Portrait
Cette figure de la vie intellectuelle française de l'après-guerre s'est éteinte. L'homme, tout à la fois, sociologue, philosophe et anthropologue, est décédé à l'âge de 104 ans.
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Edgar Morin s'est éteint à l'âge de 104 ans (JOEL SAGET/AFP)
Mis à jour le 30 mai 2026 à 09:48
« Je suis mort-né » aimait rappeler Edgar Morin, figure de la vie intellectuelle française de l'après-guerre, qui vient de disparaître à l'âge de 104 ans. Ne se voulant ni sociologue, ni philosophe, ni anthropologue, car il était, selon les époques, un peu tout cela, celui qui préférait se présenter comme un « humanologue » aura poussé son amour bien connu du paradoxe jusqu'à narguer pendant plus d'un siècle cette mort qui aurait voulu l'appeler à elle avant même qu'il ne pousse son premier cri.
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Les médecins avaient prévenu sa mère, Luna, qu'elle ne pourrait pas donner la vie sous peine de perdre la sienne, suprême dilemme qui n'a cessé de hanter son unique fils, marqué à jamais par cet épisode d'un début d'existence s'annonçant déjà comme sa fin ... dix ans plus tard cette mère adorée lui est enlevée brutalement par la maladie
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Son pseudonyme dans la Résistance
Son père, Vidal Nahoum, dont il écrivit la biographie quelques années après son décès, à la fin des années 1980, tenait une bonneterie dans le Sentier. Les deux parents d'Edgar - il allait changer son nom de Nahoum en Morin, en gardant le pseudonyme qu'il s'était donné dans la Résistance -, étaient des Juifs séfarades, non pratiquants, venus de Salonique, et arrivés à Marseille, un peu avant la guerre de 1914. Leur fils a entretenu durant toute son existence un rapport difficile avec la communauté juive, ses critiques à l'égard de l'Etat d'Israël lui ont valu de solides inimitiés et soulevé beaucoup d'incompréhension. Lui-même préférait se définir comme un marrane, du nom de ces juifs espagnols convertis de force au catholicisme qui avaient continué de rester fidèles à leur religion en secret.
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Tout juste bachelier, il milite déjà pour la cause des républicains espagnols en 1936. Dès l'installation du régime de Vichy et l'Occupation, le jeune étudiant en droit et en histoire-géographie renonce à ses licences universitaires pour entrer dans la Résistance, adhérant du même coup au parti communiste. Dans la clandestinité, il prend de grands risques, se lie avec le sociologue communiste Georges Friedmann, théoricien du travail industriel, fréquente assidûment le « groupe de la rue Saint-Benoît », réuni autour de Marguerite Duras et son compagnon Dionys Mascolo.
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il fait la connaissance de François Mitterrand, dont il admira le courage durant cette période, et qu'il défendit publiquement lorsque le président socialiste fut vivement critiqué par les siens pour avoir été décoré de la francisque par Pétain. Même la coupable faiblesse de Mitterrand pour Roger Bousquet, l'ordonnateur de la rafle des juifs du Vel d'Hiv, ne réussit pas à faire changer d'avis l'ancien résistant Morin, pourtant peu convaincu par la politique menée par la gauche après 1981, à l'égard de son ancien compagnon de lutte.
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il se refuse à toute forme d'enrégimentement culturel. L'intellectuel en devenir vient d'acquérir une petite notoriété avec son premier livre, « L'An zéro de l'Allemagne », une sorte d'analyse sociologique en temps réel, utilisant la forme du reportage journalistique mêlée à la distanciation du chercheur, et rédigée alors qu'il était chef du bureau « Propagande » à Baden-Baden en 1946. A bien des égards, on peut y voir la préfiguration de la « manière Morin » dans les sciences sociales.
