par Romain | Jan 20, 2024 | Économie
À l’ère de l’évolution technologique et financière, la Russie s’affirme en forgeant son propre chemin dans le secteur du paiement international. Le système de paiement russe SPFS, analogue national du système SWIFT mondialement connu, marque désormais sa présence significative sur la scène internationale. Nous nous penchons sur cette progression et ses ramifications dans l’écosystème financier mondial.
...
en 2014 découlait d’une nécessité géopolitique, notamment la pression externe suite à l’annexion de la Crimée. Face à la menace d’une possible exclusion du système SWIFT, la Russie a riposté en développant sa propre infrastructure financière. Et aujourd’hui, le SPFS se vante de compter 557 entités, comprenant à la fois des établissements bancaires et des entreprises, insérées dans son réseau. Cette avancée inclut 159 participants de divers états, prouvant l’expansion internationale du système.
...
commission fixe attrayante pour les opérations, fixée à RUB 0,8-1,0 par message, un tarif compétitif qui pourrait influencer positivement son adoption. Néanmoins, comparé à son homologue chinois, le CIPS, et surtout le gigantesque réseau SWIFT, le SPFS semble encore en phase de maturité. Ainsi, bien que des informations précises sur les volumes de transaction manquent, cette infrastructure représente un potentiel non négligeable pour remodeler l’architecture des paiements internationaux.
Une stratégie de dé-dollarisation
...
les blockchain et les monnaies numériques de banque centrale (CBDCs) comme des alternatives prometteuses aux outils financiers conventionnels, ouvrant ainsi le débat sur l’avenir du système monétaire global.
Introduire les technologies blockchain et les CBDCs pourrait résulter en un mécanisme de paiement efficace et sécurisé, bien que les CBDCs fonctionnent différemment de la blockchain
...
avec la montée des véhicules d’investissement modernes tels que les ETF Bitcoin, la digitalisation de l’économie semble inéluctable.
Les perspectives d’avenir pour SPFS
...
Les enjeux actuels autour de l’autonomie financière et de la dé-dollarisation favorisent la recherche et le développement d’alternatives aux systèmes existants
1 M d’abonnés - 8,6k+ - 345 111 vues (350 391 au 24/9) - 1 421 commentaires (1 425)
[Rediffusion du 09/05/2025]
La Russie est en guerre depuis son invasion à grande échelle de l’Ukraine, il y a maintenant plus de trois ans. Stratégie militaire, influence géopolitique, bataille de l’information : Vladimir Poutine use de tous les moyens pour venir à bout de l’Ukraine. Comment réagit son économie face aux sanctions internationales et aux contraintes de la guerre ?
Malgré les sanctions qui frappent son secteur énergétique et technologique, la Russie affiche une croissance de son PIB grâce à la diversification de ses exportations d’hydrocarbures, notamment à destination de l’Asie. Mais cette résilience cache des faiblesses : inflation galopante, pénuries de main-d'œuvre et dépendance croissante envers la Chine. L’économie russe pourra-t-elle surmonter ces défis ?
Magazine (2025, 12mn)
Tr.: ...
La Russie tente de développer ses propres mécanismes financiers /exclusion des banques russes à SWIFT, dév SPFS, cartes bancaires spécifiques aussi, intéresse les pays des BRICS+ renforcer leur influence, diminuer celle du dollar dans les échanges internationaux ... 90% des échanges entre Inde et Russie effectués en monnaies locales rouble et roupie
... Atlas géopolitique de la Russie ...
Ndlr : Proposer aux médiathèques cet ouvrage de référence ACT
Aux frontières de la Russie : la peur de la guerre | Le dessous des cartes - ARTE - 20 sept. 2025 / Le Dessous des Cartes - ARTE
1 M d’abonnés - 3,2k+ - 99 233 vues - 511 commentaires
Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’ombre d’un nouvel impérialisme russe plane sur les pays de l’est de l’Europe. La Pologne, la Norvège, la Finlande et les États baltes, tous redoutent l’expansionnisme de Poutine. Ces pays aux trajectoires historiques et aux réalités stratégiques différentes ont un défi commun et s’organisent pour résister à une menace perçue comme existentielle.
Magazine (2025, 12mn)
1,99 M d’abonnés - 1,4k+ - 68 675 vues - 699 commentaires
Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, responsable du pôle sécurité, défense, renseignement, criminologie, qui publie “Opération Zelensky” et “Menace sur Taïwan” aux éditions First Editions, est l'invité de Darius Rochebin. Il explique que "les Russes nous font une démonstration de force". Et selon lui, "Vladimir Poutine est cohérent et dit les choses depuis le début", tandis que de son côté, "l'OTAN n'est pas prête".
Tr.: ...
drones et missiles hyper soniques russes ...
nous vivons dans l'illusion d'avant et nous ne nous sommes pas projetés pour l'après ... globalisation piteuse ... il faut parler aux gens, il faut répondre à toutes les questions, il n'y a pas de mauvaise question ... lire étude de Didier Leski? ... nous détruisons la nation et ?? ...
À l’air libre - 11 septembre 2025 à 19h11 - Vidéo - 49 commentaires
L’extrême droite mondiale est bouffonne, mais elle se nourrit de pulsions, d’angoisses et d’abandons, et se hisse au pouvoir à coups de lâchetés et de compromissions. Le comprendre, c’est trouver des réponses pour la contrer. Un numéro d’« À l’air libre » spécial fascisme.
Un fond de l’air bien rance, où l’État de droit et la démocratie sont foulés au pied, où la liberté qu’ils érigent en principe fondamental est d’abord devenue celle de piétiner les autres. Où la haine des étrangers, des minorités et de la science est devenue mainstream.
Bref, une ère où le fascisme serait presque devenu cool. Sommes-nous d’ores et déjà dans un moment fasciste ? Si oui, quelles leçons en tirer ? Et comment riposter collectivement ?
Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix.
Nos invité·es :
- Mark Fortier, sociologue, journaliste et éditeur québécois, auteur de Devenir fasciste. Ma thérapie de conversion (éd. Lux) ;
- Nastasia Hadjadji, journaliste, coautrice avec Olivier Tesquet de Apocalypse Nerds. Comment les technofascistes ont pris le pouvoir (éd. Divergences) ;
- Hugues Jallon, éditeur et écrivain, auteur de Le Temps des salauds. Comment le fascisme devient réel (éd. Divergences) ;
- Laurent Mauduit, journaliste, cofondateur de Mediapart, auteur de Collaborations. Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires (éd. La Découverte).
