53 minutes - Clés : Sciences indiens Amazonie
A la fin des années 1970*, l’anthropologue Philippe Descola est allé à la rencontre d’un peuple amérindien peu connu à l’époque : les Achuar. Les trois années qu’il a passé avec eux ont ensuite nourri sa réflexion sur les liens qu'entretiennent les humains avec les autres êtres vivants dans les différentes cultures.
Un Indien de Jivaro en Equateur. Chez les Jivaros Achuar de l'Amazonie. © Getty / Francois ANCELLET / Contributeur
Ils vivent aux confins de l’Équateur et du Pérou, dans la forêt amazonienne. Ces amérindiens font partie des Jivaros. Eux préfèrent se dénommer Achuar , les Gens du Palmier d’eau. Lorsque l’anthropologue Philippe Descola décide d’aller à leur rencontre, accompagné de son épouse Anne-Christine Taylor, en 1976, on sait peu de choses de ces hommes et des ces femmes que certains surnomment "les réducteurs de têtes". C'est surtout cette appellation qui est bien réductrice.
Pendant 3 années Philippe Descola a vécu avec les Achuars dans la forêt amazonienne. Une longue enquête ethnographique qu’il raconte dans un ouvrages intitulé « Les lances du Crépuscules » aux éditions Terre Humaine.
Après ce voyage fondateur toute sa vie l’anthropologue s'est intéressé aux rapports qu'entretiennent les humains avec leur environnement, les animaux et les plantes. Les théories qu'il a développées ont marqué sa discipline et lui ont valu la médaille d'or du CNRS.
Pour aller loin Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss, paru chez Plon en 1993
L'invité
Philippe Descola est anthropologue et ethnologue. Il a publié Les Lances du crépuscule en 1994 (éditions Plon) et occupe actuellement la chaire Anthropologie de la nature au Collège de France.
Rediffusée le samedi 30 mai 2020 https://www.franceinter.fr/emissions/du-vent-dans-les-synapses/du-vent-dans-les-synapses-30-mai-2020
Transcription :
... animaux, plantes, des personnes ...
=> valoriser cette vision des êtres (universaliste du vivant ?) ACT
Depuis le début de la crise sanitaire, la science est omniprésente dans l'espace public. Et c'est une nécessité dans la période. Épidémiologie, virologie, immunologie, infectiologie : il faut produire savoirs et éclairages nouveaux.
Mais à quel titre les dirigeants politiques font-ils appel à la science ? Pour éclairer leurs décisions ? Pour déléguer aux scientifiques la prise de décisions ? Pour recrédibiliser une parole publique discréditée ? Ou bien pour déguiser en mesures nécessaires et raisonnables des décisions déjà prises ?
Certains voient dans la situation présente - celle de l’état d’urgence sanitaire - un déséquilibre entre l'exigence démocratique et l'exigence d'expertise. Il est vrai qu'au moment où le président nommait un Conseil scientifique pour lui faire des recommandations sur la gestion de la crise, le Parlement était court-circuité par le gouvernement.
L’hypothèse d’une dérive de la République vers un "gouvernement des scientifiques" semble exagérée. En effet, le Conseil scientifique donne clairement sa position tantôt dans ses avis tantôt par la voix de son président à l'Assemblée nationale : la science conseille, la politique décide. On a d'ailleurs vu le Conseil se démarquer du gouvernement en soulignant le caractère politique de la décision de rouvrir les écoles.
Pour autant, la question de savoir qui décide et en qui il faut avoir confiance ne cesse de se poser.
L'affaire du 1er tour des municipales, par exemple, est plus délicate à interpréter. Emmanuel Macron dit avoir suivi l'avis du Conseil scientifique. De fait, dans son avis du 12 mars, celui-ci considérait que maintenir les élections municipales était envisageable puisqu’aller voter n'était pas plus risqué qu'aller faire ses courses (le Conseil “n’identifiait pas d’argument scientifique indiquant que l’exposition des personnes serait plus importante que celle liée aux activités essentielles (faire ses courses)”).
Devant une telle retenue on pourrait arguer que ces justifications auraient tout aussi bien pu être avancées pour reporter le scrutin : "pas plus risqué" signifie tout de même "risqué", a fortiori si l’on va à la fois voter et faire ses courses.
La décision finale du gouvernement a sans doute été éclairée par l'analyse sanitaire du Conseil scientifique. Mais le gouvernement a surtout utilisé l'avis du Conseil scientifique pour vendre comme sage et scientifiquement fondée une décision déjà prise - décision motivée plutôt par la crainte de voir l'opinion publique soupçonner une manoeuvre en cas d’annulation des élections.
Dans cette affaire, le politique garde donc toujours la main.
Mais du point de vue de l'opinion publique, il est bien difficile de distinguer les moments où la décision politique est sincèrement éclairée par la science, ceux où la science est utilisée pour donner du crédit à un agenda politique, et ceux le politique se déresponsabilise en se défaussant sur le scientifique.
Dans cette perspective il est permis de soutenir que la situation menace peut-être moins la démocratie (par l’avènement d’une "dictature des scientifiques") que les scientifiques eux-mêmes : en les plaçant sur le devant de la scène médiatique et politique, on pourrait encourager le public à les considérer comme étant à la source de décisions mauvaises ou impopulaires. Le centre de gravité de la responsabilité se déplacerait alors, et on finirait par imputer aux scientifiques toutes les erreurs de gestion de l'épidémie.
