•Analyses Chine Conflits internationaux
3 Comments
par Mente Alternativa
En saignant à blanc l’arsenal américain grâce à des drones bon marché et des missiles à bas coût, l’Iran a involontairement écrit la stratégie dont la Chine a besoin pour vaincre son plus grand adversaire : la guerre en Iran a donné à la Chine la clé pour vaincre les États-Unis.
Dans une analyse qui circule avec l’urgence de documents que personne ne veut lire mais que tout le monde devrait étudier, Robert Kelly, professeur de relations internationales à l’Université nationale de Pusan, avance une thèse aussi dérangeante que lucide : la campagne militaire des États-Unis contre l’Iran a involontairement servi de terrain d’essai où la République populaire de Chine a pu observer en temps réel les vulnérabilités structurelles de son principal adversaire mondial.
Publié le 24 mars 2026 sur le site spécialisé 19FortyFive, l’article de Kelly soutient que le véritable héritage du conflit du Golfe ne sera pas la défaite ou l’épuisement de Téhéran, mais plutôt la transmission involontaire d’un «manuel» pratique sur la manière de combattre – et de vaincre – les forces armées américaines. La principale conclusion de cet universitaire est aussi élégante dans sa formulation que dévastatrice dans ses implications : le conflit a mis en lumière la fragilité d’un modèle militaire fondé sur un petit nombre de systèmes ultra-coûteux et technologiquement complexes, comparé à une stratégie reposant sur des armes bon marché, produites en masse et consommables. Et la Chine, contrairement à l’Iran, dispose des capacités industrielles et financières nécessaires pour transformer cette logique en une véritable menace existentielle.
...
caractère «exquis» de l’appareil militaire américain : une dépendance quasi pathologique à l’égard de systèmes d’armes exclusifs, extrêmement coûteux et difficiles à remplacer. Parmi eux, on peut citer les porte-avions à propulsion nucléaire, les chasseurs de cinquième génération tels que les F-22 et F-35, les missiles de croisière de précision et les systèmes de défense aérienne Patriot, dont les intercepteurs individuels coûtent plus de quatre millions de dollars.
En réponse, l’Iran a déployé une stratégie que les stratèges militaires qualifient d’«échange asymétrique» : des essaims de drones dont le coût unitaire est inférieur à cent mille dollars, des missiles balistiques de conception rudimentaire produits en masse, et des attaques massives conçues moins pour infliger des dommages proportionnels que pour contraindre l’adversaire à épuiser ses ressources les plus précieuses à un rythme insoutenable. Il en résulte une équation qui favorise les plus pauvres, mais aussi les plus patients : chaque intercepteur Patriot lancé contre un drone iranien représente un échange économique de quarante pour un, et chaque missile de défense aérienne épuisé constitue une ressource qui ne sera plus disponible lorsque la véritable menace se profilera à l’horizon.
...
Ndlr : corrobore ma propre analyse :-(
Par Michel Saby et Valérie BENOIT MESNARD
Clés : doute méthodique, éthique de la médiaiton, gouvernance des données, IA et droit notarial, médiation et IA, responsabilité du médiateur
Entre promesse technologique et crainte de déshumanisation, l’IA s’invite désormais dans l’univers de la médiation. Outil d’aide à la structuration ou faux tiers neutre, elle interroge la posture même du médiateur. La question n’est plus de savoir si elle sera utilisée, mais comment encadrer ses usages pour renforcer le doute méthodique et préserver la qualité du lien et sa pérennité.
L’IA peut-elle aider à cultiver un doute méthodique et à soutenir le lien en médiation, sans empiéter sur la responsabilité du médiateur ni sur la sécurité qu’apporte le droit ? La médiation n’est pas qu’une technique : c’est une manière d’être. Jean-François Six le rappelait : « on ne fait pas de la médiation, on est médiateur ». Le droit fixe un cadre de certitude ; la médiation ouvre un espace de « peut-être » fécond où l’on cherche, avec méthode, ce qui peut être accepté par tous. Entre ces deux pôles, l’IA n’est ni un tiers neutre ni un arbitre, mais un assistant. Elle aide à structurer les informations, à reformuler, à expliciter des familles de critères et à mettre en forme des documents. Elle n’a pas d’intention ni de « regard » ; elle outille une délibération qui demeure humaine. D’où une vigilance nécessaire face aux biais, aux hallucinations et à la difficulté de saisir les non-dits contextuels. « Le doute est un mol oreiller pour une tête bien faite » : il s’agit de douter avec méthode pour mieux décider, non de s’abandonner à l’incertitude.
L’ IA passerelle avec le droit notarial
L’IA a des réponses sur tout mais l’IA a- t- elle réponse à tout ? Ce que le notaire ne peut pas dénouer la médiation peut l’amorcer . La grande majorité des cas de médiation sont liés à la famille et de ce fait au droit concernant cette dernière. Le droit apporte la norme et la sécurité ; la médiation crée l’espace relationnel où se négocient les significations et les engagements. L’IA, si elle est bien cadrée, clarifie sans se substituer. Elle apporte une capacité de synthèse et d’ordonnancement utile lorsque les pièces sont nombreuses, les perceptions divergentes et les termes ambigus. Parler d’outil, plutôt que d’une « IA qui prend parti », évite l’anthropomorphisme et rend claires les responsabilités : la décision est humaine ; la qualité de la relation demeure l’affaire du médiateur ; la sécurité reste bornée par le droit et l’expertise du notaire.
Ce que l’IA change
L’apport réel se joue d’abord en amont : synthétiser les documents, harmoniser le vocabulaire, faire apparaître convergences et divergences, préparer des questions ouvertes et une trame de maïeutique qui aideront à faire émerger les enjeux implicites. Pendant la médiation, uniquement avec le consentement explicite des parties, l’IA peut servir d’appui ponctuel pour reformuler une proposition, vérifier la cohérence d’options et éclairer les compromis possibles, sans présumer du choix. Après la séance, elle facilite la mise en forme d’éléments de langage communs, la rédaction d’un projet d’accord et d’un plan de suivi, qui restent soumis à relecture juridique et validation des parties. Nulle « IA en direct » sans accord préalable, aucune capture de données sensibles hors du cadre consenti, et jamais de substitution au médiateur : ces bornes sont constitutives de la confiance.
Souffrance éthique et évaluation
La « souffrance éthique » décrite par Christophe Dejours naît du décalage entre le travail prescrit, le travail réel et ce que la personne estime juste de faire. Quand les critères d’évaluation sont flous ou unilatéraux, les conflits s’enkystent. Ici, l’IA aide à mettre à plat des familles de critères : clarté et définition, équité de répartition, faisabilité au regard des moyens et du temps, traçabilité des preuves, soutenabilité pour éviter les effets pervers; puis à distinguer ce qui est objectivable de ce qui relève d’un jugement conjoint. Elle ne définit pas « les bons critères » et ne décide pas ; elle rend le désaccord plus intelligible et réduit l’arbitraire perçu. Dans une entreprise de service, par exemple, une cheffe d’équipe conteste une évaluation jugée « insuffisante ». Utilisée en amont, l’IA aide à lister et préciser les critères pertinents (qualité perçue, montée en compétences, stabilité d’équipe, délais, incidents). Le médiateur s’appuie ensuite sur cette grille pour structurer l’échange et faire émerger un accord sur quelques critères partagés, un calendrier de mesure et un rendez-vous d’ajustement. Ce n’est pas « la décision de l’IA », mais une décision humaine, mieux informée.
La posture professionnelle
La présence ne se délègue pas. La congruence, au sens de Carl Rogers (cohérence entre ce que l’on ressent, pense et exprime), demeure le socle de la confiance. La non-immédiateté chère à Peter Fenner (suspendre le réflexe de réponse pour laisser la compréhension émerger) protège la qualité du lien. Correctement encadrée, l’IA libère de la bande passante cognitive en prenant en charge la technique (synthèses, vérifications, mise en forme) pour que le médiateur reste centré sur l’écoute et la relation. La clarté des rôles évite les glissements : l’outil structure et documente, le médiateur conduit et garantit l’éthique, le droit borne et sécurise.
