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Olivier Bouba-Olga Economiste, professeur des universités à l'université de Poitiers
Les élections municipales 2026 ont rappelé à quel point les enjeux locaux font l’objet de batailles politiques importantes. A un an de l’élection présidentielle, nul doute que les dynamiques territoriales feront de nouveau l’objet de discours et de stratégies politiques.
Les campagnes abandonnées ? Les villes favorisées ? Ces grilles de lecture binaires, régulièrement mobilisées, méritent d’être mises de côté au profit d’autres types d’analyses, plus complexes, mais indispensables pour comprendre les vrais besoins des différents territoires français, explique l’économiste Olivier Bouba-Olga, dans cet entretien accordé à L’Economie politique, revue trimestrielle éditée par Alternatives Economiques en partenariat avec l’Institut Veblen.
L’analyse des « territoires » fait couler beaucoup d’encre, chez les universitaires, les administrations, les commentateurs politiques… Mais elle est souvent réduite à des catégories comme rural/urbain ou « France périphérique ». Quelles catégories d’analyse mobilisez-vous pour mieux rendre compte de la diversité des territoires ?
Olivier Bouba-Olga : Dans l’ensemble des travaux que je mène, un point clé consiste à insister sur le fait que l’on observe des différences géographiques relativement fortes entre les territoires. Ces différences jouent à des échelles assez fines, clairement infrarégionales et même infradépartementales. Or, on a parfois tendance à appliquer des grilles de lecture ou des cadres d’analyse trop simplifiés.
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l’opposition entre métropoles et France périphérique, portée par Christophe Guilluy1, qui s’inscrit d’ailleurs dans un schéma d’analyse plus large. D’un côté, certains discours ont mis en avant les vertus de la métropolisation, présentée comme un horizon indépassable de la croissance, avec l’idée que tout le monde en bénéficierait par ruissellement. De l’autre, Christophe Guilluy a insisté sur ce qu’on pourrait appeler le « côté obscur », en mettant en avant l’opposition entre métropoles et France périphérique, et les territoires qui souffriraient de cette dynamique.
« La grille de lecture métropoles/France périphérique a été reprise par l’ensemble de l’échiquier politique. Cela pose un problème majeur »
Cette opposition binaire est beaucoup trop caricaturale. Elle oppose deux catégories très englobantes de territoires – les métropoles d’un côté, la France périphérique de l’autre – sans rendre compte de la complexité réelle. Il existe par exemple une forte hétérogénéité au sein même des métropoles et des grandes villes, mais aussi au sein du monde rural.
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D’une part, je suis convaincu que toute action découle des représentations du monde. D’autre part, toute représentation est une simplification du monde social. La question n’est donc pas d’éviter toute simplification, mais de trouver les bonnes simplifications. Pour y parvenir, il ne faut pas trop réduire la réalité, et notamment ne pas s’en tenir à une opposition binaire entre urbain et rural, mais plutôt penser les différences entre urbain, périurbain et rural.
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introduire systématiquement dans l’analyse l’existence de ce que j’appelle des effets macroterritoriaux, à côté des effets urbain–rural. Il s’agit d’effets plus massifs, qui peuvent opposer de grandes régions, le littoral et l’intérieur des terres, les espaces de montagne, ou ceux proches des frontières du pays. Enfin, il faut toujours se poser la question de l’existence d’effets de composition sociale distincts d’effets géographiques macroterritoriaux ou urbains, périurbains, ruraux stricto sensu.
Par exemple, lorsqu’on regarde les résultats des dernières élections législatives, ou des élections européennes, on observe un vote plus élevé d’environ dix points en moyenne dans les zones rurales en faveur du Rassemblement national. Toutefois, cet écart se réduit fortement – de un à trois points - lorsqu’on neutralise les effets de composition sociale, c’est-à-dire la représentation des différentes catégories à l’échelle d’un territoire. Cet effet de composition sociale est notamment lié à la surreprésentation des catégories ouvrières dans les zones rurales.
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Ce que les gens demandent avant tout, c’est de pouvoir vivre là où ils habitent et de voir leurs besoins fondamentaux couverts : se nourrir, se loger, accéder à l’emploi, à la culture, aux loisirs, à la santé, à l’éducation. Ce sont des besoins essentiels, et le sentiment dominant est plutôt celui d’une dégradation. Mon analyse est la suivante : les habitants ont besoin qu’on leur fournisse des éléments explicatifs, qu’on leur dise pourquoi on n’y arrive pas.
Aujourd’hui, ceux qui adressent peut-être le plus clairement cette question sont les représentants du Rassemblement national, en proposant un schéma explicatif du problème. Ce schéma est, de mon point de vue, totalement erroné, puisqu’il repose sur l’idée que l’on ne parvient pas à couvrir les besoins des habitants parce que les ressources seraient accaparées par l’aide aux immigrés et/ou aux « assistés ». Il s’agit d’un schéma explicatif faux, mais qui fonctionne électoralement. A l’inverse, les autres partis politiques abordent insuffisamment ces questions.
