 septembre.
« Créer de la confiance et de la réciprocité »
Ernest [1], d’XR Paris. Des « guides antirépression » ont été distribués lors des blocus et en manifestation. En amont de la journée de samedi, des formations de « street médic » ont aussi été dispensées « à plus de 400 personnes ».
« On réclame tous un avenir »
« Comme le gouvernement n’a aucune vision globale, il répond par le jeu de la répression », ajoute Christophe Van Hoorne, secrétaire national de la Confédération paysanne
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Vipulan Puvaneswaran, militant des Soulèvements de la Terre et de Génération panasiatique.
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L’« acte II » est déjà annoncé, le samedi 24 octobre. Pour Sylvine Bouffaron, salariée de Greenpeace France mobilisée à Lyon, le choix est déjà fait : « Être du bon côté de l’histoire, c’est être dans la rue avec les lycéens et les travailleurs qui demandent des conditions de vie dignes. »
Ndlr : image du mouvement social de GPF sans que ça soit clairement indiqué. Dénoncer ACT
Mardi 20 octobre 2026 - La Terre au carré / Par Mathieu Vidard
Gaspard Koenig, philosophe, propose de repenser la liberté, la propriété ou encore la démocratie à l’aune de l’habitabilité de la Terre et de nos interdépendances avec les écosystèmes.
Avec Gaspard Koenig Philosophe, écrivain
Pour Gaspard Koenig, bureaucratie et crise écologique relèvent d’une même logique : la volonté de tout contrôler et de normaliser. Notre conception de la liberté, réduite à l’autonomie individuelle, ignore notre dépendance aux milieux naturels. Face à l’effondrement de la biodiversité et au changement climatique, la philosophie politique doit intégrer les interdépendances entre humains et écosystèmes.
Le sol se transforme en permanence : il décompose la matière organique morte et la rend disponible pour de nouvelles formes de vie. La rencontre avec les lombrics et la découverte de l’humus inspirent à Gaspard Koenig une règle fondamentale : ne produire que ce que l’on sait défaire et réintégrer dans les cycles naturels. Cette règle implique de renoncer aux productions qui ne peuvent être réintégrées dans les cycles naturels, comme les microplastiques, les PFAS, les pesticides ou encore les déchets nucléaires.
Il appelle à la désobéissance pour résister à la bureaucratie qui standardise les pratiques et étouffe la spontanéité. La désobéissance permet, selon lui, de laisser surgir le vivant, de retrouver un rapport sensible et charnel avec la nature.
A lire : La Désobéissance du radis, Gaspard Koenig et Etienne Appert, éditions La Boîte à Bulles (via le label Pictavita), 2026
À écouter
L'hypertourisme ou le démesure mondiale
La Terre au carré
France Inter
38 min
Références Littérature française Idées Mathieu Vidard Gaspard Koenig Environnement Arts et Divertissement Biodiversité Écologie BD – Manga Bandes dessinées – Romans graphiques
L'équipe
Mathieu Vidard, Journaliste français
Éléonore Thévenot, Stagiaire
Anna Massardier, Attaché(e) de production
Lucie Sarfaty, Chargé(e) de programme
Jérôme Boulet, Réalisation
Joelle Levert, Attaché(e) de production
Jean-Philippe Veret, Attaché(e) de production
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/LFI loue son programme, le plus écologique, le plus réaliste, aux autres mouvements de faire de même ... mais a peur de son autoritarisme ...
/ critique sobriété : jouir différemment, pas dans une tempérence, coucher de soleil, jouir de rien sans honte, pensée de la jouissance ... pensée des passions joyeuses ... jouir de la nature ... décroissance ou non croissance, entropie, insécable, objet là pour toujours, en plus du reste du monde ... état stationnaire, humuser, recycler en permanence, plus besoin d'extraire de la matière première,
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Chronique de Mamadou Denbele??
achat évité
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attention aux effets rebonds ... jeter ou donner avant d'acheter ...
facilité à vouloir abolir le capitalisme, décorréler l'économie de marché et l'extractivisme ... être écolo et favorable à une économie de marché régulée de façon à être stationnaire ... agroécologie, point de départ pour que notre milieu de vie reste habitable ... planification ou règle simple, plus de chimie dans les sols, on donne les outils, PAC, traités de libre-échange sans clauses miroir ... intégrer les externalités ... marché pour échanger dans la liberté, favorable à un revenu inconditionnel ... revoir profondément les règles qui régissent notre société mais ne pas abolir les mécanismes qui permettent de passer à l'échelle ... /son périple à cheval, plus de gr en allemagne ... tous les chemins étaient des gr, la propriété porte des obligations à ouvrir sa propriété ... pouvoir se promener partout est essentiel, capacité d'errance ... le droit de propriété ne peut survivre que si on l'amende pour ne pas laisser le droit de détruire ... préserver ce droit émancipateur => le corriger et l'adapter ...libéral s'oppose au régime monarchique ... devenu néolibéral qu'il rejette complètement ... a renoncé à la politique en 2022, belle expérience, a compris que 2 métiers différents ... a retrouvé capa créatrice disparue à représenter un collectif ... débat, combat des idées, séparé du combat politique ... critique de l'élection présidentielle au suffrage universel, infantilisant, peu démocratique ... nos constitutions n'ont à l'apas de clause de fin ... l'institutionnel explique des malheurs de ce pays, autonomie locale, croit à ??
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q / l'intelligence collective croit à la délibération permet de créer solutions pérennes car acceptées par tous, les communs ça marche ... convention citoyenne super si appliquée ... impressionné / démocratie directe en suisse : on devient responsable ... panneaux solaires autogérés / communauté ... redistribution organisée pour que personne ne soit lésé ... paille, ossature bois, dissoudre, on peut se faire plaisir ... farfelu, architecture régénérative ... village italien envahi / forêt ... dissout par le vivant, digérer ...
contraindre à suivre la règle d'or de vilnus?? ... normes simples plus puissantes ... ex fin véhicules thermiques en 2035 ... pas d'accord avec la politique européenne actuelle ... simple et la même pour tous est acceptable, a voté eelv aux européennes ... les citoyens in fine
écon de marché régulée possible ? quelle est l'alternative ... des coopératives, 1 homme, 1 voie, consensus ... enjeu de cette BD forger des utopies.
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#urgenceclimatique #greenpeace #écologie
La création de Greenpeace est probablement l’aventure la plus héroïque et la plus captivante du 20ème siècle. Greenpeace a non seulement inventé le concept de l’écologie mais a également transformé les relations politiques internationales.
Puissants aujourd’hui, ce n’est au départ qu’un petit groupe de militants, guidés par la vision d’un monde propre et vert. Fondée en 1971 sans ressource, Greenpeace ne fait peur à personne.
Sa stratégie? L’action directe, les images chocs, la méthode sera la clé du succès. Ses militants vont réussir à capter l’attention du public en s’opposant par l’action aux gouvernements et en se rendant directement sur place, quitte à risquer la prison ou même la mort.
Grâce à des images d’archive inédites et aux interviews des principaux acteurs de Greenpeace, ce documentaire de 52 minutes se propose de plonger au cœur du fonctionnement de la célèbre organisation et d’analyser sa stratégie ainsi que les nouveaux challenges auxquels elle se retrouve confronté aujourd’hui.
Documentaire : L’aventure Greenpeace
Réalisation : Thierry de Lestrade
Production : What’s Up Films (2011)
#documentaire #documentairegratuit #documentairehistoire #slicequi #slice #histoire #greenpeace #écologie #militantisme #environnement #activisme #nature #planète #océan #baleines #pollution #écosystème #biodiversité #urgenceclimatique #réchauffement #engagement #protection
Connu / TG
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[09/09/2026 12:22] GIL: https://m.youtube.com/watch?v=SpFqbWU0hv8
Une vidéo où l'on voit l'ancien directeur Bruno Rebelle et un des fondateurs Rémi Parmentier
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LES JEUNES, N'AYEZ PAS PEUR, allez-y, changez le monde !
