Manifestation contre les coupes budgétaires à l'université, mouvement "Stand up for science", université St Paul dans le Minnesota.
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Publié le mardi 15 septembre 2026 à 14:58 (Première diffusion le mardi 24 mars 2026 à 14:00)
France Culture
55 min restantes
De cause à effets, le magazine de l'environnement
Par Aurélie Luneau
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Comment la science est-elle devenue une cible politique ? Les auteurs de l'essai "Le moment orwellien" reviennent sur le rôle essentiel des sciences dans les démocraties. Comment comprendre cette séquence orwellienne que nous traversons et les attaques actuelles contre les savoirs scientifiques ?
Avec
- Olivier Berné Chercheur CNRS en astrophysique à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) et co-fondateur du Collectif Labos 1point5
- Valérie Masson-Delmotte Climatologue, membre du Haut conseil pour le climat et responsable du centre climat-société à l’Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Dans un contexte de montée de l’autoritarisme et d’affaiblissement de la démocratie, des coups sont portés aux faits scientifiques, à certains lieux de savoirs et centres de recherche, sans parler de la liberté académique de plus en plus remise en cause. Comment lire et analyser les attaques faites à la science à travers le livre 1984 de George Orwell.
La science face aux nouveaux obscurantismes
Comment les faits scientifiques sont-ils aujourd'hui contestés et instrumentalisés ? Alors que paraît Le moment orwellien : la science face aux nouveaux obscurantismes aux éditions du Seuil, les invités expliquent les mécanismes de remise en cause des faits scientifiques et des libertés académiques, en écho au roman 1984 de l'écrivain visionnaire George Orwell.
À écouter
"1984" (Mil neuf cent quatre-vingt-quatre) de George Orwell
Olivier Berné rappelle le contexte de la montée d'un mouvement de désinformation : "Il y a cette instrumentalisation de la peur en fabriquant des contre-vérités, qui est beaucoup utilisée par les régimes illibéraux et cette manière de se détacher des faits et du réel, et déjà on voit poindre George Orwell."
Puis Valérie Masson-Delmotte analyse le déni climatique comme une stratégie politique dont l'objectif est le démantèlement du cadre réglementaire. Elle interroge les enjeux de la régulation publique. Il est ensuite question de l'impact de cette attaque contre la science sur le débat démocratique dans nos sociétés contemporaines.
À écouter
La science sous pression politique
Signes des temps
France Culture
42 min
Bibliographie
- Olivier Berné, Emmanuelle Perez Tisserant, Tamara Ben Ari, Le moment orwellien : la science face aux nouveaux obscurantismes, Seuil, 2026
- Jean-Jacques Rosat, L'esprit du totalitarisme : George Orwell et 1984 face au XXIe siècle, Hors-d'atteinte, coll. Littératures, 2025
- François Rothen, Les combats de la science : racisme, créationnisme, spécisme, pensée magique ... : 500 de lutte contre l'obscurantisme, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2022
- Etienne Klein, Le goût du vrai : et la force du faux ?, Gallimard, coll. Tracts, n°17, 2025
À écouter
Big Brother, cet inconnu
Signes des temps
France Culture
44 min
Références Climato-scepticisme Fake news – Infox – Désinformation Enseignement Universités Donald Trump Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) Environnement Info Sciences et Savoirs Sciences
Yamina Saheb dans le studio de la Terre au carré le 13 févier 2026 ©Radio France - JPVéret
Vendredi 13 février 2026 / La terre au carré
Instigatrice du terme de "sobriété" dans le rapport du GIEC en 2022, elle s'intéresse à cette notion d'abord de manière scientifique dans le cadre de ses études d'ingénieure, puis croise les disciplines et s'y intéresse de manière sociétale.
Yamina Saheb est née à Alger en 1971, issue d'une famille kabyle. Elle parle le kabyle, le français, l'arabe algérois et l'arabe classique et baigne dans un milieu multiculturel qui tient à son identité kabyle. Elle sort major de sa promotion de l'école militaire d'Alger.
Ce n'est qu'au début des années 2000 qu'elle arrive en France en menant de front deux diplômes, celui de l’EHESS en économie de développement et celui de l’École d’architecture de Paris la Villette en politiques paysagères.
Dès les années 2010, elle commence à mener une bataille pour faire apparaitre le terme de "sufficiency", soit "sobriété" en français, dans les rapports de l’Agence internationale de l’énergie et dans les rapports du centre de recherche de la Commission européenne.
Ce n'est donc pas anodin de proposer ce terme qui repose essentiellement sur l'idée de respecter les limites planétaires et de garantir des conditions de bien-être pour tous. Le cadre dans lequel s'applique cette sobriété doit passer par des politiques publiques pour permettre à chacun.e de respecter les limites planétaires.
Yamina Saheb organise en 2023 le premier sommet mondial sur la sobriété avec l’Australie et David Ness, professeur à l’Université de South Australia, dans lequel sont présents plus de 700 participants. Elle crée en 2024 le laboratoire mondial des sobriétés –World Sufficiency Lab pour répondre aux enjeux de sobriété qui passent par une nécessaire métamorphose de la société. Yamina Saheb rêve de voir advenir des agoras citoyennes de la sobriété partout en France.
Une victoire sémantique historique au GIEC
Lors des travaux préparatoires du sixième rapport du GIEC en 2022, Yamina Saheb a mené un combat pour faire reconnaître officiellement la notion de sobriété. "Le mot réapparaît à la dernière étape des négociations. Une victoire donc discrète mais décisive", explique-t-elle. Pour la première fois dans son histoire, le GIEC reconnaissait que la réponse climatique ne serait pas seulement technologique, mais impliquerait "une réorganisation volontaire de nos priorités collectives dans le domaine de l'énergie, du logement, de la mobilité ou du travail."
Cette bataille n'était pas sans opposition. Le mot est même devenu "l'un des plus contestés du texte" lors de la relecture par les gouvernements, et disparait même temporairement du résumé destiné aux décideurs. Yamina Saheb insiste : "La sobriété c'est une remise en question du système politico-économique tel qu'il est organisé." Elle critique d'ailleurs le fait que, malgré l'omniprésence du terme dans les documents officiels français comme la Stratégie nationale bas carbone (72 occurrences), il existe "une distance entre le fait de citer le mot et de prendre et faire des actes."
Repenser la consommation depuis ses racines
Pour Yamina Saheb, focaliser uniquement sur la consommation revient à traiter un symptôme plutôt que les causes profondes. "La consommation, c'est le résultat de l'organisation politico-économique du monde et de nos sociétés", explique-t-elle. Elle trace une généalogie du problème remontant à la crise de 1929 : "Au lieu de s'attaquer à la racine du problème de la crise, ils ont inventé le crédit à la consommation, ils ont encouragé la consommation."