Connu / TG le 15/09/25 à 13:
Tr.: ... Macron n'a plus que le choix de virer extrême droite depuis ses deux défaites électorales ... contre-révolution anti-moderne ... monde alternatif hypertechnologique ... réaction et post-humanité ... le capitalisme se nourrit des subventions publiques ... contradiction ... 2 mouvements sécessionnisme ??? ... et sécessionnisme endogène ... des villes libres, on grignote ... /amériques : point de fuite vers le chaos ... politique libertarienne ...
L'extrême centre, artisan du chaos
... rendre promesse fasciste raisonnable ... les salauds Onfray, finkelkraut, ?? ... Enthoven ... Alexandre Jardin ... performativité ... post-humanité ... la tronçonneuse ... la boufonnerie, discréditer le pouvoir, tout ce qui est indigne peut être fait ... c'est aussi tailler, couper ... capitalisme des malfrats, prédation des biens publics ... identification des modestes ... le patronnat se prépare à collaborer avec le RN ... fini le barrage républicain ... porosité entre ED et milieux patronaux ... grace à Mme ?? ... Stérin ... moment de bascule inquiétant ... lâcheté ... rachat de l'école de journalisme a unifié les patrons ... le putch technologique avec Musc ... dialectique Trump/Musc ... mise à bat de l'état social américain ... transhumanisme ... Palantir, clearview acteur de la milice technologique ... ICE, profilage algo
dénonce l'empathie ... fin du rapport à l'autre ... technofascisme ... élitiste, suprémacisme blanc ... brutaliser la société ... décrochage de la démocratie par l'élite ... ironie, distance critique ... l'ED mvt intellectuel, lutter ... figure du démocrate anglo-saxon ... rupture avec la démocratie ... la gauche n'a pas changé la vie des gens ... sa faillite nourrit l'extr droite ... un front uni ... RÉSISTER à ce mvt de fascisation ... LQDN refus IA ... axe matérialiste ... sabotage ... mvt anti-Tesla ... amitié, solidarité ... haïr la haine ... boycott des USA au Canada ... sortir de la "pureté" ... humeur révolutionnaire ... EN COMMUN, rêver d'un autre monde ... des Communs ...
Global Risks Report 2025 : Conflits, environnement et désinformation
• Les conflits armés entre États émergent comme le principal risque immédiat pour 2025, identifié par près d'un quart des répondants, reflétant des tensions géopolitiques accrues et une fragmentation mondiale.
• La mésinformation et la désinformation sont en tête des risques à court terme et peuvent alimenter l'instabilité et saper la confiance dans la gouvernance, compliquant ainsi le besoin urgent de coopération pour faire face aux crises communes.
• Les risques environnementaux dominent l'horizon de 10 ans, en particulier les phénomènes météorologiques extrêmes, la perte de biodiversité et l'effondrement des écosystèmes.
• Lisez le Rapport sur les risques mondiaux 2025 ici https://wef.ch/risks25 et participez à la conversation en utilisant #Risks25.
Genève, Suisse, le 15 janvier 2025 – La 20e édition du Global Risks Report du Forum économique mondial, publiée aujourd'hui, révèle un paysage mondial de plus en plus fracturé, où l'escalade des défis géopolitiques, environnementaux, sociétaux et technologiques menace la stabilité et le progrès.
Bien que les risques économiques présentent une importance moins immédiate dans les résultats de l'enquête de cette année, ils restent une préoccupation, en corrélation avec les tensions sociétales et géopolitiques.
...
« La montée des tensions géopolitiques, la fracture de la confiance mondiale et la crise climatique mettent le système mondial à rude épreuve comme jamais auparavant », a déclaré Mirek Dušek, directeur général du Forum économique mondial. « Dans un monde marqué par des divisions de plus en plus profondes et des risques en cascade, les dirigeants mondiaux ont le choix : favoriser la collaboration et la résilience, ou faire face à une instabilité aggravée. Les enjeux n'ont jamais été aussi élevés.
...
Le Forum économique mondial, qui s'engage à améliorer l'état du monde, est l'Organisation internationale de coopération public-privé. Le Forum réunit les plus éminents dirigeants politiques, commerciaux et autres de la société pour façonner les programmes mondiaux, régionaux et industriels. (www.weforum.org).
Ndlr :
- la prétention de ce Forum est immense : "améliorer l'état du monde", façonner les programmes mondiaux, régionaux et industriels. Quelle évaluation est faite de leur action ? Quel écart entre leur prétention et les résultats obtenus ? ACT
- Dans le résumé il est question de collaboration, alors que dans leur vocation il est question de "coopération". Qu'en est-il dans les faits ? ACT
- "tensions sociétales" : qu'entendent-ils par là ? ACT
1 273 signatures
Chaque jour apporte des nouvelles plus épouvantables de la situation à Gaza.
Depuis des mois nous assistons à un crime de masse sans fin : une population affamée, assoiffée, sans capacité de soins, mitraillée et bombardée. Ceux qui tentent d’en témoigner sont assassinés. Le projet de prise de contrôle de Gaza programmé par les dirigeants israéliens avec le soutien inconditionnel de Donald Trump ne peut qu’aggraver, si c’est encore possible, ce cauchemar vécu tant par les populations civiles palestiniennes que par les otages encore retenus par le Hamas.
...
Nous demandons que la France ne se contente plus d’une simple condamnation verbale et prenne immédiatement, vis-à-vis d’Israël et de son gouvernement, des mesures de rétorsion diplomatique, politique, économique et financière effectives, comme elle a choisi de le faire à l’égard de la Russie et du régime de Poutine après l’invasion de l’Ukraine.
Personne ne pourra dire : « Nous ne savions pas. »
Vincent PELISSIER, Lanceur de pétition
Gauche(s) Entretien
La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée considère la chute annoncée de François Bayrou comme « un formidable encouragement à l’action » pour le 10 septembre. Elle espère un retour aux urnes dans la foulée, par des législatives, voire une présidentielle anticipée.
Mathieu Dejean - 26 août 2025 à 18h31
...
Cette mobilisation part d’une énorme colère après les annonces de mesures d’austérité de Bayrou. Emmanuel Macron et ses gouvernements présentent au peuple l’addition d’une politique qui a été menée depuis huit ans, et dont François Bayrou lui-même a étrillé le bilan lors de sa conférence de presse – car ce sont leurs politiques qui sont responsables de la situation absolument catastrophique qu’il a décrite. Et que propose-t-il ? de persévérer dans cette politique qui a mené au désastre. Il faut donc que la mobilisation du 10 septembre continue, s’amplifie pour dire que nous n’en voulons plus. Nous voulons qu’on respecte la souveraineté du peuple. En France, ce n’est pas le roi qui change de peuple, c’est le peuple qui renverse le roi.
