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DISSOLUTION
Dans ce numéro hors-série spécial été de Dissolution, on va se pencher sur une question épineuse : les VSS. Le PS accuse les insoumis de ne pas soutenir la loi dite "intégrale" contre les VSS, réclamée par 150 associations et presque tous les groupes, faute de temps pour l'adopter en 9 mois.
Les insoumis ont-ils trahi les victimes ? Le calendrier est-il une défense sérieuse ? Qu'est-ce qui pousse LFI à la circonspection ? La loi intégrale, c'est quoi, à quoi ça sert ? Comment évaluer une politique pénale quand on est de gauche ? C'est ce qu'on verra dans ce hors-série.
Un numéro hors-série de Camille et Victor-Ulysse Sultra-Chastrusse, Doctorant en droit public
Dans un essai dessiné, Blanche Sabbah analyse la progression des idées réactionnaires dans les médias. Loin de souscrire à la thèse de la fatalité, l’autrice invite la gauche à réinvestir le champ des idées.
Salomé Dionisi • 10 septembre 2025 abonné·es
Article paru
dans l’hebdo N° 1879
© Blanche Sabbah
La Bataille culturelle, Blanche Sabbah, Casterman, 160 pages, 12 euros.
Et si les combats d’idées se gagnaient tant sur le fond que sur la forme ? C’est le pari formulé par Blanche Sabbah dans un nouvel essai dessiné, dans lequel elle s’attaque à la « bataille culturelle », c’est-à-dire la capacité d’un groupe politique à imposer ses idées dans le débat public.
Première désillusion : si l’extrême droite parvient à dicter l’agenda médiatique, c’est avant tout parce que les faits ne suffisent plus. L’autrice fait ici le constat – déjà longuement analysé outre-Atlantique depuis la première élection de Donald Trump – d’un avènement des fake news, du complotisme et du climatoscepticisme décomplexés. Y compris dans les médias français.
Sur le même sujet : Post-vérité : comment Trump irradie en France
Exemple parmi d’autres : le député RN Jean-Philippe Tanguy qui, sur un plateau télé, raille la militante écologiste Camille Étienne : « La recherche, la recherche… J’ai l’impression d’entendre une religieuse avec sa Bible ! […] La recherche, ça n’existe pas. » Comment mener un débat constructif face à un parti qui, pour jouer sur les émotions du public, est prêt à remettre en question des siècles de progrès scientifiques ?
Blanche Sabbah note un écart plutôt flagrant entre la droitisation – réelle mais relative – de l’opinion publique et l’extrême-droitisation des médias. C’est ainsi qu’elle définit la « droitisation culturelle » : des discours réactionnaires normalisés parce que diffusés à longueur de journée par des médias rachetés par de riches conservateurs. Selon elle, la gauche doit créer des synergies entre la science (les faits) et l’art (l’émotion) pour imposer ses sujets dans le débat public.
Sur le même sujet : Un bruit de fond conservateur
Face à une extrême droite qui gagne du terrain culturel, l’autrice en appelle aussi à s’engueuler avec ses électeurs plutôt que les ignorer. L’idée n’est ni d’excuser ni de comprendre, mais de convaincre. Et de faire entendre une voix de gauche qui se fait de plus en plus timide : « Comment avons-nous pu passer d’un contexte où l’on n’osait pas voter pour un parti créé par des collabos à un contexte où l’on n’ose pas s’indigner d’un électorat ouvertement néonazi ? » Dernier exemple en date : la mort de Jean-Marie Le Pen, dont la plupart des médias n’ont pas osé rappeler les positions vichystes, antisémites, racistes et homophobes.
Blanche Sabbah réfute également la lecture simpliste de la progression du vote d’extrême droite pour des raisons économiques. Cette explication tendrait à faire peser la responsabilité sur les pauvres et les ruraux. Encore une fois, les faits : une étude publiée par Ipsos après les élections européennes de 2024 montre que le vote à l’extrême droite a progressé dans presque toutes les catégories sociodémographiques. Pas que chez les pauvres. Pas qu’à la campagne. C’est le RN lui-même qui a tout intérêt à diffuser cette idée, donnant ainsi à sa volonté de préférence nationale une allure de lutte contre la précarité.
