Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, comment la stratégie énergétique du gouvernement et présente son étude sur les élus municipaux et la transition écologique.
Avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur français
"On a été beaucoup trop mous sur l'électrification des usages", déplore Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, sur France Inter, jeudi 12 février, alors que Sébastien Lecornu s'apprête à présenter la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) jusqu'à 2035. Cette stratégie énergétique acte justement une stagnation de la consommation électrique. Le gouvernement prévoit de lever le pied sur le déploiement des énergies éolienne terrestre et solaire, à côté d'une relance nucléaire accrue. "C'est essentiel d'avoir ce genre de document", souligne Jean-Marc Jancovici.
Avec la planification énergétique, "on ne joue qu'une seule fois", insiste le président du Shift Project. "Si la première fois, on s'est décidés pour des raisons non pertinentes, ce qui a été le cas quand on a décidé de supprimer 14 réacteurs, on se retrouve derrière avec une dette, un héritage qui devient compliqué à gérer", affirme-t-il. C'est donc "légitime", selon lui, que les discussions pour construire la PPE3 ait pris du temps.
"Décarbonation subie"
Pour Jean-Marc Jancovici, l'enjeu est "d'électrifier tous les usages" pour faire baisser la consommation en énergies fossiles, notamment de gaz russe. "L'Union européenne importe 97 % de son pétrole et 90 % de son gaz, ces chiffres étant respectivement de 99 et 100 % pour la France", rappelle l'ingénieur. Selon lui, l'Europe est déjà dans une forme de "décarbonation subie" en raison des baisses de ressources en énergies fossiles. "On est en train de réagir de façon beaucoup trop molle par rapport à la réalité physique qui est celle qui nous arrive dessus de manière croissante", assène-t-il.
À écouter
Le Haut conseil pour le climat dénonce des reculs "inquiétants" dans la lutte contre le changement climatique
L'info de France Inter
2 min
De son côté, le Rassemblement national propose de passer au 100% nucléaire. "C'est évident que là on est dans le slogan électoraliste, parce que les chefs de partis ont besoin de se différencier par rapport aux autres en promettant des choses, qu'elle soit réaliste ou pas", rétorque Jean-Marc Jancovici, rappelant que la France produit 350 térawattheures avec ses centrales nucléaires alors qu'elle a besoin de 2 100 térawattheures pour fonctionner.
87% des élus municipaux préoccupés par le changement climatique
Ces questions de transition énergétique sont souvent discutées au plus haut niveau de l'État, mais elles touchent aussi les élus locaux. Selon une étude du Shift Project présentée jeudi, 87% des maires ou des élus municipaux se disent préoccupés par le changement climatique et 69% en font une priorité du prochain mandat. Plus de 99% des répondants déclarent avoir perçu au moins un effet du changement climatique sur leur territoire, selon cette consultation menée par le groupe de réflexion auprès de maires et d'élus municipaux ou d'intercommunalités, de juin 2025 à janvier 2026.
Une étude qui vient contredire la sensation de "backlash" envers les enjeux environnementaux, en tout cas au niveau local. "Quand vous regardez la population dans son ensemble, il n'y a pas de backlash", insiste Jean-Marc Jancovici sur France Inter.
*Clés : Info Environnement Économie Développement durable Entreprises – Marchés Énergies – Ressources Énergie nucléaire Énergies renouvelables Jean-Marc Jancovici
L'équipe Benjamin Duhamel Journaliste français Matinale France Inter Florence Paracuellos Journaliste
Ndlr : il renvoie Marine Le Pen dans ses foyers / 100%nucléaire à la place des énergies fossiles, mais reste plus que jamais pro-nucléaire. Il concède que cela dépend de ce qu'on veut comme société. Il voit les maires comme des entrepreneurs !
Des victimes du délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein / Amélie de Montchalin ©AFP
Le 30 janvier, plus de 3 millions de documents concernant l'affaire Epstein ont été rendus publics. Qu'est-ce que cette affaire dit de nos démocraties ? La nomination d'Amélie de Montchalin à la cour des comptes suscite un tollé. Est-ce une nomination de trop ? A-t-on une république des copains ?