Selon elle, ce modèle s'est ensuite étendu de l'Europe via le plan Marshall jusqu'au reste du monde par l'aide au développement. "Ce qu'on a mondialisé, c'est la consommation, c'est le modèle occidental-américain plutôt de la consommation", analyse-t-elle. Le résultat : "On se retrouve dans ce monde (...) ça ne va pas du tout avec les limites planétaires." La chercheuse en appelle donc à remettre en question le capitalisme lui-même, qui est "le problème "" et que cette remise en cause est aujourd'hui incontournable pour l'Europe face aux crises écologique, sociale et géopolitique.
Un parcours forgé par la résistance
Native d'Alger, Yamina Saheb a grandi dans "une Algérie plutôt progressiste" des années 1970, première génération de sa famille à être vaccinée et à avoir accès à l'éducation obligatoire. Son identité kabyle, langue que ses parents lui ont transmise malgré son interdiction constitutionnelle jusqu'en 2005, a façonné sa personnalité : "Apprendre à ses enfants à parler kabyle à Alger, c'était un acte de résistance."
Même son prénom porte cette histoire. Yamina, berbérisation du prénom arabe Amina, rend hommage à sa tante paternelle tuée pendant la guerre d'Algérie. "J'ai grandi dans un environnement où je savais qu'il fallait résister, et qu'en résistant, on gagne, on finit toujours, les causes justes finissent toujours par gagner", témoigne-t-elle. Cette conviction l'a accompagnée tout au long de son parcours, de l'école militaire d'ingénieur à Alger où elle était l'une des cinq filles sur 110 étudiants, jusqu'à ses travaux au GIEC.
"Politics is cool" : une approche résolument politique
Pour Yamina Saheb, la sobriété ne peut être qu'une démarche collective et politique. "La sobriété, c'est pas individuel, c'est du collectif", martèle-t-elle, portant lors de l'interview un sweatshirt où est inscrit "Politics is cool". Elle distingue d'ailleurs le terme anglais "politics" (le débat dans la cité) de "policy" (les instruments politiques) : "C'est d'abord politics et ensuite ça devient policy."
La chercheuse refuse l'idée de neutralité scientifique : "Si la science avait été neutre, on a eu des zoos humains (...) c'est des gens qui fuient leurs responsabilités." Elle dénonce également les scénarios du GIEC qu'elle qualifie de "colonialistes", car ils "font l'extension des inégalités, dont on a hérité, des inégalités coloniales" en projetant jusqu'à la fin du siècle une consommation énergétique africaine inférieure à celle des pays développés.
Son message est clair : "Avec les politiques actuelles, on s'achemine vers minimum autour de 3 degrés de réchauffement planétaire." Face à ce constat, elle appelle à un engagement citoyen quotidien à travers le Laboratoire mondial des sobriétés qu'elle dirige, qui lance notamment des outils éducatifs et des consortiums nationaux. "La démocratie, ce n'est pas juste mettre un bulletin de vote, c'est tous les jours qu'il faut qu'on se réapproprie notre citoyenneté."
Yamina Saheb est enseignante à Sciences Po, à PSIA (Paris School of International Affairs) et chercheure affiliée au LIEPP (Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques). Docteure en énergétique et diplômée de l’EHESS en économie de développement et de l’Ecole d’Architecture de Paris la Villette en politiques paysagères.
Clés : Environnement Biodiversité Écologie
tr.: ...
le consommateur souverain ... les pb de la crise de 1929 n'ont jamais été résolus ... l'ennemi, le modèle capitaliste ... les concepts néolibéraux reviennent le plus ... résumer, c'est un pouvoir ... rendre la sobriété mainstream ... / climat mini 3°C de réchauffement climatique soit 4°C pour la France ... habitabilité de la planète ... l'accord de Paris n'est pas ambitieux car pas du tout contraignant ... ça ne peut pas se faire sans la sobriété ... ne croit pas à l'auto-réforme des institutions comme le GIEC ... N'y est plus car ne plus partager d'informations avec les chercheurs français ... racisme institutionnel en bande organisée / 3 ministères de tutelle ... si la science était neutre on n'aurait pas eu des idées colonialistes ... la science est objective, réplicable mais pas neutre ... ça ne peut pas ... Efficacité, amélioration continue des techniques ... ya toujours des pertes, l'entropie ... >>conso énerg / sérieux ... /précarité énergétique ... augm de la part de la population qui fait face à des difficultés financières ... le prix de l'unité d'énergie est plus élevée quand on consomme peu ! ... scénario : /mobilité politiques d'efficacité ... le réseau élec ne pourrait pas si flotte 100% élec ... rapprocher les services essentiels des lieux de vie / l'urbanisme ... mobilité et logement pour la fr avec l'impact économique ... ramener toute la littérature à la surface ... de 250 millions de publications à 550 000 citant la sobriété ... consortium mondial de la sobriété ... on lance labo suisse ... c'est du collectif. Dans quelle société voulons-nous vivre ? Consortium des laboratoires de sobriété, on peut faire beaucoup ... la démocratie, c'est tous les jours, se réapproprier.
à l'Académie du Climat (Paris 4e).
Cette année le fil rouge de cette journée sera « Soigner sans céder : la solidarité comme force, la résistance comme horizon ».
... libre d'accès ...
Participation en ligne à distance
2 conférences de 9h à 12h45
Gratuit
Par Michel Saby et Valérie BENOIT MESNARD
Clés : doute méthodique, éthique de la médiaiton, gouvernance des données, IA et droit notarial, médiation et IA, responsabilité du médiateur
Entre promesse technologique et crainte de déshumanisation, l’IA s’invite désormais dans l’univers de la médiation. Outil d’aide à la structuration ou faux tiers neutre, elle interroge la posture même du médiateur. La question n’est plus de savoir si elle sera utilisée, mais comment encadrer ses usages pour renforcer le doute méthodique et préserver la qualité du lien et sa pérennité.
