Éco-régions et démocratie - Billet de blog 10 juillet 2026 / Yann-Ber M.
Pourquoi la planification écologique n’impose pas de redessiner les régions (en réponse à la proposition de LFI et du document « Données et arguments ILB 6 juillet 2026 », titré : « Pourquoi les écorégions sont-elles fondamentales à la République écologique ? »)
Résumé de la proposition LFI/Verts populaires/Institut La Boëtie : https://blogs.mediapart.fr/la-france-insoumise-et-les-verts-populaires/blog/020726/pour-faire-face-la-crise-ecologique-globale-creons-des-eco-regions
Le projet d’éco-régions proposé par La France insoumise repose sur un diagnostic largement partagé : les limites administratives actuelles ne correspondent pas toujours aux réalités écologiques, notamment lorsqu’il s’agit de gérer l’eau, les sols ou la biodiversité. Mais il en tire une conclusion qui ne découle pas de ce constat : celle de faire des éco-régions le nouveau cadre général de l’organisation politique.
Cette proposition risque de produire un effet politique exactement inverse de celui recherché.
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Connu / mel
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Sujet : [france] Jeffrey Sachs : le projet du Grand Israël s’effondre
Date : Sat, 4 Jul 2026 10:04:16 -0400
De : Philippe Derudder
Dans cette interview, Jeffrey Sachs, professeur grand critique de la politique américaine, explique ce qu'est le projet du "grand Israël" , en quoi il est le motif principal aux guerres infinies menées par Israël et pourquoi, selon lui, ce projet n'a plus d'avenir par le fait que les États Unis, poussés pas l'opinion publique et celle de nombres juifs eux-mêmes, ne le soutiennent plus.
32'
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Fondateurs : Jérôme Gleizes (est aussi le fondateur des Verts populaires) avec Thomas Giry
parrainée par André Gorz
Connue / GT planif écolo LFI
André Balestrini 1 semaine depuis Commentaires fermés sur Chilling Effect 3 Vues
L’effet dissuasif (ou chilling effect) désigne un phénomène d’autosurveillance et d’autocensure au sein d’une population, provoqué par la crainte de sanctions juridiques ou de pressions sociales. Il se manifeste lorsque des individus renoncent à exercer leurs droits fondamentaux — comme la liberté d’expression, de presse ou de manifestation — non pas par adhésion aux règles, mais par peur des conséquences disproportionnées (amendes lourdes, poursuites judiciaires, surveillance). Dans une démocratie, cet « effet de gel » est particulièrement préoccupant, car il étouffe la critique et le débat public sans qu’il soit nécessaire de recourir à une interdiction formelle, la menace de la sanction suffisant à paralyser l’engagement citoyen.
Connu / https://www.instagram.com/reel/DUB3WHoiH4r/ Connu / TG le 30/01/26 à 9:01
collectif formé en 2019, à l'époque pour contester le projet Serenicity d'implantation de micros dans un quartier populaire de Saint Etienne.
Depuis nous menons, le plus souvent avec d'autres, des actions d'interpellation des pouvoirs publics face à certains projets, des actions d'information et de débat face aux enjeux du tout-numérique.
Composé de citoyen-ne-s aux sensibilités diverses, notre objectif est de s'emparer des questions liées à la transformation numérique de nos sociétés et de leur redonner une dimension politique.
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une publication portant un regard critique sur les Nouvelles Technologies, Big Tech et la Silicon Valley.
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apporter un éclairage critique sur la Tech et ses multiples enjeux.
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Qui suis-je ? Technophile / techno-sceptique, vous me connaissez peut-être sous mon pseudonyme @PolitcoboyTX ou Christophe LB, co-auteur des “Illusions perdues de l’Amérique démocrate” (Vendémiaire, 2021) et animateur de la Newsletter “Old Fashioned”, spin off du blog “Politicoboy.fr”. Ingénieur R&D de métier, j’aspire à vivre du journalisme et de l’écriture. En attendant que cela soit possible, je tente de développer une activité de journaliste indépendant. Vous m’avez peut-être vu sur la WebTV “Le Média” ou lu dans diverses publications (LVSL.fr, Frustration Magazine, Rolling Stone…) pour lesquelles je travaille régulièrement.
Mon expertise se situe d’abord au niveau de la politique et actualité américaine (ayant vécu 5 ans au Texas) et de l’économie, mais je m’investis de plus en plus dans un sujet qui me tient à cœur depuis ma petite enfance et mes premiers contacts avec un Macintosh noir et blanc : la Tech.
Pour soutenir mon travail et ne rien perdre de mes publications, vous pouvez vous abonner gratuitement à cette newsletter ou considérer l’option payante.
May the farce be with you.
Christophe @PoliticoboyTX
Fiche de lecture
Design des mondes ruraux « Ce que le design fait à la campagne (et réciproquement) »
Une fiche de lecture de l’ouvrage collectif dirigé par Emmanuel Tibloux
28 août 2024
*Clés : Expérimentations Pratiques démocratiques
Auteurs Clement REMY Ingénieur et designer indépendant, membre du collectif Société Nouvelle
La parution de l’ouvrage collectif “Design des mondes ruraux” dirigé par Emmanuel Tibloux, directeur de l’ENSAD, intervient dans le contexte de la pandémie de COVID-19, qui a accéléré l’intérêt pour les campagnes. Celles qui représentent 88% de la superficie du pays et 33% de la population en 2017 suscitent un regain d’attention de la part du « bocal parisien ». Les mondes ruraux attirent, intéressent, questionnent. La visibilité des enjeux écologiques et sociaux recentre le débat sur les sujets essentiels dont s’emparent les mouvements sociaux proches de la ruralité (paysans, aides soignants, militants écologistes, tiers-lieux et écoles). La renommée « diagonale du plein » démontre une capacité d’innovation ascendante valorisant les liens de proximité contre la verticalité technocratique du pouvoir.