Avec
- Magali Lafourcade, magistrate, secrétaire générale de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme
- Étienne Peyrat, historien, directeur de Sciences Po Lille et maître de conférences en histoire
- Jean-Marc Daniel, économiste, professeur émérite à l'ESCP Business School
- Gérard Le Gall, analyste politique, ancien conseiller auprès de Lionel Jospin de 1997 à 2002, ancien responsable des études d’opinion au PS.
Archives diffusées
- Chuck Schumer, chef de la minorité au sénat le 19 novembre 2025 quand le Congrès américain a approuvé une proposition de loi visant à contraindre le gouvernement à rendre public son dossier sur le criminel sexuel Jeffrey Epstein https://www.youtube.PublicitéPublicitécom/watch?v=o-d3MsvoHGU
- Maud Bregeon le mardi 10 février lors des questions au gouvernement https://videos.assemblee-nationale.fr/video.18258229_698b7f02aab14.questions-au-gouvernement---mardi-10-fevrier-2026-10-fevrier-2026
À lire, à voir, à écouter : les recommandations de nos invités
- Jean-Marc Daniel nous recommande la lecture de " Gerard Mulliez. L'épopée du fondateur d'Auchan" de Margaux Mulliez aux éditions Grasset
- Gérard Le Gall souhaite avoir une pensée pour Ilan Halimi à l'occasion des 20 ans de sa mort
- Magali Lafourcade recommande le documentaire d'Arte "Tax Wars"
- Etienne Peyrat nous invite à aller au musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq avec une expostion Kandisky
Clés : Info Politique
L'équipe Astrid de Villaines, Journaliste et productrice de "L'Esprit public"
Anne-Claire Bazin, Collaboration Souad Boukhorssa, Réalisation et mise en onde
Tr.:* ... la compétence de nomination ...
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ENTRETIENS 🗣️
Questionné par la députée Caroline Yadan, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que Francesca Albanese devrait démissionner des Nations unies. En cause : une déclaration tronquée et attribuée à la rapporteuse spéciale pour les territoires palestiniens, reprise pas de nombreux soutiens de l’entreprise génocidaire menée par Tel-Aviv dans la bande de Gaza.
Francesca Albanese répond à ces accusations et à cette campagne de désinformation qui la vise, au micro de Vadim Kamenka.
00:00 Contexte
00:33 F. Albanese répond à C. Yadan et J-N. Barrot
5:52 Les attaques des députés et ministre contre Albanese
11:47 Va-t-elle porter plainte contre Jean-Noël Barrot ?
18:21 F. Albanese : une gène pour l'occupation israélienne
21:06 La faiblesse de l'europe face à Israël
27:14 Gaza : le génocide continue
Yamina Saheb dans le studio de la Terre au carré le 13 févier 2026 ©Radio France - JPVéret
Vendredi 13 février 2026 / La terre au carré
Instigatrice du terme de "sobriété" dans le rapport du GIEC en 2022, elle s'intéresse à cette notion d'abord de manière scientifique dans le cadre de ses études d'ingénieure, puis croise les disciplines et s'y intéresse de manière sociétale.
Yamina Saheb est née à Alger en 1971, issue d'une famille kabyle. Elle parle le kabyle, le français, l'arabe algérois et l'arabe classique et baigne dans un milieu multiculturel qui tient à son identité kabyle. Elle sort major de sa promotion de l'école militaire d'Alger.
Ce n'est qu'au début des années 2000 qu'elle arrive en France en menant de front deux diplômes, celui de l’EHESS en économie de développement et celui de l’École d’architecture de Paris la Villette en politiques paysagères.
Dès les années 2010, elle commence à mener une bataille pour faire apparaitre le terme de "sufficiency", soit "sobriété" en français, dans les rapports de l’Agence internationale de l’énergie et dans les rapports du centre de recherche de la Commission européenne.