Les incendies de l'été ont touché l'économie du tourisme, en particulier en Gironde.
Publié le jeudi 20 août 2026 à 08:20
France Inter
23 min
L'invité de 8h20 : le grand entretien
Par Alexis Morel
Méga-feu, canicule interminable, manque d'eau : ces phénomènes extrêmes ont fortement perturbé les vacances des uns, les soirées et les festivals des autres. Tout ce qui faisait jusqu'à maintenant l'insouciance de ces mois de juillet et d'août. Les deux mois de l'été vont-ils changer de visage ?
Avec
- Joëlle Zask Philosophe, maîtresse de conférences à l'université Aix-Marseille, membre de l’Institut universitaire de France, spécialiste du pragmatisme, de philosophie sociale et de démocratie participative.
- Christelle Chassagne présidente d’ADN Tourisme, et du comité régional de tourisme de Nouvelle Aquitaine
- Vanguélis Panayotis Consultant, directeur des opérations de MKG Group et Président de MKG Consulting et OlaKala
Où sont allés les touristes cet été 2026 ? Selon Vanguélis Panayotis président de MKG consulting "les grands classiques de bord de mer fonctionnent toujours très bien, mais il y a un boom de la Manche, la Côte d'Opale avec 10 % de fréquentation en plus en deux ans, ce qui s'explique par le climat tempéré mais aussi par des sujets de pouvoir d'achat." En Gironde, touchée par un mégafeu qui a ravagé l'impact économique dans les zones sinistrées ou simplement évacuées, est de 60 millions d'euros, mais "les pertes seront largement supérieures parce qu'il y a tout l'impact en dehors des zones touchées, avec notamment la question des fumées", explique Christelle Chassagne du comité du tourisme de Nouvelle-Aquitaine.
"Si on doit rester à l'intérieur pendant nos loisirs, pendant nos vacances, cette occasion sera perdue"
La vie en extérieur, qui était le plaisir de l'été, devient synonyme d'inconfort : cet été caniculaire a été synonyme d'annulations de festivals, de fêtes de villages, de feux d'artifice. "Beaucoup d'événements estivaux ont lieu en extérieur. Et l'extérieur est aussi généralement un moyen de créer une connexion avec notre milieu, avec notre environnement, avec les lieux que nous traversons. Si on doit rester à l'intérieur pendant nos loisirs, pendant nos vacances, cette occasion sera perdue", analyse Joëlle Zask, philosophe, auteur de "Quand la forêt brûle : repenser la catastrophe écologique".
Selon elle, "c'est grave, et problématique, et il est vrai que rester entre quatre murs, dans un espace climatisé, peut générer des attitudes qui seront encore plus catastrophiques. à l'égard du tournant écologique qu'il est urgent de prendre. Il faudrait être dehors pour comprendre le milieu qui est menacé aujourd'hui." La philosophe estime que le changement climatique peut nous amener à revoir notre calendrier, en particulier les deux mois de l'été jusqu'ici sacralisés.
À écouter
Nécessaires mais moins chères : les vacances, ce n’est plus comme avant
Le téléphone sonne
France Inter
40 min
"Le calendrier scolaire qui est intouché depuis 60 ou 70 ans, ou peut-être davantage, mais en réalité, c'est quelque chose qui pourrait être réfléchi", dit Joëlle Zask. La présidente du comité du tourisme de Nouvelle-Aquitaine estime que c'est "une question essentielle" et en particulier pour "la gestion des flux touristiques, la filière est résiliente, c'est même la base des professionnels du tourisme, c'est leur capacité d'adaptation."
Références Incendies Vacances Info Environnement Économie Écologie Entreprises – Marchés Tourisme
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4% de la Gironde touchée par les incendies ... coolcation (vacances au frais) ... regain très fort de la ruralité, de la montagne ... Bretagne et Côtes du nord en passe de devenir la nouvelle Côte d'Azur ... le bouleversement climatique bouleverse nos vies ... le tourisme en soi, est déjà un problème. Est-ce qu'on va continuer à se déplacer comme on le fait ? Est-ce qu'on aura besoin de temps libre ? ... reprendre notre copie, changer de grille d'appréciation, de valeurs, de plaisirs, de jouissance. Est-ce en train de se produire ? Ne sait pas. ... il ne va pas y avoir de retour à la normale. ... Qu'on repense de manière communautaire, collective, raisonnée, nos modes de vies, qu'il s'agisse du travail ou de nos vacances. ... vie en extérieur ... des fêtes de villages sans feux d'artifice ... spectacle de drones ... comment accompagner la transition écologique tou en restant inventifs et imaginatifs ? ... L'empreinte carbone tourisme est 75% plus intense en carbone que la consommation classique en France ... on ne pourra plus aller à la plage par 40°C, faire de l'accrobranches en plein cagnar ... tout le monde a bien conscience de l'empreinte carbone. Sauf que partir en train coûte beaucoup plus cher qu'en voiture ... On va de records en recors depuis 2022 sur le nombre d'avions en simultané dans le ciel ... Le tourisme a un impact sur la sécheresse qui a un impact sur l'intensité des feux ... on est à l'hôtel, on met un peu plus la clim, on consomme plus d'eau dans la douche ... le secteur prend ça de manière très sérieuse. On rembourse ceux qui ne viennent pas en voiture, on incite à ne pas jeter votre serviette ... Comment accompagner ? On ne peut pas répondre aux pb du 21ème siècle avec les moyens du 20ème. S'adapter au climat. Comment on conçoit le tourisme ? Retravailler le récit des vacances ... la canicule, le cc redessine la carte. Ya 2 sujets : - l'atténuation. Il faut s'adapter absolument mais ce n'est pas suffisant. Donc il faut atténuer aussi, notamment les émissions de gaz à effet de serre, la limitation des déchets. Ça fait des années qu'on travaille avec Alain Rousset sur les vacances responsables en NA ... des nocturnes ... géocatching Terra-adventura, chasse au trésor incroyable ... modifier nos horaires d'ouverture ... organisation, diversification des activités notamment en montagne car il y a plus de fraîcheur ... les risques arrivent aussi sur nos domiciles ... impacter le moins possible les territoires que l'on visite ... surtourisme ... ne plus promouvoir destinations surfréquentées ex la dune du pilat ... préréserver des destinations, des créneaux pour éviter la surfréquentation ... marche pour le respect de la biodiversité, les espaces naturels. Mettre en avant les mobilités décarbonées, des séjours bas carbone. Comment on vient en vacances sans sa voiture ... Le voyage commence au bout de la rue ... aller moins loin et découvrir ... renoucer à des images estivales ... La montagne ne sera pas une solution à long terme, une des zones les plus impactées ... L'adaptation est très juste à l'échelle individuelle. Mais à celle de nos enfants et petits-enfants, que faire ? Tirer le signal d'alarme. Repenser le tourisme en profondeur. Mais que les touristes soient aussi éduqués, informés, introduits à la nature, aux milieux fragiles ... responsabiliser, conscientiser ... La nature est leur outil de travail, une mer translucide, a de la valeur. Des gens locaux, passionnés, attachés. La fonte des glaciers est le drame chaque année. Paradoxe d'une prise de conscience de tout le monde. Mais ensuite ya les arbitrages du pouvoir d'achat ... calentrier scolaire ... une pédagogie active qui sensibilise les enfants à ce qu'est la nature, les milieux, l'écologie finalement. Les enfants font partie de l'écosystème ... optimiser la gestion des flux touristiques ... dérèglement climatique ... sujets de la prochaine présidentielle ... penser à ceux qui ne partent pas en vacances
Ndlr : pour une fois, le volet atténuation du réchauffement climatique est traité à côté de l'adaptation qui ne suffit pas. Et l'écologie est présentée de manière positive.
Cependant, des éléments nuancent ce fait comme l'emploi de "changement climatique" au lieu de réchauffement.