Le féminisme, source d’inspiration
Terrain de lutte fertile, le féminisme est, selon l’autrice, une forme de militantisme dont la gauche devrait s’inspirer. À travers l’exemple des colleuses, elle rappelle comment les militantes ont réussi à imposer le concept de féminicide dans le débat public : « C’est parce que la presse, la recherche et certaines personnalités publiques et politiques nous ont emboîté le pas que le mot a fini par intégrer le dictionnaire, pas l’inverse. »
Mener une politique féministe, c’est nécessairement mener une politique progressiste.
B. Sabbah
Les artistes ne sont pas en reste : lorsqu’elle publie Le Consentement (Grasset), Vanessa Springora impose ce concept dans l’espace médiatique. De même pour Adèle Haenel, qui dénonce l’emprise dont elle a été victime. Ou pour Neige Sinno et Camille Kouchner, qui mettent en lumière la culture de l’inceste. Ces discours nourrissent désormais les réflexions des élu·es et des magistrat·es pour faire évoluer et appliquer la loi.
Sur le même sujet : « Une culture de l’écoféminisme doit se développer »
« Il n’y a en réalité pas tant de distinctions entre la lutte des classes et la lutte pour l’égalité des genres. Quand on s’aperçoit que les premières victimes du réchauffement climatique sont invariablement les femmes, mais que ce sont aussi les plus précaires et les moins blanches, on tisse des liens évidents entre écologie, antiracisme et lutte féministe. Mener une politique féministe, c’est nécessairement mener une politique progressiste. »
Une réflexion allant dans le sens d’un féminisme intersectionnel, qui pourrait servir de grille de lecture pour imposer davantage les idées de gauche : « C’est pour ça que l’extrême droite a tant de mal à se prétendre féministe : le féminisme contient en son sein tous les ingrédients de sa destruction. »
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1,31 M d’abonnés - 2,9k+ - 40380 vues - 444 commentaires #Bayrou #NFP #PS
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Jeudi 16 janvier, le Parti socialiste, par la voix de son premier secrétaire, a annoncé ne pas voter la censure du gouvernement de François Bayrou, se désolidarisant de la position commune du NFP.
S’est alors ouvert un espace tendu et angoissé à gauche.
En effet, après tant d’années de trahisons de son électorat populaire et socialiste, la non censure du PS a été particulièrement mal reçue.
Cette nouvelle a causé beaucoup d’angoisses chez les électeurs de gauche qui redoutent une désunion, qui serait fatale au progressisme lors des prochaines législatives. Avec un président de la République toujours plus imprévisible, ayant annoncé des scrutins nationaux dans l’année à venir, les enjeux politiques et stratégiques sont au plus haut.
Alors qu’en est-il ? Pourquoi le PS n’a-t-il pas voté la censure ?
Auteurs : Camille Chastrusse, Victor Ulysse Sultra, doctorant en droit public
Réalisation et montage : Camille Chastrusse
Son : Baptiste Veilhan
Graphisme : Morgane Sabouret
Production : Hicham Tragha
Directeur des programmes : Mathias Enthoven
Co-directrice de la rédaction : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert
Personnes mentionnées 5 personnes
François Hollande
Michel Barnier
Emmanuel Macron
Jean-Luc Mélenchon
Marine Le Pen
Tr.: ... le conservatisme est intrinsèquement simpliste ... la diversité est le meilleur atout de la gauche pour reprendre le pouvoir.
Actualités, Travail, Entreprise et Industrie
Comme souvent en période électorale et dans le contexte d’annonce de nouveaux investissements dans le nucléaire civil, le débat se relance sur la sécurité des centrales, en France et dans le monde, et l’exigence de sûreté pour les populations. Pour nous éclairer sur ces sujets complexes, Progressistes est allé à la rencontre de Tristan Kamin, ingénieur en sûreté nucléaire et habitué de la vulgarisation scientifique autour des enjeux de l’électronucléaire et de l’écologie.
Entretien accordé par Tristan Kamin, ingénieur en sûreté nucléaire, et réalisé par Thomas Liechti, membre du comité de rédaction de Progressistes.
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la transparence est bénéfique à la culture de sûreté (transmission de l’information, retour d’expérience, obligation d’être aussi clean que raisonnablement possible…), mais nuisible à la sécurité, car révéler des vulnérabilités structurelles ou organisationnelles servirait évidemment la cause d’une personne ou d’un groupe malveillant.
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la défense en profondeur consiste à tout faire pour prévenir les accidents, tout en postulant qu’ils peuvent se produire quand même, et savoir en limiter les conséquences.