Ce n'est donc pas anodin de proposer ce terme qui repose essentiellement sur l'idée de respecter les limites planétaires et de garantir des conditions de bien-être pour tous. Le cadre dans lequel s'applique cette sobriété doit passer par des politiques publiques pour permettre à chacun.e de respecter les limites planétaires.
Yamina Saheb organise en 2023 le premier sommet mondial sur la sobriété avec l’Australie et David Ness, professeur à l’Université de South Australia, dans lequel sont présents plus de 700 participants. Elle crée en 2024 le laboratoire mondial des sobriétés –World Sufficiency Lab pour répondre aux enjeux de sobriété qui passent par une nécessaire métamorphose de la société. Yamina Saheb rêve de voir advenir des agoras citoyennes de la sobriété partout en France.
Une victoire sémantique historique au GIEC
Lors des travaux préparatoires du sixième rapport du GIEC en 2022, Yamina Saheb a mené un combat pour faire reconnaître officiellement la notion de sobriété. "Le mot réapparaît à la dernière étape des négociations. Une victoire donc discrète mais décisive", explique-t-elle. Pour la première fois dans son histoire, le GIEC reconnaissait que la réponse climatique ne serait pas seulement technologique, mais impliquerait "une réorganisation volontaire de nos priorités collectives dans le domaine de l'énergie, du logement, de la mobilité ou du travail."
Cette bataille n'était pas sans opposition. Le mot est même devenu "l'un des plus contestés du texte" lors de la relecture par les gouvernements, et disparait même temporairement du résumé destiné aux décideurs. Yamina Saheb insiste : "La sobriété c'est une remise en question du système politico-économique tel qu'il est organisé." Elle critique d'ailleurs le fait que, malgré l'omniprésence du terme dans les documents officiels français comme la Stratégie nationale bas carbone (72 occurrences), il existe "une distance entre le fait de citer le mot et de prendre et faire des actes."
Repenser la consommation depuis ses racines
Pour Yamina Saheb, focaliser uniquement sur la consommation revient à traiter un symptôme plutôt que les causes profondes. "La consommation, c'est le résultat de l'organisation politico-économique du monde et de nos sociétés", explique-t-elle. Elle trace une généalogie du problème remontant à la crise de 1929 : "Au lieu de s'attaquer à la racine du problème de la crise, ils ont inventé le crédit à la consommation, ils ont encouragé la consommation."
Selon elle, ce modèle s'est ensuite étendu de l'Europe via le plan Marshall jusqu'au reste du monde par l'aide au développement. "Ce qu'on a mondialisé, c'est la consommation, c'est le modèle occidental-américain plutôt de la consommation", analyse-t-elle. Le résultat : "On se retrouve dans ce monde (...) ça ne va pas du tout avec les limites planétaires." La chercheuse en appelle donc à remettre en question le capitalisme lui-même, qui est "le problème "" et que cette remise en cause est aujourd'hui incontournable pour l'Europe face aux crises écologique, sociale et géopolitique.
Un parcours forgé par la résistance
Native d'Alger, Yamina Saheb a grandi dans "une Algérie plutôt progressiste" des années 1970, première génération de sa famille à être vaccinée et à avoir accès à l'éducation obligatoire. Son identité kabyle, langue que ses parents lui ont transmise malgré son interdiction constitutionnelle jusqu'en 2005, a façonné sa personnalité : "Apprendre à ses enfants à parler kabyle à Alger, c'était un acte de résistance."
Même son prénom porte cette histoire. Yamina, berbérisation du prénom arabe Amina, rend hommage à sa tante paternelle tuée pendant la guerre d'Algérie. "J'ai grandi dans un environnement où je savais qu'il fallait résister, et qu'en résistant, on gagne, on finit toujours, les causes justes finissent toujours par gagner", témoigne-t-elle. Cette conviction l'a accompagnée tout au long de son parcours, de l'école militaire d'ingénieur à Alger où elle était l'une des cinq filles sur 110 étudiants, jusqu'à ses travaux au GIEC.
