Luttes
Durée de lecture : 7 minutes
Lors de la manifestation à Paris, le 17 octobre 2026. - © Valentina Camu / Reporterre
Transmission de connaissances et appui logistique : depuis le début des mobilisations lycéennes, des organisations écolos ont fait le choix d’apporter leur soutien. Dans la rue le 17 octobre, elles ont continué à faire le pont entre les revendications.
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Kaméra Vesic, 53 ans ... La fondatrice de l’association PikPik, en Seine-Saint-Denis, a répondu présente aux appels de convergence lancés par les mouvements lycéens et étudiants. Les publics de son association d’écologie populaire, « ce sont les mamans et les jeunes du 93 », précise la militante, qui accompagne des familles « sur des problématiques d’alimentation, de mobilité, de chauffage, mais aussi de manque de débouchés pour les jeunes ».
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Une convergence dont la militante écologiste Greta Thunberg est venue faire la démonstration, dès le 13 octobre, en se rendant aux côtés des lycéens de Paul-Éluard à Saint-Denis, puis dans la rue avec les manifestants.
S’unir pour un « avenir vivable »
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les initiateurs du Mouvement du 26 septembre « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » ont décidé d’orienter leur prochaine mobilisation annoncée le 14 novembre. « L’enjeu, c’est l’avenir de notre jeunesse, et même le nôtre, adultes : est-ce que je trouverai une filière après le bac ? Est-ce que j’aurai une retraite ? Ma maison va-t-elle se fissurer sous l’effet de la sécheresse ? » résume Benjamin Ball, cofondateurice du Mouvement du 26 septembre.
« Créer de la confiance et de la réciprocité »
Ernest [1], d’XR Paris. Des « guides antirépression » ont été distribués lors des blocus et en manifestation. En amont de la journée de samedi, des formations de « street médic » ont aussi été dispensées « à plus de 400 personnes ».
« On réclame tous un avenir »
« Comme le gouvernement n’a aucune vision globale, il répond par le jeu de la répression », ajoute Christophe Van Hoorne, secrétaire national de la Confédération paysanne
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Vipulan Puvaneswaran, militant des Soulèvements de la Terre et de Génération panasiatique.
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L’« acte II » est déjà annoncé, le samedi 24 octobre. Pour Sylvine Bouffaron, salariée de Greenpeace France mobilisée à Lyon, le choix est déjà fait : « Être du bon côté de l’histoire, c’est être dans la rue avec les lycéens et les travailleurs qui demandent des conditions de vie dignes. »
Ndlr : image du mouvement social de GPF sans que ça soit clairement indiqué. Dénoncer ACT
Luttes Justice
Mis à jour le 25 septembre 2026 à 15h05
Durée de lecture : 9 minutes
Un militant de Greenpeace France interpellé lors d'une action contre le Sommet sur l'énergie nucléaire à Boulogne-Billancourt, près de Paris, le 10 mars 2026. - © Dimitar Dilkoff / AFP
Procès, amendes à foison... La répression judiciaire s’intensifie contre Greenpeace France et ses militants, dont deux comparaîtront le 25 septembre. Autopsie d’un système visant à affaiblir financièrement l’ONG pour la « réduire au silence ».
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Notes
[1] Les activistes Albin et Guillaume ont été relaxés par le tribunal judiciaire de Nanterre dans la matinée du 25 septembre 2026, informe Greenpeace France à Reporterre.
[2] Les deux banderoles ont été écrites en anglais : « Nuclear power = energy insecurity » (« Énergie nucléaire = insécurité énergétique ») et « Nuclear power fuels Russia’s war » (« L’énergie nucléaire alimente la guerre menée par la Russie ») .
Complété de
https://reporterre.net/Uranium-EDF-mis-en-demeure-pour-ses-relations-commerciales-avec-la-Russie
Reportage — Luttes
« Agir ou cuire, il faut choisir » : avec les canicules, le retour des luttes pour le climat - 6 juillet 2026 à 09h22 / Par Léa Guedj, avec Mathieu Génon et NnoMan Cadoret (photographies)
Durée de lecture : 7 minutes
Clés : Luttes Climat Canicule
Après des années d’atonie, le mouvement pour le climat renaît-il de ses cendres ? Les récentes canicules ont créé un sursaut de mobilisation dans de nouvelles catégories de la population, en particulier sur l’enjeu de l’adaptation.
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Vendredi 3 juillet, ils ne sont qu’une quinzaine de jeunes, tout juste sortis des examens du baccalauréat, à s’être réunis sous la bannière de Fridays For Future
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réchauffement climatique
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l’émergence d’Extinction Rebellion et des Soulèvements de la Terre, ainsi qu’à, plus récemment, des convergences avec des combats sociaux, décoloniaux, antimilitarisation et antifascistes
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Face à l’échec de l’atténuation, une mobilisation sur l’adaptation
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Membre de Jeunes Génération·s, elle se mobilise désormais « pour limiter les dégâts de ce qui est déjà là
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pétition « Pas de volets, pas de loyer »
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pour le bâti scolaire, avec le mouvement Faites-la briller, colancé par la journaliste de La Maison des maternelles Renée Greusard avec son confrère spécialisé dans les enjeux écologiques Thibaut Schepman.
