PORCHER DÉMONTE LES ARGUMENTS DE MACRON (ESSENCE, IRAN, CHOMAGE)
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Emmanuel Macron a profité d’une interview sur France 2, au retour du G7, pour défendre son action sur les grands dossiers internationaux et économiques. Il s’est d’abord félicité de l’accord engagé entre les États-Unis et l’Iran. Malgré des débuts chaotiques – cessez-le-feu violé par Israël au Moyen-Orient, tensions autour du détroit d’Ormuz et menaces de Donald Trump –, les négociations semblent progresser. Le président y voit une perspective de stabilisation susceptible de réduire les tensions sur les marchés de l’énergie et, à terme, d’alléger la facture des carburants.
Mais cette baisse éventuelle dépend aussi de choix politiques internes : taxation des superprofits, blocage des prix... Emmanuel Macron ne peut pointer uniquement la conjoncture, précisent Thomas Porcher et Lisa Lap.
Concernant les États-Unis, confrontés aux menaces douanières de Trump, il privilégie le dialogue plutôt que l’affrontement, à rebours de Jean-Luc Mélenchon qui appelle à réduire la dépendance française à Washington. Reste la question : peut-on réellement se passer de la première puissance économique mondiale ? Thomas Porcher dépeint une relation d’interdépendances complexe.
Sur le plan intérieur, Emmanuel Macron a tenté de défendre son bilan. Il affirme que le chômage a davantage reculé qu’ailleurs en Europe et met en avant la réindustrialisation. Deux données que l’économiste et Lisa Lap débunke.
Enfin, Emmanuel Macron en a profité pour remettre un coup sur le modèle social, et souhaite continuer à le détricoter.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !
Visibilité Publique Publié originellement 22/06/2026
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Le 9e sommet « Choose France » s'est tenu au château de Versailles, réunissant 200 PDG du monde entier sous l'œil satisfait d'Emmanuel Macron. Le bilan affiché est séduisant : 71 projets, 93 milliards d'euros d'investissements annoncés et 15 000 emplois directs dans les secteurs des data centers, de l'énergie ou de la finance. Le japonais SoftBank promet à lui seul 75 milliards pour les infrastructures liées à l'intelligence artificielle.
Pourtant, ces chiffres masquent une réalité plus nuancée. Le solde net entre ouvertures et fermetures d'usines reste fragile : en 2025, 103 nouveaux sites ont ouvert, mais 160 ont fermé. La question des « aides publiques aux entreprises » accordées aux investisseurs étrangers — parfois sans contreparties durables — alimente un débat persistant sur l'efficacité réelle de cette attractivité.
Nous avons pu poser la question au Ministre de l’Économie Roland Lescure.
Le gouvernement défend son « choc de l’offre » : baisse de la fiscalité, détricotage du code du travail, « simplification »… et surtout : l'union des marchés de capitaux européens.
Une politique qui porte ses fruits « mais pour les grandes entreprises » indiquent Thomas Porcher. 10 ans plus tard : pas de réindustrialisation, le taux de chômage réaugmente, le déficit cher au gouvernement n’est pas résorbé, la croissance stagne…
La réindustrialisation française se joue peut-être moins dans les salons versaillais que dans la capacité à bâtir une vraie planification.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !
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Publié originellement 08/06/2026
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Pour Blast, Manon Lefebvre, secrétaire nationale au Syndicat de la magistrature, revient sur "l'affaire Lyhanna". Au-delà des communications politiciennes en série, notamment du ministre en place, Gérald Darmanin, ce meurtre révèle l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve la justice, et avec elle tous les services publics. Une faillite généralisée accablante, résultat direct des politiques publiques macronistes.
Journaliste : Maxime Cochelin
#justice #lyhanna #crime
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1 Comment
- Lien Rag lienrag@mastodon.tedomum.net
Il y a 15 heures
euh la phrase finale elle est pas carrément problématique ? "On a tous classé sans suite des procédures où on savait qu'un enfant nous décrivait quelque chose qui avait eu lieu (...) mais on nous impulsait pas l'idée qu'il fallait aller au-delà de ces simples auditions".
Y'a besoin qu'on vous dise qu'il faut sanctionner pénalement les viols d'enfants ? Vous êtes pas juges, à la base ? C'est pas un peu votre métier ?
Entretien Economie Politiques publiques Société
Crise énergétique et géopolitique, méthode de gouvernement, relance écologique et sociale, réindustrialisation, imposition, dette publique… A un an de la présidentielle, le candidat insoumis précise son programme.
Juliette Le Chevallier, Matthieu Jublin, Eva Moysan, le 6 juin 2026
15 min
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Entretien avec Jean-Luc Mélenchon, Fondateur de la France insoumise et candidat à l'élection présidentielle 2027
A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.
Olivier Faure, Clémentine Autain, Fabien Roussel, François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon ont déjà accepté de se prêter au jeu, et c’est le fondateur de la France insoumise qui ouvre la série.
Celui qui est candidat à la présidentielle pour la quatrième fois revient sur les grands axes de son programme : blocage des prix, révolution fiscale, accords avec la Chine, politique de défense, relocalisation industrielle, bifurcation écologique… Face à la hausse des inégalités, aux tensions géopolitiques et au dérèglement climatique, le leader insoumis détaille sa vision alternative de l’économie, du rôle de l’Etat et des politiques écologiques.
En réaction à la hausse des prix des hydrocarbures liée au blocage du détroit d’Ormuz, vous demandez le blocage des prix des carburants. Cela n’envoie-t-il pas un signal contradictoire avec votre volonté de décarboner l’économie, en découplant le prix du carburant qui est payé à la pompe du coût réel des énergies fossiles ?
Jean-Luc Mélenchon : D’abord il y a l’urgence sociale : permettre aux gens de se déplacer. Aujourd’hui, l’aménagement de nos territoires oblige tout le monde à prendre sa voiture. Et les salaires stagnent depuis trente ans à cause d’un rapport de force désastreux. Alors oui, le blocage des prix est possible avec un article du Code du commerce, et cela a déjà fonctionné. Il faut aussi augmenter les salaires. On pourrait même, à titre provisoire, appliquer une indexation automatique de tous les salaires sur la hausse des prix.