L’IA peut-elle aider à cultiver un doute méthodique et à soutenir le lien en médiation, sans empiéter sur la responsabilité du médiateur ni sur la sécurité qu’apporte le droit ? La médiation n’est pas qu’une technique : c’est une manière d’être. Jean-François Six le rappelait : « on ne fait pas de la médiation, on est médiateur ». Le droit fixe un cadre de certitude ; la médiation ouvre un espace de « peut-être » fécond où l’on cherche, avec méthode, ce qui peut être accepté par tous. Entre ces deux pôles, l’IA n’est ni un tiers neutre ni un arbitre, mais un assistant. Elle aide à structurer les informations, à reformuler, à expliciter des familles de critères et à mettre en forme des documents. Elle n’a pas d’intention ni de « regard » ; elle outille une délibération qui demeure humaine. D’où une vigilance nécessaire face aux biais, aux hallucinations et à la difficulté de saisir les non-dits contextuels. « Le doute est un mol oreiller pour une tête bien faite » : il s’agit de douter avec méthode pour mieux décider, non de s’abandonner à l’incertitude.
L’ IA passerelle avec le droit notarial
L’IA a des réponses sur tout mais l’IA a- t- elle réponse à tout ? Ce que le notaire ne peut pas dénouer la médiation peut l’amorcer . La grande majorité des cas de médiation sont liés à la famille et de ce fait au droit concernant cette dernière. Le droit apporte la norme et la sécurité ; la médiation crée l’espace relationnel où se négocient les significations et les engagements. L’IA, si elle est bien cadrée, clarifie sans se substituer. Elle apporte une capacité de synthèse et d’ordonnancement utile lorsque les pièces sont nombreuses, les perceptions divergentes et les termes ambigus. Parler d’outil, plutôt que d’une « IA qui prend parti », évite l’anthropomorphisme et rend claires les responsabilités : la décision est humaine ; la qualité de la relation demeure l’affaire du médiateur ; la sécurité reste bornée par le droit et l’expertise du notaire.
Ce que l’IA change
L’apport réel se joue d’abord en amont : synthétiser les documents, harmoniser le vocabulaire, faire apparaître convergences et divergences, préparer des questions ouvertes et une trame de maïeutique qui aideront à faire émerger les enjeux implicites. Pendant la médiation, uniquement avec le consentement explicite des parties, l’IA peut servir d’appui ponctuel pour reformuler une proposition, vérifier la cohérence d’options et éclairer les compromis possibles, sans présumer du choix. Après la séance, elle facilite la mise en forme d’éléments de langage communs, la rédaction d’un projet d’accord et d’un plan de suivi, qui restent soumis à relecture juridique et validation des parties. Nulle « IA en direct » sans accord préalable, aucune capture de données sensibles hors du cadre consenti, et jamais de substitution au médiateur : ces bornes sont constitutives de la confiance.
Souffrance éthique et évaluation
La « souffrance éthique » décrite par Christophe Dejours naît du décalage entre le travail prescrit, le travail réel et ce que la personne estime juste de faire. Quand les critères d’évaluation sont flous ou unilatéraux, les conflits s’enkystent. Ici, l’IA aide à mettre à plat des familles de critères : clarté et définition, équité de répartition, faisabilité au regard des moyens et du temps, traçabilité des preuves, soutenabilité pour éviter les effets pervers; puis à distinguer ce qui est objectivable de ce qui relève d’un jugement conjoint. Elle ne définit pas « les bons critères » et ne décide pas ; elle rend le désaccord plus intelligible et réduit l’arbitraire perçu. Dans une entreprise de service, par exemple, une cheffe d’équipe conteste une évaluation jugée « insuffisante ». Utilisée en amont, l’IA aide à lister et préciser les critères pertinents (qualité perçue, montée en compétences, stabilité d’équipe, délais, incidents). Le médiateur s’appuie ensuite sur cette grille pour structurer l’échange et faire émerger un accord sur quelques critères partagés, un calendrier de mesure et un rendez-vous d’ajustement. Ce n’est pas « la décision de l’IA », mais une décision humaine, mieux informée.
La posture professionnelle
La présence ne se délègue pas. La congruence, au sens de Carl Rogers (cohérence entre ce que l’on ressent, pense et exprime), demeure le socle de la confiance. La non-immédiateté chère à Peter Fenner (suspendre le réflexe de réponse pour laisser la compréhension émerger) protège la qualité du lien. Correctement encadrée, l’IA libère de la bande passante cognitive en prenant en charge la technique (synthèses, vérifications, mise en forme) pour que le médiateur reste centré sur l’écoute et la relation. La clarté des rôles évite les glissements : l’outil structure et documente, le médiateur conduit et garantit l’éthique, le droit borne et sécurise.
Garde-fous et conformité
Toute utilisation de l’IA en médiation suppose un consentement explicite des parties, la minimisation et l’anonymisation des données, l’assurance qu’aucune information sensible ne sera réentraînée dans des modèles publics, une traçabilité effective des contenus soumis et générés, un contrôle humain systématique et le respect du RGPD ainsi que de l’AI Act, qui introduit une logique de risques, de transparence et de gouvernance des données. Ce cadre n’est pas un supplément d’âme ; il conditionne la légitimité de l’outil et protège la relation.
Douter ensemble, décider mieux et durablement
Le triptyque droit – médiation – IA n’est pas un jeu à somme nulle. Le droit protège, la médiation relie, l’IA clarifie et a un rôle prépondérant dans la pérennité du lien qui a besoin d’une mémoire objective Le doute, loin d’affaiblir la décision, la renforce lorsqu’il est méthodique et partagé. Utilisée pour ce qu’elle sait faire (structurer, reformuler, expliciter) et dans un cadre consenti, traçable et conforme, l’IA aide des personnes à mieux se comprendre… donc à mieux s’accorder par une qualité du lien cultivé de souvenirs factuels.
- Dejours, C. (1998). Souffrance en France : La banalisation de l’injustice sociale. Paris : Seuil.
- Fenner, P. (2007). Radiant Mind: Awakening Unconditioned Awareness. Boulder, CO : Sounds True.
- Montaigne, M. (2007). Les Essais(éd. établie d’après l’« Exemplaire de Bordeaux »). Paris : Gallimard. (Œuvre originale publiée en 1580.)
- Rogers, C. R. (1998). Le développement de la personne(trad. fr.). Paris : InterÉditions. (Œuvre originale publiée en 1961.)
- Six, J.-F. (1990). Le temps des médiateurs. Paris : Seuil.
- Six, J.-F. (1995). Dynamique de la médiation. Paris : Desclée de Brouwer.
- Union européenne. (2016). Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 (RGPD). Journal officiel de l’Union européenne.
- Union européenne. (2024). Règlement (UE) 2024/1689 établissant des règles harmonisées en matière d’intelligence artificielle (AI Act). Journal officiel de l’Union européenne.