Zazie, présente à la manifestation du 1er juillet 2026. © NnoMan Cadoret / Reporterre
Selon la Fondation pour le logement, la moitié des logements français sont des bouilloires thermiques, dont l’indicateur de confort d’été est inscrit comme « insuffisant » sur le DPE. Selon un rapport de l’Alliance écologique et sociale, qui rassemble les ONG Greenpeace, Oxfam, Les Amis de la Terre, Attac et les syndicats CGT Éduc’Action, FSU, SUD Éducation et la Confédération paysanne, 20 à 30 % des bâtiments scolaires sont « vétustes » et « inadaptés » aux événements climatiques comme les canicules en été.
Lire aussi : 53 °C sous la verrière de l’école... et des rénovations aux abonnés absents
... également les enseignants. Ainsi, une intersyndicale de l’Éducation nationale appelait le 25 juin les enseignants « à user de leur droit de grève là où cela est nécessaire » pour protester contre des « conditions de travail inacceptables » pendant la canicule.
« C’est la première fois qu’un syndicat enseignant propose une grève comme moyen d’action sur une thématique liée au climat », signale Aurélie Gagnier, cosecrétaire générale du FSU-Snuipp. Il faut dire que « ces chaleurs extrêmes qui paraissaient anecdotiques sont en train de s’installer dans le temps, donc il faut des réponses structurelles et pas seulement dans l’urgence », explique la syndicaliste.
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Du côté des établissements de santé, le syndicat Force ouvrière (FO-SPSS) a déposé un préavis national de grève du 2 juillet au 15 octobre, face à des canicules qui constituent « un révélateur brutal de l’état de délabrement de l’hôpital public, des Ehpad et de l’ensemble du secteur sanitaire, social et médicosocial ». « Aujourd’hui, il est plus dangereux d’aller aux urgences que d’aller dans les supermarchés ou les banques climatisées », dénonce Grégory Leduc, secrétaire fédéral Santé FO.
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L’année prochaine, j’aurai 18 ans, je vais voter pour la première fois à l’élection présidentielle, et je vais regarder les programmes dans le détail. »
Pourquoi ce site ?
Au départ, ce site se voulait uniquement historique sur les luttes sur les conditions de travail en France métropolitaine.
Mais, les luttes aujourd’hui sont difficiles dans les entreprises, les administrations, les hôpitaux, les associations, les ubérisés divers, et donc nous avons voulu aider par des outils divers les salarié-es, les fonctionnaires, les élu-es, les syndicalistes, les équipes syndicales, partir de notre expérience de syndicaliste depuis 1979, 17 ans à la CFDT et 28 ans à SUD-Solidaires, mais aussi ancien inspecteur du travail pendant 25 ans, ce qui permet d’avoir un panorama important des pratiques diverses patronales, et de trouver les actions pour y répondre. Pas de solutions miracles bien évidemment, mais on peut s’appuyer sur le code du travail et sur le rapport de forces pour gagner. Engager le plus de personnes possible dans des actions efficaces pour obtenir des victoires, aussi petites soient-elles. On doit s’accorder le plaisir de petites victoires sur des objectifs réalisables. Le syndicalisme est un combat au quotidien, sans relâche, mais on ne gagne que les combats que l’on mène. Et s’avouer vaincu avant d’avoir entrepris etc..
A) Nous avons écrit un livre intitulé « une histoire des luttes pour les conditions de travail ».
B) Nous avons décidé de rédiger des fiches uniquement sur les conditions de travail, notion large et à élargir encore, pour aider salarié-es, fonctionnaires, militant-es ou non.
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Ce qui nous fait dire que la désespérance, le défaitisme des syndicalistes est très mauvaise conseillère. Seuls ceux qui sont réprimés par le patron, l’état, la justice devraient avoir la parole.
Pour reprendre Michelle Zancarini-Fournel sur les conflits ouvriers, dans son livre « Les luttes et les rêves Une histoire des luttes populaires de 1685 à nos jours », explique la difficulté de raconter historiquement les conflits.
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Connu / TG le 30/10/25 à 17:41
Manifeste du Stuut
Stuut : nom indéfini (bruxellois)
- Truc, machin, bizarrerie
- Imprévu, contrariété, problème
Publié le 25/01/2022
... média autonome, indépendant et participatif par et pour les personnes qui luttent, qui s’organisent et/ou qui réfléchissent à créer des alternatives radicales émancipatrices et à renverser les causes des dominations [1] et des exploitations qui pourrissent nos vies, la société et la planète — telles que le capitalisme [2], l’impérialisme [3], le colonialisme [4], le racisme [5], l’hétéro-patriarcat [6], le validisme... [7]
Nous partons du constat que l’activité militante anti-autoritaire, sur Bruxelles et plus largement en Belgique, manque cruellement d’espaces communs de partage et de visibilité qui sont sécurisés.
Tisser des liens entre les luttes
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Notes
[1] domination, ici à comprendre comme une oppression systémique. ...
[2] Le capitalisme est un système économique et social qui se caractérise par la propriété privée des moyens de production et d’échange et par la recherche du profit. C’est aussi un système qui privilégie l’accumulation de capital privé au détriment de la préservation de l’environnement commun.
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[3] L’impérialisme, c’est la volonté d’expansion et de domination d’un État-nation ou d’un ensemble d’États-nations sur le reste du monde. L’impérialisme occidental contemporain est structuré par le racisme et le capitalisme. Il opère sur différents plans : territorial, militaire, culturel, économique, politique.
