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Retrouvez notre grand entretien avec Frédéric Lordon, économiste et philosophe, par Aurélie Trouvé, députée LFI, aux AMFIS 2026.
Tr.: ...
ya 2 citadelles à faire sauter : la police et Bercy
...
/anticapitalisme, on a un désaccord ... controverse sur le sens du mot anticapitalisme ... collectiviser l'eau, l'énergie, je comprends très bien. Pour le numérique,
l'abolition de la loi de la valeur ... dynamique anthropocidaire, il faut sortir du capitalisme, il faut un capitalocide ...écologue Philippe Grandcolas ... à +4°C, on est morts ... il faut leur retirer. ... venu car ya une situation historique, des temps extra-ordinaires. Rdv avec l'histoire ... se préparer ... Vous allez gagner, préparez vous !
Ndlr : évoqué par Centristes insoumis https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?BEdQbw
avec Frédéric LORDON & Jean-Luc MÉLENCHON - publiée le 4 avril 2026
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animée par Judith BERNARD
Alors : anticapitaliste ou pas, la France Insoumise ? Le débat a pris forme à l’automne dernier, par article interposés, entre Frédéric Lordon d’une part et, d’autre part, pour la France Insoumise, Antoine Sallès-Papou. C’était vif, acéré, et même assez acide.
Un article publié en une du Monde Diplomatique à la fin du mois d’août avait mis le feu aux poudres en mettant en cause « l’économie mélenchonienne », accusée de s’articuler aveuglément au concept de « technoféodalisme » que Morozov, l’auteur de l’article-étincelle, renvoyait à son inadéquation : pourquoi convoquer la lointaine histoire féodale pour caractériser le capitalisme en sa forme actuelle, certes dominé par les seigneurs de la tech, mais selon toujours les mêmes recettes capitalistes – investir massivement pour générer toujours plus de profit. Jean-Luc Mélenchon, dans une conférence publique en septembre, avait pris ombrage de ce papier qui prétendait lui donner des leçons d’anticapitalisme : il n’avait pas attendu les remontrances de l’extrême gauche pour savoir que le capitalisme, c’est mal, et ne considérait pas nécessaire de tartiner quatre pages pour rappeler l’urgence de le combattre. Dont acte.
Mais Lordon s’est glissé dans la brèche : sur son blog la Pompe à phynance, il a entrepris de creuser un peu la discussion. Pas seulement pour donner raison à Morozov – le « technoféodalisme », c’est, à tout le moins, et quelque estime qu’on ait pour Cédric Durand qui le premier en a proposé la formule, un concept maladroitement formulé – mais pour interpeller la France Insoumise et sa proposition programmatique : socialiser les réseaux, tous les réseaux par lesquels l’oligarchie (qui les possède) nous aliène et nous exploite, y compris et largement en dehors du travail, ça ne suffira pas. Parce que le nerf de la guerre, le cœur atomique du capitalisme, c’est la propriété lucrative : tant qu’on la laissera à son fol emballement perpétuel, extractivisme et productivisme produiront partout leur inéluctable entreprise de destruction de tout ce qui vit, et à la fin tout le monde meurt – la biosphère y compris.
Antoine Sallès-Papou répond dans Contretemps : il importe d’attaquer le capitalisme dans la configuration actuelle de son régime d’accumulation, là où se réalise le maximum de la valorisation : dans le contrôle des réseaux. Quand on est dans la lutte concrète, on se focalise sur les luttes concrètes qu’on peut mener, en cherchant la force du grand nombre ; l’enjeu est stratégique, il s’agit de mobiliser largement, et la question du contrôle des réseaux a l’insigne avantage de recomposer très avantageusement le camp collectiviste : ce ne sont plus seulement les « travailleurs », d’ailleurs plus tellement à l’usine, mais tous les usagers des réseaux – nous toutes et tous, qui avons intérêt à lutter pour conquérir la souveraineté sur ce dont l’oligarchie nous a dépossédés : mis en mouvement et conscient de la quête, ça s’appelle « le peuple ».
Et Lordon re-répond : élargir le camp collectiviste fort bien, ne plus se contenter d’en appeler au prolétariat ouvrier comme sujet révolutionnaire encore mieux, l’appeler peuple pourquoi pas – mais quid de la souveraineté sur le travail, sur la production ? Et paf : retour au nerf de la guerre.
Totalement passionnée par ce débat, mais regrettant un peu la dureté de sa forme, que la distance et l’écrit accusaient, j’ai été saisie d’un impérieux désir : faire dialoguer directement le théoricien (Lordon) et le stratège (Mélenchon). Qu’on les entende s’entretenir de ces questions parfaitement essentielles, mais dans l’aménité de la conversation en face à face. Ce n’était pas seulement un fantasme ; ça me semblait aussi une urgence politique : l’action politique doit s’alimenter à la théorie conséquente, laquelle ne l’est vraiment que quand elle s’inquiète des conditions de sa mise en pratique. Ils en étaient aussi gourmands l’un que l’autre. Ne restait plus qu’à donner forme à ce rêve : une date pour la rencontre (historique), un accord sur les thèmes à traiter, un principe sur lequel ne pas déroger – se donner toute latitude pour développer autant que de besoin.
Par ici nous avions l’outil : ça s’appelle Hors-Série. Toutes les conditions ont été réunies. Et le rêve s’est réalisé.