Et dans la logique exposée ici par la région notamment à propos du train, elle devrait accélérer la reprise d'Angoulim ! ACT
Entretien — Nature
Mis à jour le 8 avril 2024 à 15h02
Durée de lecture : 11 minutes
Nature Agriculture Le Monde d’après
Agriculture bio, non-labour... Les solutions sont là, déjà, amassées grâce à l’écologie et les sciences du vivant. Mais « on ne pense pas au vivant », regrette le biologiste Marc-André Sélosse, auteur de Nature et préjugés.
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la question c'est la dignité humaine ... pour nous biologistes, c'est Lamarque qui a établi la théorie de l'évolution ... principe qu’on appelle « la tragédie des biens communs », qui a été formulé en 1968 par l’écologue Garrett Hardin. L’idée est que le court terme l’emporte sur le long terme ... planification ... méthodes du doute ... acheter un produit cautionne le système ... dépendance ... la nature est la solution ... ex la tri-thérapie pour le sida ... remettre la matière organique dans les sols, c’est bon pour le climat, bon pour la vie des sols, bon contre l’érosion, bon pour faire des réserves en eau
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de la maternelle au supérieur, c'est la biologie, le vivant le grand absent
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le 4 pour 1000, augmentation de matière organique tous les ans, les cadavres, intercultures
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non-violent ... mais la violence paye ... épée de Damoclès ... Rachel Carson ... rapport Meadows ... plus on attend, plus ça devient ingérable ... faire de la colère du positif ... René Dumont ... One health, une seule santé, alternative d'utiliser le vivant ou la mort ... des enfants dans la joie ... humaniste ... croit à la génération suivante ... quels enfants et comment consommer ? ...
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Notes
[1] En 2022, les achats de produits bio ont baissé de 4 à 5 %
Société
La sociologue Constance Rimlinger a étudié sept communautés de femmes en milieu rural. Et constaté que leur militantisme – féminisme, écologie, politique – s’exprime dans chaque geste de leur quotidien.
L’écoféminisme rural : un choix de vie… qui en implique beaucoup d’autres - Publié le 25 juillet 2024 à 17h55 - Par Caroline Pernes
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sept de ces atypiques communautés, en France, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande ... Dans un livre de 2015, Retourner à la terre : l’utopie néo-rurale en Ardèche depuis les années 1960, l’historienne Catherine Rouvière montre qu’il existe en réalité plusieurs vagues de « retours à la terre », avec une diversité de buts et de profils sociologiques
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Les enquêtées témoignent globalement d’une désillusion vis-à-vis de l’action militante conventionnelle
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courant de la sociologie des émergences ... concept a été développé par le sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos. Il affirme que la production scientifique répond aussi à des logiques de domination, ce qui explique le manque d’intérêt pour le local, ce qu’on juge improductif ou irrationnel
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À lire aussi :
Comment faire village autrement : la vie d’une famille en autosuffisance étudiée par une sociologue
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trois cultures militantes distinctes. La première est la configuration « écoféministe différentialiste », observée au sein du réseau transnational des Terres de femmes, apparu au début des années 1970. La dimension séparatiste et féministe est au cœur du projet : il s’agit de créer des communautés sororales entre femmes et de se reconnecter à la nature. La seconde est la configuration « queer-intersectionnelle », qui désigne des initiatives plus récentes, apparues dans les années 2010, et portées par des personnes plus jeunes. La non-mixité y est pensée comme excluant les hommes blancs cisgenres. Dans la troisième configuration, « intégrationniste holistique », l’identité de genre et l’orientation sexuelle ne sont pas au cœur du projet. L’accent est mis sur l’écoconstruction, la permaculture, toutes les actions qui s’inscrivent dans le réseau plus large des alternatifs et des néoruraux.
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des terf (trans-exclusionary radical feminists)
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À lire aussi :
Féminin sacré : vrai renouveau féministe ou arnaque New Age ?
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Féministes des champs. Du retour à la terre à l’écologie queer, de Constance Rimlinger, PUF, 296 p., 23 €.
cONNU / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?Xk1Aqw
Éco-régions et démocratie - Billet de blog 10 juillet 2026 / Yann-Ber M.
Pourquoi la planification écologique n’impose pas de redessiner les régions (en réponse à la proposition de LFI et du document « Données et arguments ILB 6 juillet 2026 », titré : « Pourquoi les écorégions sont-elles fondamentales à la République écologique ? »)
Résumé de la proposition LFI/Verts populaires/Institut La Boëtie : https://blogs.mediapart.fr/la-france-insoumise-et-les-verts-populaires/blog/020726/pour-faire-face-la-crise-ecologique-globale-creons-des-eco-regions
Le projet d’éco-régions proposé par La France insoumise repose sur un diagnostic largement partagé : les limites administratives actuelles ne correspondent pas toujours aux réalités écologiques, notamment lorsqu’il s’agit de gérer l’eau, les sols ou la biodiversité. Mais il en tire une conclusion qui ne découle pas de ce constat : celle de faire des éco-régions le nouveau cadre général de l’organisation politique.
Cette proposition risque de produire un effet politique exactement inverse de celui recherché.
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Film de Catherine Radosa (10/2025)
J'ai filmé ces images le 11 et le 12 octobre 2025 à Thourotte, Montmacq, Longueil-Annel (Oise)
lors de la mobilisation nationale contre le canal Seine-Nord Europe, 5e acte de la saison d'action territoriale des Soulèvements de la Seine.
Descriptif technique : durée 13'23'', original en 4K (4096x2160), sonore (en français, sous-titres en anglais sur demande)
Mise en ligne le 26 oct. 2025 à 11:44
#art video #radosa #mega canal nord seine europe #soulevements #ecologie #rivière #Oise
5 statistiques aberrantes sur la voiture, à écouter absolument - 26 avr. 2026 / Éthique et tac
263 k abonnés - 587+ - 12 086 vues - 153 commentaires
#écologie #parking #voiture
Frédéric Héran est invité par le Greenletter Club, il vient y exposer les différentes nuisances de la voiture. Sur l'extrait sélectionné, il explique le coût économique considérable du parking, sans même parler de coût esthétique ce dernier.
Sources
Héran GLC • La voiture individuelle : un luxe devenu i...
https://www.youtube.com/watch?v=dIwAKZM5Ojg
Réponses au quiz de fin :
- Combien nous coûte le parking global en France ?
50 milliards d'euros. - Quelle est la consommation moyenne d'espace d'une voiture pour le parking ?
65m². - À quelle vitesse la voiture consomme le moins d'espace ?
À 30km/h.
#héran #écologie #voiture #parking #automobiliste #extrait #ethiquettac
Connu / TG le 26/05/26 à 14:03
GT TRANSPORT - AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE - INTERMODALITÉ - RURALITÉ
Vendredi 26 juin 2026 Par Mathieu Vidard - La Terre au carré
38 min restantes
Alors que les températures battent tous les records, le cadrage du sujet pointe rarement les responsables de la situation. Pourquoi et comment « politiser la canicule »?
Avec
- Christophe Cassou Climatologue
- Yamina Saheb Experte des politiques énergétiques, rattachée à l’OpenExp
- Claire Nouvian fondatrice et directrice générale de Bloom, ONG contre la destruction de l'océan et du climat.
- Eva Morel Secrétaire générale de l'association Quota Climat
- Mickaël Correia Journaliste à Mediapart
La canicule qui laisse la France K.O. en ce mois de juin - hors norme par son intensité comme par sa précocité - n'est pas un aléa qu'on doit subir en serrant les dents. C'est le résultat de choix.
Et à la Terre au carré, je vous le dis franchement, c'est la colère et le ras-le-bol qui nous animent. Ras-le-bol parce que chaque jour, ici, les voix des scientifiques se succèdent pour nous alerter, nous expliquer et documenter la catastrophe en cours. Des millions d’oreilles les entendent mais rien ne se passe vraiment.
Les débats sur la climatisation nous désespèrent, tout comme une très grande partie de la classe politique, qui préfère chercher des boucs émissaires plutôt que de nous préparer collectivement à un monde en surchauffe.