[4] Le colonialisme, c’est la forme qu’a pris l’impérialisme occidental pendant quatre siècles. Il s’agissait d’une occupation militaire avec l’installation d’administrations coloniales, la mise en esclavage et l’extermination des peuples colonisés. ...
[5] Le racisme est entendu ici comme un système de domination exercé au nom de la suprématie blanche. Ce système de hiérarchisation place les personnes blanches comme la référence au sein de l’humanité, leur donnant des privilèges aux dépens des personnes racialisé.e.s.
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[6] L’hétéro-patriarcat est entendu ici comme un système de domination (au niveau social, économique et politique) dans lequel non seulement les hommes cis[a] dominent d’autres genres mais aussi où l’hétérosexualité domine d’autres orientations sexuelles. Le genre est une notion utilisé en sociologie pour parler du caractère, de l’identité ou des rôles féminins et masculins, sans que ce soit lié automatiquement au sexe des personnes.
Parfois, on peut trouver le terme « cis-hétéro-patriarcat » qui souligne la domination des personnes cis sur les trans[b].
[a] cis(genre) : qui se reconnaissent et/ou vivent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance
[b] trans(genre) : qui adoptent une identité de genre différente du genre qui leur a été assigné à la naissance
[7] Le validisme est un réseau de croyances, de processus et de pratiques qui produit un type particulier de soi et de corps (norme physique), et le projette comme parfait, spécifique à l’espèce, et donc essentiel et complètement humain. Dans ce système oppressif, le handicap est alors un état inférieur de l’être humain. Le validisme se traduit par des discours, actions ou pratiques paternalistes, condescendants et dénigrants à l’égard des personnes handicapées, qui les infériorisent, leur nient toute possibilité d’être satisfaites de leur existence et leur refusent le droit de prendre en main leur propre vie.
Connu / https://bsky.app/profile/mediaslibres.skyfleet.blue/post/3m7p3erh25c2e
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Médias Libres [bot] @mediaslibres.skyfleet.blue
Solidarité avec les peuples d'Ukraine et de Palestine dans les pays occidentaux : questions relatives aux tactiques de luttes.
Cet article écrit par des camarades russes revient sur les différentes tactiques de luttes en solidarité à l'Ukraine et à la Palestine, afin de renforcer notre lutte contre l'impérialisme et de (...)
08:45 · 11 déc. 2025
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Publication de Union Départementale CGT de la Charente - 2 h ·
https://www.facebook.com/share/v/17ef5WVJEp/
0:00 / 3:29
CGT Fédération des Services publics
7 novembre à 19:29 ·
💬 Influenceur.ses d'extrême droite, des messagers sur les réseaux sociaux. Matthieu Gouret du collectif lutter contre les idées d'extrême droite.
Connu / TG le 11/10/25 à 16:44
par Terres de Luttes | Oct 7, 2025 | Webinaires | 0 commentaires
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nouvelle série de 7 webinaires de 2h portant sur ce qu’on appelle « les Réseaux Outils », c’est à dire tous les différents réseaux de supports pour les luttes (cantines, mutuelles de matériel, réseaux de ravitaillement, etc).
Vu le chaos politique, lutter devient de plus en plus difficile, et nous avons besoin de consolider nos moyens, de renforcer les capacités de nos territoires et luttes, et d’augmenter notre capacité à réagir.
Ça tombe bien : Des réseaux s’organisent déjà ! Assemblées populaires, cantines militantes et solidaires, partage de matériel, greniers et réseaux de ravitaillement, lieux de lutte, bases antirépressions, transmissions de savoirs, … Tous ces outils et supports nourrissent et renforcent du lien dans nos territoires, et permettent de fonder les bases de nos résistances territoriales.
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Le premier webinaire aura lieu le 23 octobre à 18h30. Il sera consacré à la présentation des réseaux outils en général et à leur utilité concrète dans la lutte, à l’échelle d’un territoire ou d’une lutte d’envergure.
Les suivants seront axés chacun autour d’une thématique afin d’en développer les spécificités, leur création et leurs mise en place :
- Le 20 novembre à 18h30 : cantine en lutte,
- Le 11 décembre à 18h30 : mutuelle de matériels,
- Le 22 janvier à 18h30 : greniers et réseaux de ravitaillement,
- Le 19 février à 18h30 : réseau de soin,
- Le 10 mars à 18h30 : assemblée et éducation populaire,
- Le 16 avril à 18h30 : lieux en luttes
À la suite d’un temps de présentation de la démarche par Terres de Luttes, les intervenant·es présenteront leur orga et transmettront des billes sur la capacité reproductible de ces initiatives ailleurs. Du temps sera également prévu pour échanger par la suite.
Les enregistrements des webinaires seront disponibles sur notre site.