Judith BERNARD
Durée 168 min.
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https://www.hors-serie.net/emissions/la-france-insoumise-face-au-capitalisme/
Connu / TG le 9/04/25 à 12:14
UN FORCENÉ COMME MACRON NE LÂCHERA JAMAIS LE POUVOIR...PAR LUI-MÊME - Frederic Lordon - 12 oct. 2025 INTERVIEWS ELUCID 🎥
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▶ Frédéric LORDON est philosophe. Ses travaux offrent une critique radicale des structures du capitalisme contemporain et traitent de leurs effets politiques. Il mobilise les outils issus de la philosophie de Spinoza, de la psychanalyse et de l'économie politique pour analyser les crises actuelles. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont tout récemment « Pulsion » (coécrit avec Sandra Lucbert), et il anime le blog « La pompe à phynance » sur le site du Monde diplomatique.
Dans cette interview par Olivier Berruyer pour Élucid, Frédéric Lordon analyse le triste spectacle politique qui se déroule sous nos yeux : les institutions au bord de la rupture sont rongées par le capitalisme néolibéral, mais les commentateurs médiatiques n’y voient qu’un problème vaguement moral. Et au sommet de cette crise, Emmanuel Macron, dans toute sa perversion, illustre la décadence de l’époque. Sa psyché est définitivement alignée sur les structures malades de notre pays.
⚠️ La zone commentaire doit rester un espace respectueux, de débat ouvert et constructif. Les rares attaques et/ou injures envers les invités qui acceptent bénévolement nos invitations ne seront pas acceptées. Merci pour votre compréhension.
Présentateur : Olivier Berruyer
Sommaire :
00:00:00 - Zapping
00:01:42 - Crise de régime ou crise du capitalisme
00:14:52 - Vème République : des institutions à bout de souffle
00:16:35 - L'appel au « sens des responsabilités »
00:21:54 - La « bordélisation » des élites
00:25:29 - La perte de repères et la clarification
00:41:24 - Que veut « le peuple » ?
00:48:26 - La psyché perverse de Macron
01:10:03 - En finir avec Macron
01:23:10 - La possibilité d'une révolte
01:35:44 - Question finale
Tr.: ... matérialisme historique, méthode de pensée fait repartir l'analyse de faits et forces matérielles ... crise du capitalisme ... la bourgeoisie ne veut plus payer ... personnes privées très riches, individus, et entités protagonistes du rapport social, le capital ... désirs contradictoires ... contribuable (ne plus payer) mais épargnante rentière (effondrement recettes, déficit, explosion de la dette) ... les pouvoirs en place ont accomodé cette contradiction en faisant la population des variables d'ajustement ... a sa limite ... éclatement en 2 blocs LFI et RN ... le chaos déterministe ... sous le regard des marchés obligataires ... 200 milliards de transferts aux entreprises ... Rodoric Godin éclaire le capital industriel et le financier ... compromis plus possibles ... tri-partition parlementaire ... Macron refuse ... /5ème république armée pour dégager des majorités mais limité ... rhétorique "faire preuve de responsabilité" ... /compromis qualités morale pensée imbécile ... refaire les institutions ... les élites bêtes à faire peur ... pousse à pouvoir brutal ... Gramsci ... LFI bordélisation sic alors que ce sont eux qui l'ont produite ... comportement du PS est miniature de la société ... 2 seuls pôles de stabilité LFI et RN (enfin versatile) alors que LFI ont constance car savent ce qu'ils veulent ... JLM plus matraité que Fournirey? ... PS parti foncièrement de droite ... socialisme parti ... contradiction comme reconnu de gauche ... ancienne social-démocratie ... amener le capital à la table des négociation pour des compromis ... capitalisme mondialisé ou mieux, capitalisme de dérèglementation à dominance financière ... consensus de Washington ... il n'a plus besoin de compromis ... pj social-dém échouée ... oeuvrer à la mort du PS ... suicide, rejoindre la droite ... aile d'extrême droite Manuel Valls, Carole Delga finiront par s'entendre avec Macron ... que veut le peuple ? groupes sociaux hétérogènes, antagonistes ... histoire ex-post ... fait par minorités actives ... Laclos et Mouffle ... signifiant flottant ... l'agenda doit être clair dès le départ ... démocratie bourgeoise, contradiction dans les termes ... convoquer corps intermédiaires, manifestations ... Hollande a fait voter l'état d'urgence ... baillonner les oppositions politiques ... /psychologiser : suspicion mais ... s'interroger sur la personnalité du pouvoir ... livre "Pulsion" théorie psychanalytique du ?? ... le psychique organisé par l'inconscient ... les profondeurs sociales ... le social fait psyché ... articulé ... capitalisme déchainé en voie de fascisation ... /pervers narcissique inestimable pour les victimes... contruction conceptuelle à refaire ... le capitalisme a répandu la perversion, cf FT procès ... déni de l'altérité d'autrui, jouissance à jeter autrui dans des états de détresse ... Macron est l'esclave de sa psyché ... /mvt retraites ... /révolution permanente Macron forcené ... erreurs d'analyse de l'intersyndicale ... 2024 / urnes ... de lui-même jamais Macron ne démissionnera ... au matérialisme historique, il manque l'intelligence de la manière ... articulation de ces deux types ... 