Garde-fous et conformité
Toute utilisation de l’IA en médiation suppose un consentement explicite des parties, la minimisation et l’anonymisation des données, l’assurance qu’aucune information sensible ne sera réentraînée dans des modèles publics, une traçabilité effective des contenus soumis et générés, un contrôle humain systématique et le respect du RGPD ainsi que de l’AI Act, qui introduit une logique de risques, de transparence et de gouvernance des données. Ce cadre n’est pas un supplément d’âme ; il conditionne la légitimité de l’outil et protège la relation.
Douter ensemble, décider mieux et durablement
Le triptyque droit – médiation – IA n’est pas un jeu à somme nulle. Le droit protège, la médiation relie, l’IA clarifie et a un rôle prépondérant dans la pérennité du lien qui a besoin d’une mémoire objective Le doute, loin d’affaiblir la décision, la renforce lorsqu’il est méthodique et partagé. Utilisée pour ce qu’elle sait faire (structurer, reformuler, expliciter) et dans un cadre consenti, traçable et conforme, l’IA aide des personnes à mieux se comprendre… donc à mieux s’accorder par une qualité du lien cultivé de souvenirs factuels.
- Dejours, C. (1998). Souffrance en France : La banalisation de l’injustice sociale. Paris : Seuil.
- Fenner, P. (2007). Radiant Mind: Awakening Unconditioned Awareness. Boulder, CO : Sounds True.
- Montaigne, M. (2007). Les Essais(éd. établie d’après l’« Exemplaire de Bordeaux »). Paris : Gallimard. (Œuvre originale publiée en 1580.)
- Rogers, C. R. (1998). Le développement de la personne(trad. fr.). Paris : InterÉditions. (Œuvre originale publiée en 1961.)
- Six, J.-F. (1990). Le temps des médiateurs. Paris : Seuil.
- Six, J.-F. (1995). Dynamique de la médiation. Paris : Desclée de Brouwer.
- Union européenne. (2016). Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 (RGPD). Journal officiel de l’Union européenne.
- Union européenne. (2024). Règlement (UE) 2024/1689 établissant des règles harmonisées en matière d’intelligence artificielle (AI Act). Journal officiel de l’Union européenne.
Vues 550 Partages 0 Évaluations 0 Utilisations 2
Connu / https://fr.linkedin.com/posts/management-datascience_comment-lia-transforme-t-elle-la-m%C3%A9diation-activity-7402634329836920832-mKdX
connu / https://michelsaby.wordpress.com/2026/01/02/comment-lia-transforme-t-elle-la-pratique-de-la-mediation-2/
Ndlr : /"la médiation ouvre un espace de « peut-être » fécond où l’on cherche, avec méthode, ce qui peut être accepté par tous" : pas d'accord sur la 2ème partie de cette phrase. Ce qui peut être accepté par tous fait penser à de la négociation, à la recherche du consensus. C'est confirmé par "la médiation crée l’espace relationnel où se négocient les significations et les engagements".
Le philosophe François Jullien** a prouvé à quel point le compossible est plus fertile en médiation que le compromis qui reste dans les rapports de force. C'est certes plus exigent mais tellement plus fécond. Et cela justifie pleinement le recours à la médiation.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-heure-philo/l-heure-philo-du-vendredi-09-janvier-2026-2723899
transcrite à https://tools.immae.eu/Shaarli/mediationpourtous?fo9u2A
Global Risks Report 2025 : Conflits, environnement et désinformation
• Les conflits armés entre États émergent comme le principal risque immédiat pour 2025, identifié par près d'un quart des répondants, reflétant des tensions géopolitiques accrues et une fragmentation mondiale.
• La mésinformation et la désinformation sont en tête des risques à court terme et peuvent alimenter l'instabilité et saper la confiance dans la gouvernance, compliquant ainsi le besoin urgent de coopération pour faire face aux crises communes.
• Les risques environnementaux dominent l'horizon de 10 ans, en particulier les phénomènes météorologiques extrêmes, la perte de biodiversité et l'effondrement des écosystèmes.
• Lisez le Rapport sur les risques mondiaux 2025 ici https://wef.ch/risks25 et participez à la conversation en utilisant #Risks25.
Genève, Suisse, le 15 janvier 2025 – La 20e édition du Global Risks Report du Forum économique mondial, publiée aujourd'hui, révèle un paysage mondial de plus en plus fracturé, où l'escalade des défis géopolitiques, environnementaux, sociétaux et technologiques menace la stabilité et le progrès.
Bien que les risques économiques présentent une importance moins immédiate dans les résultats de l'enquête de cette année, ils restent une préoccupation, en corrélation avec les tensions sociétales et géopolitiques.
...
« La montée des tensions géopolitiques, la fracture de la confiance mondiale et la crise climatique mettent le système mondial à rude épreuve comme jamais auparavant », a déclaré Mirek Dušek, directeur général du Forum économique mondial. « Dans un monde marqué par des divisions de plus en plus profondes et des risques en cascade, les dirigeants mondiaux ont le choix : favoriser la collaboration et la résilience, ou faire face à une instabilité aggravée. Les enjeux n'ont jamais été aussi élevés.
...
Le Forum économique mondial, qui s'engage à améliorer l'état du monde, est l'Organisation internationale de coopération public-privé. Le Forum réunit les plus éminents dirigeants politiques, commerciaux et autres de la société pour façonner les programmes mondiaux, régionaux et industriels. (www.weforum.org).
Ndlr :
- la prétention de ce Forum est immense : "améliorer l'état du monde", façonner les programmes mondiaux, régionaux et industriels. Quelle évaluation est faite de leur action ? Quel écart entre leur prétention et les résultats obtenus ? ACT
- Dans le résumé il est question de collaboration, alors que dans leur vocation il est question de "coopération". Qu'en est-il dans les faits ? ACT
- "tensions sociétales" : qu'entendent-ils par là ? ACT
Proposition envoyée par France Travail
Offre d'emploi
Offre n°195BYLX
Médiateur (H/F)
16 - ANGOULEME
Publié le 10 juillet 2025
Logélia assure les missions de construction, réhabilitation et gestion de plus de 8 000 logements sociaux.
Nous recherchons un(e) Médiateur(trice) afin d'intégrer l'Agence de l'Angoumois. Rattaché(e) à la Directrice d'Agence, il (elle) intervient afin d'assurer la médiation avec les locataires. Il (Elle) participe à la politique qualité de service de l'Office.
VOS MISSIONS
- Apporter son expertise aux équipes de proximité en les conseillant sur la façon d'appréhender des relations conflictuelles
- Intervenir dès lors qu'un locataire refuse tout contact avec Logélia afin de tenter une mobilisation de sa part avant une judiciarisation du dossier
- Participer à la définition, à l'élaboration et au suivi des politiques concernant la gestion des troubles et incivilités pour des publics spécifiques en intégrant et participant à l'animation du réseau de partenaires
- Mener à bien des enquêtes de voisinages et intervenir à domicile en appliquant les méthodes d'intervention adéquates et en mobilisant si besoin le(s) partenaire(s) pour une approche globale de la situation
- Réaliser de la médiation entre locataires pour réguler les tensions et renouer le dialogue
- Superviser les réponses aux pétitions et aux réclamations faisant état d'un différend entre locataires
- Créer et animer des relations étroites avec l'ensemble des partenaires institutionnels et associatifs engagés en matière de prévention, médiation et tranquillité résidentielle pour résoudre les difficultés rencontrées par les locataires
- Intervenir auprès de locataires présentant des troubles de comportement en lien avec les tuteurs et les curateurs
- Créer des conditions de dialogue entre les habitants et les institutions pour faciliter les concertations entre locataires et institutions
- Lancer et suivre les procédures d'expulsion en matière de troubles du voisinage
VOTRE PROFIL
- Formation supérieure (dès niveau Bac+3) en métiers de la cohésion sociale, ou équivalent
- Expérience : A partir de 5 ans sur un poste similaire
- Bonne capacité rédactionnelle
- Bon relationnel avec les équipes, les prestataires et les locataires
- Capacités d'observation, d'analyse et de préconisations relatives aux situations rencontrées dans son activité (veille sociale, diagnostic de situation, .)
