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Entendez-vous l'éco ?
Par Aliette Hovine
Adrien Bilal est lauréat du prix du meilleur jeune économiste 2026. Ses travaux portent notamment sur l'impact économique du réchauffement climatique.
Avec Adrien Bilal, Professeur assistant à l'Université Stanford, lauréat du Prix du meilleur jeune économiste 2026
Adrien Bilal, 35 ans, est lauréat du prix du meilleur jeune économiste 2026, décerné par le journal Le Monde et le Cercle des économistes. Après un parcours universitaire en France, il poursuit son cursus aux Etats-Unis, où il est désormais professeur assistant à l'Université Stanford.
Effets macroéconomiques du réchauffement climatique : passer à l'échelle globale
Dans un article co-écrit avec Diego Känzig, Adrien Bilal montre qu'un réchauffement d'un degré supplémentaire à l'échelle planétaire entraîne une chute de l'ordre de 20% du PIB mondial. Un résultat auquel il aboutit en s'appuyant sur les sciences du climat, et en dépassant le seul facteur de la température locale : "les sciences du climat nous expliquent que le changement climatique, c'est une transformation extrêmement profonde du système climatique. Et elle n'a pas forcément tout à voir avec le fait qu'il fasse chaud chez vous aujourd'hui. Et donc, nous avons essayé d'incorporer ces idées-là à l'analyse économique, ce qui nous a fait arriver à ce chiffre de plus de 20% de pertes de PIB par degré de réchauffement".
Les mathématiques au service de la recherche sur le réchauffement climatique
Au-delà de mobiliser les sciences du climat, Adrien Bilal intègre de nouveaux outils mathématiques dans la recherche économique sur le réchauffement climatique, qui était jusqu'ici assez peu mathématisée. Celui qui a commencé sa formation par l'étude des mathématiques et de la physique s'inspire notamment "de ce que beaucoup de chercheurs en mathématiques français font, et qu'on appelle les jeux à champ moyen". Une démarche qui permet "d'incorporer des effets très granulaires, par exemple au niveau des comtés américains, des vagues de chaleur, des tempêtes côtières, afin d'analyser vraiment comment l'économie s'adapte aux impacts climatiques". Le lauréat précise tout de même que mobiliser les mathématiques est une manière parmi d'autres de devenir économiste : "on n'a pas besoin d'aller écouter des séminaires sur les jeux à champ moyen pour devenir économiste. Il y a plein de façons différentes de faire de l'économie, et elles ont toutes énormément de valeur".
Pour aller plus loin
- Adrien Bilal et Diego Känzig : The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global Versus Local Temperature Ouverture dans un nouvel onglet (The Quarterly Journal of Economics, 19 février 2026)
Références sonores
- Emmanuel Fahri dans "Les carnets de l'économie" sur France Culture, le 3 juin 2013
William Nordhaus Ouverture dans un nouvel onglet, lauréat du prix Nobel d'économie, en 2020
Références Croissance économique Économie Sciences et Savoirs Environnement Climat
Reproduction d’une femme de Néandertal ayant très certainement occupé les grottes des Asturies (Espagne) Musée archéologique national de Madrid ©Getty - Cristina Arias
Parfois décrites comme des femmes passives, cantonnées au foyer, encombrées d’enfants et parfois, à l'inverse, comme des femmes émancipées, chasseuses, fortes : que nous disent véritablement les données archéologiques des femmes de la préhistoire ?
Avec Anne Augereau, protohistorienne, archéologue à l’INRAP. Elle enseigne dans les universités de Paris 1, Paris Nanterre, de Bourgogne, à l’École du Louvre et à l’EHESS.
Depuis le début du XXe siècle, les sciences humaines (anthropologie, sociologie, histoire, philosophie) ont analysé la domination masculine comme un phénomène social quasi-universel, structurant les rapports de pouvoir entre les sexes. Elle vise à maintenir les femmes sous l'autorité des hommes dans une relation hiérarchique.
Anne Augereau, dans son ouvrage "Une préhistoire des femmes" publié aux éditions La Découverte, adopte une posture objective sur la condition des femmes dans la Préhistoire. Elle revient sur les discours actuels qui dépeignent la femme préhistorique comme libre, égale de l’homme. Si ces discours peuvent être plaisants, ils sont selon elle infondés. Ces visions sont le fruit de fantasmes contemporains.
A quand remonte la domination masculine et le patriarcat ?
