Billet de blog 28 juillet 2025 / Maxime Combes, Economiste, travaillant sur les politiques climatiques, commerciales et d'investissement
Il y a de quoi être consterné. Bruxelles cède aux exigences léonines de D. Trump : claironnée sur tous les tons, « l’autonomie stratégique européenne » vient de voler en éclats, dévoilant à la fois une vacuité géostratégique, le refus idéologique de restreindre nos dépendances extérieures et, par ricochet, la faiblesse d’E. Macron et de la France à Bruxelles.
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victoire politique pour D. Trump qui obtient de l’UE qu’elle s’aligne sur ses desiderata. En présentant cet accord asymétrique comme un bon accord, ou le moins mauvais des accords, Bruxelles et les capitales européennes, dont la France, donnent le point à Donald Trump. Mais, plus grave, c’est aussi une victoire politique pour les extrêmes-droites en Europe : alors que Bruxelles disait que l’accord US-Royaume-Uni (10 % de droits de douanes) était un mauvais accord et que l’UE en obtiendrait un bien meilleur, les dirigeants européens vont devoir ramer pour en faire la démonstration.
Quand tous les discours sur l’autonomie stratégique européenne, l’Europe puissance, la réindustrialisation européenne s’effondrent comme un château de cartes au premier souffle, il fait peu de doutes que ce n’est pas la construction européenne, pas plus que les gauches, qui devraient tirer profit d’une telle reddition : capituler face à Trump pour sauver, quoiqu’il en coûte, les parts de marché de quelques multinationales européennes, plutôt que se servir du « bazooka commercial » faussement agité par la Commission européenne, c'est en fait faire le lit des extrêmes-droites européennes qui ont désormais un boulevard pour dénoncer la capitulation européenne et ériger D. Trump en exemple à suivre. Sur fond d'impuissance européenne, voilà un cauchemar qui devient réalité.
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Un accord qui saborde la politique climatique européenne
Si l'achat de 750 Mds $ de gaz naturel liquéfié et autres énergies fossiles aux Etats-Unis en trois ans, justifiés au nom de la réduction des importations européennes de gaz russe, devait être confirmé, cela revient à :- renoncer à réduire nos importations globales de gaz, et à remplacer une dépendance par un autre ;
- entériner qu’il faille continuer à investir des dizaines de milliards d’euros dans des infrastructures permettant de réceptionner du GNL dans les ports européens ;
- confier à Washington une part de la politique énergétique européenne, comme nous l’avons fait auparavant avec Moscou ;
- s’asseoir sur la politique climatique européenne alors qu’il faudrait drastiquement réduire nos besoins en énergies fossiles ;
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« Un accord hors-la loi » ?
... Il n'y a pas de texte d'accord, encore moins les prémices d'un traité international. A ce stade, cet « accord » n’a pas d’existence légale. Pire, à l’échelle européenne, la Commission européenne n’a pas de mandat en bonne et due forme pour négocier avec les Etats-Unis : il n’y a pas de décision fondant la base légale avec laquelle la Commission peut négocier avec les Etats-Unis au nom des 27 Etats-membres. La France, dont le Premier-Ministre critique aujourd'hui la déclaration d'U. Von der Leyen, a laissé la Commission négocier sans mandat, sans base légale. Rappelons ici que 80 % des Européens, dont 83% des Français, réclament des rétorsions commerciales envers les Etats-Unis (Eurobaromètre 2025).
Quant aux annonces qui sont faites, elles sont manifestement contraires au droit de l’OMC (droits de douane différenciés entre les pays, non réciprocité etc). Alors que l’UE ne cesse d’affirmer depuis des années qu’elle veut se situer dans le cadre commercial de l’OMC, par l’annonce de cet accord, Ursula Von der Leyen désobéit aux règles de l’OMC. Si les règles de l’OMC ne sont plus une contrainte, alors il est possible de revoir des pans entiers de la politique commerciale européenne. Ce serait plus pertinent que se soumettre aux diktats de D. Trump.
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L'absurdité européenne n'est pas morte : après l’annulation d’une partie de sa dette en 2019, la filiale ...
Connu / TG le 27/05/23 à 18:39
france-5 Interviews 1 h 9 min Français tous publics Vidéo sous-titré
diffusé le 06/04/23 à 22h43 Disponible jusqu'au 06/05/23
Retour sur la visite d’État d’Emmanuel MACRON en Chine… Le président français compte sur Xi Jinping pour jouer les médiateurs dans la guerre en Ukraine et a réaffirmé les liens de la France et de l’Europe avec la 2e puissance mondiale.
Mais en cherchant leur propre voie, distincte de celle de leur allié américain, les Européens font-ils preuve de naïveté face à Pékin ? Peut-on vraiment compter sur la Chine, qui reste ambiguë sur son propre agenda ? Faut-il la considérer comme un partenaire, un compétiteur ou un rival stratégique ?
On en débat avec :
➤ David BAVEREZ, Investisseur, installé depuis 2012 à Hong Kong, auteur de « Chine-Europe : le grand tournant » aux éditions Le Passeur Editeur » (12/05/21)
➤ Ursula GAUTHIER, Journaliste, cheffe du service étranger du magazine l’Obs, ancienne correspondante à Pékin
➤ Isabelle LASSERRE, Journaliste, correspondante diplomatique Le Figaro
➤ Pascal BONIFACE, Géopolitologue, directeur-fondateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur de « Géostratégix » aux éditions Dunod (28/09/22)
➤ Nathalie LOISEAU, Députée européenne Renew, présidente de la sous-commission “sécurité et défense”, autrice de « La guerre qu’on ne voit pas venir » aux éditions de l’Observatoire (19/10/2022)
➤ Marc JULIENNE, Chercheur, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’IFRI
Présenté par : Karim Rissouli, Laure Adler, Camille Diao
Maison de production : France Télévisions / Together Media