Après nos révélations sur les écrits antisémites de Jordan Bardella, le Rassemblement national menace « Mediapart ». Notre émission spéciale avec les journalistes qui ont enquêté.
À l’air libre - 29 septembre 2026 à 18h57
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Justice Social Entreprise
Dans les entreprises, les enquêtes internes constituent le principal outil utilisé pour traiter les signalements de harcèlement. Mais lorsque le mis en cause est proche de la direction, elles peuvent être menées de manière partiale au détriment de la victime.
Darius Albisson, le 3 août 2026
6 min
41 % des personnes victimes de harcèlement au travail estiment que l'employeur a mal réagi lorsqu'il a eu connaissance des faits, selon une étude Ipsos-Qualisocial (illustration). © MATHIEU THOMAS/HANS LUCAS VIA AFP
Arthur1, cadre de 25 ans dans une entreprise de marketing numérique, va exercer son droit d’alerte pour la première fois. Deux semaines plus tôt, l’élu du comité social et économique (CSE) a reçu le témoignage d’une employée en arrêt maladie, qui estime subir du harcèlement de la part de sa hiérarchie. « Son manager était colérique. Il lui a rabâché plusieurs fois qu’elle ne «servait à rien» et que son travail serait «facilement remplacé par l’IA» », détaille-t-il.
Mais les deux autres élus au CSE de cette entreprise de 60 salariés, proches de la personne mise en cause, se braquent vite. « Ils m’ont dit que ma démarche n’était pas correcte, que j’étais agressif, qu’il n’y avait pas besoin de faire une enquête », poursuit-il. Surtout, sa direction lui fait du chantage pour connaître le nom de la plaignante et celui du mis en cause avant son lancement, ce qui n’est pas un préalable obligatoire d’après le code du travail.
Finalement, l’employeur finit par démarrer une enquête. « Sauf qu’elle a été menée par la directrice des ressources humaines (DRH) et la comptable, toutes deux très proches de la direction et du harceleur », grince Arthur. Il évoque des entretiens enregistrés et une série de questions orientées. Parmi elles, certaines visent directement à identifier la plaignante : « Connaissez-vous quelqu’un en souffrance ? »
Depuis son alerte, il estime lui-même avoir subi du harcèlement, entre pressions et mise à l’écart, mais renonce à saisir les prud’hommes et négocie actuellement une rupture conventionnelle. La plaignante, elle, est toujours en arrêt maladie.
Obligation de sécurité
Depuis la loi Sapin 2 (2016), qui protège les lanceurs d’alerte, dès que l’employeur a connaissance d’un signalement, il doit prendre toutes les dispositions nécessaires afin de prévenir les agissements de harcèlement. L’enquête interne n’est pas explicitement mentionnée, mais constitue aujourd’hui le principal dispositif utilisé. Pour la mener, l’employeur est totalement libre. « La loi ne précise pas quelle méthode utiliser », souligne Nathalie Leroy, avocate en droit du travail. Il détermine la durée de l’enquête, qui peut se compter en heures ou en mois, et choisit aussi la personne à qui la confier : élus du CSE, RH, ou autres.
Elle peut aussi être « externalisée », c’est-à-dire confiée à un cabinet tiers, assurant, en théorie, davantage d’indépendance et d’impartialité.
C’est justement cette liberté offerte à l’employeur qui peut poser problème. Lorsqu’une personne en lien direct avec la direction est accusée de harcèlement, certains auront tendance à confier l’enquête à un proche.
Le schéma est ensuite récurrent : « L’employeur envoie un questionnaire avec des questions très fermées pour valider son propre point de vue. Les salariés, par peur, n’osent pas donner une version alternative », explique Marilyn Baldeck, militante contre les violences sexistes et sexuelles au travail, et fondatrice du cabinet d’enquête Essaimer. « Cela peut arriver dans toute entreprise, quelle que soit sa taille ou son secteur d’activité », ajoute-t-elle. Une situation qui a par ailleurs amené l’ex-Défenseure des droits, Claire Hédon, à formuler une série de recommandations, dans une décision-cadre publiée en février 2025.
Et puisque le nombre d’enquêtes menées augmente, celles faites de manière arbitraire sont aussi, mécaniquement, de plus en plus fréquentes. 41 % des personnes victimes de harcèlement au travail estiment que l’employeur a mal réagi lorsqu’il a eu connaissance des faits, selon une étude Ipsos-Qualisocial2 publiée en 2022.
Une jurisprudence protectrice
Lorsque le conseil de prud’hommes est saisi, les victimes de harcèlement « obtiennent souvent gain de cause en cas d’enquête partiale », affirme Marilyn Baldeck. « Des arrêts sanctionnent presque toutes les semaines les employeurs pour manquement au devoir de sécurité avec ces pratiques. »
C’est arrivé à Anna3, ancienne cadre au sein d’Engie. En juin 2018, à 35 ans, elle est mutée dans une agence régionale. Après une soirée en marge d’un séminaire organisé trois semaines après son arrivée, un collègue s’introduit dans sa chambre, tente de l’embrasser et pose ses mains sur ses fesses. Malgré plusieurs refus, il ne quitte la pièce qu’au bout d’une heure. Les semaines suivantes, il lui envoie plusieurs messages « hyper insistants », l’exhortant à le voir en dehors de leurs horaires de travail.