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Ce sont notamment les conférences de Jean-Marc Jancovici qui, pendant mes études, m’ont fait ouvrir les yeux sur les sujets du climat (dont il serait une litote de dire qu’il m’intéressait très peu jusqu’alors) et des risques liés à l’approvisionnement en énergie. On peut être en désaccord avec lui sur bien des sujets, mais pour ce qui est d’expliquer le réchauffement climatique, ses risques et le lien avec l’énergie, il est excellent.
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désinformation entretenue par des organisations réputées écologistes sur le sujet (politiques, ONG…)
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toute une culture visant à répandre la peur pour susciter un rejet en bloc
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Cela fait quarante ans que l’on débat sur le nucléaire, et que c’est quasi systématiquement une querelle de chapelles
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aujourd’hui, les alternatives promises par les opposants au nucléaire ne sont toujours pas au rendez-vous
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deux contraintes colossales : l’enjeu climatique ... et le fait que le parc nucléaire commence à avoir de l’âge, de sorte que son remplacement à l’horizon de dix ou vingt ans doit impérativement se décider maintenant. Donc, certes, ça fait trente ans qu’on débat… Mais sans trouver de meilleure proposition, il faut en déduire qu’un renouvellement au moins partiel du parc est incontournable – et c’est le consensus qui s’établit à l’échelle mondiale.
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biais mémoriel avec l’existence d’organisations qui, par intérêt au moins idéologique, travaillent à entretenir la peur du nucléaire et de la radioactivité
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la question des déchets nucléaires ne devrait, à mes yeux, avoir qu’une place négligeable dans le débat. Entendons-nous bien, le sujet n’est pas anodin, mais les déchets, aujourd’hui, on les gère très bien
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Les risques d’accident nucléaire ont une place plus que légitime ... risque à très faible probabilité d’occurrence, aux conséquences potentielles graves mais somme toute localisées dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres autour de son épicentre, et que l’on commence à bien savoir maîtriser. En face, le réchauffement climatique : une probabilité de 100 % si l’on ne fait rien, aux conséquences dramatiques et qui concernent le monde entier.
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Ndlr : - comme JMJ, il disqualifie sans arguments les ENR.
- Il minimise les risques et les conséquences d'un accident nucléaire
- il est prétentieux (voire il ment) sur les déchets sous contrôle, en tout cas il minimise le risque qu'ils génèrent, notamment en éludant les questions de santé à long terme
- il reconnaît la perte de savoir-faire ayant abouti au fiasco de l'EPR Flamanville, mais il ne dit pas un mot des risques liés à la sous-traitance généralisée.
- Conclusion, opposer le risque nucléaire avec le risque climat n'a aucun sens. Personne ne prétend qu'il faut prendre en compte l'un ou l'autre, mais bien LES DEUX. La MAUVAISE FOI EST DONC PATENTE. Et il procède de la manière qu'il dénonce chez les soi-disant adversaires qu'il disqualifie d'emblée sans accepter le dialogue pour aboutir à une synthèse. Enfin, il ment sur l'importance mondiale prétendue ACT
(synonymes : tromperie, perfidie, déloyauté) S'il ne faisait pas système, on pourrait imaginer de la naïveté, mais là, non.
a généré https://twitter.com/TristanKamin/status/1462523380175974404 "Citez vos arguments svp" => rép ACT
Les élections européennes ont vu une nouvelle fois l’extrême-droite tirer son épingle du jeu. Dans de nombreux pays en Europe – Belgique flamande, Italie, Royaume-Uni, Pologne, France, etc. – celle-ci engrange des réussites électorales avec une stabilité qui force le respect. Certes, on en oublierait que le principal vainqueur de ces élections est, comme à l’accoutumée, l’abstention – avec uniquement 50,7% de participation. Les cris d’orfraie provoqués par cette percée masqueraient presque l’impuissance colossale du Parlement européen, exclu du droit d’initiative législative et enserré dans le complexe réseau d’acteurs de la gouvernance européenne. C’est donc à une élection aux enjeux "dérisoires" https://www.marianne.net/debattons/entretiens/david-cayla-les-regles-europeennes-determinent-strictement-le-cadre-economique que le peuple français était convié.
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Pour Jean-Claude Michéa, il ne s’agit ni plus ni moins d’une "trahison des classes populaires par la nouvelle gauche "progressiste"", et ce recentrement sur les questions dites sociétales "a permis de dégager peu à peu un boulevard pour le Rassemblement National en lui offrant la possibilité - au prix de quelques indispensables révolutions de palais - de diffuser dans l’électorat populaire ses propres "vérités alternatives".
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