1958 ... les structures sélectionnent le psychisme, faire attention ... n'ont rien connu que Science Po et L'ENA ... Sarko signe avant-coureur de ce qui se passe en ce moment 1er coup de boutoir dans l'effondrement de la décence ... obscénité ... économie morale de la bourgeoisie recomposée ... situation de blocage par la tri-partition de l'assemblée nationale ... dissolution, coup pour rien ... comment dégager Macron ? ok avec LFI ...le privilège de l'offre, asymétrie immédiate ... Macron le détient ... NON ... il est le pb ... il DOIT partir, auteur du saccage de la société ... 2 scénarios pour qu'il parte : - mvt populaire prend la rue, souhaitable mais improbable ... - débranché par le capital, a son charme ex Berlusconi ...guetter les indices, d'abord le marché obligataire ... augm des taux d'intérêt ... serv de la dette augmente ... pressions relayées par les milieux d'affaires ... Alain Minc s'est rendu compte ... Le point "Mr le pdt, partez la tête haute" ... si Les échos et Le Parisien font pouce en bas c'est que Bernard Arnault aura lâché Macron ... Édouard Philippe ... pas impossible ... Comment écarter les individus nocifs ? Retrouver un équivalent fonctionnel ... /révolte les institutions fabriquent de la passivité => niveau insupportable ex Bloquons tout ! ... miraculeux ... besoin d'un pôle de coordination ... l'intersyndicale (directions) entièrement discréditée ... c'était le monopole de l'offre ! ... En sortir / M10S25 ... LFI prend la place du pôle de coordination -> contradiction ... faire des choses plus ambitieuses ... alliance objective pourrait se défaire ... comment ça commence ? comment ça atterrit ? les masses dans la rue ne sont pas au clair ... créativité de la base ex ZAD ... mais besoin de modèle social alternatif pour sortir du capitalisme ... Bernard Friot, moi, avons proposé des modèles ... seule LFI l'a ... mieux si les masses ont une idée de où atterrir ... quel chemin pour quel but ? les adversaires l'ont ! ...
Connu / TG - Info Médias alternatifs de Indignons nous info média de indignons nous nouvelle aquitaine
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Régine R, [14/10/2025 23:08]
L'approche de Lordon notamment sur le rôle des institutions, leurs limites face au capitalisme, et sur la ''bordelisation'' du pays me semble intéressante
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Publié Il y a 1 mois • 5,9K vues
Frédéric Lordon est philosophe. Il est l’auteur de plusieurs livres importants, dont Figures du communisme (La Fabrique, 2021). Son dernier livre, Pulsion, coécrit avec Sandra Lucbert, a été publié au mois de janvier 2025 aux éditions La Découverte. Son très recommandable blog, La pompe à phynance, est hébergé par Le Monde diplomatique.
Il revient, dans cet entretien, sur le plan budgétaire présenté le 16 juillet dernier par François Bayrou, sur ce qu’il appelle « l’ethos » du macronisme, sur la faillite des « médiations institutionnelles » (politiques, médiatiques, syndicales), dont le constat l’amène à réfléchir à la possibilité d’un « débordement ». Il évoque aussi la fascisation en cours, qu’il a été l’un des tout premiers à dénoncer – entre pessimisme et espoir.
Journaliste : Sébastien Fontenelle
#Lordon #macron #guerre
Visibilité Publique
CatégorieInconnu LicenceInconnu LangueInconnu Étiquettes Durée 50min 53sec
5 Commentaires
Connu / TG le 21/08/25 à 17:13
Tr.: ...
le marché secondaire, tourniquet de la finance spéculative, ne crée pas d'emplois. Le marché primaire ne représente que 0,9% ... /CICE créer un million d'emplois ... faux ... le déni de démocratie de Macron ... mettre le macronisme dans sa totalité pour solder les comptes ... réapparition du scorbut ... de startup nation à scorbut nation ! ... surmonté du nappage le plus dégoutant, ignominie ... ex la légion d'honneur (sofia aram, alexis colère, etc) les commissaires violents décorés ... /loi Duplomb ... Fleur Breteau : des rires ont traversé l'hémicycle ... pétition ... oligarchie mitigée : il existe des forces de rappel qui ont pour vocation de faire remonter aux gouvernants les voix et les sentiments des gouvernés. Se matérialisent au travers d'entités qu'on pourrait appeler des médiateurs. Yen a plusieurs sortes : médiateurs politiques, médiatiques, syndicaux.
[oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à une classe restreinte et privilégiée]
Le propre de la crise actuelle du Macronisme, mais ça date déjà d'avant, c'est l'effondrement de toutes les médiations ... spectaculaire pour les médiations politiques parlementaires.
Médiation politique, c'est tout le travail qui fait connexion entre gouvernés et gouvernants. Le propre de l'oligarchie, c'est un gouvernement séparé. Hors il existe des connexions plus on moins ténues, plus ou moins consistantes et qui font remonter un signal jusqu'aux gouvernants. C'est ça les médiateurs. Et normalement, les parlementaires qui retournent se faire engueuler dans leur circonscription, ça tombe là dessous. Ce sont des médiateurs.
Les journaux restituent quelque chose à l'opinion. La médiation politique des parlementaires s'est effondrée. Aspirée par le pouvoir exécutif, ça n'est plus qu'une chambre d'enregistrement.