Ensuite, il faut viser la sortie de la civilisation du pétrole : continuer de consommer du carburant ne fait qu’amplifier les dégâts environnementaux. En tout cas, on ne peut rester sans rien faire ou ne prendre que des mesures type « chèque énergie » !
Une troisième mesure, essentielle pour financer, est la taxation des superprofits. Quand il y a des superprofits, il doit y avoir des supers impôts. Cela doit permettre d’investir pour sortir des situations anti-écologiques héritées du passé.
Pourquoi un blocage des prix, dont profiteront aussi les plus riches qui dépensent plus en carburant, plutôt que des aides directes ciblées sur les plus précaires ?
J-L. M. : Au nom d’un principe vieux comme la gauche : pour qu’une prestation soit acceptée, il faut qu’elle soit universelle. Sous couvert d’égalitarisme, la conditionnalité crée une inégalité de plus : les plus précaires doivent demander et les riches se servent. On l’a vu avec le débat sur l’universalité des allocations familiales. C’est aussi une question de dignité des milieux populaires.
La taxation des superprofits et la taxe Zucman sont au cœur de l’actualité depuis quelques mois, mais les besoins de financement de votre programme sont largement supérieurs à ce que rapporteraient ces deux taxes. Combien de recettes attendez-vous de votre révolution fiscale ?
J-L. M. : Nous sommes en train de mettre à jour notre programme afin de présenter nos chiffres actualisés [le contre-budget présenté par LFI pour 2026 affichait 183,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires, NDLR]. Il y a deux principes. D’abord, répartir la charge entre les ménages. Jusqu’à 4 000 euros de revenus nets par mois, vous paierez moins d’impôts, et au-delà, vous paierez progressivement plus.
Ensuite, il s’agit de transférer la charge sur les revenus du capital, compte tenu de la progression vertigineuse de l’accumulation du capital en France. Nous sommes devenus l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe.
Peut-on vraiment espérer des recettes de votre proposition de réforme de l’impôt sur le revenu, sachant qu’une taxation marginale cumulée des revenus supérieure à 66 % a été jugée inconstitutionnelle ?
J-L. M. : Le changement constitutionnel est le cœur de notre conception de la transformation de la société : la révolution citoyenne. Nous le ferons dans le respect du cadre prévu par la Constitution aussi longtemps que nous serons sous la Ve République. La Constitution nous donne des moyens d’autorité considérables. Et si nous sommes bloqués, le peuple tranchera dans un référendum citoyen.
Une partie de vos recettes fiscales devra donc attendre une modification de la Constitution ?
J-L. M. : Non. L’imagination reste libre. Nous nous y prendrons autrement dans l’intervalle. Ne vous inquiétez pas, nous irons vite sans jamais rien faire en dehors des méthodes démocratiques. Les autres forces politiques ont peur de l’intervention démocratique populaire, pas nous. Je n’ai pas peur d’un débat sur les impôts.
Vous prônez une politique de bifurcation avec une relance écologique et sociale. Pour que cela fonctionne, certains secteurs vont bénéficier de la relance, mais d’autres vont nécessairement devoir décliner. Qui seront ces perdants et comment allez-vous faire lorsqu’ils résisteront ?
J-L. M. : En démocratie, il faut respecter la loi tant qu’elle n’est pas changée. Nous convaincrons. La bifurcation écologique n’est plus une affaire idéologique : le changement climatique et la sixième extinction des espèces ont commencé et sont irréversibles. Nous devons donc organiser la résistance de la société aux destructions causées par le dérèglement climatique. Tout le monde y gagnera : quand l’air est plus respirable, chacun en profite.
A court terme, il y aura quand même des perdants : des travailleurs d’industries qui vont être affectés par les politiques de décarbonation…
J-L. M. : Les travailleurs du secteur pétrolier, le pétrole n’est pas la cause de leur vie ! Nous leur assurerons une garantie de requalification, de formation et de revenus. Par exemple, nous allons avoir besoin de milliers de personnes pour installer des panneaux solaires, que nous importerons, notamment de Chine.
Ne faut-il pas plutôt relocaliser leur production en France ?
J-L. M. : Non. Il faut viser le saut technologique. En attendant, nous avons besoin de développer les énergies renouvelables dès maintenant, et nous ne pouvons pas attendre d’investir des milliards pour fabriquer des usines de panneaux solaires. Je préfère donner du travail à des milliers de personnes pour poser des panneaux chinois plutôt que d’attendre de disposer d’une industrie pour les fabriquer en France.
Dans votre programme, vous proposez de transformer la part de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne (BCE) en dette perpétuelle à taux nul, et que la BCE rachète de la dette publique sur les marchés financiers. Pourquoi les autres pays de la zone euro accepteraient cette mesure alors qu’ils l’ont refusée lorsque le sujet avait été mis sur la table après la crise Covid ? Considérez-vous finalement que le niveau d’endettement de la France serait un problème ?
J-L. M. : Non, il n’y a pas de problème de solvabilité avec la dette française. Par contre, certaines personnes jouent l’affolement autour de la dette pour justifier des coupes qui aggravent la situation budgétaire. Alors, profitons d’être au pouvoir pour retourner leurs arguments à notre profit. Profitons-en pour diminuer le montant des intérêts que l’Etat doit rembourser, car il faudra que l’on s’endette pour mener une politique de relance écologique et sociale. Et surtout, profitons-en pour modifier le statut de la Banque centrale européenne, afin qu’elle puisse prêter directement aux Etats. La situation a complètement changé depuis sa création. L’Allemagne est entrée en stagnation après deux années de récession, et prévoit de s’endetter fortement pour relancer l’économie. Cela va la rendre plus ouverte à certains de nos arguments.
La France insoumise souhaite une autonomisation envers les Etats-Unis, notamment en sortant de l’Otan. Au-delà des dépendances militaires, les dépendances économiques sont énormes. Comment s’en défaire et faut-il recourir à l’échelon européen ?