Anna se décide à en parler à sa hiérarchie dès septembre 2018. « J’ai directement senti l’hostilité de l’entreprise. Ils m’ont demandé de passer à autre chose, puis ils ont essayé de me mettre à l’écart en me proposant de changer de site », témoigne-t-elle. Une enquête est finalement menée par le DRH, dénommé « déontologue » chez Engie. Autre hic : « Ils ont construit l’échantillon qui les arrangeait. Certaines personnes présentes au séminaire, notamment des femmes, n’ont pas été interrogées, contrairement à des responsables hommes pourtant absents de l’événement. »
Désœuvrée par la poursuite du harcèlement et l’inaction de sa hiérarchie, elle fait une dépression et est placée en arrêt maladie. La médecine du travail la déclare inapte et elle est licenciée pour inaptitude, ce qu’elle conteste devant les prud’hommes.
En décembre 2025, après une décision de première instance qu’Anna et son avocate estimaient incomplète, la Cour d’appel condamne Engie pour harcèlement sexuel, harcèlement moral et licenciement nul. « L’employeur échoue à démontrer que la mise en œuvre de l’enquête a été effectuée dans un climat offrant à [Anna] des garanties réelles d’impartialité », précise la décision que nous avons pu consulter.
Vers une évolution de la loi ?
Si les cours de justice protègent les victimes, Nathalie Leroy appelle à une évolution de la loi pour traiter, à la source, les affaires de harcèlement : « Il faut établir une méthodologie claire. Faire une enquête, ça ne s’improvise pas. Même si elles doivent se faire au cas par cas, toutes nécessitent des notions juridiques, des compétences d’investigation et un bagage d’analyse comportementale suffisant. »
La juriste, qui tient un cabinet d’enquête, se dit également favorable à ce qu’elles soient systématiquement externalisées à une agence sans lien avec l’employeur, afin d’éviter au maximum tout conflit d’intérêts.
En décembre dernier, une proposition de loi4 a été déposée par la députée d’Eure-et-Loir Christelle Minard (Les Républicains) pour « donner un cadre législatif aux enquêtes internes ». Elle ne comprend que deux articles, qui visent principalement à renforcer le secret professionnel de l’avocat enquêteur en cas d’externalisation. « Ce texte est quasi vide, ce n’est pas suffisant pour gérer le problème », soupire Nathalie Leroy.
L’idée de faire évoluer la loi ne fait néanmoins pas consensus. « Si le cadre est trop rigide, il y aura encore plus de tentatives de faire taire les victimes ou de les licencier avant qu’elles ne dénoncent les faits, en particulier dans les petites structures où l’externalisation est complexe en raison de son coût », alerte Marilyn Baldeck, qui fait confiance à l’évolution de la jurisprudence aujourd’hui favorable aux salariés.
Elle a également contribué, avec le comité régional CGT de Normandie, à la publication d’un manuel5 visant à promouvoir les enquêtes menées conjointement par les CSE et l’employeur. Peu pratiquée, cette alternative mise sur la participation syndicale pour éviter des conclusions trop complaisantes envers le mis en cause. Mais là encore, pour que cette méthode soit efficace, encore faut-il s’assurer de l’absence de conflit d’intérêts entre les membres du conseil et l’employeur.
Article écrit par Darius Albisson, Journaliste
Nos débats et entretiens vidéo — Vidéo
Jérôme Denis et David Pontille sont les auteurs d’une enquête sur le travail, souvent invisible, consistant à faire durer les objets et les infrastructures qui constituent notre monde. C’est aussi une stimulante réflexion philosophique sur le sens de maintenir ce à quoi nous tenons.
23 décembre 2022 à 18h22 / Lucie Delaporte
Dans nos sociétés nourries aux récits enchantés sur l’innovation et la création, et souvent résignées devant l’obsolescence programmée des objets, les travailleurs de la maintenance sont parmi les plus invisibles.
Le Soin des choses. Politiques de la maintenance (La Découverte, 2022), des sociologues Jérôme Denis et David Pontille, est une passionnante enquête sur ceux qui travaillent, dans l’ombre, à conserver en l’état les infrastructures ou les objets du quotidien.
Des salariés de la RATP qui s’attachent à prévenir la corrosion des panneaux de signalisation du métro aux agents d’entretien des bâtiments en passant par celles et ceux qui œuvrent à la restauration des tableaux, l’ouvrage nous fait approcher au plus près le geste de « maintenir ».
Un livre qui est aussi une puissante réflexion philosophique sur le sens qu’il y a à faire durer les objets auxquels nous tenons et qu’il s’agit d’apprendre à écouter.
Nos débats et entretiens vidéo — Vidéo
De Sarkozy à Bruel, la nécessité du journalisme
Des journalistes de « Mediapart » racontent en quelques minutes leur enquête sur Sophie la girafe, le procès libyen, le quotidien de la couverture de l’extrême droite ou un reportage en Cisjordanie occupée. Cela s’est passé en public, lors du Mediapart Festival, le 6 juin 2026.