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Quelle résonance avec les enjeux actuels des tiers-lieux ?
La question se pose avec d’autant plus de sérieux dans un contexte où la montée de l’extrême droite, alimentée par le ressentiment des populations périurbaines et rurales, se traduit par une méfiance accrue envers les étrangers et les nouveaux venus, la fragmentation des territoires ou les conflits entre différents groupes sociaux s’exacerbent (bataille pour le foncier, le rapport à l’écologie et le partage des ressources). A cet égard, une critique des tiers-lieux porte sur « l’endogamie sociale » qu’ils reproduisent (personnes diplômées issues de la classe urbaine, entrepreneurs notamment), alors que nombre d’entre eux revendiquent une volonté de mixité de publics. Peut-être que les espaces ruraux comme certains tiers-lieux portent en germe un changement de paradigme dans la construction des politiques, qui remet le citoyen au cœur de l’action publique par une approche radicalement coopérative. Ces derniers offrent par leur ancrage des espaces « tiers » pour chercher au jour le jour avec les personnes directement concernées et d’expérimenter au coude à coude avec les acteurs locaux, pour finalement redonner un pouvoir de décision et d’agir aux habitants ruraux longuement cités dans cet ouvrage.
Mardi 28 octobre 2025
Mort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck est considéré comme le plus grand mathématicien du XXème siècle. Très engagé sur la question de la responsabilité du savant, Grothendieck continue d’inspirer un questionnement profond sur le rôle de la science aujourd’hui….
Avec Céline Pessis, historienne des sciences et sociologue de l'environnement
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Refus absolu de participer au système
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brutalement, à la fin des années 1960, la guerre du Vietnam agit pour lui comme un révélateur : "Il réalise qu'il y a une collaboration de nombreux scientifiques, de laboratoires, avec l'armée et il constate les dégâts sur le terrain, puisqu'il se rend au Vietnam en 1967". Il bascule alors dans un autre monde : "Il rencontre des personnes qu'il connaissait très peu, il s'ouvre à tout un nouvel univers, celui des débuts foisonnants de l'écologie politique en France, et les maths, d'un coup, l'intéressent beaucoup moins, même s'il va sans doute continuer à cheminer avec cette forme de pensée toute sa vie".
Céline Pessis (ouvrage collectif), Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie, L'Échappée (principaux textes de la revue Survivre et Vivre, éditée par le mouvement de 1970 à 1975)
Alexandre Grothendieck, légende rebelle des mathématiques
Clés : Environnement Sciences et Savoirs Écologie Histoire Sciences Histoire contemporaine Mathématiques Alexandre Grothendieck
Juin 16, 2025
L’enseignement de la durabilité environnementale ne peut plus se limiter à une simple sensibilisation aux enjeux écologiques. Face aux données alarmantes issues du dernier rapport du GIEC et aux reculs politiques constatés dans de nombreux pays, les éducateurs et éducatrices doivent faire face à une tâche singulièrement exigeante. Comment enseigner sans effondrer ? Comment parler vrai sans assécher toute capacité d’agir chez les jeunes ? L’article signé par Rebecca Williams et Kari Grain apporte une réponse stimulante à ce dilemme contemporain. Il propose de dépasser le mythe d’un enseignement fondé sur l’optimisme en valorisant ce qu’elles nomment une praxis de l’espérance critique.
La fin d’un monde habitable, la fin d’un récit pédagogique ?
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L’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 degré est hors d’atteinte, les conséquences sur les écosystèmes sont irréversibles, et les trajectoires actuelles mènent à une aggravation continue des effets climatiques. Pourtant, dans de nombreux pays, les engagements politiques s’amenuisent, les émissions repartent à la hausse, et les mécanismes de solidarité internationale montrent leurs limites.
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continuer à transmettre des savoirs scientifiques de qualité, mais ils doivent le faire dans un environnement saturé d’éco-anxiété, d’éco-paralysie et parfois de perte de sens. Cette tension traverse à la fois les élèves et leurs enseignants. Le danger n’est plus l’ignorance, mais l’épuisement moral.
Espérer autrement pour ne pas sombrer
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l’espérance critique, inspirée des travaux de Paulo Freire et adaptée aux urgences climatiques contemporaines.
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lucidité radicale ... accompagner les apprenants dans la construction d’un rapport au monde où l’action reste possible, malgré l’effondrement partiel des repères. L’espérance critique ne nie pas les émotions négatives. Elle les accueille comme des signaux légitimes, parfois douloureux, mais aussi porteurs de compréhension, de dignité et de résistance.
Une pédagogie qui articule savoirs, émotions, systèmes et actions
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structuration pédagogique autour de quatre dimensions indissociables. D’abord, transmettre des connaissances scientifiques solides sur l’état du climat, les limites planétaires et les trajectoires à venir. Ensuite, créer des espaces où les émotions peuvent être reconnues, partagées, travaillées. Troisièmement, mettre au jour les racines systémiques de la crise, en interrogeant les modèles de développement, les logiques extractivistes et les héritages coloniaux. Enfin, encourager les démarches d’engagement collectif qui permettent de retrouver une prise, même partielle, sur les situations vécues.
Cette approche globale ne repose pas sur des recettes toutes faites. Elle suppose une transformation du rôle de l’enseignant, qui devient un guide capable d’alterner entre écoute, confrontation, exposition des faits et accompagnement vers l’action. Il s’agit d’apprendre à penser et ressentir à plusieurs, dans la complexité, sans renoncer à la responsabilité.
Un exemple concret de transformation éducative
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mener un double projet. D’un côté, ils développent des pratiques hebdomadaires de régulation émotionnelle, comme la méditation, la création artistique ou les activités en nature. De l’autre, ils s’engagent dans une action concrète, en rejoignant une initiative associative ou universitaire en lien avec la transition écologique.