Le plus grave serait un transfert de responsabilité pénale. Le précédent de L'Aquila est une illustration frappante d’une mise en cause de scientifiques devant la justice. À la suite du séisme meurtrier du 6 avril 2009 dans la région des Abruzzes en Italie, des sismologues avaient été condamnés à de la prison ferme pour homicide involontaire avant d'être finalement, heureusement, acquittés.
Toutefois, en ce qui concerne l’épidémie de Covid-19, le risque qui semble plus plausible est celui d’un transfert de la mauvaise image du gouvernement sur la science et les scientifiques.
Le baromètre de la confiance en politique du Cevipof a mesuré les opinions avant puis pendant la crise sanitaire. Même si le terme "science" n'y est pas défini précisément, cette étude donne les deux résultats suivants :
- pour la science en un sens général et vague, un certain scepticisme se maintient : 47% des sondés estiment qu'elle apporte autant de bonnes choses que de mauvaises choses à l'humanité,
- en revanche l'image des scientifiques en tant que personnes reste bonne : environ 82 % des enquêtés leur font confiance.
On a là une sorte d'énigme : pourquoi sommes-nous sceptiques (et plus que les allemands ou britanniques) à l'égard de la science en général, mais confiants dans les chercheurs eux-mêmes ?
L’effet de la crise sanitaire est à rechercher dans l’analyse plus détaillée de la confiance accordée aux différents relais de la parole scientifique. Luc Rouban du Cevipof note que :
“Le problème de la perception de la science tient à ce que la parole de celle-ci est médiatisée par de nombreux locuteurs. Lorsque l’information provient directement des médecins ou des scientifiques, le niveau de confiance reste haut, ce qui n’est plus du tout le cas lorsque l’expertise est passée par le filtre de la parole gouvernementale. Quel que soit le pays étudié, plus l’information s’éloigne du monde scientifique en tant que tel et plus le niveau de méfiance s’accroît, ce qui se vérifie dès que l’on se rapproche du gouvernement mais aussi des médias et surtout des réseaux sociaux. Mais les changements de comportement sont bien plus contrastés en France.”
La science : victime de la défiance envers le gouvernement ?
Confiance dans les différentes sources d'information
Ce qui confirmerait l'idée qu'une mauvaise image du gouvernement a des effets sur l'image des scientifiques.
De leur côté les médias alimentent sans doute ce climat de méfiance en présentant depuis des années comme “experts” des individus qui ne font en général que relayer la communication des pouvoirs politique ou économique. Le risque pour les scientifiques et les vrais experts est d'être confondus avec ces baratineurs de plateaux.
Pour résoudre l’énigme soulevée plus haut, on pourrait formuler l’hypothèse suivante. Il est probable que quand on interroge les français sur la confiance qu’ils accordent aux scientifiques en tant que personnes, la première image qui leur vienne à l'esprit soit celle de l’honnête chercheur ou chercheuse en blouse blanche devant sa paillasse. Tandis que si on fait porter le questionnement sur “la science”, cela évoquera sans doute aux enquêtés un phénomène social plus global, mélange de recherche, mais aussi d'intérêts économiques, militaires, ou politiques. Et c'est bien ce mélange des genres qui provoque la défiance.
Le scepticisme à l'égard de la science ne sort donc pas de nulle part. Ses causes sont sans doute multiples, mais la défiance envers les élites dirigeantes (particulièrement en France), qui serait transférée sur la science en raison de l’instrumentalisation politique dont elle fait l’objet, joue probablement un rôle important.
Cette perte de confiance dans la science (et la politique) entame malheureusement la capacité du corps social à se défendre contre l'épidémie. D’une part si on veut que la population adopte des "comportements responsables", il faut que les autorités qui le réclament inspirent la confiance et obtiennent la croyance en la légitimité des recommandations. D’autre part si on veut éviter qu'un original puisse susciter tant d'espoirs à partir de protocoles douteux (voir l’enquête du Média ci-dessous sur Didier Raoult), ou pire, que des discours faux, égarants, voire sectaires puissent à ce point captiver de grandes audiences.
Chloroquine, la molécule qui m'a rendu fou - L'agent provocateur (1)
La France se prépare à prendre la vague du coronavirus sans le savoir, et sans s’en inquiéter. Dans le monde d’avant, le virus…
On a plus que jamais besoin d’une science indépendante des puissances économiques et politiques.
...
Science ouverte ! Ce devrait donc être un pléonasme, mais cela fait des décennies que cela ne l’est plus. Comment en est-on arrivé là alors que pendant des siècles la communauté scientifique avait réussi à échanger, à s’organiser à travers de multiples réseaux ?
Quand le privé s’accapare et monétise le savoir
Disons que le coup de grâce est venu de l’archange « bibliométrie ». Les éditeurs privés, non contents de créer, voire de récupérer moult revues, ont forgé des outils comme l’impact factor (indice qui quantifie la qualité d’une revue à partir du nombre moyen de citations de ses articles) ou le H-index (autre indice qui quantifie la réputation d’un chercheur sur la base des citations de ses articles) sur lesquels les scientifiques eux-mêmes se sont précipités pour s’évaluer entre eux.