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Connu / https://fr.linkedin.com/posts/management-datascience_comment-lia-transforme-t-elle-la-m%C3%A9diation-activity-7402634329836920832-mKdX
connu / https://michelsaby.wordpress.com/2026/01/02/comment-lia-transforme-t-elle-la-pratique-de-la-mediation-2/
Ndlr : /"la médiation ouvre un espace de « peut-être » fécond où l’on cherche, avec méthode, ce qui peut être accepté par tous" : pas d'accord sur la 2ème partie de cette phrase. Ce qui peut être accepté par tous fait penser à de la négociation, à la recherche du consensus. C'est confirmé par "la médiation crée l’espace relationnel où se négocient les significations et les engagements".
Le philosophe François Jullien** a prouvé à quel point le compossible est plus fertile en médiation que le compromis qui reste dans les rapports de force. C'est certes plus exigent mais tellement plus fécond. Et cela justifie pleinement le recours à la médiation.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-heure-philo/l-heure-philo-du-vendredi-09-janvier-2026-2723899
transcrite à https://tools.immae.eu/Shaarli/mediationpourtous?fo9u2A
Dans un essai dessiné, Blanche Sabbah analyse la progression des idées réactionnaires dans les médias. Loin de souscrire à la thèse de la fatalité, l’autrice invite la gauche à réinvestir le champ des idées.
Salomé Dionisi • 10 septembre 2025 abonné·es
Article paru
dans l’hebdo N° 1879
© Blanche Sabbah
La Bataille culturelle, Blanche Sabbah, Casterman, 160 pages, 12 euros.
Et si les combats d’idées se gagnaient tant sur le fond que sur la forme ? C’est le pari formulé par Blanche Sabbah dans un nouvel essai dessiné, dans lequel elle s’attaque à la « bataille culturelle », c’est-à-dire la capacité d’un groupe politique à imposer ses idées dans le débat public.
Première désillusion : si l’extrême droite parvient à dicter l’agenda médiatique, c’est avant tout parce que les faits ne suffisent plus. L’autrice fait ici le constat – déjà longuement analysé outre-Atlantique depuis la première élection de Donald Trump – d’un avènement des fake news, du complotisme et du climatoscepticisme décomplexés. Y compris dans les médias français.
Sur le même sujet : Post-vérité : comment Trump irradie en France
Exemple parmi d’autres : le député RN Jean-Philippe Tanguy qui, sur un plateau télé, raille la militante écologiste Camille Étienne : « La recherche, la recherche… J’ai l’impression d’entendre une religieuse avec sa Bible ! […] La recherche, ça n’existe pas. » Comment mener un débat constructif face à un parti qui, pour jouer sur les émotions du public, est prêt à remettre en question des siècles de progrès scientifiques ?
Blanche Sabbah note un écart plutôt flagrant entre la droitisation – réelle mais relative – de l’opinion publique et l’extrême-droitisation des médias. C’est ainsi qu’elle définit la « droitisation culturelle » : des discours réactionnaires normalisés parce que diffusés à longueur de journée par des médias rachetés par de riches conservateurs. Selon elle, la gauche doit créer des synergies entre la science (les faits) et l’art (l’émotion) pour imposer ses sujets dans le débat public.
Sur le même sujet : Un bruit de fond conservateur
Face à une extrême droite qui gagne du terrain culturel, l’autrice en appelle aussi à s’engueuler avec ses électeurs plutôt que les ignorer. L’idée n’est ni d’excuser ni de comprendre, mais de convaincre. Et de faire entendre une voix de gauche qui se fait de plus en plus timide : « Comment avons-nous pu passer d’un contexte où l’on n’osait pas voter pour un parti créé par des collabos à un contexte où l’on n’ose pas s’indigner d’un électorat ouvertement néonazi ? » Dernier exemple en date : la mort de Jean-Marie Le Pen, dont la plupart des médias n’ont pas osé rappeler les positions vichystes, antisémites, racistes et homophobes.
Blanche Sabbah réfute également la lecture simpliste de la progression du vote d’extrême droite pour des raisons économiques. Cette explication tendrait à faire peser la responsabilité sur les pauvres et les ruraux. Encore une fois, les faits : une étude publiée par Ipsos après les élections européennes de 2024 montre que le vote à l’extrême droite a progressé dans presque toutes les catégories sociodémographiques. Pas que chez les pauvres. Pas qu’à la campagne. C’est le RN lui-même qui a tout intérêt à diffuser cette idée, donnant ainsi à sa volonté de préférence nationale une allure de lutte contre la précarité.
Le féminisme, source d’inspiration
Terrain de lutte fertile, le féminisme est, selon l’autrice, une forme de militantisme dont la gauche devrait s’inspirer. À travers l’exemple des colleuses, elle rappelle comment les militantes ont réussi à imposer le concept de féminicide dans le débat public : « C’est parce que la presse, la recherche et certaines personnalités publiques et politiques nous ont emboîté le pas que le mot a fini par intégrer le dictionnaire, pas l’inverse. »
Mener une politique féministe, c’est nécessairement mener une politique progressiste.
B. Sabbah
Les artistes ne sont pas en reste : lorsqu’elle publie Le Consentement (Grasset), Vanessa Springora impose ce concept dans l’espace médiatique. De même pour Adèle Haenel, qui dénonce l’emprise dont elle a été victime. Ou pour Neige Sinno et Camille Kouchner, qui mettent en lumière la culture de l’inceste. Ces discours nourrissent désormais les réflexions des élu·es et des magistrat·es pour faire évoluer et appliquer la loi.
Sur le même sujet : « Une culture de l’écoféminisme doit se développer »
« Il n’y a en réalité pas tant de distinctions entre la lutte des classes et la lutte pour l’égalité des genres. Quand on s’aperçoit que les premières victimes du réchauffement climatique sont invariablement les femmes, mais que ce sont aussi les plus précaires et les moins blanches, on tisse des liens évidents entre écologie, antiracisme et lutte féministe. Mener une politique féministe, c’est nécessairement mener une politique progressiste. »
Une réflexion allant dans le sens d’un féminisme intersectionnel, qui pourrait servir de grille de lecture pour imposer davantage les idées de gauche : « C’est pour ça que l’extrême droite a tant de mal à se prétendre féministe : le féminisme contient en son sein tous les ingrédients de sa destruction. »
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Mardi 28 octobre 2025
Mort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck est considéré comme le plus grand mathématicien du XXème siècle. Très engagé sur la question de la responsabilité du savant, Grothendieck continue d’inspirer un questionnement profond sur le rôle de la science aujourd’hui….