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des situations beaucoup plus difficiles. C’est le cas, de manière générale, du grand quart Nord-Est, mais aussi de la « diagonale des faibles densités ».
Cela produit une forte diversité des mondes ruraux et urbains, selon leur région d’appartenance, selon leur caractère périurbain ou non périurbain, qu’ils se situent en montagne ou sur le littoral, le rétro-littoral ou plus à l’intérieur des terres…
Un autre point, qui est devenu central dans mes travaux récents, concerne l’ampleur du choc démographique en cours. On savait que l’on allait vers un mur écologique, mais on se dirige aussi vers un mur démographique.
Les derniers chiffres que nous avons produits montrent qu’environ 40 à 45 % des communes et 41 % des intercommunalités ont vu leur population baisser entre 2011 et 2022. La classe d’âge qui diminue le plus est celle des jeunes. Si 41 % des intercommunalités perdent des habitants au total, ce sont environ 80 % des intercommunalités qui enregistrent une baisse de la population des moins de 30 ans tandis que toutes connaissent une augmentation des 60 ans et plus2.
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cela exacerbe clairement la concurrence territoriale. Si la population baisse, les ressources diminuent. Donc, pour maintenir ou augmenter leurs moyens, les collectivités cherchent à faire croître leur population. Cela pose une question particulièrement complexe : pourrait-on, ou non, décorréler les ressources financières du nombre d’habitants ?
Cette concurrence a des conséquences très concrètes. Les territoires se font concurrence pour attirer des médecins, parfois avec des dispositifs qui peuvent devenir délétères. Les effets sur la démographie scolaire sont également très forts. Tous les territoires cherchent à attirer des habitants pour éviter la fermeture des écoles. Or, cette stratégie est vouée à l’échec pour la quasi-totalité d’entre eux.
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réfléchir à ce que l’on fait face à cette situation. Faut-il fermer des écoles ? Si l’on ne veut pas le faire, comment s’organise-t-on ?
Mon point de vue est qu’il faut sortir d’une logique exclusivement centrée sur l’attractivité, qui est devenue inopérante pour de nombreux territoires. Il faut se recentrer sur les besoins fondamentaux des habitants et réfléchir à la manière d’y répondre de façon intelligente, en les associant aux décisions. Cela implique un changement de perspective. Si ce changement n’a pas lieu, le ressentiment continuera de croître, avec des conséquences politiques évidentes.
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deux grandes approches. La première consiste à dire que tous les territoires ne pourront pas s’en sortir, et qu’il faut donc favoriser la mobilité des populations, en aidant les gens à se déplacer vers les territoires qui se portent mieux.
Toutefois, il existe de nombreux travaux de recherche montrant que les gens sont très attachés à leur territoire. Et la mobilité géographique reste globalement faible. Si l’on regarde les cartes, les territoires qui connaissent des dynamiques positives sont peu nombreux : certaines grandes villes, le littoral. Se pose alors un problème de faisabilité. Que signifierait concrètement dire aux habitants du grand quart Nord-Est d’aller s’installer à Bordeaux, Rennes ou Nantes ?
La seconde approche consiste au contraire à dire que ce n’est pas la solution, et qu’il faut aider les territoires là où les gens vivent. Je serais plutôt enclin à défendre cette perspective. Avec le développement du télétravail et les évolutions technologiques, il faudrait peut-être repenser la question de la localisation des emplois. Peut-on les déconcentrer davantage, pour les rapprocher des lieux où vivent les populations ? Certaines villes commencent à réfléchir à ces questions.
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je suis chercheur mais que je travaille désormais au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Le discours que nous portons, notamment au sein des services régionaux, vise à passer d’une logique d’attractivité à une logique d’habitabilité territoriale : il s’agit de penser la couverture des besoins fondamentaux des habitants dans le respect des limites planétaires.
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« dilemme du prisonnier » : même s’il y a un accord sur le diagnostic, chacun se dit que tant que les autres continuent à jouer le jeu de la concurrence, il a intérêt à faire de même. On observe quelques évolutions ici ou là, mais elles restent limitées.
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double objectif de justice sociale et de sobriété écologique ... documenter la situation
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identifier où se concentrent les difficultés sociales – chômage, niveaux de revenus, accès à la santé, à l’enseignement – mais aussi les vulnérabilités environnementales : biodiversité, risques naturels et technologiques, exposition aux aléas climatiques.
En croisant l’ensemble des typologies et des travaux que nous avons produits, nous commençons à identifier des territoires cumulant ces fragilités. En Nouvelle-Aquitaine, sur environ 150 intercommunalités, une quinzaine à une vingtaine apparaissent comme particulièrement exposées.
Outre les effets du changement climatique, les besoins fondamentaux des populations changent sous l’effet des évolutions démographiques comme le vieillissement de la population ou encore la baisse de la démographie scolaire.