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Avec l'appui de Georges Friedmann, il amorce en même temps sa longue marche vers la respectabilité académique en publiant « L'homme et la mort » en 1950. Une étude sur l'imaginaire de la mort selon les cultures qui servira à légitimer sa nomination au CNRS, sans thèse doctorale à la clé
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Dans le cadre du CNRS, il défriche un nouveau domaine d'études pour la sociologie, s'intéressant aux industries culturelles et à leur corollaire, la culture de masse. L'intellectuel cinéphile qu'il restera jusqu'à ses vieux jours met en lumière notamment la transformation du rapport entre les acteurs de cinéma et les studios de production, les premiers réussissant à s'affranchir partiellement des seconds par leur starification croissante
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Sa volonté de mieux comprendre et de défendre le point de vue des Arabes, quitte à aller jusqu'à signer un livre de débat, « L'Urgence et l'Essentiel », en 2017, avec le sulfureux Tariq Ramadan, lui vaudra une méfiance tenace, pour ne pas dire plus, chez les juifs de France. Son effort de « contextualisation » des attentats de janvier 2015, avec un autre ouvrage à deux voix, « Avant, pendant, après le 11 janvier », ne passe pas mieux, certains l'accusant de chercher des justifications au terrorisme le plus barbare. Une de ses dernières incursions dans l'actualité brûlante sera motivée par le conflit ukrainien qui lui a inspiré une méditation sur la guerre publiée en 2022.
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Le deuxième registre de son œuvre, entamé avec son ouvrage sur l'imaginaire de la mort, s'attache à dégager un espace pour ce qu'on pourrait appeler une science totale de l'homme, en parcourant tous les champs du savoir, de la biologie à la philosophie. Ambition démesurée dans laquelle il est encouragé par le bon accueil fait, en 1972, à un livre tiré d'une communication à un colloque de Royaumont : « Le Paradigme perdu : la nature humaine ». Il le prolonge par un plaidoyer pour la transdisciplinarité, dans « Science avec conscience » en 1982 et surtout se lance dans un marathon en six volumes, appelé « La Méthode » ... non pas de tout ce que l'on sait, mais sur toutes nos manières de savoir. Ce qui débouchera sur d'autres ouvrages, plus accessibles, sur l'éducation, parmi lesquels « Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur », écrit à l'invitation de l'Unesco en 2000, et « Quelle école voulons-nous ? La Passion du savoir », corédigé avec Jean-Michel Blanquer, futur ministre de l'Education nationale.
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l'apport le plus original d'Edgar Morin à notre vie intellectuelle, celui en tout cas qui a le plus contribué à sa notoriété. Il s'agit de ses essais inspirés par les grandes mutations culturelles qui traversent régulièrement notre société. Cet esprit curieux et toujours en éveil avait l'art de saisir avec un talent interprétatif souvent jubilatoire de ce qu'il avait dénommé, en 1962, « L'Esprit du temps »
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c'est lui qui invente dans un article commandé par le quotidien Le Monde le terme de « yé yé » pour saluer l'émergence de cette « nouvelle classe adolescente ».
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promouvoir une autre façon d'envisager la politique, intégrant les nouveaux défis environnementaux, comme « Terre Patrie », publié en 1993, ou « L'entrée dans l'ère écologique » rédigé pendant la crise du Covid en 2020
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Son remariage à 91 ans avec Sabah Abouessalam sera précédé du récit écrit à quatre mains de leur coup de foudre, intitulé « La rencontre improbable et nécessaire », lors d'un Festival de musique
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mélange d'autodérision et de forfanterie, bon vivant habité par la présence de la mort, jongleur d'idées et de mots, ouvert au monde et chroniqueur de ses crises de foie, d'une intelligence étincelante distraite par des passions gigognes, spiritualiste fasciné par les sciences, courageux dans ses engagements pourtant si souvent sources de déception, en somme fidèle à lui-même mais à l'affût de tout ce qui change. Avec lui, c'est le siècle des intellectuels à la française qui prend vraiment fin.