J-L. M. : Il faut recourir à tous les niveaux utiles, y compris européen. Soyons clairs : nous ne sortirons pas de l’UE ni de l’euro, mais nous désobéirons aux dispositions des traités qui ne correspondent pas à notre programme. Nous rediscuterons les règles pour les faire changer. Par exemple, nous pourrions profiter des débats sur les droits de douane pour réclamer des critères écologiques. Les dépendances les plus insupportables sont les dépendances militaires et aux outils de contrôle numériques, ces logiciels qui verrouillent l’ensemble de la production sanitaire, sociale, militaire, etc. Nous sommes devenus une colonie numérique des Etats-Unis.
Dans chacun de ces domaines, nous devons rechercher des alternatives nationales ou européennes pour assurer notre souveraineté. Nous avons les moyens de bâtir un plan de décolonisation numérique. La France dispose d’un supercalculateur et a la capacité d’en fabriquer. Nous avons l’entreprise Mistral et AMI, celle de Yann Le Cun11. Les machines qui fabriquent les puces sont produites par une entreprise européenne. La France pourrait avoir le premier ordinateur quantique dans le monde ! Ce qui manque, c’est de l’argent public car le secteur bancaire privé est inerte, et des protections.
Vous prônez des accords économiques et commerciaux avec la Chine, mais dans quel but ? La Chine étant devenue une superpuissance, n’y a-t-il pas un risque que la France se fasse vassaliser par ce pays, qui est une dictature ?
J-L. M. : Rassurez-vous. Nous ne voulons pas passer de la tutelle états-unienne trumpiste à la domination chinoise. Ce risque peut exister : tout pouvoir vise à s’étendre. La Chine est devenue la première puissance mondiale en termes de production manufacturière et d’innovation. Elle a intérêt, en tant que puissance exportatrice, au calme et à la paix. Nous devons donc négocier avec Pékin, c’est-à-dire de ne traiter les Chinois ni comme des ennemis, ni comme des recours.
Négocier pour obtenir quoi ?
J-L. M. : Aujourd’hui, la Chine exporte massivement chez nous de l’acier ou des voitures électriques. Il faut négocier avec elle un accord protégeant notre industrialisation écologique. Mais nous sommes pour la coopération dans tous les domaines. Nous devons commencer par le plus spectaculaire, la coopération spatiale. La France est la première puissance spatiale européenne, nous devons donc participer à des projets avec tout le monde – les Indiens, les Chinois, les Américains. Pas d’exclusivité. Nous inscrirons le projet d’avion spatial2 dans notre programme. Nous devons renouer avec les projets de saut technologique.
Est-ce la priorité aujourd’hui, au vu de la crise environnementale ?
J-L. M. : La priorité est toujours une cible mouvante. Je crois qu’il n’y a pas de contradiction. Le projet d’avion spatial ne va pas m’empêcher d’interdire la chasse à la glu, ni de faire de la sobriété énergétique. La bifurcation écologique est présente partout, y compris dans le projet d’avion spatial, qui permettra d’économiser des dizaines de fusées. La France doit se mettre à la pointe des techniques.
Taïwan, pour vous, c’est la Chine. Pourquoi défendez-vous la souveraineté populaire en Afrique, en Amérique latine mais pas à Taïwan, ni en Ukraine ?
J-L. M. : Pourquoi colportez-vous ce ragot sur l’Ukraine ? Nous défendons la souveraineté populaire mieux que les autres en Ukraine puisque nous sommes les seuls à réclamer un vote des populations en cas de modifications des frontières. Mes adversaires m’accusent d’être « fasciné » par Vladimir Poutine. C’est absurde : je m’oppose à lui en accueillant des opposants russes de gauche antiguerre, et en participant à des réunions politiques à Moscou avec des opposants au Kremlin. Pour mettre fin au conflit, les Russes comme les Ukrainiens doivent se donner des garanties mutuelles de sécurité. Surtout, les Russes doivent nous donner des garanties à nous, les Européens. Je réclame, par exemple, qu’ils retirent leurs missiles à courte portée pointés vers l’Europe.
Quant à Taïwan, l’ONU a décidé que c’était la Chine en 1971. Considère-t-on que les accords internationaux sont remis en cause au gré des humeurs des Etats-Unis d’Amérique ? La population taïwanaise a évidemment son mot à dire. Elle n’est plus sous la coupe d’un parti unique nationaliste, et donne son avis lors des élections. Or, actuellement, le Parlement taïwanais est dominé par les partis défendant le rapprochement avec la Chine. Je dis : qu’ils règlent leurs problèmes entre eux. Si la Chine envahit Taïwan, voulez-vous mener une guerre contre une puissance nucléaire ? Non, c’est absurde !
Il y a des postures intermédiaires entre une guerre nucléaire et ne rien faire… Aujourd’hui par exemple, la France livre des armements à l’Ukraine et n’est pas en guerre contre la Russie. Pensez-vous qu’une telle option soit envisageable vis-à-vis de Taïwan ?
J-L. M. : De mon point de vue, non, en aucun cas. La France ne livrera pas d’armes à Taïwan. Que ferons-nous si la Chine attaque Taïwan ? Je n’ai pas la réponse. J’espère que nous n’en arriverons pas là, que nous préférerons collectivement les négociations car nous avons intérêt à la paix.
Vous voulez construire une défense française souveraine, à la pointe dans les technologies de rupture. Cela veut-il dire augmenter le budget des Armées ?
J-L. M. : Ce n’est pas la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. Les députés insoumis n’ont pas voté le budget de la Défense car nous ne croyons pas au modèle d’armée que le gouvernement propose. Je ne crois pas à la guerre conventionnelle. Nous ferons autrement, mais nous n’avons pas les moyens de l’Etat pour chiffrer au milliard près.
Pourtant il y a bien une guerre conventionnelle en Ukraine, avec des attaques ukrainiennes sur le territoire russe sans que Moscou riposte par un tir nucléaire. Que ferions-nous, Français, si des pays alliés, comme l’Estonie, subissent une attaque ?
J-L. M. : Nous sommes liés à eux par un accord de défense mutuelle dans le cadre européen. Il n’y a pas besoin de l’Otan pour aider les pays baltes s’ils venaient à être agressés ou envahis par la Russie. Le pacte européen nous y oblige. Mais la réponse ne sera pas une riposte nucléaire. Je demande qu’on diminue le niveau de provocation et qu’on se remette à discuter. Mais nous ne devons pas céder, nous devons signer des accords solides.