"Politics is cool" : une approche résolument politique
Pour Yamina Saheb, la sobriété ne peut être qu'une démarche collective et politique. "La sobriété, c'est pas individuel, c'est du collectif", martèle-t-elle, portant lors de l'interview un sweatshirt où est inscrit "Politics is cool". Elle distingue d'ailleurs le terme anglais "politics" (le débat dans la cité) de "policy" (les instruments politiques) : "C'est d'abord politics et ensuite ça devient policy."
La chercheuse refuse l'idée de neutralité scientifique : "Si la science avait été neutre, on a eu des zoos humains (...) c'est des gens qui fuient leurs responsabilités." Elle dénonce également les scénarios du GIEC qu'elle qualifie de "colonialistes", car ils "font l'extension des inégalités, dont on a hérité, des inégalités coloniales" en projetant jusqu'à la fin du siècle une consommation énergétique africaine inférieure à celle des pays développés.
Son message est clair : "Avec les politiques actuelles, on s'achemine vers minimum autour de 3 degrés de réchauffement planétaire." Face à ce constat, elle appelle à un engagement citoyen quotidien à travers le Laboratoire mondial des sobriétés qu'elle dirige, qui lance notamment des outils éducatifs et des consortiums nationaux. "La démocratie, ce n'est pas juste mettre un bulletin de vote, c'est tous les jours qu'il faut qu'on se réapproprie notre citoyenneté."
Yamina Saheb est enseignante à Sciences Po, à PSIA (Paris School of International Affairs) et chercheure affiliée au LIEPP (Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques). Docteure en énergétique et diplômée de l’EHESS en économie de développement et de l’Ecole d’Architecture de Paris la Villette en politiques paysagères.
Clés : Environnement Biodiversité Écologie
tr.: ...
le consommateur souverain ... les pb de la crise de 1929 n'ont jamais été résolus ... l'ennemi, le modèle capitaliste ... les concepts néolibéraux reviennent le plus ... résumer, c'est un pouvoir ... rendre la sobriété mainstream ... / climat mini 3°C de réchauffement climatique soit 4°C pour la France ... habitabilité de la planète ... l'accord de Paris n'est pas ambitieux car pas du tout contraignant ... ça ne peut pas se faire sans la sobriété ... ne croit pas à l'auto-réforme des institutions comme le GIEC ... N'y est plus car ne plus partager d'informations avec les chercheurs français ... racisme institutionnel en bande organisée / 3 ministères de tutelle ... si la science était neutre on n'aurait pas eu des idées colonialistes ... la science est objective, réplicable mais pas neutre ... ça ne peut pas ... Efficacité, amélioration continue des techniques ... ya toujours des pertes, l'entropie ... >>conso énerg / sérieux ... /précarité énergétique ... augm de la part de la population qui fait face à des difficultés financières ... le prix de l'unité d'énergie est plus élevée quand on consomme peu ! ... scénario : /mobilité politiques d'efficacité ... le réseau élec ne pourrait pas si flotte 100% élec ... rapprocher les services essentiels des lieux de vie / l'urbanisme ... mobilité et logement pour la fr avec l'impact économique ... ramener toute la littérature à la surface ... de 250 millions de publications à 550 000 citant la sobriété ... consortium mondial de la sobriété ... on lance labo suisse ... c'est du collectif. Dans quelle société voulons-nous vivre ? Consortium des laboratoires de sobriété, on peut faire beaucoup ... la démocratie, c'est tous les jours, se réapproprier.
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Quelles sont les menaces que représente l’extrême droite pour nos droits et pour la planète ? Et pourquoi une organisation écologique comme Greenpeace se mobilise sur ce sujet ? Découvrez les réponse nos deux intervenant·es, lors d'un webinaire organisé le 3 février 2026 :
- Mathieu Molard, co-rédacteur en chef du media indépendant StreetPress
- Sarah Fayolle, chargée de campagne à Greenpeace France
Liens mentionnés :
- Inscription au webinaire du 12 février 2026 : https://www.greenpeace.fr/comment-parler-ecologie-politique-avec-ses-proches
connue / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?mIR9yg
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bloquer tout, l'écologie par la lutte des classes et pas par l'environnementalisme
10 955 ont signé (24 228 au 18/2)
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C’est la première fois de la Ve République qu’un·e ministre passe directement de Bercy à la Cour des comptes. Le risque de conflits d’intérêt est évident : à la tête de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin sera chargée de contrôler le budget 2026 qu’elle a elle-même contribué à élaborer. Mais aussi de certifier les comptes de l’État pour 2025 dont elle est également comptable.