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Municipales de 2026 : la mue « communaliste » paradoxale de LFI - 20 avril 2025 à 09h19 / Mathieu Dejean | Mediapart
Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se revendique du communalisme en vue des municipales de 2026. Un concept rattaché à l’histoire de la Commune de 1871 et qui parle aux sensibilités radicales. Mais sa version insoumise est loin de correspondre à l’idée de ses principaux inspirateurs.
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LFI revendique désormais un « nouveau communalisme insoumis », a priori loin de la tradition jacobine et centralisatrice qui fait encore le cœur de son identité.
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réaffirme la commune comme premier échelon de la démocratie pour un pouvoir démocratique
s’exerçant au plus près des besoins des habitant·es. Nous voulons restaurer la démocratie communale et tourner le dos à la dépolitisation de la fonction d’élu·e local·e, transformé·e en gestionnaire de l’austérité
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En 2020, le mouvement mélenchoniste avait choisi dans la plupart des cas de soutenir des initiatives citoyennes en se mettant en retrait. Sa nouvelle ligne pour 2026 consiste à mettre au contraire en avant l’étiquette insoumise, sans perdre de vue les relations déjà nouées à la base, au-delà du parti.
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Antoine Salles-Papou, un des artisans de cette mue, auteur d’un livre sur les communes – Les Communes libres (Éditions 2031, 2020) – et d’un texte consacré à cette question dans la revue du Parti de gauche (PG), L’Intérêt général.
https://blogs.mediapart.fr/antoine-sallespapou/blog/240225/pour-un-communalisme-de-la-revolution-citoyenne
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S’il n’a jamais fait grand cas des élections municipales, Jean-Luc Mélenchon organise depuis 2012 des marches pour la VIe République tous les 18 mars, jour anniversaire du déclenchement de la Commune de Paris en 1871. Il y a donc une logique à ce que, après dix ans d’existence, le mouvement qu’il a cofondé puise son inspiration dans cette expérience, quitte à faire quelques entorses à l’histoire en matière de vision politique et de radicalité.
« Les expériences communalistes, comme la Commune de Paris et la révolution sociale espagnole de 1936, ont en commun de comprendre le processus révolutionnaire non pas comme conquête de l’appareil d’État, comme dans la tradition léniniste, mais comme création de nouvelles institutions populaires d’autogouvernement à l’échelle communale, explique David Hamou, sociologue à l’université Paris-Nanterre et auteur d’une thèse sur l’expérience municipaliste de Barcelone en commun de 2015 à 2023. Il ne s’agit donc pas de voir la conquête du pouvoir municipal comme une première étape de la conquête du pouvoir d’État, mais d’abolir la souveraineté étatique en la remplaçant par l’auto-organisation communale et le fédéralisme. »
« C’était l’idée d’une République organisée sur la base des assemblées communales législatives permettant à tous les citoyens de participer directement à la fabrique de la loi. Ledru-Rollin avait notamment appelé sa brochure “Plus de président, plus de représentant !” », confirme le sociologue Pierre Sauvêtre, auteur d’un livre sur le théoricien américain Murray Bookchin, qui a ravivé l’idée communaliste dans les années 1970.
Après la Commune de Paris, le communiste libertaire Gustave Lefrançais définissait le communalisme, en 1874, « comme la “double suppression du gouvernement dans l’ordre politique et du salariat dans l’ordre économique” et ambitionnait de substituer à l’action gouvernementale la “participation directe de tous les intéressés à la gestion de la chose publique” », détaille Pierre Sauvêtre.
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sans perdre de vue la prise de pouvoir national, qui reste la matrice du mouvement mélenchoniste. ... respecter une votation sur leur révocation « dans le cas où 10 % du corps électoral signe une pétition vérifiée le demandant
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la comparaison a donc des limites : « Tout le gouvernement représentatif et la souveraineté de l’État demeurent intacts, donc ce néomunicipalisme, qui est en fait la stratégie véritable de LFI, n’est pas contradictoire et ne l’amènera pas à remettre en question la tradition “jacobine” à l’échelle nationale », analyse Pierre Sauvêtre.