- Adapter son mode relationnel au public concerné et savoir communiquer dans un contexte d'interculturalité
- Maitrise des outils informatiques
NOS CONDITIONS DE TRAVAIL
- 13ème mois
- Titres Restaurant
- Mutuelle
- Prévoyance
- Transports
- Télétravail possible à partir d'un an d'ancienneté
Type de contrat CDI Contrat travail
Durée de travail 39H/semaine Travail en journée
Salaire Salaire brut : Mensuel de 2100.0 Euros sur 12.0 mois Chèque repas Mutuelle
Profil souhaité
Expérience 5 An(s)Cette expérience est indispensable
Compétences
- Entrer en contact avec la population et promouvoir les initiatives (réunions de concertation, consultations, …) Cette compétence est indispensable
- Organiser une médiation sociale Cette compétence est indispensable
Savoir-être professionnels
- Avoir l'esprit d'équipe
- Etre à l'écoute, faire preuve d'empathie
- Organiser son travail selon les priorités et les objectifs
Informations complémentaires
- Qualification : Employé qualifié
- Secteur d'activité : Location de logements
Employeur
LOGELIA CHARENTE
Ndlr : le médiateur est une fonction de non-pouvoir afin de garantir l'impartialité. Comment lui demander de sanctionner en lançant les procédures d'expulsion ? Dénoncer ACT
158 k abonnés - 1,8k+ - 24 423 vues - 396 commentaires
📺 Retrouvez l’intégralité de mon passage dans la matinale de BFMTV du lundi 14 avril 2025.
La robustesse est la capacité d’un système à maintenir sa stabilité (à court terme) et sa viabilité (à long terme) malgré les fluctuations
...
Comme l’a montré Elinor Ostrom, certains systèmes sociaux sont également robustes. En particulier, la gouvernance de certains biens communs – aquifères, champs irrigués, prairies de haute montagne – a fait ses preuves depuis plusieurs siècles en traversant les guerres, les famines et les pandémies. Une telle robustesse est permise grâce à des principes qui pourraient nous inspirer pour faire face aux nombreux défis de l’Anthropocène.
...
« La résilience a trois définitions. C’est d’abord la capacité d’un matériau à se déformer et à revenir à sa forme initiale. Cette idée d’élasticité a ensuite été déclinée en psychologie : la capacité à rebondir. Comme le dit Thierry Ribault dans Contre la résilience, il s’agit d’une forme de double peine : exiger d’être capable de tomber, et de remonter la pente. Inutile de dire que cette définition très responsabilisante s’aligne parfaitement avec la main invisible du marché, l’absence d’État et le néolibéralisme ... il y a trop d’ambiguïtés dans les différentes facettes de la résilience pour continuer à l’utiliser. La résilience dans son acception psychologique domine actuellement et peut devenir une injonction d’agilité et de consentement, parfaitement alignée avec l’idéologie performante. Il me parait donc plus opportun de parler de robustesse, que l’on pourrait même opposer à la résilience : la robustesse crée les conditions grâce auxquelles on ne tombe pas. Les marges de manœuvre nécessaires pour cela sont incompatibles avec la recherche d’efficacité, d’efficience ou d’agilité. » Extrait d’Antidote au culte de la performance – Ed. Gallimard
...
Les biens communs sont des ressources créées, gérées et partagées collectivement par une communauté de citoyens : zones urbaines transformées en jardins partagés, informations ajoutées dans l’encyclopédie Wikipédia, cartes OpenStreet Map nourries par les utilisateurs, savoirs traditionnels, logiciels libres, science ouverte, publications en libre accès, pédibus scolaires, fours à pains mutualisés, systèmes d’irrigation agricole partagés, semences libres, contenus éducatifs ouverts, échanges de savoirs, justice participative, données ouvertes collectées par les personnes…
Quelles que soit leur échelle – de l’immeuble à la planète –, les approches par les biens communs apportent des réponses inédites et robustes, là où la puissance publique et le marché sont souvent absents ou inefficaces.
Elinor Ostrom a identifié huit « principes fondamentaux » critiques pour la création et le maintien de ressources mises en communs (common pool of ressources). Ces principes permettent de mettre les actions collectives (réalisées en vue de résoudre un problème) à l’épreuve des faits :
- des limites nettement définies des ressources et des individus qui y ont accès (qui permettent une exclusion des entités externes ou malvenues)
- des règles bien adaptées aux besoins et conditions locales et conformes aux objectifs des individus rassemblés
- un système permettant aux individus de participer régulièrement à la définition et à la modification des règles (faisceau de droits accordés aux personnes concernées)
- une gouvernance effective et redevable à la communauté vis-à-vis des appropriateurs
- un système gradué de sanction pour des appropriations de ressources qui violent les règles de la communauté
- un système peu coûteux de résolution des conflits
- une auto détermination reconnue des autorité extérieures
- S’il y a lieu, une organisation à plusieurs niveaux de projet qui prend toujours pour base ces bassins de ressources communes.
...
la sous-optimalité est un formidable soutien aux capacités d’adaptation : les systèmes vivants peuvent contourner les difficultés, non pas parce qu’ils sont bien préparés, mais plutôt parce qu’ils sont toujours dans un état dynamique, explorant les possibles. L’évolution n’a pas sélectionné la performance comme compas indépassable, mais bien la robustesse, c’est-à-dire la capacité à survivre aux fluctuations de l’environnement et à se transformer si les conditions l’exigent.
La paix de demain ?
... les crises successives mettent à nu la fragilité de nos systèmes socio-économiques suroptimisés ... dysfonctionnements d’une société devenue trop performante ... C’est d’ailleurs ce qu’Ivan Illich dénonce dans la « contre-productivité », quand l’excès de performance nous condamne. D’autres formes de résistance sont apparues. Carlo Petrini remet en cause la performance absurde des fast-food, et invente le « slow food » en réaction. De même, le paysagiste Gilles Clément invente un nouveau jardin, contre les aberrations de l’excellence ornementale permise à coup de destruction massive et d’armes chimiques. La chambre du futur, ou du temps long, proposée par Dominique Bourg participe du même mouvement. Finalement, la sous-optimalité du vivant pourrait nous apprendre beaucoup pour construire une réelle civilisation de la paix, où la robustesse deviendrait notre nouveau compas. Au-delà des pandémies et des crises économiques, inventer cette société-là pourrait devenir inévitable : il va falloir trouver des marges d’adaptation inédites face aux défis vastes et imprévisibles de l’anthropocène. (Adaptation d’une tribune parue dans Libération le 6 mai 2020)
L’association DECLIC - CNV & EDUCATION a pour objet de contribuer à une éducation et un accompagnement conscients et respectueux de l’enfant, dans les familles et dans les structures accueillant des enfants et des jeunes.
A cet effet, elle promeut la Communication NonViolente (CNV) ... Les Systèmes et Cercles restauratifs ... tension ou de conflit ... « Ce qui rend le conflit dangereux, c’est de s’en éloigner » (D. Barter) ... L'éducation, un axe central pour un changement social ...