Magie d’une arithmétique simpliste qui, en dépit de critiques bien étayées, continue d’être utilisée et qui a cadenassé la science en lui fournissant une liste des « bonnes » revues, les plus chères bien sûr dont les abonnements pour 12 numéros peuvent coûter plusieurs milliers d’euros, voire dépasser les 10 000 euros.
Seulement voilà, après avoir demandé aux scientifiques, la plupart du temps payés par les pouvoirs publics, d’écrire leurs articles, de les éditer, de valider gratuitement ceux de leurs pairs, puis de payer pour les lire, les éditeurs ont aussi souhaité faire payer pour publier, simplement en proposant des accès facilités et accélérés à la publication contre rétribution.
Bref, une forme d’asservissement consenti s’est installée, où il fallait passer trois fois à la caisse. Certes, il faut reconnaître le travail et la valeur ajoutée de l’éditeur qui a des compétences propres à la valorisation et à la diffusion de l’activité scientifique : éditer, structurer et diffuser un livre, une revue, une base de données, a un coût et un entrepôt de PDF est loin d’être une revue scientifique. Encore faut-il apprécier et monnayer ce travail à son juste prix, et dans bien des cas, les comptes ne sont plus bons.
Refaire circuler librement les connaissances
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l’évaluation est ainsi reportée sur la seule notoriété d’une revue qui, sans nier sa qualité scientifique, a d’abord ses contraintes éditoriales et financières.
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On voit bien que le système implose et que la science ouverte est désormais une nécessité économique, déontologique et même pragmatique car elle permettra de desserrer le frein qui limite la diffusion large des connaissances acquises, entre scientifiques d’abord et vers un large public ensuite. Toutefois, ne nous leurrons pas, la réponse n’est pas simple car il faut concilier le souhait de cette large diffusion et d’immédiateté avec la nécessité d’une validation.
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une capacité à remettre en cause ce qui était tenu pour acquis, ce qui ne pose pas de problème dans un monde lent, mais qui peut donner l’apparence d’une agitation perpétuelle dans le monde rapide d’aujourd’hui.
Clés : collaboration revues scientifiques connaissance recherche recherche participative science ouverte
4 min
La taille de l’univers et le nombre de galaxies et d’étoiles semblent illimités. Ils sont en tout cas au-delà des capacités du cerveau humain, qui peine à concevoir ces échelles incommensurables.
Réalisation : Clément Morin, Franck Courchamp Production : Lumento, Duck Factory Producteur/-trice : Jérôme Bernard, Olivier Lambert Auteur : Franck Courchamp, Laurent Mizrahi Pays : France Année : 2018
et la suite
2 - Vie unique
3 - Une seconde sur Terre
4 - La feuille qui cache la forêt
5 - Dominations
6 - L'espèce faible
7 - Intelligences
8 - Dans la toile de la vie
9 - Jusqu'au fond de son être
10 - Héritage
*Connue / https://twitter.com/NesrineSlaoui/status/1255306180618002434
"
Nesrine Slaoui @NesrineSlaoui · 29 avr.
En réponse à @NesrineSlaoui | SCIENCES |
Pour gagner en humilité et comprendre que l’espèce humaine ne représente que 0,04% de l’histoire de la planète Terre...
Un documentaire très bien écrit et très dynamique dans lequel on apprend beaucoup.
19 - 204 - 954
"
... mettre à disposition des textes plus ou moins inédits pour susciter la réflexion autour de ce thème et de quelques autres connexes, notamment la critique de la société capitaliste et industrielle dont la technoscience est devenue la religion officielle…
Ce faisant, nous nous sentons proches de la technocritique et du mouvement luddite.
Il va sans dire – mais cela va tout de même mieux en le disant – que nous nous situons sur le terrain du matérialisme épistémologique. A savoir que nous nous efforcerons, dans nos explications et nos critiques, de ne faire intervenir aucun phénomène surnaturel, aucune force mystérieuse ou inconnaissable, et moins encore la volonté ou la puissance divine. Nous essaierons en outre, contrairement à beaucoup de scientifiques, de ne pas nous payer de mots (complexité, émergence, etc.) en tentant de définir et de préciser ceux que nous emploierons (d’où prochainement la création d’un Dictionnaire des idées reçues du scientisme ordinaire).
Tout cela ne nous empêchera pas d’avoir une approche plus philosophique que strictement “scientifique”. Il sera donc peut-être utile de préciser que nous sommes plutôt proches du courant phénoménologique, que de celui, cybernétique, dominant actuellement dans les sciences…
Eugène Brelandage, boucher-charcutier.
Ndlr : date de création 2010 ?
Mars 1999, page 28
Un facteur pathogène prédominant
Dans les pays développés, l’obsession de la santé parfaite est devenue un facteur pathogène prédominant. Le système médical, dans un monde imprégné de l’idéal instrumental de la science, crée sans cesse de nouveaux besoins de soins. Mais plus grande est l’offre de santé, plus les gens répondent qu’ils ont des problèmes, des besoins, des maladies. Chacun exige que le progrès mette fin aux souffrances du corps, maintienne le plus longtemps possible la fraîcheur de la jeunesse, et prolonge la vie à l’infini. Ni vieillesse, ni douleur, ni mort. Oubliant ainsi qu’un tel dégoût de l’art de souffrir est la négation même de la condition humaine.
