IBM a dévoilé fin juin la première puce fabriquée à l’aide d’un procédé subnanométrique. Cet « exploit » dimensionnel tend à masquer l’intérêt majeur de ce prototype : son architecture 3D. La plupart des grandes fonderies suivent la même piste pour continuer à densifier les puces. En particulier les mémoires, cruciales à l’ère de l’IA.
Frédéric Monflier
Publié le 20 juillet 2026 à 10h31
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« Selon une règle non écrite, un nœud est considéré plus avancé s’il est plus dense ou plus performant à densité égale, explique Louis Hutin du CEA Leti. Mais à quel point un nœud à 18 angströms est plus avancé qu’un nœud à 2 nanomètres ? La réponse relève du doigt mouillé et du positionnement marketing. »
S’il connaît la chanson, le chercheur se dit pourtant « un peu surpris » par l’emphase d’IBM sur la dimension subnanométrique de son procédé : « Le communiqué de presse entretient volontairement la confusion entre le 0,7 nm et les atomes, alors que ce ne sont absolument les dimensions du transistor ». Le passage qu’il incrimine est peut-être celui-là, quand IBM évoque « l’ère de la miniaturisation à l’échelle de l’angström, où les dimensions avoisinent celles des atomes individuels ».
Louis Hutin rappelle qu’il sera « compliqué de faire descendre la longueur de grille sous les 15 nm, en particulier quand il faut stabiliser des cellules SRAM », et que « l’épaisseur ne descendra pas sous les 4 nm, pour des raisons de confinement quantique ». Si les puces s’élèvent vers la 3D, c’est justement pour contourner les contraintes physiques imposées par la 2D.
Tr.: ...
les corporations du moyen âge ont disparu à la révolution de 1789 (libérale) ...
L3DLP - 17 avril 2026 |
Merci de mettre en mots propres un truc que beaucoup de devs vivent depuis 20 ans : on ne possède plus les machines qu’on utilise.
Et oui, l’anti-contournement est une aberration totale.
C’est littéralement une loi qui interdit de comprendre ce que fait un système que tu as acheté.
Mais croire que supprimer ces lois suffira à “dé-merdifier” Internet me paraît optimiste.
Le vrai verrou n’est plus seulement légal.
Il est dans la complexité, la dépendance et l’inertie.
J’ai croisé assez de DSI pour mesurer l’ampleur de cette dernière.
Aujourd’hui, même si tu légalises tout, les gens ne savent pas quoi faire de cette liberté
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depuis que les LLMs libèrent les branleurs, c’est pas simple.
Point de vue d’un vieux qui a démarré dans la demosphere époque Amstrad CPC (!) :
On a troqué la compréhension contre la commodité.
On ne hack plus les systèmes.
On les configure.
On construit rarement des outils.
On assemble des dépendances.
Donc oui, ouvrir juridiquement les systèmes est nécessaire.
Mais si derrière tu n’as pas :
– une culture technique qui revient
– des architectures simples (KISS, pas des usines à gaz cloudifiées)
– et des gens capables de maintenir ce qu’ils ouvrent
tu ne fais que déplacer la merde.
Un internet post-américain sans réappropriation technique, c’est juste un internet avec d’autres maîtres.
La vraie souveraineté ne se votera pas.
Faut revenir au code, le post-IA nous donne des possibilités afin d’avoir une documentation continue dans toutes les langues de l’UE, ce qui est assez fantastique quand tu as géré ça a la mano. Côté infrastructures, on a déjà des OVH et des Scaleway. Arrêtez de leur demande du Office365 et remettons tous les mains sur la CLI.
… Je m’en vais d’ailleurs basculer mon quotidien github (énième dépendance encore collange) sur codeberg de ce pas.
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Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/mediationpourtous/?d-2tzA
qui évoque notamment
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un problème de complexité O(N²)
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reprise « en forme de K », reprise économique où les riches s’enrichissent, et les autres s’appauvrissent
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La démocratie locale souffre des mêmes maux que son homologue à l’échelle nationale : une concentration excessive des pouvoirs, un dialogue de sourds entre majorité et opposition, une faible représentativité sociologique des élus... Pour y remédier, il est nécessaire de renforcer l’équilibre des pouvoirs au sein des collectivités locales.
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Le récit du local comme ultime rempart à la crise démocratique, alimenté par les maires et leurs représentants, mérite pourtant d’être nuancé. La plupart des dérèglements démocratiques à l’œuvre au niveau national se retrouvent localement, dans les grandes métropoles comme dans les petites communes rurales. Citons-en ici les trois principaux : la concentration du pouvoir dans les mains (du chef) de l’exécutif, le déficit de représentativité des élus et la dépolitisation des choix d’action publique.
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Ce combat est trop souvent réduit à la question de la participation citoyenne1.
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En neutralisant toute opposition potentielle, la prime majoritaire enferme la démocratie locale dans un pur jeu de posture : sans aucune prise sur la décision, les élus d’opposition se retrouvent cantonnés à une fonction tribunitienne pour dénoncer l’incompétence des équipes en place.
La concentration du pouvoir se joue aussi au sein de la majorité
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L’allégeance au maire tient donc une place centrale
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Les maires sont par ailleurs les seuls à pouvoir signer les arrêtés municipaux et restent les principaux interlocuteurs des pouvoirs publics comme des acteurs privés.
Les élus locaux sont bien conscients des effets pervers de ce fonctionnement. Au burn out de maires, érigés en unique paratonnerre « à portée de baffe » de tous les mécontents, répond le bore out des autres élus qui sont nombreux à se demander à quoi ils servent
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Face à la présidentialisation du pouvoir municipal, la montée en puissance des établissements publics de coopération intercommunale ou EPCI (aussi appelés communautés de commune, d’agglomération ou métropoles en fonction de leur taille) produit un effet paradoxal. D’un côté, l’intercommunalité oblige les maires à travailler ensemble alors même qu’ils ne se sont pas choisis. C’est en effet à cette échelle que se situent les principaux leviers d’action du bloc communal (notamment en termes de ressources humaines et financières). Mais, d’un autre côté, l’intercommunalité contribue à renforcer la primauté des maires
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des chambres d’enregistrement
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superposition entre l’exécutif et le délibératif. Chef du gouvernement (composé de « ses adjoints »), le maire assure aussi la présidence de l’assemblée (le conseil municipal) : il maîtrise à la fois le contenu des décisions et les modalités de leur mise en débat.
Les assemblées communales et communautaires devraient à l’inverse avoir pour fonction de faire contre-poids à l’exécutif pour garantir une forme d’équilibre des pouvoirs. Cela nécessiterait d’en renforcer l’autonomie, en redonnant du poids (et du sens) à la fonction de « simple » conseiller municipal/communautaire, c’est-à-dire les élus qui ne sont ni maire ni adjoint. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, ces élus qui composent le pouvoir délibératif ont un rôle important de « contrôle du gouvernement ».
Pour cela, le bloc communal gagnerait à reprendre à son compte les éléments de fonctionnement de l’Assemblée nationale. Le premier consisterait à avoir une présidence de l’assemblée municipale qui soit dissociée de la fonction de maire. Cet élu aurait la charge de garantir la qualité démocratique des débats, de négocier les ordres du jour avec l’exécutif et d’intervenir en médiation lors de conflits entre élus. Pour garantir son autonomie par rapport à l’exécutif malgré la surreprésentation de la majorité, la présidence d’assemblée devrait obtenir les deux tiers des voix des élus sans délégation.
Il serait aussi possible de transposer le format des « commissions d’enquête parlementaire », en permettant à chaque conseiller sans délégation d’engager une commission d’enquête au cours du mandat s’il parvient à réunir le soutien d’un sixième des membres du conseil. Ces derniers mois ont en effet souligné l’intérêt de cet outil transpartisan pour permettre aux députés d’investiguer les zones d’ombre de l’action gouvernementale et/ou peser sur le cadrage de l’agenda, par exemple sur les aides publiques aux entreprises ou la régulation des plates-formes numériques. Cette possibilité existe déjà pour les villes de plus de 20 000 habitants, mais elle est rarement saisie faute de moyens.
Cette pluralisation des débats en interne aurait pour effet de redynamiser les contre-pouvoirs externes (à commencer par les associations) qui souffrent souvent d’une dépendance aux exécutifs locaux pour l’accès aux ressources (qu’il s’agisse de financements ou de locaux, mais aussi d’accès à l’information). En favorisant la confrontation de points de vue et en diversifiant les interlocuteurs politiques, elle améliorerait la transparence démocratique des décisions locales.