Nos valeurs et notre mission
- Eduquer avec conscience et respect
- Ecouter et prendre en compte les besoins de chacun
- Etre des adultes inspirants
- Vivre concrètement ses intentions éducatives :
- transmettre par sa manière d'être dans la relation, car l'enfant apprend en vivant
- Prévenir plutôt que guérir
- ACCOMPAGNER LES ADULTES QUI ACCOMPAGNENT LES ENFANTS ET LES JEUNES
Historique
... Entre 2002 et 2006, une commission éducation, initiée par Caroline Ader Lamy ... Vilma Costetti, la créatrice des éditions Esserci ... En 2008, Catherine Schmider ... En 2010, l’ACNV qui a fait le choix de faire de l’éducation un axe prioritaire, soutient le projet éducation, et confie à Catherine Schmider une mission de coordination CNV et éducation. ... En juillet 2013, le Cercle France (structure liée à la gouvernance sociocratique : Conseil d'Administration de l'ACNV élargi) vote le projet de création d’une structure spécifique pour porter le projet CNV et éducation.
Catherine Schmider et l'équipe investie dans le projet CNV et éducation s'occupent de sa mise en oeuvre.
Fin décembre 2014, l’assemblée constitutive de Déclic a lieu.
Les statuts sont déposés en janvier 2015, avec une parution au Journal Officiel le 7 février 2015.
... l'une des structures composant le réseau CNV France ... L'ACNV, Association pour la Communication NonViolente, créée en 1991 ...
Mentions légales
Siège social Déclic CNV & Education 2 place Sathonay 69001 Lyon
Contact contact@declic-cnveducation.org
Représentant légal Caroline ADER LAMY : Présidente
Coordination Nationale : Aurélie Capgras
Immatriculation SIRET : 809 498 538 00036 - APE : 8559B
Numéro organisme de formation : 82 73 01745 73
Hébergeur du site Let's co
Crédit photos Adobe Stock, Fotolia, ww.freepik.fr
S1 E04 · Conflit fertile, OK ; mais comment faire ? · 2/2
48min |15/12/2022
Description
🥊😡🗯️💢⚡ Ne plus fuir le conflit, OK, mais concrètement, comment on fait ??
🤜🤛 Après le 1er volet dans lequel nous avons contextualisé et mis au travail notre relation au conflit, dans ce 2ème volet vous découvrirez quelques conseils pratiques.
Pour nous éclairer sur ces sujets, nous poursuivons la discussion avec Camille Désiré, facilitatrice en intelligence collective, en particulier sur les enjeux sociétaux et les situations de crise.
Et la chronique 💖Pour une politique de l'amour, dans laquelle Anne nous parle d'Histoire et de loi salique !
...
Joie Politique, un podcast :
✨ créé et animé par Marie Pouliquen
✨ avec Anne Pédron-Moinard, Clémentine Lemaire et Didiel Pacary-Charuel
✨ enregistré et diffusé par Radio Grand Lieu
🤗 transcription disponible ici
contact : marie@joie-politique.fr
Références, ressources et crédits de l’épisode :
- la Communication Non Violente (par Marshall B. Rosenberg notamment)
- le débat mouvant
- les 6 attitudes de Porter
- la socianalyse, formation Sans Transition avec Anthony Brault (intervenants possibles : Camille Désiré , La catalyse, La boite noire)
- Entrainement mental : s'informer, se former http://entrainement-mental.info/
- Safe space, brave space, IRESMO Institut de Re cherche et d’Education Sur les MOuvements sociaux
- Cercles restauratifs / pratiques restauratives : en France, en Belgique
Dans la chronique Pour une politique de l'amour : Non le masculin ne l'emporte pas sur le féminin, d'Eliane Viennot
Tr.: ... posture tierce, tiers, entraînement mental ... évaluation, interprêtation, soutien/encouragement, suggestion, investigation/enquête, compréhension empathique, écoute, ... interpersonnel / systémique ou collectif/groupe ... espaces en mixité choisie ... brave space ... approche restaurative (éviter le punitif) ... l'autogestion a besoin d'ouvertures ... de la bienveillance à veiller au bien ... l'idée du trousseau de clés (pas toujours le même outil, qui n'est rien qu'une facette qui alimente une posture globale) ... processus ... mettre du réflexif, la posture, le temps ... déconstruire/construire ... être en liens ...
Terrorisme », « crimes de guerre », « nettoyage ethnique », « apartheid ». Quels mots utiliser pour décrire la guerre Israël-Hamas, point culminant d’un conflit qui dure depuis des décennies ? « À l’air libre » reçoit le sociologue Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales.
La guerre au Proche-Orient qui se déroule sous nos yeux depuis le 7 octobre, le massacre et la prise d’otages du Hamas en Israël, les bombardements intensifs et meurtriers à Gaza provoquent de la tristesse, de l’indignation, de la colère et des débats passionnés.
Comment cette explosion de violences s’ancre-t-elle dans un long, très long, conflit israélo-palestinien qui remonte à la création même de l’État d’Israël en 1948 ? Quels mots utiliser pour décrire ce qui se passe sous nos yeux ?
Dans « À l’air libre », le point avec un grand spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po.
Nos articles en lien avec cette émission Aux origines de la guerre Israël-Hamas 9 octobre 2023
Connu / https://mastodon.top/@francois/111263458845734960
Tr. ... un homme vaut un homme, gagner la bataille de la mondialisation si on gagne le mot humain ...
Ndlr : mesuré et pertinent ++
Julia Cagé et Thomas Piketty : "Le vote Macron est le plus bourgeois de l'Histoire !" / France inter
Julia Cagé et Thomas Piketty co-signent "Une histoire du conflit politique" au Seuil. Ils insistent sur l'importance des facteurs socio-économiques
...
Connu / TG le 7/09/23 à 11:12
QUI SOMMES-NOUS ?
Depuis 2008 ... fédère un réseau national de praticiens.
Notre ambition : contribuer à améliorer les pratiques de concertation et diffuser la culture de la participation
Nos PRINCIPES
... nos missions : mettre en réseau ; interroger les pratiques de concertation et leurs fondements théoriques ; échanger et débattre avec une exigence d'ouverture et de bienveillance ; améliorer la visibilité du champ de la participation aux yeux des décideurs publics ; fournir des ressources accessibles à tou.te.s
La gouvernance
Le Conseil d'administration
Composé de 16 personnes, le Conseil d’Administration représente la diversité de nos membres.
- David Prothais, co-président
- Elian Belon
- Loïc Blondiaux
- Christophe Beurois
- Julie Riegel
- Charlotte Mauré
- Sandra Rataud
- Judith Ferrando y Puig
- Pascal Jarry
- Charlotte Zuckmeyer
- Christophe Karlin
- Gilles-Laurent Rayssac
- Marine Resson
- Clément Mabi
- Damien Mouchague
- Tiphaine Chatton
L'équipe
L'équipe salariée a pour mission de trouver les moyens de fonctionnement de l'association, de coordonner ses activités et d'administrer son site internet.