Connu / TG le 11/10/25 à 00:44
Nicolas Framont | 24/08/2025
*Clés : LGBT ; Luttes ; Stratégie
A la mi-juillet, nous appelions à réagir aux annonces brutales et ultra violentes de Bayrou pour le budget et nous recevions des centaines de mails et de messages de gens prêts à en découdre. Fin juillet, un groupe anonyme lançait une plateforme web contenant une date : le 10 septembre et nous leur emboitions le pas. Depuis, et une fois les réticences initiales dépassées (“qui sont ces gens ?” “Pourquoi cette date ?” “et avec qui ?” “est-ce que c’est pas d’extrême-droite ?”) de très nombreuses personnes ont annoncé, sur leurs réseaux sociaux, rejoindre le mouvement, tandis que le premier sondage mené sur le sujet évalue à ⅔ la proportion de Français sympathisants du 10 septembre. Et ce, alors que l’extrême-droite, le RN en tête, s’en est complètement désolidarisé, et que la gauche politique (EELV, PCF, FI et même, et ce n’est pas une bonne nouvelle, le PS) a affirmé son soutien au mouvement. Côté syndicats, les avis sont bien plus mitigés : c’est au niveau des fédérations, c’est-à-dire à l’échelle des branches professionnelles, que des appels ont été lancés : Sud rail ou la CGT Chimie, par exemple. Mais à la tête de la CGT, Sophie Binet n’est pas du tout emballée : “Les modes d’action sont flous et puis, du côté des initiateurs, il y a une pluralité de points de vue.” Et c’est ennuyeux ? La secrétaire générale de la CGT reprend le préjugé selon lequel le mouvement serait noyauté par l’extrême-droite, alors même que toutes les figures médiatiques de ce courant l’ont critiqué mais soit : la force du 10 septembre, c’est précisément qu’il semble, pour l’instant, échapper aux formes traditionnelles de mouvement social, ces formes-réflexes que sont la grève d’une seule journée et la manifestation sage qui va d’un point A à un point B, de telle sorte que l’absence d’enthousiasme des directions syndicales, qui nous ont entraîné dans ce manège, en 2023, sans jamais admettre son inefficacité, est plutôt une bonne nouvelle. Mais si les choses ne sont pas dirigées vers les formes classiques (intersyndicale, manif, grève, merci et bonsoir) que peut-on attendre ? Est-ce que ça ne sera pas le chaos, la confusion ? Et au-delà de l’attente, que devrait-on imaginer et, localement, impulser ? Plusieurs propositions stratégiques ont émergé ces dernières semaines.
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1 – “Arrêt de la consommation” et paiement en liquide : l’impasse
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L’objectif d’un mouvement comme le 10 septembre est de faire front le plus possible, dans notre diversité et le respect de nos différences : le monde des “petits commerçants”, qui ne sont pas exempts, comme les restaurateurs, de comportement abusif et maltraitant envers leurs salariés, devrait s’y conformer. Ils veulent éviter de payer des impôts et des cotisations mais ils devraient aussi faire un pas vers le reste de la population et ne pas profiter de la période pour se mettre des liasses de billets sous le matelas.
2 – La grève, ça marche, mais comment et pour qui ?
La grève, contrairement au boycott, à l’arrêt de la consommation ou au paiement en espèce, produit un rapport de force immédiat et avec des effets rapides : une grève fait perdre des millions d’euros à l’économie capitaliste et donc à ses dirigeants, qui, dans notre histoire, ont toujours lâché du lest quand ça leur arrivait. Quasi tout ce que nous avons obtenu comme richesse collective l’ont été lors de grands mouvements de grève : les congés payés en 1936, des augmentations de salaires et pléthores de droits sociaux en 1968, toute la construction de la sécurité sociale en 1945-46 a été possible parce que la classe ouvrière avait la main sur la production et sur son arrêt potentiel.
Localement, la grève fonctionne et c’est loin d’être un mode d’action ringard ou obsolète, comme on l’entend parfois. Les chiffres sont là : une étude du ministère du travail basée sur l’année 2020 nous informe que 62,8 % des entreprises ayant connu une grève dans l’année ont connu des négociations fructueuses pour les salariés, contre seulement 12,7 % des entreprises qui n’ont pas connu de conflit social. L’année suivante, en 2021, c’est encore davantage : 79,0 % des entreprises déclarant au moins une grève ont mis en place des accords favorables aux salariés, contre seulement 16,6 % des entreprises n’ayant connu ni grève ni une quelconque forme de conflit.
Mais qu’en est-il au niveau national ? Les exemples de succès récents manquent. Et pour cause : la stratégie syndicale au niveau national repose entièrement sur le dogme de la journée isolée. Par conséquent, la grève nationale a été entièrement désarmée : c’est devenue une action symbolique, sans conséquence durable sur la production ou les services publics, qui peut être anticipée et gérée par le patronat et le gouvernement. Pour les directions syndicales, ces journées isolées deviennent l’équivalent des manifestations : elles permettent de générer des chiffres qui donnent une certaine légitimité à venir le soir à Matignon quémander des concessions… et ça ne marche pas, comme on l’a vu en 2023.
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des grèves reconduites plusieurs jours dans le plus de secteurs possible, et ce, de façon coordonnée
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“grève générale” ou, pour être plus correct “quasi-générale” : des secteurs se mettent en grève en même temps et deviennent, tous ensemble, un problème insurmontable pour les pouvoirs en place.