Quand on considère en historien notre médecine, c’est-à-dire la médecine dans le monde occidental, on se tourne inévitablement vers la ville de Bologne, en Italie. C’est dans cette cité que l’ars medendi et curandi s’est séparé, en tant que discipline, de la théologie, de la philosophie et du droit. C’est là que, par le choix d’une petite partie des écrits de Galien (1), le corps de la médecine a établi sa souveraineté sur un territoire distinct de celui d’Aristote ou de Cicéron. C’est à Bologne que la discipline dont le sujet est la douleur, l’angoisse et la mort a été réintégrée dans le domaine de la sagesse ; et que fut dépassée une fragmentation qui n’a jamais été opérée dans le monde islamique, où le titre de Hakim désigne, tout à la fois, le scientifique, le philosophe et le guérisseur.
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Du corps physique au corps fiscal
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L’auscultation remplace l’écoute
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La poursuite de la santé les dissout tous deux. Comment peut-on encore donner corps à la peur quand on est privé de la chair ? Comment éviter de tomber dans une dérive de décisions suicidaires ? Faisons une prière : « Ne nous laissez point succomber au diagnostic, mais délivrez-nous des maux de la santé. »
(1) Médecin grec (131-201) qui exerça surtout à Pergame et Rome. Ses dissections d’animaux lui permirent, en anatomie, de faire d’importantes découvertes sur le système nerveux et le cœur. Son influence fut considérable jusqu’au XVIIe siècle.
(2) Héros de l’Antiquité qui passait pour avoir enseigné aux êtres humains l’ensemble du savoir qui fonde une civilisation. Il déroba le feu aux dieux pour l’apporter aux hommes.
(3) Northrop Frye (1912-1990), ancien professeur à l’université de Toronto et l’un des plus influents critiques littéraires de langue anglaise. Auteur, entre autres, de : Anatomie de la critique (Gallimard, 1969), L’Ecriture profane (Circé, 1996), La Parole souveraine (Seuil, 1994), et Le Grand Code. La Bible et la Littérature (Seuil, 1984).
(4) Personnification de la santé, fille d’Asclépios, le dieu grec de la médecine.
(5) Ivan Illich, Némésis médicale. L’expropriation de la santé, Seuil, coll. « Points », Paris, 1981.
(6) Lire Ivan Illich, Une société sans école, Seuil, coll. « Points », Paris, 1980.
(7) Dieu romain à double visage, Janus bifrons ; le mois de janvier — januarius — lui est consacré.
(8) Jan Rehor, dit Gregor Mendel (1822-1884), botaniste tchèque, fondateur de la génétique, il découvrit les lois de l’hybridation.
(9) Comme la métaphore, l’oxymoron est une figure de rhétorique. Elle consiste à appliquer à un nom une épithète qui semble le contredire ; par exemple : obscure clarté, soleil noir, force tranquille.
(10) Conducteur des âmes des morts, tels Hermès et Orphée.
Olivier Rey @olivier_rey
Pour qui s'intéresse aux enjeux et limites méthodologiques des travaux pour #LireLaRechercheEnEducation, je vous propose trois textes francophones assez denses qui peuvent constituer une façon d'introduire la problématique et la controverse scientifique
1:36 PM · 9 avr. 2020·Twitter Web App
10 Retweets 16 J'aime
Olivier Rey @olivier_rey · 9 avr.
D'abord un texte célèbre venu du Canada sur les pratiques pédagogiques les plus efficaces pour les élèves de milieux défavorisés, qui avait largement contribué à populariser le thème de l'enseignement "explicite" : https://persee.fr/doc/rfp_0556-7807_2005_num_150_1_3229
.#LireLaRechercheEnEducation
Olivier Rey @olivier_rey · 9 avr.
Ensuite un article du regretté V. Carette qui développe une approche critique sur la façon d'apprécier l'efficacité des enseignants, notamment au regard des compétences scolaires qu'on évalue : Les caractéristiques des enseignants efficaces en question
Problématique L’actualité pédagogique nous invite régulièrement à des débats sur la qualité de l’enseignement, sur l’efficacité des pratiques enseignantes à travers l’analyse, entre autres, de résu... journals.openedition.org
Olivier Rey @olivier_rey · 9 avr.
Enfin une présentation par R. Goigoux, A. Jarlégan et C. Piquée des choix méthodologiques de l'enquête Lire et Ecrire en CP, notamment de ce que signifie l'approche écologique sur ces questions d'efficacité des pratiques
Évaluer l’influence des pratiques d’enseignement du lire-écrire sur les apprentissages des élèves :...