La rédaction de Mediapart
14 juillet 2026 à 12h35 - Voir 17 commentaires
À Mediapart, on appelle l’exercice la « Bonnette Party ». Le principe : des journalistes de la rédaction s’essayent au stand-up (l’humour, le plus souvent, en moins), afin de raconter leurs enquêtes, reportages, couvertures ou autres procès. Le résumé se veut vivant et dynamique, afin de convaincre l’auditoire de l’intérêt primordial du journalisme, mais aussi de la diversité du traitement de l’actualité dans nos colonnes.
Un débat animé par Lénaïg Bredoux et Valentine Oberti, codirectrices éditoriales à Mediapart, enregistré en public le 6 juin 2026, dans le cadre du Mediapart Festival à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Nos invité·es :
- Fabrice Arfi, qui revient sur le procès Sarkozy ;
- Pierre Jequier-Zalc, qui raconte son enquête sur Sophie la girafe ;
- Youmni Kezzouf, qui explique comment Mediapart enquête sur l’extrême droite ;
- Marine Turchi, qui rembobine l’affaire Patrick Bruel.
Extrême droite — Entretien
« La défiance sur laquelle le RN a prospéré peut aussi se retourner contre lui » Pour le politiste Alexis De Brito, la condamnation en appel de Marine Le Pen et de son parti pourrait détourner une fraction de son électorat la plus volatile, sensible aux questions de probité. À condition que d’autres forces politiques s’adressent sérieusement à ces catégories populaires rurales. par Youmni Kezzouf
Dossier — 87 articles
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Biodiversité et pollution
La multinationale minière multiplie les incidents environnementaux et soulève un tollé chez les élus locaux bretons qui ont appris, le 23 juin, que 15 millions de litres d’effluents acides pollués par des métaux lourds avaient été déversés en amont de la réserve naturelle de Glomel.
Celia Izoard (Splann !) - 30 juin 2026 à 07h20
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enquête a été réalisée par Splann !, une ONG dédiée à l’investigation journalistique en Bretagne dont Mediapart est partenaire.
https://splann.org/nouvelle-pollution-a-glomel-15-millions-de-litres-deffluents-acides-dans-le-ruisseau/
Enquête — Agriculture
Mis à jour le 6 février 2026 à 07h30
Durée de lecture : 10 minutes
Les mobilisations agricoles menées par la Coordination rurale sont une aubaine pour l’extrême droite. Les groupuscules radicaux s’y invitent, voire organisent conjointement des actions. Le tout, sans que le syndicat ne s’y oppose vraiment.
Vous lisez la troisième enquête réalisée en partenariat avec StreetPress sur la Coordination rurale.
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Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?-K289g
Voir tout
- Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe (1/3) En enfer
- Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe (2/3) Radiation
- Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe (3/3) Responsabilité
53 min
Disponible jusqu'au 05/06/2026
À la télévision le lundi 27 avril à 11:40
Clés : Info et société Enquêtes et reportages Documentaire
Quarante ans après la pire catastrophe nucléaire de l'histoire, cette enquête révèle les mécanismes d'un mensonge d'État. Dernier volet : à la conférence de l'Agence internationale de l'énergie atomique de Vienne, en août 1986, l'URSS se défausse de sa responsabilité, invoquant des erreurs humaines commises par le personnel de la centrale.
Ces mêmes arguments aboutissent l'année suivante à de lourdes condamnations mais le masque se fissure. Nikolaï Steinberg, qui a supervisé la construction du sarcophage, mène une enquête obstinée et rétablit la vérité : le réacteur souffrait d'un vice de conception connu des autorités bien avant la catastrophe. Une épine supplémentaire dans le flanc d'un empire vacillant, qui contribue à précipiter sa chute, en décembre 1991. Quarante ans après, alors que la centrale a définitivement fermé et que la guerre ravage à nouveau la zone d'exclusion – soldats contaminés, sarcophage touché par les drones –, Tchernobyl appartient autant au présent qu'à l'histoire.
Réalisation Erica Jenken Tom Cook
Pays Royaume-Uni
Année 2026
Tr.: ...
technologie RBMK ...
Connaissance de l'emploi #215
La mauvaise santé des agriculteurs en fin de carrière. Démasquer les effets différés d'un travail pénible
Alban Mocquin
Au sein de la population en emploi, les agriculteurs et les agricultrices[1] déclarent une meilleure santé que les salariés (hors cadres). Ce constat peut surprendre compte tenu de leur surexposition aux pénibilités du travail.
Ce numéro de Connaissance de l’emploi propose une analyse attentive aux effets différés du travail sur la santé et révèle, au contraire, la prévalence des troubles physiques et psychiques qui affectent la profession en fin de carrière. Il mesure l’ampleur de ces pathologies à partir des données de l’enquête Conditions de travail (Dares) et en dévoile les causes à partir d’entretiens rétrospectifs auprès d’agriculteurs âgés de 50 ans ou plus.
[1] Il s’agit exclusivement des non-salariés agricoles, considérés ici à l’échelle du groupe. Les inégalités de fin de carrière entre exploitants (santé, retraite, patrimoine…) font l’objet de travaux en cours, notamment sous l’angle du genre.
Télécharger la publication au format PDF
Connu / TG le 10/03/26 à 9:26
BLAST, Le souffle de l'info
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Indissociable du journal qui l’a vu grandir, Fabrice Arfi est devenu, ces derniers mois, l’un des visages les plus identifiés de l’investigation en France.