Accompagner la politisation des enjeux locaux
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l’action publique locale continue d’être présentée comme apolitique ... à distance des étiquettes partisanes ... la « bonne » gestion ... le « bon sens » s’impose ?
La même logique se retrouve au niveau des intercommunalités, marquées par le modèle de la cogestion2
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Cette dépolitisation découle aussi de l’absence de campagne, et donc de débat, sur les politiques communautaires, dans une élection où l’essentiel de l’attention se focalise sur l’échelon municipal
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La primauté des clivages institutionnels (communes versus intercommunalité) et territoriaux (ville-centre versus communes périphériques) conduit néanmoins à euphémiser toutes les autres lignes de clivage possibles, qu’elles soient idéologiques et/ou sociologiques. D’autant que cela se combine avec une technicisation des débats alimentée par la (sur)production d’études et de diagnostics qui, en éclairant la complexité des enjeux, finit par en invisibiliser la portée politique.
La dépolitisation persistante des décisions (inter)communales contraste avec la politisation croissante des enjeux locaux, notamment lorsqu’ils ont trait à la transition écologique. La mandature 2020-2026 se caractérise en effet par une hausse des crispations liées à la mise en œuvre des politiques de transition. Ce « backlash écologique »3 résulte d’un changement de nature des politiques locales de transition, avec le passage d’une logique incitative à une logique plus contraignante. A la suite de l’échec de la taxe carbone, l’Etat a délégué au local le déploiement des contraintes écologiques à travers la mise en place des zones à faibles émissions (qui consistent à interdire la circulation des véhicules diesel dans les territoires les plus pollués) ou le zéro artificialisation nette (qui oblige chaque commune à diviser de moitié le nombre de terrains ouverts à l’urbanisation). Justifiées par l’impératif environnemental, ces mesures s’avèrent beaucoup plus clivantes que les grandes ambitions écologiques relativement incantatoires affichées jusqu’ici. La hausse des tensions se retrouve aussi sur la gestion de l’eau, face à un écart croissant entre des besoins en hausse et une ressource en baisse et à une intensification du risque d’inondation.
Cette situation crée un effet de dissonance de plus en plus marqué entre une action publique qui continue de se présenter comme consensuelle et un débat public sur les questions locales de plus en plus conflictuel. La rhétorique de la « gestion en bon père de famille » s’avère de moins en moins opérante face à la multiplication des protestations, de la part de ceux qui accusent la collectivité d’en faire trop comme de ceux qui jugent qu’elle n’en fait pas assez. Cette politisation des enjeux locaux s’observe aussi sur les politiques de l’habitat, autour notamment de la régulation des loyers et des locations de courte durée4.
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la fabrique de l’action publique locale ne consiste pas uniquement à identifier les solutions techniques pertinentes. La définition des politiques territoriales correspond aussi à des choix d’allocation de ressources rares et partagées (l’eau, les sols, le logement, l’espace public…) sur lesquelles s’opposent des intérêts divergents et des différences de vécu. Faute d’en prendre la mesure et de naviguer avec, les collectivités locales (élus et agents confondus) se retrouvent en incapacité de porter des politiques transformatrices soutenues ou acceptées par une majorité de leur population.
Démocratiser l’action publique locale consiste donc à assumer la dimension (re)distributive des politiques menées, pour mettre en débat les conceptions de la justice qui les sous-tendent. Au nom de qui et de quoi ces choix-là sont-ils faits, alors qu’il y en aurait d’autres possibles ? Pourquoi les élus de telle collectivité font le choix de privilégier l’entretien des routes par rapport à la prise en charge de la petite enfance, quand d’autres territoires optent pour une hiérarchisation inverse ? Sur chaque politique menée, quels en sont les gagnants et les perdants potentiels, et cela correspond-il aux perceptions des personnes concernées ?
Pour éviter que la hausse des protestations ne vienne neutraliser la capacité d’action des collectivités locales, il est nécessaire d’organiser leur mise en débat afin de contraindre les élus à argumenter davantage leurs choix quand ils se retrouvent contestés sur le terrain. Voilà pourquoi la campagne des municipales constitue une séquence démocratique importante, pour donner à voir les espaces de choix et inviter les (futurs) élus (et leurs électeurs !) à prendre position.
Améliorer la capacité représentative des élus
La robustesse démocratique du local interroge enfin la place des élus locaux dans la fabrique de l’action publique et la nature de leur fonction. Au sein des collectivités, les élus sont systématiquement renvoyés à leur fonction de « décideurs » : ils président les comités de pilotage organisés par chaque direction, valident les délibérations élaborées par l’administration ou inaugurent les projets réalisés par « leurs » services.
Ce schéma théorique selon lequel les élus décident et l’administration exécute apparaît pourtant en décalage avec la pratique d’une action publique qui reste en grande partie pilotée par l’administration. Plus nombreux et davantage outillés en expertise, les agents publics locaux ont un rôle déterminant dans la conception des politiques locales et dans la définition des priorités d’action.
Renforcer la démocratie locale passe donc par une clarification du partage des rôles entre élus et administration, en assumant la place de cette dernière. La mission des élus n’est pas de se transformer en superchef de service multipliant les directives et imposant ses choix, mais de se faire le relais des préoccupations et du vécu de la diversité de leurs concitoyens qu’ils ont la charge de représenter. La tâche est (de plus en plus) ardue : face à la différenciation des modes de vie, l’explosion des inégalités et la hausse des mobilités, comment réussir à représenter la population dans son ensemble ? Elle est pourtant essentielle, pour tendre vers la promesse démocratique selon laquelle chaque voix compte, à part égale.
Cet accent sur la fonction représentative des élus dans le pilotage des politiques publiques locales est aussi un moyen de lutter contre la centralisation du pouvoir soulignée précédemment. Car s’il est tentant de vouloir décider tout seul, il faut nécessairement être plusieurs pour réussir à représenter une population plurielle et hétérogène. D’où l’importance des assemblées par rapport aux exécutifs locaux.
Cet impératif représentatif jette une autre lumière sur la composition des assemblées (inter)communales. Le rapport du collectif Démocratiser la politique5 est venu pointer le déficit de représentativité sociologique des élus, en objectivant la surreprésentation des classes supérieures et l’invisibilisation des classes populaires (souvent reléguées aux positions non éligibles sur les listes). Contrairement aux idées reçues, la proximité ne suffit pas à supprimer les inégalités de représentation ! Les écarts entre la sociologie de la population et celle des élus sont tout aussi marqués en local, encore plus quand on les regarde au prisme du rapport au logement. « Nous avons réalisé en votant notre PLUi [plan local d’urbanisme intercommunal, NDLR] que tous les élus autour de la table sont propriétaires d’un pavillon, alors que les locataires constituent 40 % de la population communale », reconnaissait le maire d’une ville proche d’une grande métropole. Alors que la démocratie participative conduit à renforcer ces inégalités de représentation en donnant la parole aux personnes qui la prenaient déjà, les 500 000 (futurs) élus municipaux ont une responsabilité majeure pour atténuer ce déficit de représentativité et donner du poids politique aux groupes sociaux qui sont jusqu’ici relégués aux marges de la démocratie locale.
Souligner la fonction représentative des élus locaux conduit aussi à changer de regard sur la place qui leur est accordée au sein des collectivités. A rebours d’un modèle hiérarchique (« les élus décident et les services exécutent ») qui s’avère souvent en décalage avec la réalité, il s’agit de penser la fabrique de l’action publique comme un exercice de coproduction (et de confrontation) entre des expertises techniques et des expertises politiques. Le but n’est pas de transformer les élus en experts des politiques locales, mais d’outiller leur expertise représentative et de la mettre à l’épreuve pour s’assurer qu’ils remplissent la mission démocratique qui est la leur.
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faire évoluer le fonctionnement interne des collectivités locales pour en renforcer la robustesse démocratique. Pour que le local puisse effectivement faire rempart aux tentations autoritaires, il lui reste encore du chemin à parcourir, que ce soit sur l’équilibre des pouvoirs comme sur la prise en charge des inégalités de représentation.
Manon Loisel et Nicolas Rio, politistes, consultants-chercheurs en stratégies territoriales, sont à l’initiative d’une « Lettre aux 500 000 (futurs) élus municipaux », mise en ligne chaque mois.
- Cette réduction du sujet à la démocratie participative est d’autant plus dommageable que la multiplication des dispositifs institutionnels de participation s’est avérée relativement impuissante pour démocratiser l’action publique, comme nous l’avons démontré dans notre essai Pour en finir avec la démocratie participative, Textuel, 2024.
- Sur cette notion de cogestion, voir « Politiser et dépolitiser la métropole », par Gilles Pinson, Métropoles n° 25, 2019.
- « Le backlash écologique qui vient : réflexions sur les municipales 2026 », par Manon Loisel et Nicolas Rio, Futuribles, vol. 5, n° 468, septembre-octobre 2025.
- Housing under platform capitalism: the contentious regulation of short-term rentals in european cities, par Thomas Aguilera, Francesca Artioli et Claire Colomb, University of California Press, 2025.
- « Tous les mêmes ? Portrait social de la France politique de 2002 à nos jours », rapport du collectif de recherche participative Démocratiser la politique, septembre 2025.
Ndlr : ce raisonnement s'applique-t-il également au sein d'une organisation comme GPF ? C'est mon sentiment. Approfondir ACT
Publié le 23 janvier 2026
Tech & Death : Rassemblement jeudi 5 février - 13h - devant Alpexpo
Nous vous proposons de joyeusement huer l’écosystème technologique-militaire-universitaire (cracra) de Grenoble !
Le rassemblement se déroule en marge du salon Tech&Fest (beurk), qui "célèbre le meilleur [et surtout le pire] de l’innovation".
Si vous aussi :
- le capitalisme de surveillance vous horripile
- l’impérialisme derrière le vernis de la technologie vous fait vomir
- l’IA dégénérative vous dégoute
- le greenwashing vous exècre
- l’avènement d’une recherche au service de l’armée vous insupporte
Rejoignez-nous pour contester l’événement Tech&Fest (yeurk) et sa vision d’un monde sur-technologisé !
Connu / https://bsky.app/profile/mediaslibres.skyfleet.blue/post/3md4nj6gcek2w
une publication portant un regard critique sur les Nouvelles Technologies, Big Tech et la Silicon Valley.
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apporter un éclairage critique sur la Tech et ses multiples enjeux.
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Qui suis-je ? Technophile / techno-sceptique, vous me connaissez peut-être sous mon pseudonyme @PolitcoboyTX ou Christophe LB, co-auteur des “Illusions perdues de l’Amérique démocrate” (Vendémiaire, 2021) et animateur de la Newsletter “Old Fashioned”, spin off du blog “Politicoboy.fr”. Ingénieur R&D de métier, j’aspire à vivre du journalisme et de l’écriture. En attendant que cela soit possible, je tente de développer une activité de journaliste indépendant. Vous m’avez peut-être vu sur la WebTV “Le Média” ou lu dans diverses publications (LVSL.fr, Frustration Magazine, Rolling Stone…) pour lesquelles je travaille régulièrement.
Mon expertise se situe d’abord au niveau de la politique et actualité américaine (ayant vécu 5 ans au Texas) et de l’économie, mais je m’investis de plus en plus dans un sujet qui me tient à cœur depuis ma petite enfance et mes premiers contacts avec un Macintosh noir et blanc : la Tech.
Pour soutenir mon travail et ne rien perdre de mes publications, vous pouvez vous abonner gratuitement à cette newsletter ou considérer l’option payante.
May the farce be with you.
Christophe @PoliticoboyTX
La contamination de ces produits à l'hexane est documentée par une récente étude de l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) ainsi que par les analyses de Greenpeace France présentées dans ce rapport.
l'hexane, un solvant toxique, dans vos assiettes - greenpeace.fr
Après plusieurs mois d'enquête, Greenpeace révèle dans un rapport inédit comment nos aliments sont contaminés à l'hexane, un solvant dérivé du pétrole utilisé par les géants de l'agro industrie pour fabriquer des huiles végétales et des produits destinés à l'alimentation animale.
Résumé
... Greenpeace France souhaite alerter sur le scandale sanitaire ... solvant d’origine pétrochimique ... L’hexane, utilisé comme un solvant d’extraction afin d’extraire les huiles végétales à grande échelle (soja, colza, tournesol…), est au cœur de l’industrie agroalimentaire. Son usage permet l’extraction de la quasi-totalité de la matière grasse et la production d’un tourteau1 très concentré en protéines, répondant ainsi aux exigences de productivité de l’industrie.
Son usage n’est pourtant pas sans risque pour la santé publique car depuis un certain temps, l’hexane est scientifiquement reconnu comme dangereux sur le plan sanitaire. Il s’agit d’un solvant neurotoxique, également suspecté d’être reprotoxique. Il s’agit encore d’un potentiel perturbateur endocrinien
...
des tests sur plus d’une cinquantaine de produits alimentaires de grande consommation. Les résultats obtenus sont extrêmement inquiétants : de l’hexane a été détecté dans trente-six des cinquante-six produits testés, et ce, de manière quasi-systématique dans les huiles, le beurre et les laits, y compris infantiles. Par ailleurs, des résidus d’hexane ont également été retrouvés, dans une moindre mesure, dans du poulet.
Ces résultats sont d’autant plus préoccupants que les consommateurs n’ont aucun moyen d’en être informés : l’hexane, considéré comme un « auxiliaire technologique » par les réglementations européennes, échappe à toute obligation d’étiquetage et n’apparaît donc pas sur les emballages des produits concernés.
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responsabilité d’un acteur quant à la présence de résidus d’hexane dans notre alimentation : le groupe agro-industriel Avril. Situé à la cinquième place des plus grands groupes agroalimentaires français, avec un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros en 2024, Avril transforme près de la moitié des graines triturées en France. Nous démontrons comment, de par sa centralité au sein du secteur des oléoprotéagineux, Avril rythme l’organisation et pèse fondamentalement sur les orientations stratégiques de l’ensemble de la filière française
...
démontre que l’hexane est au cœur du processus d’industrialisation de l’alimentation animale, lui-même moteur de l’élevage industriel
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Greenpeace France demande l’interdiction de l’hexane comme solvant d’extraction dans les produits alimentaires ainsi que l’interdiction de l’importation des produits en contenant, et appelle les pouvoirs publics à soutenir activement le développement et la valorisation des méthodes d’extraction sans hexane, déjà existantes.
...
s’accompagner de la reprise de recherches sur la toxicité chronique de l’hexane, et d’analyses sanitaires pour évaluer l’exposition de la population à ce produit.
Enfin, Greenpeace France demande d’intégrer l’affichage des auxiliaires technologiques sur les étiquettes des produits alimentaires pour des raisons de transparence et de droit à l’information des consommateurs. Pour ce faire, les pouvoirs publics, le gouvernement, ainsi que les parlementaires français et européens, devront se saisir en responsabilité
de ce sujet de santé publique majeur avec les leviers et les opportunités législatives à leur disposition.
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Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?-iTojQ
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Cinéma
« Rembrandt », le nouveau film de Pierre Schoeller, se demande si l’on peut perdre la raison scientifique. Si cela se produit, s’éloigne-t-on de la réalité du monde ? Des questions agitées avec brio dans un film hanté par la catastrophe climatique et l’hubris technologique.
Jade Lindgaard - 25 septembre 2025 à 09h23
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Connu / TG le 9/10/25 à 12:24
Alors que les acteurs traditionnels de la question de l’emploi (syndicats, entreprises, travailleurs, organismes de formation) considèrent de plus en plus les impératifs écologiques, ils manifestent peu d’intérêt pour la démarche low-tech. Celle-ci continue d’être perçue comme une démarche individuelle « do-it-yourself ». Pourtant, dans un contexte de chômage, de délocalisation, de robotisation, et de reconversion des secteurs polluants, les low-tech peuvent être porteurs d’amélioration de la qualité de vie au travail. Ce potentiel reste largement ignoré par le monde professionnel. Cette étude cherche à identifier les raisons de cette marginalisation des low-tech et les leviers de démocratisation. Elle vise également à proposer des pistes de réflexion pour une transformation écologique du travail qui soit à la fois socialement juste et économiquement viable.
La démarche low-tech se présente comme une alternative aux modèles productivistes en repensant la manière dont les objets, infrastructures et services sont conçus, utilisés et réparés. Elle met en avant la sobriété technologique, la relocalisation des savoir-faire et l’autonomie des usagers, tout en réduisant l’empreinte environnementale des activités humaines. Toutefois, son intégration dans le monde du travail et de l’emploi se heurte à des résistances institutionnelles et économiques, qui en limitent l’adoption à grande échelle.