Avec Céline Pessis, historienne des sciences et sociologue de l'environnement
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Refus absolu de participer au système
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brutalement, à la fin des années 1960, la guerre du Vietnam agit pour lui comme un révélateur : "Il réalise qu'il y a une collaboration de nombreux scientifiques, de laboratoires, avec l'armée et il constate les dégâts sur le terrain, puisqu'il se rend au Vietnam en 1967". Il bascule alors dans un autre monde : "Il rencontre des personnes qu'il connaissait très peu, il s'ouvre à tout un nouvel univers, celui des débuts foisonnants de l'écologie politique en France, et les maths, d'un coup, l'intéressent beaucoup moins, même s'il va sans doute continuer à cheminer avec cette forme de pensée toute sa vie".
Céline Pessis (ouvrage collectif), Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie, L'Échappée (principaux textes de la revue Survivre et Vivre, éditée par le mouvement de 1970 à 1975)
Alexandre Grothendieck, légende rebelle des mathématiques
Clés : Environnement Sciences et Savoirs Écologie Histoire Sciences Histoire contemporaine Mathématiques Alexandre Grothendieck
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Ce webinaire organisé le 23/09/2025 a pour but de présenter la nouvelle vision d'IESF pour 2026 et de marquer le lancement de la campagne de fundraising d'IESF.
Avec :
Aurélien Guez, le nouveau Président d'IESF
Claire Le Floch, coordinatrice de la Convention Scientifique Étudiante sur le Ciment-Béton d'IESF
Ensemble, renforçons la voix des ingénieurs et des scientifiques !
Tr.: ...
Gaêlle Coutant, directrice de la Communication de l'école des Mines de Paris, Partenaire de la convention scientifique étudiante sur l'hydrogène (2023-2024) et de celle sur la décarbonation du ciment/béton (2025-2026)
...
Clarie ... rapport conv scient étud CSE / H2 remis à roland Lescure, ministre de l'énergie et de l'industrie ... intelligence collective ... + conv scient connaissance sous le haut patronage du pdt de la république ...
/ciment-béton ...
diversité d'établissements, transdisciplinarité ... soutien de l'ADEME, France Ciment, Alumnis, industriels, etc. Parrainage de Jean Jouzel ... ciment bas carbone ... Panel de 50 él tirés au sort parmi candidats fr, 4 we renc paris.
...
Ndlr :
- chercher/évaluer résultats de la convention / hydrogène ACT
- suivre la conv ciment/béton ACT
Publié Il y a 1 an • 931 vues
Face à l’urgence absolue de la situation, de plus en plus de scientifiques ont décidé de se rebeller et d’agir en accord avec les alertes écologiques qu’ils lancent, souvent en vain, depuis des années. Si cet engagement de la science dans le débat public n’est pas nouveau dans l’histoire, le mouvement interpelle par son ampleur et sa détermination. Avec un mode d’action de plus en plus répandu : la désobéissance civile.
On pourrait dire que tout a commencé en septembre 2020 avec le lancement de Scientist Rébellion, mouvement international qui regroupe désormais des milliers de scientifiques. Mais en réalité, quelques mois plus tôt déjà, en février 2020, 1000 scientifiques français appelaient à la rébellion dans une tribune au Monde. Dans la foulée, le mouvement français Scientifiques en rébellion voit le jour. Depuis, il est de plus en plus fréquent de voir sur les réseaux sociaux ou dans les médias des scientifiques en blouse blanche prendre part aux actions de désobéissance civile pour alerter l’opinion publique, quitte à parfois finir en prison. Alors que raconte véritablement la rébellion des scientifiques ? En quoi cette désobéissance civile est-elle justifiée ? Quelles en sont les conséquences et les impacts ? Et quelles menaces pèsent aujourd’hui sur le milieu de la recherche ?
Réponses dans cet entretien Blast de Paloma Moritz avec Jérôme Santolini et Elodie Vercken, membre de Scientifiques en Rébellion.
Pour aller plus loin :
Vidéos Blast
“Face à la catastrophe écologique, la désobéissance civile est inévitable” https://www.youtube.com/watch?v=bN2f7rVrMYw
“Un rapporteur de l’ONU alerte sur la répression des défenseurs de l’environnement” https://www.youtube.com/watch?v=t3SS6TtH61M
“L'inquiétante escalade répressive et autoritaire de L’Etat contre les militants écologistes” https://www.youtube.com/watch?v=3IcQ7okjBPM
“Une première : des scientifiques forment des députés face à l’urgence écologique”
https://www.youtube.com/watch?v=VQ5lp71udvY
Journaliste : Paloma Moritz
#Ecologie
#ScientistRebellion
#Climat
Visibilité Publique
Publié originellement 09/10/2023
Catégorie Actualité & Politique
LicenceInconnu LangueInconnu
Étiquettes alertes écologiques ; blast ; désobéissance civile ; rébellionscientifiques
Durée 53min 25sec
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Tr.: ... il n'y a pas d'autre choix que de s'engager face à notre éthique ... comité d'éthique du CNRS ... avis ... recherche ... le chantage à la neutralité a été inventée pour faire taire ... il y a neutralité de la démarche scientifique ... les scientifiques n'ont jamais été vraiment neutres ... l'État veut une parole sur-mesure ... liberté d'engagement des chercheurs ... "les climatologues sont aussi des citoyens" ... refus de parvenir ... réapprendre à dire non ... association science citoyenne ... horizon terre ... sciences surfaites et les autres non faites ... la COP28 À Doubaï ! ... repenser cet espace de délibération collective ... victoires : ouverture des débats ... en un an explosion de prises de consciences dans la communauté scientifique ... les enfants nous donnent la force de continuer ... croyance dans ce qu'on fait, reflet des valeurs que l'on porte.