À Mediapart depuis 18 ans, il a signé ou porté certaines des enquêtes qui ont structuré le paysage médiatique récent : Cahuzac, Woerth-Bettencourt, Epstein…
Des affaires où il traque moins le “fait divers” que ce qu’il appelle un « laboratoire d’époque » : la corruption ordinaire, les atteintes à la probité, les angles morts du pouvoir.
Mais c’est surtout l’enquête Sarkozy-Kadhafi qui l’a fait basculer dans une autre visibilité. Parce qu’elle dure. Parce qu’elle résiste. Parce qu’elle oblige à tenir une ligne pendant plus de dix ans : vérifier, recouper, publier, encaisser, recommencer.
Rencontre avec le journaliste de Médiapart.
#information #journalism #mediapart #arfi
Fabrice Arfi dénonce "l'effet rideau" du livre "Le journal d'un prisonnier" de Nicolas Sarkozy
de France Culture
20:00 terminer ACT
Extrême droite — Enquête
Les organisatrices de la manifestation prévue samedi 21 février à Lyon ont entretenu des liens étroits avec le groupe dissous en 2025, notamment pour apologie de la collaboration avec le nazisme. Lui-même passé par Lyon Populaire, un des amis de Quentin Deranque associé à la marche est le collaborateur parlementaire d’une députée RN.
Extrême droite — Enquête
La députée d’extrême droite Lisette Pollet a annoncé mardi qu’elle se séparait de son collaborateur Vincent Claudin, juste après avoir reçu nos questions sur les tweets pro-Hitler et antisémites publiés pendant des années par celui-ci. Le militant était un des meilleurs amis de Quentin Deranque.
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1h06 | 16/02/2026
Description
Pour la première fois, nous ne recevons ni un maire ni une élue en fonction au micro de Vie de Maire, mais une femme qui, depuis plus de trente ans, travaille à leurs côtés : Cécile Dublanche.
Juriste spécialisée en urbanisme et en environnement, passée par des postes de direction en collectivités locales, formée au management et à la médiation, elle accompagne aujourd’hui des élues dans l’exercice de leur mandat via son organisation Et si demain.
Si nous avons souhaité enregistrer cet épisode, c’est parce que Cécile vient de publier une étude d’une richesse inouïe : Enquête au cœur du mandat de 112 élues locales. À partir de dizaines d’entretiens et de nombreux témoignages, elle met en lumière le quotidien des femmes en responsabilité : l’engagement, la charge mentale, les freins systémiques, mais aussi les compétences qu’elles développent pour faire face aux défis de notre époque.
Dans cet épisode, nous revenons d’abord sur son parcours, pour comprendre d’où elle parle et ce qui l’a conduite à s’intéresser de si près aux élues locales. Puis nous explorons en détail les enseignements de son enquête et les pistes concrètes qu’elle propose pour mieux soutenir les femmes dans la vie publique.
Un épisode utile à toutes les élues, et à celles qui envisagent de le devenir, mais aussi à leurs collègues, aux équipes municipales et à tous ceux qui s’interrogent sur l’avenir de la démocratie locale et sur les conditions d’une parité réellement effective.
Hébergé par Ausha.
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Podcast animé par Clémentine Guilbaud Demaison et Margot Alquier
Contact : viedemaire.podcast@gmail.com
Tr.: ...
Jean-François Caron, maire de Loos-en-goère ...
admirative de transformer les quartiers ... /discours de Trump à Davos, au-delà du pire que l'on peut imaginer ... être debout, actif, attentif, espoir dans les collectivités locales ... a vu la ville se transformer, capacité de renouveau, de mieux vivre ensemble ... 60% d'élus de la ruralité, de femmes, tout le monde peut participer, énergie sur le territoire ...
ENQUÊTE 2026 cap important / endiguer difficultés de la planète. Début 2025 touchée / horribles mandats, démissions, dépressions, pas des femmes élues, a eu plus de 80 réponses, entretiens extraordinaires, autres femmes (58) en + ... nuances, énergie des femmes, revigorées, résilience, force, adjointes aussi, hommes aussi, verbatims nuancés.