- Pierre-Yves Guihéneuf, Délégué général
- Louise Jean-Albert, Chargée de mission
- Flore Riou, Alternante
Ressources
Ressources documentaires ... livres, articles, manuels méthodologiques, rapports, textes de loi, chartes, films... 1479 documents trouvés
- Note de lecture Conflits et projets. Revue bibliographique Auteur(s) : ICPC
- Article « La faible vitalité démocratique de la Ve République a de quoi inquiéter » Auteur(s) : Guillaume Gourgues
- Rapport, thèse, mémoire Quand le conflit déconcerte. Approche bibliographique et critique de la violence dans le cadre des dispositifs de participation publique Auteur(s) : Roméo BONDON
- Article Asymétries : la démocratie participative après l’IA Auteur(s) : Gianluca Sgueo
- DocumentEtude DIALOGUES AUTOUR DE L’IMPLICATION CITOYENNE DÉRANGEANTE Auteur(s) : Katie Gagnon - Marie-Ève Maillé
- Article Définitions et limites de la démocratie participative Auteur(s) : Félix G.R. Turmel
- Podcast En finir avec la démocratie défaillante Auteur(s) : Arte
- ArticleCompte-rendu Rencontres de la chaire 2023 Auteur(s) : Science Po Lyon
- Manuel Kit d’animation « Conflits dans les démarches de concertation » Auteur(s) : ICPC
- Compte-renduFilm ou audio Géopolitique des conflits d’aménagement et transition écologique Auteur(s) : Philippe Subra
- Document Stratégie d’intégration de la dimension de genre dans la participation citoyenne Auteur(s) : OIDP
- Podcast REP 2023, Bonus – Interview de Guillaume Petit en format long Auteur(s) : DemoPratiques
- Compte-rendu [RENCONTRES EUROPENNES DE LA PARTICIPATION 2023] Compte-rendu de la Session Genre et Participation Auteur(s) : Collectif de rédaction du Guide Genre et Participation
- Compte-rendu [RENCONTRES EUROPENNES DE LA PARTICIPATION 2023] Compte-rendu de la Session Handicap(s) et démocratie Auteur(s) : Club des techniciens et techniciennes des Départements Participatifs
- Article Deux Conventions citoyennes : quelles leçons, quel héritage ? Auteur(s) : Claire Thoury & Thierry Pech
- Article ILARIA CASILLO ET DAVID CHEVALLIER (CNDP) : « SANS ENGAGEMENT CLAIR À CÉDER UNE PARTIE DE LA DÉCISION, LES CITOYENS N’ONT AUCUN INTÉRÊT À PARTICIPER » Auteur(s) : Millénaire 3 - Caroline Juanel
- Article Les conventions citoyennes sont-elles l’avenir de la démocratie ? Auteur(s) : Le Drenche
- Article Quel avenir pour la démocratie participative municipale ? Auteur(s) : Camille Morio
- DocumentManuel Le participatif, un guide pour accompagner vos démarches participatives Auteur(s) : Ville de Lausanne
- Article Qui sont les absent·es de la participation ? Auteur(s) : Sarah Krichen - Open Source Politics
...
Mis à jour À 21:10 9 Commentaires
Coup dur pour les soutiens du Lyon-Turin. La Première ministre Élisabeth Borne a donné sa faveur pour un scénario du Comité d’orientation des infrastructures (COI) sur les projets de transports de demain. Un scénario qui, entre autres propositions, repousse la livraison des voies d'accès françaises du tunnel transfrontalier à 2045 et donne la priorité à la ligne historique Dijon-Turin.
...
La déception de Laurent Wauquiez et des partisans du projet
...
L'objectif ? Décider d'ici juin un plan de financement de ces infrastructures
...
Une décision attendue de longue date
L’État repousse donc sa décision finale sur les voies d’accès depuis 2021. Clément Beaune, le ministre des Transports en fonction depuis juillet 2022, mettait seulement en avant que les collectivités locales devaient s'entendre sur le montant qu'elles étaient prêtes à investir sur le projet d'une nouvelle ligne. Depuis, plus rien de la part du ministère des transports qui attendait ce rapport du Comité d’orientation des infrastructures (COI).
Une absence de décision du ministre qui a étonné aussi à cause du risque de perte des financements provenant de l'Union européenne alors que l'Italie a déjà dessiné un tracé pour ses propres voies d'accès au tunnel et planifié un budget. La date limite de dépôt de dossier était fixée à janvier 2023 jusqu'au prochain mandat d'appel à projet. Résultat, quelle que soit la décision précise du gouvernement, il est certain qu'un projet de nouvelle ligne, s'il a lieu, se fera avec beaucoup de retard.
...
Impatience de l'Italie et de l'Europe
...
La Transalpine déplore une "aberration écologique et économique"
...
Le plus grand tunnel ferroviaire du monde
...
Les projets lyonnais sur la table
Enfin, le COI préconise d'accélérer les projets de transports autour de Lyon. Le contournement ferroviaire de Lyon (CFAL), et la mise à quatre voies de la ligne Saint-Fons-Grenay, et un nouveau franchissement du Rhône au sud de Lyon sont posés sur la table parmi les urgences. Aujourd’hui, tout le fret de marchandise sur l’axe nord-sud entre dans Lyon. De quoi engorger des gares comme la Part-Dieu. Le contournement pourrait ainsi assainir cette situation.
Lire aussi :
- Lyon-Turin : le spectre d’un tunnel sans trains
- "A l'échelle du prochain siècle, il n'y a pas d'autre alternative que le Lyon-Turin" Stéphane Guggino (Comité pour la Transalpine)
- Lyon-Turin : les scénarios des voies d’accès au tunnel à l'étude
- Grégory Doucet et plusieurs élus lyonnais demandent l’abandon du Lyon-Turin
Société - Laïcité et religion - Article abonné - Entretien
Pour avoir regretté que le Planning familial fasse disparaître de ses statuts son attachement à la laïcité, Matthieu Gatipon-Bachette a été démis de ses fonctions de porte-parole de l'Inter-LGBT. Auprès de « Marianne », il regrette que le militantisme LGBT actuel ne voie plus dans la loi de 1905 un principe de protection et d'émancipation, mais un outil raciste. Un témoignage qui illustre les profondes mutations à l'œuvre au sein des associations LGBT.
Elle a pourtant été pensée comme un principe protecteur. La laïcité ne fait plus recette dans les mouvements LGBT, où elle est désormais perçue comme un outil au service de l'extrême droite anti-musulmane. Pour l'avoir défendue publiquement, le porte-parole de l'Inter-LGBT, Matthieu Gatipon-Bachette, a été remercié, ainsi que le rapporte Charlie Hebdo. Interrogé par Marianne, il nous a expliqué pourquoi la loi de 1905 demeure plus que jamais un principe protecteur et indispensable à l'émancipation des personnes LGBT malgré les mécanismes politiques à l'œuvre au sein des associations, qui tendent désormais à le présenter comme une règle raciste.
Marianne : Pourquoi avez-vous quitté vos fonctions de porte-parole de l'Inter-LGBT ?
Matthieu Gatipon-Bachette : Charlie Hebdo a publié un article sur le Planning familial, expliquant que les instances avaient décidé de retirer le mot « laïcité » de certains de ses textes. Ce n'était pas un phénomène nouveau, ces débats internes sur la loi de 1905, la presse s'en était déjà fait l'écho maintes fois. Mais le papier de Charlie expliquait que de plus en plus de sections du planning étaient exclues dans certaines régions. Alors j'ai relayé l'article sur Twitter, ajoutant : « Je suis très inquiet de voir le Planning familial renoncer à la laïcité. Je persiste à penser que cette dernière protège les personnes LGBTQI+. » Là, plein de militants, surtout des Parisiens, se sont indignés à peu de frais de mon message. J'ai reçu une série de SMS de la coprésidente de l'Inter-LGBT Elisa Koubi pour me demander de retirer mon tweet.
📰🏳️🌈Cette semaine la journaliste @LaureDaussy revient sur les raisons de mon éviction de l'@InterLGBT dans @Charlie_Hebdo_ . Mon attachement trop démonstratif au principe de #laïcité étant le principal mobile. pic.twitter.com/9q2mHgEyji
— Matthieu Gatipon-Bachette (@GatiponMatthieu) December 21, 2022
Une fois ceci dit, ce qu'il faut comprendre, c'est la cabale politicienne interne typique de ce qui peut se passer dans une association de la taille de l'Inter-LGBT. On y retrouve plusieurs courants, dont certains sont proches des partis politiques comme Homosexualités et socialismes, proche du PS, la commission LGBT d’EELV et du PCF. Cette polémique relève finalement du débat idéologique qui peut se dessiner dans le mouvement LGBT entre des associations universalistes et d'autres associations plus proches de l'indigénisme politique.
Mais, la réalité, c'est qu'à Metz, la majorité municipale est LR et donc le financement des associations LGBT tient beaucoup à ces collectivités de droite. En tant que président d'une association locale, Couleurs Gaies, il m'arrivait d'apparaître aux côtés de ces personnalités LR, ce qui était difficile à accepter pour l'Inter-LGBT, financée par la mairie socialiste de Paris. Il faut bien comprendre que cette querelle sur la laïcité est surtout, selon moi, un prétexte politique pour m'évincer.