Analyser les preuves matérielles du genre disponibles (outils, sépultures, pathologies osseuses…) permet d'obtenir un aperçu de la condition des femmes de la Préhistoire. Si, dans la plupart des cas, les preuves sont insuffisantes ou trop fragmentaires pour conclure, trois "invariants" sont identifiés : des indices récurrents, qui suggèrent une hiérarchie genrée très ancienne.
Dès l’époque de Néandertal, les hommes et les femmes exerçaient des activités distinctes. Les données osseuses révèlent que les hommes présentent une plus forte asymétrie musculaire du bras droit, signe d’activités unimanuelles répétées. Les femmes, en revanche, montrent des signes d’activités bimanuelles. Leur mobilité quotidienne était aussi moindre, comme le suggère la forme des os des jambes. Cette répartition n’est pas neutre : elle traduit une hiérarchie d’accès aux moyens de production, et donc une domination masculine par le contrôle de ces outils.
Les armes létales semblent également relever du monopole des hommes. Elles sont majoritairement associées aux tombes masculines. Les hommes portent aussi plus souvent des traces de blessures. Ce contrôle des moyens de la violence donne aux hommes une position dominante.
Enfin, dès le Paléolithique moyen, les femmes procréent significativement plus jeunes que les hommes et ont plus d’enfants. Cette précocité suggère une volonté sociale d’exploiter au maximum la période fertile des femmes, les "immobilisant" par le mariage et la maternité. Les responsabilités maternelles, combinées à des unions précoces, ont probablement encadré fortement la vie des femmes préhistoriques.
La domination masculine serait un invariant de l’histoire humaine, observable dès 300 000 ans avant notre ère. Mais elle n'est probablement pas uniforme : son intensité varie selon les groupes.
À écouter
Marylène Patou-Mathis : "La Préhistoire est plurielle, ce sont des sociétés préhistoriques"
Le Grand portrait
19 min
Les implications de l'archéologie du genre aujourd’hui
Les conclusions d’Anne Augereau ne font pas l’unanimité. D’autres archéologues soulignent la diversité des sociétés préhistoriques. Certaines sociétés étaient peut-être matrilinéaires, voire égalitaires. Si la domination masculine est si ancienne, est-elle immuable ? L'humain est une espèce culturelle, capable de modifier ses structures sociales. L’ancienneté d’un trait ne le rend pas inéluctable. La lutte féministe, en connaissant les racines profondes du patriarcat, peut se révéler plus efficace.
Un "troisième genre" ?
Certaines découvertes archéologiques restent en suspens : pourquoi certaines femmes avaient-elles un statut particulier ? Pourquoi certaines portaient-elles des vêtements ou des armes masculins ? Pourquoi quelques individus seulement, et non tous ? Ces cas suggèrent l’existence d’un « troisième genre », mais les preuves manquent pour en tirer des conclusions. Ces interrogations ouvrent des pistes de recherche essentielles, encore inexplorées.
Clés : Environnement Société Sciences et Savoirs Égalité femmes-hommes Biodiversité Histoire Préhistoire Homo sapiens Sexisme Féminisme
Tr.: ...
/division sexuelle du travail, signe fort de la domination masculine les hommes qui font la guerre ... indices convergent ... la boussole, les vestiges, poser des questions ...
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Dans ce nouveau numéro de “Au Cœur de l’Actu”, On parle d’une affaire qui embarrasse le gouvernement Bayrou. Trois ministres dans la tourmente ! Élisabeth Borne, Catherine Vautrin et Yannick Neuder, respectivement ministres de l’éducation nationale, ministres de la santé, et ministre délégué à la santé et à l'accès aux soins; Tous les trois sont directement visés par une plainte déposée devant la Cour de justice de la République pour « harcèlement moral » et « homicides involontaires ». Cette action en justice a été collectivement lancée par 19 personnes, des soignants, des directeurs d’hôpitaux, des familles de soignants à l'hôpital public, dont certains, victimes de harcèlement, ont mis fin à leurs jours. C’est une véritable “épidémie” de suicides que dénoncent ces personnes et aussi une gestion politique propice à poursuivre la casse d’un système, une politique d’austérité du gouvernement qui continue de briser l'Hôpital public dans un contexte post-Covid déjà catastrophique. Il n’y a pas de statistiques officielles sur les suicides à l’hôpital, mais en 2022, l'association SPS, Soins aux Professionnels de Santé, estimait qu'environ trois professionnels de santé se suicident tous les deux jours, soit environ 550 par an… Des chiffres qui pourraient même être sous-estimés. On en parle tout de suite avec nos invités : l’avocate Christelle Mazza, qui a porté cette plainte collective devant la Cour de Justice de la République, et le médecin urgentiste et Conseiller régional Christophe Prudhomme.