Pendant que le pays suffoque, on nous explique même doctement que la canicule, au fond, ce serait la faute des écologistes eux-mêmes et de leur prétendue décroissance. On marche sur la tête. Ceux qui alertent depuis cinquante ans deviennent les coupables, et l'oligarchie qui sabote la transition se présente en garante de la raison. Les crédits écologiques sont taillés à la hache et les normes détricotées une à une.
Les pétroliers, connaissaient leurs responsabilités dès 1971. Mais en France, le président de la République préfère décorer le patron de TotalEnergies pour services rendus à la nation et nous gratifier au passage de ses conseils paternalistes pour prendre soin de nos proches.
Ces derniers jours nos corps nous racontent déjà ce qui se met en place sous les rayons brulants du soleil. Ils nous disent à quel point nous sommes en train de franchir toutes les limites de la vie. Ce n'est plus une alerte, c'est une sommation.
L'histoire retiendra sans doute que notre humanité savait absolument tout et qu’elle a préféré ne rien faire.
Références Environnement Biodiversité Écologie
Indicateurs
Série 6/7 Economie Environnement Société
Que proposer à la place du PIB, mesure de toute chose depuis sa création en 1931 ? La recherche tente d’agréger de nouvelles dimensions telles l’écologie et les inégalités, principalement au niveau local.
Céline Mouzon, le 3 juillet 2026
8 min
© Charles Monnier
A l’heure où les questions de déficit et de dette publique reviennent en force, la remise en cause de la croissance et du produit intérieur brut (PIB), son indicateur phare, peut paraître une douce rêverie. Pourtant, alors que les limites planétaires sont franchies les unes après les autres (sept sur neuf l’ont déjà été) et que les conséquences quotidiennes du dérèglement climatique sont de plus en plus manifestes (feux de forêt, inondations, canicules…), il est urgent de changer de cadre de pensée.
On ne part pas de nulle part. La critique du PIB remonte à… l’invention du PIB lui-même. Mis au point par l’économiste états-unien Simon Kuznets en 1931 pour évaluer l’ampleur des pertes dues à la Grande Dépression, le PIB mesure la valeur ajoutée marchande de tous les biens et services qui se vendent dans un pays pendant une année donnée et – depuis 1976 seulement ! – le coût de production des services non marchands fournis par les administrations publiques (enseignement, santé…). A partir du PIB, on calcule la croissance, soit l’augmentation du volume de ces productions d’une année sur l’autre.
Les limites du PIB sont liées au fait que l’indicateur est utilisé comme finalité des politiques économiques, ce qui lui confère une centralité considérable dans l’organisation de la société. On a vite fait de conclure que du PIB découle le bien-être, individuel et collectif. Or, au-delà d’un certain niveau, la corrélation n’a plus rien d’évident.
Plus précisément, les limites du PIB sont de quatre ordres1. Une limite normative, d’abord : le PIB compte positivement toute activité, du maraîchage bio à la production d’armes. Son périmètre, ensuite : par convention, la plupart des activités essentielles à la reproduction de la société (activités domestiques, engagement citoyen, associatif bénévole…) comptent pour zéro. Troisième limite : PIB et croissance sont des moyennes et sont donc indifférents aux inégalités. Enfin, c’est un indicateur de flux qui ne dit rien de l’évolution des ressources (stock ou patrimoine) dans lesquelles on puise pour assurer la croissance économique.
Les critiques resurgissent dans les années 1970, avec la publication du rapport du Club de Rome, Les limites de la croissance, qui souligne le paradoxe entre une recherche de croissance infinie dans un monde où les limites planétaires sont finies. Elles se font plus vives encore dans les années 1990, à mesure que les dégâts causés par la croissance sont de plus en plus documentés. Que proposer à la place ? Le défi est immense.
Résistance conservatrice
« Les indicateurs sont un champ de lutte car ce sont des cadres interprétatifs du monde », rappelle l’économiste Florence Jany-Catrice, professeure à l’université de Rouen et spécialiste de la question.
Les institutions internationales se mettent en branle dans les années 1990 : le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) propose un indice de développement humain (IDH). Cette approche très occidentalocentrée du développement n’est plus très en vogue aujourd’hui. Les Objectifs de développement durable (ODD) ont eu plus de succès. Tout comme l’empreinte écologique, promue par le Global Footprint Network.
La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) défendent des indicateurs très monétarisés : épargne nette ajustée pour la première, Inclusive Wealth Index pour le deuxième. L’idée est de saisir trois dimensions (économique, écologique et humaine), pensées comme des capitaux. Chacune d’entre elles est monétarisée. Elles peuvent ensuite être agrégées. Comme les capitaux peuvent se substituer les uns aux autres, ils peuvent se compenser. Impossible donc d’appréhender la notion de limite planétaire franchie de manière irréversible. Cherchez l’erreur !
Se démarquant d’une telle approche, les Nations unies viennent de lancer un nouveau programme, « Au-delà du PIB », avec l’idée de « compter ce qui compte vraiment ». C’est bien, mais l’histoire repasse les plats : l’idée était déjà en vigueur au tournant des années 2000…
« Des forces conservatrices sont à l’œuvre. C’est pourquoi l’on se retrouve soit avec des indicateurs monétarisés type PIB verts, soit avec des batteries d’indicateurs qu’on ne sait pas faire parler », Florence Jany-Catrice, économiste
Au niveau national, la situation n’est guère plus stimulante. L’Insee propose plusieurs séries d’indicateurs alternatifs. Des indicateurs territoriaux de développement durable, sorte de territorialisation des ODD. Ce qui guide l’institut est la disponibilité des données.
« D’un certain point de vue, cela met à disposition une vaste base de données, très riche, mais c’est un peu une “foire-à-tout” », constate Florence Jany-Catrice.
L’Insee publie par ailleurs chaque année les dix indicateurs issus de la loi Sas. Voté en 2015, ce texte avait pour but d’impulser au moment des discussions budgétaires à l’automne un débat sur les effets écologiques et sociaux des politiques menées et à venir. Las ! Le texte a été vidé de sa substance : ce sont finalement dix indicateurs qui sont retenus, agrégeant des dimensions hétérogènes (taux d’emploi, dette publique et privée, espérance de vie en bonne santé, sorties précoces du système scolaire…). Cela rend difficile une vision d’ensemble.
Surtout, il n’y a aucun portage politique de cette approche. L’an dernier encore, la députée Eva Sas interpellait le gouvernement sur la question. « C’est un échec absolu », tranche Florence Jany-Catrice.
Enfin, derniers venus, depuis 2022 : des comptes nationaux augmentés, issus pour l’essentiel des propositions de la commission Sen-Stiglitz-Fitoussi dont le rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse remonte à… 2009 ! Cette comptabilité repose sur deux piliers : des comptes distribués, qui prennent en considération les inégalités, et des comptes carbones, qui intègrent les importations de carbone, et pas seulement des émissions de gaz à effet de serre enregistrées sur le territoire.
« Cela permet d’articuler, d’un côté, la dimension économique du PIB à la dimension des inégalités et, de l’autre, la dimension économique à la dimension écologique », explique **Sébastien Roux**, qui dirige le programme à l’Insee et souligne la difficulté à produire un indicateur synthétique unique.
Bref, les résultats sont décevants. « Des forces conservatrices sont à l’œuvre, résume Florence Jany-Catrice. C’est pourquoi l’on se retrouve soit avec des indicateurs monétarisés type PIB verts, soit avec des batteries d’indicateurs qu’on ne sait pas faire parler. »
Une production locale enthousiasmante
La production d’indicateurs de richesse alternatifs est beaucoup plus dynamique et enthousiasmante au niveau territorial. L’Occitanie, les Hauts-de-France, Grenoble, la métropole de Rouen-Normandie, La Réunion… sont concernés. En 2024, l’Ademe a consacré un rapport aux indicateurs du bien-vivre et à leurs liens avec la sobriété2. Piloté par la chercheuse Fiona Ottaviani, qui a travaillé sur l’indicateur grenoblois Ibest, il synthétise dix-sept initiatives, dont sept en France (Ibest, indice de santé sociale, bonheur réunionnais brut…).