Le cours intègre aussi une lecture critique des systèmes en place. Les étudiant·es enquêtent sur le fonctionnement du système alimentaire de leur campus, découvrant au passage des mécanismes d’exploitation méconnus, des inégalités profondes et un manque criant de cohérence entre discours et pratiques institutionnelles. La colère exprimée par les étudiants n’est pas réprimée. Elle devient un moteur pour penser autrement les responsabilités, les alliances possibles, et les stratégies d’action.
Vers une transformation durable des pratiques pédagogiques
... d’articuler transmission des savoirs, écoute des émotions, analyse systémique et engagement local. Les étudiant·es en sortent transformés. Non pas plus optimistes, mais mieux outillés pour faire face à la complexité du monde, mieux capables de discerner les marges d’action et d’assumer leur place dans les luttes à venir.
L’espérance critique ne promet pas un avenir radieux. Elle invite à habiter notre époque avec dignité. Elle repose sur l’idée que le courage ne réside pas dans l’assurance d’un succès, mais dans la capacité à continuer à agir, à aimer, à s’indigner, malgré tout.
Et maintenant ? Pour une éducation qui forme à tenir debout
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chaque dixième de degré évité, chaque espèce protégée, chaque lien humain restauré constitue en soi une victoire. Non parce qu’il s’agirait de gagner, mais parce qu’il s’agit de tenir, ensemble, dans un monde abîmé.
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moins une émotion qu’une posture éthique
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des ressources intérieures, des grilles de lecture, et des gestes pour ne pas détourner les yeux.
Car enseigner aujourd’hui, c’est peut-être cela : tenir une lampe dans la nuit, non pour prétendre l’éclairer tout entière, mais pour montrer qu’il reste des chemins, et que certains, malgré tout, les empruntent.
Citation
Williams, R. J., & Grain, K. (2025). Teaching in a Time of Climate Collapse: From “An Education in Hope” to a Praxis of Critical Hope. Sustainability, 17(12), 5459. https://doi.org/10.3390/su17125459
Lien vers l'article
https://www.mdpi.com/2071-1050/17/12/5459
Connu / https://framateam.org/adaptation-radicale/pl/jyfcfgzjyff8xmer7hw8yeie4c
jeudi 12 juin 2025 - Société - Par Alexandre Monnin, Philosophe, Directeur scientifique d’Origens Media Lab et professeur à l'ESC Clermont Business School
Derrière les discours d’efficience, d’autonomie et de prévention, un glissement insidieux s’opère : celui d’une médecine qui renonce à soigner. Aux États-Unis comme en France, le soin devient conditionnel, réservé aux existences jugées « optimisables ». En s’appuyant sur le cas du programme MAHA, les dérives du One Health, le concept d’« abandon extractif » et l’émergence d’un « eugénisme doux », cet article analyse les ressorts politiques et idéologiques d’un renoncement systémique au soin.
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Aux États-Unis, cette hypothèse se cristallise au travers du programme MAHA – Make America Healthy Again – dont l’ambition n’est plus de soigner, mais d’éviter les coûts liés au soin. Comme le formule explicitement Derek Beres, fin observateur de ces enjeux et co-animateur de l’excellent podcast Conspirituality, le but de MAHA « n’est pas la santé, c’est l’évitement ». En France, la récente loi sur le droit à mourir, en apparence progressiste, a été critiquée par des collectifs antivalidistes comme une manière d’acter l’impossibilité de vivre longtemps avec certains handicaps ou maladies chroniques.
Ce tournant ne se donne pas toujours pour ce qu’il est. Il s’abrite derrière les mots d’efficacité, d’autonomie, de prévention, voire de soutenabilité. Il s’appuie sur des cadres comme le paradigme One Health, censé penser la santé de manière systémique à l’échelle des écosystèmes mais qui, en pratique, contribue à diluer les responsabilités et à rendre invisibles les enjeux de justice sociale. Il prospère sur les ruines de la médecine publique, sur la fatigue des professionnels du soin, sur l’individualisation croissante des parcours de santé.
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ne domine plus la coercition biologique mais la modulation des accès, des incitations, des normes implicites du mérite sanitaire. Dans ce monde, certaines vies méritent encore d’être soignées. D’autres sont progressivement déplacées hors du champ du soin, abandonnées à elles-mêmes, tout en continuant à alimenter des bases de données, des algorithmes, et des modèles de gestion du risque.
Function Health et la « root cause medicine » : une médecine sans soin ?
La logique du non-soin trouve un prolongement dans l’écosystème des startups de la médecine fonctionnelle, à commencer par Function Health, cofondée par Mark Hyman – médecin star, promoteur du self-care optimisé et conseiller santé de Robert F. Kennedy Jr. Promettant une révolution individualisée, Function Health propose à ses clients de mesurer plus de cent biomarqueurs pour « reprendre le contrôle sur leur santé ». Pourtant, ce qui se présente sous les auspices d’une forme d’empowerment est en réalité une mise en marché de diagnostics sans soin : les résultats des tests ne sont accompagnés d’aucune prise en charge clinique réelle, et leur utilité médicale est sérieusement mise en doute.
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Le biologiste Greg Maguire, quant à lui, dénonce Function Health au titre d’une « arnaque façon Theranos », un modèle d’affaire jouant sur le flou scientifique, l’auto-surveillance et la peur du déclin corporel, tout en échappant à toute responsabilité thérapeutique.