...
nous proposerons des candidatures uniques avec toutes celles et ceux qui ont voulu censurer la politique de Macron et qui sont restés fidèles au programme du Nouveau Front populaire. Nous ne recommencerons pas avec ceux qui, une fois élus, font passer le programme par la fenêtre. Comment voulez-vous que les gens retournent aux urnes massivement s’ils pensent que leur vote ne sera pas respecté ? Or nous avons besoin de ça pour tourner la page de la Macronie et pour battre l’extrême droite.
...
les élections ne peuvent pas à chaque fois reposer sur la peur. Nous aspirons à gouverner ce pays, nous sommes des gens sérieux. Cela veut dire que nous ne ferons pas alliance avec des gens qui, par exemple, abandonnent l’abrogation de la retraite à 64 ans ou considèrent qu’on ne peut pas augmenter le Smic.
...
Nous sommes d’accord pour dire que la France est endettée. Mais quelles en sont les causes ? Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, Emmanuel Macron a créé 1 000 milliards de dettes. Macron et ses gouvernements nous ont dépouillés. Face à cela, nous assumons de dire qu’il faut dépenser plus dans la santé, dans l’éducation, dans les salaires, les minima sociaux, dans la bifurcation écologique. C’est ça qui relancera la consommation populaire.
...
des ultrariches, qui ont fait sécession dans notre pays. On connaissait le séparatisme territorial, désormais on a un séparatisme fiscal, c’est-à-dire des riches qui ne veulent plus contribuer de un centime pour la solidarité nationale, et dont la fortune – pour les cinq cents plus grandes d’entre elles – a été multipliée par deux depuis qu’Emmanuel Macron a été élu. C’est avec ça qu’il faut rompre.
...
Deux millions de personnes ont signé une pétition par France Connect : c’est du jamais-vu. Quelque chose de cette mobilisation ne pourra jamais être effacé : le cancer – comme le diabète, comme la maladie de Parkinson, comme les maladies respiratoires chroniques – est une maladie politique. Une prise de conscience populaire à très grande échelle s’est opérée à ce sujet.
...
on donne des permis de tuer aux multinationales et aux entreprises. C’est ce avec quoi nous voulons rompre, et en effet je pense que c’est quelque chose qu’on a gagné pour la suite. Nous avons obtenu une première victoire avec la censure par le Conseil constitutionnel de la réintroduction de l’acétamipride.
... abroger la loi tout entière, car c’est le modèle agro-industriel qui est en cause. Quelque chose de très puissant s’est produit quand l’extrême droite et la droite ont rigolé après l’exclamation de Fleur Breteau dans l’hémicycle les accusant d’être des alliés du cancer. La question écologique nous oblige à rompre avec le modèle capitaliste.
...
Nous n’acceptons pas que l’extrême droite américaine vienne donner des leçons à la France en prétendant que la reconnaissance de l’État de Palestine mettrait « en danger la judéité »
L’extrême droite israélienne, comme l’extrême droite américaine, instrumentalise l’antisémitisme comme une arme diplomatique. C’est extrêmement dangereux. Celui qui met en danger les juifs de France et les juifs du monde aujourd’hui, c’est Nétanyahou lorsqu’il tente de les assimiler à sa politique génocidaire. Nous n’accepterons jamais cela.
...
la France continue de livrer des armes en continu au gouvernement génocidaire de Nétanyahou, comme l’ont montré vos collègues de Disclose. Il faut cesser et suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
...
Nous avons toujours dit que nous étions en soutien du peuple ukrainien face à l’invasion russe. Maintenant, pourquoi fait-on aussi peu de cas du droit aux institutions démocratiques des Ukrainiens ? La guerre est une circonstance exceptionnelle, mais il se trouve que pour pouvoir faire en sorte que la paix soit durable, il faut d’abord un cessez-le-feu pour que des élections aient lieu.
Le peuple ukrainien ne peut pas continuer éternellement avec des partis politiques d’opposition et des droits syndicaux restreints. À l’heure actuelle, les États-Unis exigent deux fois le PIB de l’Ukraine sur les matières premières, ce qui veut dire un pays pollué et pillé à jamais. Le territoire ukrainien a droit à ces débats démocratiques.
...
Quand les quartiers populaires, les habitants des outre-mer, les militants politiques, syndicaux, associatifs et la jeunesse se rendent massivement aux urnes, nous submergeons nos adversaires. Notre but – et c’est pourquoi, par exemple, nous refusons la primaire –, c’est de parler le plus possible à l’extérieur, d’aller convaincre les gens, de faire un travail de conviction, porte après porte, et de continuer de redonner le goût de la politique
...
la clé, c’est la mobilisation populaire, qui doit continuer. Le moment où nous arriverons au pouvoir, c’est le moment où il faudra – c’est ce que disait Jean-Luc Mélenchon aussi – plus que jamais être insoumis. En 1936, c’est aussi sur les mouvements de grève que les plus grandes conquêtes se sont appuyées.
...
Connu / mel
"
Sujet : [cyber-quotidien] E-quotidien du lundi 1 septembre 2025
"
2 304 signatures
Appel lancé par... / a joint call led by... Virginie Raisson-Victor, citoyenne européenne, chercheuse
...
Il n’y a plus de neutralité possible face à un crime contre l’humanité.
Depuis des mois et des mois, à Gaza, des milliers de femmes, d’enfants, de soignants sont tués, mutilés, piégés sous les décombres ou condamnés à mourir de faim. Des quartiers entiers sont rayés de la carte, des hôpitaux visés, des civils entassés dans des zones censées être "sûres", puis bombardés à nouveau. À Gaza, et en Cisjordanie, la population palestinienne est poussée à l’exode, affamée, assiégée, privée des droits les plus élémentaires. Désormais, il ne s’agit plus ni de bavure, ni de "dommages collatéraux" au nom d’un droit à la légitime défense. Il s’agit d’une politique de destruction délibérée et publiquement assumée par ceux qui la mènent.
...
nous ne visons qu’une chose : protéger les civils, les enfants, les innocents.
...
Nous demandons un acte clair et concret : la suspension immédiate de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’État d’Israël tant que se poursuivent, sans limite ni frein, les attaques contre les civils palestiniens, les violations du droit international humanitaire, et le mépris absolu de la vie humaine.
Cet accord, signé en 1995, prévoit une coopération économique, politique et scientifique entre l’UE et Israël. Il repose sur une clause explicite : le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques. Des droits dont il n’est plus possible aujourd’hui de nier la violation quotidienne à Gaza et en Cisjordanie. Aussi, en continuant à coopérer dans le cadre de cet accord d’association qui lie l’UE à Israël, les pays européens envoient un message terrible au reste du monde, et à leurs propres citoyens : les droits humains sont conditionnels, négociables et géopolitiquement sujets à l’opportunisme.