Les acteurs institutionnels et syndicaux interrogés témoignent d’une faible appropriation du concept de démarche low-tech. Certains y voient une opportunité d’innovation et de résilience, tandis que d’autres expriment une crainte de régression technologique et de perte de compétitivité. Ce décalage entre les ambitions de la démarche low-tech et la logique dominante de croissance illustre les difficultés d’un changement de paradigme économique. De plus, si la notion de low-tech est valorisée dans les discours autour de la transition écologique, elle peine à se traduire en mesures concrètes de soutien.
Les huit études de cas menées dans les secteurs de la construction, du numérique, de la mobilité et de l’agriculture montrent que la démarche low-tech n’est pas simplement une question de choix techniques, mais qu’elle implique une transformation des modes de production et d’organisation du travail. À La Facto, association d’architecture participative, la recherche de sobriété matérielle s’accompagne d’une remise en cause du rôle traditionnel de l’architecte, en privilégiant des chantiers collectifs et des matériaux de réemploi. Pièces2mobile, spécialisée dans la réparation et le reconditionnement de téléphones, se heurte quant à elle aux restrictions imposées par les fabricants et à un cadre réglementaire qui privilégie encore le recyclage au détriment du réemploi. Dans le secteur agricole, la Ferme de Gisy souligne que les pratiques low-tech, bien qu’écologiquement et socialement vertueuses, restent économiquement fragiles, car elles nécessitent plus de main-d’œuvre et sont peu soutenues par les aides publiques.
L’un des aspects majeurs mis en avant dans le rapport est la dimension sociale de la low-tech. Dans plusieurs structures, elle favorise l’autonomie des travailleurs, la transmission des savoirs et la démocratisation du travail. Une organisation comme Les Cyclopes qui œuvre dans la cyclo-logistique et la réparation de vélos, montre comment ces pratiques permettent d’ouvrir des opportunités d’emploi à des personnes éloignées du marché du travail. Toutefois, la mixité et l’accessibilité restent des défis : certains secteurs, comme la mécanique et la construction, restent majoritairement masculins.
Les dynamiques territoriales et collectives jouent un rôle clé dans le développement de la low-tech. À Rosny-sous-Bois, la Direction recherche et innovation territoriale (DRI) de la ville a intégré des principes de construction low-tech dans ses projets d’écoles, en favorisant, entre autres, l’utilisation de matériaux biosourcés et locaux. Cette initiative illustre le potentiel des collectivités locales à accompagner ces transformations, bien que les contraintes réglementaires et budgétaires limitent encore leur portée. De manière plus générale, les structures s’inscrivant dans une démarche low-tech s’appuient souvent sur des réseaux et des collaborations locales denses. Antanak, spécialisée dans la récupération, réparation et installation de logiciels libres sur des appareils numériques, fonctionne sur un modèle horizontal où les usagers apprennent à réparer leurs équipements tout en s’intégrant dans un collectif solidaire.
Cependant, le développement de la low-tech se heurte à des freins économiques et institutionnels importants. La majorité des structures rencontrées peinent à assurer leur pérennité financière. Les subventions publiques sont souvent orientées vers l’innovation technologique, laissant peu de place aux projets low-tech qui privilégient le réemploi et la réduction des consommations. Certaines initiatives réussissent à s’insérer dans des modèles économiques alternatifs, comme les AMAP agricoles, mise en place par la Ferme de Gisy et la Ferme Sapousse. Cette dernière a fortement travaillé sa résilience en gagnant en autonomie sur les plans technologique, agricole et financier, grâce à des réseaux d’entraide. Mais ces alternatives restent minoritaires face à un marché encore largement dominé par la course à l’innovation et à la productivité. La reconnaissance institutionnelle de ces pratiques est également limitée : les marchés publics et les réglementations environnementales favorisent encore des approches standardisées, qui tendent à exclure les solutions low-tech et les expérimentations.
Une autre tension relevée dans le rapport concerne la récupération et la marchandisation de la low-tech. Certaines structures, comme la Ferme Sapousse, s’inquiètent de voir des entreprises ou des collectivités utiliser le terme « low-tech » comme un simple argument marketing, sans réelle remise en question de leur mode de production. Ce risque de « low-techwashing », d’après La Facto, met en lumière la nécessité de préserver une approche critique et exigeante de cette démarche.
Enfin, le rapport insiste sur la nécessité de penser la low-tech comme un levier de transformation systémique du travail et de l’économie. La transition écologique ne pourra aboutir sans une refonte des critères de performance économique : tant que la croissance et la compétitivité resteront les principaux indicateurs de réussite, les alternatives low-tech peineront à s’imposer. De plus, une réappropriation démocratique des choix productifs semble indispensable, afin que les travailleurs et citoyens puissent décider collectivement quels objets et infrastructures doivent être produits, et dans quelles conditions.
La démarche low-tech ne peut se limiter à une alternative technique : elle implique une réorganisation du travail, de l’économie et des politiques publiques. Pour qu’elle devienne une réelle alternative au modèle dominant, il est essentiel d’adapter les politiques de financement et de réglementation, de favoriser des écosystèmes de coopération locale, et de redonner une valeur sociale et économique aux métiers de la réparation, de l’entretien et du réemploi.
Article écrit par Quinteau Raphaël
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discernement technique
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11 | 2025
Sobriété numérique – Varia
Entretiens
La permacomputation est une littératie écologique · Entretien avec Aymeric Mansoux
Permacomputing Is Ecological Literacy · Interview with Aymeric Mansoux
Aymeric Mansoux et Servanne Monjour
Résumés
Qu’est-ce que la permacomputation, ce mouvement artistique et académique qui rassemble une large communauté de pratique, à la croisée des arts visuels, du jeu vidéo, de l’édition ? Dans cet entretien, Aymeric Mansoux revient sur les origines de la communauté permacomputationnelle et explique les mutations ainsi que les enjeux du concept de permacomputing, dans le cadre d’une pensée écologique de l’informatique.
Mots-clés : sobriété numérique, littératie numérique, communauté
Keywords: digital sufficiency, digital literacy, community
-> https://permacomputing.net/
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une prise de conscience politique ... un déplacement de nos pratiques qui s’est opéré, vers des approches intersectionnelles et de justice environnementale ... Pour beaucoup de collectifs de hackers et artistes, ce qui était le plus intéressant, c’était d’explorer comment vivre et travailler différemment, plus que l’objet artistique en lui-même
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critique des obsolescences programmées ... on travaillait surtout sur des ordinateurs réparés et récupérés dans des poubelles ou achetés en lot auprès de sociétés qui se débarrassaient de leur vieux matériel parce qu’il était impossible de l’utiliser avec des versions plus récentes de Windows. Cela présentait un avantage économique mais c’était aussi un choix conscient de refuser l’accélération de la consommation informatique ... forte préférence pour les logiciels et les langages de programmation qui n’étaient pas mémorivores, énergivores, etc. Le travail d’Access Space (Sheffield https://access-space.org/) sur ce sujet nous inspirait toutes et tous à l’époque, non seulement pour penser la question de la récupération, mais aussi celle de l’utilité sociale de cette pratique du bricolage libre qui permettait de fournir des outils informatiques aux groupes les plus exclus et démunis.
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dont la mise en valeur de la technologie – le logiciel libre – comme caractéristique centrale de leur pratique a été progressivement remplacée par des positionnements politiques plus explicites et pratiqués de manière de plus en plus consciente, au point pour certaines et certains d’en venir à questionner leur dogmatisme même au sujet des écosystèmes libres
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principe de « résilience » ... La permaculture désigne une philosophie et un ensemble de principes de conception conçus pour l’agriculture, la gestion des terres ainsi que pour la création de communautés résilientes ... affirmer que la nature offre déjà un système écologique diversifié et résilient. Les humains auraient tout intérêt à travailler avec ce système plutôt que d’œuvrer contre lui. ... repenser la gestion des terres et des ressources naturelles depuis une perspective culturelle et sociétale
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la permacomputation s’inspire du concept de permaculture tout en élargissant la notion d’écosystème pour y inclure la technologie informatique. C’est à la fois une provocation et une piste de réflexion sérieuse. À propos des déchets électroniques, par exemple, nous défendons l’idée que la diversité des technologies informatiques multigénérationnelles dont nous disposons, combinée à nos capacités de maintenance, de réparation et de réutilisation créative de la technologie, recèle un potentiel inexploité. ... questionner profondément le technosolutionnisme et le techno-optimisme, ainsi que le sens d’une vie passée à participer à une chaîne de montage conçue pour profiter aux plus privilégiés, à n’importe quel prix – culturel, environnemental, social. Finalement, nous voulons promouvoir une transition entre un système dans lequel on privilégie l’usage des outils et des médias numériques les plus récents, sans tenir compte de leurs externalités, à un système plus régénératif dans lequel les outils et médias numériques de toutes les générations sont soigneusement combinés, élaborés et (ré)utilisés, tout en encourageant un autre rapport à l’informatique.