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Cette nomination s’inscrit dans un contexte préoccupant de verrouillage des institutions indépendantes par vous et vos proches. Ainsi en 2023, Gilbert Cette, un de vos soutiens de la première heure, a été nommé à la tête du Conseil d’orientation des retraites (COR) pour remplacer Pierre-Louis Bras, qui avait remis en cause les discours alarmistes du gouvernement d’Élisabeth Borne sur la santé financière du régime de retraites.
En 2025, vous avez nommé Richard Ferrand, lui aussi un de vos fidèles, à la présidence du Conseil constitutionnel. Un poste qu’il devrait occuper jusqu’en 2034. Amélie de Montchalin est donc la troisième de vos proches à être nommée à la tête d’une institution indépendante au cœur du fonctionnement de l’État.
D’autres pourraient suivre puisque Emmanuel Moulin, actuel secrétaire général de l’Élysée, est pressenti pour remplacer François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France (jusqu’en 2032), et Marc Guillaume est annoncé pour la vice-présidence du Conseil d’État, poste qu’il occuperait jusqu’en 2036.
Le verrouillage de ces institutions, dont l’indépendance est une condition nécessaire au bon fonctionnement démocratique et au respect de l’État de droit, doit cesser.
Nous vous appelons à revenir sur la nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.
Notes
[1] « En nommant Amélie de Montchalin à sa tête, Macron torpille la Cour des comptes », Mediapart, 10 février 2026.
https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/100226/en-nommant-amelie-de-montchalin-sa-tete-macron-torpille-la-cour-des-comptes
Article de revue Par Marwa El Boujemi - Pages 147 à 158 - Date de mise en ligne : 27/04/2016
Mots-clés éditeurs : Conflit israélo-arabe, Guerre civile, Guerre par procuration, Liban, Proche-Orient
Le 12 novembre 2015, Beyrouth connaît son attentat le plus meurtrier depuis 1990 [1]. Ce dernier, revendiqué par l’État Islamique (E.I.) et perpétré par des Libanais, laisse à nouveau planer la menace d’un déchirement civil au pays du Cèdre. En effet, avec la guerre civile syrienne, la faillite de l’Irak, l’« Intifada des couteaux » en Israël, et les attaques djihadistes aux frontières nord du Liban, tous les ingrédients sont réunis pour que le Liban s’engouffre dans une nouvelle spirale de violence.
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pays d’un impensé quant à la définition des frontières, doit ses délimitations actuelles aux accords Sykes-Picot signés pendant la Première Guerre mondiale ... une « création française » ... largement inspirée de la Constitution française de la iiie République, instaurant le confessionnalisme ... forme de laïcité inclusive ... . Ainsi, la France a réussi à installer en Orient un État majoritairement chrétien et donc, par la même occasion, à empêcher la création d’une Grande Syrie majoritairement musulmane [4]. Le 22 novembre 1943 le Liban accède à l’indépendance et devient la République libanaise. Mais l’après-guerre voit aussi la création d’un nouvel État dans la région en 1948 : Israël. La plupart des pays arabes de la région le considèrent comme un État illégitime et lui déclarent la guerre. C’est le début officiel du conflit israélo-arabe qui va continuellement déstabiliser la région
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la guerre se définit avant tout par le rapport de force entre deux unités politiques
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de l’alliance à l’hostilité en passant par la neutralité
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la guerre interne, la guerre civile est suicidaire car justement elle provoque la mort de l’unité politique.