Visibilité Publique Publié originellement 18/04/2025
Catégorie Actualité & Politique
LicenceInconnu LangueFrançais Étiquettes Durée 57min 15sec
Aucun commentaire.
Tr.:
... néolibéralisme ... on a transformé l'hôpital en entreprise ... on ment au citoyen ... médecine de classe ... déserts médicaux ... suicides chez les pompiers ... désastre absolu ... médiatiser, faire des actions judiciaires ... trahison du service public comme France Telecom ... monter un collectif intraprofessionnel ... groupe ensan? famille Bettencourt ... on n'a pas besoin des complémentaires, la vie nous a donné raison : la santé, l'école pour nos enfants ... retour d'expérience ... pb de moyens et d'organisation pas de dette ... Caen, signalement par défaut de moyens ... pb systémique ... on exploite le dévouement des soignants ... et souffrance des magistrats ... on ne peut pas être maltraités ainsi par les politiques, la colère est là ... redonner de l'espoir aux gens ... qui aurait imaginé en 1944 qu'on aurait la sécu en 1945 ? ... combattre le désespoir, ne pas lâcher.
Écrit par Lucie Cecconi , Mathieu Maillet et Luc Barré
Publié le 20/10/2024 à 12h11
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deux principes :
- L’échange ou la substitution de ressources ;
- La mutualisation de moyens et de services.
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En France, les premières démarches d’Écologie Industrielle et Territoriale se sont structurées dans les années 1990, mais aujourd’hui, on en compte 186 dans toute la France.
Dans le Poitou-Charentes, on en compte dix : quatre en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres et deux dans la Vienne. Aucun projet pour l'heure en Charente ...
Connu / TG le 20/10/24 à 18:55
🐋 Canicule marine : 20,96° C, nouveau record mondial de température à la surface des océans
L’observatoire européen Copernicus annonce avoir mesuré un nouveau record mondial de température à la surface des océans cette semaine, avec 20,96 degrés en moyenne
Article : 4 minutes
Connu / TG le 07/08/23 à 11:14
Les stations de sports d'hiver de moyenne montagne traversent une crise à cause du manque d'enneigement et du changement climatique. ...
Connu / TG le 19/02/23 à 11:02
Quelle est la réelle implantation des forces de gauche dans les zones dites périphériques, cette France des villes moyennes ?
Thibault Lhonneur
Les séquences électorales de 2022 témoignent-elles d’un renouveau politique autour de la Nupes ou de dynamiques qui condamneraient la gauche à regarder la politique se faire sans elle ? Quelle est la réelle implantation des forces de gauche sur le territoire national, et dans les zones dites « périphériques » en particulier ? Thibault Lhonneur, conseiller municipal de Vierzon (Cher), analyse le vote de cette France des villes moyennes, des sous-préfectures, à laquelle la gauche ne semble plus réussir à parler.
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Connu / TG le 15/12/2022 à 9:26
Laurence de Nervaux : les abstentionnistes "sont autant sensibilisés que la moyenne des Français à l'écologie"
Laurence de Nervaux directrice du think tank Destin commun, co-autrice avec Raphael Llorca de l'enquête "Dans la tête des abstentionnistes" en partenariat avec la fondation Jean Jaurès est l'invitée de 6h20.
Résumé de l'étude à https://www.jean-jaures.org/publication/dans-la-tete-des-abstentionnistes-a-lecoute-de-ceux-qui-se-taisent/?post_id=34941&export_pdf=1
Cela fait des années que rien ne change. Que dans chaque structure c’est toujours le même constat : surcharge de travail, manque d’effectif, manque de temps, manque de moyens, manque d’humanité pour certaines structures. Il serait temps que nos corps de métiers soit revalorisé non seulement en moyens humains proposés mais aussi en moyens matériels et en moyens financiers.
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Ce témoignage nous a été envoyé suite à la publication d'un appel à témoignage. Appel à témoignage : travail et deuxième vague
Si vous avez envie de raconter ce que vous vivez au travail, quelque soit votre métier, votre secteur d'activité, écrivez nous à l’adresse suivante : contact@violencedutravail.com
mots-clés aidesoigante covid manquedemoyens Témoignage Travail violencedutravail
-> http://www.violencedutravail.com/
https://twitter.com/ViolenceTravail
Ludovic Arnold a retweeté coulmont @coulmont · 2 déc.