La grève quasi-générale permet de désorganiser la production de l’intérieur. Mais il se pourrait bien que, d’ici le 10 septembre, nous n’ayons pas les forces pour y parvenir : le monde syndical est éclaté entre secteurs, il s’est considérablement dépolitisé, au sens où la majorité des syndicalistes n’appartiennent plus à des confédérations qui font de l’action syndicale une arme pour changer les rapports de pouvoir au travail et, à terme, sortir du capitalisme. Seuls la CGT et Solidaires affirment être dans cette perspective mais ce ne sont pas les syndicats majoritaires. Il faut donc bien admettre que dans certains entreprises et secteurs, les syndicalistes peuvent être davantage un obstacle qu’un atout pour construire cette grève générale. Puisque nous n’arriverons pas à changer cette donne en quelques semaines, il faut que toutes celles et ceux qui travaillent dans des secteurs potentiellement bloquants pour l’économie (grande distribution, transport, agroalimentaire, énergie, services publics, mais aussi tout ce qui génère du cash pour les actionnaires) mobilisent leur énergie pour sensibiliser leur collègue à la nécessité d’une grève dure et reconduite plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à partir du 10 septembre. S’ils ont de bons syndicats sur lesquels s’appuyer, tant mieux. Sinon, ils peuvent s’en sortir par eux-mêmes en attendant de mettre en place une organisation plus durable. Nous proposons un certain nombre de conseils ici. https://frustrationmagazine.fr/greve-10-septembre
3 – Tout bloquer : où, pourquoi et comment ?
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désorganiser la production de l’extérieur.
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entraver le fonctionnement du pays et de l’économie capitaliste pour que la production et le cours normal des choses ne fonctionne plus ou très mal, ce qui aura pour effet de forcer le gouvernement à se plier aux demandes de la population. C’est un mot d’ordre populaire. Selon un sondage Harris, qui vaut ce qu’il vaut (c’est-à-dire pas grand chose de précis mais qui permet de distinguer une tendance), 60% des sondés seraient favorables aux blocages. Mais concrètement, que faire ?
Le média Contre-attaque propose de mener des occupations durables de boulevards périphériques, en se basant sur des expériences récentes, particulièrement concluantes : “Le 12 avril à Nantes, il a suffit de trois points de blocage pour créer des dizaines de kilomètres de bouchons et mettre la ville entièrement à l’arrêt.
https://contre-attaque.net/2025/08/15/10-septembre-bloquer-les-peripheriques-des-grandes-villes-pour-arreter-le-pays/
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Mais ces blocages sont restés temporaires, ils n’ont duré que quelques heures avant d’être levés. Insuffisant.”
La recette, ce serait des blocages de longue durée, où la population se relaie pour tenir des jours et des semaines : “En Argentine, dans les années 1990, le mouvement des piqueteros, qui étaient des précaires en lutte contre le néolibéralisme équipés de bâtons, a bloqué les autoroutes à de nombreuses reprises. En paralysant les flux, les piqueteros ont gagné en visibilité et en rapport de force en bloquant l’économie. Mais contrairement à la France, il ne s’agissait pas de blocages ponctuels : ils occupaient réellement les routes du pays, notamment près de Buenos Aires, pendant plusieurs jours voire semaines d’affilée.”
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Les blocages sont des actions qui nécessitent de la préparation et beaucoup de prudence : en 2018, une femme était décédée lors d’un blocage de rond-point. Une conductrice avait paniqué et provoqué l’accident fatal. Il est essentiel que ces blocages soient progressifs, sans provoquer des réactions de peur et en canalisant les réactions de colère des automobilistes. Le début est forcément le plus dur : interrompre un flux et imposer son barrage, sa barricade, nécessite d’être très nombreux et d’agir avec calme et méthode. Une fois le barrage installé, et pour qu’il dure dans le temps, il faut qu’il devienne un lieu de vie, où il est possible de venir une heure, deux, une journée ou une nuit, sans se sentir menacé ou jugé, en particulier pour les femmes et les minorités. Il faut que ces blocages soient filtrants et organisent le passage des véhicules de secours. Mais il s’agit ni plus ni moins que de reprendre le contrôle sur ce qui circule, pourquoi et comment.
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définitivement changer de paradigme. En finir avec le paradigme de la “démonstration de force” ou de “l’action symbolique”
... montrer qu’on sait danser sur “HK et les Saltimbanques” ou “Freed from desire”
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adopter la tactique du rapport de force. Cela consiste à se demander, pour chaque action, si elle fait peur au pouvoir et ce qu’elle leur fait perdre. Faut-il occuper ce bâtiment-ci plutôt que celui-là ? Bloquer ce périphérique plutôt que cette autoroute ? Faire grève dans cette entreprise ou aider à faire grève dans celle-ci ? Perturber les déplacements de tel homme politique ou se concentrer sur le blocage de telle zone portuaire ou logistique ?
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l’absence de méthodes traditionnelles rassurantes comme la manifestation déclarée met le pouvoir mal à l’aise
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conserver la même dynamique et la tournure prise par le 10 septembre. Un mouvement qui échappe à toute organisation, qui est insaisissable, dont aucun leader n’existe et qui ne peut faire l’objet d’aucune négociation au chaud à Matignon. Un mouvement sans drapeau, sans ballon, sans camion ni slogan préétabli. Mais un mouvement qui met déjà en avant des revendications fortes, de justice fiscale, de justice sociale et de démocratie directe.
Le 10 septembre peut être un semi-flop. Il ne sera sans doute pas une révolution. Mais dès maintenant, il nous montre une chose : il est possible d’organiser une contestation sur d’autres bases que celles proposées par les professionnels de l’action revendicative et nous n’avons besoin de personne pour le faire. Et cela inquiète bien plus que lorsque nous respectons la routine. Mais le 10, et surtout les jours qui suivront, nous allons peut-être pouvoir enfin tourner la page d’une décennie de défaites.