Au cœur de cette approche se trouve la notion de « root cause medicine », qui prétend identifier et traiter les causes profondes des maladies plutôt que de se contenter de soulager les symptômes. Bien que louable en apparence, cette philosophie est également au centre du programme MAHA (Make America Healthy Again), porté par l’administration. Le récent rapport de la commission MAHA[2] publié en mai 2025, attribue ainsi la montée des maladies chroniques chez les enfants étasuniens à des facteurs tels que l’alimentation ultra-transformée, l’exposition aux produits chimiques, le manque d’activité physique et le stress chronique. Il critique également la surmédicalisation, notamment l’utilisation excessive de médicaments et de vaccins chez les enfants, et appelle à une réorientation vers la prévention et la recherche sur les causes profondes des maladies.
Cependant, cette focalisation sur les causes profondes peut avoir des conséquences problématiques. En mettant l’accent sur la prévention et la modification du mode de vie, elle risque de délégitimer les besoins des personnes déjà malades, en particulier celles atteintes de maladies chroniques ou de troubles neurodéveloppementaux – y compris l’autisme –, qui seraient liées à des perturbations métaboliques ou environnementales. Si la recherche de cause profondes est légitime, force est de reconnaître qu’elle est instrumentalisée aujourd’hui en vue de délégitimer la recherche scientifique et les politiques de soin au profit d’une écologie pseudo-naturelle du corps performant, de la prévention morale et de l’industrie du diagnostic.
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un transfert massif de ressources depuis les institutions publiques vers des plateformes privées qui transforment le soin en business. Derrière le slogan « Make America Healthy Again », se cache une antienne bien connue : enrichir les cercles proches du pouvoir tout en abandonnant les populations vulnérables, déjà rendues invisibles par les angles morts du marché de la santé.
L’ironie de cette médecine du non-soin est qu’elle s’appuie massivement sur des dispositifs technologiques sophistiqués : capteurs, tests, algorithmes, plateformes. Le soin est externalisé, privatisé, et converti en données. Le quantified self devient la forme contemporaine de l’attention à soi, vidée de toute relation clinique. Ces technologies alimentent des systèmes d’optimisation où l’important n’est plus la guérison, mais la conformité aux normes biologiques ou comportementales. Dans ce contexte, le patient devient un profil de risque, non plus un sujet à accompagner. La plateformisation du soin réorganise en profondeur les régimes d’accès à la santé. La médecine n’est alors plus un service public mais une logistique de gestion différenciée des existences.
One Health ou la naturalisation du non-soin
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Ce flou n’est pas neutre. Il permet de relativiser les demandes d’action immédiate, en invoquant une perspective systémique, lointaine, future. On parle de microbes et de milieux, on « prend de la hauteur » tout en abandonnant les personnes malades ici et maintenant, notamment celles souffrant du Covid long ou d’autres pathologies différées.
Plus grave encore : cette « prise de hauteur » s’accompagne d’un transfert de schèmes idéologiques issus de l’écologie réactionnaire. Le retour à la nature se double d’une défiance vis-à-vis des vaccins, des traitements, de l’intervention médicale. Dans certains discours, relayés par exemple par la journaliste Marie-Monique Robin, la fusion avec le monde microbien devient un idéal, et la prévention sanitaire, une intrusion[3]. On célèbre « l’immunité naturelle » pour mieux fustiger l’intervention publique. Des deux côtés de l’échiquier politique.
Sous couvert d’intégration des savoirs, le One Health organise en réalité une double démission : institutionnelle, d’abord, en se dégageant de toute responsabilité immédiate ; cognitive, ensuite, en affaiblissant la distinction entre pathogène et environnement. Il participe ainsi pleinement du paradigme du non-soin.
Une autre logique traverse ces dynamiques : un catastrophisme vitaliste, qui prend racine à la fois dans certaines critiques de la modernité médicale et dans un rapport idéalisé à la « nature ». Face aux dégradations écologiques, le réflexe n’est plus de renforcer les capacités collectives de soin. Il s’agit désormais de retrouver une forme de pureté corporelle ou environnementale perdue. Cette quête se traduit par l’apologie du jeûne, du contact avec les microbes, de la « vitalité » naturelle – et la dénonciation des traitements, des masques, des vaccins comme autant d’artefacts « toxiques ». Elle entretient une confusion entre médecine industrielle et médecine publique, et reformule le soin comme une purification individuelle. Là encore, le paradigme du non-soin prospère non pas en contradiction avec l’écologie, mais bien davantage au nom d’une écologie mal pensée
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Elle puise dans une généalogie critique où Ivan Illich tient lieu de figure tutélaire. Sa dénonciation de l’iatrogénie, des professions médicales et de la médicalisation de la vie reste aujourd’hui une référence centrale, souvent mobilisée par des discours « alternatifs » à la médecine. Or cette critique a changé de camp : d’arme contre l’industrie pharmaceutique, elle devient ressource idéologique pour désarmer la médecine publique au profit des marchands de compléments alimentaires, d’algorithmes et de tests en tous genres. Le mythe d’un retour à l’harmonie naturelle, débarrassée des intrusions techniques, alimente aujourd’hui une écologie vitaliste parfois indistincte des idéologies de droite libertarienne ou survivaliste
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Extractive abandonment et soft eugenics : organiser le tri
Dans ce monde du non-soin, l’abandon n’est ni un effet secondaire ni une faute mais un principe actif de gestion. Le concept d’extractive abandonment, formulé par Beatrice Adler-Bolton et Artie Vierkant dans Health Communism, désigne une situation où les populations vulnérables sont à la fois exclues de la prise en charge, et maintenues dans des dispositifs qui extraient de la valeur de leur existence, sans compensation, ni reconnaissance, ni soutien.
Ce paradigme, qui organise le retrait actif de l’État ou des institutions médicales, s’appuie sur une économie politique éminemment problématique : les malades chroniques, les personnes handicapées ou marginalisées deviennent des sources de données, des objets d’expérimentation, des supports de tests – mais sans accès réel à des soins. Dans le meilleur des cas, elles sont orientées vers des parcours de « self-care » algorithmique, où la personnalisation de la gestion de santé dissimule une désinstitutionnalisation complète.