« Le bien-vivre repose essentiellement sur des pratiques compatibles avec la sobriété, notamment car des composantes clés du bien-vivre sont non matérielles », conclut-il.
L’Ademe insiste sur la nécessité de prendre en compte les interdépendances : entre social et environnemental, entre dimensions individuelles et collectives…
Le rapport de l’Ademe insiste sur la nécessité de prendre en compte non pas les politiques publiques souvent conçues en silo, mais aussi les interdépendances : entre social et environnemental, entre échelles spatiales, et entre dimensions individuelles et collectives.
Comment expliquer cette vitalité ? Pour Florence Jany-Catrice, qui a largement contribué à l’élaboration de l’indicateur de santé sociale (ISS) et du LEQI (Local Ecological Quality Index), un indicateur de qualité écologique, trois facteurs peuvent être avancés :
« Les territoires sont en première ligne face à l’effondrement climatique. Une partie des acteurs locaux travaillent en outre peu avec le PIB car la donnée est rarement disponible à cette échelle. Enfin, certains territoires sont séduits par l’idée que la résolution des crises écologiques va de pair avec celle de la question démocratique. »
Concertation avec les habitants
Dans une note pour la Fondation Jean-Jaurès parue en 20243, le chercheur Olivier Bouba-Olga propose de son côté une typologie des approches existantes, distinguant deux grandes tendances : l’une autour du bien-être objectif « permettant soit de construire des indices composites, soit des typologies de territoires » ; l’autre autour du bien-être subjectif « en interrogeant les habitants sur leur niveau individuel de bien-être ou en procédant de manière plus participative pour définir collectivement les dimensions du bien-être ».
Ces approches ne sont pas nécessairement exclusives les unes des autres. Certains indicateurs, comme l’ISS, sont synthétiques et élaborés dans le cadre d’une démarche délibérative qui s’éloigne d’une définition subjective du bien-être.
Petite illustration avec deux indicateurs. Le LEQI a été développé dans les Hauts-de-France et à la métropole de Rouen-Normandie par Florence Jany-Catrice et ses équipes en concertation avec des groupes d’habitants. Il permet d’apprécier la qualité écologique d’un territoire. Les délibérations ont conduit à définir collectivement ce qu’on entend par là. Le LEQI prend en compte une dimension écosystémique (eau, air, sol, biodiversité, climat) et une dimension anthropique (alimentation, logement, mobilité, santé, cadre de vie), et croise écologie, niveau de vie et inégalités. Il permet d’identifier les intercommunalités les plus en tension et d’alerter sur l’urgence à agir face au cumul des vulnérabilités.
L’indicateur de bien-être social territorialisé a émergé à Grenoble de la mobilisation d’acteurs de la politique de la ville
Autre exemple : l’indicateur de bien-être social territorialisé (Ibest) a émergé à Grenoble en 2002 de la mobilisation d’acteurs de la politique de la ville désireux d’apprécier les effets des politiques menées. Il a par la suite été élargi en concertation avec des groupes d’habitants et se compose de huit dimensions (accès et recours aux services publics, temps et rythme de vie, biens de subsistance…). Cela afin de dépasser la seule mesure statistique et d’intégrer l’accès effectif à certains biens, services ou espaces.
Mais, dira-t-on, trop d’indicateurs tue les indicateurs. Pourquoi ne pas privilégier un indicateur unique ? D’abord, parce qu’il est intéressant de prendre en compte la spécificité d’un territoire (montagneux, littoral, classé en politique de la ville…). Ensuite, parce que la délibération est clé pour aboutir à des indicateurs qui soient appropriables par les citoyens et donc les pouvoirs publics. Cela leur donne une assise démocratique indispensable à leur légitimité et à leur pérennité. Or, il est plus difficile de mener des délibérations à grande échelle.
Reste qu’il existe « une tension entre la singularité d’un indicateur tenant compte des spécificités d’un territoire et la puissance d’un indicateur lorsqu’il est universel », récapitule Florence Jany-Catrice. Alors, comment se repérer dans ce maquis ?
« On peut, d’abord, se demander quel a été le processus d’élaboration, autrement dit qui décide de ce qui compte, explique Florence Jany-Catrice. Ensuite, quel est le langage utilisé ? S’il est monétaire, il est évident que les irréversibilités seront peu prises en compte. Enfin, jusqu’où va leur hétérogénéité ? Qui trop embrasse mal étreint », conclut-elle.
Vous voilà parés !
Article écrit par Céline Mouzon, Journaliste
9 juin 2026 à 20 h 45 min
Il y avait près de 350 personnes présentes le 3 juin dernier (400 avec les personnes en ligne) à l’Uqam sur la rue Sherbrooke pour le lancement de Mosaïque de résistances. Globalement, on peut dire que ce fut un succès, autant pour le nombre des participants réunis que pour les interventions diversifiées des panélistes, même si Naomi Klein —la personnalité la plus attendue et qui devait intervenir par visioconférence depuis Toronto- s’est désistée de manière bien décevante à la dernière minute, suite à un accident de voiture.
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nouveau réseau québécois d’associations pour la défense des droits, d’organismes communautaires et de solidarité internationale, de syndicats, d’écologistes, d’artistes et de citoyens du Québec qui, en ce mois de juin 2026, apparaît enfin au grand jour et veut travailler à la formation d’un mouvement social large pour faire face à la montée du fascisme et de l’extrême-droite. [1]
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l’appel qui accompagne son lancement a été signé par de nombreux et significatifs organismes populaires ou communautaires du Québec dont entre autres : La Ligue des droits, la FFQ, Mère au front, Montérégie Antifasciste, Au bas de l’échelle, le Conseil central de Montréal, le SFPQ, La marche mondiale des femmes, Alternatives, etc [2] .
Il a aussi été relayé par des médias d’information alternatifs du Québec comme A bâbord, Les NCS, Presse-toi à gauche, Journal d’Alter. Et il a le mérite de mettre les points sur les « i » en relevant comment se profile au Québec et au Canada, sur fond de montée croissante des inégalités et de désengagement de l’État, un tournant politique autoritaire très préoccupant.
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tournant politique autoritaire est décrit avec raison comme un « arsenal de lois antisociales et antisyndicales fragilisant les conditions de travail, marginalisant les populations les plus défavorisées et discriminées, nourrissant la peur et favorisant la montée d’un climat raciste, discriminatoire et islamophobe ». C’est ce qui explique que ce réseau insiste surtout sur l’urgence « de ne plus dissocier nos luttes » et (…) de construire un mouvement politique fort et pluriel autour d’une vision de la société qui est émancipatrice, juste, décoloniale, inclusive, féministe et écologique ».