Une fois les besoins des populations identifiés, il faut réfléchir à la manière de mobiliser les ressources déjà présentes sur le territoire pour les couvrir en faisant œuvre de sobriété. Par exemple : la démographie scolaire pourrait inciter à fermer écoles, collèges et lycées, sauf si on se dit que ce sont des ressources territoriales que l’on peut remobiliser pour d’autres publics (enjeux de formation tout au long de la vie) ou pour proposer d’autres usages (mobilisation des machines par les entreprises locales, des internats pour les besoins des travailleurs saisonniers, etc.). La tâche n’est pas facile, de nombreux freins organisationnels ou juridiques existent, mais il faut les identifier et tenter de les lever.
Je plaide donc pour des approches très pragmatiques, territorialisées, qui partent des situations concrètes et permettent de penser des réponses adaptées
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des signaux faibles, notamment dans les discours de certains habitants, qui disent, par exemple s’être installés dans la Creuse en se considérant comme des « réfugiés climatiques ». Mais, en parallèle, on observe d’autres signaux totalement contradictoires. Par exemple, cela ne fait absolument pas bouger les prix sur le littoral. Alors même que le recul du trait de côte, la montée des eaux, sont bien documentés, ces risques ne sont pas intégrés dans les prix immobiliers.
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Du côté des acteurs publics, la situation est très variable. Beaucoup se sentent démunis et ne savent pas vraiment comment agir. C’est extrêmement complexe, car il faut penser les enjeux de façon systémique et mener des actions coordonnées. Il n’y a pas de solution magique, sans coût.
C’est pour cela que j’estime que notre rôle est de produire de la connaissance pour aider à penser cette complexité. Et, du côté des responsables politiques, il y a un enjeu fort à proposer des récits mobilisateurs capables d’intégrer cette complexité du monde.
La version intégrale de cet entretien est à retrouver dans le numéro 109 de L’Economie politique consacré aux « communes sous pression ».
Propos recueillis par Wojtek Kalinowski et Madeleine Péron
- Auteur de La France périphérique, Flammarion, 2014.
- « Croissance de la population : une dangereuse obsession », par Olivier Bouba-Olga, BelvedeR n°14, octobre 2025, p.11-13 ; Région Nouvelle-Aquitaine, « Evolution de la population par tranches d’âge », carte du mois, novembre 2025.
Ndlr : est-ce synonyme de "développement endogène" / "exogène" ?
Je comprends de https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?k1SFMQ que non.
Valoriser :
- récits
- prise en compte de la complexité, questionner le simplisme
- habitabilité des territoires / besoins fondamentaux des habitants / gouvernance par les besoins ?
- ???
Energie et Climat - Démocratie et gouvernance
Un traité mondial pour laisser les énergies fossiles sous terre
Abonné ou 6.00 CHF
Connues / mel
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Sujet : [echanges] Vidéos - Rencontres sur l'eau (diffusion)
Date : Fri, 11 Jul 2025 16:38:10 +0200
De : Frédéric Sultan
Organisation : Remix the commons
Pour : réseau communs echanges@bienscommuns.org
J'ai le plaisir de partager la série vidéos de témoignage issues des rencontres sur la gouvernance de l’eau : Faire commun ici et ailleurs - Prendre soin et maîtriser l’usage de l’eau
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Livre la « Gouvernance de Demain » à paraitre en avril 2025 co-écrit par Baptiste, Gaëlle, Renaud.
1 July 2024
Today, a group of technical experts involved in the development and maintenance of the Internet and the Web, including Vint Cerf (Internet pioneer) and Tim Berners-Lee (inventor of the World Wide Web), published an open letter calling on the United Nations (UN) Secretary-General and the Secretary-General’s Envoy on Technology to “uphold the bottom-up, collaborative and inclusive model of Internet governance that has served the world for the past half century” as part of the upcoming Global Digital Compact (GDC).
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Ndlr : traduite en français ? ACT
programme détaillé (en cours de construction) à https://pad.inno3.eu/9u1-oyaZQ7SwWduyg3WSHg?view#
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MOTS-CLÉS :
Communs ; design ; droit ; médiation ; gouvernance
Connu par https://www.jardiniersdunous.org/content/perma?id=72773
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Marlène Blaise 13 oct. 2021 · Visible par tout le monde (y compris par les personnes non enregistrées)
communs
Richesses
Contenus sur la gouvernance des communs bien riche, faits par l’ADEME dans le cadre de l’Appel à Communs, présenté par Simon Sarrazin vendredi dernier.
Slide Atelier Gouvernance 0.2.pdf
Je n'aime plus (2)
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Mis en ligne vendredi 7 avril 2017 à 02:59 EST / Universite du Nous - UdN
Étiquettes #Colibris, #Université du Nous, #gouvernance partagée, #MOOC,
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Télécharger le texte de la vidéo en pdf:
gp.jardiniersdunous.org/?telechargements/download&file=La_gouvernance_et_le_changement_de_socit__L_Van_Ditz.pdf
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Eric Coquerel était l'invité du 18h20 France info le jeudi 14 septembre 2023
🙄Scandaleux et stupide ! De faire payer aux artistes une politique au Mali, au Niger et au Burkina-Faso qui ne plaît pas à la France. Je suis intervenu en faveur d'artistes maliennes de la compagnie Thomas Guérineau qui devaient venir dans ma circonscription.