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des sources provenant du ministère des Affaires étrangères ainsi que du Service Historique de la Défense pour lesquelles nous avons eu la chance de bénéficier de la déclassification de deux cartons d’archives
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il existe une historiographie française sur la guerre civile comme en attestent l’ouvrage de Nadine Picaudou, La déchirure libanaise [6] ou bien encore celui d’Ahmad Beydoun, Itinéraires dans une guerre incivile [7]. Il s’agira de voir au cours de l’article si la guerre libanaise correspond à la définition d’une guerre civile, c’est-à-dire une guerre interne à l’unité politique. Nous verrons aussi qu’elle est intrinsèquement liée aux ambitions de son voisin syrien. Enfin, nous nous demanderons si la guerre libanaise n’est pas, simplement, le prolongement d’un conflit israélo-arabe, c'est-à-dire une guerre par procuration – se définissant comme un conflit où deux pouvoirs s’affrontent, mais indirectement, en soutenant financièrement ou matériellement d’autres puissances ou groupes militaires qui sont eux en conflit direct sur le terrain.
La guerre civile : 1975-1976
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une guerre proxy ... une guerre où deux pouvoirs s’affrontent, mais indirectement, en soutenant financièrement ou matériellement d’autres puissances ou groupes militaires qui sont eux en conflit direct sur le terrain. Dans notre cas, nous savons qu’Israël a aussi bien soutenu militairement les partis nationalistes-conservateurs que les Phalanges ou l’Armée du Liban Sud (ALS), milice de Saad Haddad, ancien général chrétien de l’armée libanaise [19]. Ce soutien prend la forme de fournitures d’armes ou bien de formation militaire (notamment pour la milice Haddad). En soutenant les partis conservateurs, Israël entend bien neutraliser la résistance palestinienne au Liban tandis que les États arabes, Syrie en tête, utilisent les milices progressistes de gauche pour contrarier la stratégie israélienne. Bien évidemment, il est en pratique impossible d’obtenir une guerre par procuration pure car chaque groupe se bat pour ses propres intérêts, même s’ils sont soutenus par une puissance tierce.
Finalement, la guerre par procuration n’a pas duré longtemps. Israël décide d’entrer très concrètement dans le conflit libanais le 15 mars 1978 avec l’opération Litani. Celle-ci a pour objectif de protéger sa frontière nord en faisant reculer la résistance palestinienne au nord du fleuve Litani. Avec l’aide de l’ALS, Tsahal contrôle en six jours le Sud-Liban sans pour autant parvenir à faire cesser les attaques palestiniennes. Cette intervention, condamnée par la communauté internationale, provoque l’envoi d’une force d’interposition : la Force Intérimaire des Nations Unies pour le Liban (FINUL [20]). Forte d’un très important contingent français, sa mission est de remplacer les forces israéliennes stationnées au Sud-Liban afin de séparer les belligérants et rétablir la sécurité dans la région. La volonté israélienne d’annihiler la résistance palestinienne au Liban est la preuve que la guerre libanaise est également un prolongement du conflit israélo-arabe.
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phénomène guerrier complexe où s’imbriquent et s’articulent plusieurs combats, plusieurs conflits et de nombreux intérêts qui convergent et divergent. C’est peut-être là que réside la difficulté pour l’historiographie libanaise qui a bien du mal à écrire son histoire, au risque d’empêcher toute réconciliation nationale à l’avenir.
Connu / TG le 10/02/26 à 18:29
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https://bonpote.com/exclusif-comment-le-senateur-duplomb-a-touche-plus-dun-million-deuros-de-subventions/
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On a du mal à se représenter, en Occident, l'immense popularité dont jouissent les poètes en Orient. Du Moyen-Orient à l'Afrique du Nord, non seulement on lit plus de poèmes que de romans, mais aussi on considère la poésie comme un art vivant et devant être déclamé sur scène par les auteurs.
Lorsque Mahmoud Darwich donne un récital poétique au Caire, à Beyrouth ou à Alger (mais aussi à Paris ou à Londres), des foules considérables viennent scander ses vers avec lui. Il arrive même (ce fut le cas récemment à Casablanca) que la voix du poète doive être retransmise par haut-parleurs dans les rues avoisinantes pour satisfaire l'ardeur des amateurs.