C'est là que j'ai un point de désaccord avec Stéphane Foucart, le papier extraordinaire "L'adoption de la loi Duplomb constitue un moment de rupture démocratique inédit. Non, la faillite de la médiation politique a 30 ans d'âge. Du traité constitutionnel européen. La représentation parlementaire est en réalité une distorsion. à 55% on avait défoncé les parlementaires qui étaient en faveur à 90%. Figure pure à l'anamorphose parlementaire. Le TCE2005 était déjà un indice très très fort. Les parlementaires ont repris le dessus et ça a débouché au traité de Lisbonne en 2018.
2023 les retraites : 90% de la population est contre. Tous les syndicats sont contre, il n'y a pas de majorité pour la voter. Ça se termine par un 49-3 : c'est un holdup. Moment de rupture démocratique. Le vol de 2024, coup d'état. On ne saurait mieux dire que la médiation politique n'existe plus. Comme avec les légions de la honte, vous pouvez bien aller vous faire foutre !
La loi Duplomb est aussi un indice de cette faillite du médiateur politique. Autres : sociétés savantes, universités, médecins, mutualistes etc faisaient remonter des savoirs. Toutes ces voix ont été méthodiquement ignorées. ENSEMBLE TRÈS SPECTACULAIRE.
Puisque nous sommes dans la problématique de la médiation, la France Insoumise revendique d'une certaine manière le retour à la médiation politique. Pour moi, le travail de médiation qui me semble le plus spectaculairement visible, c'est la médiation autour du NOUVEAU FRONT POPULAIRE. C'est typiquement un travail de médiation.
Concernant la médiation médiatique, c'est celle qui donnerait la parole à des voix dissonantes significativement. Alors que tout ce qui est dissonant est aussitôt stigmatisé et méthodiquement massacré sur le plateau. La transformation radicale de la presse devrait venir tout en haut de l'agenda d'un pouvoir de gauche qui parviendrait au pouvoir. Il y va simplement des conditions de sa réussite, tout simplement. ...
/Médiations syndicales : a peur que non. Devenues une composante institutionnelle, elles ont intégré les intérêts du système institutionnel d'ensemble avec lequel elles n'ont plus aucun désir de rompre. C'était une position tenable au tout début du Fordisme, premier néolibéralisme, période où le pouvoir de la parole syndicale existait encore. ... La grève à la Japonaise ! Au vu d'un brassard, la direction arrêtait tout. ... Ex flagrant en 2023 avec les retraites. Front syndical uni, des millions de personnes dans la rue et RIEN DU TOUT ! C'était prévisible...
Faire autre chose que ces stratégies perdantes...
Lorsque les médiations sont en échec, c'est une OLIGARCHIE PURE.
À partir du moment où il n'y a plus d'options avec les médiations institutionnelles, Les solutions désinstitutionnalisées prennent le relais. Le débordement. Le surgissement d'une révolte à caractère potentiellement insurrectionnelle dont on a eu un avant-goût avec les GILETS JAUNES.
Illustration pure et parfaite.
Prix élevé des répressions... Fait une sorte de physique politique raisonnablement prédictive.
État des forces, etc
C'est peut-être en mettant bout-à-bout les discours d'un nombre suffisant de couillons que quelque chose percole doucement dans les esprits et un jour, une étincelle venue fait prendre la salle??
/Fascisation un des 1ers à en parler /prochaine élection présidentielle : avoir bougé avant que ça ne soit trop tard. Le Macronisme a poussé tous les curseurs et a préparé un terreau propice à ce que le processus soit achevé. Situation très inquiétante. Interrogation d'Hannah Arendt dans "De la révolution" : interroge l'usage du mot révolution, figure de la nécessité implacable. La bonne partie, la France est un état particulier. Ya une conflictualité politique, une réactivité. C'est pour ça que la contestation du plan Bayrou doit aller jusqu'à contester TOUT LE MACRONISME.
Partisan d'une stratégie de la bouillabaisse. Tous les motifs de contestation dans la marmite et on pousse le feu à fond. C'est une ressource. Élément nouveau : LA FRANCE INSOUMISE. J'ai plein d'amis bien plus à gauche... Ça ne se présente pas si mal. Le discours médiatique matraque. Mais discrédités donc à l'avantage de LFI. Ya rien de tel que d'être haï par ces gens là. LFI seule incarnation d'une différence, martingale du succès... Incarner la différence dans un paysage homogénéisé. Il y a 20 ans, la différence était le Front National. Il s'est normalisé. Devenu euro-libérale, les autres devenus aussi racistes que lui comme les Républicains. De plus émiettement de l'offre présidentielle : Macron, Philippe, Retailleau etc.
Frederic Lordon sur la "victoire " du Nouveau Front Populaire - 11 juil. 2024 / Jean-politik
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Intervention de Frederic Lordon lors de la soirée "Que faire ? "
Source : paroles d'honneurs • QUE FAIRE ? Fréderic Lordon, Olivier ...
Tr.: ... décomposition de la social-démocratie ... les capitales, l'activité économique, le pouvoir sur les flux, là est notre puissance ... artistes, chercheurs doivent soutenir ... nos meilleures chances sont dans la lutte générale ... avoir une pratique non électorale de l'électoral ... perspective fasciste ...