Ce processus rejoint l’eugénisme doux. Loin des formes brutales et déclarées du XXe siècle, ce nouveau tri sanitaire est diffus, technicisé, comportemental. Il repose sur des critères d’optimisation et de rendement. La question n’est pas « qui doit vivre ? » mais « qui vaut l’investissement ? ». Les profils « compliance-ready » sont favorisés. Les autres, invisibilisés, écartés. On ne les nomme plus : ils ne rentrent simplement pas dans les catégories de priorisation.
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la santé publique cesse d’être pensée comme un bien commun, et devient une performance individuelle, mesurée, scorée, marchandée. La médecine elle-même, soumise à l’austérité, finit par abandonner ses missions fondamentales : observer, diagnostiquer, soigner. Elle se contente de prévenir – et encore, seulement pour ceux qu’on juge capables – et/ou suffisamment méritants.
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Loin d’être intrinsèquement opposée au soin, la prévention a longtemps constitué une avancée majeure de la médecine sociale : campagnes de vaccination, médecine du travail, hygiène publique, politiques de dépistage… Autant d’acquis issus des luttes collectives et des savoirs institutionnels. Le tournant actuel consiste moins à valoriser la prévention qu’à la retourner contre les malades
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Repolitiser le soin
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avance sous une pluralité de masques ceux du pragmatisme, de l’innovation, de la prévention mais aussi de l’écologie, d’une vision plus « holistique » et pleine de sens, et de la liberté de choisir. Elle substitue au droit au soin un devoir de performance ; à la médecine, une ingénierie du tri ; au thérapeutique, un récit de responsabilisation individuelle. Ce que l’on nous propose n’est pas moins de soin – c’est un monde sans soin, ou du moins réservé à celles et ceux qui peuvent en justifier la rentabilité sociale ou biologique.
C’est là que la convergence devient troublante. Car ce paradigme du non-soin, loin d’être réservé au trumpisme ou à la droite libertarienne, trouve des échos dans certains pans de la gauche et de l’écologie politique. Il repose sur une série de structures partagées, bien que parfois contradictoires :
– Une « biopolitique négative » – selon la définition de Benjamin Bratton : refus d’intervenir collectivement sur les milieux de vie, rejet de toute régulation sanitaire ou environnementale sous prétexte de défendre des libertés individuelles. Cette posture a entravé la mise en place d’infrastructures collectives de soin pendant la pandémie, elle concerne également les politiques écologiques.
– Une responsabilisation individualisée – où l’autonomie devient injonction à l’autosurveillance : bien se nourrir, bien s’exposer, bien gérer son stress (ou son empreinte environnementale). Mais sans jamais reconstruire les conditions collectives du soin ni reconnaître l’inégale capacité des individus à le faire.
– Une quête de purification par la nature (et l’effort) – à travers le sport, les régimes, les huiles essentielles, l’exposition aux microbes, etc. Cette quête valorise un corps en harmonie avec un « milieu naturel » et disqualifie les infrastructures médicales jugées artificielles ou toxiques. Le soin est alors redéfini comme retour méritoire à l’origine ou à l’équilibre, en lieu et place d’un accompagnement institutionnalisé.
– Une foi partagée dans l’auto-optimisation – qu’elle passe par les algorithmes, le quantifying-self ou les routines « naturelles », elle légitime un tri silencieux entre les corps adaptables (et disposés à s’adapter) et les autres. La surveillance remplace l’attention, la donnée remplace la relation, le test remplace le soin.
Ainsi, sous couvert de libération individuelle ou de vision plus systémique, se met en place une architecture du tri : une santé sans soin, une médecine sans clinique – une écologie sans solidarité.
Contrairement à une vision simpliste qui opposerait un État providentiel déclinant à un secteur privé envahissant, le retrait du soin s’opère aujourd’hui par une transformation active de l’action publique. L’État ne disparaît pas : il prescrit, organise, finance, externalise. Il se fait plateforme, courtier de services, émetteur d’appels à projets. En matière de santé, cela signifie le financement de dispositifs de prévention algorithmique, l’encouragement de solutions « innovantes » portées par des start-ups, ou encore le remboursement indirect de produits encore non éprouvés. Ce nouveau régime n’est pas une absence de soin, c’est une délégation programmée du soin à des acteurs dont l’objectif premier n’est pas le soin mais la rentabilité. L’État ne s’efface pas en totalité : il administre la privatisation du soin.
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Connu / https://bsky.app/profile/michel-lussault.bsky.social/post/3lrdvcjffzs2u
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Michel Lussault @michel-lussault.bsky.social · 1 mois
Il y a tous les jours des articles stimulants sur @aoc-media.bsky.social , toutefois je recommande particulièrement ce texte d'Alexandre Monnin, qui fait beaucoup réfléchir et propose une critique salutaire du concept de One Health et de la crise du soin médical.
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19.9K - 5.7K - 1.1K - 7.5
Film de Jeanne Herry · 1 h 58 min · 29 mars 2023 (France)
Genre : Drame
Pays d'origine : France
Fiche technique
Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel. Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l'arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative. Sur leur parcours, il y a de la colère et de l’espoir, des silences et des mots, des alliances et des déchirements, des prises de conscience et de la confiance retrouvée… Et au bout du chemin, parfois, la réparation...
Casting
Adèle Exarchopoulos, Chloé Delarme
Dali Benssalah, Nassim
Leila Bekhti, Nawelle
Élodie Bouchez, Judith
Suliane Brahim, Fanny
Gilles Lellouche, Grégoire
Miou-Miou, Sabine
Jean-Pierre Darroussin, Michel
Fred Testot, Thomas
Birane Ba, Issa
Et aussi
Denis Podalydès, Paul
Anne Benoît, Yvette
Raphaël Quenard, Benjamin
Nema Mercier, Gabrielle
Roxane Barazzuol, Chloé Delarme, enfant
Pascal Sangla, Cyril
Sébastien Houbani, Mehdi
Catherine Arditi, Grand-mère de Chloé
Claire de la Rüe du Can, Femme au SPIP
Max Libert, Benjamin, adolescent
Patricia Jeudy, Surveillante
Valérie Enquin, Psychologue
Billet de blog 7 mai 2025
Ce que les succès (et les critiques) de la France Insoumise révèlent de la situation / Samuel Hayat
Chargé de recherche CNRS, CEVIPOF
Abonné·e de Mediapart
L’émission Complément d’enquête consacrée à LFI est discutable, mais elle nous informe sur les partis, la représentation politique et le charisme. Plutôt que d'accuser LFI d'être une meute et Mélenchon d'être un gourou, il faudrait se demander pourquoi ces formes de militantisme sont adaptées tant au présidentialisme de la Ve République qu’aux logiques médiatiques et aux mutations de l’engagement.
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LFI réussit là où les autres partis échouent : elle obtient des succès électoraux répétés, a fait apparaître une nouvelle génération de cadres, avec de multiples noms désormais connus et reconnus médiatiquement, ce qui n’est le cas d’aucune autre formation politique à gauche. Dans la situation présente, qu’on le veuille ou non, LFI semble la seule vraie machine efficace à gauche, en tout cas sur la scène politique nationale. Bien sûr, l’efficacité n’est pas un but en soi, mais c’est un élément central pour la gauche électorale, celle qui vise la prise du pouvoir par les urnes.
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auparavant les partis, Parti socialiste en tête, formaient leurs cadres par le militantisme, en particulier syndical. Une carrière militante à gauche commençait dès le lycée (FIDL, UNL) puis à l’université (UNEF-ID). Il y avait du militantisme jeune (MJS), de l'action locale, des débats, des courants. Dans l’appareil, on montait progressivement, à la suite d’une série d’épreuves qui créaient des rapports de concurrence, de camaraderie, une structure idéologique, des réseaux.
Or ce modèle s’est effondré, car il reposait sur un afflux constant de militant-es, d’adhérent-es, qui s’est tari partout. Par conséquent, le PS (et dans une moindre mesure les Ecologistes et Parti communiste français) est devenu un parti de cadres, voire un parti-cartel tenu par des élu-es, sans base active, sans militantisme jeunesse, sans cadres formé-es ayant une légitimité locale et une habitude du débat d'idées et du travail militant.
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LFI semble avoir réussi à constituer une direction politique fonctionnelle ? Parce que ce mouvement l’a créée de toutes pièces, par en haut, sans s’en remettre au lent travail de construction d’une carrière militante. En quittant le PS, Jean-Luc Mélenchon a rompu non seulement avec un parti, mais bien avec la forme-parti, telle qu’héritée de la longue histoire de la social-démocratie, avec sa base militante de masse, ses débats, ses courants, sa démocratie interne. Il a choisi plutôt un modèle inspiré du léninisme, tel que développé dans Que faire ? (1902). Il s'agit de construire non pas un parti démocratique, mais une avant-garde de révolutionnaires professionnel-les, et à côté, subordonné à cette avant-garde, un mouvement de masse sans pouvoir propre, mais mobilisable.
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En 2016, il dissout de son propre chef le Front de gauche et crée LFI, un mouvement « gazeux », sans adhérent-es, mais avec des « soutiens » collectés sur Internet, structuré en petits groupes dénués de pouvoir. Officiellement, il s’agit d’incarner la révolution citoyenne, ce qui veut dire s’écarter des références de la gauche – mais le but est surtout d’éviter de voir renaître baronnies et luttes de courants qui avaient grevé le PS, et de mettre au pas une gauche radicale trop plurielle.
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Le ralliement du Parti ouvrier indépendant, héritier du lambertisme, resté à l’écart du Front de gauche, avec ses militant-es bien formé-es, ses réseaux syndicaux et son habitus léniniste, qui se met au service de la dynamique insoumise sans trop demander en échange, achève de structurer la FI, et de l'autonomiser de ses soutiens trop indépendants, comme les petits mouvements de gauche radicale qui forment Ensemble !
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le prix à payer, pour exister quand même, c'est de faire du scandale, du bruit, de diviser. Mais chaque scandale, non seulement permet de gagner en visibilité et de déterminer l'agenda, mais renforce aussi l'unité, car on est ensemble, contre le reste du monde qui nous diabolise.
Et paradoxalement, faire du scandale sur des sujets vraiment politiques, cela permet aussi, parfois, de parler du fond. Car oui, faire du bruit en parlant de Gaza, des retraites ou des ultrariches, c'est bien plus important, politique et, au final, mobilisateur, que le spectacle des divisions entre pro et anti NFP au prochain congrès du Parti socialiste.
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permet à LFI de fonctionner en interne comme un parti révolutionnaire, ultra-hiérarchisé, au service d’une grande cause. C’est tout de même étonnant, étant donné que ce mouvement n'a rien de révolutionnaire dans ses objectifs. C'est du léninisme organisationnel, mais au service d'un projet social-démocrate, avec une doctrine très légère, et changeante selon les volontés de Mélenchon et de sa garde rapprochée. Cette combinaison entre la radicalité de la posture, la verticalité de l’organisation, et le pragmatisme du programme, a été une grande force en 2017 et en 2022. Cela ne veut pas dire que LFI a raison de garder cette structure, ni qu'ils vont gagner en 2027. Mais au moins cette entreprise politique veut dire quelque chose et semble à la hauteur des enjeux électoraux. Alors que les vieux partis, PS en tête, paraissent immanquablement à contretemps.
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Il existe sûrement une voie pour renouveler un militantisme de terrain, horizontal, divers et démocratique ; mais la pression que met la centralité de l’épreuve électorale, et la force qu’y confère l’unité stratégique, fût-elle autoritaire, rend cette voie plus longue très coûteuse, sûrement trop, face à l’urgence des combats pour la paix, contre le changement climatique, contre le fascisme. Peu de personnes sérieusement engagées à gauche n’oseraient prendre le risque de casser un appareil qui fonctionne pour en reconstruire patiemment, par en bas, un nouveau. Ce que révèle, peut-être contre la volonté de ses auteur-es, l’émission Complément d’enquête, c’est que LFI constitue encore le principal pôle structurant à gauche sur la scène politique nationale.
Samuel Hayat, chercheur en science politique
Addendum: ce billet a été composé à partir d'un fil Bluesky, donc c'est un peu décousu. Il est le fait d'un non spécialiste de LFI. Pour des analyses bien plus approfondies, on peut aller lire les travaux de Manuel Cervera-Marzal, notamment son livre Le populisme de gauche. Sociologie de la France insoumise, La Découverte, 2021, ainsi que ceux de Rémi Lefebvre. Il y a aussi des thèses, notamment celles de Virginie Tisserant sur les partis-mouvements en France et en Espagne, Arthur Groz sur les carrières militantes à LFI, Podemos et Syriza, Laura Chazel sur le populisme de gauche à Podemos et LFI, et des travaux plus anciens sur la gauche radicale, comme la thèse de Romain Mathieu sur PG, NPA et PCF Je ne les ai pas lues mais on me les a signalées. D'autres thèses sont en cours. C'est l'occasion de saluer le travail abattu par les jeunes chercheurs et jeunes chercheuses, dans des conditions toujours plus difficiles.
Le fil en question : https://bsky.app/profile/samuelhayat.bsky.social/post/3loj2wh2lac23
Ndlr : CORROBORE EN TOUS POINTS MES POINTS DE VUE... Valoriser ACT
Expression libre sur la santé et tous les lobbies et conflits d'intérêts qui la mettent en danger
depuis 2007
Je suis philosophe et germaniste, avec des activités journalistiques pendant quelques années, notamment dans une revue papier de philosophie et de littérature ainsi qu’en tant que pigiste pour des titres tels que le Hors-Série du Nouvel Obs. Mais mes articles ne sont pas philosophiques, ni littéraires.
Les questions d’éthique, déontologie, transparence (des données scientifiques et sur les conflits d’intérêt), portant sur le lobbying et les stratégies de désinformation et de la communication d’influence m’intéressent beaucoup. Tout comme les biais cognitifs, les stéréotypes, le storytelling et d’autres moyens utilisés pour désinformer. J’essaie de les décortiquer et fournir aux lecteurs des éléments, des outils de compréhension, des moyens de déjouer la désinformation et se forger, en exerçant son esprit critique, son avis en connaissance de cause sur tous les sujets.
Faire comprendre aux lecteurs les bases de l’EBM (médecine fondée sur le niveau de preuve), interroger les influences, les évidences, les conflits d’intérêts; donner des outils critiques pour que chacun apprenne à faire une lecture critique – voilà à quoi je souhaite contribuer.
De même, je suis un passeur d’informations, notamment depuis l’étranger vers la France, toujours en retard… Et lanceuse d’alerte sur des médicaments défectueux, quelques vaccins inutiles, sur les biais cognitifs et les méthodes de désinformation de ceux qui vivent bien de l’actuel système pharma-amical français..
J’ai toujours milité pour l’empowerment, pour l’information lucide et sans illusions permettant d’agir et de co-décider des traitements grâce à ce qu’il faut encourager en France aussi : décision médicale partagée (shared-decision making).
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Elena Pasca
Connu / https://sciencescitoyennes.org
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Entretien réalisé le 25 mars 2024.
Questions et interview : Pierre Girier-Timsit
Captation et montage : Léopold Gautier
Geoffroy de Lagasnerie est sociologue et philosophe, il a publié de nombreux ouvrages dont le court et stimulant Sortir de notre impuissance politique qui constitue un essai stratégique pour les forces de gauche.
Sommaire :
00:00 : Intro
01:51 : Langage confrontationnel ADN de la gauche
08:03 : Stratégie de connivence, rupture ou confrontation
12:46 : Le test police et le choix populiste
20:41 : Démocratie, Etat et parti
28:54 : Punitivisme et humanisme, l'affaire Quatennens
38:12 : JLM et Ruffin, multiplicité et monisme
44:54 : Hypothèse de la victoire électorale et redéfinition institutionnelle
50:45 : Révolution durable et spontanéité réactionnaire, l'amitié contre la famille
Connue / https://mastodon.top/@ZeSeb29/113772145299467703
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18 h Sébastien @ZeSeb29
Quand #Ruffin est amené à prendre des positions sur des sujets qui ne sont pas les siens,
il a tendance à prendre des positions réactionnaires.
(et à s'excuser ensuite, parce qu'on l'a "mal compris".)
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(plus de détails par-là : https://homonuclearus.fr/experts-gsien-poils-gratter/)
Ils ont créé le premier mouvement scientifique d’envergure critique envers le nucléaire en France. Ils sont physiciens nucléaires, connaissent de quoi ils parlent car ont fait partie des équipes travaillant dès le début sur les projets du programme français (plan Messmer). Raymond Sené et Jean-Marie Brom reviennent sur cette aventure atypique. Depuis lors, une poignée de scrupuleux irréductibles attentifs ne cessent de tenir cette critique technique et scientifique comme un contre-pouvoir utile et essentiel face à la filière électronucléaire, cela par le truchement d’une publication. Soit près de 50 ans et plus de 300 numéros, avec pas mal de scoops et de faits d’arme à leur actif.