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implique également des principes de conception des logiciels et du hardware destinés à réduire dommages et préjudices, et répondre aux usages dysfonctionnels et toxiques de la technique.
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si oui ou non une place peut être accordée à l’informatique et aux technologies des réseaux dans un monde où les humains contribuent au bien-être de la biosphère plutôt qu’à sa destruction https://permacomputing.net/permacomputing/ ». La permacomputation n’est ni une critique anarcho-primitiviste de l’informatique ni un technosolutionnisme pour la durabilité environnementale. Il cherche à savoir quand, comment et si l’informatique peut renforcer de manière positive les systèmes sociaux, culturels et écologiques.
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une approche plus durable, qui maximise la durée de vie du matériel, minimise la consommation d’énergie et se concentre sur l’utilisation des ressources informatiques déjà disponible
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La permacomputation plaide pour « une approche plus durable, qui maximise la durée de vie du matériel, minimise la consommation d’énergie et se concentre sur l’utilisation des ressources informatiques déjà disponibles6 ». Il remet ainsi au centre du jeu le hardware (« care for the chips », « prenons soin des puces » ... restreints par les industries (Kittler 2015) ... stratégie de réappropriation des « communs négatifs », comme le préconisent, par exemple, Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin (2021) dans leurs travaux sur la redirection écologique ?
... The Institute for Technology in the Public Interest (TITiPI https://titipi.org/) qui appelle à « rêver dans les ruines de la big tech ». J’imagine que l’on peut rapprocher cela des idées d’Alexandre Monnin et de sa typologie des ruines en relation avec la définition des communs négatifs. ... utile pour décrire la situation dans laquelle nous faisons l’expérience d’un mode de vie de plus en plus déterminé par différentes formes de déchets, des objets cassés, des ruines et d’autres choses de ce genre, qui sont totalement incompatibles avec la notion d’externalités pouvant être atténuées ou intégrées à un quelconque cycle biogéochimique terrestre connu. ... trouver ce qu’il faut faire de toutes ces matières, infrastructures et cultures toxiques accumulées ... savoir s’il est possible ou pas de donner à l’humanité le temps de s’émanciper des systèmes économiques générateurs de communs négatifs. Le contexte économique et politique ne doit pas être négligé. Malheureusement, on l’occulte souvent quand on envisage le problème dans la perspective de l’Anthropocène. La critique est bien connue, et c’est personnellement la raison pour laquelle il me semble plus utile d’employer des concepts qui ne cherchent pas à se distancier et n’ont pas peur d’afficher leur position partisane ou militante, comme l’expression de « puces complices » (complicit chips) employée par TITiPI8, le lien entre la pollution et le colonialisme (Liboiron 2021) ou la conception des data centers comme complexes industriels (Hogan 2021), etc.
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choisir précisément ses mots pour parler des injustices, des dommages et de l’impact climatique qui sont liés à l’informatique – et, par extension, à l’ensemble des activités humaines extractives ou axées sur la croissance qui ont été grandement facilitées et accélérées par les TIC. Ne pas le faire risque de découpler l’ensemble des actions collectives de réparation, recyclage, réutilisation et réappropriation de leur ambition de construire un nouveau projet de société. Tout n’est pas réparable ou recyclable. C’est pourquoi, tout en insistant sur l’importance de prolonger le cycle de vie des produits électroniques par toutes sortes de techniques, la permacomputation promeut également la décroissance informatique et propose des principes de conception pour limiter les dommages causés par les nouveaux logiciels et matériels informatiques, que ceux-ci soient totalement neufs ou résultent d’un bricolage à partir de vieux objets. En fin de compte, c’est aussi la raison pour laquelle la communauté du permacomputing aspire de plus en plus à relier ces pratiques à des luttes concrètes et à soutenir les communautés engagées dans l’action politique.
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appétence pour la culture du logiciel libre et du partage ... tension entre ces utopies du Web et la matérialité inhérente au souci de sobriété numérique ?
... exacerbé par l’appropriation complète des communs numériques pour alimenter ce qui allait devenir la Big Tech. Ce qui avait d’abord peut-être été perçu comme un moyen de vivre autrement s’est finalement transformé en un problème en soi, dans la mesure où cela a essentiellement servi divers programmes cyberlibertariens et technopositivistes, avec leurs nombreuses ambitions illibérales, autoritaires et fascistes, implicites ou explicites.
Tant que les privilèges et le capital pourront déterminer la façon dont une personne peut tirer profit des communs numériques et y participer, il y a peu d’espoir que la situation s’améliore. Je suggérerais même qu’il serait plus judicieux de commencer à définir dès que possible le paysage actuel comme une ère post-logiciel libre, post-open source ou post-communs, ne serait-ce que pour marquer cette nouvelle étape, ce point de non-retour, et de deuil.
Il est très alarmant de constater à quel point les initiatives en faveur des technologies alternatives – leurs pratiques, leurs discours et leur critique – continuent d’opter pour le logiciel libre et l’open source par défaut, comme s’il s’agissait d’une vertu définitivement acquise, d’un moyen éprouvé de créer un monde meilleur ou, plus particulièrement, comme vous le soulignez, d’être en meilleure position pour traiter la dimension écologique des problèmes qu’ils ont activement contribué à façonner.
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la priorité devrait être de rétablir la nuance et d’encourager une pensée tactique dans nos relations avec les nombreux acteurs de l’espace numérique. Ces acteurs sont profondément intriqués et interdépendants. L’analogie de la boîte noire et le paradigme fermé-ouvert des années 1990 sont beaucoup trop simplistes et trompeurs. Une fois de plus, il s’agit non pas de choisir un camp mais plutôt de comprendre que nous sommes à un moment où formuler la chose comme un choix, c’est passer complètement à côté de l’essentiel.
C’est la raison pour laquelle, dans le champ de la permacomputation, on développe et on utilise des logiciels libres et ouverts, mais également des licences alternatives non libres (de la classique Peer Production License à des documents plus situés comme les CC4r * Collective Conditions For Re-Use). Plus généralement, on travaillera avec tout ce qui est disponible et a du sens, y compris si cela implique des méthodes plus opaques et une circulation limitée des outils et des connaissances. En d’autres termes, le dogmatisme autour des biens communs numériques a été remplacé par une politique des technologies de tous les jours, mieux située et plus pertinente pour mener les luttes contemporaines.
Plusieurs démarches engagées en sobriété numérique (low-tech, permacomputation) revendiquent le recours – certains parleront de « retour » – à des formats ou encore à des pratiques numériques rudimentaires, dont certaines sont issues du « Web 1.0 » : sites statiques, etc.
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Les outils et les techniques perçus comme rudimentaires, primitifs ou datés peuvent se révéler plus accessibles, créatifs et amusants que ceux utilisés dans le design Web contemporain. Je ne parle pas seulement du rôle des contraintes en art, en design et dans le champ de la production culturelle. Le développement des applications Web et des plateformes de médias sociaux a grandement réduit le potentiel d’expression du Web. Ce qui s’est produit il y a quelques années avec les systèmes d’exploitation et les applications de bureau (desktop) s’observe désormais du côté des navigateurs. Un déplacement s’est opéré de la créativité individuelle et de l’expérimentation vers la productivité et l’industrialisation. Il s’agit non pas d’un tournant radical mais d’une optimisation et d’une intensification de cette tendance à considérer le software comme un outil de contrôle et de surveillance au service de la compétition et du profit économiques.