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Du 7 au 10 août 2025, en Basse Normandie aura lieu la seconde édition des Résistantes – Rencontres de luttes locales et globales !
4 jours pour parler de luttes locales en France, préparer des perspectives de mobilisation ensemble, se former, de célébrer nos victoires, de voir comment s’entraider et de renforcer les coalitions de luttes géographiques ou thématiques qui se montent un peu partout.
Inscription sur : http://lesresistantes.fr/
Mobilisation exceptionnelle et profondes remises en question militantes : Clap de fin pour les Résistantes 2025 !
Plus de 7000 personnes, à Saint-Hilaire-de-Briouze dans l’Orne, étaient réunies pour quatre jours de rencontres, de débats et de fêtes, autour des luttes locales et globales du 7 au 10 août. Un événement d’une puissance phénoménale, par sa programmation, sa capacité de mobilisation, les réseaux militants qui s’y sont retrouvés, son organisation autogérée et entièrement bénévole ; mais qui a aussi été l’occasion de profondes remises en question militantes, notamment sur la question de l’antiracisme.
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Et pourtant, de nombreuses violences, micro-agressions et propos racistes ont été signalées pendant l’événement par des personnes concernées, une alerte qui a été portée sur scène à la clôture de l’événement par un collectif de personnes racisées constitué en assemblée sur place.
Si l’oppression systémique qu’est le racisme traverse la société entière, et donc nos espaces de lutte, il nous semble inadmissible que s’y reproduisent des faits de violence raciste, contre lesquels nous sommes particulièrement sensibilisé·es. Nous souhaitons donc dire notre regret et notre reconnaissance : la prise de parole de nos camarades racisé·es doit être un choc salutaire qui nous engage à responsabiliser nos milieux écolos et à réellement mettre en place les moyens de changer vers le mieux.
L’alerte donnée sur le racisme dans les milieux écologistes doit continuer de résonner comme un impératif collectif à faire mieux et donner des suites en actes dans l’ensemble de nos actions à venir.
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Nous prolongerons cet événement de mille et une manières.De nombreuses dates de mobilisation collective ont ainsi été portées où il est déjà prévu de se retrouver : blocages le 10 septembre, mobilisations contre le cancer, très nombreuses résistances de luttes locales à travers la France, mobilisations syndicales à l’automne et contre le colonialisme en Palestine, en Kanaky et plus largement dans le monde…
Les militant-e-s présent-e-s ont enfin renouvelé leur volonté de multiplier les fronts de résistances locales un peu partout, sur le temps long, et on l’espère de façon plus soudée et coordonnée.Merci à toustes les participant-e-s, et que vivent et fleurissent les Résistantes, partout !
Entretien — Europe
« Une écologie populaire, décoloniale, féministe… peut renverser la table » - 27 juin 2025 à 09h38
Mis à jour le 27 juin 2025 à 14h53 / Par Alexandre-Reza Kokabi
Durée de lecture : 11 minutes
Europe Écologies populaires Féminisme
Difficile d’être une eurodéputée féministe et antiraciste dans un Parlement européen qui se droitise inexorablement. Depuis un an, Mélissa Camara y défend sans relâche une écologie ancrée dans les luttes.
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Qu’est-ce qui vous donne, en ce moment, de l’espoir ?
Ma fille, d’abord. Louison. Elle a 3 ans. Je veux qu’elle grandisse dans une société où sa famille est protégée, avec ses deux mamans. Je veux qu’elle soit libre, sur une planète encore vivable.
Et puis, il y a les gens. Les visages, les résistances, les solidarités. À Istanbul, un militant LGBT m’a dit : « La résistance, c’est une forme de thérapie. » Et c’est vrai. Même dans la nuit la plus noire, il y a toujours des petites lumières qui brillent. Ce sont elles qui me font tenir.
Notes
[1] En droit européen, un rapporteur fictif (ou « shadow rapporteur » en anglais) est un député européen qui, pour un groupe politique autre que celui du rapporteur principal, suit de près les travaux sur un rapport en commission parlementaire, et participe aux négociations en vue de parvenir à un compromis.
[2] On parle désormais de collèges en REP (réseau d’éducation prioritaire).
Clés : solidarité , racisme , extrême droite
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il ne suffit pas d’activer le clivage de classe pour que le clivage racial perde, automatiquement, de sa vigueur. Dit autrement : désigner des ennemis de classe (riches, patrons, gouvernants, etc.) peut avoir une vertu stratégique en soi, mais n’empêchera pas nécessairement la constitution, en parallèle, de boucs émissaires racialisés (immigrés, musulmans, minorités, etc.). L’hostilité n’est pas un jeu à somme nulle, et les rapports de pouvoir ne fonctionnent pas comme des vases communicants. Parce qu’ils ont chacun leur part d’autonomie, il apparaît crucial de lutter contre le racisme de front, et non simplement en espérant que (faire) regarder ailleurs suffira.