La doctrine de la dissuasion nucléaire française proclame l’interdiction de toute guerre sur le territoire européen. Mais cette doctrine est tellement extrême qu’elle impose de marcher sur le bord du toit dès que les tensions montent. Si nous tirons un missile nucléaire sur la Russie, ils riposteront et nous effaceront immédiatement alors qu’ils seront toujours là car leur territoire s’étend sur onze fuseaux horaires. Aujourd’hui, la guerre demande de savoir rendre l’ennemi aveugle, sourd et muet. Cela passe par l’espace.
Vous souhaitez rétablir les flux de gaz de la Russie vers l’Europe via le gazoduc Nord Stream, endommagé au début de la guerre russo-ukrainienne. Au-delà de financer la guerre de Moscou, cela envoie un signal contradictoire par rapport à vos objectifs écologiques. Pourquoi ne pas simplement mettre tous les moyens pour se passer du gaz américain sans revenir au gaz russe ?
J-L. M. : C’est souhaitable. Notre doctrine de bifurcation écologique consiste à sortir des énergies carbonées et de la civilisation du pétrole. Il faut donc aussi baisser notre consommation de gaz, et si nous y parvenons plus rapidement qu’on arrive à la compenser par d’autres énergies, je dis banco ! Mais ne prenons pas nos désirs pour des réalités. Entre le moment où nous déclarons cet objectif et le moment où il est effectif, il y a une étape intermédiaire.
Notre intérêt est d’abord que les prix du pétrole et du gaz descendent. Rouvrir Nord Stream permet de faire baisser le prix de nos importations de gaz et de diminuer la compétitivité du gaz américain, donc de faire peser la pression sur les Etats-Unis plutôt que sur nous. Ce n’est donc pas une doctrine de substitution d’une puissance à une autre. Pour être franc, je préférerais qu’on importe davantage de gaz algérien plutôt que russe, car c’est l’intérêt mutuel de l’Algérie et de la France. Mais notre politique étrangère stupide a fait que l’Algérie préfère vendre son gaz à l’Italie.
Vous êtes favorable à la relocalisation industrielle, mais LFI s’est localement opposé à la création d’une mine de lithium dans l’Allier pour des raisons écologiques, tant que les besoins essentiels ne sont pas définis. Comment comptez-vous parvenir à un consensus national sur ces besoins ?
J-L. M. : D’abord, nous actons l’échec de la politique de l’offre et de sa logique productiviste qui consiste à dire : « Il y a du lithium ? On l’extrait et on verra bien ce qu’on en fait. » Nous souhaitons gouverner par les besoins. Dans la société collectiviste à laquelle nous aspirons, la structure de base qui évalue ces besoins, c’est la commune. Ensuite les éco-régions que nous appelons de nos vœux, et dont le tracé suit celui du bassin-versant3 Des fleuves, notamment pour gérer l’eau.
Pour des ressources stratégiques comme le lithium, l’évaluation des besoins sera nécessairement nationale. Elle se construit par un dialogue entre l’Assemblée nationale et le comité du Plan, chargé de la planification écologique. Contrairement à aujourd’hui, le Plan sera un véritable instrument de prospective et d’évaluation. Il faudra se poser la question de savoir si on peut produire du lithium sans polluer. Et si ce n’est pas possible, se demander quand peut-on remplacer le lithium par autre chose – le sodium, par exemple.
On ne pourra pas produire sans impact sur les écosystèmes. Où placez-vous le curseur entre production et écologie ?
J-L. M. : Il faut poser cette question au cas par cas. Doit-on donner la priorité à la production ? La réponse ne peut pas être oui a priori, parce que c’est le productivisme, ni non a priori, car ce serait de l’obscurantisme. Là on arrêtera, ici on continuera, et parfois on reprendra.
La rénovation de 700 000 logements par an, que votre programme fixe comme objectif, devra aussi être planifiée. Vous souhaitez cibler les aides sur les plus précaires, mais que prévoyez-vous pour les autres ? Des incitations financières moindres, des obligations progressives ?
J-L. M. : Une fois que le Plan a été discuté, il s’impose. Il doit donc distribuer l’effort pour que la loi ne soit pas une offense ou une violence faite à certaines personnes. Quand notre objectif butera sur une difficulté sociale, nous verrons, et la répartition prendra en charge. L’écologie ne sera pas un instrument de punition.
Vous êtes opposé aux zones à faibles émissions (ZFE) dans leur format actuel, et vous préférez développer les modes de transport doux et en commun. Mais en attendant qu’ils se développent, que proposez-vous pour protéger les villes de la pollution de l’air causée par les émissions automobiles, qui touche notamment les plus pauvres ?
J-L. M. : Nous n’accepterons jamais une loi d’apartheid. On ne dit pas à des milliers de gens qu’ils ne peuvent pas aller en centre-ville, sauf si vous voulez que notre peuple vomisse l’écologie. Si l’on veut changer les voitures, on se donne les moyens pour que les gens puissent les changer. Oui, il y a un problème de pollution de l’air à régler, essayons déjà de ne pas l’aggraver, mais nous assumons de ne pas vouloir devenir les Pères Fouettard du XXIe siècle.
Sur ce sujet, ma vision part de la liberté individuelle. La brutalité avec les Français, ça ne mène nulle part ! Certes, il n’existe pas de liberté absolue. Tout l’art de gouverner consiste à faire accepter certaines limitations des libertés. Je préfère dire aux gens : « Si vous roulez moins avec votre voiture, on aura 10 000 cancers de moins. »
Plutôt qu’interdire, vous voulez convaincre et financer les alternatives. Est-ce que ce n’est pas la solution la plus coûteuse ?