Nous, citoyens européens, ne pouvons pas, ne voulons pas l’accepter. Car chaque jour où rien n’est fait, chaque jour où le droit est piétiné, c’est notre responsabilité collective qui se trouve engagée. Nous, citoyens européens, ne voulons pas, une fois encore, que l’Histoire écrive en lettres de honte ce que nous aurions pu empêcher. C’est pourquoi nous demandons qu’une action juridique et politique soit menée dans le cadre des engagements européens.
Par notre signature, nous appelons donc les institutions européennes, les gouvernements des États membres et leurs représentants élus à faire ce qui est en leur pouvoir, ici et maintenant, pour faire cesser les massacres. Pour dire que l’Europe ne transige pas avec le droit international et qu’elle se tient aux côtés des victimes, quel que soit leur passeport, leur culture, leur religion.
En signant cet appel, nous affirmons aussi que nous savons, que nous voyons, et que nous refusons d’être les témoins muets d’un crime commis en direct sous les yeux du monde.
8 M d’abonnés - 1,4k+ -105 850 vues - 974 commentaires
#ONU #Gaza #USA
Sur X, Marco Rubio a mis en cause ses "efforts illégitimes et honteux visant à inciter la Cour pénale internationale à prendre des mesures contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens".
#Gaza #ONU #USA
Connu / TG le 10/07/25 à 15:32
/ elodie tuaillon_hibon, Avocate au Barreau de Paris
Billet de blog 1 août 2025
Pourquoi sommes-nous condamnés à l’impuissance, condamnés à pleurer sans fin au son de « plus jamais ça » larmoyants et de jérémiades hypocrites ? Parce-que jamais nous n’arrachons le mal à la racine « hinc et nunc » (ici et maintenant).
...
Alep ? « Plus jamais ça ! »
….
Bien-sûr, nous aurons aussi le culot de crier « Gaza ? Plus jamais ça ! ».
...
Combien de fois des dirigeant×es aux mains pleines de sang, des exploiteurs aux poches remplies de dollars, viendront-ils larmoyer à des tribunes de l’ONU ou lors de commémorations écœurantes d’un pathos de circonstance, prenant pied sur des tas de cadavres qu’ils auront contribué à créer ?
...
Jusqu’à quand les « religions », les « races » … vont-elles servir de prétexte à accepter qu’on massacre ici, qu’on éradique là-bas, pour couvrir de leurs voiles l’infâme guerre permanente du profit ?
Est-il besoin d’être « pro-ceci » ou « anti-cela » pour être révolté d’horreur et d’indignation devant un génocide, une extermination, un massacre (et encore, je dis « devant », mais le soin quasi-méticuleux que prennent la plupart de nos médias à nous éviter le flot d’images et d’informations que notre barbarie devrait normalement entraîner, suggère que nous ne sommes pas encore « devant »)? Faut-il absolument se ressembler pour avoir droit à la dignité, faut-il prier le même dieu de la même manière pour avoir droit au respect de son intégrité ? Faut-il s’aplatir absolument devant le plus fort pour espérer respirer et ne pas mourir ? Le plus tragique dans cette histoire est que nous savons bien que non
...
jamais nous n’arrachons le mal à la racine « hinc et nunc » (ici et maintenant). Le mal, pour employer une catégorie morale sujette à bien des débats, c’est l’exploitation, l’argent, le profit et toutes les mécaniques de domination qu’ils drainent et renforcent, qui empêchent notre désir d’humanité et de fraternité de se réaliser.
Pourquoi perpétuons-nous cette impuissance et ces massacres, de génération en génération ? Parce-que nous sommes incapables de dénoncer les choses pour ce qu’elles sont, incapables de dénoncer un nœud essentiel de l’extermination de cette « humanité », qui chaque jour court un peu plus à sa perte. Ce nœud, c’est d’abord celui du commerce de la guerre, de l’institutionnalisation de la violence. On ne colonise personne avec des fleurs. On ne détruit personne avec des échanges cordiaux.
Pour coloniser, opprimer, détruire, accaparer…il faut des armes.
...
En France, notre gouvernement (au sens large) va continuer de nous extorquer le fruit collectif de notre travail (Sécurité sociale, services publics…) pour remplir les poches des industries de l’armement françaises et européennes. On va continuer de détruire tout un système économique au profit d’une poignée de dirigeants et d’intérêts. L’argent est là et il est drainé, littéralement, loin de tout ce qui pourrait être plus prolifique, moins destructeur. Les subventions publiques, le crédit, les financements privés sous la houlette de l’Etat…. Tout est dirigé vers les caisses du complexe militaro-industriel
...
Nous fabriquons très bien la prochaine guerre « mondiale » (vous savez on n’appelle ainsi que la guerre que l’ « Occident » finit par se livrer à lui-même quand il a dévoré tous « les autres »). Il n’y a qu’un moyen d’arrêter tout cela, que l’on veuille la fin des massacres là-bas ou la prévention des massacres ici ou tout cela en même temps.
Il faut rêver d’un autre monde et mettre ce rêve en action.
Connu / https://mastodon.top/@mediapartblogs@mediapart.social/114953282515308606
Billet de blog 28 juillet 2025 / Maxime Combes, Economiste, travaillant sur les politiques climatiques, commerciales et d'investissement
Il y a de quoi être consterné. Bruxelles cède aux exigences léonines de D. Trump : claironnée sur tous les tons, « l’autonomie stratégique européenne » vient de voler en éclats, dévoilant à la fois une vacuité géostratégique, le refus idéologique de restreindre nos dépendances extérieures et, par ricochet, la faiblesse d’E. Macron et de la France à Bruxelles.
...
victoire politique pour D. Trump qui obtient de l’UE qu’elle s’aligne sur ses desiderata. En présentant cet accord asymétrique comme un bon accord, ou le moins mauvais des accords, Bruxelles et les capitales européennes, dont la France, donnent le point à Donald Trump. Mais, plus grave, c’est aussi une victoire politique pour les extrêmes-droites en Europe : alors que Bruxelles disait que l’accord US-Royaume-Uni (10 % de droits de douanes) était un mauvais accord et que l’UE en obtiendrait un bien meilleur, les dirigeants européens vont devoir ramer pour en faire la démonstration.