« Au fond, l'Inter choisit un peu les bonnes victimes… Et je pense que ça contribue à la montée du vote d'extrême droite chez les personnes LGBT. »
Pourquoi cet attachement à la laïcité ? Ce n'est plus vraiment à la mode dans les courants LGBT.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'à Metz, la loi de 1905 ne s'applique pas puisque nous nous trouvons sous le régime du concordat, qui nous prive de la laïcité. Vous avez ici une Église catholique et des cultes très puissants, qui ont pu mettre des moyens de pression énormes pendant La Manif pour tous. C'est l'une des raisons pour lesquelles les militants LGBT d'ici sont extrêmement attachés à la laïcité. Parce que, quand vous n'avez pas cette neutralité, vous êtes dans un entre-deux qui laisse énormément de marge de manœuvre aux cultes. Ici, ils sont assimilés à des fonctionnaires, touchent des subventions de l'État, ils sont dans des écoles où ils ne font pas de l'enseignement du fait religieux, mais de la religion. Pendant la Manif pour tous, chaque église s'est transformée en bureau de recrutement de militants, vous aviez chaque chef des cultes qui y allait de son communiqué pour expliquer que le mariage pour tous était l'œuvre du diable… Ça nous a crispés, oui. Et ça nous a amenés à avoir une réflexion avec les autres membres de l'association, à aborder ces questions dans nos modules d'éducation populaire.
À Paris, ils sont davantage dans une lecture indigéniste, qui tend à assimiler la laïcité à du colonialisme ou à du racisme – ils ont cette lecture-là. Mais par ailleurs, je peux comprendre leur analyse. Je ne la valide pas, mais je comprends qu'aujourd'hui, on puisse voir dans la laïcité un outil utilisé par l'extrême droite pour stigmatiser les musulmans. Mais il faut pouvoir dire aussi que l'islam, comme les autres religions, peut être une source d'homophobie. Je le dis avec beaucoup de prudence mais, comme c'est le cas avec d'autres croyants, certaines personnes de culture musulmanes peuvent avoir un problème avec l'homosexualité et sa visibilité dans l'espace public. Ce qui gênait vraiment l'Inter-LGBT, c'est qu'en tant que militant, j'imputais l'éloignement de certaines personnes LGBT de la parole associative à cette négation de la violence causée par cette croyance-là. Au fond, l'Inter choisit un peu les bonnes victimes… Et je pense que ça contribue à la montée du vote d'extrême droite chez les personnes LGBT.
Enfin, en tant que porte-parole de l'Inter, j'ai eu la chance de voyager. J'ai été en Turquie ou en Pologne et je peux vous assurer qu'ils en rêveraient, de notre laïcité.
À LIRE AUSSI : "Je saisis l'Inspection générale" : Sarah El Haïry réplique après des propos anti-laïcité en plein service civique
Qui porte cette vision critique de la laïcité aujourd'hui dans les mouvements LGBT ?
Dès le départ, quand nous avons rejoint l'Inter-LGBT, nous avons bien senti qu'il y avait un hiatus entre nos positions et les leurs. Mais c'est une fédération et il est normal que nous ne nous trouvions pas toujours sur la même ligne, comme entre le FLAG (syndicat LGBT des forces de l'ordre) et le Strass (syndicat des travailleuses du sexe). Mais aujourd'hui, ce combat mené contre la loi de 1905 est principalement porté par les associations parapolitiques, liées à EELV ou LFI, mais aussi chez Homosexualités et socialismes, lié au PS qui était pourtant historiquement très carré sur la laïcité. Ce sont elles qui, par opportunisme politique, font le lien entre laïcité et racisme, avec une majorité de militants associatifs qui sont dans ce discours-là. Il n'y a plus d'équilibre sur ce sujet.
« Dire que l'intersectionnalité et l'universalisme sont incompatibles, c'est complètement faux : ce n'est pas parce que vous êtes universaliste que vous ne pouvez pas avoir une lecture intersectionnelle des discriminations. »
C'est-à-dire qu'il n'y a plus de débat possible sur cette question ?
C'est-à-dire que c'est devenu un sujet très sensible. En tant que porte-parole d'une inter-associative, j'essayais de porter les positions que j'estimais les plus consensuelles possibles, je ne pouvais pas me permettre de dire ce que je pensais vraiment. Mais le fait est que même en essayant d'arrondir les angles, je sentais très bien qu'il n'était plus possible de dire que la laïcité protège les personnes LGBT. Un exemple : avec l'association Couleurs Gaies, on a décidé de venir à la dernière Marche des fiertés avec une banderole disant exactement ça : « La laïcité protège les personnes LGBT ». Ce n'est quand même pas le slogan le plus subversif de l'histoire ! On a quand même eu des retours très négatifs, on a senti des tensions.
À LIRE AUSSI : Laïcité : Un sénateur LR veut inscrire l’œuf de Pâques dans la loi de 1905… et ce n’est pas une blague
L'Inter-LGBT vous reproche de ne pas vous être suffisamment indigné d'un amendement jugé « transphobe » déposé par Aurore Bergé dans le projet de constitutionnalisation du droit à l'IVG. Qu'en est-il ?
Effectivement, on me reproche de ne pas m'être prononcé sur l'amendement qui a remplacé la phrase « nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse » par la formulation « nulle femme ne peut être privée du droit à l’interruption volontaire de grossesse ». Cet amendement, c'était une énorme connerie, je l'ai toujours dit. Mais par tactique militante et par malhonnêteté intellectuelle, on tente de m'assimiler à quelqu'un de transphobe. J'ai passé ma vie à militer pour l'autonomie des personnes transgenre, je considère, évidemment, que le genre est une construction sociale et il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre ce que dit l'Inter-LGBT et ce que je dis sur le sujet. C'est un procès facile, révélateur d'une certaine forme de pauvreté intellectuelle. ... tout ne se vaut pas.
Un autre tweet a posé problème, vous y écrivez : « Nul besoin d'avoir tous les codes de la culture woke pour avoir un engagement efficace en faveur des personnes LGBT. »
On a dit que je reprenais le vocabulaire de l'extrême droite… Le mot « woke » est devenu un mot épouvantail, qui veut pourtant simplement dire « éveillé ». Ce qui est drôle, c'est que vous commencez un débat sur le « wokisme », la plupart des gens n'en ont pas la même définition. Le fond du problème, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des militants et des universitaires qui ont renoncé à l'éducation populaire. Certains préfèrent condamner d'emblée les positions adverses, sans expliquer leurs concepts et faire leur pédagogie. Il en va de même pour les tactiques militantes : elles ne sont pas expliquées. La non-mixité par exemple, elle peut être pertinente dans certains contextes, elle pourrait être utilisée dans beaucoup d'autres mouvements. Aujourd'hui, on assimile le fait d'utiliser ces concepts et ces tactiques au fait de lutter contre les discriminations. Mais en réalité, c'est le contraire même de l'éducation populaire.
À LIRE AUSSI : Communautarisme, multiculturalisme… En France, sommes-nous prêts à abandonner la laïcité ?
https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/communautarisme-multiculturalisme-en-france-sommes-nous-prets-a-abandonner-la-laicite
Comment voyez-vous l'avenir du militantisme LGBT ?
Je suis d'un tempérament toujours optimiste. Mais je trouve aussi qu'il y a tellement de sujets importants aujourd'hui dans l'actualité – l'IVG, la fin de vie, etc. – qui nécessiteraient une mobilisation importante du tissu associatif LGBT, qu'il est vraiment dommage que nous soyons occupés à des querelles qui, je crois, n'intéressent pas les populations LGBT.
Connu / TG du 25/11/22 à 7:37
podcast Aberration écologique pour les uns, système indispensable pour les autres… les mégabassines divisent. Ces retenues d’eau, destinées à l’agriculture, pompent dans les nappes phréatiques en hiver. Dans ce podcast, Martine Valo, journaliste au « Monde », nous explique en quoi les conflits autour des mégabassines reflètent un défi majeur des années à venir : la gestion de l’eau.