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MOYENNE DE ~1500 morts par jour
Catégories : Féminisme / Genre/ Rapports sociaux de sexe, Moyen Orient
Des militantes saoudiennes des droits de l’homme détenues dans leur pays seraient soumises à des abus d’ordre sexuel, selon l’avocate britannique Helena Kennedy. Dans un rapport de 40 pages intitulé « Une souillure sur les dirigeants mondiaux et le G20 en Arabie saoudite : la détention honteuse et la torture des femmes saoudiennes », Helena Kennedy détaille les violences employées par […]
Global temperature change (1850 - 2017)
Connu / https://avenirclimatique.org/energieclimat/
Étude systématique des interactions entre la technique et la culture, la médiologie s’intéresse aux moyens de transport du sens, dans l’espace et dans le temps. Car si la communication fait circuler l’information entre les contemporains dans l’espace, la transmission (au sens de transmission d’un patrimoine) la fait circuler dans le temps, entre les générations – à sens unique, il est vrai…
Pas besoin de médium (spiritiste) ni de tables tournantes pour faire parler et agir les morts : les dispositifs (médiologiques) de la transmission y pourvoient le plus banalement du monde. Comme le dit un médiologue un peu tourmenté : « chaque fois que je fais parler un mort (en le citant), je ne peux m’empêcher de penser qu’un mort est en train de me faire parler… ».
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Notre stratégie paye. Les 19 000 amendements que nous avons déposés ne sont pas de l’obstruction. Il sont un outil pour forcer un vrai débat à l’Assemblée sur le projet de réforme du gouvernement. Sans eux, de nombreux sujets n’auraient pas été dévoilés en commission spéciale. Vendredi après-midi, j’ai déclenché par une simple question un débat de deux heures qui en dit long sur le saut dans l’inconnu que représente la réforme pour des millions de français.
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la fabrication d’un indicateur n’est pas neutre
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Notre présence et notre bataille ligne par ligne contre le projet de loi a jeté la lumière sur cette entourloupe. Elle révèle l’ampleur des inconnues sur lesquelles repose cette réforme des retraites. La valeur du point n’est pas connue. Son évolution repose sur un indicateur inexistant. Sauf dans le cas, non défini, où le conseil d’administration du futur système en décide autrement. Nos amis belges, qui sont venus à bout d’un projet de réforme similaire ont bien raison : la retraite à points, c’est la retraite tombola.
Repris à https://www.youtube.com/watch?v=b6xTmL04YDQ
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RETRAITES : Ce revenu moyen par tête qui... n'existe pas ! - •11 févr. 2020 / JEAN-LUC MÉLENCHON
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Lors de la tenue de la commission spéciale retraites de l'Assemblée nationale du vendredi 7 février 2020, Jean-Luc Mélenchon a levé un lièvre de taille ! La valeur du point de la retraite voulue par Macron sera définie par un indicateur... qui n'existe pas encore ! Il s'agit du « revenu moyen par tête » qui devra être défini par l'INSEE mais validé par un décret en conseil d'État, le tout devant aussi servir pour définir l'équilibre financier du nouveau régime de retraite. Un imbroglio complet mis au jour par Jean-Luc Mélenchon et les insoumis.
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Invité en plateau sur LCP dans l'émission "Ça vous regarde" pour débattre de la question des moyens dans la police.
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Beatrice Mirabel il y a 10 heures
Je pense qu'il est urgent de faire quelque chose pour ces pauvres forces de l'ordre. Après qu'on aura sauvé les urgences, les hôpitaux, les maternités, les logements sociaux, les SDF, les pompiers, les écoles communales....................... OK!
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À l'occasion du meeting commun qu'ils tenaient le 10 avril 2019 à Amiens avec Manon Aubry et Evelyne Becker, Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin ont décidé de tourner ensemble un numéro spécial de la « Revue de la semaine » et du « Bulletin de Ruffin ». Le centre de leur discussion : les révolutions en France du Moyen-Âge au mouvement des Gilets jaunes, en passant, bien sûr, par la grande Révolution de 1789. Et aussi quelques livres qu'on vous laisse découvrir ;).
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Le mouvement des Gilets jaunes est remarquable, à bien des titres, spécialement parce que les aspirations à plus de justice sociale y apparaissent fortement associées à l’attente d’une transformation profonde de la démocratie, dans toutes ses dimensions. Le système institutionnel bien sûr, mais aussi la représentation de toutes les catégories sociales, ou encore les formes multiples de la participation démocratique et la prise en charge d’intérêts structurellement marginalisés sont questionnés.