Quoi qu’en dise aujourd’hui le gouvernement, notre consul à Bamako m’a bien confirmé que depuis août aucun visa n’était accordé aux ressortissants de ces 3 pays. ‼️Qu'on revienne à la raison face à cette gestion très néocolonialiste !
👉Le rapport "Nos services publics" confirme ce que LFI dit depuis des années : il faut gouverner par les besoins ! Les dépenses publiques n’augmentent pas à la hauteur des besoins fondamentaux de la population. En plus, le privé y fait son beurre !
80 milliards de ressources pérennes ont été supprimées sous Macron en 5 ans ! Les plus fortunés de nos concitoyens sont privilégiés. Loin de la promesse égalitaire pour tous les français ...
Visibilité Publique
Publié originellement 15 septembre 2023
Catégorie Actualité & Politique
LicenceInconnu LangueFrançais Étiquettes Durée 7min 29sec
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Eco-lieu voué à la réflexion sur un futur désirable, où l’éthique permaculturelle et une gouvernance libertaire constitueront les socles d’une société nouvelle.
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Visites gratuites de l’éco-lieu toute l’année, sur rendez-vous uniquement.
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Connu / TG le 24/05/23 à 09:46
*Ndlr : à une dizaine de km au sud-est d'Angers
Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?1lMvQA
Par le passé, les débats sur les risques des médias sociaux commerciaux se sont focalisés sur les questions de vie privée et de surveillance, surtout depuis les révélations de Snowden en 2013. Par conséquent, de nombreuses réponses techniques, en particulier celles issues des communautés FLOSS, se sont concentrées sur la sécurité des traitements des données personnelles. Cela peut être illustré par la multiplication des applications de messagerie et de courrier électronique chiffrées post-Snowden17. La menace perçue par ces communautés est la possibilité de surveillance du réseau, soit par des agences gouvernementales, soit par de grandes entreprises.
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requièrent des connaissances techniques considérables de la part des utilisateurs.
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Le Fédiverse bascule alors d’une conception à dominante technique vers une conception plus sociale de la vie privée, comme l’ont clairement montré les discussions qui ont eu lieu au sein de l’outil de suivi de bug de Mastodon, lors de ces premières étapes de développement. Le modèle de menace qui y est discuté comprend les autres utilisateurs du réseau, les associations accidentelles entre des comptes et les dynamiques des conversations en ligne elles-mêmes. Cela signifie qu’au lieu de se concentrer sur des caractéristiques techniques telles que les réseaux de pair à pair et le chiffrement de bout en bout, le développement a été axé sur la construction d’outils de modération robustes, sur des paramétrages fins de la visibilité des messages et sur la possibilité de bloquer d’autres instances.
Ces fonctionnalités, qui favorisent une approche plus sociale de la protection de la vie privée, ont été développées et défendues par les membres des communautés marginalisées, dont une grande partie se revendique comme queer. Comme le note Sarah Jamie Lewis :
... Les communautés LGBTQI+ souhaitent parfois cacher des choses à certains de leurs parents et amis, tout en pouvant partager une partie de leur vie avec d’autres. Se faire des amis, se rencontrer, échapper à des situations violentes, accéder à des services de santé, s’explorer et explorer les autres, trouver un emploi, pratiquer le commerce du sexe en toute sécurité… sont autant d’aspects de la vie de cette communauté qui sont mal pris en compte par ceux qui travaillent aujourd’hui sur la protection de la vie privée18.
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Soudain, les outils de remontée de défauts techniques sont également devenus un lieu de débat de questions sociales, culturelles et politiques
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ont finalement été développées comprennent le blocage au niveau d’une instance, des outils de modérations avancés, des avertissements sur la teneur des contenus et une meilleure accessibilité. Cela a permis à des communautés géographiquement, culturellement et idéologiquement disparates de partager le même réseau selon leurs propres conditions. De ce fait, le Fédiverse peut être compris comme un ensemble de communautés qui se rallient autour d’un serveur, ou une instance, afin de créer un environnement où chacun se sent à l’aise. Là encore, cela constitue une troisième voie : ni un modèle dans lequel seuls ceux qui ont des aptitudes techniques maîtrisent pleinement leurs communications, ni un scénario dans lequel la majorité pense n’avoir « rien à cacher » simplement parce qu’elle n’a pas son mot à dire ni le contrôle sur les systèmes dont elle est tributaire. En effet, le changement vers une perception sociale de la vie privée a montré que le Fédiverse est désormais un laboratoire dans lequel on ne peut plus prétendre que les questions d’organisation sociale et de gouvernance sont détachées des logiciels.