Le travail comme dignité sociale
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les électeurs du RN ne s’éloignent pas de la gauche uniquement dans leur rapport à l’immigration et aux minorités ethno-raciales. Y compris sur des enjeux plus spécifiquement relatifs aux rapports entre classes sociales, cet électorat présente beaucoup d’attitudes qu’on pourrait qualifier de « workfaristes ». Le terme de workfare, venu des États-Unis, mais qui a essaimé depuis, permet de qualifier la « nouvelle norme de la mise au travail » qui « oblige les allocataires de l’aide sociale à travailler pour percevoir leur allocation » (Simonet, 2020 ; voir aussi Barbier, 2008). Désignant un ensemble de réformes du système d’assistance [6], la notion renvoie plus largement à une rhétorique et à une pensée « habituellement associées au répertoire libéral de protection sociale, qui dénoncent les effets désincitatifs des prestations sociales » (Palier, 2008), accompagnant le tournant rigoriste dans le contrôle des chômeurs et des pauvres (Vivès et al, 2023 ; Duvoux, 2012).
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sentiment que les chômeurs « trouveraient plus facilement du travail s’ils le voulaient vraiment » (Ifop, 2023) et que ceux « n’étant pas dans une recherche active d’emploi devraient perdre leur indemnité » (Haute, Le Lann, Touzet, 2024). Au sein de cet électorat se côtoient ainsi des demandes de politiques sociales et de redistribution (taxation des plus riches par exemple) et des positionnements plutôt « de droite » lorsqu’il s’agit de se prononcer sur le contrôle des prestations sociales, sur la liberté patronale de licencier ou sur l’hostilité aux syndicats (Le Lann, 2024). Là encore, la conscience d’antagonismes vis-à-vis du « haut » de l’espace social n’empêche aucunement l’entretien d’hostilités ou de mises à distance vis-à-vis du « bas » – ce que le sociologue Olivier Schwartz (2009) a justement qualifié de « conscience sociale triangulaire ».
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revers d’une forte valorisation du travail, qui devient d’autant plus vive lorsque les emplois stables se font de plus en plus rares. Le sentiment que l’économie est en déclin et qu’il « n’y en aura pas pour tout le monde » se superpose à des univers symboliques où, comme l’a analysé Benoît Coquard, se répète que celui « qui ne travaille pas ne vaut rien » (Coquard, 2019, p. 66). La mise à distance des « chômeurs » et des « assistés » permet de se placer soi-même du côté, digne socialement, des travailleurs.
Dans certaines parties de l’électorat lepéniste, la question fiscale est aussi particulièrement saillante (Marchand-Lagier, 2017), structurée par la conviction de faire partie des groupes à qui l’on « prend beaucoup » et qui n’ont en retour « droit à rien », quand d’autres reçoivent des aides « sans rien faire ». L’impôt est ainsi perçu comme une aumône (Palheta, 2024, p. 100) faite à des personnes qui ne la méritent pas. Selon les segments électoraux concernés, le chômage peut donc susciter tantôt de la peur (la crainte sourde de se retrouver soi-même sans emploi), tantôt de la colère (vis-à-vis des « profiteurs » du système de redistribution étatique) – et, dans les deux cas, de la défiance vis-à-vis des groupes jugés insuffisamment « productifs » (Feher, 2024) [7].
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concurrences entre les groupes sociaux (notamment populaires) et contribué au développement d’attitudes workfare en leur sein.
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« Workfare chauvinism » : le mérite et l’héritage
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C’est lorsque la critique de l’« assistanat » se racialise qu’elle se politise de la façon la plus intense, augmentant sa propension à se traduire en vote pour l’extrême droite. Cette racialisation de l’assistanat constitue un ressort crucial du vote RN.
Des faits à défaire
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les recherches sur cet électorat montrent aussi que des demandes de redistribution persistent en son sein, s’accompagnant d’un « attachement à l’État » (Spire, 2018) et tout particulièrement aux services publics.
Il n’en reste pas moins que les tendances esquissées ici doivent être regardées en face. La centralité du racisme dans la fabrique des préférences électorales pour l’extrême droite est régulièrement euphémisée, on le sait, dans l’espace public, intellectuel et politique. Mais sa reconnaissance ne doit pas non plus faire oublier qu’y compris sur le versant des rapports de classe, les électeurs du RN sont loin de partager des visions du monde qui les porteraient naturellement vers la gauche.
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analyser avec réalisme une situation politique ne signifie en rien qu’il faille s’y résoudre
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Le racisme et la critique de l’assistanat sont des phénomènes diffus et présents dans toute la société, non réductibles aux seuls électorats de l’extrême droite. La gauche a donc un intérêt plus large – et vital politiquement – à défaire ces visions du monde et les sociodicées qui leur sont rattachées [11].
Dossier(s) :
Ce que l’extrême droite fait au monde
Luttes politiques, luttes syndicales : quelles perspectives communes ? - Diffusée en direct le 8 févr. 2025 / Institut La Boétie
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Le samedi 8 février, le département de sociologie de l’Institut La Boétie organisait un colloque exceptionnel « Syndicalisme : que faire ? », à l’Espace conférence à Paris 11e.
Cette table ronde conclusive interrogeait le lien entre luttes syndicales et politiques.
Les luttes syndicales et politiques se rejoignent en effet sur de nombreux terrains. L’articulation entre ces deux modes d’action est donc une question centrale du combat pour les droits des travailleurs : quel est le rôle du syndicalisme dans la lutte politique et, inversement, quel est le rôle des organisations politiques dans la construction du mouvement social ? Quel périmètre, quel horizon de l’action syndicale ?