Connue / https://ciret.hypotheses.org/le-ciret/sites-des-membres-et-contacts
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Ethnologue, chercheure associée au Laboratoire Environnement Ville Société (UMR 5600 CNRS), Université de Lyon https://umr5600.cnrs.fr/fr/lequipe/name/edith-planche/, ainsi qu’artiste et aquarelliste, mon travail anthropologique cherche à montrer comment la rupture entre science et art est de même souche que la rupture entre nature et culture. C’est ce clivage que je vise à réconcilier à travers la structure SeA, Science et Art que j’ai fondée en 2000 et dirigée pendant 20 ans, avec la conception de supports d’éducation à l’environnement par l’art et l’ethnologie, rassemblés dans « La mallette des merveilles du fleuve » http://science-et-art.com/Mallette-Pedagogique. Ces supports pédagogiques dont je suis auteur et pour certains illustratrice, ont été conçus en faisant le départ avec le réflexe artistique mais aussi en posant l’anthropologie comme possibilité subversive de renversement de paradigme, dans une démarche transdisciplinaire. Les entrées pédagogiques considèrent l’art comme un outil de cognition autant qu’un outil de médiation et médiatisation, favorisant l’éducation au territoire s’intéressant au patrimoine naturel aussi bien que culturel. Mon ouvrage de référence Eduquer à l’environnement par l’approche sensible. Art, ethnologie et écologie, publié en juin 2018, est préfacé par Allain Bougrain-Dubourg et postfacé par Jean Malaurie. Ce livre établit des ponts entre théorie et pratique, puis entre « science » et « art » pour forger une éducation à l’environnement par le sensible. https://www.youtube.com/watch?v=KfCM_jjJKHg (Conférence à 18mn)
edith.planche@orange.fr
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À l'Inrae, des scientifiques mènent des expériences de pointe pour évaluer l'impact des néonicotinoïdes sur les
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Connu / TG le 11/07/25 à 17:14
Charles Darwin ©Getty
Théorie de l'évolution : le jour où Darwin a bien failli être doublé - Mardi 1 juillet 2025 / La vie à portée de main
Retour sur la première présentation de la théorie de l'évolution de Darwin en 1858. Une idée révolutionnaire qui a transformé notre compréhension du monde vivant.
Le 1ᵉʳ juillet 1858, à Londres, les membres de la Linnean Society ont assisté à la première présentation de la théorie de l'évolution de Charles Darwin. À part quelques visionnaires tournés en ridicule, personne n'imaginait que les espèces pouvaient changer. De l'avis général, les espèces étaient là, identiques à elles-mêmes depuis la création.
Vingt ans auparavant, le jeune Darwin avait observé la nature et vu que tout cela ne collait pas. Pour lui, il n'y avait plus aucun doute, les espèces changeaient d'une époque à une autre, et d'un endroit à un autre. Il partit à la recherche du mécanisme qui permettrait de comprendre pourquoi, et se mit en tête d'écrire un livre colossal qui expliquerait cette sélection naturelle, exemples et preuves à l'appui.
Mais au printemps 1858, quelques semaines avant la présentation devant la Linnean Society, il reçut une lettre en provenance de Borneo, écrite par un explorateur inconnu du nom d'Alfred Russell Wallace. Et d'après Darwin lui-même, cette lettre, qui contenait les idées de Wallace sur l'évolution, était le meilleur résumé qu'on aurait pu faire du livre que lui voulait écrire depuis vingt ans. Il s'était fait doubler...
À écouter
Alfred Russel Wallace : l’autre Darwin ?
Sciences chrono
30 min
Clés : Sciences et Savoirs Histoire Sciences Sciences naturelles Charles Darwin Animaux Nature
Connu / https://bsky.app/profile/cnrs.fr/post/3lqu6jeeg4s2t
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#Communiqué 🗞️ À la veille de l’ #UNOC3, les scientifiques du Congrès One Ocean Science lancent un appel fort : agir vite, en s’appuyant sur la science.
Leurs 10 recommandations, issues d’un an de travaux, seront remises aux chefs d’État le 8 juin.
#OOSC #CNRSocean 🌊
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Un chercheur du centre d'analyse Mercator Océans examine des images de surveillance océanique à Toulouse en 2017. ©AFP - REMY GABALDA / AFP
... Hervé Poirier le co-rédacteur en chef au magazine "Epsiloon" revient sur les mystères de l’océan ...
Dans deux semaines, à Nice, va se tenir la conférence des Nations unies sur l’océan, un rendez-vous politique majeur pour tenter de régler les problèmes de surpêche, de pollution plastique, de protection de la haute mer et des grands fonds. Mais juste avant, dans une semaine, toujours à Nice, 2 000 chercheurs vont se réunir pour la conférence One Ocean Science, tout aussi cruciale. Car derrière l’urgence politique se cache une autre, scientifique : réussir à mesurer et à modéliser l’impact sur l’océan du réchauffement climatique.
Prenez l’Atlantique : que va devenir l’AMOC, cet énorme courant venu des tropiques qui régule le climat de l’Europe, de l’Amérique du Nord, ainsi que la mousson africaine ? « Il y a encore beaucoup de suspense, reconnait Didier Swingedouw, spécialiste de la dynamique océanique à l’université de Bordeaux. Les résultats des modèles actuels sur son devenir d’ici à la fin du siècle varient entre un ralentissement de 3 % et une diminution de 72 %. »
Énorme incertitude, énorme enjeu
Idem pour le Pacifique : que va devenir El Niño, ce phénomène cyclique qui nait des oscillations de température entre l’est et l’ouest du Pacifique, et qui a une influence décisive sur les précipitations en Asie, en Australie, en Amazonie ? Comme le reconnait Éric Guilyardi, au Laboratoire d’océanographie et du climat, à la Sorbonne, « Il n’y a aucun consensus scientifique sur la manière dont cette zone de l’océan va évoluer sous l’effet du réchauffement ».
Et l’océan Austral, autour de l’Antarctique, censé représenter 40 % de l’absorption océanique du carbone ?
Une équipe allemande vient d’annoncer qu’il absorberait en fait 25% de plus que prévu, et une chinoise 30% de moins. Sachant qu’on ne sait pas si le réchauffement va enrayer ou intensifier cette pompe. Quant à l’océan Arctique, où la banquise est en train de disparaitre, « Les incertitudes sont monstrueuses, les projections divergent énormément », déplore Camille Lique, au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale, à Brest. Bref, en cette Année de la Mer, les scientifiques le reconnaissent : ils sont face à des océans d’incertitudes.
Que faire face à tant d’inconnues ?
Déjà, justement, les regarder en face : Jean-Pierre Gattuso, qui va coprésider la semaine prochaine One Ocean Science, le reconnait : « Jusqu’à maintenant, l’océan a été traité de manière séparée et fragmentaire, entre le climat, la biodiversité, le plastique, la pêche, le transport… Il n’y a pas eu d’approche transversale ». Cela est en train de changer. L’organisation Mercator Ocean, basée à Toulouse, espère par exemple que sera entérinée à Nice son statut d’organisation intergouvernementale, l’équivalent de l’Organisation météorologique mondiale. Les programmes de mesures se multiplient, les modélisations s’affinent. Mais la communauté scientifique tremble à l’idée que les États-Unis se désengagent.
N’est-ce pas dangereux de mettre ainsi en avant toutes ces incertitudes ?
« On en sait assez pour agir », nous ont répété les chercheurs, inquiets, eux aussi, que cet aveu d’ignorance justifie l’inaction ou alimente le climatoscepticisme. Mais, une fois cet avertissement posé, ils racontent des débats passionnés, ils sont pleins d’espoir sur leurs travaux en cours, car ils savent de mieux en mieux ce qu’ils ne savent pas. Et ça, c’est le début de la connaissance.