Par Claire Leys et Martine Valo
Publié hier à 05h00, mis à jour hier à 07h34
Temps de Lecture 1 min.
Ecoutez l'épisode du 24 novembre 2022
En France, il y a longtemps que la guerre de l’eau a commencé. Année après année, les sécheresses s’intensifient, les rivières se vident et les cultures brûlent… Alors, un peu partout sur le territoire, d’immenses réserves d’eau sortent de terre, alimentées par le pompage des nappes phréatiques en hiver. Elles permettent aux agriculteurs détenteurs de grandes parcelles d’irriguer leurs champs en été, notamment en période de sécheresse.
Ces mégabassines divisent les citoyens des territoires concernés, jusqu’à provoquer de vives tensions, voire des affrontements, comme à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), le 29 octobre. Les opposants aux retenues d’eau voient dans le système de pompage un accaparement des ressources en eau ainsi qu’un péril pour la biodiversité.
Comment fonctionnent les mégabassines ? Combien de projets compte-t-on en France ? Quelle est la position de l’Etat ? Dans cet épisode du podcast « L’Heure du Monde », Martine Valo, journaliste au service Planète du Monde, nous aide à comprendre ce sujet épineux.
Un épisode de Claire Leys. Réalisation : Quentin Tenaud. Musique du générique : Amandine Robillard. Présentation et rédaction en chef : Morgane Tual. Dans cet épisode : extraits de journaux de RTL et France Inter, diffusés les 29 et 30 octobre 2022. Extrait de l’intervention de la première ministre, Elisabeth Borne, à l’Assemblée nationale, le 2 novembre 2022. Archives INA de deux reportages de France 2 (diffusé le 4 mars 2021) et France 3 (diffusé le 26 juillet 2019).
« L’Heure du Monde » est le podcast quotidien d’actualité du Monde. Ecoutez chaque jour, à partir de 6 heures, un nouvel épisode, sur Lemonde.fr ou sur Spotify. Retrouvez ici tous les épisodes.
Pour en savoir plus sur les mégabassines :
- Explications. Mégabassine de Sainte-Soline : 7 questions pour comprendre le projet et les manifestations pour l’empêcher
- Reportage. Dans les Deux-Sèvres, confrontation entre les opposants et les défenseurs des « mégabassines » d’irrigation
- Analyse. Les mégabassines, symbole d’un agrobusiness intenable ou réponse adaptée aux sécheresses ?
- Tribune. « Les mégabassines sont le symbole d’un modèle néfaste aux paysans et à nos territoires : l’agriculture productiviste »
france-2 magazines 113 min tous publics Vidéo sous-titré
Ma vie sans pétrole : Un reportage d’Agathe Lanté pour CAPA Presse
Des stations-services désaffectées. Des voitures essence envoyées à la casse par millions. En 2050, quelle sera notre vie sans pétrole ? Pour respecter les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, quelle sera notre vie quotidienne ? Comment nous déplacerons-nous ? Que mangera-t-on ? Les voitures seront-elles toutes électriques ? Les cargos seront-ils à voile ? Les avions à hydrogène ? Retour à l’âge des cavernes ? Monde nouveau ? Quel futur nous promettent les scientifiques comme Jean-Marc Jancovici, cet ingénieur spécialiste des énergies ? Envoyé Spécial se projette dans cette France sans pétrole qui pourrait arriver plus vite que prévu.
La guerre de l'eau : Une enquête d'Alice Gauvin, Éric Maizy et Marielle Krouk
C’est une bataille qui déchire nos campagnes et transforme nos paysages depuis des années, celle des retenues d’eau.
Il y en aurait plus de 100 000 en France , de toutes les tailles. Ces réserves géantes sont construites par les agriculteurs pour stocker l’eau et irriguer les champs l’été. Mais, aujourd’hui, elles font l’objet d’un face à face tendu. D’un côté, des agriculteurs qui estiment ces réserves indispensables à la survie de leur exploitation. Face à eux, les défenseurs de l’environnement pour qui il est urgent de préserver et partager cette ressource vitale.
Népal : les forçats du mondial : ???
Pensions alimentaires : la traques des mauvais payeurs Reportage d’Elvire Berahya-Lazarus/ Cat & Cie
C'est un chiffre frappant : un parent divorcé sur trois ne perçoit pas correctement sa pension alimentaire, pourtant décidée par la justice. Dans neuf cas sur dix, les victimes de ces impayés, environ 300 000 personnes, sont des femmes. Souvent dans des situations sociales difficiles.
Pour faire face à cette détresse, les Caisses d’allocations familiales ont désormais la charge de récupérer et reverser ces pensions alimentaires. Ces agents des CAF, en consultant de nombreux fichiers et en passant de nombreux coups de téléphones, essayent de convaincre les mauvais payeurs de régler leur dû.
Mais avec quels résultats ?
Des petits villages du Tarn-et-Garonne aux bureaux des agents de la CAF à Toulouse, nous avons mené l’enquête en Occitanie.
MA VIE SANS PÉTROLE
Rétrofit des voitures légères, avion à hydrogène liquide ? agriculture locale, bio, sans pétrole, locavore dans un rayon de 100 km, bateau en rétro-innovation, Yves Parlier pdt de Beyond sea, bateau à kitesurf
BASSINES, la guerre de l'eau
...
1h terminer ACT
François Ruffin © Pablo Porlan / Hans Lucas pour Le Vent Se Lève
[Le samedi 25 juin, à 17 heures, François Ruffin sera présent à la Maison des Métallos pour une conférence avec Chantal Mouffe sur le thème « La gauche peut-elle de nouveau être populaire ? ». Plus de détails sur la page Facebook de l’événement]
...
la politique ne se construit que sur du conflit. La démocratie, c’est du conflit, mais du conflit organisé, organisé pacifiquement. Et le pire, ce sont les moments où l’on tait le conflit, au nom du consensus, dans une fausse démocratie. C’est comme une cocotte-minute : le conflit, étouffé, revient plus tard de manière violente.
Et le conflit qui prévaut, pour moi, c’est le conflit de classe ... Un… deux… trois… » Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, vient de gagner 10 000 € ! Autant que ma suppléante, Hayat, en un an : elle est accompagnante d’enfants en situation de handicap. ... faire ressentir cette injustice sociale, que les gens ne voient pas, ou rarement. Comme ils éprouvent tout de même un sentiment d’injustice, celui-ci est canalisé dans d’autres directions : les étrangers, les réfugiés, les assistés. Autrement dit : les plus pauvres qu’eux. C’était déjà ma bagarre il y a cinq ans, mais c’est encore davantage conscient aujourd’hui : il y a deux catégories d’invisibles que je cherche à mettre en lumière. Ceux du bas, bien sûr : les auxiliaires de vie sociale, les agents d’entretien, les ouvriers, etc., qui figurent dans mes films. Mais il y a d’autres invisibles à mettre en lumière : ceux du haut.
...
la famille Saint-Frères, un empire textile, né au XIXe siècle. Les habitants vivaient aux alentours, dans les corons, dans des taudis, dans de la terre battue. Quand ils sortaient de chez eux, ils voyaient où partait leur travail : dans ces superbes châteaux. Aujourd’hui, quand ils sortent de chez Amazon, ils ne voient pas les immenses villas, yachts et jets privés de Jeff Bezos. Alors, il faut donner à voir, à ressentir cette injustice majeure. Si on y parvient, on réactive le conflit de classe, et du vote de classe. Si on n’y parvient pas, ils vont se tourner vers des bouc-émissaires
...