Notre ambition est que ce film réussisse à faire comprendre cette ferveur populaire, à faire partager l'émotion née des mots et du rythme inimitable de Darwich, tout en permettant au spectateur d'appréhender son œuvre dans sa globalité, dans son contexte historique et culturel.
Documentaire : Mahmoud Darwich : et la terre, comme la langue
Direction : Simone Bitton
Production : Point du Jour
#documentaire #documentairegratuit #portrait #biographies #mahmouddarwich #palestine #poésie
Tr.: ...
Le curé venait, il s'installait avec le grand-père de Mahmoud. Ils jouaient aux dames et aux cartes. Chrétiens et musulmans étaient comme des frères. Tout comme les juifs d'Ein Hamifratz et de Kfar Massarik. Mais à la fin, ils nous ont trompés, trahis, chassés.
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Le parti communiste est le seul mouvement qui défend des droits ... Deux vers contradictoires
"Ma patrie n'est pas une valise et je ne suis pas un voyageur."
... Cette valise a dialogué avec elle-même et a dit "Ma patrie est une valise."
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exilé ... J'ai commencé par me sentir exilé chez moi.
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Le gouverneur militaire qui m'a puni pour avoir écrit de la poésie était juif.
La maîtresse qui m'appris l'hébreu et révélé mon amour de la littérature était juive.
Le professeur d'anglais - et il était dur - était juif.
La juge qui m'a condamné la première fois était juive.
Ma première amante était juive.
Mon voisin était juif.
Mes camarades politiques étaient juifs.
Aussi n'ai-je jamais eu une vision monolithique et stéréotypée des juifs.
C'est pourquoi l'aptitude à cohabiter est présent en moi, psychologiquement et culturellement. Mais le problème est politique.
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1971, ouverture ... Égypte ... pays entièrement arabe ... Beyrouth ... guerre civile ... 195 à 1983 ... le fascisme ... obsédé par l'écriture du texte disparu ... Paris ... resté en marge ... inconnu ... 1997 ... une responsabilité libre ... plaisir à dominer le moule poétique arabe ... Amman ... "Une mémoire pour l'oubli" ... devenu solitaire ... 1987 ... 1993 texte d'adieu au dernier exil ... Ramallah, autonomie palestinienne ... exil ... revue littéraire ... réserves, tendu, exilé ... la nature modeste ... autonomie sous bouclage, image réduite de colonie ... 1996 en Galilée 5 jours ... la poésie est un jeu ... Mer Morte, Jordanie ...
322 k abonnés - 6,4k+ - 105 782 vues - 2 324 commentaires
Les électeurs du RN ne sont pas cons : ils sont fatalistes. Et ça change tout...
Je dresse un panorama des raisons qui poussent à voter pour le Rassemblement National et ce que ça implique comme stratégie politique.
🔥A voir et à lire :
▶ Les économistes Elvire Guillaud et Mathilde Viennot ont calculé les conséquences du programme du NFP sur le niveau de vie des Français. Résultat : 80 % de la population verrait son niveau de vie augmenter et les inégalités seraient fortement réduites. https://www.alternatives-economiques.fr/nouveau-front-populaire-ponctionne-tres-riches-redistribuer-aux-cla/00111574&v=dmiwYCbGifA
▶ Le sociologue Félicien Faury chez Blast : • DISSOLUTION : "QUAND L'EXTRÊME DROITE ARRIVE
https://www.youtube.com/watch?v=MI6EocI3VVc
▶ L'auteur Edouard Louis chez Blast : • « LE MACRONISME EST LA CAUSE, ET L’EXTRÊME...
https://www.youtube.com/watch?v=Wu9vCDr019Q
Et tout ce qui suit :
https://basta.media/Benoit-Coquard-dans-les-milieux-vote-RN-la-gauche-est-invisible
• Préférence nationale : comment cette idée ...
https://www.youtube.com/watch?v=ReMbf2vRhHU
Comment la vidéo a été créée
Doublé automatiquement
Les pistes audio de certaines langues ont été générées automatiquement.
Plus le nombre d’entreprises augmente, plus l’impact environnemental sera fort. 💪
...
