IBM a dévoilé fin juin la première puce fabriquée à l’aide d’un procédé subnanométrique. Cet « exploit » dimensionnel tend à masquer l’intérêt majeur de ce prototype : son architecture 3D. La plupart des grandes fonderies suivent la même piste pour continuer à densifier les puces. En particulier les mémoires, cruciales à l’ère de l’IA.
Frédéric Monflier
Publié le 20 juillet 2026 à 10h31
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« Selon une règle non écrite, un nœud est considéré plus avancé s’il est plus dense ou plus performant à densité égale, explique Louis Hutin du CEA Leti. Mais à quel point un nœud à 18 angströms est plus avancé qu’un nœud à 2 nanomètres ? La réponse relève du doigt mouillé et du positionnement marketing. »
S’il connaît la chanson, le chercheur se dit pourtant « un peu surpris » par l’emphase d’IBM sur la dimension subnanométrique de son procédé : « Le communiqué de presse entretient volontairement la confusion entre le 0,7 nm et les atomes, alors que ce ne sont absolument les dimensions du transistor ». Le passage qu’il incrimine est peut-être celui-là, quand IBM évoque « l’ère de la miniaturisation à l’échelle de l’angström, où les dimensions avoisinent celles des atomes individuels ».
Louis Hutin rappelle qu’il sera « compliqué de faire descendre la longueur de grille sous les 15 nm, en particulier quand il faut stabiliser des cellules SRAM », et que « l’épaisseur ne descendra pas sous les 4 nm, pour des raisons de confinement quantique ». Si les puces s’élèvent vers la 3D, c’est justement pour contourner les contraintes physiques imposées par la 2D.
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L’emblématique système d’exploitation libre est devenu un outil-clé de tous les grands groupes du Web, comme l’illustre le rachat de Red Hat.
Trente-quatre milliards de dollars, pour une entreprise dont le cœur de métier est de produire un logiciel téléchargeable gratuitement et sans publicité. En annonçant, ce 28 octobre, avoir racheté Red Hat, le géant du logiciel libre qui édite notamment RHEL, l’une des distributions les plus populaires du système d’exploitation Linux, IBM a réalisé la plus importante acquisition de son histoire. Red Hat, créée en 1993, a bâti un empire très efficace – son chiffre d’affaires a augmenté chaque trimestre depuis quinze ans. Son modèle économique est simple : un logiciel libre et gratuit, que n’importe qui peut télécharger et modifier, pour lequel la société offre des services – eux payants – de formation, de développement, de support… Avec le temps, le modèle s’est complexifié mais est toujours resté résolument centré autour du logiciel libre.
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Et c’est loin d’être la première fois qu’un géant du logiciel libre est racheté pour une somme importante. En juin, Microsoft a ainsi déboursé 7,5 milliards de dollars (6,56 milliards d’euros) pour acquérir le service d’hébergement et de gestion de projets GitHub, qui permet aux développeurs de partager et de stocker le code qu’ils créent. « C’est une manière de parier sur l’avenir », analyse Pierre-Yves Gosset, de l’association Framasoft qui promeut l’usage du logiciel libre. « La première raison [de ces acquisitions], c’est de racheter les concurrents. Mais c’est aussi [dans les entreprises et projets du logiciel libre] que se trouvent les bons développeurs, le code performant. »
Au-delà des considérations stratégiques, le rachat de Red Hat « montre la viabilité du modèle économique » du logiciel libre, juge Lionel Maurel, juriste et membre du bureau de l’association La Quadrature du Net. « Tout le monde a répété cette phrase : “Le logiciel libre a déjà gagné, mais personne ne le sait.” Le modèle est déjà dominant dans les serveurs ; IBM va pouvoir utiliser ce rachat pour développer des solutions de cloud [informatique dématérialisée], un domaine très concurrentiel. » Car si Linux reste très minoritaire sur les ordinateurs individuels, loin derrière Windows de Microsoft et Mac OS d’Apple, le système d’exploitation libre est le leader dans les serveurs qui font tourner les grands services du Web. D’Amazon à Facebook en passant par Google, dont une version modifiée du noyau Linux est au cœur d’Android, tous les géants du Web ont recours à Linux pour leurs gigantesques infrastructures.
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