Un politiste que j’apprécie, Patrick Lehingue, explique que dans les années 70, la gauche ne faisait pas dans la dentelle : c’étaient des clivages relativement simples, binaires, rustiques, les petits contre les gros, le travail contre le capital, les salariés contre les patrons, etc. Puis, dans les années 80, la gauche arrivée au pouvoir a changé de lexique : les choses devenaient plus « complexes », le marxisme était « dépassé ». Les gens, pourtant, continuaient à ressentir une injustice, le chômage s’amplifiait, les Restos du cœur ouvraient… Mais puisqu’on ne l’exprimait plus en termes de classes, ils se sont tournés vers d’autres oppositions : les vieux contre les jeunes, les hommes contre les femmes, et surtout, surtout, les Français contre les immigrés. Il faut réactiver ce conflit central du capital contre le travail – avec une nuance, tout de même : il y a davantage de petits patrons, d’indépendants, d’auto-entrepreneurs aujourd’hui qu’hier. C’est une transformation, pas seulement économique, psychologique, majeure.
...
ce qu’Emmanuel Todd appelle un passivisme des éduqués. Ainsi, la gauche a accompagné la mondialisation. Je parle bien sûr de la gauche sociale-libérale ... accepter une perspective anti-mondialiste, ou démondialisatrice ... le choix de délocaliser vers la Slovaquie répondait à une rationalité imparable ... rapport de 2011 produit par Terra Nova ... Les ouvriers doivent être abandonnés, car les reconquérir impliquerait de défendre le protectionnisme et d’abandonner un agenda libre-échangiste.
...
Le vote RN dans ma région ... rejet de la mondialisation
...
2005 ... aujourd’hui ... pas 55 % de « non» mais 60 ou 65 % ! ... Le projet de Macron est un projet minoritaire : la base électorale du « oui» de 2005 ne cesse de se rétrécir. Il se passe de l’avis du peuple pour multiplier les traités de libre-échange : avec le Canada, le Vietnam et le Mexique – en plus des négociations en cours avec la Chine et l’Inde.
C’est ainsi le même projet de mondialisation, de concurrence et de croissance qui se perpétue. Il faut une triple rupture : moins de mondialisation et davantage de protection, moins de concurrence et davantage d’entraide, moins de croissance et plus de répartition. Leur projet est démocratiquement mort et ils le savent. ... Désobéir. L’Union européenne est libérale dans ses fondements. Comparons le mythe fondateur de la nation française à celui de l’Union européenne. Nous avons la révolution française, moment de surgissement du peuple sur la scène de l’histoire. L’Union européenne a des traités économiques, incompréhensibles pour la grande masse des gens. D’où son absence d’ancrage populaire. Une politique de gauche sera amenée à se heurter à l’Union européenne.
...
Le paradoxe, c’est que nous avons perdu une élection alors que les thématiques qui étaient à l’ordre du jour étaient en partie les nôtres : l’hôpital, le pouvoir d’achat, les services publics, etc. Pendant le temps de la campagne, on est parvenu à marginaliser la question identitaire
...
divorce entre les classes populaires et les classes intermédiaires ... un autre, au sein des classes populaires elles-mêmes : les quartiers populaires d’une part, les campagnes populaires de l’autre. Mettre sur la table des questions d’ordre sociétal, culturel ou cultuel fait exploser la possibilité d’un bloc. Mettre l’accent sur les questions économiques et sociales rend possible un rapprochement. Notre objectif doit être de mettre fin à ces deux divorces qui durent depuis des décennies.
...
construire une écologie populaire ... l’empreinte carbone en fonction des classes sociales. Les 50 % les plus pauvres du pays polluent assez peu, les 40 % du dessus légèrement plus, mais pas de manière considérable, tandis que les 10 % du dessus du panier sont les plus gros émetteurs de CO2. ... ne cherche pas à nier le conflit de classe ... que les 1000 premiers kilomètres en train soient gratuits. L’Allemagne vient de lancer le « train illimité à 9 € par mois », avec un immense succès ... mettre fin aux passoires thermiques. Il y a cinq millions de passoires thermiques dans le pays. L’année dernière, 2500 passoires ont été rénovées. Cela signifie qu’à ce rythme, il faudra deux millénaires pour en venir à bout ! ... Gagnant pour l’emploi, afin de combattre le chômage par des métiers manuels qualifiés non délocalisables. Gagnant pour la planète, l’évidence. Gagnant pour l’indépendance nationale ... comme Hervé Kempf, qu’il faut consommer moins et répartir mieux. Et consommer moins, cela doit commencer par ceux d’en-haut.
...
le libre-échange est incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique
...
Les conditions matérielles pour une mise en cause commune de la mondialisation sont donc bien là. Mais encore faut-il que notre discours en fasse une priorité, sans nous bercer, et sans bercer les gens d’illusions. D’ailleurs, eux ne s’en laissent pas compter : l’autre monde possible, en l’état, ils n’y croient pas.
Connu / tg 24/06/22 à 12:14
Conversation
Nicolas Voisin a aimé Vilain Syndicaliste @MarxFanAccount
Rappel : le compte CerfiaFR est juste le nouveau nom de ConflitsFrance, est toujours géré par des gens d'extrême droite et propage toujours des Fake News.
11:38 AM · 19 avr. 2022·- 919 Retweets 22 Tweets cités 2 032 J'aime
...
TM @TimberMpol · 23h
Les comptes Mediavenir et ConflitsFR sont tenus par les mêmes personnes
...
Donwar🥐🇺🇦 @donwar74 · 4h En réponse à @MarxFanAccount
Mediavenir aussi était ConflictsFR, comptes de complotistes et propageant la peur, ce ne sont pas des journalistes
...
L'entretien d'actu - Clés : Politique ; Présidentielles 2022
Échanges avec Stefano Palombarini, enseignant-chercheur en économie politique et membre du Parlement populaire, et avec Chris dit “Politicoboy”, journaliste et ingénieur économiste, bon connaisseur des Etats-Unis comme les spectateurs réguliers du Média le savent.
Point sur le paysage après la bataille du premier tour. Et surtout sur les rapports de force que ce premier tour laisse entrevoir à gauche. Notamment avec le début de négociations qu’on imagine houleuses sur une éventuelle stratégie unitaire en vue des législatives.
Qui pèse quoi à gauche ? Que pèse la gauche ? L’heure des calculs d’apothicaire est arrivée. Mais au-delà de ces questions qu’on pourrait considérer comme relevant de la tambouille politicienne, l’enjeu c’est la question de l’hégémonie à gauche et de l’identité même de la gauche.
Ndlr : font référence à l'analyse de Ruffin "il faudrait vérifier les chiffres" ...
Les reportages
Le Média et ses équipes se mobilisent au plus près du terrain pour vous permettre de suivre et de comprendre les événements et les tendances de fond qui touchent et transforment la France et le monde.
Une équipe de journalistes du Média s’est rendu en Centrafrique afin de documenter le conflit en cours dans cette zone de guerre où les tensions entre les rivaux français et russes sont avivées. Un reportage de Filippo Ortona et de Thomas Dietrich.
Après une guerre civile dévastatrice, la République Centrafricaine semble retrouver petit à petit la paix.
Malgré la présence encore active de groupes rebelles, la page du conflit armé se tourne progressivement. La France, ancienne puissance coloniale, s’est quasiment retirée du pays, après avoir multiplié les compromissions. À la place, la Russie a fait son nid.
Depuis 2018, les paramilitaires du groupe Wagner (une agence de mercenaires proche du Kremlin) sillonnent les rues de la capitale et les lignes de front. S’ils ont aidé à vaincre les rebelles, ils sont aussi accusés d’avoir commis des exactions contre les civils, et d’exploiter les ressources minières dont le pays regorge.
Entre les jeux des grandes puissances et la corruption des élites locales, c’est la population centrafricaine qui paye le prix fort. Cette population oubliée à qui nous avons voulu redonner la parole.
Dans ce reportage inédit, Le Média s’est rendu en Centrafrique, en pleine zone de guerre, pour documenter au plus près du terrain la responsabilité de la France et de la Russie dans le conflit centrafricain ; enfin, nous avons montré comment les seigneurs de guerre jouissent d’une impunité quasi-totale de la part des autorités locales.