J-L. M. : Il existe deux méthodes. La libérale, qui consiste à dire : « Va t’acheter une nouvelle voiture et si tu ne peux pas, marche. » Et la collectiviste, qui consiste à dire : « On ne peut pas continuer avec ces voitures, alors combien ça coûte ? Comment peut-on réduire le prix ? » C’est la même chose pour l’alimentation. Plutôt que d’offenser les gens en leur disant de manger cinq fruits et légumes par jour, je préfère appeler Michel-Edouard Leclerc et lui dire : « Débrouille-toi pour vendre dans tous tes magasins un panier à un prix plafonné. »
Il n’y aura jamais de solution purement rationnelle et technique, car tout est question de rapports de force sociaux, d’échanges d’intérêts. Vous allez trouver ça un peu trop idéaliste, mais c’est trop facile de dire aux gens : « Démerdez-vous ! »
Propos recueillis par
- Juliette Le Chevallier, Journaliste
- Matthieu Jublin, Journaliste
- Eva Moysan, Journaliste
Connu / https://bsky.app/profile/jeanlouv.bsky.social/post/3mnmiyvdftc2f
Dans les années 1970, la France lance son programme de production d'électricité produite au nucléaire. C'est le début d'une histoire qui voit cette technologie devenir la première source ...
Connu / TG le 4/09/25 à 13:13
GT ÉNERGIE - GENERAL
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[Conférence] [FIR x SYMPOSIUM]
Le FIR et Symposium reçoivent Manuel Bompard, député et coordinateur national de La France Insoumise, pour une conférence exclusive à CentraleSupélec sur le thème « Ingénierie, Écologie et Engagement politique »
Cette conférence est l'occasion d'aborder de manière transverse et critique les grands axes du programme de LFI :
- Énergie & Climat : Planification écologique, avenir du nucléaire et gestion des ressources.
- Économie & Souveraineté : Fiscalité, attractivité, indépendance financière et numérique face aux marchés et aux puissances étrangères.
- Géopolitique & Institutions : Positionnement international (OTAN, Chine, États-Unis) et projet de VIe République.
Mardi 9 juin 2026, CentraleSupélec
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01:47:42 Q&A - Financement et place de la recherche fondamentale
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01:59:56 Q&A - Transition agricole
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Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un rassemblement en soutien à la nationalisation d'ArcelorMittal à Paris le 11 juin 2026.
25MN TERMINER ACT
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Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un rassemblement en soutien à la nationalisation d'ArcelorMittal à Paris le 11 juin 2026.
Eric Fottorino, écrivain et journaliste, et Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, invités sur France le 10 juin 2026.
L'invité de 8h20 : le grand entretien
Par Benjamin Duhamel
Eric Fottorino, écrivain, journaliste, co-fondateur de l’hebdomadaire Le 1, co-auteur de "La Fraternité" (Michel Lafon) et Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, fille d’Edgar Morin, sont sur France Inter ce mercredi pour explorer tout le sens du mot "fraternité" dans le monde d'aujourd'hui.
"La fraternité, c'est quelque chose de plus abstrait et en même temps essentiel, estime mercredi sur France Inter le journaliste et écrivain Eric Fottorino. Je dirais que c'est presque un principe actif de la liberté et de l'égalité". Celui qui a écrit un livre sur la fraternité rappelle que "s'il n'y a pas de de fraternité, la liberté va devenir une toute puissance et chacun aura du mal à le faire valoir puisqu'il y aura les autres". "La fraternité, c'est quelque chose qui doit être consenti, c'est un choix, c'est un modèle social qu'on choisit de garder ou pas."
Eric Fottorino revient aux origines de ce principe, qui a "une dimension religieuse, c'est la dimension presque sacrée de la République". "La fraternité, c'est vraiment l'idée que ce qui arrive à l'autre me touche moi aussi." Néanmoins, Véronique Nahoum-Grappe, fille d'Edgar Morin, avoue que "le mot de fraternité, je l'interroge". "Vous ne pouvez pas avoir le même sentiment avec l'inconnu dans la rue que vous avez avec votre frère. C'est une métaphore, donc il faudrait en fait un autre mot", selon elle.
À écouter
"L'école doit cultiver une éducation à la fraternité", pour le secrétaire général de l'Enseignement catholique
L'invité de 7h50 du week-end
France Inter
10 min
Pour les deux invités de France Inter, la fraternité est liée à la notion de peur, une idée évoquée également par Edgar Morin. "C'est-à-dire qu'à la fois, la peur la permet, et qu'à la fois, la peur l'interdit", détaille Eric Fottorino, qui prend l'exemple de l période du Covid. "Les peurs ont fait qu'on s'est rassemblés, parce qu'on a applaudi les personnels soignants, on s'est mis en distanciation sociale pour protéger l'autre. Et puis la peur, par exemple l'immigration, c'est la peur de l'autre. On ne va être fraternels qu'avec ceux qui nous ressemblent."
Véronique Nahoum-Grappe partage cette observation, et prend, cette fois, l'exemple des migrations. "Prenons les migrations entre deux guerres, c'était une migration européenne, ça faisait moins peur. Maintenant, c'est une migration venue de tous les côtés, avec des gens différents, qui ne nous ressemblent pas. Donc, vis-à-vis de ces populations, on voit que toute une partie de la politique d'extrême droite les criminalise. Or, dans ces populations, il y a des gens différents, des gens extraordinaires, il y a de tout, il y a des cinglés aussi, il y a de tout."
Tr. ...
une atomisation de Je qui ne font plus un NOUS ... la fraternité, supplément d'âme ... entraide, générosité ... les inégalés clivent ... la distance ... migrants, portion d'humanité ... peur de ce qu'on ne connait pas, moins on est proche, plus on a peur ... ça s'apprend, vivre l'autre comme un autre moi-même ... on a tellement coupé les liens ... l'autre, l'avoir en face de soi ... l'écologie ... l'inattendu serait de ne rien faire ... ensemble, on construit quelque chose.
Ndlr : la fraternité est nécessite donc le sens de l'altérité
À Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a démontré que la bataille des idées reste son terrain de prédilection. Reste à savoir si le chef insoumis saura prolonger cette séquence de hauteur politique sans retomber dans les travers qui limitent depuis longtemps sa capacité de rassemblement.