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Les serveurs du Fédiverse ont tendance à être équipés de paramètres de « confidentialité par défaut », tels que le nécessaire chiffrement de transport et le proxy des requêtes distantes afin de ne pas exposer les utilisateurs individuels.
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1 an et demi de retours d'expériences avec l'approche de la Gouvernance Intégrative, ainsi que des clés pour ce type d'accompagnement.
Chapitres :
"00:00" Présentation, parcours de Sacha Epp fondateur de la GI
"05:30" Retours d'expériences et les questions clés
"45:09" Création d'un réseau et formation pour professionnels
"49:43" Questions des participants
Liens mentionnées:
- Article "S'organiser sans réunions", l'expérience de l'association de permaculture. https://gouvernanceintegrative.com/sa...
- Les familles et fiches de processus. https://gouvernanceintegrative.com/to...
- les formations : https://gouvernanceintegrative.com/fo...
- la formation pour en faire un usage professionnel : https://gouvernanceintegrative.com/fo...
Nous suivre
https://www.facebook.com/GouvernanceI...
https://www.linkedin.com/company/gouv...
Newsletter : https://my.sendinblue.com/users/subsc...
Me contacter : sacha@gouvernanceintegrative.com
Connu / https://gouvernanceintegrative.com/formation-pour-pro/ connu / https://grandjardin.jardiniersdunous.org/content/perma?id=84914
Durée de lecture : 12 minutes Clés : Biens communs
Dans son dernier livre, l’« économiste atterré » Benjamin Coriat expose deux visions de la crise écologique, et de sa résolution : celle du marché néolibéral et celle des théoriciens des communs, qui défendent une citoyenneté active.
Benjamin Coriat est professeur de sciences économiques à l’université Sorbonne Paris Nord, et cofondateur des Économistes atterrés, un collectif créé en 2010 pour dénoncer l’impasse des choix économiques européens, notamment la « cure d’austérité » imposée à la Grèce. Il est l’auteur, notamment, de : Le Retour des communs — La crise de l’idéologie propriétaire (2015) et de Le bien commun, le climat et le marché — Réponse à Jean Tirole (2021).
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je confronte dans mon livre la vision de Jean Tirole, économiste français néolibéral, avec celle d’Elinor Ostrom, économiste américaine spécialisée dans la question des communs — c’est-à-dire des ressources, naturelles ou non, placées en usage partagé.
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Tirole défend l’idée que le réchauffement climatique serait une « défaillance de marché », qu’il faudrait corriger par... davantage de marché ... il suffirait donc de développer un marché carbone ... stratégie ... Protocole de Kyoto (1997), appliquée en Europe depuis 2005, malgré ses maigres résultats et sa nocivité. Le funeste marché des « droits à polluer » auquel elle a donné lieu est bien connu aujourd’hui, notamment en Afrique. ... Une des propositions du Green Deal ... « étendre le marché carbone » à de nouveaux secteurs économiques
https://reporterre.net/Le-marche-du-carbone-renait-de-ses-cendres
https://reporterre.net/Les-six-projets-les-plus-climaticides-de-Total-4-5
...
l’approche d’Elinor Ostrom permet une vraie préservation des écosystèmes.
... faire de l’eau, des forêts, du climat, etc., des « communs de grande dimension » ... avec la propriété partagée qu’instituent les communs, les biens, les écosystèmes sont protégés par des devoirs et obligations conçus pour assurer leur pérennité.
https://reporterre.net/Avec-les-biens-communs-les-citoyens-reprennent-la-main
... que les gens gèrent avec bon sens les écosystèmes grâce auxquels ils vivent parce qu’ils exercent un contrôle les uns sur les autres pour assurer leur intégrité ... les pratiques vertueuses de communs ancestraux les prud’homies de pêche https://fr.wikipedia.org/wiki/Prud%27homies_de_p%C3%AAcheurs
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la crise climatique n’est pas une « défaillance de marché », mais un phénomène systémique ... ne peut être traité qu’à ce même niveau systémique ... un dépassement de la culture centralisée et hiérarchique des États au profit de « coalitions » entre des « communautés de base » ... pas de se substituer à une gouvernance nationale ou mondiale, mais de chercher un rééquilibrage territorial pour mobiliser toute la société dans la transformation écologique. Et le meilleur moyen, selon elle, d’affronter les problèmes complexes que cette transformation pose à de multiples niveaux, c’est de démultiplier les échanges entre citoyens. Elle appelle ce nouveau régime démocratique la « gouvernance polycentrique ».