Attirer les radicalités, éroder le capitalisme
Cette bifurcation dans l’histoire insoumise a été saluée par plusieurs député·es, ex-député·es ou responsables locaux de LFI. C’est le cas de François Piquemal, ancien porte-parole de Droit au logement (DAL) devenu député de Toulouse (Haute-Garonne), où il s’est déclaré candidat aux municipales. « À titre personnel je me reconnais totalement dans le communalisme, étant entré en politique par des mouvements qui s’en revendiquaient », explique-t-il.
Au début des années 2000, il avait rejoint Les Motivés, un collectif de militantes et militants associatifs et du monde de la culture qui avait obtenu 12,5 % des suffrages exprimés aux municipales de 2001. « Un petit exploit étant donné la mainmise du Parti socialiste à l’époque », commente-t-il. Fin mars, il a reçu en meeting à Toulouse Ada Colau, l’ex-maire de Barcelone élue sous les couleurs de Barcelone en commun (Barcelona en Comú) de 2015 à 2019, dans la foulée du mouvement des Indignés – un autre exemple récent de « communalisme » et une source d’inspiration à ses yeux.
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Le « nouveau communalisme insoumis » mêle donc plusieurs expériences récentes et passées sans coïncider parfaitement avec aucune d’entre elles. « L’élargissement de LFI ces dernières années fait que des cultures politiques différentes s’y côtoient. Ce qu’on essaie de faire, c’est de les articuler », plaide François Piquemal.
L’utilisation du mot, chargé d’histoire, peut aussi servir plusieurs objectifs. « Cette idée d’autonomie politique d’un peuple qui prend activement en main l’élaboration des règles de la vie collective n’est, à l’évidence, pas le projet de LFI, mais le terme de communalisme, parce qu’il renvoie à l’imaginaire assez unanimement valorisé à gauche de la Commune de 1871, est un bon attracteur des sensibilités radicales », avance Pierre Sauvêtre. Il pourrait aussi avoir pour but de ringardiser ou de désarmer les listes « participatives et citoyennes » qui cherchent à émerger.
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« Dans un contexte où tant le marché capitaliste que la souveraineté étatique semblent incapables de faire face aux grands défis – écologiques, démocratiques, sociaux – de notre temps, l’espace local apparaît comme lieu d’un possible renouveau citoyen, fondé sur l’intervention permanente de chacun dans les affaires publiques de la cité », constate ainsi David Hamou.
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« Cette revendication peut traduire une certaine rupture avec la voie populiste qui a longtemps été celle de LFI, ou s’inscrire au contraire dans ce qui a été identifié par diverses études sociologiques sur LFI comme une stratégie d’affichage d’une composante “mouvementiste” qui ne se traduit pas toujours en actes. La question de l’articulation entre les candidatures insoumises et les plateformes municipalistes citoyennes liées aux mouvements sociaux apportera sans doute la réponse à cette question », suggère David Hamou.
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- De l’effacement à l’engagement : comment LFI entend peser sur les municipales
3 février 2025 https://www.mediapart.fr/journal/politique/030225/de-l-effacement-l-engagement-comment-lfi-entend-peser-sur-les-municipales - «Eroder le capitalisme»: la stratégie posthume d’Erik Olin Wright
16 décembre 2020 https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/161220/eroder-le-capitalisme-la-strategie-posthume-d-erik-olin-wright
Idées de physique
Quand plusieurs trajets sont possibles, en bloquer un peut améliorer la circulation sur le reste du réseau. Un paradoxe qui a notamment un analogue mécanique.
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phénomène est connu sous le nom de « paradoxe de Braess », d’après le mathématicien allemand Dieter Braess qui l’a étudié vers 1968 dans le cadre de la théorie des réseaux.
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Dans le monde réel, les recherches montrent que ce paradoxe est omniprésent dans des situations variées mais qu’il est difficile à identifier parce que l’optimisation des réseaux fait partie des problèmes dits « NP-complets », qui sont les plus complexes.