Cube de sucre en feu — avec des cendres comme catalyseur
Robin Müller
Il y a une économie générale de la violence. Ex nihilo nihil : rien ne sort de rien. Il y a toujours des antécédents. Cette économie, hélas, ne connaît qu’un principe : la réciprocité – négative. Lorsque l’injustice a été portée à son comble, lorsque le groupe a connu le meurtre de masse et, pire peut-être, l’invisibilisation du meurtre de masse, comment pourrait-il ne pas en sortir une haine vengeresse ? Les rationalités stratégiques – faire dérailler la normalisation israélo-arabe, réinstaller le conflit israélo-palestinien sur la scène internationale –, si elles sont réelles, n’en ont pas moins trouvé parmi leurs ressources le carburant de la vengeance meurtrière.
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Connu / TG le 15/10/23 à 22:13
On savait déjà très exactement où en est le signifiant « républicain » après un communiqué ouvertement raciste et factieux de syndicats policiers d’extrême droite, invoquant comme il se doit « l’ordre républicain » pour lancer la chasse à l’homme, plus précisément à ceux des hommes considérés comme des « nuisibles ». Tout à son habitude de confondre modération et aveuglement, le journal Le Monde avait jugé le communiqué « révélateur de l’exaspération des troupes », là où il aurait plutôt fallu y voir la fascisation caractérisée de l’appareil de force — et en concevoir un chouïa plus d’inquiétude.
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Lire aussi Benoît Bréville, « La religion sécuritaire », Le Monde diplomatique, août 2023. "
Mais jamais Le Monde ne dira un mot de la fascisation en cours : consentir à l’aveu qu’elle se déroule sous les auspices d’un pouvoir qu’il a si longtemps encensé, c’est sans doute trop lui demander. Le Monde peut à la rigueur comprendre le fascisme comme malheureuse irruption venue de nulle part, ou comme curiosité historique sans suite possible, mais jamais n’accédera à l’idée que le fascisme naît « du dedans ». Car notre « dedans », pour Le Monde, c’est « la république » et « la démocratie ». Or comment la république et la démocratie pourraient-elles accoucher du fascisme puisqu’elles en représentent le principe opposé ? Voilà la bouillie qui traîne dans les têtes formées à l’Institut d’Études Politiques, école où l’on n’a notoirement jamais rien compris à ce qu’est la politique.
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Il faut que la peur au sommet de l’État soit saisissante pour que le président avale ainsi de se faire dépouiller de toute souveraineté régalienne, camouflet sans précédent dans la Ve République. Mais on a encore rien vu avant d’apprendre que Macron est tombé d’une carafe en découvrant que tout ceci avait été orchestré dans son dos par son ministre de l’intérieur, humiliation elle aussi sans précédent, qui aurait valu normalement limogeage instantané du ministre, et devrait mettre en ébullition tous les fondus de la « popol » (1).
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On mesure très exactement la dérive générale vers l’extrême droite quand la qualification d’« extrême-gauche » pour un parti aussi platement social-démocrate (au sens historique du terme) que la FI devient une sorte de cela va de soi — abondamment propagé par les journalistes comme il se doit. Logiquement, dans ce complet dérèglement des catégories, l’un des ilotes de France Info explique qu’un important leader du « Centre » vient de disparaître en Italie — il s’agissait de Berlusconi.
La fusion de toutes les droites dans l’extrême droite devient en tout cas patente à l’effort de faire de la FI une sorte de paria institutionnel au motif d’un « arc républicain », appellation renversante de ce qui est plutôt en train de s’affirmer comme arc autoritaire-fasciste. Disons tout de même à ces gens que mettre du rouge à lèvre à un cochon ne fait pas oublier qu’on a affaire à un cochon. De fait, il n’est plus que la FI qui se différencie clairement de cet agglomérat infâme, où l’on trouve en position de satellite, c’est à peine un paradoxe, le PC de Roussel, passé sans l’ombre d’une hésitation du côté de la république policière, ainsi que la fraction du PS typique de la gauche d’extrême droite — Cazeneuve, Valls et consorts.
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(1) La politique politicienne.
Police Fascisme Politique Démocratie
Le Monde diplomatique (https://blog.mondediplo.net/sont-ils-fous)
Sont-ils fous ?
Par Frédéric Lordon (La pompe à phynance, Les blogs du Diplo, 4 avril 2023)
Connu / TG le 01/05/23 à 12:19
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Christophe ANCELIN, [01/05/2023 12:19]
🔴 Frédéric Lordon, économiste puis philosophe, compte parmi les principales voix du champ critique hexagonal. Alors que le système néolibéral incarne une arrogance et une avidité insensées, en France, Emmanuel Macron en fait la démonstration permanente.
Frédéric Lordon nous explique dans cet article du Monde diplomatique que les caractéristiques psycho-pathologiques de nos dirigeant.es ne sont pas dues au hasard : elles correspondent à un système capitaliste de plus en plus violent et décomplexé.
"
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Ce lundi 13 mars, Frédéric Lordon, philosophe, intervenait au meeting du Réseau pour la grève générale. Il a souligné l'impasse stratégique actuelle, et l'enjeu de durcir le mouvement pour gagner, par une grève reconductible qui mette « l'économie à genoux pour que les travailleurs se redressent. »
Retrouvez la rediffusion complète du meeting de ce lundi 13 mars dans l'onglet "Live" de notre chaîne. • GRAND MEETING POU...