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les outils comme les workflows continuent d’être (ré-)inventés avec des chaînes de dépendance toujours plus complexes. Cependant, les composants de base sont parfois encore présents et ne sont pas si difficiles à utiliser. Des projets comme Tilde Town9 ou l’écriture from scratch en HTML et CSS restent accessibles à tous les usagers, quels que soient leur âge ou leur formation. Une compréhension élémentaire des réseaux, un usage régulier des protocoles de transfert de fichiers simples et quelques heures de travail dans un éditeur de texte peuvent suffire pour se lancer dans la publication en ligne. Bon courage en revanche pour faire de même avec les outils de développement Web modernes ! Pour moi, cela montre clairement combien l’affirmation selon laquelle le Web moderne serait, de facto, plus accessible que l’ancien est fausse. ... promouvoir en permanence de nouveaux protocoles, de nouveaux formats et de nouveaux médias perturbe fortement la temporalité des travaux de maintenance et du soin nécessaires pour que les normes d’accessibilité soient rigoureusement testées, prises en charge et correctement mises en œuvre.
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effort pour revaloriser certains éléments du passé qui peuvent alimenter avec pertinence la réflexion critique menée sur les outils contemporains. Dans le domaine du développement logiciel, le terme « régression » est souvent utilisé pour qualifier un bogue à l’origine d’un problème qui va dégrader ou casser quelque chose qui fonctionnait bien jusque-là. C’est un schéma bien connu et, pourtant, l’industrie des TIC et les passionnés d’informatique l’utilisent rarement pour mener un examen critique de l’évolution générale de leurs propres pratiques.
C’est pour cela qu’on doit également employer avec prudence la notion de littératie numérique. Cette approche de la culture computationnelle a en effet éclipsé le besoin plus terre à terre d’acquérir des compétences techniques de base afin de pouvoir intervenir significativement dans les couches logicielles et matérielles de l’espace technologique. Bien sûr, tout le monde n’a pas à en passer par là – je ne plaide pas pour une nouvelle utopie pseudo-émancipatrice du type « Apprenez à coder ». Au sein des communautés permacomputationnelles, la reconnaissance de ses privilèges et de sa capacité à consacrer du temps et des ressources à l’apprentissage technique est perçue comme une étape nécessaire pour favoriser plus d’inclusivité et de diversité. La production logicielle et matérielle devrait ainsi être abordée dans une perspective culturelle davantage holistique et située.
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critique et rejette le maximalisme de la techno-esthétique informatique – ou, pour le dire plus simplement, de l’équipement informatique logiciel et matériel. Bien que certains adeptes de la permacomputation ou du low-tech privilégient le minimalisme, cela ne signifie pas que le maximalisme, en tant que choix esthétique, soit impossible ou doive être rejeté. Ce serait une erreur et même un non-sens, considérant l’extraordinaire complexité audiovisuelle que peuvent produire des moyens computationnels très simples. Pour le dire franchement, la critique permacomputationnelle des œuvres numériques ne porte pas sur leurs qualités visuelles, textuelles ou sonores mais bien sur leurs modes de production et de distribution.
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l’éléphant dans la pièce, c’est avant tout l’écosystème. Le design Web « bas carbone » risque de livrer à l’industrie des TIC des stratégies d’écoblanchiment. Un site « bas carbone » tournant sur une machine virtuelle sophistiquée, hébergé dans un centre de données lui-même alimenté par de l’énergie verte achetée avec des crédits ou des conventio d’achat, puis consulté grâce à l’un des quelques moteurs de rendu surdimensionnés des géants du numérique, le tout depuis un ordinateur ou un téléphone puissant, mais économe en énergie, n’apporte aucun changement significatif à long terme.
On ne résoudra pas les problèmes liés à la culture automobile avec des SUV électriques respectant les limitations de vitesse. C’est exactement la même logique qui s’applique ici.
Connu / https://mamot.fr/@320x200@post.lurk.org/114795117328012047
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ultrageranium @320x200@post.lurk.org
La permacomputation est une littératie écologique · Entretien avec Aymeric Mansoux, par Servanne Monjour (2025)
Un peu plus tôt cette année j'ai eu le plaisir d'être invité par @Servanne_m pour un entretien publié par la revue Humanités numériques @RevueHN
Un grand merci pour cette opportunité, sa patience (!), ainsi que le travail éditorial et de traduction.
Cette publication numéro 11 intitulée « Sobriété numérique – Varia » contient également un entretien avec @antoinentl sur l'édition numérique: Prendre soin de nos dispositifs techniques est une approche militante de l’édition.
La permacomputation est une littératie écologique · Entretien avec ...
Servanne Monjour. À la croisée de la recherche et de la création, vos réalisations embrassent un panel de pratiques très large, entre jeu vidéo et art numérique (comme vous l’avez proposé récemment...
#permacomputing
#permapublishing
#lowtech
#humanités
#edition
#écologie
#sobrieté
#numérique
04 juil. 2025, 15:07
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Temps de lecture : 4 minutes
Contrairement à une idée trop largement répandue, nous ne disposons pas encore aujourd’hui de toutes les technologies nécessaires à la transition énergétique. Et même dans le domaine de la production électrique, qui est pourtant le plus facile à décarboner mais représente à peine plus d’un cinquième de la consommation d’énergie dans le monde. Voilà pourquoi trois développements technologiques en cours méritent qu’on s’y attarde. Les panneaux photovoltaïques de nouvelle génération utilisant de la pérovskite. La promesse de matériaux supraconducteurs fonctionnant à température ambiante ou presque. Et des progrès améliorant fortement l’efficacité énergétique des électrolyseurs qui permettent de produire de l’hydrogène vert. Tour d’horizon.
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(nécessite abonnement)
le 18 juin 2025
Vallourec vient d’annoncer une avancée majeure : sa solution de stockage d’hydrogène, Delphy, a obtenu la certification technique de DNV. Ce système modulaire, conçu pour une implantation souterraine, permet de conserver jusqu’à 100 tonnes d’hydrogène comprimé tout en réduisant au maximum l’emprise au sol. Dans cet entretien, Vincent Designolle, Directeur de la solution Delphy, présente les atouts de cette technologie innovante, revient sur le processus de qualification mené avec DNV, et expose les perspectives de déploiement de Delphy en France comme à l’international.
Delphy vient d’obtenir sa qualification technique, une première mondiale.
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Notre système innovant s’appuie sur de longs réservoirs installés dans une cavité souterraine dédiée, dans lesquels l’hydrogène est stocké à des pressions allant de 200 à 500 bar. L’objectif de cette solution est de répondre aux défis liés à l’intermittence de la production d’hydrogène vert, en assurant un stockage tampon pour compenser les variations de la production. Elle permet également de faire face aux contraintes foncières et réglementaires rencontrées par les développeurs de projets d’hydrogène et de ses dérivés. Verticale et souterraine, la solution Delphy permet d’optimiser la sécurité et de minimiser l’emprise au sol.
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méthodologie RP A-203 de DNV
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construction en 2023 d’un démonstrateur sur notre site historique d’Aulnoye-Aymeries (59), où se trouvent le centre mondial de R&D, ainsi que deux usines du Groupe
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outil de flexibilité du réseau électrique et en encourageant par exemple les producteurs à s’inscrire dans des mécanismes d’effacement. Cet impératif vient confirmer la nécessité d’un stockage au plus près des sites de production et d’utilisation d’hydrogène bas carbone, et dans des proportions très significatives. A titre d’illustration, quelques heures de production d’un électrolyseur de 100 ou 200 MW représentent des volumes de stockage se comptant en dizaines de tonnes. Le développement d’infrastructures de transport, connectées à des stockages souterrains, est envisagé à long terme, mais cela prendra du temps et ne concernera pas tous les sites. Avec Delphy, nous apportons une solution clé-en-main adaptée au stockage « sur site »
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lancer sa commercialisation et de nous engager sur des projets industriels. La prochaine étape est donc de déployer Delphy auprès de nos clients, pour des applications aussi variées que la décarbonation des raffineries, la production d’ammoniac vert ou de carburants de synthèse, voire pour des stations hydrogène (HRS) de grande capacité. La France et l’Europe seront des marchés clés pour Vallourec, mais notre ambition est mondiale, au gré de l’essor de la filière.
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2 protocoles d’accord, avec H2V, notamment dans le cadre du projet H4 Marseille Fos, et NextChem
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fait partie intégrante de la stratégie de Vallourec de soutenir la transition énergétique. Le groupe a d’ailleurs annoncé que les solutions pour les industries bas carbone, à commencer par le stockage d’hydrogène, devraient représenter au moins 10% de son résultat brut d’exploitation, d’ici à 2030.