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Pierre Mouterde
Sociologue, essayiste
Auteur avec David Murray de Avant d’en arriver là, essai choral sur le péril fasciste, Montréal, Écosociété, 2026
[1] Voir la vidéo de la soirée produite par l’Observatoire pour la justice migrante dans notre section vidéo
[2] 1) Centre de formation populaire ; Montérégie Antifasciste ; Parti de la rue ; Les Maisons de l’Ancre ; Mères au front Rouyn-Noranda ; Table de concertation des groupes féministes du Bas-Saint-Laurent ; Centre Entre-Femmes ; ANPI — Association nationale des partisans d’Italie. Section de Montréal ; L’R des centres de femmes du Québec ; Ligue des droits et libertés — Section de Québec ; Revue À bâbord ! ; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux ; Palestinian Youth Movement — Montreal ; Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) ; La Maison des Femmes des Bois-Francs ; Co-Savoir ; Fédération des femmes du Québec ; Distributions l’Escalier ; Centre Arc-en-ci-elle ; Uniphare ; Collectif d’analyse politique / Nouveaux Cahiers du socialisme ; Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec ; Montreal for a World BEYOND War ; La Collective centre de femmes de Nicolet-Yamaska ; Carrefour de participation, ressourcement et formation (CPRF) ; Mères au front ; Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Polémos Décroissance ; RIPAJ ; Vigilance OGM ; Comité pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL) ; ROHMI ; Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency ; Au bas de l’échelle ; Club Ami ; Réseau international pour l’innovation sociale et écologique ; Coalition Mobilisations Citoyennes Environnementales de Laval (CMCEL) ; Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes ; Ligue des droits et libertés ; Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches (RGFCA) ; Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) ; Centre des travailleurs et travailleuses immigrants ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles ; Journal d’Alter ; Collectif de lutte contre l’islamophobie ; Pôle francophone, Voix juives indépendantes ; Écologie populaire ; Alternatives ; Observatoire pour la justice migrante
https://www.pressegauche.org/Quand-s-ouvrent-des-possibles-prometteurs-avec-Mosaique-de-resistances
38 min
Entre désinformation et questions légitimes, comment démêler le vrai du faux sur les énergies renouvelables ? Comment mettre en œuvre la transition énergétique ?
Avec
- Paul Neau Ingénieur écologue spécialiste de l’énergie éolienne
- Elsa Souchay Journaliste spécialisée énergie, environnement et ruralités
Intermittentes, inesthétiques, d’origine étrangère : les énergies renouvelables font l’objet d’idées reçues. Ces énergies sont nouvelles et suscitent naturellement des questionnements, mais qui sont parfois amplifiés par les lobbies fossiles.
Derrière les idées reçues, il reste des questions légitimes : où installer ces équipements, sur quelles terres, au profit de qui ? Des forêts défrichées dans les Landes, des terres agricoles sous tension, des éoliennes condamnées pour destruction d'espèces protégées : l’enquête d'enquête d’Elsa Souchay pour Reporterre montre que les renouvelables ne sont pas neutres.
Des pistes existent pour une transition plus juste : réduire la demande énergétique par la sobriété avant tout, favoriser les projets à gouvernance locale, ou encore mieux encadrer l'agrivoltaïsme.
A lire : Plaidoyer pour la transition éolienne et solaire, Paul Neau, Editions Rue de l’échiquier
Références Énergies renouvelables Environnement Biodiversité Écologie
Ndlr : socialiser les projets serait indispensable, les ENR sont en plein boom au niveau mondial
Connu / TG le 29/05/25 à 15:43
Portrait
Cette figure de la vie intellectuelle française de l'après-guerre s'est éteinte. L'homme, tout à la fois, sociologue, philosophe et anthropologue, est décédé à l'âge de 104 ans.
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Edgar Morin s'est éteint à l'âge de 104 ans (JOEL SAGET/AFP)
Mis à jour le 30 mai 2026 à 09:48
« Je suis mort-né » aimait rappeler Edgar Morin, figure de la vie intellectuelle française de l'après-guerre, qui vient de disparaître à l'âge de 104 ans. Ne se voulant ni sociologue, ni philosophe, ni anthropologue, car il était, selon les époques, un peu tout cela, celui qui préférait se présenter comme un « humanologue » aura poussé son amour bien connu du paradoxe jusqu'à narguer pendant plus d'un siècle cette mort qui aurait voulu l'appeler à elle avant même qu'il ne pousse son premier cri.
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Les médecins avaient prévenu sa mère, Luna, qu'elle ne pourrait pas donner la vie sous peine de perdre la sienne, suprême dilemme qui n'a cessé de hanter son unique fils, marqué à jamais par cet épisode d'un début d'existence s'annonçant déjà comme sa fin ... dix ans plus tard cette mère adorée lui est enlevée brutalement par la maladie
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Son pseudonyme dans la Résistance
Son père, Vidal Nahoum, dont il écrivit la biographie quelques années après son décès, à la fin des années 1980, tenait une bonneterie dans le Sentier. Les deux parents d'Edgar - il allait changer son nom de Nahoum en Morin, en gardant le pseudonyme qu'il s'était donné dans la Résistance -, étaient des Juifs séfarades, non pratiquants, venus de Salonique, et arrivés à Marseille, un peu avant la guerre de 1914. Leur fils a entretenu durant toute son existence un rapport difficile avec la communauté juive, ses critiques à l'égard de l'Etat d'Israël lui ont valu de solides inimitiés et soulevé beaucoup d'incompréhension. Lui-même préférait se définir comme un marrane, du nom de ces juifs espagnols convertis de force au catholicisme qui avaient continué de rester fidèles à leur religion en secret.
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Edgar Morin : « La pensée complexe aide à affronter l'erreur, l'illusion, l'incertitude et le risque »
Tout juste bachelier, il milite déjà pour la cause des républicains espagnols en 1936. Dès l'installation du régime de Vichy et l'Occupation, le jeune étudiant en droit et en histoire-géographie renonce à ses licences universitaires pour entrer dans la Résistance, adhérant du même coup au parti communiste. Dans la clandestinité, il prend de grands risques, se lie avec le sociologue communiste Georges Friedmann, théoricien du travail industriel, fréquente assidûment le « groupe de la rue Saint-Benoît », réuni autour de Marguerite Duras et son compagnon Dionys Mascolo.
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il fait la connaissance de François Mitterrand, dont il admira le courage durant cette période, et qu'il défendit publiquement lorsque le président socialiste fut vivement critiqué par les siens pour avoir été décoré de la francisque par Pétain. Même la coupable faiblesse de Mitterrand pour Roger Bousquet, l'ordonnateur de la rafle des juifs du Vel d'Hiv, ne réussit pas à faire changer d'avis l'ancien résistant Morin, pourtant peu convaincu par la politique menée par la gauche après 1981, à l'égard de son ancien compagnon de lutte.
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il se refuse à toute forme d'enrégimentement culturel. L'intellectuel en devenir vient d'acquérir une petite notoriété avec son premier livre, « L'An zéro de l'Allemagne », une sorte d'analyse sociologique en temps réel, utilisant la forme du reportage journalistique mêlée à la distanciation du chercheur, et rédigée alors qu'il était chef du bureau « Propagande » à Baden-Baden en 1946. A bien des égards, on peut y voir la préfiguration de la « manière Morin » dans les sciences sociales.
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Avec l'appui de Georges Friedmann, il amorce en même temps sa longue marche vers la respectabilité académique en publiant « L'homme et la mort » en 1950. Une étude sur l'imaginaire de la mort selon les cultures qui servira à légitimer sa nomination au CNRS, sans thèse doctorale à la clé
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Dans le cadre du CNRS, il défriche un nouveau domaine d'études pour la sociologie, s'intéressant aux industries culturelles et à leur corollaire, la culture de masse. L'intellectuel cinéphile qu'il restera jusqu'à ses vieux jours met en lumière notamment la transformation du rapport entre les acteurs de cinéma et les studios de production, les premiers réussissant à s'affranchir partiellement des seconds par leur starification croissante
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Sa volonté de mieux comprendre et de défendre le point de vue des Arabes, quitte à aller jusqu'à signer un livre de débat, « L'Urgence et l'Essentiel », en 2017, avec le sulfureux Tariq Ramadan, lui vaudra une méfiance tenace, pour ne pas dire plus, chez les juifs de France. Son effort de « contextualisation » des attentats de janvier 2015, avec un autre ouvrage à deux voix, « Avant, pendant, après le 11 janvier », ne passe pas mieux, certains l'accusant de chercher des justifications au terrorisme le plus barbare. Une de ses dernières incursions dans l'actualité brûlante sera motivée par le conflit ukrainien qui lui a inspiré une méditation sur la guerre publiée en 2022.