Verbatims
/appel, engagement, venaient de tous horizons, de parcours différents ... travaillent, e forment, discernement, des hommes en sur-confiance, doutes, écoute, force ... refaire le PLU intercommunal, grande technicité, pose des questions, se forment, sens de l'intérêt général, délégation à fond, pas symbole de la bonne élève, ont grandit, c'est beau, freins systémiques, criait pour ne pas polluer sa vie de famille, pas d'espaces pour discuter, sentiment d'être empêché, violence, prendre la parole en public, peur d'avoir moquerie, blague de mauvais goût, avoir de la répartie, être prévenues, q de rapport au pouvoir, rassurant car toujours les mêmes stratégies, des hommes vont aider certaines femmes, mais pb systémique, coopération, variété de situations, liens entre hommes et femmes / parité, intercommunalités constat affligeant 11% de femmes seulement, petits arrangements entre amis, nébuleuse, ya pas d'obligations dans l'interco, indemnités complémentaires, pouvoir supplémentaire, décriés d'un point de vue démocratique, ya des services de grande qualité, ex PLU, bien le comprendre, yaura plus de femmes candidates, un jour demander la parité, charge mentale, yen a trop, les hommes prennent plus leur part, ex garde-alternée, éviter la peur de l'insulte, être bousculées, les horaires, le temps, les compétences du 21ème siècle, les femmes mieux armées / réchauffement climatique, ... lien, coopération, gouvernance horizontale, plus personne ne peut faire tout seul, modestie, sincérité, fréquence commune, plus ouvertes, dans le dialogue, capacité d'écoute, JF caron ... élus médecins, empathie, recherche de solutions, exprimer sans écraser l'autre ... médiation ... manager plus ouvert, consensuel, depuis les années 2000, apprennent, déploient, femmes de terrain, jamais les mêmes solutions, politiques publiques, loi sur le statut de l'élue locale, sortie du mandat, aides, ya beaucoup de choses, améliorations du statut, ex canada charte de l'élue locale, en fr pas grand chose, relations entre élus, respect, déontologie, dans un règlement intérieur, mettre des règles de bienséance, que les malotrus soient mis à mal, soutien aux femmes victimes de violence avance bien, prendre en compte le climat.
Diffuser largement cette étude, intéressante pour les hommes et les femmes, étude à vulgariser, feuille de route pour de nouvelles élues, faciliter le mandat des élues, open source, aider à comprendre les blocages, redonner de l'énergie, personne d'écoute, de ressource, comment bien vivre son mandat, trouver des sol / ce qui les gêne ... ne sera pas maire elle-même, revient à Cahors? aider les élues.
Conseil de la feuille de route : s'écouter, s'entourer, c'est en faisant, on ne peut pas imaginer, découverte, ya des ressources, réseaux, en petit rural pas facile, épanouissement, révélation / l'action, écoute, faciliter, actions concrètes, comment faire vivre le village, la petite ville, ...
Conclusion : énergie, capa écoute, médiation, difficultés systémiques, pas fatalité, clés, courage, regard, parité, chance démocratique.
connue / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?mIR9yg
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bloquer tout, l'écologie par la lutte des classes et pas par l'environnementalisme
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Nous entendons par luttes environnementales les mobilisations et mouvements citoyens contre les grands projets inutiles, imposés et polluants qui portent atteintes à l’eau, aux sols, à la biodiversité, à l’air en France.
Nous travaillons en collaboration avec Terres de Luttes qui a déjà révélé les facteurs de succès des luttes environnementales. L’objectif de notre étude est d’étudier toutes les luttes en France afin de mieux en saisir les caractéristiques et la portée, et d’en comprendre et faire reconnaître les valeurs qu’elles portent et leurs rôles dans la protection du vivant et des biens communs des territoires.
À qui s’adresse ce questionnaire ?
... aux personnes impliquées dans des collectifs engagés dans une ou plusieurs luttes environnementales en France.
Par "collectif", nous entendons tout regroupement de personnes, qu’il soit constitué de manière formelle ou informelle (associations, collectifs, syndicats, etc.), le terme étant ici utilisé dans un sens large et inclusif.
Votre expérience et votre aide sont cruciales. Nous vous remercions beaucoup de contribuer à notre effort pour rendre plus visible les luttes environnementales en remplissant ce questionnaire.
Les questions ont été co-construites avec différents collectifs engagés dans dans des luttes
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Membres du projet de recherche
Coralie CALVET (Université de Montpellier, UMR SENS, AgroParisTech), Stanislas RIGAL (INRAE, UMR TETIS), Anne-Charlotte VAISSIERE (CNRS, UMR ECOBIO), Ruppert VIMAL (CNRS, UMR GEODE), Fanny GUILLET (CNRS, UMR CESCO), Vincent DEVICTOR (CNRS, UMR ISEM), Brian PADILLA (MNHN, UMS PATRINAT), Eléa PROUST (Université de Montpellier, UMR SENS, AgroParisTech)
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Connu / wg
La contamination de ces produits à l'hexane est documentée par une récente étude de l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) ainsi que par les analyses de Greenpeace France présentées dans ce rapport.
l'hexane, un solvant toxique, dans vos assiettes - greenpeace.fr
Après plusieurs mois d'enquête, Greenpeace révèle dans un rapport inédit comment nos aliments sont contaminés à l'hexane, un solvant dérivé du pétrole utilisé par les géants de l'agro industrie pour fabriquer des huiles végétales et des produits destinés à l'alimentation animale.
Résumé
... Greenpeace France souhaite alerter sur le scandale sanitaire ... solvant d’origine pétrochimique ... L’hexane, utilisé comme un solvant d’extraction afin d’extraire les huiles végétales à grande échelle (soja, colza, tournesol…), est au cœur de l’industrie agroalimentaire. Son usage permet l’extraction de la quasi-totalité de la matière grasse et la production d’un tourteau1 très concentré en protéines, répondant ainsi aux exigences de productivité de l’industrie.