Connu / https://bsky.app/profile/climatmedias.bsky.social/post/3meijts6l2s2m
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Plus de Climat dans les Médias @climatmedias.bsky.social · 7 h
Nous sommes agréés par 1% for The Planet
Qu’est-ce que cela signifie ? 🤔
Nous faisons désormais partie d’un collectif rassemblant plus de 700 associations engagées dans les causes environnementales et plus de 1200 entreprises françaises reversant 1% de leur chiffre d’affaires annuel.
09:22 · 10 févr. 2026 - 3 ont aimé
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• 35 vues
Selon un sondage BFM, 77 % des Français estiment aujourd’hui que le travail ne paie plus. Quatre sur dix jugent que travailler davantage ne permet pas de gagner plus, et 46 % considèrent que les gains supplémentaires sont marginaux, sans réel impact sur le niveau de vie. Un constat massif, qui fait écho à une réalité économique bien tangible. Pour certains courants libéraux, l’explication serait toute trouvée : l’écart entre le brut et le net, les cotisations sociales, le « poids » du modèle social. Mais ce raisonnement occulte l’essentiel. Depuis trente ans, le SMIC a à peine doublé, quand la fortune des plus riches a été multipliée par quatorze. Dans le même temps, rente, héritage et dividendes rapportent bien plus que le travail. Les chiffres sont éloquents. En 2023, les entreprises du CAC 40 ont dégagé 153,6 milliards d’euros de bénéfices, dont près de 98 milliards ont été distribués aux actionnaires via dividendes et rachats d’actions. La part des salaires dans la valeur ajoutée recule, passant de 61 % à 51 % dans les plus grandes entreprises. Entre 2011 et 2021, les rémunérations des PDG ont bondi de 66 %, contre 21 % pour les salariés et 14 % pour les smicards. Le problème n’est donc pas que le travail coûte trop cher, mais qu’il ne paie plus, car la richesse produite est de plus en plus accaparée. Les Français, eux, ne sont pas dupes.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !
Sondage à retrouver ici : https://elabe.fr/travail-paie-t-il/
Visibilité Publique
Publié originellement 09/02/2026
CatégorieInconnu LicenceAttribution - Utilisation non commerciale - Pas d’œuvre dérivée - Langue Français Étiquettes - Durée 20min 52sec
Commentaires désactivés
Connu / TG le 09/02/26 à 18:02
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Un communiqué de presse de notre part pour dénoncer le projet de PPE (Programmation Pluriannuelle de l'Energie) qui va être signé par le gouvernement cette semaine. Et nous soutenons également les salarié·es du secteur des ENR qui vont manifester demain (notamment à Paris et Montpellier) pour alerter sur les risques pour l'emploi en cas de réduction des ambitions de l'Etat sur le développement des ENR.
Energie : les ENR méritent mieux que des miettes de la PPE
Alors que les salariés et salariées des filières se mobilisent demain pour la survie de leurs emplois, à l’appel de plus de 40 CSE d’entreprises du secteur [1], Greenpeace France dénonce la politique désastreuse d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs sur les énergies renouvelables dont la publication prochaine de la programmation pluriannuelle de l’énergie […]
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Les voix qui s’opposent au président américain se font de plus en plus entendre aux États-Unis, à l’image de celles des anciens présidents démocrates Bill Clinton et Barack Obama. La popularité de Donald Trump est, elle aussi, sur la pente descendante avec une côte à 40% dans les sondages.
On en débat avec Ellen Kountz, professeure à l'INSEEC Paris, Marc Weitzmann, écrivain et journaliste, et Elisa Chelle, politologue, spécialiste des États-Unis.
28 minutes est le magazine d’actualité d’ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi, à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi.
Tr.: ... trop loin sur l'immigration, loyers de plus en plus chers, crise de l'accession à la propriété, taux d'intérêts qui augmentent ... désaccord sur les faits ... pas de CNI aux USA ... il nationalise les enjeux mais pas les élections ... ya pas de code électoral ... Epstein, noyer le poisson.
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