=> Voir la présentation de cet ouvrage dans la bibliothèque du R.I.C.
Date de l'ouvrage : Mars 2020
Ecrit par : TARDIEU Bruno, TONGLET Jean, JOUSSET David
Editions Herman. Préface Isabelle Autissier.
Note de : PISSOCHET François (Mars 2020)
Les trois approches singulières et complémentaires – historique, philosophique et pragmatique – des auteurs de ce présent livre, nous fait pénétrer la pensée et l’engagement de Joseph Wresinski, pour comprendre l’importance vitale de ce combat initié par porté depuis 60 ans par le mouvement ATD Quart Monde.
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En 2015 il y avait eu le livre[i] de Bruno Tardieu présentant l’engagement social et politique du mouvement ATD Quart Monde, créé par la rencontre d’un homme ayant grandi dans la misère, Joseph Wresinski, et la population d’un camp pour sans-abris, en 1957, à Noisy le Grand. Ce livre apportait, de l’intérieur, une connaissance sur ce mouvement engagé dans la lutte contre la misère et la promotion de ce « peuple » justement reconnu du « Quart Monde » qui regroupe toutes ces familles très pauvres, en France et dans le monde ; un combat humain et politique qui s’inscrit pleinement dans la défense des droits de l’homme.
Les trois approches singulières et complémentaires – historique, philosophique et pragmatique – des auteurs de ce présent livre, nous fait pénétrer la pensée et l’engagement de Joseph Wresinski, pour comprendre l’importance vitale de ce combat initié par porté depuis 60 ans par le mouvement ATD Quart Monde. Loin des algorithmes d’une intelligence artificielle, ce livre nous ouvre à la pensée et à l’action d’un homme et d’un mouvement qui nous parle de l’humain. S’approprier les arcanes de ce processus singulier de penser et d’agir (si proche du « penser↔agir en complexité porté par le Réseau Intelligence de la Complexité) peut nos amener à nous interroger sur nos propres modes de penser et de vivre le monde.
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Ce message, cette démonstration du mouvement ATD Quart Monde, dépasse le simple cercle de la lutte contre la pauvreté. Tout professionnel, tout citoyen, peut s’en inspirer pour penser et agir différemment : bousculer ses imprinting, dégager des priorités éthiques. Le père Joseph Wresinski nous laisse donc avec l’idée que les plus pauvres pourraient devenir nos maîtres, nos maîtres en humanité, non pas du tout seulement pour lutter contre la misère, mais pour progresser vers un monde de plus grande dignité (p.178).
Aristocratie stato-financière - par Kévin Boucaud-Victoire
@KBV93170 Rédacteur en chef de la rubrique débats & idées.
Clés : philosophie ; Emmanuel Macron ; retraite ; Gilets jaunes ; violences policières
Au cours d'un entretien fleuve, nous avons interrogé Emmanuel Todd pour "Les luttes de classes en France au XXIe siècle", son livre-évènement.
... paradoxe : alors que l'euro a échoué économiquement, il a triomphé politiquement, au prix du retour de la lutte des classes.
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Même si c’est par le bas, nous avons plutôt l’impression que la France se fragmente…
C’est la thèse de mon ami Jérôme Fourquet (L’Archipel français, Seuil, 2019). C’est en effet le ressenti des commentateurs. Mais j’ai au fond écrit un livre sur "la fausse conscience". C’est un effort de dévoilement de la réalité, dans un monde où toutes les classes se racontent des choses inexactes sur la France et sur elles-mêmes. ...
Comment préserver l’autorité de l’Etat et « en même temps » externaliser ses missions en les abandonnant à la spéculation financière ? Comment « en même temps » placer la République sous l’enseigne de la « fraternité » et évoquer ces « gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien » ? Comment concilier Ricoeur et le CAC 40 ? Le psychanalyste Roland Gori explore brillamment pour « Le Média » les paradoxes et les impostures d’une expression devenue la marque Macron.
Clés : Macron En même temps Etat Finance