Connue / https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/130423/retraites-face-un-pouvoir-radicalise-les-syndicats-ont-besoin-d-une-nouvelle-strategie/commentaires#comment-11744399
Tr.: ...
la lutte pour le pouvoir d'achat, la revendication gagnante ... transversale, unificatrice ... assez de manif république - nation. ÇA suffit TOUT ! ... après des décennies d'agression, le pays en soupe des bonnes manières ... le syndicat des bonnes manières ... mettre l'économie à genou ... le capital à genou ... les travailleurs se redressent ... il y a des politiques criminelles ... des gens meurent sur des brancards démolis ... des suicides au tribunal etc ... Macron veut son moment Thatcher ... le sens du travail, de la production, du climat ... sens entier de notre forme de vie sociale ... faire quelque chose de cette énergie soulevée ... nous aurons notre printemps ... un moi de mai !
VOUS AVEZ DIT COMMUNISME ? L’IMPENSABLE SORTIE DU CAPITALISME AVEC FRÉDÉRIC LORDON
Connue / tg 22/07/22 21:05
« Plutôt Le Pen que Mélenchon » : quand Frédéric Lordon prédisait la situation politique de 2022
Source : émission Là-bas si j'y suis, interview de Frédéric Lordon par Daniel Mermet avril 2021.
Ndlr : n'est plus présente sur yt ACT
Le nouveau livre de Frédéric Lordon, Figures du communisme, est directement tourné vers l’action, ici et maintenant. Face à l’inhumanité du néolibéralisme, face aux désastres engendrés par un capitalisme dont plus personne ne peut douter qu’il est en train de rendre la planète inhabitable, que faire ? Telle est la question à laquelle F. Lordon s’efforce de répondre. Par un exercice de méthode et de conséquence – à rebours du règne du déni et de l’inconséquence.
Dans cette discussion avec Julien Théry, F. Lordon revient sur « les impératifs directeurs d’une autre organisation sociale » qu’il s’est efforcé de définir. Il s’agit de relever chacun de la précarité, de l’inquiétude de la subsistance, en créant une « garantie économique générale », selon l’idée de « salaire à vie » proposée par Bernard Friot. Il s’agit aussi d’abolir la subordination au travail. Il s’agit enfin de déterminer collectivement et se tenir à des limites quantitatives et qualitatives de la production à même de permettre la préservation de l’environnement tout en maintenant une qualité de vie acceptable pour tous.
Mais pour faire advenir ce régime politico-économique tout autre que celui du capitalisme, auquel il n’y a pas d’autre nom à donner que celui de communisme, encore faut-il que la nouvelle organisation soit vue comme « collectivement désirable » – sans quoi elle n’a aucune chance d’être « politiquement viable ». Les « figures du communisme » que Frédéric Lordon présente dans son livre et dans cet entretien, parce qu’elle renouent avec l’objectif de la politique, qui est de vivre bien, sont propres à « défaire l’imaginaire négatif dont l’idée de sortir du capitalisme, pour ne rien dire du mot communisme lui-même, a été surchargée ».
Certes, il faudra déterminer ensemble ce qui est réellement nécessaire, de façon à ne plus abandonner la production « à la croissance spontanée et anarchique de la division du travail sous la conduite aveugle et folle de la valeur d’échange ». Mais en perdant les « colifichets » par lesquels le fétichisme de la consommation fait un peu oublier la pauvreté de l’existence en régime néolibéral, (« Iphone 15, etc. »), on peut gagner « la tranquillité matérielle pour tous, de vastes services collectifs gratuits, une nature restaurée, et, peut-être par-dessus tout, le temps ». Soustraire la production à la dictature de la croissance, du taux de profit et des dividendes, cela n’implique en rien d’empêcher les libres propositions privées, bien au contraire. Le vrai luxe, celui que seul un virage communiste peut offrir à tous, c’est celui d’être en mesure de faire les choses que l’on désire faire – tout en faisant bien, et pour le bien commun, celles que les nécessités de l’économie (de la reproduction matérielle) continueront de contraindre à faire.
Connue / https://twitter.com/LeMediaTV/status/1419334125849399302
"Le Média @LeMediaTV · 7h - 10 - 53 - 97"
L’éco à contre-courant Entretien
Entretien avec Frédéric Lordon, économiste et philosophe, à l’occasion de la sortie de son ouvrage Figures du communisme. Une réflexion autour de la fermeture de l’espace social-démocrate, de sa vision du communisme et de la convergence des luttes.
Mots-clés Capitalisme communisme Frédéric Lordon
...
Pour lui, la conjonction d’une crise organique au sens gramscien du terme et de la transition écologique rend impossible toute tentative d’aménagement du processus d’accumulation capitaliste
...
Selon lui, « l’espace intermédiaire de compromis négocié » qui était le « lieu de la social-démocratie » s’est refermé
...
pour définir son « communisme », Frédéric Lordon s’inspire très fortement des idées de Bernard Friot, notamment de son idée de « salaire à vie », rebaptisé « garantie économique générale ». Cette rémunération à la qualification et non plus à l’emploi permet, selon ces deux auteurs, de libérer les travailleurs du marché du travail et de modifier en profondeur le mode de production. Pour Frédéric Lordon, la rupture est donc fondamentale.