Publié le mardi 27 mai 2025 / Pr Frank Zal - Hemarina / Chroniques littorales
L'arenicol, un ver marin aux propriétés exceptionnelles, suscite l'espoir dans le domaine médical. Le Pr. Frank Zal évoque les freins à son développement en France.
Frank Zal, fondateur d'Hemarina :
« C'est l'ancêtre de nos globules rouges, 40 fois plus d'oxygène qu'une hémoglobine humaine. Nous avons trouvé une molécule qui est au centre de la vie dans un organisme marin, un simple ver marin qui est une hémoglobine universelle qui peut servir dans le domaine de la santé. Grâce à ce ver marin, cette hémoglobine est au centre de la médecine.
En France, il y a 70 0000 personnes qui souffrent de plaies. On parle d'une amputation toutes les 30 secondes. Il manque 100 millions de litres de sang dans le monde. Et en plus, on travaille également sur la transplantation d'organes. C'est aussi un problème de santé publique. Aujourd'hui, on perd à plus ou moins long terme un organe sur deux. Alors, bien sûr qu'il manque des greffons, mais c'est surtout parce quand on déconnecte un greffon d'un donneur, il a besoin d'oxygène.
Et ce qui est aussi extrêmement important, c'est que cette molécule peut être lyophilisée. Donc, imaginez, demain, avoir du sang en poudre qui a une date de péremption de cinq ans à température ambiante, mais c'est inimaginable ! Et donc, aujourd'hui, il faut dire haut et fort que la France a trouvé une innovation majeure, quelque chose qui peut remplacer le sang, et le sang, c'est la vie.
L’innovation est en panne parce qu'il n'y a pas de régulation qui a été mise en place pour ce type d'innovation. Et c'est vraiment un blocage typiquement français puisque je voyage à travers le monde, je suis sollicité partout. Il y a des dizaines et des dizaines d'articles scientifiques qui décrivent nos technologies, mais malheureusement, nous en France, on regarde ailleurs et on n'arrive pas à porter son regard sur cette innovation de rupture. »
Clés : Monde Sciences et Savoirs Sciences Biologie Mers et océans
L'équipe Jose Manuel Lamarque
La responsabilité des entreprises pétrolières dans le réchauffement climatique -
Publié le jeudi 24 avril 2025 / La terre au carré
Plateforme pétrolière offshore. ©Getty
A la une des médias aujourd’hui Olivier Monod, journaliste pour le quotidien Libération, parle de la responsabilité des entreprises pétrolières dans le changement climatique.
Vous êtes vous déjà demandé à combien s’élèverait la note si les entreprises pétrolières devaient un jour payer pour les conséquences des émissions de gaz à effet de serre dont elles sont responsables ?
Des milliers de milliards de dollars selon une étude américaine parue ce mercredi dans Nature. En s’intéressant uniquement aux vagues de chaleur de 1991 à 2020, les chercheurs Justin Mankin et Christopher Callahan estiment que les 111 principales compagnies pétrolières sont responsables d'une baisse du PIB mondiale de 28 mille milliards de dollars. Oui on croirait une insulte du capitaine haddock.
Comment les chercheurs parviennent à ce chiffre ?
Il s’agit d’une étape de plus dans les sciences de l’attribution.
Vous savez, c’est cette discipline qui permet d'établir si un événement extrême est dû, ou non, au changement climatique.
Il s'agit de calculs complexes basés sur des modèles du climat.
Depuis 2014, un réseau de scientifiques internationaux s'est créé sur le sujet, le World Weather Attribution.
Par exemple, ils ont analysé 29 des centaines d'événements extrêmes survenus en 2024. 26 de ces 29 ont été rendus plus intenses et plus fréquents par les émissions humaines de gaz à effet de serre.
On peut donc dire dans quelle mesure un événement météorologique extrême est dû au réchauffement climatique.
Justin Mankin et Christopher Callahan proposent d'aller plus loin. Ils font un lien entre les dommages causés par les événements extrêmes et les émissions de chaque entreprise pétrolière.
Imaginez que l'atmosphère soit une baignoire et le CO2 de l'eau.
Les activités humaines sont un robinet qui remplit la baignoire jusqu'à ce qu'elle déborde. Dans cette analogie, Justin Mankin et Christopher Callahan, arrivent à modéliser non pas un robinet, mais 111. Un robinet pour chaque entreprise pétrolière.
Ils affirment pouvoir définir la responsabilité de chaque entreprise dans votre dégât des eaux.
Avec le but, in fine, de leur faire payer la facture à la juste mesure de leur participation au problème.
Cette étude pourra-t-elle être utilisée en justice ?
En tout cas, elle intéresse grandement les avocats et les associations spécialiste de l'environnement. Définir la responsabilité individuelle des entreprises pétrolières dans le réchauffement climatique est un enjeu de plusieurs procès en cours.
On peut citer le cas d'un agriculteur belge, Hugues Falys, qui veut faire payer TotalEnergie pour ses pertes de rendements liés au changement climatique. Ou encore l'agriculteur péruvien, Saúl Luciano Lliuya opposé depuis 2015 au géant RWE, qu’il accuse de contribuer à la fonte des glaces qui menace sa ville des Andes.
Aux Etats-Unis, deux Etats, le Vermont et New York ont voté la mise en place de fonds alimentés par les entreprises pour gérer les conséquences du changement climatique. Des initiatives que le président Trump cherche d'ailleurs à bloquer.
La transposition de la science dans le droit est loin d'être automatique.
Par exemple, est-ce qu'une entreprise pétrolière est responsable des émissions de votre voiture ?
Dans cette étude, les chercheurs partent du principe que oui. Mais, en droit, cela peut se discuter.
Justin Mankin fait le parallèle avec la crise des opiacés, aux Etats-Unis. Les firmes pharmaceutiques sont bien tenues pour responsable de l'utilisation de leur produit. Pourquoi en serait-il différent pour le pétrole ?
Cette étude est donc une étape supplémentaire, pour obliger les compagnies pétrolières à rendre des comptes.
Elles qui connaissaient depuis les années 70 les conséquences de la combustion massive d'énergie fossile.
Publié le samedi 19 avril 2025 à 06:38
Au sommaire de la Planète des sciences cette semaine : un rebondissement inattendu dans l'enquête sur la mort d'une planète, les effets d'un anxiolytique sur la migration des saumons sauvages et un crâne unique au monde exposé pour la première fois à Toulouse...