La méthodologie originale de la recherche conduite par l’Institut français de l’éducation pour évaluer l’influence des pratiques d’enseignement de la lecture et de l’écriture sur les apprentissages... cairn.info
Les contraintes spécifiques des apprentissages scolaires
André Tricot 1
1 CLLE-LTC - Cognition, Langues, Langage, Ergonomie
Domaine :
- Sciences cognitives / Psychologie
- Sciences de l'Homme et Société / Education
Contributeur : André Tricot andre.tricot@univ-montp3.fr
Soumis le : samedi 4 novembre 2017 - 20:01:34
Dernière modification le : lundi 2 décembre 2019 - 17:06:13
Document(s) archivé(s) le : lundi 5 février 2018 - 12:25:13
Connu / https://twitter.com/olivier_rey/status/1247556671217467398
"
Olivier Rey @olivier_rey
Un texte simple mais remarquable d'André Tricot sur ce qui fait la spécificité de ce qu'on apprend à l'école par rapport aux autres apprentissages : #LireLaRechercheEnEducation 6:07 PM · 7 avr. 2020·Twitter Web App 114 Retweets 156 J'aime
alain POTHET @Apothet · 7 avr. En réponse à @olivier_rey
Lecture indispensable pour mieux comprendre tous les obstacles à la continuité pédagogique qui privilégie avant tout les apprentissages scolaires au dépend des apprentissages adaptatifs. A méditer pour re-inventer notre Ecole.
Cedric Pusset @cedricpusset · 22h
Je n'ai pas bien compris en quoi c'était un problème, si vous pouvez m'éclairer.
4 réponses de plus
Stéphane SALAMA @SalamaStephane · 8 avr.
En réponse à @olivier_rey J'adore @andre_tricot , tout ce que j'ai lu ou vu (au travers de ses conférences) de lui m'a toujours fait énormément progresser dans la vision de mon métier et dans l'analyse de ma pratique. Propos clairs, documentés et d'une grande finesse ... !
Ludovic Miseur @LudovicMiseur · 7 avr.
En réponse à @olivier_rey
Cette lecture me conforterait alors à poursuivre les apprentissages à distance, non pas tant dans le seul but scolaire, mais pour développer des compétences numériques et d'agilité dont la société a besoin.
1pact @1pactasbl · 8 avr.
Serait curieux de voir le tableau final avec les 7 registres augmenté d'une colonne "apprentissage à distance". Tu te sens de la proposer?
1 réponse de plus
Laurent Techer @LaurentTecher1 · 8 avr.
En réponse à @olivier_rey Dense mais tellement intéressant.
Un regard pour aborder un virage didactique peut-être, pédagogique sûrement.
Manu Musial @ManuMusial · 23h
et pour donner plus de perspective à ce texte, n'hésitez à lire cet ouvrage :
https://deboecksuperieur.com/auteur/manuel-musial
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Le coronavirus est désormais un sujet mondial ; le professeur Raoult, l’homme dont tout le monde parle alors que l’angoisse monte. Son étude sur la chloroquine déchaîne les passions. Et suscite de vives critiques. Le deuxième épisode de notre enquête.
Lire le premier épisode de notre enquête : L'agent provocateur https://www.lemediatv.fr/articles/2020/chloroquine-la-molecule-qui-ma-rendu-fou-lagent-provocateur-1-9cOL7HrnQOuHQwrNKtaNYQ
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À l’évidence, les talents divinatoires du professeur Raoult - qui lui valent d’être aussi comparé à Claude Allègre, autre « grande gueule » et scientifique reconnu à s’être fourvoyé sur le climat - sont peu fiables. Mais ce manque de pif quand il sort du cadre et cette passion pour la controverse suffisent-il à démonétiser le praticien quand il administre et expérimente une molécule qu’il connaît parfaitement, sur un phénomène (les virus) dont il est un spécialiste ? Et son allure et ce verbe qui détonnent dans un milieu où on pèse ses mots à la virgule près justifient-ils de le brûler en place publique au bûcher des imposteurs ?
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Avec 700 collaborateurs qui exercent dans des laboratoires ultramodernes, son institut est une fourmilière foisonnante. Le patron n’est pas au quotidien le nez sur le microscope de ses chercheurs, au jour le jour, des heures durant. Il supervise ce travail et le cosigne à la sortie. Cette boulimie de publications lui permet donc de figurer en excellente place dans les classements des scientifiques les plus cités.
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quelques-uns, beaucoup plus rares, se concentrent sur l’analyse de son étude. Pour la passer au crible de critères scientifiques, et uniquement scientifiques. Étude contre étude, interprétation contre interprétation, science contre science. Christian Drosten est l’un de ceux-là. La contre-étude qu’il livre est sévère pour les résultats qui fondent la « thèse Raoult » et soudent son camp.
Depuis le début de la crise sanitaire, le chef du département de virologie de la Charité de Berlin s’est imposé outre-Rhin comme une figure scientifique de premier plan. Sa popularité est telle que certains, à 48 ans, lui président un avenir politique radieux au pays des chanceliers, une fois la crise sanitaire passée. Depuis le 26 février dernier, la radio-télévision publique allemande diffuse un entretien quotidien du « virologue du peuple » dans un podcast extrêmement suivi.