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le luxe « de la camelote » capitaliste laisserait la place au luxe du temps, celui qui permet la création. Ce luxe viendrait compenser la nécessité d’une sobriété nécessaire. Contrairement à ce que pense la doxa libérale, Frédéric Lordon, comme Bernard Friot, défend l’idée que la libération des besoins matériels permettra de développer la créativité. Mais il soutient que, dans certains cas, des « contraintes » seront nécessaires et devront donner lieu à des rémunérations en conséquence.
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tente de définir une position concernant l’articulation entre les luttes ...
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Les deux chercheurs, impliqués dans le mouvement social, débattent sur les thèmes : propriété et pouvoir.
Catégorie Actualités et politique
Transcription : ... Piketty : socialisme participatif ... sortir des pouvirs monarchiques dans les grandes entreprises ... propriété temporaire ...
Lordon : ... réunir les myens de production, logique de l'avance, film les 400 coups ... si pas de contrepartie, pas d'apports privés. On distribue des droits de vote aux salariés, acheter des actions de l'entreprise ...faire oublier l'image du producteur-salarié au profit de ... s'interroger sur les conditions ... la radicalité est bien en haut. Social démocrate rendu impossible ... /position psychique déterminés à ne plus rien lâcher, plus d'espace intermédiaire de négociation.
TP : plafond à 10 % des droits de vote change tout.
FL : sortir des méchantes habitudes des habitants cf bernard friod proposition macroscopique : remplacement par la propriété sociale d'usage. le salaire à vie, reconnaissance incouditionnelle. affranchit à la plaie de la soumission de l'emploi. socialisation intégrale.
TP : /orga de la prod un pouvoir supplémentaire à l'apporteur de capital est normal. / petit héritage des projets coopératives, lucratif ou autre.
FL :penser l'articulation entre petites et grandes entreprises. Les apports privés sont interdits. La tpe reste dans la grammaire du capital. Le rapport social mobilisé est l'association.
TP : a infinité de projets, de tailles, etc. Donc ne pas être dogmatiques. /urss criminalisation des petites boites dans les années 20. ... petite propriété privée encadrée peut émanciper.
FL dépassable par la propriété sociale. son système est indépendant du pj. ... quelle advenue spontanée ? 0 !
Anim : la prise de pouvoir.
TP : le changement n'est jamais spontané. révolutions, conflits, crises, etc. conflictualité nécessaire mais pas suffisante. /rapports de force a impact sur le chgt. En 2017, j'ai pris parti, mais j'ai jamais conseillé. /Hamon /europe proposer des nouvelles orga entre états si chgt traités. En débattre. Sinon le RN ! internationalisme idéal. solidarité se construit.
FL : partage préoccupation du lendemain de grand soir. /épisode révolutionnaire chinois. /contemporain croit à l'inanité tendancielle /violence sociale n'est plus accomodée. /Traités ya des plans derrière. Le brexit est pourri. augm budget européen. souveraineté populaire concept de la démocratie ; dire que pb du verrou des traités actuels tout de suite. Constitutionnaliser les politiques économiques.
TP : /libre circulation des capitaux sacralisée ; cahuzac sentiment d'impunité ; sortie unilatérale ! idem / taxation des multinationales faire payer la différence / pousser à la coopération fiscale /changer les rapports de forces. Mais proposer les nouveaux traités tout de suite à côté.
Conclusion :
FL : /traités alternatifs => rapports de force ; l'uem peut faire toucher terre tout état ; proposition : préciser le périmètre dedans. Ne croit pas que ce soit possible. => sorties unilatérales. Croit à l'émulation.
TP : /grèce les reproches à l'allemagne et la fr qui n'a rien fait. /Histoire ne jamais repayer dettes publiques. Le japon idem. annuler les dettes a été possible et est encore nécessaire.
... de la même manière qu’elle pourrait dire qu’elle n’est pas à vendre, la société aujourd’hui dit qu’elle n’est pas à manager. Et que le retrait de l’âge-pivot qui a si vite donné satisfaction à tous les collaborateurs ne fera pas tout à fait le compte. ...
Connu / https://framasphere.org/posts/8574473
Intervention lors de l'Assemblée du 14 mars Bourse du Travail à Paris
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-> https://www.youtube.com/watch?v=wjYwlNN0DlI
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Fin du grand débat, début du grand débarras ! Frédéric LORDON Bourse du Travail Paris 14/03/2019 - Ajoutée le 15 mars 2019 / ERC Vidéo
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Intervention de Frédéric LORDON (économiste & philosophe) à la Bourse du Travail de Paris le 14 mars 2019 dans le cadre du colloque "Fin du grand débat, début du grand débarras ! "
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Actualités et politique
232 commentaires
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Transcription :
... appelle à la grève générale
Que faire quand les choses vont mal ? Des appels bien sûr. Pour demander qu’elles aillent mieux, naturellement. C’est important que les choses aillent mieux. En tout cas c’est important de bien dire qu’on en est préoccupé. Le climat, par exemple, ça va vraiment mal. Les migrants, n’en parlons pas (voir « Appels sans suite (2) »). En même temps, ça permet de faire des appels.