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Cette étude montre comment un seul médicament peut agir sur la migration et le comportement d’un animal sauvage dans son milieu naturel. Or, à ce jour près de 1 000 polluants pharmaceutiques ont été détectés dans des environnements du monde entier. Leur présence pourrait déséquilibrer les écosystèmes. Les chercheurs suggèrent deux pistes pour remédier au problème : améliorer le traitement des eaux usées et concevoir des médicaments qui se décomposent plus facilement dans l’environnement.
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charte rédigée lors de sa création en 2002
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Nous vivons un changement de nature des risques, des disparités et des dangers créés par les modes dominants de production et de consommation. La mondialisation libérale accentue ces menaces et entend soumettre la recherche et le développement technique aux exigences de la solvabilité. Ces dernières années, l’accumulation de crises (Tchernobyl, amiante, sang contaminé, vache folle, OGM…) ont montré la nécessité de prendre en compte d’autres intérêts et risques que ceux définis par les acteurs techno-industriels. Elles ont suscité une remise en cause de l’expertise et de la science, un renouveau des mobilisations sociales et de nombreuses initiatives d’implication de ’profanes’ dans la recherche, l’expertise ou la vigilance, qui ont conduit à un certain désenclavement de la science et de ses institutions.
Face à la marchandisation des savoirs et du vivant, ces mobilisations et initiatives amorcent un sursaut démocratique et un nouveau pacte social pour une science citoyenne, responsable et solidaire. Loin de se réduire à « une montée des croyances irrationnelles » ou à un manque d’information ou de « culture scientifique », elles affirment qu’une science pour tous doit se construire avec tous, dans le dialogue avec des savoirs autrefois dévalorisés.
Moteur d’émancipation pendant plusieurs siècles, la science, devenue technoscience, est aujourd’hui un formidable pouvoir. Pour servir le bien-être de l’ensemble des êtres humains de notre planète, ce pouvoir requiert d’autres pilotes que la seule volonté de savoir, le désir de puissance ou les logiques de profit. Après l’ère de la « maîtrise de la nature », doit donc venir celle de la « maîtrise de la science », de la citoyenneté scientifique.
Sciences Citoyennes a pour objectif de favoriser et prolonger le mouvement actuel de réappropriation citoyenne et démocratique des sciences, afin de les mettre au service du bien commun.
Elle se donne notamment pour objectifs :
- L’accroissement des capacités de recherche et d’expertise de la société civile, des forces associatives, consuméristes, syndicales et citoyennes. Nous appuierons la constitution d’un tiers secteur scientifique, répondant mieux à des besoins sociaux et écologiques croissants et négligés par les orientations scientifiques dominantes, qu’elles soient le fait de l’Etat ou de l’industrie privée.
- la stimulation de la liberté d’expression et de débat dans le monde scientifique, l’appui aux lanceurs d’alerte et le développement de controverses publiques et de « forums hybrides » sur les enjeux à forte technicité scientifique. Loin des peurs frileuses des interventions du public et des logiques technocratiques, le pluralisme et la controverse sont la source non seulement d’une meilleure exploration des mondes possible et, partant, de meilleures décisions, mais aussi d’une appropriation active des connaissances scientifiques par le public.
- de promouvoir l’élaboration démocratique des choix scientifiques et techniques. Nous favoriserons la mise en débat public des politiques publiques en matière de recherche, de technologie et d’organisation de l’expertise. Nous mènerons également l’analyse vigilante des nouveaux dispositifs délibératifs qui se multiplient afin de soutenir ceux qui favorisent une véritable démocratie technique.
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Face à l’effondrement de la biodiversité et au changement climatique, nombreux sont les scientifiques qui ont l’impression de sonner l’alarme sans être entendus. Certains s'engagent dans des mouvements qui peuvent aller jusqu'à la désobéissance civile. Mais peut-on vraiment être militant tout en étant scientifique ?
Avec Cédric Buron, maitre de conférences en informatique à l'Université de Nantes, co-auteur de "Sortir des labos pour défendre le vivant" aux éditions du @editions_du_seuil.
00:00 : intro
03:04 : qui est derrière "Scientifiques en rébellion" ?
05:34 : des actions de désobéissance civile efficaces ?
07:22 : "neutralité" scientifique ?
11:38 : faire de la politique ?
13:47 : quelles réactions de la communauté scientifique ?
16:34 : un collectif sans porte-parole officiel... pourquoi ?
18:38 : l'accusation d'"antiscience"
21:03 : procès en cours... quel accompagnement des scientifiques condamnés ?
Tr.: ...
Sortir des labos pour défendre le vivant ... pj de recherche autour de l'évaluation des risques ... ce n'est pas une association, une plateforme de 450 à 500 personnes ... ya aussi des groupes locaux dont tous ne sont pas sur cette plateforme ... interpeler les médias ... avec d'autres collectifs qui luttent pour le climat ... /neutralité : elle n'existe pas, tout est politique ... mon ex : recherche en robotique, la science a de l'intérêt en soin, puis quel impact sur la société ? changer notre objet de recherche ! sans impacts latéraux négatifs ... c'est ce qu'a fait le CNRS ... désobéissance civile illégale ... féministes, minorités de genre ... ya plusieurs manières de s'engager en politique ... on est apartisans mais pas apolitiques ... réaliser des actions au grand jour pour risque juridique ... remettre en cause certains pans de l'industrie ... on a à y perdre dans son poste ex moi maître de conférence ... besoin d'équité, /colonialisme /sud global ... l'occident premier pollueur mais pas le plus impacté ... on milite pour un changement mais ... vision tactique et stratégique ... ya des limites posées ... ex / armes autonomes / éthique idem /climat ... /soutien psy renc physiques unE fois par an ...
Ndlr : avec le devoir d'alerte, le scientifique lucide deviendrait-il médiateur ? Valoriser ACT
« Femme », « climat »... Trump interdit des mots dans les articles scientifiques / Reporterre
Les scientifiques étasuniens doivent désormais bannir tout un lexique environnemental et social de leurs travaux, ...
Connue / https://diaspora-fr.org/posts/10803553
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Emmanuel Florac - il y a environ 2 heures
#environnement #science #politique
https://yewtu.be/watch?v=bR2obRwMCh0
https://www.youtube.com/watch?v=bR2obRwMCh0
1 repartage
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Tr.: ...
inquiétude sur l'avenir du vivant ... forêts allemandes, 60% des insectes ont disparu depuis 1960 ... sentiment d'inaction en 2021, après le confinement, tout reparti de plus belle, convention citoyenne sur le climat ... Mme ? travaille dans la sûreté nucléaire ... SMR webinaire de l'IRIS
Terminer >8:00