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confiance dans l’énergie citoyenne qui a impulsé l’associationnisme après la Révolution française https://reporterre.net/Les-associations-sont-un-rempart-contre-l-autoritarisme
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créativité nécessaire pour repenser nos pratiques pour vivre plus en accord avec la nature, et nos valeurs de justice et d’équité. ... Convention climat a vraiment été un événement d’une grande portée. Ses 149 propositions impulsaient une action multiniveaux et multidimensions ... consensus par puissance de l’échange et de la délibération, pour parvenir à des solutions partagées ... remise en avant de types de forme délibératives qui ont existé pendant la Commune https://reporterre.net/La-Commune-de-Paris-fut-la-matrice-d-une-ecologie-revolutionnaire
... des petits. En Allemagne, six jeunes ... en grève de la faim juste avant les élections à la chancellerie, en septembre dernier ... une Convention climat ... dont les conclusions seraient impératives
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Avant, le néolibéralisme pouvait s’avancer en terrain découvert, se targuer d’être la « seule alternative » ... Désormais, ... Nous allons protéger les écosystèmes en en faisant des communs, pour en user équitablement et respectueusement. Et nous allons entamer une révolution citoyenne pour nous réconcilier avec la nature et établir entre nous des principes d’équité et de respect mutuel. Le contraire de ce que vous faites. »
Notes
[1] Il faut ici rappeler le célèbre article 544 du Code civil, qui définit la propriété comme « le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ». Jusqu’au XXe siècle, ce droit de propriété a exclu tous les autres, dans les limites des règlements existants. Au-delà des seuls bien « naturels », pour protéger les écosystèmes que constituent la santé ou l’éducation par exemple, à la fois du marché (de ses intérêts et aveuglements), mais aussi de l’État (trop souvent dominé par les lobbies), on peut à la suite d’Ostrom proposer de les traiter comme des « communs sociaux » – une manière aussi d’en permettre un accès universel, et de veiller à ce que les plus démunis n’en soient pas écartés. Un exemple : l’eau déclarée bien commun, gratuit jusqu’à une certaine quantité, par la municipalité de Naples, suite aux travaux de la Commission Rodota, installée en 2007 en Italie par le gouvernement Prodi.
Ndlr : comment réussir cette mobilisation de tous sans médiation ? ACT
Avant l’été, les critiques contre les énergies renouvelables, en particulier l’éolien terrestre et le bois énergie, se sont multipliées dans les médias. La plupart ne résistent pas à l’épreuve des faits mais le risque d’immobilisme est bien réel, alors qu’il est urgent d’agir. Interview de David Marchal, directeur exécutif adjoint de l’Expertise et des programmes de l’ADEME.
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Concernant l’éolien terrestre, je les invite à consulter le vrai-faux que nous avons réalisé : rendement, recyclage, biodiversité… qu’ils s’attendent à quelques surprises par rapport aux idées qui circulent. Concernant le bois énergie, le message est encore plus simple : remplacez votre foyer ouvert par un équipement labellisé Flamme verte 7 étoiles et appliquez les bonnes pratiques (combustible de qualité, allumage par le haut etc.) comme le recommande Peter dans ses tutos humoristiques. Enfin, pour ceux qui veulent reprendre leur destin énergétique en main, pourquoi ne pas rejoindre les 20 000 Français et 450 collectivités qui participent à la mise en place de nouveaux projets renouvelables à gouvernance locale.
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40 % : c’est la part du bois dans l’augmentation de production de chaleur d’ici 2028
22 millions de tonnes de CO2 économisées chaque année à l’échelle européenne grâce au photovoltaïque et à l’éolien français (Estimation RTE)
10 fois moins d’émissions polluantes, par MWh
– pour un équipement individuel Flamme Verte 7 étoiles par rapport à un foyer fermé non performant ;
– pour un logement raccordé à une chaufferie collective via un réseau urbain par rapport à un foyer ouvert.
En savoir plus
- Tous les projets renouvelables à gouvernance locale
- Vrai/faux sur l’éolien terrestre
- Gère ton feu comme Peter : les tutos humoristiques de Peter
Ndlr : consistant, à valoriser ACT
Sustainable woodfuel value chains in Africa: Governance, social, economic and ecological dimensions
Woodfuel (charcoal and firewood) constitutes over 70% of the energy needs for cooking and heating in sub-Saharan Africa
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the African Forestry and Wildlife Commission (AFWC) requested FAO to support the compilation, analysis and dissemination of good practices for sustainable charcoal production as well as the adoption of alternative sources of energy and recommended that FAO support countries in the formulation and implementation of national charcoal strategies
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The conference focuses on the following themes:
- Wood fuel production and use: Environmental impacts and sustainable pathways.
- Socio-economics of wood fuel value chains: Resilience, trade, livelihoods and health.
- Governance, including policy, legislation, institutional mechanisms and justice in the wood fuel sector.
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Connu / https://twitter.com/CIFOR_forets/status/1415673515735322628
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CIFOR Afrique centrale @CIFOR_forets · 15 juil. #RendezVous
Nous organisons en collaboration avec d'autres institutions, une conférence hybride (physique et virtuelle) sur les chaînes de valeur durables du bois-énergie en Afrique.
Calendrier Du 23-25 novembre 2021
Punaise ronde À Kumasi au GhanaDrapeau du Ghana
Enregistrez vous ici ➡ https://bit.ly/3nGXIX7
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Symposium international sur le démantèlement des centrales nucléaires
L'expérience suisse en matière de démantèlement de réacteurs commerciaux a commencé en 2020 avec la centrale nucléaire de Mühleberg. L’expérience en matière de gestion des déchets radioactifs est au stade exploratoire concernant le lieu de dépôt définitif. Afin de préparer au mieux cette importante étape, Noé21 (ONG genevoise reconnue d'utilité publique)
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le programme complet + inscription https://d52403b6-2253-4d67-b1bb-391f1f50a68d.filesusr.com/ugd/b1c958_896160b031004d72ae968ea14dd026b9.pdf
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extraits :
DÉMANTÈLEMENTS À L'INTERNATIONAL Joseph Boucau – Directeur global Démantèlement et gestion des déchets à Westinghouse Electric Company [à confirmer]
GESTION DES DÉCHETS Marcos Buser – Géologue, ancien membre de la Commission
fédérale de sécurité nucléaire ; Walter Wildi – Géologue, professeur honoraire à l’Université de Genève, ancien Président de la Commission pour la sécurité des installations nucléaires
GOUVERNANCE DU DÉMANTÈLEMENT Table ronde sur le défi de la gestion sur la longue
FINANCEMENT DU DÉMANTÈLEMENT Ben Wealer – Économiste, chercheur associé en économie du nucléaire au Berlin Institute of Technology
TABLE RONDE DE CLÔTURE La comparaison internationale, un outil d'amélioration ?
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Connu / https://wegreen.fr/post/191652
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Thibault Faraüs a partagé un post dans le groupe Nucléaire & Renouvelables
Il y a 4 heures - Public
L'ONG écolo et antinucléaire suisse Noé21 ... La Suisse a voté l'interdiction de construction de nouveaux réacteurs nucléaires en 2017, il s'agit maintenant de penser concrètement la sortie du nucléaire ! ... sera également diffusé sur YouTube, avec traduction simultanée allemand-français
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Ndlr : Inscrit et suivie en partie, vidéos diffusées ? ACTR
GOUVERNANCE D'ENTREPRISE
Un petit actionnaire alerte sur la "menace existentielle" qui pèse sur ExxonMobil
ExxonMobil se place en position de risque majeur à force de ne pas suffisamment prendre en compte le réchauffement climatique dans sa stratégie. C’est ce qu’écrit le récent fonds activiste Engine n°1 dans une lettre aux actionnaires du groupe, en amont de l’assemblée générale du 26 mai. Ce nouveau coup de pression sur la major texane est symptomatique d’un secteur pétrolier qui, mis sous tension par ses actionnaires, doit transformer son modèle pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
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"ExxonMobil est le cinquième plus gros producteur mondial d’émissions de gaz à effet de serre" ... ExxonMobil est jusqu’à présent la major pétrolière ayant le plus fait preuve de résistance au changement. ...
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Critique
Pour le philosophe Alain Deneault, la gouvernance n'est pas synonyme de démocratie mais son contraire. Ce concept, employé désormais de manière consensuelle par toute sorte d'organisation aurait pour effet de confisquer la politique au profit de la seule gestion. Le concept de gouvernance semble venir de nulle part et n'a en tout cas été pensé ou élaboré par personne ce qui permet de l'employer comme une sorte de passe-partout consensuel. Il a sans doute été promu par les néolibéraux à partir des années 1980 (notamment Margaret Thatcher)37.
Ce terme signe ainsi selon Alain Deneault la dissolution de la notion de chose commune ou publique et la substitution de la « politique », la « démocratie » et la « citoyenneté » par le discours managérial de la « gestion », de l'« empowerment », du « développement durable », de la « responsabilité sociale des entreprises », « résilience », qui consistent à réduire la chose publique aux théories de l'organisation privée37. L'emploi du terme de gouvernance confinerait l'action à une bonne gestion et priverait les enjeux politiques de toute possibilité de débat public. Ce terme s'inscrirait ainsi dans ce que le sociologue Luc Boltanski appelle « le nouvel esprit du capitalisme », Alain Bihr « la novlangue néolibérale » ou encore Éric Hazan « la propagande du quotidien ».
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Ndlr : la notion de gouvernance partagée n'y figure pas
Dans Revue interdisciplinaire d'études juridiques 2010/2 (Volume 65), pages 207 à 228
Le terme de gouvernance est à la mode. Et pourquoi s’en étonner ? La gouvernance désigne un concept commode. Une idée descriptive de la réalité, mais aussi un idéal normatif associé à la transparence, à l’éthique, à l’efficacité de l’action publique. La gouvernance devient dès lors un mot-talisman paré de tous les fantasmes associés à l’action publique, tout en revêtant le vocabulaire rassurant de l’objectivité technique. Le mot « gouvernance » fait sérieux tout en promettant des lendemains qui chantent aux théoriciens de l’action publique. Ce faisant, le discours de la gouvernance fait l’objet d’une double confusion. La première tient aux vertus qui lui sont associées, la seconde aux défauts qui lui sont imputés.