Son usage n’est pourtant pas sans risque pour la santé publique car depuis un certain temps, l’hexane est scientifiquement reconnu comme dangereux sur le plan sanitaire. Il s’agit d’un solvant neurotoxique, également suspecté d’être reprotoxique. Il s’agit encore d’un potentiel perturbateur endocrinien
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des tests sur plus d’une cinquantaine de produits alimentaires de grande consommation. Les résultats obtenus sont extrêmement inquiétants : de l’hexane a été détecté dans trente-six des cinquante-six produits testés, et ce, de manière quasi-systématique dans les huiles, le beurre et les laits, y compris infantiles. Par ailleurs, des résidus d’hexane ont également été retrouvés, dans une moindre mesure, dans du poulet.
Ces résultats sont d’autant plus préoccupants que les consommateurs n’ont aucun moyen d’en être informés : l’hexane, considéré comme un « auxiliaire technologique » par les réglementations européennes, échappe à toute obligation d’étiquetage et n’apparaît donc pas sur les emballages des produits concernés.
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responsabilité d’un acteur quant à la présence de résidus d’hexane dans notre alimentation : le groupe agro-industriel Avril. Situé à la cinquième place des plus grands groupes agroalimentaires français, avec un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros en 2024, Avril transforme près de la moitié des graines triturées en France. Nous démontrons comment, de par sa centralité au sein du secteur des oléoprotéagineux, Avril rythme l’organisation et pèse fondamentalement sur les orientations stratégiques de l’ensemble de la filière française
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démontre que l’hexane est au cœur du processus d’industrialisation de l’alimentation animale, lui-même moteur de l’élevage industriel
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Greenpeace France demande l’interdiction de l’hexane comme solvant d’extraction dans les produits alimentaires ainsi que l’interdiction de l’importation des produits en contenant, et appelle les pouvoirs publics à soutenir activement le développement et la valorisation des méthodes d’extraction sans hexane, déjà existantes.
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s’accompagner de la reprise de recherches sur la toxicité chronique de l’hexane, et d’analyses sanitaires pour évaluer l’exposition de la population à ce produit.
Enfin, Greenpeace France demande d’intégrer l’affichage des auxiliaires technologiques sur les étiquettes des produits alimentaires pour des raisons de transparence et de droit à l’information des consommateurs. Pour ce faire, les pouvoirs publics, le gouvernement, ainsi que les parlementaires français et européens, devront se saisir en responsabilité
de ce sujet de santé publique majeur avec les leviers et les opportunités législatives à leur disposition.
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Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?-iTojQ
Patrick Marques @pmarques35.bsky.social
[1/3] Le rapport AXA 2025, fondé sur une enquête auprès de 3.595 experts dans 57 pays, classe pour la 4e année consécutive le changement climatique comme principal risque mondial, devant les conflits et la fragmentation géopolitique. #geography #Global #Risks
Visualizing the Top 10 Global Risks (2020-2025)
From climate change to rising polarization, we show the top 10 global risks in an increasingly uncertain climate.
www.visualcapitalist.com
31 octobre 2025 à 08:25 19 reposts 2 citations 24 ont aimé 2 conservés
- [2/3] Les catastrophes climatiques aggravent les migrations et la baisse des rendements agricoles. L’essor de l’intelligence artificielle crée aussi de nouveaux risques pour la sécurité et l’emploi. La carte mondiale des vulnérabilités se redessine. #geography #Global #Risks
- [3/3] AXA Future Risks Report 2025 :
www.axa.com/fr/actualite...
#geography #Global #Risks
Future Risks Report
Le panorama mondial des risques émergents
www.axa.com
C'est sur les plate-formes et les réseaux sociaux que les proxénètes publient les photos d'annonce d'adolecentes. ©Maxppp - Guillaume Bonnefond
Publié le dimanche 12 octobre 2025 à 09:12 / Interception
20 000 jeunes filles mineures se prostituent en France. Un chiffre sans doute sous-évalué. Les trois quart sont passées par les foyers de l'aide sociale à l'enfance.
Entre 13 et 14 ans. C'est l'âge moyen des enfants qui se prostituent en France. Dans l'immense majorité des cas, ce sont des filles, déjà victimes de harcèlement, ou pire, d'agressions ou de viols.
Des mineures, isolées, qui cherchent sur les réseaux sociaux des amis à qui parler. Les trois quarts sont passées par des foyers de l'aide sociale à l'enfance, mais parfois aussi, des filles de médecins ou de profs. Tous les profils sont concernés. Toutes les régions.
Une fois ferrées par les proxénètes -souvent des groupes de délinquants très organisés- les jeunes filles sont vendues. tabassées. Emmenées d'une ville à une autre pour faire des passes par jour dans des AIrBnb. Des dizaines de passes, jusqu'à générer quotidiennement un millier d'euros.
Dans ce reportage, deux témoignages rares. Celui de Rachel, 17 ans, deux ans de prostitution derrière elle. Et celui d'une maman de Montpellier, qui cherche un peu partout en France sa fille, emmenée 3 fois d'affilée par des proxénètes rencontrés sur Snapchat, interpellés plusieurs fois, et relâchés.
Collégiennes à vendre, un reportage d'Antoine Giniaux
Clés : Info Société
19 min
Le 10 septembre 2025, le mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, appelle à une journée de blocages généralisés contre la politique budgétaire du gouvernement Bayrou. Massivement relayé en ligne et déjà soutenu par 63% de Français1, ce mot d’ordre interroge : qui sont ses partisans, que révèlent leurs colères et en quoi diffèrent-ils des « gilets jaunes » ? Antoine Bristielle propose un premier portrait de ce mouvement encore nébuleux.