Nous, chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales assemblé·e·s au sein du Groupement d’intérêt scientifique « Démocratie et participation », sommes interpellé·e·s par ce que nous interprétons comme un appel à une république plus « participative » et par des pratiques qui s’attachent d’ores et déjà à la mettre en œuvre au quotidien, entre citoyennes et citoyens. Sans être formulé dans ces termes – la démocratie participative n’étant pas explicitement revendiquée – cet appel prend cependant forme au croisement de propositions plus ou moins creusées qui s’y rattachent fortement : assemblée citoyenne, référendum d’initiative populaire, débats décentralisés. Ces revendications démocratiques, leur émergence comme leur structuration via l’usage des réseaux sociaux ou l’organisation d’assemblées populaires, témoignant d’une profonde défiance à l’égard de la représentation et d’une aspiration à l’horizontalité, ne sont pas en elles-mêmes nouvelles. Ce qui est plus original, c’est qu’elles ne sont pas portées par le petit cercle de leurs promoteurs habituels. Autrement dit, alors que nous observons et contribuons depuis des années à des expériences participatives souvent pensées et pratiquées du haut vers le bas, une forme de demande sociale s’exprime sous nos yeux.
Il serait tentant d’annoncer aux Gilets jaunes que les dispositifs participatifs ne manquent pas et que nous sommes prêt·e·s à leur en livrer le mode d’emploi. Ce serait pourtant contraire à notre posture de chercheuses et chercheurs en participation, et présomptueux, de considérer que les réponses institutionnelles et procédurales aux attentes démocratiques des Gilets jaunes existent, que nous n’avons pas besoin de leurs propositions et qu’il suffirait d’élargir ou de généraliser ce qui se fait déjà. De surcroît, l’aspiration à une vie démocratique ne saurait être enfermée dans quelques solutions procédurales vite digérées. D’autant moins que de multiples expériences participatives, aussi étudiées et renseignées soient-elles, montrent d’importantes limites tant dans leur capacité à élargir le spectre de « ceux qui participent » que dans leur influence réelle sur les décisions. Par contre, l’observation et l’étude de ces dispositifs, que les chercheuses et chercheurs réuni·e·s au sein du Gis mènent depuis plusieurs années, peuvent fournir de précieux éléments sur les opportunités mais aussi sur les risques de ce qui va se construire dans les semaines et les mois qui viennent.
Prise au sérieux, la participation conduit d’abord à ouvrir de vraies possibilités de débats pluralistes, d’interpellation et de proposition pour les citoyennes et citoyens, et à garantir leur indépendance en dehors des échéances électorales. Cela peut concerner l’ensemble des politiques publiques (notamment économiques, fiscales et monétaires), et ce à tous les niveaux. Elle conduit ensuite à reprendre à nouveaux frais la question de l’articulation de cette démocratie participative avec la démocratie représentative, dont les limites sont bien établies à tous les échelons territoriaux, de la commune à l’Europe. De plus, la participation ne saurait conduire à délégitimer les autres formes d’expression ou d’expérimentation démocratiques, y compris celles qui s’expriment sur un mode radical. Nos recherches montrent à cet égard que la vitalité des formes plus conflictuelles d’interpellation est bien souvent une condition d’épanouissement des dispositifs participatifs comme d’aboutissement de décisions mieux ajustées à l’état réel de notre société. Enfin, pour être crédible, la concertation à venir doit s’entourer de toutes les garanties désormais bien identifiées (marges de manœuvre politique, moyens financiers et humains cohérents, animation neutre et indépendante, calendrier réaliste…). La réunion de ces conditions suppose à minima l’assurance de la transparence des échanges et un contrôle démocratique sur le traitement, les synthèses et les comptes rendus de l’immense matériau qui sera rassemblé, ainsi qu’un retour sur l’usage qui en sera fait dans les décisions publiques, justifiant ce qui est gardé ou non des propositions faites dans le débat.
Au-delà de cette expérimentation à laquelle nous sommes prêt·e·s à contribuer, nous réaffirmons l’urgence sociale, politique et environnementale d’une vie démocratique, parce que celle-ci conditionne la capacité de nos sociétés à aborder de front les déchirures qui la traversent et à relever les défis à venir.
La direction collégiale et le Conseil scientifique
du Gis Démocratie et Participation
ndlr :
- connu / Loïc Blondiaux @LoicBlondiaux https://twitter.com/LoicBlondiaux/status/1073896519076667392
- de nombreux attributs de la médiation sont présents.
- ne serait-ce pas une manière de tirer la "couverture" "gilets jaunes" à eux ? => questionner ACT