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Le deuxième registre de son œuvre, entamé avec son ouvrage sur l'imaginaire de la mort, s'attache à dégager un espace pour ce qu'on pourrait appeler une science totale de l'homme, en parcourant tous les champs du savoir, de la biologie à la philosophie. Ambition démesurée dans laquelle il est encouragé par le bon accueil fait, en 1972, à un livre tiré d'une communication à un colloque de Royaumont : « Le Paradigme perdu : la nature humaine ». Il le prolonge par un plaidoyer pour la transdisciplinarité, dans « Science avec conscience » en 1982 et surtout se lance dans un marathon en six volumes, appelé « La Méthode » ... non pas de tout ce que l'on sait, mais sur toutes nos manières de savoir. Ce qui débouchera sur d'autres ouvrages, plus accessibles, sur l'éducation, parmi lesquels « Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur », écrit à l'invitation de l'Unesco en 2000, et « Quelle école voulons-nous ? La Passion du savoir », corédigé avec Jean-Michel Blanquer, futur ministre de l'Education nationale.
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l'apport le plus original d'Edgar Morin à notre vie intellectuelle, celui en tout cas qui a le plus contribué à sa notoriété. Il s'agit de ses essais inspirés par les grandes mutations culturelles qui traversent régulièrement notre société. Cet esprit curieux et toujours en éveil avait l'art de saisir avec un talent interprétatif souvent jubilatoire de ce qu'il avait dénommé, en 1962, « L'Esprit du temps »
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c'est lui qui invente dans un article commandé par le quotidien Le Monde le terme de « yé yé » pour saluer l'émergence de cette « nouvelle classe adolescente ».
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CRITIQUE - « Le monde d'après », selon Edgar Morin
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promouvoir une autre façon d'envisager la politique, intégrant les nouveaux défis environnementaux, comme « Terre Patrie », publié en 1993, ou « L'entrée dans l'ère écologique » rédigé pendant la crise du Covid en 2020
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Son remariage à 91 ans avec Sabah Abouessalam sera précédé du récit écrit à quatre mains de leur coup de foudre, intitulé « La rencontre improbable et nécessaire », lors d'un Festival de musique
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mélange d'autodérision et de forfanterie, bon vivant habité par la présence de la mort, jongleur d'idées et de mots, ouvert au monde et chroniqueur de ses crises de foie, d'une intelligence étincelante distraite par des passions gigognes, spiritualiste fasciné par les sciences, courageux dans ses engagements pourtant si souvent sources de déception, en somme fidèle à lui-même mais à l'affût de tout ce qui change. Avec lui, c'est le siècle des intellectuels à la française qui prend vraiment fin.
12 mars 2025
Au mouvement Insoumis se retrouvent des pacifistes et des pacifiques. Les deux convergent sur une attitude concrète : la diplomatie avant tout. Et une haine lucide et réaliste de la guerre. En effet, j’ai déjà publié sur ce blog trois posts destinés à présenter de façon synthétique et regroupée mes arguments contre la nouvelle vague des partisans de l’économie de guerre et de la gesticulation anti-russe. Voici donc un quatrième post. Je le crois au moins aussi décisif que les trois autres dans ce registre. Il s’adresse plus spécialement aux Insoumis écolos, mais aussi à ceux qui sont toujours membres de EELV. Comment EELV a-t-il pu rompre avec le pacifisme et devenir « pro-Europe-de-la-guerre-mais-à-condition ». La guerre ne peut être qu’un désastre écologique irréversible. Je limite mon propos sur ce point à la vulnérabilité nucléaire de notre pays.
Toute guerre dépend pour finir du consentement des populations et de leur degré de certitude de l’utilité des combats où meurent leurs enfants. Cette fois-ci plus que jamais. Car les bourreurs de crânes n’ont pas l’intention de faire mesurer l’ampleur des dégâts qu’une guerre provoquerait de nos jours. Ce n’est pas nouveau non plus. À la veille de la guerre, Jaurès alertait sur la boucherie que serait la guerre mondiale. Mais les amis du déclenchement de la guerre de 1914 se gardaient bien de raconter ce qu’ils savaient sur les outils de guerre qui se déchaineraient de façon absolument nouvelle. Par exemple le gaz moutarde, la mitrailleuse, les chars et les bombardements aériens ou les canons géants type « grosse bertha ». Les officiers d’active et leurs chefs firent donc courir en pantalon rouge les vagues d’assaut de conscrits du début de la guerre. Ils se firent faucher par milliers en plein délire d’offensive à tout prix… Aujourd’hui les discours sur la guerre font comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo. Mais la guerre sur notre sol serait d’abord un désastre écologique irréversible. Cela à cause de la vulnérabilité du pays du fait de l’intensité de ses équipements en nucléaire civil.
Car le nucléaire en temps de guerre ce n’est pas seulement la bombe atomique. Le nucléaire civil est notre plus grande vulnérabilité Qui va dire combien la France est fragilisée du fait de ses installations nucléaires ? Ce sont des cibles connues et faciles à frapper. Faut-il rappeler qu’il y a chez nous 56 réacteurs nucléaires en fonctionnement ? Plus l’EPR de Flamanville en cours de démarrage ! De plus, comme ils sont directement reliés au système européen de fourniture d’électricité, ils constituent donc des objectifs de guerre supplémentaires pour l’ennemi. La France pourrait-elle survivre à la destruction de la centrale de Nogent, installée sur la Seine en amont de Paris ? Ou à un tir dans la vallée du Rhône où se trouve également l’industrie chimique du pays ? Ce n’est pas tout. À côté de ces centrales, il y a aussi 56 piscines de refroidissement de combustibles usés. Elles ne sont pas bunkerisées. La situation est donc pire qu’avec les centrales nucléaires qui sont exploitées en Ukraine. Car là-bas, celles-ci sont confinées sous une enceinte bétonnée. En France seule la piscine de combustible de Flamanville est protégée par une enceinte bétonnée !
Il y a pire encore : c’est l’usine de La Hague qui sert au retraitement du combustible usé dans les centrales françaises. Les combustibles usés, mais toujours radioactifs, y arrivent au terme de leur parcours. Ils sont stockés de un à trois ans d’abord dans les piscines de refroidissement construites à découvert à côté de chaque réacteur nucléaire. Puis ils sont transportés à La Hague. Le retraitement aboutit à une division du combustible usé en 95 % d’uranium de retraitement stocké à Tricastin. Mais surtout il reste encore 4 % de « déchets ultimes ». Ce sont les plus radioactifs. Ils sont vitrifiés et pour l’instant stockés sur place. Ce sont ceux-là que le gouvernement veut enfouir à Bure. Pour comparaison : il faudra davantage de temps pour que ces déchets se « refroidissent » qu’il n’y a eu de temps depuis l’apparition des premiers humanoïdes jusqu’à nous.
Le record du monde de matières radioactives sur un même lieu est en France ! C’est à La Hague. On y trouve notamment quatre piscines non bunkerisées où sont stockées 11 000 tonnes de combustibles usés ! Il y a aussi 82 tonnes de plutonium sous forme de poudre dans des bunkers. Et surtout la totalité des déchets de haute activité français stockés dans des puits de 30 mètres de profondeur. Le danger pour le site et ses environs n’est pas tout. Le procédé de retraitement à La Hague génère des transports dangereux dans toute la France. De plus, les matières fissiles transportées peuvent être récupérées pour des fins militaires. C’est le cas en particulier tous les convois de plutonium pour fabriquer le Mox. Mais avant tout, un impact de bombardement sur cette installation contaminerait tout l’hémisphère nord de la planète. Évidemment il rendrait toute vie humaine impossible dans tout le Nord de la France. Autant le savoir, cette usine n’est pas protégée contre les agressions externes, chute d’avion ou un acte de guerre. Cependant sa vulnérabilité a déjà été identifiée et prise en compte après les attentats de 2001 à New York contre les tours jumelles. Des missiles Crotale et des radars avaient été positionnés autour de La Hague pour protéger le site. Ils sont restés en place pendant 14 mois. Puis ils ont été ramenés lors d’une nouvelle alerte. Puis retirés, définitivement. Mais à côté de Cherbourg, un radar d’acquisition militaire est en construction pour couvrir l’usine de La Hague. Ce type de radar est nécessaire, car en cas de détournement d’un avion les terroristes coupent le transpondeur de l’avion. Il faut donc des radars pour détecter les masses métalliques volantes même muettes…
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Nota : Pour argumenter l’alerte que je formule depuis le début de la guerre d’Ukraine sur la vulnérabilité nucléaire française, j’ai utilisé les données fournies par le discours de Pauline Boyer de Greenpeace à l’occasion de l’anniversaire de Fukushima place de la République à Paris auquel j’ai participé dimanche dernier.