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Si « la chloroquine est un médicament bien connu », explique-t-il, « il n’est pas sans effets secondaires ». « On sait depuis longtemps qu’elle est efficace contre beaucoup de virus qui ont des évolutions similaires à ceux des coronavirus », constate le Berlinois. Insuffisant néanmoins pour conclure « qu’il suffit de donner la même substance à un patient pour qu’il soit aussitôt guéri. C’est beaucoup plus compliqué ». Pour le médecin de la Charité, avaler de la chloroquine ne suffit donc pas. « Ce n’est pas aussi simple, répète-t-il ce 19 mars, il faut amener le médicament à l’endroit où se trouve le virus, dans les poumons ». Là « où le virus se reproduit ». ... « Ce qui est mesuré ici, c’est la concentration du virus dans la gorge, où il disparaît de lui-même au bout des 10 premiers jours, pas dans les poumons où se développe la maladie »
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« c’est uniquement la charge virale dans les poumons qui [est] corrélée à l’évolution vers la forme grave de l’atteinte respiratoire »
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Mon ami allemand, qui m’a alerté sur l’intervention de l’homme de la crise à Berlin, a un avis tranché sur le sujet. Pour lui, la messe est dite, l’énorme espoir suscité par l’annonce du protocole pratiqué à Marseille en ressort ébranlé. Le professeur Raoult est-il ce personnage que certains décrivent ? Cet affabulateur que ceux-là veulent voir en lui ? Je connais son histoire et son parcours. Et d’autres réfutent ces arguments, par ailleurs.
Qui croire ?
Illustration de Une : Adrien Colrat - Le Média.
Connu / https://twitter.com/guenotmichel/status/1247820221609578496
guenot michel @guenotmichel - 0 - 3 - 6
Ndlr : cette analyse semble convainquante dans la mise en évidence du manque de crédibilité de l'étude. À suivre ACT
Pourlascience @PourlaScience · 20h
Dans une étude au ton satirique mais néanmoins sérieuse, trois chercheurs mettent en évidence le peu d’intérêt à continuer à chercher de nouveaux dopants pour améliorer les propriétés électrochimiques du graphène.
Dans une étude au ton satirique mais néanmoins sérieuse, trois chercheurs mettent en évidence le peu d’intérêt à continuer à chercher de nouveaux dopants pour améliorer les propriétés électrochimiq...
pourlascience.fr
1 - 0 - 4
Confiné comme tout le monde, j’ai décidé de faire la tournée des personnes que je repère de loin comme capables d’éclairer ma lanterne à propos de la planification de la mobilisation sanitaire. ... avant un autre prévu avec des syndicalistes d’Air Liquide. Mon souci est toujours le même : si on devait s’en occuper demain matin, comment s’y prendrait-on ?
...
comme ça que j’ai connu par exemple Jean-Marie Brohm le « savant nucléaire » réputé excentrique ... ce professeur Didier Raoult, présenté comme un sauvage malpoli et provocateur m’a évidemment tapé dans le nez
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trop mal aimé par les belles personnes pour ne pas éveiller l’intérêt. Surtout quand ça part des amis de madame Buzyn. Elle, c’est cette femme qui savait et qui a menti. Elle, c’est la morgue de classe qui l’a conduite à mépriser Caroline Fiat en dépit de son super rapport sur les EPHAD
...
mise à disposition de tests ... compétences importantes en matière de logistique. En ce qui concerne les moyens de l’État c’est la SGDN, direction générale de la Défense nationale, qui serait la mieux préparée et entraînée compte tenu des opérations complexes qu’elle a l’habitude de gérer.
...
Le problème, c’est la définition de la stratégie de combat que l’on déploie contre l’épidémie. La façon de réagir n’est pas la même selon les spécialités médicales. Il y a une réaction particulière quand on est un épidémiologiste habitué à gérer des situations d’urgence et de contamination foudroyante. ...
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(NB : correction, comme je l'ai souvent dit par ailleurs, c'est 60% des populations, pas des espèces. Désolé pour le lapsus.)
Catégorie Science et technologie
Transcription : ...
2,5 millions de personnes meurent de pb respiratoires
9 de faim
9 de pollution
etc
manque d'anticipation ... sera bien plus grave / crise écologique. Tirer les conséquences du covid-19 ... mensonge généralisé inquiétant ... il y a un pb systémique qui ne peut avoir de solution que systémique ... on est sur une trajectoire réchauff clim de +5°C ... interroger cette culture de la gestion ... besoin de radicalité ... travailler les hiérarchies liberté, violence, etc.
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Le coronavirus fait désormais partie de notre quotidien. Il bouleverse nos existences, menace des milliers de vies, contribue à nous entraîner dans une crise financière inédite. Mais qui est donc ce coronavirus ? Pourquoi s’est-il montré bien plus nocif qu’une grippe exceptionnelle ? Pourquoi s’est-il généralisé plus vite qu’Ebola ? Pourquoi les autorités sanitaires françaises semblent l’avoir à ce point sous-estimé ? Quelle est la meilleure méthode pour le combattre ? Qu’est-ce qu’il dit de notre pays, dans son rapport avec la santé publique et la recherche fondamentale ?
Pour en parler, nous nous sommes mis en contact avec Samuel Alizon. Samuel Alizon est biologiste, directeur de recherche au CNRS, spécialiste en modélisation des maladies infectieuses. Il a beaucoup travaillé sur la reproduction du coronavirus. C’est aussi un chercheur engagé, qui a des idées assez claires sur la recherche fondamentale en France. Une recherche maltraitée depuis trop longtemps par les pouvoirs politiques successifs.