Pierre Jacquemain • 8 juin 2026
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Personne ne doute plus de sa capacité à mobiliser. Personne ne conteste sérieusement sa place centrale dans la gauche actuelle. Mais une élection présidentielle ne se remporte pas en dominant son propre camp. Elle se gagne en construisant une majorité. Et c’est précisément cette capacité à élargir, à rassurer et à fédérer qui demeure aujourd’hui la principale inconnue de l’équation Mélenchon.
/ Muzna Shihabi ● Medias● Palestine● Politique
Les hommages nationaux sont une forme de chirurgie. On prélève ce qui peut servir, on retire ce qui dérange, on recoud proprement. La France vient d'opérer Edgar Morin. Le Juste, pour le pouvoir, n'est tolérable qu'une fois transformé en archive inoffensive.
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30 064 ont déjà participé Contaminants
Le scandale a trop duré. La population française est surexposée au cadmium, ce métal lourd cancérigène qui se retrouve dans notre alimentation : céréales, pâtes, riz, chocolat... Si nous sommes beaucoup plus contaminé·es que nos voisin·es européen·nes, ce n’est pas un hasard. Depuis des années, les responsables politiques ignorent les alertes des autorités sanitaires et mettent notre santé, notamment celle des enfants, en danger.
Il n’y a plus de temps à perdre : la loi pour enfin réduire la contamination du cadmium à la source, dans les engrais phosphatés, a été votée à l’Assemblée nationale ce 3 juin 2026, et pour avoir une chance de se concrétiser, elle doit maintenant être adoptée par le Sénat
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Publié Il y a 2 jours • 73 vues
Le Média
Peut-on sortir du capitalisme sans passer par l’étatisme ? C’est la question centrale que pose Guillaume Etievant dans Autogestion Générale, paru dans la collection Frustration Magazine x Les Liens qui Libèrent. Expert économique auprès des CSE et des syndicats, co-rédacteur en chef de Frustration Magazine, il a également contribué aux programmes économiques de Jean-Luc Mélenchon lors des campagnes présidentielles de 2012 et 2017.
Dans cet entretien, Guillaume part d’un constat : le travail ne reste pas au travail. Il “contamine” la vie privée et familiale des salariés et cette emprise structure bien au-delà de l’usine. Face à ça, ni les nationalisations massives ni les structures coopératives ne suffisent, selon lui, à rompre avec les logiques capitalistes et les rapports de domination qu’elles reproduisent.
Alors, l’autogestion généralisée comme horizon pour la gauche ? Et comment une force anticapitaliste conquiert et exerce le pouvoir, sans reproduire les réflexes des partis traditionnels, sans se couler dans les cadres de pensée bourgeois que la gauche peine encore à dépasser ? C’est ce à quoi l’on essaye de répondre dans ce nouvel épisode de On s’autorise à penser !
Visibilité Publique
Publié originellement 02/06/2026
CatégorieInconnu LicenceAttribution - Utilisation non commerciale - Pas d’œuvre dérivée LangueFrançais
Étiquettes Durée 34min 2sec
Commentaires désactivés
Tr.: GET, co-rédacteur en chef de Frustration magazine, auteur et expert économique ...
sortie du capitalisme, processus co-construit avec les citoyens ... la domination peu réapparaître partout. Penser un cadre qui garantie le code du travail ... que les syndicats aient leur place ...comment organiser la gouvernance pour réellement émanciper ? ... généraliser le secteur coopératif ... la CFDT dans les années 70 ... le vote ne suffit pas à la démocratie, ni à émanciper ... souffrance au travail ... travail ... individualisation des rapports sociaux en entreprises ... le vécu quotidien des salariés non vécu par les politiques ... vision étatiste, changement politique plus global, émancipation de la population d'abord, bataille culturelle ... s'attaquer à la propriété lucrative ... autant être radical car l'affrontement aura lien dans tous les cas.
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📺 Retrouvez en intégralité mon passage dans Dimanche en politique sur France 3 du dimanche 31 mai 2026.
5,49 k abonnés - 77+ - 2 467 vues - 24 commentaires #economie #capitalisme #finance
Dans cette vidéo, je propose une analyse claire et structurée d’une intervention de Matthieu Pigasse sur les inégalités et les dérives du système économique actuel.
J’ai sélectionné, monté et réorganisé les passages les plus marquants pour en extraire les idées essentielles et les rendre accessibles rapidement.
👉 L’objectif est de comprendre pourquoi les inégalités explosent, pourquoi le système devient instable, et quelles solutions concrètes sont proposées pour éviter une fracture sociale majeure.
💡 Mon travail de transformation :
Sélection des passages clés
Montage et découpage
Réorganisation pour plus de clarté
Vulgarisation des concepts
⚠️ Cette vidéo constitue une transformation éditoriale originale apportant une réelle valeur ajoutée (analyse, synthèse et pédagogie).
📌 Source originale : 04/2026
Chaîne YouTube : France Culture
Vidéo : • UN BANQUIER CONTRE LE CAPITALISME : CONTRA...
📌 Thème :
Économie, inégalités, capitalisme, fiscalité, services publics, dette
#inegalites #economie #capitalisme #finance
Tr.: ...
les services publics, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas ... refuser la fatalité ... dégager des marges de manoeuvre budgétaires ... niches fiscales / séparatisme fiscal ... volonté et vision ... gérer ET réformer ... apaiser, rassembler, fédérer ... un combat contre le RN et POUR la France ...
Partout dans le monde, nos listes progressent fortement et permettent de tripler le nombre d’élu·es insoumis·es représentant les Françaises et les Français établis hors de France.
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Connu / TG le 1/6/26 à 18:13
Portrait
Cette figure de la vie intellectuelle française de l'après-guerre s'est éteinte. L'homme, tout à la fois, sociologue, philosophe et anthropologue, est décédé à l'âge de 104 ans.
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Edgar Morin s'est éteint à l'âge de 104 ans (JOEL SAGET/AFP)
Mis à jour le 30 mai 2026 à 09:48
« Je suis mort-né » aimait rappeler Edgar Morin, figure de la vie intellectuelle française de l'après-guerre, qui vient de disparaître à l'âge de 104 ans. Ne se voulant ni sociologue, ni philosophe, ni anthropologue, car il était, selon les époques, un peu tout cela, celui qui préférait se présenter comme un « humanologue » aura poussé son amour bien connu du paradoxe jusqu'à narguer pendant plus d'un siècle cette mort qui aurait voulu l'appeler à elle avant même qu'il ne pousse son premier cri.