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Electronique - Informatique Semi-conducteurs Télécoms Informatique Cloud computing
Clés : Stmicroelectronics Isère STMICROELECTRONICS, CROLLES (38190)
La restructuration de STMicroelectronics se précise. Jeudi 10 avril, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs a annoncé prévoir jusqu’à 2800 départs volontaires dans les trois ans, auxquels viendront s’ajouter d'éventuels départs en retraite non remplacés. Le plan dévoilé confirme la stratégie d’accélérer sur la production en 300 mm et le carbure de silicium.
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Mis à jour 10 Avril 2025 - 5 min. de lecture
© STMicroelectronics
Vue extérieure du site de Crolles de STMicroelectronics.
On savait le groupe en pleine restructuration et négociations avec les syndicats. Jeudi 10 avril, STMicroelectronics a révélé que son plan de transformation, décidé à l’automne dans un contexte de mauvais résultats financiers, pourrait signifier jusqu’à 2800 départs volontaires dans les trois ans, à travers le monde, sur un total de 50000 salariés. Viendront s’ajouter d’éventuels départs en retraite non remplacés.
«Il n’y aura aucun départ contraint», a insisté, auprès de L’Usine Nouvelle, la direction du fabricant franco-italien de semi-conducteurs, qui indique que le gros des départs se fera en 2026 et 2027. Si la direction ne chiffre pas officiellement les départs en retraite non remplacés, les syndicats sont catégoriques. «On nous a annoncé un remplacement pour trois départs», rapporte Henri Errico, secrétaire CGT du comité de groupe européen de STMicroelectronics.
Le projet confirme que les investissements se concentreront désormais sur «les infrastructures de fabrication de pointe en silicium 300 mm, en carbure de silicium 200 mm, ainsi que sur la R&D technologique». Les trois projets de mégafabs – en France avec l’extension du site de fabrication en 300 mm de Crolles (Isère), et en Italie à Agrate Brianza (toujours pour du 300 mm) et à Catane (sur le carbure de silicium) – sont confirmés. STMicroelectronics tient pour l’instant son engagement de ne fermer aucun site. Mais le plan, dit «de remodelage de [l’]empreinte industrielle» du groupe afin, selon la direction, de «préserver la compétitivité de ST», contient bien d’importantes restructurations, en particulier pour les sites français de Crolles (Isère), Rousset (Bouches-du-Rhône) et Tours (Indre-et-Loire).
A Crolles, un changement de métier pour 1000 salariés
A Crolles, la montée en puissance de la production en 300 mm est confirmée. «Le plan est d’augmenter la capacité à 14000 plaquettes par semaine d’ici 2027» et peut-être «jusqu’à 20000 plaquettes par semaine, en fonction des conditions de marché», peut-on lire dans le communiqué. La production en 200 mm est, elle, arrêtée. Cette partie du site est réorientée vers deux nouvelles activité : le tri des plaquettes – une étape de test où l’on vérifie que chaque puce sur chaque plaquette fonctionne correctement avant de découper, selon ST – et l’encapsulation selon des technologies avancées. «Deux activités qui n’existent pas aujourd’hui en Europe», fait valoir la direction du groupe.
Mais les syndicats restent interrogatifs. «On ne sait pas aujourd’hui quels investissements sont prévus pour accompagner cette transformation», s’inquiète Henri Errico, qui précise que cette inconnue vaut pour toutes les annonces, aucun montant d’investissement n’étant indiqué par site. «Sachant que pour les 1000 personnes travaillant aujourd’hui sur la production en 200 mm à Crolles, c’est un changement complet de métier : ils vont passer d’une usine de production à une usine de tri. C’est comme passer de boulanger à garagiste. Ca ne se fait pas en deux semaines. Et cela suppose d’enlever tous les équipements et d’en installer d’autres, donc d’investir.»
Les syndicats italiens inquiets pour l’usine d’Agrate
STMicroelectronics va donc concentrer sa production en silicium 200 mm sur le site français de Rousset – en plus des sites asiatiques. Il accueillera «des volumes additionnels réalloués depuis d’autres sites, permettant d’assurer la pleine saturation de la capacité de fabrication existante pour une efficacité optimisée», selon le communiqué publié par le groupe. Le site de Tours continuera aussi son activité destinée à des marchés de niche, qui fonctionne bien d’après les syndicats. Elle sera complétée par une nouvelle activité dite de «panel-level-packaging», une technique d’encapsulation des puces sur de grandes plaquettes, qui permet de produire davantage de puces en une seule fois selon le fabricant de semi-conducteurs.
Du côté de l’Italie, c’est l’avenir du site d’Agrate qui continue d’inquiéter. Le plan dévoilé prévoit pourtant une montée en puissance de la ligne de production en 300 mm, avec pour objectif «de doubler sa capacité actuelle à 4000 plaquettes par semaine d’ici 2027 », et en se donnant la possibilité de monter «la capacité jusqu’à 14000 plaquettes par semaine, en fonction des conditions de marché». La ligne de production en 200 mm d’Agrate se recentrera sur les Mems, ces dispositifs électromécaniques miniaturisés. «On n’a plus de technologie compétitive sur les Mems, un segment sur lequel on a perdu beaucoup de parts de marché», objecte Henri Errico, rapportant que les syndicalistes italiens ne voient là que des déclarations d’intention.
Le représentant CGT questionne plus globalement la stratégie dessinée par la direction : «Ils veulent recentrer toute la production sur les trois mégafabs, quitte à y faire produire des vieilles technologies pour les saturer et réduire les coûts de fabrication. Sauf que c’est une vision de court terme, qui réduit la bande passante pour le R&D».
Rome retire sa confiance au PDG
Ces annonces interviennent dans un contexte de forte tension avec Rome : la veille, selon Bloomberg, le gouvernement italien aurait retiré son soutien au PDG Jean-Marc Chéry. Une réaction à la décision du conseil de surveillance de rejeter la nomination de l’un de ses deux candidats, proposés pour occuper les deux postes vacants au sein de cet organe de contrôle. Un épisode très politique. La candidature rejetée – en vue d’un vote à la prochaine Assemblée générale des actionnaires le 25 mai – est celle de Marcello Sala, le directeur général du département économique du ministère des Finances italien, présenté comme un proche de la Première ministre Giorgia Meloni.
Le président du conseil de surveillance, Nicolas Dufourcq – également à la tête de la banque française d'investissement Bpifrance – a tenté d’apaiser le gouvernement italien. Dans une note citée par Reuters, il renvoie la responsabilité de ce rejet aux administrateurs indépendants de l'entreprise, qui partagent les huit postes du conseil de surveillance avec les représentants français et italiens. Car la holding que détiennent, chacun pour moitié, la France et l’Italie, ne possède que 27,5% du capital de STMicroeletronics.
300 à 360 millions de dollars d'économies en 3 ans
Mais la colère du gouvernement italien ne date pas que de cet épisode politique. Mi-mars déjà, la presse italienne révélait la décision prise par Rome d’utiliser, le moment venu, son droit de véto au conseil d’administration, empêchant ainsi la direction de ST de prendre des décisions stratégiques. De quoi manifester son désaccord avec la politique menée, le gouvernement italien reprochant à Jean-Marc Chéry de favoriser la France dans ses décisions et investissements.
Il faudra donc voir dans le détail comment les usines françaises et italiennes seront affectées par la réduction des effectifs à venir. A l’automne, ST avait déjà dit sa volonté d’économiser entre 300 et 360 millions de dollars d’ici à la fin 2027. Une anticipation des mauvais résultats financiers dévoilés en janvier, avec un chiffre d’affaires 2024, en baisse de 23% par rapport à l’année précédente. L’ambition d’atteindre les 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires entre 2025 et 2027 a, elle, été repoussée à 2030.
Alors qu’une partie du secteur des semi-conducteurs se porte bien, tirée par la demande pour les datacenters et l’intelligence artificielle, STMicroelectronics est lui plongé dans un bas de cycle qui se prolonge douloureusement. En raison d’une demande qui ne repart pas sur ses marchés séculaires, l’automobile et l’industrie.
aut
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Connu / courrier de Grand-Poitiers
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Le décret BACS, décret de moyen car il impose la mise en place de GTB (Gestion Technique du Bâtiment – un système de pilotage des installations énergétiques) en fonction de la puissance des installations techniques d'un bâtiment.