Cette table ronde approfondiit les débats stratégiques à gauche sur le rôle respectifs des syndicats et des partis politiques dans la lutte, et à proposer des pistes de coopération autour de combats communs concrets et offensifs face au néolibéralisme autoritaire.
00:00:00 Présentation de la table ronde par Maxime Quijoux
00:04:44 Intervention de Karel Yon
00:26:54 Intervention de Thomas Vacheron
00:47:20 Intervention de Murielle Guilbert
01:07:15 Intervention d'Aurélie Trouvé
Avec :
• Murielle Guilbert, co-déléguée générale à l’Union syndicale Solidaires
• Aurélie Trouvé, députée LFI, présidente de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale et ancienne porte-parole d’Attac
• Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, en charge de l’intersyndicale
• Karel Yon, sociologue spécialiste du syndicalisme et de la démocratie sociale, co-auteur de la note « Que peut l’État pour renforcer le syndicalisme ? Réhabiliter les syndicats dans leur rôle de contre-pouvoir » (Intérêt Général, 2023)
Animée par Maxime Quijoux, sociologue et politiste spécialiste du syndicalisme
Tr.: ...
Karel Yon : ... autonomisation ... logique de professionnalisation, coupures, syndicaliste d'entreprise micro-corporation libérale ... symptôme de dépolitisation ... enjeu de luttes ... subalterne de l'employeur ... FO, CFDT, varient dans le temps ... jouit de sa pleine autonomie stratégique ... importance des structures interprofessionnelles ... espace public commun de débats ... enjeu de l'unité, enjeu des actes performatifs ex sophie binet ... Thomas Vacheron : se connaître pour se comprendre ... 90% de salariés en fr, 80% en CDI, entre éclatées, 1000 grosses entreprises ... smicarisation des salaires ... recul du droit du trav ... concentration du droit de l'entreprise, discrimination, lutte des classes dans les entreprises ... la force du nombre, le quotidien, contre-pouvoir social dans les entreprises ... luttes, drames, trahisions, divisions, que 600 000 adh à la cgt ... des besoins des salariés aux revendications ... rapport de forces sociales ... rassembler la population ex retraites 70% popul soutenaient les grèves ... él législ résultat différé ... pas de majo progressiste, sans mob pas d'avancées ... mettre en mouvement les masses ...
39:29 Terminer ACT
association à but non lucratif, née d’une forte solitude face aux injustices et aux ravages indissociables de notre civilisation. Elle a pour but d’accompagner des salariés souffrant d’une fracture entre leur travail et leurs valeurs, d’accumuler des connaissances d’initiés sur les nuisances de leurs secteurs, de diffuser les témoignages de leur rupture, tout en s’inspirant des alternatives prometteuses existantes. Sa raison d’être est de créer des passerelles vers les archipels de résistances écologiques et sociales.
MANIFESTE
Nous avions tout pour « réussir ». Salaire confortable, capital social, culturel, symbolique : nous « réussissions ». Et pourtant… Ces privilèges, nous avons choisi de les subvertir, afin de résister contre l’œuvre destructrice de l’économie.
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Comment participer à l’offensive écologique depuis sa position professionnelle ? Et pour quoi, pour quelles alternatives à la civilisation capitaliste industrielle ?
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il est vain d’espérer détourner, réformer, ou humaniser vos industries, vos employeurs, vos postes. Notre stratégie préfère la désertion à la reconversion professionnelle, le lancement d’alerte au réformisme, le démantèlement à la RSE.
Aux infiltrés qui ont perdu leurs illusions, nous proposons donc de vous accompagner dans la construction d’un ultime argumentaire pour confronter votre hiérarchie, et le cas échéant, de donner du poids à votre parole en rendant publique
votre désertion.
POUR QUOI ?
Cette étape est dédiée aux alternatives concrètes au travail rémunéré, qui existent ou sont envisageables, afin de ne plus subir, s’émanciper de cette manière destructrice d’habiter la Terre, prendre soin de soi-même, de ses proches, redevenir maître de son temps. En somme, la destruction du monde nous impose de mettre en pratique d’autres façons de vivre ensemble et de se rapporter aux milieux vivants. L’idée n’étant pas de quitter une occupation nuisible pour une autre, mais d’œuvrer à :
Résister aux fausses solutions
Restaurer le monde naturel
Mettre fin aux destructions en cours
Médias indépendants, éducation populaire, désobéissance civile, jardins partagés, écovillages, hacktivisme, sabotage, réseaux d’entraide, ZAD, chantiers participatifs, collectifs autogérés, écriture de critiques sociales et politiques… Il existe une multitude d’imaginaires désirables et de manières de participer à leur construction, à nous de les renforcer !
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Portrait — Luttes
Mis à jour le 2 décembre 2024 à 16h29 - Durée de lecture : 7 minutes
Luttes Climat
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Eacop a marqué un tournant définitif. Sur les réseaux sociaux, il a découvert la campagne Desert’ Eacop, relayée notamment par l’activiste Camille Étienne, initiée par le collectif Vous n’êtes pas seuls (VNPS) qui regroupe des ingénieurs déserteurs
https://reporterre.net/Camille-Etienne-La-realite-est-la-et-elle-est-terrifiante
https://vous-netes-pas-seuls.org/
https://reporterre.net/La-desertion-germe-d-une-contre-societe
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Luttes - Mis à jour le 4 décembre 2024 à 09h39
Durée de lecture : 8 minutes
Luttes Politique Médias