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Les médecins avaient prévenu sa mère, Luna, qu'elle ne pourrait pas donner la vie sous peine de perdre la sienne, suprême dilemme qui n'a cessé de hanter son unique fils, marqué à jamais par cet épisode d'un début d'existence s'annonçant déjà comme sa fin ... dix ans plus tard cette mère adorée lui est enlevée brutalement par la maladie
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Son pseudonyme dans la Résistance
Son père, Vidal Nahoum, dont il écrivit la biographie quelques années après son décès, à la fin des années 1980, tenait une bonneterie dans le Sentier. Les deux parents d'Edgar - il allait changer son nom de Nahoum en Morin, en gardant le pseudonyme qu'il s'était donné dans la Résistance -, étaient des Juifs séfarades, non pratiquants, venus de Salonique, et arrivés à Marseille, un peu avant la guerre de 1914. Leur fils a entretenu durant toute son existence un rapport difficile avec la communauté juive, ses critiques à l'égard de l'Etat d'Israël lui ont valu de solides inimitiés et soulevé beaucoup d'incompréhension. Lui-même préférait se définir comme un marrane, du nom de ces juifs espagnols convertis de force au catholicisme qui avaient continué de rester fidèles à leur religion en secret.
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Tout juste bachelier, il milite déjà pour la cause des républicains espagnols en 1936. Dès l'installation du régime de Vichy et l'Occupation, le jeune étudiant en droit et en histoire-géographie renonce à ses licences universitaires pour entrer dans la Résistance, adhérant du même coup au parti communiste. Dans la clandestinité, il prend de grands risques, se lie avec le sociologue communiste Georges Friedmann, théoricien du travail industriel, fréquente assidûment le « groupe de la rue Saint-Benoît », réuni autour de Marguerite Duras et son compagnon Dionys Mascolo.
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il fait la connaissance de François Mitterrand, dont il admira le courage durant cette période, et qu'il défendit publiquement lorsque le président socialiste fut vivement critiqué par les siens pour avoir été décoré de la francisque par Pétain. Même la coupable faiblesse de Mitterrand pour Roger Bousquet, l'ordonnateur de la rafle des juifs du Vel d'Hiv, ne réussit pas à faire changer d'avis l'ancien résistant Morin, pourtant peu convaincu par la politique menée par la gauche après 1981, à l'égard de son ancien compagnon de lutte.
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il se refuse à toute forme d'enrégimentement culturel. L'intellectuel en devenir vient d'acquérir une petite notoriété avec son premier livre, « L'An zéro de l'Allemagne », une sorte d'analyse sociologique en temps réel, utilisant la forme du reportage journalistique mêlée à la distanciation du chercheur, et rédigée alors qu'il était chef du bureau « Propagande » à Baden-Baden en 1946. A bien des égards, on peut y voir la préfiguration de la « manière Morin » dans les sciences sociales.
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Avec l'appui de Georges Friedmann, il amorce en même temps sa longue marche vers la respectabilité académique en publiant « L'homme et la mort » en 1950. Une étude sur l'imaginaire de la mort selon les cultures qui servira à légitimer sa nomination au CNRS, sans thèse doctorale à la clé
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Dans le cadre du CNRS, il défriche un nouveau domaine d'études pour la sociologie, s'intéressant aux industries culturelles et à leur corollaire, la culture de masse. L'intellectuel cinéphile qu'il restera jusqu'à ses vieux jours met en lumière notamment la transformation du rapport entre les acteurs de cinéma et les studios de production, les premiers réussissant à s'affranchir partiellement des seconds par leur starification croissante
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Sa volonté de mieux comprendre et de défendre le point de vue des Arabes, quitte à aller jusqu'à signer un livre de débat, « L'Urgence et l'Essentiel », en 2017, avec le sulfureux Tariq Ramadan, lui vaudra une méfiance tenace, pour ne pas dire plus, chez les juifs de France. Son effort de « contextualisation » des attentats de janvier 2015, avec un autre ouvrage à deux voix, « Avant, pendant, après le 11 janvier », ne passe pas mieux, certains l'accusant de chercher des justifications au terrorisme le plus barbare. Une de ses dernières incursions dans l'actualité brûlante sera motivée par le conflit ukrainien qui lui a inspiré une méditation sur la guerre publiée en 2022.
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Le deuxième registre de son œuvre, entamé avec son ouvrage sur l'imaginaire de la mort, s'attache à dégager un espace pour ce qu'on pourrait appeler une science totale de l'homme, en parcourant tous les champs du savoir, de la biologie à la philosophie. Ambition démesurée dans laquelle il est encouragé par le bon accueil fait, en 1972, à un livre tiré d'une communication à un colloque de Royaumont : « Le Paradigme perdu : la nature humaine ». Il le prolonge par un plaidoyer pour la transdisciplinarité, dans « Science avec conscience » en 1982 et surtout se lance dans un marathon en six volumes, appelé « La Méthode » ... non pas de tout ce que l'on sait, mais sur toutes nos manières de savoir. Ce qui débouchera sur d'autres ouvrages, plus accessibles, sur l'éducation, parmi lesquels « Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur », écrit à l'invitation de l'Unesco en 2000, et « Quelle école voulons-nous ? La Passion du savoir », corédigé avec Jean-Michel Blanquer, futur ministre de l'Education nationale.
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l'apport le plus original d'Edgar Morin à notre vie intellectuelle, celui en tout cas qui a le plus contribué à sa notoriété. Il s'agit de ses essais inspirés par les grandes mutations culturelles qui traversent régulièrement notre société. Cet esprit curieux et toujours en éveil avait l'art de saisir avec un talent interprétatif souvent jubilatoire de ce qu'il avait dénommé, en 1962, « L'Esprit du temps »
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c'est lui qui invente dans un article commandé par le quotidien Le Monde le terme de « yé yé » pour saluer l'émergence de cette « nouvelle classe adolescente ».
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CRITIQUE - « Le monde d'après », selon Edgar Morin
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promouvoir une autre façon d'envisager la politique, intégrant les nouveaux défis environnementaux, comme « Terre Patrie », publié en 1993, ou « L'entrée dans l'ère écologique » rédigé pendant la crise du Covid en 2020
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Son remariage à 91 ans avec Sabah Abouessalam sera précédé du récit écrit à quatre mains de leur coup de foudre, intitulé « La rencontre improbable et nécessaire », lors d'un Festival de musique
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mélange d'autodérision et de forfanterie, bon vivant habité par la présence de la mort, jongleur d'idées et de mots, ouvert au monde et chroniqueur de ses crises de foie, d'une intelligence étincelante distraite par des passions gigognes, spiritualiste fasciné par les sciences, courageux dans ses engagements pourtant si souvent sources de déception, en somme fidèle à lui-même mais à l'affût de tout ce qui change. Avec lui, c'est le siècle des intellectuels à la française qui prend vraiment fin.
Hélène Drouet et Morgane Jacob
Publié le 22/05/2026 à 18h21
Temps de lecture : 4 min
Nouvelle-Aquitaine - Plus sur le thème : climat
Alors qu'ils examinent depuis mardi la loi dite d'urgence agricole, les députés ont adopté ce jeudi 21 mai un article visant à simplifier les démarches pour construire des ouvrages de stockage d'eau, dont les réserves de substitution qui font débat en Poitou-Charentes.
Dans un contexte de retour des fortes chaleurs qui peuvent laisser craindre des sécheresses cet été
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porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu et la ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, compte 23 articles.
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L'article 5, facilitant le développement du stockage de l'eau pour l'agriculture, a effectivement été adopté tard dans la soirée, après d'importants débats. Pour le gouvernement, la mise en œuvre des réserves d'eau est "souvent ralentie par les blocages sociétaux et administratifs (lourdeur des autorisations)".
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hostilité des députés à gauche de l'hémicycle, en ce qu'il peut court-circuiter les recours en justice d'opposants, notamment d'associations environnementales, à ces projets. "Si un juge annule une autorisation de prélèvement, une autorisation provisoire sera désormais accordée le temps de refaire un dossier complet", annonce le gouvernement. En résumé, si le texte est définitivement adopté, l'État, par l'intermédiaire de son préfet, aurait désormais la possibilité de ne pas appliquer une décision de justice.
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Élue écologiste des Deux-Sèvres, Delphine Batho critique ce texte : "Cet article 5, il porte atteinte à l'État de droit et à la séparation des pouvoirs, a-t-elle déploré. Il supprime la possibilité pour les citoyens de s'exprimer dans les enquêtes publiques et surtout, fait inédit, il est en fait un article spécial Deux-Sèvres, puisque dans le Poitou, l'autorisation unique de prélèvement a été annulée par la justice parce qu'elle ne respecte pas les règles de base de l'État de droit concernant l'eau."
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Anne-Morwenn Pastier, hydrologue et géomorphologue, membre du collectif Bassines Non Merci, regrette également ce choix de simplifier le recours aux réserves de substitution, plaidant pour un changement de modèle agricole. Si le collectif n'est pas habilité à porter des recours devant la justice, il soutient les associations qui le font, comme France Nature Environnement ou la LPO. "C'est une composante nécessaire de la lutte, indique-t-elle. Ce n'est pas nous qui la portons mais ça fait partie des rapports de force et des garde-fous qu'on peut, en obtenant des jurisprudences, obtenir aussi pour le futur."
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"Les bassines, elles sont vraiment là pour pallier le fait qu'on prélève trop par rapport à ce que nos milieux peuvent déjà fournir, rappelle-t-elle. Alors qu'on aurait un petit peu de temps pour adapter le modèle agricole, accompagner les agriculteurs et les agricultrices vers un changement de modèle agricole, là c'est juste maintenir le statu quo quelques années, quelques décennies peut-être, et de notre point de vue perdre du temps par rapport à cette adaptation."
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ces SAGE sont élaborés par des commissions locales de l'eau, considérées comme des "parlements de l'eau", à l'échelle d'un sous-bassin versant. Créés par les préfets, ces parlements sont composés des instances publiques locales, des usagers et de l'État. Pour l'instant, un projet de réserve peut être refusé s'il convient au PTGE mais pas au SAGE. Or, le projet de loi pourrait permettre au préfet, représentant local de l'État, de déroger à cette décision.
Par Simon Verdiere - 11 mai 2026
À chaque scrutin, le même refrain résonne toujours à gauche de l’échiquier politique : il faut s’unir coûte que coûte pour l’emporter. Cette conception repose, cependant, sur le postulat assez fragile affirmant que les électorats constitueraient des blocs interchangeables que l’on pourrait facilement additionner. Cette stratégie élude, de plus, la nécessité d’un véritable projet, construit autour d’une idée de rupture.
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S’émanciper d’une forme de confort moral
Dans le cas précis de 2027, l’union ne peut donc advenir dans un projet cohérent, tant les points de vue diffèrent entre les multiples organisations. Cette volonté « à tout prix » est surtout un moyen de rassurer les élites politiques et médiatiques face à une gauche de rupture devenue première force du pays de ce côté de l’échiquier politique.
Au-delà de ce simple réflexe, il existe une exigence de clarté et de radicalité qui semblent la seule en mesure d’affronter les défis de notre temps. Reste à savoir si les électeurs voudront s’emparer de cette ligne pour opérer une véritable bifurcation ou plutôt se conforter dans le conservatisme actuel. Avec le risque de voir l’extrême droite tirer son épingle du jeu.
Rédaction 12 mai 2026
... résultat d’un long travail collectif pour revisiter et actualiser un grand classique de la sociologie mondiale et pour proposer un panorama inédit des relations entre école et société, dans la France du 21e siècle.
L’ouvrage est disponible en librairie ou sur le site de l’éditeur :
– Format papier : https://editions-croquant.org/champ-social/1203-la-reproduction-au-21e-siecle-actualite-de-bourdieu-et-passeron.html
– Format numérique : https://editions-croquant.org/livres-numeriques/1204-la-reproduction-au-21e-siecle-actualite-de-bourdieu-et-passeron.html