.#Coronavirus #Scientifique #Gouvernement
Catégorie Actualités et politique 633 commentaires
Transcription : immunité de groupe : être immunisé protège ses proches ++ ; mortalité différentielle selon l'âge ... une recherche désintéressée qui travaille sur le long terme ...
Connu / https://framasphere.org/posts/8911937
"
Sangokuss - il y a environ 4 heures
.#cnrs #coronavirus #science #virus
Alors que l'épidémie de Covid-19 est maintenant au stade 3 en France, (re)découvrez dans ce dossier différentes recherches menées sur les virus, des coronavirus aux virus géants en passant par Ebola et la modélisation des épidémies.
Public via feedDiasp* – Je n'aime plus · 2 J'aime
"
Connu / https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?5KIEvQ via https://twitter.com/aamonnz/status/1237078660080979968
"
Alexandre Monnin a retweeté Alexandre Monnin @aamonnz 9 mars
Annonce du lancement du Master of Science "Strategy and Design for the Anthropocene", fruit d'un partenariat entre l' @ESCClermont
et @StrateDesign Lyon Pour acter la redirection écologique.
3 nouveaux Masters of Science à la rentrée 2020 | ESC Clermont Busines
Le MSc Transforming Mobility - Business Models & Vehicles for the future (en partenariat avec Sigma Clermont) Déjà associés dans la conception de la spécialisation Automobile du Master, Sigma Cler esc-clermont.fr
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Dans le cadre des actions conduites en 2020 par le collège Données de la recherche, une réflexion sur la pertinence de développer un entrepôt de données mutualisé vient d’être engagée par le Comité pour la science ouverte. Ce travail, dont les résultats sont attendus à l’automne, est piloté par l’IRD (coordinateur de l’étude), l’INRAE, Sorbonne Université et le CNRS. Le cabinet Datactivist, coopérative spécialiste de l’ouverture des données, prêtera main-forte ... les données de la recherche se caractérisent par leur nature extrêmement hétérogène ... principes FAIR (Facile à trouver, Accessible, Interopérable, Réutilisable)
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Répondre à deux objectifs explicites du Plan national pour la science ouverte : « Développer un service générique d’accueil et de diffusion des données simples » et « Créer les conditions et promouvoir l’adoption d’une politique de données ouvertes associées aux articles publiés par les chercheurs ».
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Contacts :
– pilotage de l’étude : Jean-Christophe Desconnets Jean-Christophe.Desconnets@ird.fr
– pilotes du collège Données : Véronique Stoll et Pierre-Yves Arnould coso-donnees-cp@groupes.renater.fr
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Le mouvement de la Science ouverte vise à construire un écosystème dans lequel la science sera plus cumulative, plus fortement étayée par des données, plus transparente, plus rapide et d’accès universel.
(ou théorie du paternalisme libéral) est un concept des sciences du comportement, de la théorie politique et d'économie issu des pratiques de design industriel, qui fait valoir que des suggestions indirectes peuvent, sans forcer, influencer les motivations, les incitations et la prise de décision des groupes et des individus, au moins de manière aussi efficace sinon ...
Amcsti @Amcsti
La tribune signée par 130 structures et professionnel·le·s des #CSTI est à lire dans @OuestFrance :
La future loi de programmation de la recherche doit être l’occasion de soutenir plus fermement la culture scientifique et la valorisation de la science. Elle est plus que jamais un élément essentiel...
ouest-france.fr
10:39 AM · 13 févr. 2020·Twitter Web App
64 Retweets - 72 J'aime
Amcsti @Amcsti · 5h
En réponse à @Amcsti et @OuestFrance
En complément de la tribune, l'interview de @DesbrosseG
publiée hier dans l'édition papier de Ouest France
⬇️ #LPPR #LoiRecherche #CSTI 5 Retweets - 6 J'aime
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https://twitter.com/Amcsti/status/1228238285878640641/photo/1
enregistré ARTICLE du 12/2/20? de Philippe Richard ? qui ?
de Guillaume Desbrosse, pdt de l'Amcsti (association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle)
Ndlr :
- face à des gouvernements agissant avec un tel rouleau compresseur idéologique, inutile de quémander :-(
À part remonter à la cause des causes, je ne vois pas comment gagner cette guerre de classe. Conclusion : articulons segment par segment toutes celles et ceux qui luttent pour obtenir la convergence à la hauteur de l'enjeu. => GAzou https://twitter.com/JulienDelalande/status/1228334419238322176
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Julien Delalande @JulienDelalande · 1 min En réponse à @Amcsti @OuestFrance et @DesbrosseG
Merci pour votre tribune
MAIS faut-il QUÉMANDER ou PRENDRE face à un gouvernement OBTU /#idéologie ? #Néolibéralisme #LutteDesClasses #Oligarchie - #Retraites #Climat #DroitDuTravail #MédiationScientifique #Hôpitaux #Cheminots #Égoutiers MÊME COMBAT - #CoÉco
" - En quoi la TdM peut-elle y contribuer ? ACT
- Comment mieux accompagner les chercheurs et les médiateurs scientifiques dans leurs objectifs ? Quel rôle peut y jouer MpT ? Un moyen de publier TdM ? ACT
disponible jusqu'au 06.02.20
science & santé - 53 min - tous publics
Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, explose, provoquant la plus grave catastrophe de l'histoire du nucléaire. Six mois plus tard, le premier sarcophage de recouvrement est édifié dans l'urgence. En 2007, les autorités ukrainiennes confient au consortium français Novarka la construction d'un nouveau sarcophage qui doit venir se glisser sur le précédent. Il s'agit d'empêcher les fuites et de permettre de démanteler le coeur du réacteur accidenté. Un chantier inédit de plus d'un milliard et demi d'euros. Dès le début, les travaux se font dans des conditions de dangerosité extrêmes. L'ancienne construction n'est plus étanche et menace de s'effondrer.
