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Hier, mardi 15 septembre, les copains et copines de Indie Hosters (structure membre du Collectif des Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts Neutres et Solidaires) ont officiellement mis en ligne leur nouvelle solution : Liiibre. Iels nous avaient parlé de ce projet pendant la période de confinement et au sein de Framasoft, on les avait encouragé⋅es dans cette voie. En effet, chez Framasoft, nous accompagnons depuis plusieurs années les organisations qui prennent conscience de la nécessité de mettre en cohérence leurs outils numériques et leurs valeurs. Avec cette solution, c’est dorénavant bien plus simple pour elles de migrer sur des outils libres et émancipateurs. Nous vous proposons donc une petite présentation de cette solution en mode interview.
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Liiibre, c’est un espace sécurisé avec un compte pour chaque usager·e donnant accès aux meilleurs outils libres pour collaborer en ligne dans une seule interface unifiée : stockage de données, agendas partagés (Nextcloud), édition de documents (OnlyOffice), messagerie instantanée (RocketChat) et visioconférence (Jitsi). Avec un seul mot de passe, chaque usager·e accède facilement à l’ensemble des outils.
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il devient indispensable, encore plus depuis la crise de la COVID19 où les besoins de collaborer en ligne se sont multipliés massivement, de proposer un service professionnel robuste et à plus grande échelle. C’est pourquoi nous avons choisi de déployer Liiibre avec Kubernetes, une infrastructure technique qui permet ce passage à l’échelle.
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association IndieHosters. Nous sommes un collectif de personnes provenant d’horizons divers, dotées de compétences/réseaux spécifiques, qui développent un regard transversal sensible aux enjeux humains, écologiques, techniques, économiques, pédagogiques, artistiques, juridiques et politiques et mues par le désir d’inscrire l’association dans l’avenir des communs numériques. Depuis 2016, IndieHosters s’est spécialisé dans la mise à disposition d’outils en ligne répondant à toute une variété d’usages allant du blog au forum, en passant par le réseau social Mastodon ou encore la collaboration en ligne.
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mettre en place une équipe dédiée à l’accompagnement, en lien avec un réseau national de formateur⋅ices et de facilitateur⋅ices. Nous pensons en effet que dans un cadre collectif, ce qui va amener chacun·e à tirer les fruits des outils collaboratifs est lié à la qualité de l’animation qui relie l’équipe.
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proposer une solution professionnelle et fiable aux entreprises et associations afin qu’elles puissent s’organiser avec des outils respectueux de leurs données et de leur autonomie.
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Pas besoin de se préoccuper de l’hébergement des outils et des données, nous nous en chargeons, en garantissant que nous n’exploiterons jamais les données, ni les métadonnées. Nos outils étant sous licence libre et open source, les usager·es restent également libre de migrer Liiibre chez un autre hébergeur ou sur leurs propres serveurs à tout moment.
Quel est le modèle économique ?
Chez IndieHosters, il n’y a pas de client·e⋅s et nous ne sommes pas prestataires. Ensemble, nous permettons la mise à disposition d’une ressource dont la gestion suit un code social https://indiehosters.net/code-social/ précis qui organise sa pérennité et son statut de commun à long terme sans que cela n’entrave jamais nos libertés, ni la maîtrise de nos données en tant que contributeur·ices.
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8€ par mois pour chaque usager·ère au sein d’une organisation
Leurs équipes nous font confiance :
Alternatiba - La Fabrique des Mobilités - FÉE Faire École Ensemble - Fondation de France - Oxalis coopérative d'entrepreur-e-s
Lendemain du 14 juillet - Très bonne interview de Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT - •15 juil. 2020 / Frédérick Moulin
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FR - Lendemain du 14 juillet - Très bonne interview de Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT, et réactions à l'interview du Président Macron: Macron interpellé par des Gilets Jaunes aux Tuileries, "réforme" des retraites, emploi et salaires, exonération de cotisations sociales (qui sont du salaire différé) sans contrepartie, Luxfer, Chapelle-Darblay, création d'une filière d'imagerie médicale, relance du fret ferroviaire, Ségur de la Santé, masques obligatoires dans les lieux clos le 1er août et abattoir de Laval - 15.07.2020 - Boulogne-Billancourt, France.
"(Sur Macron aux Tuileries) C'est bien de se confronter un peu à la vraie vie, sortir de son Château, et aller discuter avec des salariés, des citoyens qui posent des questions. (...)
(Sur les retraites) Ce système a besoin d'être amélioré, mais pas en le cassant (...)
La priorité, c'est l'emploi et les salaires, c'est ce qu'il a dit (Macron), y compris lui, pendant cette période de confinement, les "premiers de corvée", "première, deuxième lignes", c'est lui qui en a parlé. Eh bien, allons y ! Il faut augmenter les salaires. Par exemple, le gouvernement devrait rapidement augmenter le SMIC. (...)
On le (Jean Castex) retrouve vendredi, donc nous, nous voulons des ACTES ! (...)
Concertation: ça fait 3 ans qu'on parle de concertation, de dialogue social, ça c'est des mots ! Nous, nous voulons des actes. (...)
(Mesures pour l'emploi des jeunes du gouvernement) À la fin de tout ça, c'est un CDI, ou pas ? C'est ça la question qu'on pose. Or pour l'instant, vous avez peut-être la réponse, moi je ne l'ai pas. (...)
À la CGT on a proposé des choses concrètes: Luxfer, à côté de Clermont-Ferrand, c'est pas de milliards qu'il faut, quelques millions pour réouvrir l'entreprise, ils fabriquent des bouteilles d'oxygène, vous voyez, ça parle, des bouteilles d'oxygène, après cette période. Eh bien on réouvre l'entreprise et on embauche !
La Chapelle-Darblay, recyclage de papier, ça parle, industrie et environnement, cette entreprise doit fermer. Eh bien on dit: ne fermez pas l'entreprise et réembauchez, vous voyez.
On propose de créer une filière d'imagerie médicale, en France, ça parle aussi, imagerie médicale, vous voyez.
Nous on ne propose pas de se défendre uniquement, mais d'être offensif et d'ouvrir des boites, de créer des emplois, créer des filières avec des emplois qualifiés, pour les jeunes, par exemple. Vous voyez, je vous ai cité 3 exemples, et il y en a bien d'autres. Par exemple, relancer le fret ; ça prouve que les cheminots en 2018 avaient raison de se battre. Qu'est-ce qu'on attend pour créer une filière pour construire des wagons isolés pour transporter les marchandises? Vous voyez qu'on a des propositions. Donc c'est sur ces propositions qu'on attend des actes concrets. (...)
(Ségur de la Santé) C'est pas à la hauteur. (...)"
© Frédérick Moulin 2020 - LCI2020 - Tous droits réservés.
Interview
Des cellules solaires qui changent de couleur en fonction de l'ensoleillement et génèrent de l'électricité viennent d'être développées. Renaud Demadrille, ingénieur-chercheur au CEA, nous parle de cette innovation et des applications potentielles.
Développées au début des années 1990, les cellules solaires fabriquées à partir de colorants organiques présentent l’avantage d’être peu coûteuses à fabriquer, mais surtout d’être semi-transparentes. Grâce à un processus photoélectrochimique directement inspiré par la photosynthèse végétale, ces colorants photosensibles sont capables de produire de l’électricité lorsqu’ils sont exposés au soleil. Une équipe du CEA, en collaboration avec l’Université Pablo de Olavide (Séville, Espagne) et l’entreprise suisse Solaronix, a inventé une nouvelle famille de colorants dont la couleur varie en fonction de l’intensité lumineuse.
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les vitres des façades de bâtiments ... La couleur de ces vitrages photovoltaïques s’auto-adaptera ... toits ouvrants des véhicules électriques
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vitrages photovoltaïques photochromiques
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PAUVRETÉ Entretien 3 commentaires
En s’attachant à comprendre comment ont été menées les politiques publiques en direction des pauvres depuis l’après-guerre, le sociologue Frédéric Viguier éclaire d’un regard nouveau la transformation de notre État social. Il rappelle que sans lutte franche contre les inégalités, la pauvreté continue de tisser sa toile.
Mots-clés ATD Quart Monde Frédéric Viguier pauvreté sécurité sociale social
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Revenant sur les débuts du père Wresinski dans le bidonville de Noisy-le-Grand, la volonté jamais démentie de « faire avec » les populations concernées, l’internationalisme, l’étanchéité idéologique avec la gauche travailliste, cette monographie foisonnante permet de comprendre la difficile position des acteurs associatifs aujourd’hui : incontournables pour leur rôle de pare-feu, radicaux dans leurs critiques, mais impuissants à inverser le rapport de force.
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clivage entre artisans de la cause des pauvres et artisans de celles des travailleurs ou des salariés ... La cause des pauvres est avant tout défendue par des associations regroupant des gens de classe moyenne, éduqués. Celle des travailleurs par eux-mêmes. Il s’agit donc dans le premier cas d’une forme de délégation, que les associations s’efforcent, ATD Quart monde la première, d’effacer, en impliquant au maximum les concernés.
Par ailleurs, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il y a un fort attachement du monde ouvrier à sa dignité sociale, au pouvoir de la lutte dans le monde du travail. Au fond, existe un rejet de toute vision un peu misérabiliste sur ce que l’on considère comme étant en deçà de la condition ouvrière. Et notamment ces plus pauvres qui continuent d’exister car ils n’ont pas accès au salariat, qui vivent dans des conditions déplorables, que les organismes représentatifs du monde ouvrier n’ont pas envie de voir ou de prendre en compte. Pour eux, il s’agit juste de la forme la plus extrême du dénuement de la classe ouvrière, pas un groupe qui nécessite un combat spécifique.
Enfin, ce sont des habitus politiques qui se cristallisent autour de ces causes. La cause des pauvres est davantage dans l’attention « ici et maintenant » à l’autre, dans un style de revendications moins inscrites dans un registre de confrontation, dans un système d’alliance dans lequel ne se reconnaît pas la nébuleuse communiste ou travailliste. Inversement du côté des associations, il s’agit de la mouvance de la gauche chrétienne, qui a le souci de trouver du pragmatisme, dans la négociation avec l’État, pour des résultats immédiats.
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La dimension assurantielle de la Sécurité sociale en a fait la chose des salariés : ils y contribuent par des cotisations sur leurs salaires, cela leur donne des droits, ce n’est pas de la charité. Et ils ont donc même le droit d’en déterminer la direction. La Sécurité sociale est une institution du salariat, sauf qu’une partie des classes populaires n’a pas accès au salariat, y compris pendant les vingt ou trente années de grande croissance économique après la Seconde Guerre mondiale. Cette affirmation doit être nuancée, bien sûr. Ce n’est pas une assurance entendue au sens strict ; la Sécurité sociale a aménagé des formes d’intégration du non-salariat, pour les indépendants, pour les ayants droit, à l’époque les femmes et les enfants des travailleurs salariés, par exemple.
Mais il reste néanmoins que les marges du salariat n’avaient pas accès à la protection sociale de tous. C’est donc bel et bien un vice initial dont les fondateurs avaient conscience et qu’ils espéraient résorber. Jusqu’aux années 1970, la salarisation a progressé, l’intégration des non-salariés dans le régime de Sécurité sociale aussi. Et puis, le mouvement s’est inversé et les marges du salariat se sont élargies. La Sécurité sociale a donc couvert de moins en moins de gens et n’a pas su penser ces marges et ces trous de la couverture sociale. L’une des raisons centrales à cet échec, c’est que le chômage n’a pas reçu dans la Sécurité sociale de l’après-guerre le traitement qu’il aurait mérité. Or il s’agissait d’une grosse menace sur l’avenir des institutions du salariat. In fine, le traitement du chômage, d’autres que moi l’ont écrit, est toujours resté réservé à des salariés stables et n’a pas su ou pas voulu donner une vraie sécurité aux précaires et aux salariés atypiques.
ATD Quart monde, une assocation radicalement démocratique
Un péché originel, qui s’est répété dans la construction de l’assurance-chômage, voire amplifié ces dernières années ?
Absolument. On est de plus en plus dans une logique assurantielle où les droits à indemnisation sont liés à des cotisations préalables, même s’il y a des nuances, des hauts et des bas, des efforts, comme dans les années 1980, pour intégrer le précariat, offrir des droits nouveaux. Mais in fine, l’assurance-chômage s’est scindée en deux, d’une part une espèce d’assurance dont bénéficient très largement les salariés les plus indemnisés, avec des taux parfois très généreux au vu des comparaisons internationales, et un filet très minimal et des contrôles de plus en plus tatillons pour les classes populaires (lire à ce sujet ces travaux http://www.ires.fr/index.php/etudes-recherches-ouvrages/etudes-des-organisations-syndicales/item/6177-quelle-evolution-des-droits-a-l-assurance-chomage-1979-2020).
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Pierre Laroque effectivement, le « père » de la Sécurité sociale, René Lenoir, le père de l’action sociale et l’inventeur de l’exclusion, et Martin Hirsch, l’homme du RSA. La comparaison entre eux renseigne sur la manière dont l’État social s’est transformé.
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il y a une telle file d’attente devant l’emploi… Le RSA déplace ainsi la question structurelle de l’absence de travail pour tous à celle de la responsabilité individuelle.
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Nicole Questiaux, conseillère d’État, entrée en politique chez les socialistes, et qui a écrit avec Jacques Fournier un Traité du social https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2005-3-page-26.htm. En le lisant, trente ans plus tard, j’étais stupéfait par leur niveau de connaissances sociologiques, philosophiques, leur capacité de penser la société, d’avoir des utopies, leur forte volonté de régulation.
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intéressant de comparer ATD au Secours populaire français, qui a adopté une forme de timidité politique, décrite par Axelle Brodiez dans un beau livre. Le SPF a fini par considérer que son rôle était d’apporter un sparadrap utile mais que la lutte devait être structurelle et politique et que seuls le parti ou les syndicats pouvaient la conduire.
ATD est tout à fait à l’opposé et a promu une parole associative libre. Mais pour le coup, c’est une parole qui est à la fois très attentive, présente, radicale mais qui n’est pas associée à une pensée et à une pratique des rapports de force et des rapports de classe. Et donc mon regard extérieur, c’est que les associations comme ATD, si politiques soient-elles, sont un peu orphelines d’autres mouvements sociaux à même de changer les rapports de force. Il y a des liens et des efforts, ce n’est pas de l’indifférence, mais ces associations sont parfois esseulées.
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L’exclusion est une catégorie d’État, inventé par René Lenoir, qui est le premier à l’utiliser dans un livre devenu une référence, Les Exclus, un Français sur dix. Il s’agissait de commencer à penser ensemble des catégories hétéroclites, les handicapés, les immigrés, les personnes âgées, etc., qui avaient en commun de ne pas entrer dans la protection sociale. Dans les années 1980, on commence à y attacher des vertus morales : on pense alors « l’exclusion des pauvres » comme on pense l’exclusion des personnes racisées : c’est une affaire de préjugés à combattre.
Je pense que ce qui se passe avec ce genre d’évolution sémantique, c’est que l’on glisse d’une vision structurelle, politique des rapports sociaux et des inégalités qui produisent de la pauvreté, à une vision plus moralisatrice, où il s’agit de combattre les préjugés contre les pauvres. Et donc s’installe une espèce de glissement qui empêche de penser le caractère systémique de la pauvreté, qui n’est que la pointe extrême des autres inégalités.
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on n’a pas besoin d’une théorie spécifique de l’exclusion. On a besoin d’une protection sociale universelle, y compris l’indemnisation du chômage, et d’une théorie intersectionnelle des inégalités, attentive aux différentes manières dont s’exercent les rapports de pouvoir, en fonction de l’âge, du sexe, de la classe et de la race.
La Cause des pauvres, Frédéric Viguier, Les Presses de Sciences-Po, 2020, 362 pages.
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Petite interview d'Angie Gaudion, chargée de relations publiques chez Framasoft.
ConfidentialitéPublique
CatégorieScience & Technologie
LicenceAttribution - Partage dans les mêmes conditions
LangueFrançais
Étiquettes floss ; Framasoft ; logiciels libres
Durée21 min 23 sec
1 Commentaire
Transcription : ... /basculer sur les alternatives aux gafam ... 800 000 utilisateurs par mois ! ... chatons ... avoir des pratiques éthiques qui consomment moins (de bande passante, d'énergie) ... vie privée ...
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Jean-Marc Jancovici, président du think tank The Shift Project, revient sur la question climatique et de la croissance dans le cadre des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.
Pour l’ingénieur et co-fondateur du cabinet de conseil Carbone 4, nous ne nous occupons pas du problème climatique alors qu’il menace des milliards de personnes et l’économie mondiale.
Vidéo originale : https://youtu.be/88AZj_CZI0w
Tags : Écologie et environnement
Entretien | Gunter Pauli fait souvent salle comble dans le monde entier, présenté par certains comme le "Steve Jobs du développement durable". À l'heure où la colère gronde chez les agriculteurs européens, le promoteur de "l'économie bleue", dont les contes écologiques sont enseignés en Chine, s'explique.
"Soyons aussi intelligents que la nature !" clame Gunter Pauli. Ici à Rome, en 2014, avec son ouvrage de référence publié à différentes reprises, la dernière étant intitulée "L'économie bleue 3.0"• Crédits : Stefano Montesi/Corbis - Getty
Économiste de formation, l'industriel belge Gunter Pauli parcourt le monde depuis des années pour vanter son "économie bleue". Ou comment s’inspirer de la nature pour développer une économie durable basée sur la mobilisation des entreprises du territoire, l’emploi des ressources locales, la valorisation des déchets (qui devient une source de profit en tendant au zéro déchet). Le réseau Zeri (zéro émission, zéro déchets) http://www.zeri.org/ réunit autour de lui au sein d’une fondation plus de 3 000 chercheurs et un millier d’entreprises de par le monde. La pédagogie de cette "économie bleue" repose sur une bible de projets réussis dans le monde entier (surtout en Asie, Afrique et Amérique latine) et un livre de contes écologiques pour enfants, Les fables de Gunter, que le gouvernement chinois a déjà choisi d’enseigner dans toutes les écoles du pays.
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bouddhiste, fut élève des jésuites et installé au Japon ... déjà en 1997 aux travaux du sommet de Kyoto où il présentait son approche pour résoudre la crise écologique.
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L'économie circulaire accepte le modèle économique dans lequel nous travaillons tous et toutes aujourd'hui, c'est-à-dire la globalisation, toujours tâcher de trouver le prix le moins cher, avoir des économies d'échelle, échanger à une échelle mondiale. Moi, je le refuse.
Selon moi, il faut comprendre avant tout ce qui nous entoure, il faut travailler avec ce qui est localement disponible. Au lieu d'être le moins cher, je vais tâcher de générer beaucoup plus de valeur. La valeur est le plus important de l'économie, pas le volume. Et je vais répondre aux besoins de base de tout le monde, y compris les besoins des 100 millions d'espèces vivantes avec qui nous partageons cette Terre.
EX. ... café solide : c’est-à-dire qu'avec le cascara, les grains de café torréfiés, nous produisons aussi des barres énergétiques. La recette est simple, nous rajoutons du beurre de cacao et nous avons un produit à manger qui est aussi riche en caféine, et qui est aussi très riche en antioxydants. Un produit à forte valeur ajoutée. https://www.mon-cafe.com/blog/la-cascara-la-nouvelle-bombe-dans-le-monde-du-cafe/
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J’ai un œuf, des poules, des champignons, le café soluble, le café solide et j'ai donné de la valeur au cascara. C'est ce que la nature fait tout le temps. On génère des dizaines de fois plus de valeur, beaucoup plus d'emplois et à la fin de la journée, on satisfait beaucoup plus de besoins de base de tout le monde.
-> https://www.youtube.com/watch?v=1af08PSlaIs
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Soyons clair. Je ne suis pas contre la globalisation. Je suis pour un modèle économique nettement meilleur. C'est-à-dire que j’importe encore le café, éventuellement, de la Colombie ou de Madagascar en France. Mais quand j'ai le café en France, j'utilise la totalité du produit. C'est ce qui nous manque. On est toujours en train de chercher les moyens pour être le moins cher mais arrêtons quand même ! Parce que c'est en étant le moins cher que vous êtes obligés d'éliminer des emplois, vous êtes obligés d'exploiter la nature. Sinon, vous ne pouvez jamais être le moins cher.
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Les plastiques ont apporté une extraordinaire contribution à la qualité de la vie ... “biodégradables” ne sont dégradables que dans la terre. Vous jetez des plastiques bio, bioplastique, dans l'eau de mer, ils ne se dégradent pas. Sauf pour une entreprise italienne qui a eu la grande idée lumineuse, il y a déjà 25 ans, de développer des polymères qui se dégradent dans l’eau, avec le soleil car les ultraviolets se dégradent aussi très bien et en même temps dans la terre.
Il est inexplicable qu’aujourd'hui toutes les universités qui enseignent l'ingénierie chimique n’enseignent pas du tout aux jeunes comment faire des polymères qui se dégradent dans ces trois conditions.
C'est une folie. On peut avoir une fonctionnalité des plastiques sur vingt-cinq ans ou sur trois heures, mais cela n’a pas de sens qu’ils ne se dégradent pas dans toutes les conditions naturelles.
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Les matières végétales doivent aussi servir par exemple à des biolubrifiants, des pesticides, des insecticides, des herbicides.
Il faut se rendre compte que les glyphosates sont faits avec du pétrole. Nous sommes capables aujourd'hui de produire des glyphosates avec la même plante, le Chardon, que pour réaliser des fibres plastiques pour la cosmétique.
Aujourd'hui, un agriculteur français ne gagne que 300 à 400 euros par hectare. Mais s'il fait du bioplastique, biolubrifiant, herbicide, pesticide bio, il gagnera 3 000 à 4 000 euros par hectare. Je ne comprends pas pourquoi la transition n'a pas lieu. Des intérêts ne sont pas prêts d’être à l’écoute de cette transition dont nous avons besoin.
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L'entreprise innovante en Italie que je mentionnais a à peine 20 ans et plus de mille brevets dans le domaine que je viens de décrire. Cette entreprise ne peut se développer qu'en Italie ? Pourquoi n’a-t-on pas une réussite ailleurs ?
L’Europe doit avoir quand même la force et la clarté de vraiment faire ce que le grand public souhaite avoir. Le grand public souhaite des produits qui ne sont pas nocifs mais qui bénéficient aussi au développement économique et qui relancent surtout l'agriculture.
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notre problème actuel - changement de climat, micros plastiques, etc. - est le résultat de notre modèle économique. Il faut le repenser. