Mardi 20 octobre 2026 - La Terre au carré / Par Mathieu Vidard
Gaspard Koenig, philosophe, propose de repenser la liberté, la propriété ou encore la démocratie à l’aune de l’habitabilité de la Terre et de nos interdépendances avec les écosystèmes.
Avec Gaspard Koenig Philosophe, écrivain
Pour Gaspard Koenig, bureaucratie et crise écologique relèvent d’une même logique : la volonté de tout contrôler et de normaliser. Notre conception de la liberté, réduite à l’autonomie individuelle, ignore notre dépendance aux milieux naturels. Face à l’effondrement de la biodiversité et au changement climatique, la philosophie politique doit intégrer les interdépendances entre humains et écosystèmes.
Le sol se transforme en permanence : il décompose la matière organique morte et la rend disponible pour de nouvelles formes de vie. La rencontre avec les lombrics et la découverte de l’humus inspirent à Gaspard Koenig une règle fondamentale : ne produire que ce que l’on sait défaire et réintégrer dans les cycles naturels. Cette règle implique de renoncer aux productions qui ne peuvent être réintégrées dans les cycles naturels, comme les microplastiques, les PFAS, les pesticides ou encore les déchets nucléaires.
Il appelle à la désobéissance pour résister à la bureaucratie qui standardise les pratiques et étouffe la spontanéité. La désobéissance permet, selon lui, de laisser surgir le vivant, de retrouver un rapport sensible et charnel avec la nature.
A lire : La Désobéissance du radis, Gaspard Koenig et Etienne Appert, éditions La Boîte à Bulles (via le label Pictavita), 2026
À écouter
L'hypertourisme ou le démesure mondiale
La Terre au carré
France Inter
38 min
Références Littérature française Idées Mathieu Vidard Gaspard Koenig Environnement Arts et Divertissement Biodiversité Écologie BD – Manga Bandes dessinées – Romans graphiques
L'équipe
Mathieu Vidard, Journaliste français
Éléonore Thévenot, Stagiaire
Anna Massardier, Attaché(e) de production
Lucie Sarfaty, Chargé(e) de programme
Jérôme Boulet, Réalisation
Joelle Levert, Attaché(e) de production
Jean-Philippe Veret, Attaché(e) de production
Tr.: ...
/LFI loue son programme, le plus écologique, le plus réaliste, aux autres mouvements de faire de même ... mais a peur de son autoritarisme ...
/ critique sobriété : jouir différemment, pas dans une tempérence, coucher de soleil, jouir de rien sans honte, pensée de la jouissance ... pensée des passions joyeuses ... jouir de la nature ... décroissance ou non croissance, entropie, insécable, objet là pour toujours, en plus du reste du monde ... état stationnaire, humuser, recycler en permanence, plus besoin d'extraire de la matière première,
...
Chronique de Mamadou Denbele??
achat évité
...
attention aux effets rebonds ... jeter ou donner avant d'acheter ...
facilité à vouloir abolir le capitalisme, décorréler l'économie de marché et l'extractivisme ... être écolo et favorable à une économie de marché régulée de façon à être stationnaire ... agroécologie, point de départ pour que notre milieu de vie reste habitable ... planification ou règle simple, plus de chimie dans les sols, on donne les outils, PAC, traités de libre-échange sans clauses miroir ... intégrer les externalités ... marché pour échanger dans la liberté, favorable à un revenu inconditionnel ... revoir profondément les règles qui régissent notre société mais ne pas abolir les mécanismes qui permettent de passer à l'échelle ... /son périple à cheval, plus de gr en allemagne ... tous les chemins étaient des gr, la propriété porte des obligations à ouvrir sa propriété ... pouvoir se promener partout est essentiel, capacité d'errance ... le droit de propriété ne peut survivre que si on l'amende pour ne pas laisser le droit de détruire ... préserver ce droit émancipateur => le corriger et l'adapter ...libéral s'oppose au régime monarchique ... devenu néolibéral qu'il rejette complètement ... a renoncé à la politique en 2022, belle expérience, a compris que 2 métiers différents ... a retrouvé capa créatrice disparue à représenter un collectif ... débat, combat des idées, séparé du combat politique ... critique de l'élection présidentielle au suffrage universel, infantilisant, peu démocratique ... nos constitutions n'ont à l'apas de clause de fin ... l'institutionnel explique des malheurs de ce pays, autonomie locale, croit à ??
...
q / l'intelligence collective croit à la délibération permet de créer solutions pérennes car acceptées par tous, les communs ça marche ... convention citoyenne super si appliquée ... impressionné / démocratie directe en suisse : on devient responsable ... panneaux solaires autogérés / communauté ... redistribution organisée pour que personne ne soit lésé ... paille, ossature bois, dissoudre, on peut se faire plaisir ... farfelu, architecture régénérative ... village italien envahi / forêt ... dissout par le vivant, digérer ...
contraindre à suivre la règle d'or de vilnus?? ... normes simples plus puissantes ... ex fin véhicules thermiques en 2035 ... pas d'accord avec la politique européenne actuelle ... simple et la même pour tous est acceptable, a voté eelv aux européennes ... les citoyens in fine
écon de marché régulée possible ? quelle est l'alternative ... des coopératives, 1 homme, 1 voie, consensus ... enjeu de cette BD forger des utopies.
Tardigrades
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Les super-pouvoirs des tardigrades
Mardi 22 septembre 2026
France Inter
43 min La Terre au carré : intervenez !
La Terre au carré
Par Mathieu Vidard
Ces animaux peuplent presque tous les écosystèmes, des mousses aux abysses. Ils tolèrent des conditions qui seraient mortelles pour la plupart des êtres vivants. Ils ont été congelés, desséchés, exposés aux radiations cosmiques et même envoyés dans l'espace.
Avec
- Myriam Richaud Maitresse de conférence à l'Université de Montpellier, chercheuse au CNRS
- Simon Galas Professeur de génétique moléculaire et chercheur au CNRS à la faculté de médecine de Montpellier
Le secret de leur résilience réside dans la cryptobiose, un état d'hibernation extrême – ou "dormance" – où le métabolisme, en quelque sorte, s'éteint. En l'absence d'humidité essentielle à leur métabolisme, le tardigrade expulse l'eau de son corps, protège son ADN et ses cellules grâce à des molécules spécifiques et se compacte en une forme sphérique. Lorsque les conditions redeviennent favorables, il se réactive.
Ce mécanisme, fruit de millions d'années d'évolution, fait encore l'objet de recherches. Les scientifiques supposent que les tardigrades peuvent réparer leur ADN endommagé ou le protéger grâce à une sorte de bouclier naturel contre les rayons ultraviolets.
« Progressivement, le tardigrade se contracte, se raccourcissant de l’avant vers l’arrière, tandis que son corps perd presque toute son eau, jusqu’à 95%. Ce lent processus peut durer plusieurs heures, selon les espèces. À la fin, l’animal n’a plus tout à fait la même allure : il adopte une forme compacte, ratatinée, qui évoque un minuscule tonneau, d’où le nom de «tun» (tonnelet en anglais) qui lui a été donné. »
« Ce cryptobiote est une sorte de vaisseau atemporel qui permet au tardigrade de patienter jusqu'à ce que l'eau réapparaisse », image Simon Galas. Sous cette forme, il résiste à tout : la très basse température de l'hélium liquide (-272 °C), les chaleurs extrêmes de planètes proches du Soleil (+151 °C), des niveaux de radiation 2.000 fois supérieurs à ceux que les cellules humaines peuvent tolérer, des pressions abyssales valant 74.000 fois celle de l'atmosphère en surface. »
« Notre laboratoire a été le premier à observer avec succès ce qui se passe à l’intérieur d’une espèce de tardigrade (Hypsibius exemplaris) lorsqu’elle entre en cryptobiose. Dans cet état, cette espèce se miniaturise en perdant 38 % de son volume et fabrique une sorte de rempart visible autour de chacune des cellules qui composent son corps. Cette structure disparait progressivement au cours de la réanimation de l’animal. »
Mais comment les tardigrades font-ils, concrètement, pour réaliser de telles prouesses ?
La réponse est évidemment à chercher dans leurs gènes, dont près de 40 % nous sont inconnus.
Dit autrement, ils n’existent chez aucune autre espèce vivante. C’est ce qu’ont découvert les premiers chercheurs à avoir réalisé un séquençage complet de leur génome, c’est-à-dire à avoir cartographié leur ADN, à partir de 2015-2016.
« Le phénomène porte un nom un peu austère : le transfert horizontal de gènes. Contrairement à la transmission verticale classique, ce mécanisme permet à un organisme d’intégrer dans son génome des fragments d’ADN provenant d’espèces totalement différentes, sans lien de parenté directe. Chez les bactéries, ce processus est bien connu. Elles échangent des gènes comme on s’échange des outils, parfois pour résister à un antibiotique, parfois pour exploiter une nouvelle source de nourriture. Mais chez les animaux, et a fortiori chez les animaux multicellulaires, ce phénomène était longtemps considéré comme marginal, presque anecdotique. Jusqu’à l’arrivée des tardigrades sur le devant de la scène »
À écouter
Mission humidité : le grand saut du tardigrade
Bestioles
France Inter
10 min
Des chercheurs donnent à des cellules humaines l'un des extraordinaires pouvoirs des tardigrades
Les Savanturiers
4 min
Myriam Richaud et Simon Galas publient Incroyables tardigrades ! aux éditions Point Nemo.
Vendredi 26 juin 2026 Par Mathieu Vidard - La Terre au carré
38 min restantes
Alors que les températures battent tous les records, le cadrage du sujet pointe rarement les responsables de la situation. Pourquoi et comment « politiser la canicule »?
Avec
- Christophe Cassou Climatologue
- Yamina Saheb Experte des politiques énergétiques, rattachée à l’OpenExp
- Claire Nouvian fondatrice et directrice générale de Bloom, ONG contre la destruction de l'océan et du climat.
- Eva Morel Secrétaire générale de l'association Quota Climat
- Mickaël Correia Journaliste à Mediapart
La canicule qui laisse la France K.O. en ce mois de juin - hors norme par son intensité comme par sa précocité - n'est pas un aléa qu'on doit subir en serrant les dents. C'est le résultat de choix.
Et à la Terre au carré, je vous le dis franchement, c'est la colère et le ras-le-bol qui nous animent. Ras-le-bol parce que chaque jour, ici, les voix des scientifiques se succèdent pour nous alerter, nous expliquer et documenter la catastrophe en cours. Des millions d’oreilles les entendent mais rien ne se passe vraiment.
Les débats sur la climatisation nous désespèrent, tout comme une très grande partie de la classe politique, qui préfère chercher des boucs émissaires plutôt que de nous préparer collectivement à un monde en surchauffe.
Pendant que le pays suffoque, on nous explique même doctement que la canicule, au fond, ce serait la faute des écologistes eux-mêmes et de leur prétendue décroissance. On marche sur la tête. Ceux qui alertent depuis cinquante ans deviennent les coupables, et l'oligarchie qui sabote la transition se présente en garante de la raison. Les crédits écologiques sont taillés à la hache et les normes détricotées une à une.
Les pétroliers, connaissaient leurs responsabilités dès 1971. Mais en France, le président de la République préfère décorer le patron de TotalEnergies pour services rendus à la nation et nous gratifier au passage de ses conseils paternalistes pour prendre soin de nos proches.
Ces derniers jours nos corps nous racontent déjà ce qui se met en place sous les rayons brulants du soleil. Ils nous disent à quel point nous sommes en train de franchir toutes les limites de la vie. Ce n'est plus une alerte, c'est une sommation.
L'histoire retiendra sans doute que notre humanité savait absolument tout et qu’elle a préféré ne rien faire.
Références Environnement Biodiversité Écologie
38 min
Entre désinformation et questions légitimes, comment démêler le vrai du faux sur les énergies renouvelables ? Comment mettre en œuvre la transition énergétique ?
Avec
- Paul Neau Ingénieur écologue spécialiste de l’énergie éolienne
- Elsa Souchay Journaliste spécialisée énergie, environnement et ruralités
Intermittentes, inesthétiques, d’origine étrangère : les énergies renouvelables font l’objet d’idées reçues. Ces énergies sont nouvelles et suscitent naturellement des questionnements, mais qui sont parfois amplifiés par les lobbies fossiles.
Derrière les idées reçues, il reste des questions légitimes : où installer ces équipements, sur quelles terres, au profit de qui ? Des forêts défrichées dans les Landes, des terres agricoles sous tension, des éoliennes condamnées pour destruction d'espèces protégées : l’enquête d'enquête d’Elsa Souchay pour Reporterre montre que les renouvelables ne sont pas neutres.
Des pistes existent pour une transition plus juste : réduire la demande énergétique par la sobriété avant tout, favoriser les projets à gouvernance locale, ou encore mieux encadrer l'agrivoltaïsme.
A lire : Plaidoyer pour la transition éolienne et solaire, Paul Neau, Editions Rue de l’échiquier
Références Énergies renouvelables Environnement Biodiversité Écologie
Ndlr : socialiser les projets serait indispensable, les ENR sont en plein boom au niveau mondial
La rivière Whanganui en Nouvelle Zélande a obtenu le statut de "personne" en 2017.
39 min
L'émergence des droits de la nature marque un tournant historique dans notre relation au vivant. Mais imaginer défendre en justice un fleuve ou une rivière, comme une personnalité juridique, relève-t-il de la fiction ou d’un futur à envisager pour pallier les limites du droit de l'environnement ?
Avec Camille de Toledo Écrivain
Camille de Toledo publie chez Verdier un petit texte intitulé L'international des rivières, un récit de l'avenir. Il s'agit d'une **fiction spéculative, juridique et politique qui se projette dans les décennies à venir en imaginant une rivière d'abord exploitée, asséchée, entravée par des barrages et qui obtient un jour le statut de personne juridique grâce à une loi. L'auteur fixe l'action le 25 juin 2035. Camille de Toledo explique qu'il a connu un enjeu fort d'écriture adossé à un travail de recherche : "Il y a une sorte de pari de toute façon de la fiction, qui s'adosse en vérité à autre chose qu'un strict regard sur la politique et les équilibres politiques en France – la difficulté qu'on a depuis maintenant 30-40 ans à penser l'avenir autrement que sous la lumière de l'apocalypse."
Les débuts de la personnification juridique
L'idée que des entités naturelles puissent se défendre en justice trouve sa source moderne en 1972 avec le professeur américain Christopher Stone. Dans un article dont le titre "Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ?" est déjà en soi une révolution ontologique pour l’époque, il propose d'accorder le statut de personnalité morale aux entités naturelles pour contrer des projets industriels dévastateurs.
Camille de Toledo explique le problème qui se pose alors : "Les entités naturelles sont considérées comme des objets, donc elles n'ont pas intérêt à agir, donc elles ne peuvent pas aller en justice. Comment est-ce que j'organise le monde pour que des arbres puissent aller en justice ? Il faut sans doute que je leur donne la qualité de sujet de droit. Et à partir de là, cette idée fait sa traversée du désert, jusqu'à ce qu'elle retrouve des communautés habitantes au début du XXIe siècle qui se demandent comment défendre leur sol, leur sous-sol, leur montagne, leur vallée, leurs arbres, leurs rivières. Et c'est par le biais d'une grande organisation environnementale américaine qui s'appelle le CELDF, que la parole et l'idée de Stone va trouver des cas pratiques."
Cette idée a ressurgi ensuite au début des années 2000, portée par le constat de l'échec des politiques de développement et des grandes conférences internationales. Le mouvement s'est alors concrétisé par des étapes juridiques majeures comme l’intégration des droits de la Terre-Mère dans la Constitution de l'Équateur en 2008, puis la personnification juridique du fleuve Atrato en Colombie et de la rivière Whanganui en Nouvelle-Zélande en 2016 et 2017.
Par ce que Camille de Toledo qualifie de "pollinisation du droit", le phénomène finit par atteindre l'Europe vers la fin des années 2010 avec d’une part l’obtention des droits d'une personne par la lagune de la Mar Menor en Espagne suite à une mobilisation citoyenne massive, et le lancement du projet du Parlement de la Loire, en France, qui vise à imaginer un cadre législatif où le fleuve pourrait être représenté et ses intérêts défendus face aux pressions anthropiques.
À écouter
Le collectif "Vers un parlement de Loire" publie une lettre ouverte pour les futurs élus
Plus de temps à perdre, ICI Touraine
8 min
Les enjeux du statut de "personne écologique"
L'attribution d'une personnalité juridique aux entités non-humaines vise à dépasser les limites intrinsèques du droit de l'environnement classique. Camille de Toledo soulève que ce dernier, né dans les années 70, est critiquable pour sa vision "écopaternaliste" où l'humain reste le seul décideur et la nature un simple objet de compensation ou de réparation. À l'inverse, le droit de la nature reconnaît que les écosystèmes ont des intérêts propres qui doivent exister dans le débat sociétal.
Devenir une personne écologique permet à une rivière ou une forêt de participer à des arbitrages juridiques et économiques. Une révolution juridique entraîne une redéfinition radicale de notre vision économique dans laquelle la nature n'est plus un simple actif à maximiser, mais un "corps travailleur" qui déploie une énergie produisant de l'habitabilité (par exemple, l'énergie hydroélectrique ou la régulation climatique). Sur ce postulat, tout devient imaginable ! Si la nature travaille et produit de la valeur, elle devrait pouvoir prétendre à une forme de rémunération, ces revenus permettant aux entités naturelles d'acquérir une autonomie financière pour payer leurs propres actions en justice et financer leur propre régénération.
À écouter
L’Initiative pour l’Avenir des Grands Fleuves
Chroniques littorales
France Inter
4 min
La fiction comme outil de transformation des institutions
L'utilisation de la fiction dans le domaine du droit n'est pas inédite : le capitalisme lui-même repose sur la fiction juridique de la personnalité des entreprises. Dans son approche, Camille de Toledo utilise la fiction non pas comme une évasion, mais comme une "stratégie pragmatique" pour rendre pensables des transformations autrement inaccessibles. Son ouvrage, L’Internationale des rivières paru aux éditions Verdier est un "récit de l'avenir" visant à accompagner la métamorphose de la société. La fiction se met ainsi au service d’une projection dans laquelle un narrateur propose ses doutes, créant pour le lecteur un espace de réflexion. Un soulèvement légal et littéraire dont l'objectif est de bâtir une internationale des rivières capable de garantir la pérennité d'une Terre habitable pour tous les vivants.
-> Pour en savoir plus, écoutez cette émission...
À LIRE : "L'internationale des rivières" aux éditions Verdier
Camille de Toledo : "Ma principale école, ça a été les deuils et les traumas"
La 20e heure
France Inter
50 min
Tr.: ...
Comment changer les fictions ? ... les gratitudes, qu'est-ce que l'on doir au monde ? Reversion à une personne naturelle ... épuisement y compris du monde ... Corse ... déclaratif repris et monte dans la hiérarchie des normes ... système comptable, forme de démence ... inconscient terrestre ... que les défenseurs du vivant ne soient plus reconnues comme terroristes ... soulèvements de la terre ... chamanisme ... Loire, 12 réacteurs nucléaires ... rapports de forces ... des droits et des moyens pour se défendre ...
Ndlr : pas de référence à la notion de Commun ? ACT
Marchandiser la nature ne maintient-il pas le capitalisme (Mathieu Vidard lui fait d'ailleurs remarquer) ? ACT
Global warming around the world is about to be burned by human hands
Alors que la planète ne peut plus supporter ce rythme de consommation et de production propre au capitalisme, imaginer une sortie de la croissance n’est pas chose facile tant l’idée fait peur et déchaîne les passions… Comment faire de la sortie de la croissance un projet de société ?
Avec Timothée Parrique, chercheur en économie écologique à l’Université de Lausanne, auteur du livre « Ralentir ou périr : L’économie de la décroissance", paru en 2022 aux Editions du Seuil
Depuis des décennies, la croissance du PIB est la boussole principale des politiques économiques dans le monde. Mais ce qui fonde notre système capitaliste nous mène aujourd'hui à une impasse écologique et sociale... Déforestation, pollution des sols et de l’eau, réchauffement climatique anthropique sont autant de signes d’un modèle insoutenable.
Malheureusement changer d’indicateur ou chercher le découplage entre économie et écologie ne suffira pas.
Pour éviter une catastrophe écologique majeure, il est urgent de ralentir le rythme de production et de consommation — autrement dit de changer radicalement nos modes de vie et notre économie.
Pourtant, parce qu’elle implique une remise en question drastique du système capitaliste, l’idée est largement rejetée, que ce soit par les politiques ou les économistes.
Comment en finir avec cette peur de la décroissance et imaginer enfin une société de la post-croissance ?
On en parle avec Timothée Parrique, économiste, auteur de Ralentir ou Périr, Seuil.
À écouter
Monique Pinçon-Charlot : "Je veux que les riches payent leurs impôts et contribuent à la hauteur de leur fortune"
La Terre au carré
47 min
Écouter
Décroissance : un concept mal compris ?
Timothée Parrique, chercheur en économie écologique, nuance l'appellation de "décroissant", préférant se définir comme un scientifique des transitions économiques. Il souligne une erreur fréquente : l'idée que la croissance du PIB résoudrait la pauvreté. Or, le PIB est "un chiffre sur un tableau Excel, alors que la pauvreté, c'est une déprivation matérielle et sociale". Il compare la décroissance à de l'économie de prévention : "prendre le temps de changer un petit peu la qualité de ce qu'on mange pour éviter l'apparition d'un problème de santé. Faire un régime, ce n'est pas drôle. Mais les coûts à courts termes, sont inférieurs aux bénéfices à long terme. C'est la même chose pour la décroissance."
Les limites de la croissance verte
Selon Timothée Parrique, la "croissance verte", visant à concilier prospérité économique et respect de l'environnement, ne repose sur aucune preuve empirique. Il rappelle que si des problèmes environnementaux locaux ont pu être résolus par des solutions technologiques, l'empreinte matérielle globale, elle, continue d'augmenter. Il insiste sur le fait qu'une "économie circulaire ne peut pas être en croissance".
Catégories Politique Société Économie Éducation Géopolitique Arts et divertissements Livres Cinéma Recettes de cuisine
Tr.: ...
taux de satiété, plus de richesse ne rend pas plus heureux au-delà de ce seuil ... le capitalisme nécessite des contre-pouvoirs puissants qui sont très difficiles à maintenir ou obtenir ... jeu de Monopoly et pas démocratie ...
le capitalisme, mode d'organisation économique basée sur plusieurs caractéristiques :
- la propriété privée des moyens de production qui permet de concentrer les prises de décision ;
- l'appropriation individuelle du profit ;
- la coordination marchande à travers les marchés ;
- l'organisation du travail selon un mode salarié.
L'ESS a développé des alternatives concrètes. par exemple les SCIC, ... qui peut être sociale du profit ... fondation, un réinvestissement. On voit aussi à travers l'expérimentation des territoires zéro chômeurs de longue durée une forme de garantie d'emploi qui échappe un petit peu à l'organisation salariale du travail pour créer en fait un commun d'activités qui ne dépend pas d'un marché du travail. Donc c'est une 2ème molécule. Autre avec les monnaies locales, qui permet d'échapper au marché de la monnaie capitaliste. Et ce que j'observe, c'est qu'aujourd'hui en France dans l'ESS, on a à peu près toutes les pièces disponibles pour construire un système qui pourrait faire face au système capitaliste.
...
un investissement collectif, coopératif ... adapté à toutes les entreprises ?
A du mal à imaginer une entreprise qui ne pourrait pas fonctionner ainsi. Si on divise les entreprises en 2 catégories - publiques / privées. Ya des entreprises difficilement privatisables. Mais quand on regarde la sphère privées, toutes les entreprises privées pourraient devenir sociales. Ya un changement fondamental. Ma collègue Genifer Helton?? parle de la relation au profit. La seule différence, c'est que le profit n'est pas individualisable ... moins d'incitations à faire une lucrativité de court terme qui pourrait dégrader les conditions de travail et des écosystèmes.
Dans un TEDX récent, vous lanciez un appel au sabotage pour proposer une société différente ?
On a besoin de mots "douche-froide" pour se réveiller comme la décroissance dans les années 2000. /discours de l'innovation, résoudre le pb par l'addition. Le résoudre par la SOUSTRACTION, donc ex-innovation??. Arrêter de faire ces choses qui dégradent les écosystèmes. Donc sabotage coordonné. Ex. si je fais du marketing, je vais cesser de donner mes heures à une entreprise et un système qui détruit le monde. C'est pas mettre une bombe sur un pipeline. Conceptualiser les notions d'arrêter de faire le capitalisme.
Q.:
/réchauffement climatique on n'y arrivera pas sans réduire la consommation, condition nécessaire.
/Vendre moins sans faire faillite ? illusion statistique de la lucrativité mais déjà en faillite ex pétroliers => changer modèle de comptabilité.
/agroécologie sans chimie : garder le meilleur de la modernité et faire revenir tech et pratiques anciennes qui vont être plus adaptées par ex à un monde sans pétrole.
/Créer parti politique qui montre le chemin : économie du bien-être, convivialisme, termes qui rassemblent plus que décroissance, la paresse pour tous.
/indice de croissance ne veut plus rien dire : le PIB inventé en 1930 a du mal à refléter l'égalité? notamment les nouvelles technologies en plus de l'état de santé des écosystèmes.
Noël Mamère le 29 janvier 2025 à Paris
Noël Mamère, le Vert : « L'écologie est un outil d'émancipation, pas une punition » - Vendredi 3 avril 2026 / La Terre au carré | France Inter
Candidat à la présidentielle en 2002, mais aussi maire de Bègles durant 28 ans, Noël Mamère a surtout développé sa conscience écologique dans les années 1970 auprès de Jacques Ellul et de Bernard Charbonneau.
Avec Noël Mamère, Député-maire écologiste de Bègles
Des années 1970 durant lesquelles Noël Mamère sera de tous les fronts avec son acolyte Pierre Lebaillif, tantôt dans des manifestations pour sauver la forêt des Arbailles dans les Pyrénées, contre l’autoroute du Pays basque ou encore contre Tcherno Blaye, la centrale nucléaire de Blaye. Il forge son terreau militant auprès également de figures comme José Bové. Il mène en parallèle de ses actions militantes sa jeune carrière de journaliste qui l'amène en 1977 à Antenne 2, et présente l'émission C’est la vie, première émission quotidienne d’une chaîne nationale traitant des questions d’environnement. Il présentera le 13 heures pendant cinq ans et l'émission "Résistances". Il se lance naturellement en politique à l'âge de 42 ans en devenant maire de Bègles, première commune de plus de 20 000 habitants à devenir une mairie écolo en 1989.
Des racines militantes forgées dans le Sud-Ouest
Né à Libourne le 25 décembre 1948, Noël Mamère retrace les origines de son engagement écologiste jusqu'à ses années universitaires à Bordeaux, en 1969, où il rencontre l'influence déterminante des philosophes Bernard Charbonneau et Jacques Ellul.
Ce dernier, son professeur à Sciences Po, lui transmet une vision globale de l'écologie, ancrée non pas dans la seule défense de l'environnement, mais dans une réflexion profonde sur la liberté et l'autonomie humaine. « Exister, c'est résister », résume-t-il en citant la devise d'Ellul.
C'est aussi à cette époque que le jeune journaliste à l'ORTF Bordeaux mène ses premiers combats contre les projets d'aménagement de la côte aquitaine. Une trajectoire qui le conduira, en 1989, à devenir maire de Bègles, puis candidat des Verts à l'élection présidentielle de 2002, où il réalise le meilleur score jamais obtenu par un écologiste avec 5,25 % des voix.
Une écologie sociale et radicale, face à ses adversaires
Face aux critiques — notamment celle de Philippe de Villiers qui dénonce une « écologie punitive » et « carcérale » —, Noël Mamère oppose une vision diamétralement opposée : « L'écologie, c'est un outil d'émancipation, un outil de libération. »
Il insiste sur le lien indissociable entre justice sociale et enjeux environnementaux, et rappelle que les premières victimes du dérèglement climatique sont aussi les plus précaires. Il pointe les dérives du développement non contrôlé de l'intelligence artificielle — gourmande en ressources naturelles, en eau et en énergie —, ainsi que des projets comme les élevages industriels de saumon ou les data centers, qu'il juge contraires aux valeurs écologistes, même lorsqu'ils sont soutenus par des élus se réclamant de l'écologie.
Une gauche en « soins palliatifs » face à la montée de l'extrême droite
Lucide et préoccupé par la situation politique, Noël Mamère dresse un tableau sombre de la gauche française, qu'il décrit comme étant « en soins palliatifs », incapable de proposer un horizon clair face à la progression du Rassemblement National. « Si nous voulons que faire front et barrage à cette extrême droite, il faut que la gauche se réveille, qu'elle arrête d'aller chercher vers le centre-droit qui n'est plus autonome, qui vote aujourd'hui à droite. Il faut aussi que la gauche ait un programme. » analyse-t-il.
À écouter
Plutôt la fin du monde que la fin du capitalisme ?
La Terre au carré
35 min
Il critique Jean-Luc Mélenchon, « l'un des hommes politiques les plus cultivés du personnel politique français », mais craint qu'il devienne « l'idiot utile de l'extrême droite » en raison de ses dérapages, tout en distinguant le chef de LFI de son électorat — jeune, non antisémite — qu'il faudrait, selon lui, rallier sur des « bases universalistes et antiracistes ».
Pour l'ancien journaliste, la transformation de la société passera nécessairement par un mot encore tabou : le renoncement : « Il faut le faire de manière consentie et démocratique, qu'on choisisse ensemble ce qu'on considère comme superflu », plaide-t-il, convaincu que sans cela, ce sont des « sociétés militarisées et de surveillance » qui imposeront ces choix à notre place.
Ses livres :
Les Terrestres - aux éditions du Faubourg (nouvelle éditions 2025) Raphaelle Macaron & Noël Mamère
L'écologie pour sauver nos vies - Editions Les Petits matins (2020)
Mes vertes années - Fayard Ed 2002 - Noël Mamère avec Claire Baldewyns
La Fracture humaine - Seuil ed. 2002 - Noël Mamère avec Patrick Fabriaz
Références Écologie politique Environnement Biodiversité Écologie
...
Ndlr : comment trouver le maire LFI exemplaire, acter que JLM cultivé mais que la gauche soit en soins paliatifs ?
En d'autres termes, c'est quoi la gauche pour lui ?
LFI en fait-il partie ?
Son programme LAEC est-il à la hauteur de sa vision à lui de l'écologie ?
dommage que ces questions ne lui aient pas été posées Approfondir ACT
Vendredi 6 mars 2026 / France Inter - La Terre au carré Par Mathieu Vidard
Enfant fasciné par le ciel, Serge Zaka utilise aujourd'hui sa passion pour la météo afin d'aider les agriculteurs à s'adapter au dérèglement climatique. Portrait d'un agroclimatologue au chapeau de cow-boy devenu star des réseaux.
Avec Serge Zaka, Ingénieur agronome et docteur en agro-climatologie
Ses parents fuient le Liban en guerre sous une pluie de bombes pour se réfugier en France en 1991. Serge Zaka n'a que deux ans. Depuis il n'a cessé de scruter le ciel pour y observer les phénomènes météorologiques : précipitations, nuages, températures... A huit ans, ce fan de Joël Collado et Catherine Laborde note déjà soigneusement toutes ses observations dans de grands classeurs qu'il a conservés jusqu'à aujourd'hui. Dans sa biographie, Orages sur le climat (Harper Collins, 2025) il écrit : "je pense que c’est en notant le temps qu’il faisait chaque jour que j’ai appris à appréhender et apprivoiser le monde qui nous entoure." Adolescent, il devient chasseur d'orages. Avec ses amis de la communauté Infoclimat.fr, il parcourt la France pour prendre en photo les plus beaux éclairs. En 2021, il remporte le prix de la plus belle photo du monde décerné par la Royal Meteorological Society.
Photo d’orage prise à Théoule-sur-Mer près de Cannes en 2020 - Serge Zaka
A la fin des années 2000, Serge Zaka étudie l'agronomie afin d'appliquer sa passion pour la météo au domaine agricole car il constate qu'il n'y a que très peu de spécialistes. Rares sont les agronomes qui s'intéressent au climat et inversement. Pourtant le dérèglement climatique - hiver trop doux, printemps précoce ou gel tardif - bouleverse chaque année davantage le travail des agriculteurs.
La déconnexion croissante avec le monde agricole
Le monde contemporain s'est éloigné de ses racines agricoles, un phénomène accentué depuis la Seconde Guerre mondiale. L'urbanisation croissante et la distance physique et temporelle entre les lieux de production et de consommation ont érodé la connaissance des cycles naturels et des savoir-faire ancestraux. "Et d'ailleurs, souligne Robert Zaka, j'ai 36 ans et ma génération est la première génération des êtres humains, dont aucun parent ne peut, par exemple, travailler la terre ou travailler l'agriculture. C'est inédit dans l'histoire de l'humanité."
Cette déconnexion, exacerbée par la disponibilité constante des produits en magasin et la facilité de livraison à domicile, masque la réalité du travail agricole et la dépendance de l'alimentation vis-à-vis des conditions climatiques et des efforts humains.
Les impacts du changement climatique sur l'agriculture : une réalité pressante
L'agriculture, intrinsèquement liée au climat, subit de plein fouet les dérèglements climatiques actuels. Si les avancées technologiques ont permis une certaine maîtrise de la fertilité et de la génétique, le climat reste indomptable. "L'homme n'a jamais su dompter le climat, il est toujours dépendant du climat, et avec les assauts climatiques, c'est vrai qu'on a eu une période de stabilité climatique depuis la Seconde Guerre mondiale, où on avait quelques accidents, on retrouve par exemple la sécheresse de 1976, quelques gels tardifs, quelques excès d'eau."
En 2019 un nouveau record absolu de chaleur national est battu : 46 °C à Vérargues dans l'Hérault. Serge Zaka habite dans le département et assiste aux ravages provoqués par cette sécheresse foudroyante sur les cultures. Choqué par l'ignorance du grand public et des responsables politiques, le jeune agronome décide de vulgariser les effets du dérèglement climatique pour repenser l'agriculture de demain. Il est notamment très actif sur les réseaux sociaux où il est régulièrement la cible de climatosceptiques.
À écouter
Cyclones, dans l'oeil du phénomène
La Terre au carré
35 min
Lors de cette émission Serge Zaka évoque avec beaucoup d'émotion la situation au Liban, sa terre natale. Vous découvrirez également l'histoire de son fameux chapeau.
Références Météo-France Environnement Biodiversité Écologie Climat Changement climatique
Connu / https://bsky.app/profile/sergezaka.bsky.social/post/3mhd3xsx7hk2f
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@sergezaka.bsky.social
L’adaptation agricole n'est pas sans limite. Avec des températures pouvant atteindre 45/50°C en France post-2050, aucune agriculture tempérée actuelle ne pourra réellement s’adapter. Je préfère être limpide avec vous : cela signifie des pertes nettes, irréversibles, et de la mortalité végétale.
1/4 - 09:46 · 18 mars 2026
420 reposts 29 citations 732 ont aimé 38 conservés
- Dr. Serge Zaka @sergezaka.bsky.social · 1j
Je ne suis pas catastrophiste. C’est une réalité biologique. Le 28 juin 2019, en France, un stress thermique de grande ampleur a frappé le Languedoc : pertes foliaires, brûlures, mortalité importante… à "seulement" 46,1°C.
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- Ce seuil nous rappelle qu’il existe des limites physiologiques que le vivant ne peut pas dépasser. Quoiqu'on investisse, même des OGM, quelques soit la molécule magique que vous trouverez, l'argent ne dépassera pas la réalité BIOLOGIQUE.
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- La meilleure stratégie d’adaptation pour l’agriculture après 2050 ? C’est vachement clair : réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Sans cela, aucune adaptation ne sera suffisante.
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Tique à l'oeuvre ©Getty
Vieilles de millions d'années, les tiques sont d'une résistance remarquable. Sarah Bonnet, spécialiste de ces arachnides, retrace leur évolution et leur cohabitation forcée avec le vivant.
« Il était devenu urgent de s’y intéresser explique Sarah Bonnet car c’est le deuxième pourvoyeur d’agents pathogènes dans l’hémisphère Nord pour les humains, après le moustique, et le premier pour le monde vétérinaire ».
Une histoire millénaire d'adaptation et de survie
Les tiques, ces minuscules arachnides, sont présentes sur Terre depuis des centaines de millions d'années, bien avant l'apparition des dinosaures. Elles ont traversé les extinctions massives et les bouleversements climatiques, témoignant d'une incroyable capacité d'adaptation. Longtemps considérées comme des parasites d'animaux, leur rôle dans la transmission de maladies, notamment la maladie de Lyme, les a propulsées sur le devant de la scène publique ces dernières décennies. Leur progression actuelle s'explique par une combinaison de facteurs environnementaux et anthropiques, incluant le réchauffement climatique, mais aussi les transformations des paysages et les pratiques agricoles.
Une biologie fascinante et des distinctions clés
Malgré leur petite taille, les tiques possèdent une biologie complexe et se déclinent en quelque 900 espèces à travers le monde, regroupées principalement en deux grandes familles : les tiques dures et les tiques molles. "Les tiques dures explique Sarah Bonnet, ont une partie de leur corps qui est une cuticule très dure, qui n’est pas déformable, et même quand elles vont prendre cet énorme repas sanguin qui va les faire grossir énormément, parfois plus de 100 fois pour certaines espèces, il y a toujours cette petite partie de leur corps qui reste dure et indéformable, alors que les tiques molles n’ont pas cette petite partie du corps qu’on appelle le scutum, elles sont donc molles, elles ont un tégument un peu rugueux."
La différence morphologique et biologique entre ces deux groupes influence leur cycle de vie et leur comportement. Par exemple, les tiques dures ne prennent qu'un seul repas sanguin par stade de développement, tandis que les tiques molles peuvent se nourrir plusieurs fois, et les femelles pondent des œufs après chaque repas.
Les tiques, vecteurs de maladies et leur évolution
Les tiques sont reconnues comme des vecteurs de maladies importantes, la maladie de Lyme étant la plus prévalente en Europe chez l'homme. Bien que la découverte de sa transmission remonte aux années 1970, la bactérie responsable, Borrelia, est présente depuis des millénaires, comme en témoignent des découvertes sur des momies. L'ampleur de la maladie a crû ces dernières décennies, rendant le diagnostic complexe en raison de symptômes peu francs, lui valant le surnom de grande manipulatrice.
En France, 41 espèces de tiques sont présentes, dont la plus importante en termes quantitatifs (fréquence et abondance) et pour la santé humaine et animale est Ixodes ricinus, vecteur entre autres des bactéries borrelia à l’origine de la maladie de Lyme.
Aujourd’hui, près de 50 000 personnes par an sont infectées, avec un pic de 60 000 cas atteint en 2020, contre près de 30 000 en 2009, selon Santé publique France.
À écouter
L'infectiologue Alice Raffetin spécialiste de la maladie de Lyme
L'invité du 13/14
14 min
Clés : Environnement Biodiversité Écologie
Reproduction d’une femme de Néandertal ayant très certainement occupé les grottes des Asturies (Espagne) Musée archéologique national de Madrid ©Getty - Cristina Arias
Parfois décrites comme des femmes passives, cantonnées au foyer, encombrées d’enfants et parfois, à l'inverse, comme des femmes émancipées, chasseuses, fortes : que nous disent véritablement les données archéologiques des femmes de la préhistoire ?
Avec Anne Augereau, protohistorienne, archéologue à l’INRAP. Elle enseigne dans les universités de Paris 1, Paris Nanterre, de Bourgogne, à l’École du Louvre et à l’EHESS.
Depuis le début du XXe siècle, les sciences humaines (anthropologie, sociologie, histoire, philosophie) ont analysé la domination masculine comme un phénomène social quasi-universel, structurant les rapports de pouvoir entre les sexes. Elle vise à maintenir les femmes sous l'autorité des hommes dans une relation hiérarchique.
Anne Augereau, dans son ouvrage "Une préhistoire des femmes" publié aux éditions La Découverte, adopte une posture objective sur la condition des femmes dans la Préhistoire. Elle revient sur les discours actuels qui dépeignent la femme préhistorique comme libre, égale de l’homme. Si ces discours peuvent être plaisants, ils sont selon elle infondés. Ces visions sont le fruit de fantasmes contemporains.
A quand remonte la domination masculine et le patriarcat ?
Analyser les preuves matérielles du genre disponibles (outils, sépultures, pathologies osseuses…) permet d'obtenir un aperçu de la condition des femmes de la Préhistoire. Si, dans la plupart des cas, les preuves sont insuffisantes ou trop fragmentaires pour conclure, trois "invariants" sont identifiés : des indices récurrents, qui suggèrent une hiérarchie genrée très ancienne.
Dès l’époque de Néandertal, les hommes et les femmes exerçaient des activités distinctes. Les données osseuses révèlent que les hommes présentent une plus forte asymétrie musculaire du bras droit, signe d’activités unimanuelles répétées. Les femmes, en revanche, montrent des signes d’activités bimanuelles. Leur mobilité quotidienne était aussi moindre, comme le suggère la forme des os des jambes. Cette répartition n’est pas neutre : elle traduit une hiérarchie d’accès aux moyens de production, et donc une domination masculine par le contrôle de ces outils.
Les armes létales semblent également relever du monopole des hommes. Elles sont majoritairement associées aux tombes masculines. Les hommes portent aussi plus souvent des traces de blessures. Ce contrôle des moyens de la violence donne aux hommes une position dominante.
Enfin, dès le Paléolithique moyen, les femmes procréent significativement plus jeunes que les hommes et ont plus d’enfants. Cette précocité suggère une volonté sociale d’exploiter au maximum la période fertile des femmes, les "immobilisant" par le mariage et la maternité. Les responsabilités maternelles, combinées à des unions précoces, ont probablement encadré fortement la vie des femmes préhistoriques.
La domination masculine serait un invariant de l’histoire humaine, observable dès 300 000 ans avant notre ère. Mais elle n'est probablement pas uniforme : son intensité varie selon les groupes.
À écouter
Marylène Patou-Mathis : "La Préhistoire est plurielle, ce sont des sociétés préhistoriques"
Le Grand portrait
19 min
Les implications de l'archéologie du genre aujourd’hui
Les conclusions d’Anne Augereau ne font pas l’unanimité. D’autres archéologues soulignent la diversité des sociétés préhistoriques. Certaines sociétés étaient peut-être matrilinéaires, voire égalitaires. Si la domination masculine est si ancienne, est-elle immuable ? L'humain est une espèce culturelle, capable de modifier ses structures sociales. L’ancienneté d’un trait ne le rend pas inéluctable. La lutte féministe, en connaissant les racines profondes du patriarcat, peut se révéler plus efficace.
Un "troisième genre" ?
Certaines découvertes archéologiques restent en suspens : pourquoi certaines femmes avaient-elles un statut particulier ? Pourquoi certaines portaient-elles des vêtements ou des armes masculins ? Pourquoi quelques individus seulement, et non tous ? Ces cas suggèrent l’existence d’un « troisième genre », mais les preuves manquent pour en tirer des conclusions. Ces interrogations ouvrent des pistes de recherche essentielles, encore inexplorées.
Clés : Environnement Société Sciences et Savoirs Égalité femmes-hommes Biodiversité Histoire Préhistoire Homo sapiens Sexisme Féminisme
Tr.: ...
/division sexuelle du travail, signe fort de la domination masculine les hommes qui font la guerre ... indices convergent ... la boussole, les vestiges, poser des questions ...
a dry riverbed ©Getty - Emad Abduallah
Lundi 16 février 2026 / La terre au carré
Un rapport de l’ONU lance l’alerte : la planète consomme aujourd’hui plus d’eau douce qu’elle n’est capable d’en renouveler. Cette faillite mondiale de l’eau se définit par des pertes irréversibles de capital hydrique naturel, et une incapacité à retrouver les niveaux historiques.
Avec Agnès Ducharne, directrice de recherche CNRS, UMR METIS - IPSL
Après des décennies de surexploitation et l’accélération du changement climatique, le problème est devenu structurel : il ne s’agit pas d’une crise mais bien d’une faillite mondiale de l’eau, qui affecte déjà des milliards de personnes et de nombreuses régions du monde.
Alors que la « crise » suggère un choc temporaire suivi d'un retour à la normale, la faillite désigne un état post-crise durable et structurel où l'ancien équilibre a disparu.
À l'échelle planétaire, les signes de cette faillite sont désormais omniprésents et touchent tous les continents habités. Les données publiées par l'ONU en janvier 2026 sont alarmantes … La disponibilité de l’eau se détériore dans des zones essentielles à l’alimentation, l’agriculture et les écosystèmes.
De la crise à la faillite : un basculement historique
On parlait hier encore de « stress hydrique », de « crise », de tensions passagères. Désormais, le rapport de l’ONU évoque une « faillite mondiale de l’eau ». Le terme n’est pas rhétorique. Il marque un changement d’époque. Agnès Ducharne rappelle les faits : près de 75 % de l’humanité vit dans des pays en insécurité hydrique ; 4 milliards de personnes subissent une pénurie sévère au moins un mois par an. Mais le cœur du problème est plus structurel : l’humanité consomme davantage d’eau douce que le cycle naturel ne peut en renouveler.
L’hydrologue pose les bases scientifiques avec clarté et pédagogie. Sur les continents, « en moyenne sur la planète », environ deux tiers des précipitations repartent rapidement vers l’atmosphère par évaporation et transpiration des plantes. Il ne reste qu’« un tiers de l’eau de pluie, qui est liquide » — celle que nous devons partager « entre tous les êtres humains et avec tous les écosystèmes terrestres ».
À écouter
La responsabilité des entreprises pétrolières dans le réchauffement climatique.
La Terre au carré
6 min
Les signes visibles d’un monde en déficit hydrique
La faillite hydrique n’est pas une abstraction. Elle se lit dans les paysages. Les mers fermées comme la Caspienne ou l’Aral ont spectaculairement reculé, mais l’Europe n’est pas épargnée. En 2022, la Loire « coulait à peine », la Tamise ne coulait plus par endroits, le Rhin était trop bas pour la navigation. À l’échelle mondiale, le Nil, le Colorado ou le fleuve Jaune n’atteignent plus toujours leur embouchure.
Un phénomène plus discret mais tout aussi inquiétant se développe : la multiplication des cours d’eau intermittents. « Ce qu’on constate depuis une vingtaine d’années en France, c’est que le nombre de cours d’eau intermittents augmente », observe-t-elle, notamment dans le pourtour méditerranéen. Des rivières autrefois pérennes cessent de couler.
Ducharne insiste aussi sur la pression agricole : 70 % de l’eau douce pompée sert à l’irrigation et à l’élevage. « Dans énormément de régions du monde », le modèle agricole est devenu incompatible avec la ressource disponible. L’urbanisation massive et la concentration des populations dans des conurbations accentuent encore la pression locale : les besoins explosent alors que l’apport climatique, lui, ne change pas. Pour autant, l’hydrologue ne cède ni au fatalisme ni à la simplification. Il n’existe pas une solution unique : « il n’y a pas une solution à penser, mais plein », adaptées aux réalités locales. Certaines nappes peuvent se reconstituer si l’on cesse de les surexploiter — mais « ça ne va pas être immédiat ».
Clés : Environnement Biodiversité Écologie Nature Gestion et accès à l'eau
Gabrielle Filteau-Chiba à Poitiers le 4 février 2023 - Jean-Francois FORT / Hans Lucas
Gabrielle Filteau-Chiba : "C'est ça la décroissance, dormir plus, lire beaucoup, faire l'amour, marcher" - Jeudi 1 janvier 2026 (première diffusion le vendredi 31 janvier 2025) / La terre au carré | France Inter
À 26 ans, en 2013, l'écrivaine quitte son travail de traductrice à Montréal pour s'installer dans la forêt boréale, dans le Kamouraska. Elle passe un hiver à -30°C dans une cabane, sans eau, ni électricité, "Encabanée" est le récit de ce mois de janvier. Elle revient avec le roman "Hexa".
Avec Gabrielle Filteau-Chiba, romancière et traductrice québécoise
La romancière Gabrielle Filteau-Chiba est née à Montréal le 26 novembre 1987, fille d’un professeur de langue et d’une traductrice médicale. Elle est aujourd'hui maman d'une petite Flora et se définit comme militante écoféministe. Enfant, elle rêve d'être écrivaine ou artiste. De son expérience de trois ans dans une cabane située dans la forêt boréale du Kamouraska naît une trilogie Encabanée (2018 au Québec), Sauvagines (2019 au Québec), Bivouac (2021 au Québec).
Elle raconte que c’est la première fois qu'elle doit se chauffer comme il y a 150 ans, elle a appris toutes les essences des arbres et leur capacité de chauffage différentes. Pour l'autrice, la forêt n'est pas menaçante, c'est un refuge. Elle raconte que cette cabane et ce lieu l'ont transformée de manière irrémédiable. C’était également un exercice d’humilité d'être exposée à des conditions météo compliquées qui appellent à un certain savoir-faire, réapprendre à faire le feu, à pelleter, à se chauffer, reconnaître les animaux. Elle avait envie de connaître les plantes boréales comestibles, comment les transformer en remèdes, ces savoirs lui permettant de se sentir moins seule et plus autonome.
Son dernier roman Hexa (Stock, 2025) dont elle a terminé l'écriture au moment des grands feux canadiens de 2023 est un roman d'anticipation, une "hopepunk fiction", toujours empreint d'écoféminisme.
De son enfance à son départ pour le Kamouraska
Déjà petite, elle rêvait de vivre proche de la nature : "Je rêvais d'avoir un potager, d'apprendre à faire du pain, de faire mes propres remèdes, comme des potions magiques, un petit côté sorcière. J'avais vu ma grand-mère cuisiner, aller cueillir les pommes, faire la croustade aux pommes qui sort du four chauffée au bois dans la cuisine d'été d'une maison ancestrale." Pour sa maman, ce mode de vie, c'était un recul. Elle raconte : "Pour elle, il fallait investir le marché du travail, il fallait dépasser les hommes, il fallait aller dans les conseils d'administration. On rêvait que je sois ambassadrice ou avocate, pas une ermite encabanée avec des principes écolos un peu trop radicaux."
Alors qu'elle travaille dans une boîte comme traductrice, en 2012, sa vie va basculer. Elle est au Québec en plein printemps érable, clin d'œil au printemps arabe, une révolte contre l'augmentation des frais de scolarité, privant certains de l'accès aux études supérieurs notamment. Le gouvernement a reculé après une centaine de journées de grève. L'invitée raconte : "Pour moi, ça a créé une faille, comme un bris de confiance envers les forces policières, le gouvernement. Mais il faut dire aussi que c'était un été caniculaire. Il faisait particulièrement chaud et je suis sûre que ça a contribué à ce climat anxiogène, tendu. On avait envie de fuir, on avait envie d'un autre monde." Elle craque, se sent prisonnière dans son travail de bureau, et part dans le Kamouraska. Ella avait besoin d'air. Elle a passé trois ans dans sa cabane dans les bois, avec quand même des allers et retours à la ville.
Elle raconte : "Je pense que c'est pour ça aussi que je voulais l'écrire d'un point de vue féminin, parce que moi, j'avais lu seulement des récits d'ermites hommes ou de grands voyageurs qui avaient affronté le froid, puis j'associais ça à une forme de force physique masculine. Mais c'est faux. Il faut juste développer d'autres techniques. Je pense que les femmes aussi, on peut fendre le bois, on peut pelleter. Notre centre de gravité n'est pas au même endroit. Mais si moi j'y suis arrivée, pourquoi les femmes de mon époque ne pourraient pas faire pareil ?"
Comment militer ?
Gabrielle Filteau-Chiba : "Il faut aller étudier en droit, il faut devenir journaliste, il faut être des porte-parole, il faut aussi être des bons parents, il faut apprendre à nos enfants à prendre soin de leur corps, de ne pas se surmener. Il faut revenir à un rythme beaucoup plus lent. C'est ça la décroissance, en fait, c'est dormir plus, lire beaucoup, faire l'amour, marcher. Je pense que si on passait plusieurs heures par jour avec ce programme-là... Puis déjà, on consomme moins, on a moins envie d'aller s'acheter des vêtements neufs parce qu'on est triste, qu'on a une mauvaise estime de soi. Moi, je suis certaine qu'en se donnant beaucoup d'amour, on va influencer plus largement notre cercle d'amis, notre famille. Et de toute façon, les révolutions partent toujours d'en bas."
Son nouveau roman
Hexa, son nouveau roman se passe en 2090, dans une société de dérives autoritaires. L'invitée explique : "C'est demain matin. C'est vraiment demain matin. C'est déjà presque aujourd'hui, une société transformée en raison de la crise climatique, avec des femmes qui ont fait le choix de partir s'isoler dans la forêt, des femmes un peu délinquantes, insolvables, sans statut, sans avenir, mais qui développent vraiment un besoin viscéral de faire le bien."
Retrouvez également :
La Forêt barbelée, Le Castor astral, 2024
Les rencontres :
Le 31 janvier à 19h : Rencontre à la Médiathèque Puzzle à Thionville, 1 place Malraux.
Les 1er et 2 février : Table-ronde au festival Lire la nature au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, 62 rue des Archives.
Le 5 février à 19h : Soirée à la Librairie La Maison Jaune à Neuville-sur-Saône, 36 rue de la République.
Le 7 février à 19h : Soirée à la librairie La Passerelle à Antony.
Clés : Environnement Écologie Biodiversité
Lundi 8 décembre 2025 / La terre au carré
Ancien porte-parole climat chez Greenpeace, Clément Sénéchal s'interroge sur les échecs et les impasses de l'écologie institutionnelle telle qu'elle existe depuis les années 1970.
Avec Clément Sénéchal, expert des enjeux climatiques
En octobre 1971, un petit chalutier quitte Vancouver et s’avance vers l’île d’Amchitka, en Alaska, où doit avoir lieu un essai nucléaire américain. À bord, une poignée de militants, de journalistes et de rêveurs, embarqués dans une aventure aux contours encore flous. Leur plan : se placer physiquement sur la trajectoire de la bombe, opposer un bateau de bois à la puissance atomique. Ils n’empêcheront rien. La bombe explosera. Bob Hunter, l’un des fondateurs, écrira même : « J’étais en train d’écrire le récit d’un échec ».
Et pourtant, cet échec deviendra l’image fondatrice de Greenpeace : un minuscule navire défiant la méga-machine militaire, un acte de désobéissance qui, filmé et médiatisé, invente sans le savoir une nouvelle grammaire militante, celle de l’écologie spectacle, où l’impact symbolique pèse parfois davantage que le résultat obtenu.
Un demi-siècle plus tard, le 3 juin dernier l’une des dernières actions de Greenpeace France ne se déroule plus dans les eaux glacées du Pacifique, mais dans les couloirs feutrés du musée Grévin. Les militants y « empruntent » la figurine d’Emmanuel Macron… avant de la déposer, de nuit, devant le siège d’EDF, pour dénoncer les liens persistants entre la France et la Russie dans le domaine énergétique, notamment nucléaire. Exhibée successivement devant l’ambassade de Russie puis face au géant de l’électricité, la statue devient un outil de mise en scène.
Entre l’Alaska et le musée Grévin, un demi-siècle de luttes… et une même question : comment une certaine écologie, en cherchant à frapper les esprits, s’est-elle peu à peu enfermée dans ses propres mises en scène en multipliant des gestes qui relèvent parfois davantage de la performance que du rapport de force ? À quel moment la mise en scène commence-t-elle à désarmer l’action qu’elle prétend servir ? Et surtout : que perd l’écologie lorsqu’elle se contente de symboles, alors que la crise climatique exige des ruptures d’une toute autre ampleur ?
A lire: Pourquoi l'écologie perd toujours, Seuil, Clément Sénechal (version poche novembre 2025).
Clés : Environnement Écologie
L'équipe Mathieu Vidard Journaliste français
Tr.: ...
chargé de campagne déforestation et climat ... a quitté GPF fin 2022 ... payé pour constater l'inanité de E.Macron ... constituer à ce moment là un front populaire ... d'où viennent ces politiques démonétisantes ? ...
née l'écologie du spectacle, mise en scène, symbolique ... paradigme de la sensibilisation ... expurger tout antagonisme ... nier les rapports de forces ... journée mondiale du climat ... banderolisme, obtenir des images ... grenelle de l'envi ... Yannick Jadot ... victimes du bloc bourgeois ... Monique Barbu ex de ?? ... dans la connivence, séduire ... LFI dans l'adversité ...conformisme ... besoin d'une révolution collective
...
était à la COP en Égypte ... ça fait 1/2 siècle que réchauff clim reconnu ... ne fonctionne pas ... faire une autocritique ... comment corriger ? ... L'accord de Paris est un mauvais accord. Y une économie interne extrêmement faible ... ne permet pas de construire de la redevabilité sur les responsable, en l'occurrence, les état. Ensuite, les COP comme instance de gouvernance climatique sont des espaces dysfonctionnels car ... on accueille des lobbies qui viennent défendre les intérêts privés ... et faire échouer les négociations. On l'a encore vu avec la patron de TotalÉnergie ... dans la délégation de la ministre de l'environnement, Monique Barbu? ex pdte du WWF ... 1er pollueur français. Ensuite on a un écosystème d'ONG qui sont aujourd'hui d'une grande lâcheté ... construire des carnets d'adresse, chercher du financement institutionnel, éventuellement quelques retombées médiatiques ... incapables d'organiser des rapports de forces ... À Belèm, on a eu les populations autochtones qui ont forcé l'éntrée de la zone bleue? ... niveau de confontation que GP n'a jamais accédé ... contreproductives car faire croire qu'il y a une prise en charge du réchauffement climatique au niveau de la communauté internationale alors que ça n'est pas du tout le cas. ... Arrêter ces COP ? Les remplacer par quoi ?
Il faut un nouvel accord plus sérieux - l'accord de Paris ne mentionne même pas la sortie des énergies fossiles ... Réformer les espaces ONUsiens, exclure le capital de ces négociations ... c'est à l'échelle de la planète, on voit les difficultés - il faut qu'au nom de la société civile ce ne soit plus des bureaucraties lucratives mais des collectifs de militants qui soient acceptés dans ces espaces. Et on a besoin d'États - en 1er lieu au sein des puissances mondiales - d'ÉTATS COLLECTIVISTES qui viennent à l'intérieur des négociations. Ça passe par des rapports de forces domestiques et par le fait de mettre au pouvoir une hégémonie qui soit alternative
... qui ne sont plus des états bourgeois et inféodés à l'ordre capitaliste. Ça passe notamment par des expropriations massives du capital, une refondation du régime de la propriété au sein de l'appareil productif - il faut passer à une propriété partagée qui garantisse le contrôle social et une démocratie au sein des travailleurs et des consommateurs. Il faut un État qui organise une forme de planification, qui détermine une comptabilité écologique à partir de laquelle on sait quel volume de matières premières, de ressources naturelles on met en production de telle sorte que le système économique reste respectueux et encastré dans les limites physiques de la biosphère.
DONC C'EST LE RETOUR DE L'UNION SOVIÉTIQUE À L'ÉCHELLE DE LA PLANÈTE
non, on peu avoir un collectivisme démocratique -propriété partagée - on peut avoir des segments entiers de la production sous des formes d'autogestion. On peut avoir des subsidiarités plus avancées à l'échelon de la commune qui apparaît comme ?? ... avec des formes de démocratie directe avancées ... les principes : des ressources essentielles qui appartiennent à la collectivité et pas au privé. La production est organisées d'abord à partir des besoins sociaux et ce qui prime, c'est l'intérêt général et commun et pas le profit individuel.
C'EST DONC LA TYRANIE DES MINORITÉS...
Sortir le système de la tyranie, démocratiser dans les grandes largeurs la production
...
En 2019, manifestation >>populaire de la jeunesse ... ces grèves climatiques ... c'est positif, ça acté l'échec des formats traditionnels d'intervention écologiques qui étaient celles du plaidoyer ou de la sensibilisation. Ça a ringardisé les ONG ... Les populations ont essayé de reprendre en charge pour elles-mêmes la controverse environnementale. Le pb c'est que ces marches climat ont été plutôt concurrentes que complémentaires ... gilets jaunes, mouvement intéressant, horizontal, les besoins des classes populaires du partage de l'effort climatique ... ça passait par une critique de la taxe carbone ... qui pèse plus lourd sur les ménages populaires que sur les ménages aisés ... écologie bourgeoise défendue par les écologistes gradés depuis le Grenelle de l'environnement justement. Donc le mouvement des gilets jaunes est un mouvement écologiste de 1er ordre. Mais la jonction ne s'est jamais réellement faite. Manif commune à l'automne 2019, la direction de GP a décidé de quitter la marche et abandonné les gilets jaunes à la violence d'état. ... considéraient que eux, en tant que militants installés, n'avaient pas à subir ce genre de répression ... ça a marqué un yatus infranchissable entre classes populaires dangereuses et classes bourgeoises qui défendent un avenir radieu pour leur progéniture ... Derrière on a eu la Convention citoyenne pour le climat qui a ramené sous cloche ... pacifié ... fait gober pendant des mois que Édouard Philippe ou Émmanuel Macron allaient prendre en charge l'écologisation de la société et que c'était les hérault internationaux du renouveau ... SI EM AVAIT ACTÉ TOUTES LES PROPOSITIONS DE LA CONV CITOY ON AURAIT FAIT UN SACRÉ BOND EN AVANT
il n'y avait aucune chance que ça soit le cas malheureusement, Mathieu, les CCC n'ont aucune assise légale et législative; C'était rendre le ballon au banquier fanatisé ... green washing ... symbolique ... et les écologistes, notamment Cyril Dion, ont magouillé avec lui pour ... on a 150 citoyens qui ont été complètement instrumentalisés ... il en est ressorti à peine 10% des mesures qui ont été appliquées. C'est annecdotique. ... On a reproduit le même spectacle lamentable que le Grenelle de l'environnement en 2008. Sensibiliser 150 citoyens sur 40 millions de personnes, ça n'apparaît pas une contribution significative à la conscience environnementale. ... Il ne suffit pas de mettre le sujet sur la place publique pour faire avancer l'écologie. Ça dépend sur quelle base. Sur la base d'une collaboration, d'une discussion, d'une négociation avec la classe capitaliste.
VOTRE LIVRE A SUSCITÉ DES CRISPATIONS
Marine Tondelier en déc 2024 ... m'expliquer ce qu'on fait à la place du capitalisme. C'est ce que vous faites. Et que vous reprochez à de nombreux écologistes.
Tabou manifeste ... elle n'a pas d'avis sur notre rapport social à l'environnement, sur la manière dont on reproduit les conditions matérielles d'existence ... ravages écologiques... lorsqu'on reproduit exactement ça ... édifiant, la suite de l'extrait où elle considère le débat intellectuel, la production théorique, la doctrine comme quelque chose de superficiel ... Elle propose d'agir sans réfléchir. Et quand elle dit "l'écologie qu'elle refuse de préciser", d'armer, elle transforme l'écologie en signifiant vide, référentiel circulaire tautologique ... elle fait de la parole politique une langue morte petit à petit ... une écologie sans contenus, sans réels adversaires, qui est davantage un slogna qu'un sujet politique.
VOUS ÊTES CELUI QUI DIVISE ? PAS BESOIN DE ÇA POUR FAIRE UN MOUVEMENT SOLIDE ET VOUS CASSEZ TOUT
A ramené ma critique à un pb de comportement ... Cécile Duflo m'a dit en coulisse que ya rien à débattre autour de mon livre, que ça ne se faisait pas, que c'était un pb de comportement avant de ... traité d'intégriste sur le plateur de ...
terminer >29:25
écologie bourgeoise / lutte des classes -> unifier les classes populaires
gauche de rupture / élections
/ sortie du capitalisme / ses contradictions => politiser, se battre par devoir moral
=> sobriété, partage : des efforts, ?? terminer ACT
Intelligence artificielle ©Getty - Malte Mueller
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L'adoption massive des IA génératives ces dernières années est un bouleversement anthropologique d’une rare ampleur dans l’Histoire de l’Humanité. Au regard des nombreuses conséquences de son utilisation à plusieurs niveaux de nos sociétés, posons-nous la question des risques sur l'identité humaine.
Avec Eric Sadin, philosophe, spécialiste des technologies numériques
Pour Eric Sadin, auteur du livre « Le Désert de nous-mêmes : Le tournant intellectuel et créatif de l'intelligence artificielle.» paru aux éditions L'Échappée, l'adoption des intelligences artificielles génératives est l'aboutissement d'un long processus historique, qu’il qualifie de “déprise de nous-mêmes”. Cette dépossession, décennie après décennie, a conditionné la société à troquer ses facultés fondamentales comme le savoir-faire, le jugement, ou la créativité, contre la fausse promesse d'une efficacité et d'un confort absolu.
L'externalisation d'activités humaines
Ce long processus, débuté avec la révolution industrielle, et amplifié par la société de consommation de la 2e moitié du XXe siècle, atteint aujourd'hui un stade ultime et potentiellement définitif avec l'émergence des Intelligences Artificielles génératives.
Le 30 novembre 2022 est le point de bascule de cette histoire avec le lancement du premier modèle entraîné pour l'interction naturelle avec le langage : ChatGPT. D’un coup, une technologie externalisait pour la première fois de l’Histoire de l’Humanité des aptitudes jusque-là éminemment humaines.
À écouter
Intelligence artificielle : résister ou s’abandonner ?
L'invité d'un jour dans le monde
13 min
Adoption d’un langage, schématique et mathématisé imposant une conformité et un affaiblissement de nos facultés de penser librement, production d’images, de vidéos et de musiques sur simple instructions entrainant une crise de la perception et de l’apprentissage par la culture, tels sont les deux changements fondamentaux instaurés par l’IA Générative.
Dans la droite ligne des menaces qu’elle fait peser sur les facultés propres au genre humain, sa démocratisation est aussi un risque sur le secteur du travail. Elle accélère l'automatisation intégrale des taches dédiées à une fonction touchant déjà brutalement les métiers à haute compétence cognitive et intellectuelles, où les employés se voient remplacés par des outils faisant appel à l’intelligence artificielle.
Pour le philosophe Eric Sadin, il devient urgent de regarder la vérité de ces changements en face pour ne pas voir arriver une société où la facilité intellectuelle, entretenue par les machines, mènerait à un conformisme indiscutable et à une incapacité à penser par soi-même.
Clés : Environnement Sciences et Savoirs Société Philosophie Biodiversité Tech – Web IA — Intelligence artificielle Économie numérique Innovation
Tr.: ...
2 principes : la récurrence, la corrélation alors que nous fonctionnons par associations ... l'homme a un rapport indéterministe ... influence idéologique auprès d'êtres vulnérables ... manipulation des consciences ... vérité ... démocratie ... on ne sait plus distinguer l'origine humaine ou artificielle ... fin de l'ère de la post-vérité ... produire des pseudo-images ... fantasmatiques ... un art sans signataires ... création sans ancrage humain ... terrible pour le monde de la culture ... subjectivité ... cauchemar du self ... sans altérité ... éviction d'autrui ... catastrophe sociétale, liens d'interdépendance ... difficulté des modalités de représentation ... principe de la destruction créatrice ... ex robotisation ... chumpeter?? est mort une 2ème fois ... pas de secteur quaternaire en économie ... yann Ferguson ... sociabilité, lien ... menace insidieuse sur ce qui nous constitue fondamentalement ... course à l'investissement ... serveurs vont cramer la planète ... molécules pharmaceutiques faire le tri ... le groupe Moniteur, 200 journalistes ont obtenu gain de cause en justice ... UNESCO appel mondial pour la sauvegarde des oeuvres de l'esprit ... distinguer IA et IA générative ... besoin de chartes ... croit au vivant et au génie qui est en nous ... glaciation de nos facultés ...
Pétition - 50.235 signatures
Destinataire(s) : La direction de Radio France et de France inter
Nous venons de l’apprendre : la Terre au carré, le rendez-vous quotidien de l'écologie de Mathieu Vidard sur France inter, sera amputé de dix minutes, sur moins d’une heure de programme, à la rentrée prochaine.
Et ce n’est pas n’importe quel passage de l’émission qui disparait.
Il s’agit du dernier segment, dans lequel vous pouviez écouter : des chroniques de militant·es (Cyril Dion, Claire Nouvian, Féris Barkat, etc.) et de la journaliste Camille Crosnier sur les luttes écologistes ; les témoignages et avis des auditeur·ices (le répondeur) ; les chroniques de médias invités : Vert, Reporterre, Epsiloon et Libération.
Une amputation qui survient sans explication rationnelle de la direction de France Inter. Celle-ci le justifie par un «manque de lisibilité» de cette partie de l’émission et soutient que la place de l’écologie est conservée avec une nouvelle chronique de Camille Crosnier tous les jours à 6h45.
Les audiences de la Terre au carré sont pourtant excellentes, avec plus de 850 000 auditeur·ices par jour entre 14h et 15h. C’est une année record pour ce programme, qui est le plus écouté de toute la France à cette heure-là.
De surcroît, l’émission ne démarrera plus juste après les infos de 14h, mais à 14h15 après un «rendez-vous» sur l’Histoire, ce qui représente un risque élevé de perdre des auditeurs à ce moment charnière de la journée.
La Terre au Carré est la seule émission quotidienne consacrée à l’écologie de tout le groupe Radio France. Une décision annoncée… en pleine canicule.
Horaire moins porteur, moins de personnalités, moins de médias invités (qui donnaient de la visibilité à l’émission sur leurs supports) : tous les ingrédients sont réunis pour que les audiences baissent l’année prochaine. Cela présage aussi du pire : cette émission de référence pourrait disparaître rapidement.
Cette décision est annoncée en pleine canicule, au moment-même où les reculs environnementaux se multiplient au niveau politique.
Si les changements de grille sont habituels dans la vie des chaînes de radio et de télévision, le service public ne peut justifier de diminuer l’espace médiatique alloué à l’écologie alors que nous venons de connaître l’année la plus chaude de l’histoire de l’humanité et que la biodiversité s’effondre à un rythme sans précédent.
Sur Radio France, l’amputation de la Terre au carré n’est pas un cas isolé.
L’an passé, les trois heures hebdomadaires de Planète Bleu, l’émission de Benoît Prospero sur France Bleu (Radio Ici), ont laissé place à une simple chronique quotidienne à 5h55. Cet été, Radio France supprime aussi Mouv’, la radio des jeunes, des ondes FM, et son rendez-vous «Demain le monde», animé par Valentin Després.
Il y a trois ans, après l’été 2022, un collectif de journalistes lançait la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique. Au même moment, Radio France annonçait son «tournant environnemental» et mettait en place des formations pour les journalistes sur le climat. Trois ans plus tard, force est de constater que l’écologie y perd du terrain.
Nous citoyen·nes, journalistes, scientifiques, militant·es, médias invités de la Terre au carré, demandons que l’émission de la Terre au carré soit maintenue telle quelle sur France Inter et que la place de l’environnement à Radio France soit assurée, pour continuer à porter les voix plurielles de l’écologie sur le service public, toucher le plus de monde possible et garantir à nos enfants une planète habitable.
Premiers signataires :
Loup Espargilière, rédacteur en chef, Vert le média
Juliette Quef, directrice, Vert le média
Olivier Monod, journaliste, Libération
Hervé Poirier, corédacteur en chef, Epsiloon
Amélie Mougey, directrice, Reporterre
Lorène Lavocat, journaliste, Reporterre
Cyril Dion, réalisateur, écrivain et chroniqueur
Claire Nouvian, directrice de Bloom
Valérie Masson-Delmotte, climatologue
Christophe Cassou, climatologue
Heidi Sevestre, glaciologue
Philippe Grandcolas, écologue, directeur de recherche au CNRS
Féris Barkat, cofondateur de Banlieues Climat
Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch
...
Bactéries miroir : la nouvelle menace mondiale ? ©Getty - Twenty47studio
Publié le mercredi 4 juin 2025 / La terre au carré
Un collectif de 38 scientifiques s’est inquiété dans la revue Science de la possibilité de voir apparaître des bactéries miroir, qui pourraient perturber les écosystèmes et la santé publique si elles se développent sans contrôle. Faut-il interdire toute recherche en ce sens ?
Avec
- Hervé Chneiweiss, neurologue, directeur de recherche au CNRS, président du comité d’éthique de l’Inserm, professeur de biologie au Collège de France, et directeur du laboratoire "Plasticité Gliale".
Les recherches en biologie synthétique ont ouvert des perspectives inédites sur la compréhension et la manipulation du vivant. Au sein de ce domaine, quelques chercheurs s’intéressent à la « biologie miroir », un sujet de recherche encore confidentiel .
Mais dans une étude récente, des scientifiques mettent en garde contre les dangers potentiels de cette recherche.
Leur sujet d’inquiétude : le développement de bactéries miroir. Contrairement à celles que l'on trouve dans la nature, ces bactéries miroir seraient constituées d’acides nucléiques orientés à gauche et de protéines orientées à droite.
A cause de leur chiralité inversée, ces bactéries pourraient potentiellement échapper aux défenses immunitaires des humains et des animaux.
Un collectif de trente-huit scientifiques a appelé à un débat mondial dans le journal « Science ». Parmi les signataires figurent des figures de renom comme les prix Nobel Greg Winter et Jack Szostak, ainsi que des spécialistes en immunologie, écologie, et bioéthique.
A l’appui d’un rapport de 300 pages, ils recommandent un moratoire immédiat sur leur développement.
Où en est-on réellement de ces recherches sur les bactéries miroir ? Faut-il réellement paniquer ?
Les 12 et 13 juin 2025, l'institut Pasteur accueillera la première conférence internationale consacrée à cette menace.
À écouter
Biologie et informatique
Chroniques littorales
4 min
Clés : Sciences et Savoirs Société Santé Sciences Hervé Chneiweiss
Les énergies dites renouvelables, dont le solaire et l'éolien, régulièrement ciblées par l'extrême droite sur son coût supposé. ©AFP - Bernard JAUBERT / ONLY FRANCE
"300 milliards d’euros !" : les mauvais comptes de l’extrême droite pour discréditer les énergies renouvelables
Publié le mercredi 4 juin 2025 / La terre au carré
Dans les dix dernières minutes de l'émission, Anne-Claire Poirier de Vert le média parle du coût des énergies renouvelables qui serait ruineux selon certains, ainsi que vos messages laissés sur le répondeur de l'émission.
Je ne sais pas si vous êtes au courant mais la France n’a plus trop de sous en ce moment !
Il paraîtrait qu’on a vécu au dessus de nos moyens trop longtemps et maintenant il faut trouver 40 milliards d’euros à économiser d’ici l’année prochaine !
Si je vous en (re)parle, c’est parce ça fait plusieurs semaines que des élus à droite et surtout à l’extrême droite affirment avoir trouvé LA source de dépense inutile et coûteuse dont on devrait se passer dès maintenant.
Cette source, ce sont les énergies renouvelables avec un chiffre choc à la clé : 300 milliards d’euros !
En gros leur message est le suivant : si on continue comme ça, on va ruiner la France en subventions aux éoliennes et au solaire.
Inversement, si on arrête maintenant, on récupère 300 milliards !
Et c’est vrai ça ?
Ben non hein… c’est pas la peine de faire durer le suspense plus longtemps : ce chiffre, il évidemment complètement faux…
Ou plutôt, il est inspiré de chiffres bien officiels, mais qui ont été volontairement mal interprétés. C’est le principe d’une fake news en fait.
Alors, qu’est ce qui va pas dans ces 300 milliards ?
Ben déjà c’est pas 300 milliards par an, comme le laissent entendre certains. C’est même pas non plus 300 milliards sur une période donnée. En fait c’est un amalgame entre 200 milliards d’euros d’ici à 2040 d’un côté et 100 milliards d’ici à 2060 de l’autre.
Je m’explique :
Les 200 milliards à 2040, c’est de l’argent que les gestionnaires de réseaux ont prévu d’investir dans leurs lignes électriques. Alors bien-sûr il y en aura un peu pour raccorder les fermes solaires et éoliennes mais 80 % de cette somme c’est tout simplement l’entretien, le renouvellement des lignes électriques qui vieillissent, c’est aussi le raccordement des nouveaux consommateurs, bref, c’est des dépenses qui doivent avoir lieu, énergies renouvelables ou pas.
Ensuite, il reste les 100 milliards d’euros à 2060 et ça c’est le coût maximum que pourrait coûter les subventions aux énergies renouvelables. Donc ça c’est effectivement un scénario qui existe mais il y aussi un autre scénario, tout aussi officiel, qui dit que les énergies renouvelables pourraient aussi rapporter de l’argent au cours de cette même période.
Comment est-ce possible ?
Et bien en fait, l’explication réside dans la façon dont on subventionne les énergies renouvelables en France.
En fait, l’État garantit aux producteurs un certain prix de vente de leur énergie et si les coûts de l’électricité sont plus bas sur les marchés, il leur paie la différence. Mais s’ils sont plus haut alors ce sont les producteurs qui reversent leurs recettes à l’État.
Ça s’est déjà produit par le passé et vu le contexte c’est pas du tout impossible que ça se reproduise à l’avenir.
La conclusion c’est que non seulement les énergies renouvelables ne vont pas coûter 300 milliards d’euros mais en plus elles pourraient nous rapporter de l’argent ?
Et oui, et la dernière chose qu’oublie de dire l’extrême droite c’est que ces énergies renouvelables, elle remplacent les énergies fossiles qui, elles, coûtent vraiment très très cher.
Ça coûte cher d’un point de vue climatique bien-sûr mais aussi financier. L’année dernière ça a coûté 64 milliards d’euros d’importer du gaz et du pétrole de pays pas toujours amis, si vous voyez ce que je veux dire.
Du coup la vraie conclusion, c’est que si on veut s’épargner un désastre climatique et financier, c’est certainement pas sur l’extrême droite qu’il faut compter !
Un Caddie rempli de produits dans une allée de supermarché ©Getty - Jacobs Stock Photography Ltd
Publié le jeudi 5 juin 2025 / La terre au carré
Dans son livre "Les dangers de notre alimentation. Dérives et conséquences du système agroalimentaire sur nos vies" (Payot), la directrice générale de l'organisation Foodwatch Karine Jacquemart partage les coulisses d'un système agroalimentaire opaque et inégalitaire. Une lutte dans nos assiettes.
Karine Jacquemart publie aux éditions Payot Les dangers de notre alimentation, dérives et conséquences du système agroalimentaire sur nos vies. Et dans les premières lignes de cet ouvrage, elle évoque sa colère, une colère qu'elle a de plus en plus de mal à réprimer face aux violences décomplexées d'un système qu'on nous impose, en particulier dans nos assiettes.
Il y a plus de 20 ans, elle a décidé de s'engager pour plus de justice sociale, c'est ce qu'elle raconte toujours dans l'introduction du livre. Et elle a choisi de se battre sur le front d'une alimentation saine, digne, abordable. C'est le cœur de son action à Foodwatch.
Les produits les moins chers, moins bons pour la santé ?
Pour Karine Jacquemart, tout est organisé aujourd'hui pour que le consommateur choisisse le produit le plus mauvais pour sa santé. Elle explique : "Quand on regarde bien le système, et les enquêtes le démontrent, 70% des achats alimentaires aujourd'hui en France sont encore faits dans les supermarchés. Ce n'est pas non plus un hasard, c'est aussi parce qu'il y a beaucoup de petits commerçants qui ont été supprimés, et on n'a pas toujours le choix. Et 80% de ce marché alimentaire dans les supermarchés est contrôlé par les cinq principales enseignes de la grande distribution."
Elle explique ensuite : "On vous met dans les rayons des produits pas chers. On ne vous laisse pas le choix, quand vous avez un budget limité, on vous oriente vers des produits qui sont moins bons pour la santé. Et derrière, on a une épidémie de maladies chroniques. C'est l'Organisation Mondiale de la Santé qui le dit, avec des coûts colossaux pour la société." Elle donne des exemples : "Premièrement, avec Foodwatch, on a fait une enquête sur le sucre qu'on a publié mi-janvier. Sur 400 produits, on a regardé 12 catégories de produits. Premier constat, on le sait, mais on l'a prouvé une nouvelle fois et il faut que ça s'arrête, il y a trop de sucre ajouté dans tous les produits, y compris des boîtes de conserve de petits pois. Deuxième constat, on a comparé dans chaque catégorie de produits la teneur moyenne de sucre sur les cinq produits les moins chers par rapport aux cinq produits les plus chers. Systématiquement, dans les 12 catégories, les produits les moins chers étaient plus sucrés que les produits les plus chers. Vous avez un budget limité, on vous fait croire qu'on vous met des produits pas chers, sauf que ce sont des produits qui sont moins bons pour la santé. Deuxième exemple, il y a une dizaine de jours, on a publié une nouvelle enquête avec d'autres associations, on a regardé plus de 5 000 promotions. Sur ces 5 000 promotions des principales grandes enseignes de la grande distribution, 66% flèchent sur des produits qui sont contraires aux recommandations de santé publique."
Le cadmium, un danger pour tous
Un courrier signé par la Conférence nationale des médecins libéraux de toute la France dit que « Le cadmium est une bombe sanitaire ». L’article du Monde signé Stéphane Mandard donne froid dans le dos. Moins connu que le plomb, le mercure ou l’arsenic, le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain pour l’humain. Et il est présent dans le pain, dans les pâtes, dans les pommes de terre ou dans les céréales du petit-déjeuner. Ce cadmium vient des engrais phosphatés que l’agriculture française répand depuis des décennies. Il s’est infiltré dans les sols, puis dans les cultures, puis dans les corps.
À écouter
Le cadmium, un métal aux lourdes conséquences sur la santé
L'info de France Inter
2 min
Karine Jacquemart : "Ce qui est intolérable, c'est qu'on nous impose un système qui nous expose à des risques pour la santé qui sont évitables, qui ne sont pas une fatalité. (...) Et le cadmium, c'est une preuve de plus aujourd'hui, malheureusement, on en a très régulièrement, d'une contamination qui effectivement ne sert qu'à une petite poignée qui fait des bénéfices sur ce système verrouillé et qui est au détriment de la grande majorité de la population et de l'environnement. Donc il faut poser le constat, le dénoncer, et bonne nouvelle, voir comment on peut changer les choses, et c'est ce que je veux partager aussi."
Que faire ?
Pour elle, il faut remettre l'intérêt général au milieu de l'équation, et surtout, on se bat, en enquêtant, en dénonçant, en disant « on vous voit ».
Karine Jacquemart : "La première chose, tenons tête, donc tout seul, on ne peut pas. Donc, on se réunit dans des associations, on fait aussi partie d'un collectif qui s'appelle le collectif Nourrir, qui a plus de 50 membres, associations de paysans, de consommateurs sur l'environnement, tout est lié. Donc travaillons ensemble, soutenez les associations que vous pouvez, soyez bénévoles pour celles qui en ont besoin, c'est important. Et en plus, on se met en mouvement et on a l'impression d'être plus puissant, ce qui est vrai. Et d'être moins seul. Et puis évidemment aussi par des dons quand vous le pouvez. La deuxième chose, c'est qu'individuellement, on peut faire plein de choses à l'échelle locale en lançant des choses, individuellement et collectivement. Par exemple, j'adore voir le nombre de projets comme des épiceries sociales et solidaires, comme des expérimentations de la Sécurité sociale de l'alimentation, comme l'association VRAC qui organise des groupements d'achats dans les quartiers précaires."
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Le Reportage de la rédaction
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Clés : Bien-être Environnement Alimentation Écologie industrie agroalimentaire Cancer (maladie) Gestion et accès à l'eau