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Née sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées, cette initiative se présente comme un appel aux blocages, contre la politique du gouvernement Bayrou. Sur le site internet centralisant les revendications du mouvement https://indignonsnous.fr/, on peut en effet lire : « Nous appelons toutes les personnes résidant en France métropolitaine et dans les Dom-Tom à se mobiliser contre ce budget ! Nous ne voulons pas subir leur crise. Nous voulons changer de cap, pour de bon, avec et pour le peuple. Pas contre lui ».
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le Rassemblement national a exprimé sa volonté de ne pas s’y associer
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nous avons mené une enquête en immersion dans ce mouvement. Du 15 au 23 août 2025, nous avons posté à échéance régulière un questionnaire en ligne dans les différents groupes Telegram et Facebook du mouvement « Bloquons tout
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Bloquons tout » est un mouvement structuré d’abord par une bonne partie d’individus à première vue très éloignés de l’extrême droite
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Quel profil sociologique ? La jeunesse des petites villes à la manœuvre
Le profil par âge des soutiens de « Bloquons tout » met en évidence un mouvement notamment composé de jeunes et plus précisément de jeunes actifs.
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nette surreprésentation des hommes : ils représentent 56% des répondants, contre 34% de femmes. On observe également une part non négligeable (10%) de personnes s’identifiant à une autre catégorie de genre.
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« Bloquons tout » n’est pas avant tout un mouvement métropolitain ou parisien, mais qu’il puise sa force dans les petites et moyennes villes, espaces souvent marqués par un tissu social dense, une tradition de sociabilité locale et un rapport direct aux enjeux de redistribution et de services publics. Cela contribue à enraciner la mobilisation dans une géographie de la contestation distincte de celle des grandes capitales régionales ou de Paris. Ces résultats sont par ailleurs très cohérents avec la structuration du mouvement sur les boucles Telegram, qui ne s’organise pas avec un seul groupe national, mais avec des groupes régionaux, départementaux, voire locaux.
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Seule une minorité des participants déclare avoir été eux-mêmes « gilets jaunes » (27%). La grande majorité (61%) affirme ne pas avoir participé au mouvement, mais l’avoir soutenu de l’extérieur. Enfin, 12% se disent indifférents ou opposés aux « gilets jaunes ».
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Bloquons tout » ne s’enracine pas dans les catégories les plus précarisées et fragilisées économiquement, mais dans des segments plus jeunes, plus diplômés et plus politisés
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Les participants expriment moins une détresse matérielle personnelle qu’un projet politique global, porté par l’idée de justice sociale et de transformation radicale
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C’est un laboratoire d’auto-organisation […] fondé sur l’entraide, la solidarité de classe et la gestion collective des besoins », ou encore « Par la mutualisation des savoirs […] pour armer intellectuellement notre résistance
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Le rejet d’Emmanuel Macron et du Premier ministre semble constituer l’un des ressorts centraux de l’engagement dans « Bloquons tout ». Nous l’avons dit, ce rejet se matérialisait dès l’élection présidentielle de 2022, mais trouve finalement dans le budget de François Bayrou une nouvelle opportunité d’expression. Seuls 2% des répondants à notre enquête déclarent avoir confiance dans le président de la République, contre 22% des Français, et à peine 2% dans le Premier ministre, contre 14% des Français. Cette absence quasi totale de confiance illustre la radicalité du rapport au pouvoir exécutif, perçu non seulement comme illégitime, mais comme l’incarnation même d’un système à abattre.
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elle s’attaque à la légitimité même des institutions de la Ve République et du pouvoir centralisé, accusés de trahir le peuple et de gouverner pour les plus riches. Le mouvement se nourrit donc d’une rupture profonde avec l’exécutif, vécue comme une condition préalable à toute transformation politique.
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Un système injuste gouverne nos vies, dès notre naissance et nous laissons une infime partie de la population décider pour nous
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la mobilisation ne peut pas se limiter à l’arène électorale. Elle doit passer par d’autres formes d’action : la rue, la grève, la contestation directe, mais aussi l’invention de nouvelles institutions démocratiques. Le vote, perçu comme inefficace ou capturé par une minorité, cède la place à une logique de rupture et d’action collective directe.
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la confiance dans les médias, déjà assez faible au sein de la population française (32%), atteint un niveau abyssal chez nos répondants (6%).
Le seul contre-pouvoir institutionnel qui conserve une crédibilité notable auprès des répondants de « Bloquons tout » est celui des syndicats. Dans notre enquête, 45% des participants déclarent leur faire confiance, soit un score supérieur à celui observé dans la population générale (39%). Cet écart est significatif : alors que la défiance s’étend à la quasi-totalité des institutions politiques et médiatiques, les syndicats apparaissent comme un espace encore légitime de représentation et de mobilisation collective.