Quand tous les discours sur l’autonomie stratégique européenne, l’Europe puissance, la réindustrialisation européenne s’effondrent comme un château de cartes au premier souffle, il fait peu de doutes que ce n’est pas la construction européenne, pas plus que les gauches, qui devraient tirer profit d’une telle reddition : capituler face à Trump pour sauver, quoiqu’il en coûte, les parts de marché de quelques multinationales européennes, plutôt que se servir du « bazooka commercial » faussement agité par la Commission européenne, c'est en fait faire le lit des extrêmes-droites européennes qui ont désormais un boulevard pour dénoncer la capitulation européenne et ériger D. Trump en exemple à suivre. Sur fond d'impuissance européenne, voilà un cauchemar qui devient réalité.
-
Un accord qui saborde la politique climatique européenne
Si l'achat de 750 Mds $ de gaz naturel liquéfié et autres énergies fossiles aux Etats-Unis en trois ans, justifiés au nom de la réduction des importations européennes de gaz russe, devait être confirmé, cela revient à :- renoncer à réduire nos importations globales de gaz, et à remplacer une dépendance par un autre ;
- entériner qu’il faille continuer à investir des dizaines de milliards d’euros dans des infrastructures permettant de réceptionner du GNL dans les ports européens ;
- confier à Washington une part de la politique énergétique européenne, comme nous l’avons fait auparavant avec Moscou ;
- s’asseoir sur la politique climatique européenne alors qu’il faudrait drastiquement réduire nos besoins en énergies fossiles ;
-
« Un accord hors-la loi » ?
... Il n'y a pas de texte d'accord, encore moins les prémices d'un traité international. A ce stade, cet « accord » n’a pas d’existence légale. Pire, à l’échelle européenne, la Commission européenne n’a pas de mandat en bonne et due forme pour négocier avec les Etats-Unis : il n’y a pas de décision fondant la base légale avec laquelle la Commission peut négocier avec les Etats-Unis au nom des 27 Etats-membres. La France, dont le Premier-Ministre critique aujourd'hui la déclaration d'U. Von der Leyen, a laissé la Commission négocier sans mandat, sans base légale. Rappelons ici que 80 % des Européens, dont 83% des Français, réclament des rétorsions commerciales envers les Etats-Unis (Eurobaromètre 2025).
Quant aux annonces qui sont faites, elles sont manifestement contraires au droit de l’OMC (droits de douane différenciés entre les pays, non réciprocité etc). Alors que l’UE ne cesse d’affirmer depuis des années qu’elle veut se situer dans le cadre commercial de l’OMC, par l’annonce de cet accord, Ursula Von der Leyen désobéit aux règles de l’OMC. Si les règles de l’OMC ne sont plus une contrainte, alors il est possible de revoir des pans entiers de la politique commerciale européenne. Ce serait plus pertinent que se soumettre aux diktats de D. Trump.
...
982 k abonnés - 983+ - 34 766 vues - 188 commentaires
Au programme de ce Grand Live du Dessous des Cartes : les Etats-Unis de Trump, le pouvoir de nuisance de Poutine, le réveil des Européens, le Moyen-Orient, et un grand entretien autour de la Chine de Xi Jinping, avec 12 chercheur.e.s invité.e.s dans nos bureaux transformés en atelier de géopolitique à ciel ouvert.
Vous pourrez y retrouver les analyses de la politologue Amy Greene, du directeur du German Marshall Fund Martin Quencez, de l’économiste Vincent Pons (basé à Harvard), de la spécialiste de l’Ukraine Alexandra Goujon, de Clémentine Fauconnier, chercheuse du collectif CORUSCANT sur la Russie contemporaine, de Sylvain Kahn, professeur à Sciences Po, de Maud Quessard (IRSEM), de la sociologue franco-iranienne Azadeh Kian, de Dorothée Schmid (IFRI), de Guillaume Fourmont (CARTO) et d'Alice Ekman, spécialiste de la Chine.
Vous y croiserez également un streamer bien connu sur Twitch, “Ponce”, venu parrainer l’équipe dans le lancement de ce grand Live, ainsi que des "dessous du Dessous des cartes" pour revenir sur les coulisses de l’émission, répondre aux questions et retrouver quelques séquences cultes.
Tr.: ...
la guerre produit un sursaut ... plus d'acceptation des transgenre, de la violence fait aux femmes ... se battent pour ne pas être russes, se battent pour nous ...
Des hommes portent des sacs de farine, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 juillet 2025 ©AFP
Hier, l’ONU a accusé Israël d’avoir tué plus de 1000 personnes venant chercher de l’aide humanitaire à Gaza en deux mois.
Gaza est devenu un territoire où la guerre se mène aussi par la privation. Plus de deux millions de civils y vivent sans électricité, sans accès régulier à l’eau potable, et avec moins de 10 % du volume humanitaire nécessaire pour survivre, selon l’ONU. La famine fait rage. Les hôpitaux, ciblés ou débordés, s’effondrent. Les ONG, entravées par les deux camps, sont à bout.
En plus des frappes, le gouvernement israélien verrouille tout avec un blocus renforcé, soumettant chaque convoi humanitaire à une série de contrôles qui transforment l’urgence en labyrinthe bureaucratique, et la survie en négociation. Le Hamas, de son côté, oriente la distribution de l’aide à des fins politiques. Cette double emprise transforme l’action humanitaire en instrument de guerre. L’aide devient un levier de pression ; son absence, une stratégie.
Le droit humanitaire mis à mal depuis 2008
Sommes-nous en train d’assister à un tournant ? Ce n’est pas nouveau à Gaza. Depuis 2008, les conflits successifs ont mis à mal le droit humanitaire. Mais cet été marque une rupture. Les Nations unies, l’Organisation mondiale de la Santé, le Comité international de la Croix-Rouge ou encore Médecins sans frontières ne parlent plus seulement de difficultés, mais d’obstruction systématique. Et ce glissement n’est pas cantonné à l’enclave palestinienne.
De l’Éthiopie au Yémen, de l’Ukraine à la Syrie, l’aide humanitaire est de plus en plus soumise à des logiques de guerre. Même les principes du droit humanitaire – la neutralité, l’impartialité, l’accès inconditionnel – semblent remis en cause. Les ONG sont perçues comme suspectes, les journalistes comme indésirables.
À Gaza, la presse internationale est bannie. Lundi, des journalistes de l’AFP ont publié une lettre pour alerter sur la situation de leurs collègues privés, entre autres, d’eau et de nourriture. Cette alerte, lancée après la mort de plus de 200 journalistes depuis octobre, montre que l’information, elle aussi, est devenue un champ de bataille. Ces évolutions traduisent une tendance lourde : la guerre ne se limite plus aux combats sur le terrain, elle s’exerce aussi dans la gestion ou le blocage de l’aide, et transforme la misère en arme.