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La première partie de cette courte analyse décrira les raisons pour lesquelles la gouvernance est apparue comme une idée nécessaire pour répondre aux insuffisances de la théorie moderne de l’État. La seconde partie de cette analyse définira quant à elle la gouvernance comme une technique de gestion sociale visant à produire des règles collectives à partir de l’orientation des conduites des acteurs plutôt que par des normes commandant et sanctionnant directement leurs comportements. Nous terminerons cette note en suggérant le rapport qu’entretiennent les concepts de gouvernance et de transparence, dont un examen plus approfondi pourra faire l’objet d’un prochain texte.
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LE VOTE À LA MAJORITÉ — CONSIDÉRÉ PAR CERTAINS COMME ÉTANT LE PARANGON DU VOTE DÉMOCRATIQUE —, POSE UN CERTAIN NOMBRE DE PROBLÈMES DANS LES PETITES ORGANISATIONS COMME LES ASSOCIATIONS, LES ONG, LES ENTREPRISES, ETC.
POUR RÉSOUDRE LES TENSIONS ET CONFLITS QUE CELA GÉNÈRE, ON A VU SE DÉVELOPPER DES TECHNIQUES FAVORISANT UNE MEILLEURE « GOUVERNANCE 1 » (SOCIOCRATIE, DÉMOCRATIE PROFONDE...) OU ENCOURAGEANT L’ÉMERGENCE D’« INTELLIGENCE COLLECTIVE » (FORUM OUVERT, WORLD CAFÉ...). LEUR EFFICACITÉ EST REMARQUABLE CAR ELLES MISENT SUR LA COOPÉRATION, ELLES VOIENT LE GROUPE COMME UN ORGANISME VIVANT ET N’HÉSITENT PAS À PLONGER DANS L’INCONSCIENT DU GROUPE. SUR QUELS PRINCIPES S’APPUIENT-ELLES ?
PEUT-ON RÉELLEMENT AMÉLIORER LE VOTE DIT « DÉMOCRATIQUE » ?
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les groupes tatônnent, ils sont maladroits, expérimentent, bricolent, cherchent des méthodes et des solutions. Comme l’analyse David Vercauteren dans son livre Micropolitique des groupes, ce qui manque aux groupes, ce sont finalement des savoirs pratiques
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décisions prises à la règle de la majorité (et abusivement dites « démocratiques 5 »)
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certains peuples premiers avaient développé d’autres règles, très simples, pour que les collectifs soient créatifs et restent en bonne santé, comme le fait de se placer en cercle ou de pratiquer le tour de parole 7.
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anthropologues ... Faire émerger l’intelligence collective ... « l’avantage de tendre à une décision à l’unanimité, c’est que dans toutes ces objections, dans ces “non” ou ces “oui, mais”, il y a une perspective nouvelle qui n’a pas encore été prise en compte par le groupe et qui apporte un supplément de sagesse ». ... « principe d’équivalence permet à une intelligence collective, qui est là, latente, de s’exprimer, d’émerger. Il y a une sorte d’alchimie qui apparaît soudain » ... Le groupe co-créé : le tout est plus que la somme des parties. ... La compétition renforce l’ego ... confiance ... le groupe se sent en sécurité.
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Plonger dans « l’inconscient du groupe »
... macropolitique 11 d’un groupe ... Or, un groupe est toujours traversé de forces invisibles, de non-dits, d’un langage non-verbal, d’interprétations, d’émotions et de trajets personnels qui se croisent. C’est ce que l’on appelle son « inconscient ». L’invitation de David Vercauteren à s’attarder sur cette micropolitique est une invitation à partir à la recherche des comportements, du ton, du choix des mots, des attitudes corporelles et de l’ambiance pour décrypter les secrets de ces fameuses forces internes qui déplacent des montagnes ou brisent des groupes. Une sorte de « tectonique des groupes ». En permaculture, on appelle cela « les structures invisibles 12 ».
L’écologie des groupes
... manière plus organique de fonctionner ... près de 90 % de la communication se transmet par le non-verbal... être vigilant sur les risques ... les conflits sont indispensables à la vie ... font partie intégrante de l’humain 15 ... les techniques collaboratives ne sont pas là pou les comprendre et apprendre à vivre avec ... risque totalitaire ... ne pas considérer ces méthodes comme naturellement anti-hiérarchiques ou « écologiques ».
De plus, ces techniques collaboratives ne se mêlent pas de la finalité (de la « raison d’être ») des entreprises ou des groupes. Soigner le comment ne fait pas automatiquement changer le pourquoi.
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applicables à grande échelle ? ... essayer ...
Ndlr : confirme mes propres observations : sur la prise en compte des risques, sur le "pourquoi". Valoriser ACT