"Lire aussi , « Comment éviter le chaos climatique ? », Le Monde diplomatique, novembre 2015. "
On peut sans doute tenir pour un signe d’époque que les appels à grand spectacle se multiplient ainsi, signe dans lequel il entre que tous ces appels reçoivent la bénédiction des grands médias, portage direct ou bien relais empressé de Libération ou du Monde, onction des revues de presse audiovisuelles, etc. Signe, ou plutôt symptôme quand on sait en général que l’endos de ces titres est davantage une attestation d’innocuité qu’autre chose. Se peut-il en effet que ces médias se mettent à donner accès à quelque message qui menacerait si peu que ce soit l’ordre des choses ? Il faudrait que le monde ait changé de base. Or, aux dernières nouvelles, il n’a pas. Ce qui en dit peut-être moins sur les lieux qui publient les appels que sur la nature des appels qui y sont publiés. Et la consistance réelle de ceux qui les écrivent.
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Quinze mille scientifiques alignés derrière le tocsin à la fin du monde annoncée dans Le Monde — l’autorité se joignant à l’autorité. Mais, à l’automne 2017, Le Monde contemple avec une légitime satisfaction le fruit de ses efforts à faire élire Macron, aime à croire que la promesse de « make the planet great again » le confirme dans la justesse de son soutien — accessoirement explique au même moment tout le bien qu’il faut penser de la démolition par ordonnances du Code du travail, les entreprises ne créent-elles pas l’emploi et n’ont-elles pas besoin d’agilité pour le créer encore mieux ? Et Le Monde ne voit pas le problème. Le climat c’est important, mais l’agilité c’est nécessaire. Du reste, ne sont-ce pas deux questions tout à fait distinctes et Le Monde n’est-il capable de penser deux choses différentes en même temps ?
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On se demande combien de temps encore il faudra pour que ces appels à sauver la planète deviennent capables d’autre chose que de paroles sans suite, de propos en l’air et de mots qui n’engagent à rien — pas même à articuler le nom de la cause : capitalisme.
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À cet égard la catégorie d’« anthropocène » s’est montrée d’une fameuse utilité (3). Car voilà : le changement climatique, c’est la faute de l’« homme ». L’« homme en général », qui ferait bien d’ailleurs de trier ses déchets et de fermer ses robinets. Il faudra encore un peu de temps pour que, selon le vœu d’Andreas Malme (4), on en finisse avec cette ineptie de l’anthropocène et qu’on nomme vraiment les choses : capitalocène. Ce qui détruit la planète, ça n’est pas l’« homme » : c’est le capitalisme.
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les industries de la communication pourraient consommer à elles seules 20 % de la production d’électricité mondiale d’ici 2025 et s’attribuer 3,5 % des émissions de carbone (6). Mais le magnat du cloud est un « homme », qui plus est de « bonne volonté », il devrait donc de lui-même, confronté à l’évidence, réorienter aussitôt Amazon dans une stratégie de décroissance responsable.
C’est d’ailleurs là le mot magique : pour ne pas avoir à dire « capitalisme », il suffit de dire « décroissance » ou, si la chose sent encore un peu trop le macramé, « post-croissance ».
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il y a de quoi rire longtemps en effet à l’idée que l’Union européenne, franchise régionale de la mondialisation néolibérale, c’est-à-dire, nous pouvons maintenant l’affirmer, de la formation sociale la plus toxique à l’échelle de l’humanité, pourrait d’elle-même se faire l’exact contraire de ce qu’elle est, pourrait déchirer ses traités, renoncer à sa dogmatique de la déréglementation, à sa vocation réelle qui est de pousser tous les feux du capitalisme, comme d’ailleurs, accordons-le lui, tous les dirigeants nationaux de ses États-membres, Macron en tête, fondé de pouvoir du capital, à qui l’idée de décroissance doit faire l’effet d’une énorme blague de fin de banquet arrosé, dont la réalité des intentions en matière de « faire la planète grande again » est maintenant assez bien documentée, au point que même le vendeur de gel douche qui lui a servi de ministre de l’écologie, normalement réputé parfaitement inoffensif, en a jeté l’éponge de dégoût.
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« Vert », comme « Durable », sont les noms mêmes de l’escroquerie en matière d’écologie, la bouffonnerie de l’écologie ralliée au capitalisme
pour agir avec l’urgence qui éviterait de tous griller, il va plutôt falloir passer sur le corps de certains gars
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comme ils ne lâcheront pas tout seuls l’affaire de leur vie, il va bien falloir la leur faire lâcher.
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Clés :
Climat Presse Médias Science Politique Idéologie Capitalisme Environnement Géopolitique Néolibéralisme Union européenne
ndlr : Commentaire posté à
https://blog.mondediplo.net/appels-sans-suite-1?debut_forums=200#forum228481
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Julien Delalande (21 octobre @03h53)
Appels sans suite (1) ? ça dépent pour qui !
Merci à une amie médiatrice de m’avoir fait lire ce texte brillantissime dans lequel je me retrouve pleinement.
Mais alors, justement, que proposez-vous Frédéric, et vous qui me lirez ?
Vous, je ne sais pas, mais moi, je sais !
Rejoignez le LANCEMENT DE L’OPÉRATION MÉDIATION DE L’URGENCE CLIMATIQUE :
http://mediation.internetrie.fr/spip.php?article79
Car ces putains de capitalistes, il va bien falloir les cadrer et les faire obtempérer... Il faut donc s’en donner les moyens car ça ne va pas se faire tout seul à l’échelle de la planète...
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