Inaction générale
Comment réagissent les grandes puissances ? Leurs réactions sont révélatrices. Hier, la France a appelé à un “cessez-le-feu immédiat” à Gaza, et exigé – je cite – un « accès de la presse pour montrer ce qu’il s’y passe ». Mais son alignement diplomatique avec Israël limite sa capacité d’action. L’Union européenne en appelle au droit international, mais reste sans leviers. Les États-Unis, alliés d’Israël, déplorent la situation humanitaire tout en continuant leurs livraisons d’armes. L’ONU, paralysée par les divisions du Conseil de sécurité, assiste impuissante à l’érosion de ses propres principes fondateurs. Et dans cette inaction générale, les acteurs humanitaires doivent naviguer entre menaces armées, sanctions financières et surveillance numérique. À Gaza comme ailleurs, ils deviennent les prisonniers d’un monde où la souffrance des civils n’est plus un scandale absolu, mais un outil.
L’interrogation est donc majeure : sommes-nous en train d’assister à une bascule historique où le droit humanitaire, formalisé au 20e siècle pour limiter les souffrances en temps de guerre, devient dépassé ? En tout cas, dans les ruines de Rafah, dans les hôpitaux sans morphine, dans les appels à l’aide restés sans réponse, c’est une certaine idée de la guerre – et de l’humanité – qui vacille. Gaza n’est plus seulement une tragédie. C’est une ignominie. Celle d’un monde où l’on tue en silence, en coupant l’eau, l’aide, l’image. Et où sauver des vies devient plus que jamais un acte de résistance morale et politique.
À écouter
Israël et le droit international : jusqu'où le pays peut-il aller et avec quels soutiens ?
France Culture va plus loin le samedi
40 min
Clés : Monde Info Géopolitique Bande de Gaza Conflit israélo-palestinien Hamas Benyamin Nétanyahou
Publié le 16 juillet 2025
Catégories Économie, Géopolitique, Industrie
Mots-clés impérialisme, matérialisme historique, pouvoir, Russie
...
issu de https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?avmEeg
Ndlr : y a-t-il une différence entre "capitalisme militarisé" et "capitalisme de guerre" ? Approfondir ACT
15 juillet 2025 - Catégories Fédération de Russie
La guerre de Poutine découle des contradictions fondamentales du capitalisme russe — pas de l’expansion de l’OTAN ou du conflit civilisationnel. La stagnation économique de la Russie depuis 2008, le déclin démographique et l’inégalité extrême ont créé une « crise organique » qui ne pouvait être résolue que par l’agression externe. Loin d’être économiquement ruineuse, la guerre a en fait revitalisé le capitalisme russe en créant de nouveaux marchés pour la violence tout en consolidant le pouvoir oligarchique.
Cette perspective matérialiste remet en question les hypothèses occidentales sur l’efficacité des sanctions et offre des perspectives sobres sur pourquoi le conflit ne se terminera pas avec l’Ukraine. [AN]
...
Le niveau d’inégalité est incomparable à tout ce que nous pouvons trouver dans d’autres grandes économies. Selon les estimations de Credit Suisse, un pour cent des plus riches en Russie possèdent 59 pour cent de toute la richesse domestique (aux États-Unis c’est 35 pour cent), et cela ignore le niveau extraordinairement élevé de richesse stockée dans des comptes offshore à l’étranger. Donc si nous essayons d’expliquer pourquoi l’invasion s’est produite quand elle l’a fait, nous devrions bien regarder cette crise organique du bloc dirigeant. Nous voyons ici un problème d’accumulation de capital, de reproduction de la main-d’œuvre, et un gouffre fondamental entre un pour cent et le reste de la population.
...
Selon Novokmet, Piketty, et Zucman [économistes qui étudient l’inégalité], le niveau actuel d’inégalité ne peut être comparé qu’au niveau d’inégalité dans l’Empire russe juste avant la Révolution d’octobre 1917. Comment expliquez-vous à votre population qu’elle est si pauvre malgré le fait de vivre dans un pays incroyablement riche en ressources ? À travers la mythologie sur la grandeur de l’empire russe et du monde russe. Mais pas seulement cela. Le monde russe est sous menace. Si vous ne vous mobilisez pas maintenant pour le protéger, ses ennemis le détruiront. Peu importe que votre vie ait déjà été détruite par les gens qui vous gouvernent. Ce qui est important, c’est que d’autres viennent prétendument détruire même le peu qui reste.
...
chauvinisme ... il y a eu beaucoup de protestations, et pas seulement des protestations par des politiciens de l’opposition libérale, mais aussi des groupes de personnes qui sont conventionnellement comprises comme le cœur du soutien pour le président russe. ... le bloc dirigeant a perdu la capacité de mobiliser la population basée sur une motivation positive. ... La situation ne s’est retournée qu’après que le régime soit passé à la mobilisation économique en étendant le modèle de recrutement des compagnies militaires privées [comme le Groupe Wagner]. Il a transformé les inégalités sociales et la pauvreté généralisée en un avantage en construisant une armée de soldats mercenaires.
La guerre comme solution économique
...
le système luttait pour se reproduire ... essayer d’exporter le conflit de classe interne à l’étranger sous la forme d’une invasion de l’Ukraine ... ce n’était pas une décision optimale pour la Russie. Le scénario optimal pour eux aurait été que l’Ukraine rejoigne volontairement le bloc d’intégration. Cela ne s’est pas produit. Donc est venu le plan numéro deux.
...
Prendre la Crimée, mais laisser le Donbass tranquille ... L’explication matérialiste historique suggérerait que le but du plan numéro deux était d’intégrer l’Ukraine dans le bloc économique à travers un Donbass réintégré. Cependant, cela ne s’est pas produit parce que les accords de Minsk [accords de paix de 2014-2015 tentant de mettre fin au conflit dans l’est de l’Ukraine], qui étaient la forme légale-institutionnelle du plan numéro deux, n’ont jamais été intégrés. Il y a eu une résistance généralisée aux accords de Minsk en Ukraine, ce qui souligne la dimension externe de la crise de légitimité de la Russie.
Alors quel était le plan numéro trois ?
Conquérir Kiev en trois jours. ... ce plan a aussi échoué. Le plan numéro quatre était donc une guerre d’usure
...
Comment l’effort de guerre peut-il aider les économies en déclin ?
...
La sphère politique et la sphère économique ont des intérêts intégraux. Donc la guerre est supposée fournir un espace pour l’expansion capitaliste, pour l’appropriation de la force de travail, pour renforcer le grand chauvinisme russe comme force légitimante.