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les syndicats constituent un appui possible, non pas parce qu’ils incarneraient une solution institutionnelle, mais parce qu’ils participent d’une logique d’action collective en dehors du cadre parlementaire et électoral. De fait, si « Bloquons tout » se nourrit d’une défiance généralisée à l’égard du pouvoir et des institutions, il ne rejette pas toutes les formes d’organisation : les syndicats demeurent perçus comme des alliés potentiels dans la lutte, en tant que vecteurs de mobilisation et de rapport de force. Cette distinction éclaire l’une des raisons d’être du mouvement : chercher à construire une dynamique de transformation en s’appuyant non pas sur les institutions politiques classiques, mais sur des structures de lutte et de contestation issues de la société civile organisée.
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Alors que 78% des Français estiment que leurs idées ne sont pas bien représentées par le système politique, ce constat est partagé par 96% des soutiens du mouvement ayant répondu à notre enquête. De même, 76% considèrent que « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus » et 86% qu’ils agissent principalement dans leur intérêt personnel. Ces jugements traduisent une rupture radicale avec les institutions existantes et alimentent la conviction que la mobilisation est le seul levier de transformation
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le système politique est perçu comme illégitime, corrompu et incapable de représenter le peuple
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registre émotionnel ... avant tout de la colère (52%) ... L’inquiétude (24%) et l’espoir (19%) constituent des émotions secondaires, mais significatives, traduisant à la fois l’angoisse pour l’avenir et la conviction qu’un changement reste possible. À l’inverse, la peur (3%) et la sérénité (2%) sont quasi absentes, ce qui souligne que le mouvement n’est ni marqué par le repli ni par l’acceptation de l’ordre existant, mais bien par une logique d’opposition active.
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Entre justice sociale et démocratie directe : des revendications extrêmement marquées
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une immense majorité (82%, contre 37% en population générale) se prononce pour la démocratie directe – un système où le peuple décide directement des lois à travers des référendums, des assemblées citoyennes ou des instances tirées au sort. Les autres options – gouvernement des experts, pouvoir militaire ou autorité d’un dirigeant fort – sont quasi inexistantes, contrairement à une partie de l’opinion publique. Ce résultat met en évidence une revendication essentielle : « Bloquons tout » ne demande pas seulement des réformes sociales ou économiques, mais aspire à un changement institutionnel profond, rompant avec la démocratie représentative pour instaurer une démocratie directe et participative. C’est sur ce point précis que « Bloquons tout » se rapproche le plus des « gilets jaunes », dont l’une des principales revendications portait déjà sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC) et sur la volonté de donner au peuple un pouvoir direct dans les décisions politiques.
Les modalités d’action : jusqu’à la violence ?
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décalage entre une détermination collective forte et une absence de structuration claire de l’action, qui laisse les individus dans l’attente de consignes ou d’initiatives locales ou nationales. Autrement dit, si l’intention de « bloquer » est partagée, sa mise en œuvre reste encore largement indéterminée, ce qui contribue à entretenir un climat d’incertitude autour de la mobilisation.
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si la violence n’est pas une perspective unanime, elle est jugée légitime par une part significative des répondants de « Bloquons tout ». En effet, 44% d’entre eux estiment qu’il est « normal que certaines personnes usent de la violence pour défendre leurs intérêts », soit deux fois plus que dans l’ensemble de la population (22%). Ce résultat souligne que le mouvement n’exclut pas la radicalité : une partie non négligeable de ses membres considère la violence comme un mode d’action possible dans certaines circonstances, en cohérence avec une vision de confrontation directe avec le pouvoir. Cela ne signifie pas pour autant que « Bloquons tout » basculera nécessairement dans des formes d’action violentes, mais cela met en lumière une disponibilité accrue à la conflictualité totale, qui distingue le mouvement d’autres mobilisations plus strictement pacifiques et qui alimente l’incertitude sur ses formes d’action futures.
Connu / https://www.bfmtv.com/societe/10-septembre-pourquoi-le-mouvement-bloquons-tout-ressemble-plus-a-nuit-debout-qu-aux-gilets-jaunes_AV-202509050609.html
Ndlr :
- parler de journée à propos des "blocages généralisés" est pathétique puisqu'il a été annoncé que ce sera un mouvement dans la durée pour l'atteinte d'un résultat politique que les GJ n'ont pas obtenu.
- associer "radicalité" et "violence" me semble faux et regrettable.
"Prendre les pb à la racine" n'a aucun rapport avec la violence !
Enquête intéressante à prendre avec recul. - Je retiens : mouvement populaire, extrême droite NON, jeunesse, petites villes, démocratie directe.
idees - Lecturama
Une enquête sur le grand rapprochement entre patrons et extrême droite, et 3 autres conseils de lecture
Le 06 Septembre 2025 / Par La rédaction - 0 Commentaire(s)
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En tête de notre sélection cette semaine, le livre du journaliste Laurent Mauduit, qui dévoile comment et pourquoi, des grandes entreprises aux PME, les milieux d’affaires se préparent à collaborer avec le RN.
Chaque samedi, Alternatives Economiques sélectionne pour vous des livres qui méritent d’être lus.
Cette semaine, nous vous conseillons : Collaborations. Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires par Laurent Mauduit ; Big Bad Pharma, ça suffit ! Changer l’économie du médicament pour mieux soigner par Gaëlle Krikorian et Médecins du monde ; Les capitalismes contemporains par Dominique Plihon ; Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ? par Cédric Durand.