Subventions coupées, baisse des dons, répression judiciaire... Plusieurs associations écologistes témoignent auprès de Reporterre des nombreuses difficultés financières auxquelles elles sont confrontées.
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Connu / TG le 15/04/25 à 12:09
Noël Mamère le 29 janvier 2025 à Paris
Noël Mamère, le Vert : « L'écologie est un outil d'émancipation, pas une punition » - Vendredi 3 avril 2026 / La Terre au carré | France Inter
Candidat à la présidentielle en 2002, mais aussi maire de Bègles durant 28 ans, Noël Mamère a surtout développé sa conscience écologique dans les années 1970 auprès de Jacques Ellul et de Bernard Charbonneau.
Avec Noël Mamère, Député-maire écologiste de Bègles
Des années 1970 durant lesquelles Noël Mamère sera de tous les fronts avec son acolyte Pierre Lebaillif, tantôt dans des manifestations pour sauver la forêt des Arbailles dans les Pyrénées, contre l’autoroute du Pays basque ou encore contre Tcherno Blaye, la centrale nucléaire de Blaye. Il forge son terreau militant auprès également de figures comme José Bové. Il mène en parallèle de ses actions militantes sa jeune carrière de journaliste qui l'amène en 1977 à Antenne 2, et présente l'émission C’est la vie, première émission quotidienne d’une chaîne nationale traitant des questions d’environnement. Il présentera le 13 heures pendant cinq ans et l'émission "Résistances". Il se lance naturellement en politique à l'âge de 42 ans en devenant maire de Bègles, première commune de plus de 20 000 habitants à devenir une mairie écolo en 1989.
Des racines militantes forgées dans le Sud-Ouest
Né à Libourne le 25 décembre 1948, Noël Mamère retrace les origines de son engagement écologiste jusqu'à ses années universitaires à Bordeaux, en 1969, où il rencontre l'influence déterminante des philosophes Bernard Charbonneau et Jacques Ellul.
Ce dernier, son professeur à Sciences Po, lui transmet une vision globale de l'écologie, ancrée non pas dans la seule défense de l'environnement, mais dans une réflexion profonde sur la liberté et l'autonomie humaine. « Exister, c'est résister », résume-t-il en citant la devise d'Ellul.
C'est aussi à cette époque que le jeune journaliste à l'ORTF Bordeaux mène ses premiers combats contre les projets d'aménagement de la côte aquitaine. Une trajectoire qui le conduira, en 1989, à devenir maire de Bègles, puis candidat des Verts à l'élection présidentielle de 2002, où il réalise le meilleur score jamais obtenu par un écologiste avec 5,25 % des voix.
Une écologie sociale et radicale, face à ses adversaires
Face aux critiques — notamment celle de Philippe de Villiers qui dénonce une « écologie punitive » et « carcérale » —, Noël Mamère oppose une vision diamétralement opposée : « L'écologie, c'est un outil d'émancipation, un outil de libération. »
Il insiste sur le lien indissociable entre justice sociale et enjeux environnementaux, et rappelle que les premières victimes du dérèglement climatique sont aussi les plus précaires. Il pointe les dérives du développement non contrôlé de l'intelligence artificielle — gourmande en ressources naturelles, en eau et en énergie —, ainsi que des projets comme les élevages industriels de saumon ou les data centers, qu'il juge contraires aux valeurs écologistes, même lorsqu'ils sont soutenus par des élus se réclamant de l'écologie.
Une gauche en « soins palliatifs » face à la montée de l'extrême droite
Lucide et préoccupé par la situation politique, Noël Mamère dresse un tableau sombre de la gauche française, qu'il décrit comme étant « en soins palliatifs », incapable de proposer un horizon clair face à la progression du Rassemblement National. « Si nous voulons que faire front et barrage à cette extrême droite, il faut que la gauche se réveille, qu'elle arrête d'aller chercher vers le centre-droit qui n'est plus autonome, qui vote aujourd'hui à droite. Il faut aussi que la gauche ait un programme. » analyse-t-il.
À écouter
Plutôt la fin du monde que la fin du capitalisme ?
La Terre au carré
35 min
Il critique Jean-Luc Mélenchon, « l'un des hommes politiques les plus cultivés du personnel politique français », mais craint qu'il devienne « l'idiot utile de l'extrême droite » en raison de ses dérapages, tout en distinguant le chef de LFI de son électorat — jeune, non antisémite — qu'il faudrait, selon lui, rallier sur des « bases universalistes et antiracistes ».
Pour l'ancien journaliste, la transformation de la société passera nécessairement par un mot encore tabou : le renoncement : « Il faut le faire de manière consentie et démocratique, qu'on choisisse ensemble ce qu'on considère comme superflu », plaide-t-il, convaincu que sans cela, ce sont des « sociétés militarisées et de surveillance » qui imposeront ces choix à notre place.
Ses livres :
Les Terrestres - aux éditions du Faubourg (nouvelle éditions 2025) Raphaelle Macaron & Noël Mamère
L'écologie pour sauver nos vies - Editions Les Petits matins (2020)
Mes vertes années - Fayard Ed 2002 - Noël Mamère avec Claire Baldewyns
La Fracture humaine - Seuil ed. 2002 - Noël Mamère avec Patrick Fabriaz
Références Écologie politique Environnement Biodiversité Écologie
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Ndlr : comment trouver le maire LFI exemplaire, acter que JLM cultivé mais que la gauche soit en soins paliatifs ?
En d'autres termes, c'est quoi la gauche pour lui ?
LFI en fait-il partie ?
Son programme LAEC est-il à la hauteur de sa vision à lui de l'écologie ?
dommage que ces questions ne lui aient pas été posées Approfondir ACT
NOTRE ORGANISATION POUR UN MOUVEMENT D'ECOSYNDICATS DE RIVERAIN·ES
Nous construisons un mouvement national des riverains ensemble pour transformer l’agro-industrie mortifère et retrouver des campagnes vivantes. Nous croyons à la nécessité d’articuler les échelles. Nous nous organisons localement pour gagner à l’échelle d’un territoire affecté par les pollutions, et nous voulons nous fédérer nationalement pour agir sur les lois et construire un mouvement à même de contrebalancer la puissance de la FNSEA, des lobbys des producteurs de pesticides et des entreprises du secteur agro-industriel. Nous nous inscrivons dans un mouvement qui dépasse les frontières avec les femmes et les hommes ailleurs en Europe ou dans le monde qui luttent pour la vie et contre les abus de l’agro-industrie.
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Cette notion d’écosyndicat a été utilisée pour la première fois pour décrire les syndicats des travailleurs du caoutchouc, les seringueiros avec Chico Mendès dans la forêt amazonienne brésilienne dans les années 1960. Ils voyaient leur métier menacé par la déforestation. « Au début je défendais les travailleurs, puis j’ai compris que ça impliquait de défendre la forêt. Maintenant je défends l’humanité et la planète toute entière » disait Chico Mendès avant d’être assassiné sur ordre des patrons d’entreprises œuvrant à la déforestation.
Un éco-syndicat de riverain.es est donc une organisation qui défend les intérêts des communautés qui se retrouvent, malgré elles, en première ligne du combat écologique.
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LA MULTIPLICATION DE TERRITOIRES ZERO PESTICIDES POUR UNE VRAIE TRANSITION AGRO-ECOLOGIQUE
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Riverains Ensemble est affiliée à Justice Ensemble