Plan de la séquence :
1:00 présentation des protagonistes
4:30 les débuts du groupement scientifique, le GSIEN
7:03 les objectifs du GSIEN
11:00 les moyens mis au service de leurs connaissances
15:08 au cœur des sources d’informations
17:10 convaincre les citoyens de la pertinence de leurs critiques
19:50 de la difficulté de tenir la critique sur le temps et en nombre
23:00 leurs expertises sollicitées par les instances et institutions officielles
31:13 les petits arrangements de la filière avec les données scientifiques
34:50 l’excès de confiance des gouvernants
37:59 l’information citoyenne face à l’aridité du sujet
43:45 du débat technique au débat politique
45:37 l’avenir de la critique scientifique du nucléaire et du GSIEN
Connu / TG le 10/02/24 à 2:59
Julien Théry reçoit le sociologue Gérard Mauger, auteur d'un livre intitulé « Avec Bourdieu. Un parcours sociologique ». Non seulement G. Mauger a travaillé avec les outils conceptuels de Pierre Bourdieu, dont il donne une synthèse critique dans cet ouvrage, mais il a cotoyé le grand sociologue pendant les vingt dernières années de sa vie, marquées par un engagement politique de plus en plus prononcé contre le néolibéralisme. Il nous livre ici son témoignage.
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Créé en 2013, Socialter est un magazine papier bimestriel disponible en kiosque dans toute la France.
Socialter se penche sur les idées nouvelles qui peinent à émerger dans le débat public. Loin des solutions toutes faites et des approches dogmatiques, avec une ligne qui questionne plus qu’elle n’impose, Socialter entend repolitiser le débat avec une question en tête : comment faire évoluer la société vers plus de justice, plus de démocratie, dans le respect des équilibres écologiques ?
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Lancée le 3 novembre 2023 / par Collectif CJRF - Collectif de Juristes pour le Respect des engagements internationaux de la France
Le Sénat français s’apprête à examiner la proposition de loi n°21 d’un groupe de sénateurs visant à réprimer pénalement « l’antisionisme ».
Force est de constater que cette proposition de loi comporte des risques graves pour les libertés fondamentales, et heurte plusieurs principes du droit international public.
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Raquel Garrido le 23 septembre 2017 ©Getty - Robert DEYRAIL/Gamma-Rapho
Il ne fait pas bon critiquer Jean-Luc Mélenchon au sein de LFI... Raquel Garrido en a fait les frais.
La députée était convoquée hier soir par le bureau du groupe de la France insoumise pour s'expliquer sur ses mises en causes du leader des Insoumis, et elle a été sanctionnée : elle ne pourra plus s’exprimer au nom de LFI à l’Assemblée pendant 4 mois. Garrido a dénoncé le "verdict de la Cour pénale insoumise", je la cite : "Je suis mise au ban, je suis humiliée, je suis en colère, j'ai honte de voir cette évolution du projet politique auquel j'ai consacré 30 ans de ma vie".
On rappelle que Garrido avait déclaré, au sujet de Jean-Luc Mélenchon : "Il ne fait que nuire depuis dix mois". Alors dans un mouvement habitué à célébrer le génie infaillible de son chef, forcément, ça crispe un peu !
Y a-t-il d'autres voix critiques ?
À lire aussi : Affaire Quatennens : les jeunes Insoumis se rebiffent https://www.radiofrance.fr/franceinter/affaire-quatennens-les-jeunes-insoumis-se-rebiffent-4509335
Raquel Garrido est sans doute la plus tonitruante des rebelles de la France insoumise, mais elle n'est pas seule. Depuis de longs mois, on voit des députés comme François Ruffin, Alexis Corbière, ou Clémentine Autain, qui sera d'ailleurs l'invitée de France Inter à 8h20, se positionner en rupture ouverte avec la direction de leur mouvement…
Ils jugent la ligne politique trop clivante, la gestion de l'affaire Quatennens, la position de LFI sur le conflit israélo-palestinien, ou encore une organisation jugée verrouillée, au service unique des ambitions de Jean-Luc Mélenchon.
Que peuvent-ils faire pour se sortir de ce pétrin ?
C'est là où ça se complique.
D'abord pour des raisons de calendrier : ils voulaient plutôt agir après les européennes en juin prochain, ils n'avaient pas prévu que la NUPES imploserait si tôt.
Ensuite parce qu'il n'y a pas d'instance démocratique pour mener des batailles internes : à la France insoumise, on ne peut pas gagner de congrès, tout simplement parce qu'il n'y a pas de congrès. C'est un mouvement construit par et pour Mélenchon, dépourvu de mécanismes de vote.
Pourquoi ne pas quitter LFI, dans ce cas ?
D’abord parce que l’herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs, on ne peut pas dire que le PS ou les écologistes soient dans un superbe état. Il y a aussi le risque de passer pour des diviseurs, alors que les électeurs de gauche aspirent à l'unité. Finalement, nos rebelles préfèrent tenter de renverser le rapport de force en interne, en misant sur l'usure progressive de Jean-Luc Mélenchon. On leur souhaite bien du courage…
Clés : Politique Partis politiques La France insoumise Raquel Garrido
L'équipe Hadrien Mathoux, Production
d'Ilan Pappe , la voix d'un historien israélien, une voix différente de celle que nos gouvernements voudraient nous faire entendre.
( Ilan Pappé (אילן פפה en hébreu), né le 7 novembre 1954 à Haïfa, est un historien israélien. Il fait partie des « nouveaux historiens » qui ont réexaminé de façon critique l'histoire de l'État d'Israël et du sionisme... Wikipedia )