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Le 14 mars 2025, l’Institut La Boétie publie avec les éditions Amsterdam le livre de Cédric Durand « Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ? ». Ce livre, issu des trois cours donnés par Cédric Durand dans le cadre de l’Institut La Boétie, présente la thèse selon laquelle l’ère numérique du capitalisme provoque une mutation du mode de production vers un « techno-féodalisme », c’est-à-dire où le profit est basée sur la conquête de monopoles, le contrôle de l’extraction des données numériques et la prédation.
Il dévoile avec pédagogie les rouages des processus de monopolisation intellectuelle à l'œuvre dans le capitalisme numérique. Mais il va aussi plus loin que cela en proposant des pistes pour une appropriation progressiste du numérique à travers un « cyber-écosocialisme » et ouvre une discussion sur les stratégies à mettre en place pour contrer ces nouveaux pouvoirs mondiaux.
L’émission 100 % ILB invitait Cédric Durand le 12 mars, deux jours avant la parution du livre. Elle a été l’occasion de présenter les principales thèses du livre pour donner envie aux spectateurs d’aller plus loin et de se former intellectuellement sur la question du capitalisme numérique, de ses conséquences sociales, politiques et écologiques. En effet, cet effort d’éducation populaire est urgent alors que la nature inquiétante des seigneurs féodaux de la tech apparaît de façon de plus en plus spectaculaire, notamment avec la figure caricaturale mais signifiante d’Elon Musk.
Il s’agissait donc aussi de lier le livre de Cédric Durand avec l’actualité et, avec des interlocuteurs de qualité, de le confronter à différents sujets comme l’apparition d’un « techno-fascisme » comme conséquence politique (ou non?) du techno-féodalisme, les limites écologiques substantielles du numérique et notamment de l’IA ou encore la construction d’une riposte politique.
Programme de l'émission :
00:00:00 Big Tech : une nouvelle lutte des classes ?
Avec Cédric Durand, économiste et auteur de « Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ? » et Jean-Luc Mélenchon, co-président de l'Institut La Boétie
00:28:52 Du techno-féodalisme au techno-fascisme ?
Avec Cédric Durand et Sylvie Laurent, historienne et spécialiste des États-Unis
01:15:12 Cyber-écosocialisme : une voie étroite ou sans issue ?
Avec Cédric Durand
Tr.: BIG TECH : UNE NOUVELLE LUTTE DES CLASSES
dépendance politique avec Musk, désintégration du débat public ... cloud ... dimension économique ...logique des communs ... moins marchandisé ... la guerre perdue (données en temps réel), la lutte contre le changement climatique (réseau de capteurs météo) ... USA : évolution progressive depuis 30 ans ... imposture de la sensée croissance par la tech ... imposture de Tesla, recherche spatiale par les deniers publics, twitter échec commercial ... compatible avec la théorie libérale ... désir autoritaire ... Biden a commencé à réguler (kripto-monnaie, etc) ... inverse de la CHine (porté par la puissance publique / porté par les privés) ... à long terme, Californie, illusion du progressisme ... emprise autoritaire et réactionnaire ex ia dans le paiement des retraites ... géopolitique autoritaire et homme augmenté ... le capitalisme tient sur la domination raciale ... pensée eugéniste, qi, amélioration de la race ... la machine, apendice ... la performance raciale, biométrie ... grand renouveau de la pensée raciale ... trumpisme, nouvel impérialisme, conquête de nouveaux territoires ... 2 facteurs : le dollar, les terres rares ... 2eme : pression contre les normes de Bruxelles ... moment bonapartiste, dév / l'ind de la surveillance (drones, ia, etc) les usa sont en catastrophe climatique ... appel à l'empire pour faire oublier au peuple la catastrophe sociale ... effets de prédiction puissants ex JO ... YOUTUBE comme facebook, facteurs de déstabilisation ... désir de conformisme, perversion lente ... alliance d'extrême droite transatlantique ... terrain piégé ... le RN n'a pas encore pensé ça ... grande vigueur de l'ED en ligne ... volonté d'occuper le terrain massivement
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Cyber-écosocialisme : voie étroite ou sans issue ?
nouveaux agents méta ... tendance mais échec monnaie de ms (libra?) ... le capitalisme est un moment de l'histoire, le mode de production ... voies de sortie : le numérique, intéressant pour le socialisme, la planification ex satellites ... dépend des moyens d'information ... rationnement ... ex. de la bande passante ... déploiement anthropologique, réponse démocratique ... marxistes décroissants / éco-marxistes ... la tech n'est pas neutre ex mocn (mach à cde num) c'est la socialisation ... dilemme ... low tech, communs, différents espaces émancipateurs ... espaces libres ... la place de l'ia et de ses usages : réguler ... effet de course folle à l'énergie etc ... l'ia, c'est la médiocrité qui reproduit du passé moyen ... empilement numérique, souveraineté, infrastructure contrôlée par la puissance publique ... satellites, cables, centres de données ... la donnée est notre commun ex mobilité ... organiser un accès à ces données ... niveau application, marché ... internationalisme tech ... garantie collective, pas menace ... mvt des non-alignés du numérique ... Brésil x suspendu ! Suisse, cloud public ... mise en commun ... données, logiciels ... rgpd, oui mais pas alternative ... idéologie marchande, non ... moteurs de recherche à mieux sélectionner ... souveraineté num à 3 niveaux ++
J.R. Dos Santos, présentateur vedette de la chaîne de télévision publique portugaise depuis plus de 25 ans et auteur du best-seller La Formule de Dieu, s’est penché sur le futur de l’humanité dans son nouveau livre, Immortel. Le roman addictif, basé sur des recherches scientifiques, raconte comment l’humanité telle que nous la connaissons se dirige vers l’immortalité.
Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/mediationpourtous?C-fpVQ
Politique
Par François Luxembourg le 10 février 2025 • ( Poster un commentaire )
Roland Gori est professeur honoraire de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille. Psychanalyste engagé, il lutte à travers ses ouvrages contre les conformismes qui nous menacent. Dans « La Fabrique de nos servitudes » (LLL, 2023), l’essayiste analyse avec rigueur les mécanismes qui nous astreignent à un monde étouffant : il s’agit de repenser nos catégories et notre langage afin de les ouvrir aux utopies. Un ouvrage magistral.
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Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?ItD_YA
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"Percutant et précis, "La fabrique de nos servitudes" met à la lumière les différentes stratégies du néolibéralisme afin de modeler un Homme froid et standardisé dont la langue a été simplifiée par une technique envahissante. À l’aide d’une érudition foisonnante, Roland Gori nous invite à plonger notre esprit dans les découvertes les plus récentes, littéraires et scientifiques, dans le but de l’ensemencer d’utopies réjouissantes. Au moment où tout semble perdre de sa couleur, (re)lire cet ouvrage est capital."
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Connue / https://diaspora-fr.org/posts/10803554
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Emmanuel Florac - il y a environ une heure
#politique #techoféodalisme #technologie #IA
https://yewtu.be/watch?v=0Mi4_-PtLMM
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tR.:... pharmakon (ni poison, ni remède) ... ambivalence de l'écriture ... effort d'individuer le savoir ...
*Terminer >5:00 ACT
Asma Mhalla et Gérard Araud, invités de la Matinale de France Inter le samedi 11 janvier 2025 ©Radio France - Grégoire Nicolet
8h20 - Baddou - L'hour
Comment la Tech s'est-elle hissée à ce niveau de toute-puissance dans la politique internationale ? Entretien avec Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis, et la politologue et essayiste Asma Mhalla.
Avec
- Asma Mhalla Docteure en sciences politiques, chercheure associée au Laboratoire d’Anthropologie Politique de l'EHESS, spécialiste de Géopolitique de la Tech et enseignante à SciencesPo et Polytechnique
- Gérard Araud Diplomate français, ancien ambassadeur de France en Israël et aux Etats-Unis, ancien représentant de la France au Conseil de sécurité de l’ONU
Gérard Araud est un ancien ambassadeur de France aux États-Unis, et ancien représentant permanent de la France auprès de l'ONU. Asma Mhalla est politologue, essayiste, et enseignante à Sciences po. Elle a écrit “Technopolitique : comment la technologie fait de nous des soldats” (février 2024, le Seuil). Ensemble, il reviennent sur l'alliance Trump-Musk, avant l'investiture du président américain, le 20 janvier prochain.
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