réalisé par : Martin Gorst
À propos de : Clive Hamilton, Requiem pour l’espèce humaine, Paris, Presses de Sciences Po, 2012, 266 p. Clive Hamilton, Les apprentis sorciers du climat. Raisons et déraisons de la géo-ingénierie, Paris, Seuil, 2013, 352 p. Alexandre Magnan, Changement climatique : tous vulnérables ?, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2013, 72 p. Edwin Zaccai, François Gemenne, Jean-Michel Decroly (dir.), Controverses climatiques, science et politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2012, 254 p.
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Le doute intelligemment exploité entretient la confusion
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Le changement climatique est un processus global et complexe. Son analyse mobilise une multitude de disciplines scientifiques : climatologie, météorologie, glaciologie, hydrologie, géomorphologie, océanographie, agronomie, géographie, etc. Malgré le concours de l’ensemble de ces disciplines, l’existence d’incertitudes dues à cette complexité, aux limites des sciences et connaissances actuelles conjuguées à un processus imparfait de diffusion des informations produit et entretient une part de doute qui, en politique, peut rapidement être interprété comme une forme de faiblesse voire d’incompétence. Or, c’est bien aux décideurs politiques, qui « ont besoin de pouvoir justifier leur décision et de mesurer les risques encourus » (Controverses climatiques, science et politique, p. 82), qu’il appartient d’impulser et de soutenir le processus d’élaboration de solutions visant à répondre aux problèmes soulevés par les scientifiques du GIEC. Cette traduction politique constitue le ressort du débat autour de l’existence du changement climatique et du traitement de ses conséquences.
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La gestion de ce doute et ses implications constituent le sujet de l’ouvrage collectif Controverses climatiques, science et politique, qui s’intéresse à l’introduction du changement climatique dans la sphère politique. Les travaux explorent la vigueur du mouvement climatosceptique, ses motivations, productions, stratégies, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. Sa dynamique repose essentiellement sur l’entretien de la confusion au sein de l’opinion publique et le discrédit des scientifiques par ces « marchands de doute » [2]
[2]Expression utilisée à l’origine pour désigner les lobbyistes de…
. La prise en compte du changement climatique est anxiogène, onéreuse, culpabilisante et appelle ni plus ni moins à une refonte totale de nos modes de vie, ce qui fait beaucoup pour un phénomène dont on peine à percevoir les effets. Ce simple constat, réel, est habilement exploité, enrobé d’accusations de catastrophisme, d’extrémisme ou même de communisme. À titre d’exemple, le mouvement climatosceptique américain qualifiait ses adversaires de « pastèques », les suspectant d’être vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur, quand certains de ses porte-paroles déclaraient que les Américains n’avaient « pas gagné les guerres du XXe siècle pour rendre le monde plus sûr pour les légumes » [3]
[3]Phrase attribuée à Richard Darman, membre de l’administration…
. La maîtrise de la rhétorique et de la raillerie, excellents outils de promotion et de médiatisation, est bien du côté des climatosceptiques. L’analyse du phénomène à travers des études de cas (France, États-Unis, Chine, Union européenne) se révèle ainsi particulièrement riche d’enseignements. C’est d’ailleurs là chose étrange que de finalement observer des scientifiques toujours aussi peu à même de se défendre malgré l’expérience qu’aurait dû leur conférer l’accueil souvent houleux réservé à leurs productions. Aussi, le GIEC continue de pâtir de son refus d’investir, au moins partiellement, le jeu politique [4],
[4]Lire à ce sujet l’excellente contribution d’Olivier Godard,…
se contentant de répondre aux attaques et tentatives de déstabilisations en s’adressant à leurs auteurs – qu’ils soient scientifiquement compétents ou non – et non directement à l’opinion publique.
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L’entretien d’un doute dans l’esprit du public reste donc l’objectif premier de la communauté climatosceptique, sentiment que favorise la gestion embarrassée de l’incertitude par les pédagogues du changement climatique. Car la reconnaissance de cette incertitude – qui découle simplement de leur rigueur scientifique – peut être instrumentalisée et utilisée à leurs dépens. À ce sujet, la remarque de James Hansen, climatologue à la Nation Aeronautics and Space Administration (NASA), pour qui « les scientifiques sont davantage préoccupés par la crainte d’être accusés de “crier au loup” plutôt que par celle de “chanter quand Rome brûle” » (Requiem pour l’espèce humaine, pp. 14-15), semble parfaitement appropriée.
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Ndlr : cet exemple confirme la pertinence du concept d'instrumentalisation(s) par le doute en politique, réponse à https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?BliFSA