...
La guerre a relancé l’économie russe d’une manière similaire aux années 1990. Il y a eu une ré-allocation extensive des capacités de production. Le géographe britannique et théoricien social David Harvey appelle cela l’accumulation par dépossession. Beaucoup d’actifs de production sont passés des mains d’investisseurs étrangers aux capitalistes russes. La guerre était avantageuse pour beaucoup de secteurs de l’économie, et surtout pour le grand capital, qui s’est approprié divers actifs à des rabais énormes. De plus, une grande quantité d’actifs qui étaient précédemment stockés à l’étranger sont retournés en Russie. Le secteur bancaire se portait simplement bien, ce qui a revivifié l’économie russe et elle a grandi.
...
Des incitations économiques significatives sont apparues pour retirer le capital de retour en Russie. Il était possible d’acquérir des propriétés à rabais qui ont apprécié significativement, ou il était aussi possible de garer de l’argent en Russie et gagner plus de vingt pour cent de taux d’intérêt si vous les déposiez dans une banque russe. C’est un assez bon marché…
Les profits du secteur bancaire russe sont énormes. Ces fonds privés sont par la suite investis dans la violence. Les prêts bancaires fournis aux entreprises impliquées dans la production d’outils et d’équipements conçus pour tuer sont énormes.
...
La guerre est un grand bénéfice pour le grand capital. Et la guerre apporte aussi une grande portée pour la coopération entre les secteurs public et privé. Il y a beaucoup d’investissements étatiques, à la fois dans les secteurs produisant la violence et dans la création d’outils pour exercer la violence. La violence devient le moteur du développement capitaliste. On pourrait dire que la violence a déjà remplacé le pétrole et le gaz comme l’article d’exportation principal de l’économie russe.
...
il semble que la Russie devient une économie de guerre
...
Le keynésianisme suppose que dans l’économie vous redistribuez les ressources du côté de l’offre au côté de la demande. Vous voulez augmenter la demande, et vous augmentez la demande en menant des politiques d’emploi de masse où les travailleurs peuvent conduire la demande à travers une consommation accrue. Dans le keynésianisme, vous voulez créer de grands projets impliquant beaucoup de personnes. La guerre apparaît similaire à première vue. Elle apporte des salaires plus élevés qui sont sans précédent par les standards régionaux en Russie. Cela pourrait être considéré comme un grand projet keynésien où vous stimulez la demande. Mais je dirais que l’emploi élevé et les salaires croissants sont un effet secondaire. La guerre est encore largement un phénomène du côté de l’offre.
...
La guerre ne suit pas la logique du keynésianisme militaire mais est encore en accord avec la logique néolibérale
...
Impact sur les Russes ordinaires
...
En partie dû aux salaires augmentés pour ceux impliqués dans la production d’équipement militaire et de munitions. Mais il y a aussi une inflation énorme
...
les taux d’intérêt élevés sont bons pour ceux qui ont déjà de l’argent ... les prêts sont vraiment très chers ... 20 pour cent
...
L’efficacité des sanctions
... fonctionnent, mais elles n’apportent pas le résultat désiré ... forcer la Russie à mettre fin à la guerre ... elles ont un impact énorme. Les exportateurs russes ont partiellement réussi à s’adapter aux sanctions dans le domaine des exportations d’énergie. Il y a eu beaucoup de discussions sur la flotte fantôme transportant du pétrole russe autour du monde. Le système capitaliste est complexe et plein de contradictions. Celles-ci créent des obstacles pour le capital russe, mais d’autres aspects, elles créent des opportunités. Les fabricants allemands, par exemple, ne produisent plus de voitures en Russie, mais quand vous regardez les exportations de voitures allemandes vers des endroits comme le Kirghizistan, c’est en hausse. ... les sanctions à de nombreux égards poussent l’inflation vers le haut, mais en même temps ne causent pas l’effondrement de l’économie russe.
Y aurait-il des sanctions internationales qui pourraient avoir un effet plus grand que celles appliquées récemment ?
... elles affectent définitivement aussi des groupes de personnes en Russie qui essaient de s’opposer à la guerre. Mais j’aimerais souligner que la logique des sanctions est étroitement liée à la vision du monde que nous avons sur la guerre
...
Si quelqu’un suivait l’explication matérialiste historique de la guerre, peut-être que d’autres idées pour les sanctions émergeraient. Si vous êtes conscient du problème de reproduction de la force de travail en Russie, quel effet cela aurait-il, par exemple, si nous créions des opportunités pour la force de travail russe de quitter la Russie ? En ce moment, la Russie n’a aucune restriction sur les voyages à l’étranger. En fait, elle soutient plutôt le départ des personnes d’opposition du pays.
...
Certaines des zones offshore préférées comme Chypre, le Luxembourg, les Pays-Bas sont d’ailleurs localisées directement dans l’UE. Et si nous abolissions le régime offshore mondial ? Non seulement nous compliquerions les investissements du capital russe dans le marché de la violence, mais nous créerions aussi des conditions pour des systèmes fiscaux plus justes dans le monde entier et soutiendrions le développement économique sur les périphéries
...
Y a-t-il un moyen de sortir de la guerre pour la direction russe ?
... La guerre lui a donné un nouvel élan énorme, et il sera très difficile de la remettre à un régime de développement pacifique. Nous avons environ 700 000 soldats actuellement mobilisés dans l’effort de guerre. La plupart d’entre eux se sont enrôlés à cause de l’offre de salaires plus élevés.
...
Considérez-vous cette dynamique comme une menace pour l’Europe ?
J’en ai peur. Il y a bien sûr des différences, et je ne réduirais pas « l’Europe » à « l’Union européenne » ici. La Russie représente une plus grande menace pour des pays comme la Biélorussie, le Kazakhstan, et la Géorgie que pour la Lituanie ou la Finlande
...
Ivan Bakalov travaille comme chercheur à l’Université technique de Dresde. Il a aussi travaillé professionnellement dans des universités à Leyde, Vienne, Marbourg, et Sofia. Il est né en Bulgarie et est membre de la maison d’édition bulgare dVERSIA.
Jan Bělíček est un critique littéraire et journaliste. Depuis la fin de 2019, il est rédacteur en chef d’Alarm.cz, qu’il a co-fondé en 2013. Il écrit sur la littérature, la culture, mais aussi la politique et la société. Avec Pavel Šplíchal, il modère le podcast Kolaps et ensemble avec Eva Klíčová crée le podcast littéraire TL ;DR.
https://denikalarm.cz/2025/06/rusko-uvazlo-ve-slepe-ulicce-ekonomickeho-vyvoje-proto-zautocilo-na-ukrajinu-tvrdi-politolog-bakalov
Traduit pour ESSF par Adam Novak
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article75414
mercredi 9 juillet 2025, par Attac France
Webinaire d’Attac avec Benjamin Bürbaumer, économiste, auteur de Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation et Nicolas Roux, spécialiste du commerce international.
La vidéo sera diffusée le 9 juillet à 19h puis disponible à la rediffusion.
Depuis l’élection de Donald Trump, la guerre commerciale fait rage entre les États-Unis et son concurrent chinois. Comment la Chine a pu devenir un adversaire économique aussi puissant ? En quoi cette concurrence menace la mondialisation sous hégémonie états-unienne ? Comment envisager les conséquences de la politique Trump et les réactions de l’État chinois ? Quelle place pour l’Europe et le reste du monde ?
Nous répondrons à ces questions avec Benjamin Bürbaumer, économiste, auteur de Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation et Nicolas Roux, spécialiste du commerce international, mercredi 9 juillet à 19h.
Avec Benjamin Bürbaumer, économiste, auteur de l’ouvrage Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation et Nicolas Roux, spécialiste du commerce international.
Tr.: ... 90% encore système dollar, 10% pris par la chine ... l'UE se plie aux exigences de Trump/USA ... les pays les plus pauvres payent :-( ... les BRICS restent hétérogènes, la chine écrase tout ... nouvelle monnaie internationale abandonnée par la Chine au profit de sa propre monnaie le Yuan (renminbi, la monnaie du peuple) ... l'avenir : chine et usa affirment leur centralité ... hégémonie USA baisse ... acteur dominant mais plus hégémonie ... la Chine tente, politisation de l'économie mondiale, accroissement des tensions, conflits.
Ndlr : débute à 2:00
valoriser ACT
Publié Il y a 1 jour • 21 vues
Une guerre de longue durée aura-t-elle lieu à court ou moyen terme entre d’une part Israël et son allié américain, et d’autre part la République islamique d’Iran et ses fameux proxys ? Au moment où nous tournons, en tout cas, une sorte d’accalmie fragile semble s’être imposée, et il est temps pour toutes les parties de compter les points. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Qui s’est renforcé sur sa scène intérieure ? Qui s’est a contrario affaibli ? Quelles leçons tirer de cette guerre de 12 jours, et de la “chorégraphie” trumpienne, le président américain ayant donné l’impression de voler au secours de Benjamin Netanyahou pour mieux le contraindre à une forme de retenue ? Pourquoi Trump tient-il tant à acter en interne une victoire qu’il exagère manifestement ? Quels sont les enjeux de politique intérieure ? La guerre des nerfs entre l’Iran et les monarchies du Golfe est-elle relancée ? Et Benjamin Netanyahou dans tout ça. Quel est le bilan de cette épreuve de force pour lui ? Que devient le concept de droit international, avec la banalisation du concept de guerre préventive ?
Bertrand Badie, politiste, professeur émérite à Sciences Po, auteur de nombreux ouvrages dont “L’Art de la paix” paru chez Flammarion, répond à ces questions. C’est l’heure du “Monde n’a pas de centre”, sa chronique internationale. Sur Le Média.
Visibilité Publique
Publié originellement 28/06/2025
Catégorie Inconnu
Langue Français
Étiquettes
Durée 35min 3sec
Commentaires désactivés
Tr.: ...
/droit international : nous sommes dans un temps où la parole du droit existe ... /sommet de l'OTAN à La Haye appeler "papa" d.Trump ...
Traduit de l'américain par Laurence Minard
1990 aux éditions J'AI LU
https://www.jailu.com › le-chemin-le-moins-frequente › 9782290342541
Scott Peck nous invite à ne plus fuir ce qui fait mal en utilisant des subterfuges ou des excuses. A travers les récits de ses patients et des exemples issus de sa propre vie, il nous enseigne ce que personne ne nous a jamais appris : des leçons fondamentales pour grandir, aimer, s'engager et être plus fort.
...
comprendre comment la psychologie et la psychiatrie ne sont que des étapes sur le chemin de la guérison, car la guérison réelle et définitive ne s'obtient que grâce à un retour vers soi-même, un soi-même intérieur bien sûr. Et rien n'arrive sans travail, sans détermination, donc sans ...
...
La vie n'est plus difficile à partir du moment ou l'on admet qu'elle l'est. Mieux vaut donc appréhender la douleur qui est inévitable de manière constructive.
...
une véritable bible de l'existence qui ne semble pas avoir subi les affres du temps tellement tout est encore si vrai. Dans un style plutôt accessible, Scott Peck a réussi à théoriser et décortiquer des concepts ...
...
Livre broché - 4 octobre 1987 Édition Français
...
faire des pas de géants dans votre vie en vous offrant des clés d'évolution psychologique et spirituelle
...
avec l'aide du psychiatre Scott Peck, ce livre offre de belles perspectives pour une meilleure connaissance de soi et comprendre les mécanismes humains
...
précédé d'une réputation fracassante. Il figure depuis trois ans parmi les meilleures ventes
...
Ndlr :
- page 234 : "il n'est donc pas étonnant que l'humanité soit une montagne de conflits. Nous sommes dans une situation où les hommes, qui doivent avoir des rapports entre eux, ont des vues très différentes de la réalité, et où chacun pense que son point de vue est correct puisqu'il est fondé sur le microcosme de sa propre expérience. Et le pire, c'est que beaucoup ne sont pas conscients de leur vision du monde, et encore moins de l'unicité des expériences dont elle provient. Bryan Wedge, un psychiatre spécialisé dans les relations internationales, a étudié les négociations entre les États-Unis et l'URSS, et il a pu avancer un certain nombre de données de base sur la nature des Américains ... radicalement différente de celle des Soviétiques ... dictaient les comportements au cours des négociations. Or, aucune des deux parties n'était consciente ... comme les trois aveugles du proverbe qui, chacun touchant une partie du corps de l'éléphant, clamaient connaître la forme de l'animal tout entier ... défendre notre vision du monde, et tous les conflits sont en fait des guerres saintes."
Ce texte illustre à quel point le comportement humain est identique quelle que soit l'échelle, de l'interpersonnel au géopolitique. L'actualité de juin 2025 nous le donne à voir éminemment... que ce soit à Gaza ou en Iran, face à Israël et aux USA...
Ce constat est repris dans un livre que je lis en ce moment : "Le conflit n'est pas une agression", de Sarah Schulman.
Cela me semble donc un point d'appui majeur pour la médiation de l'urgence...
VALORISER ACT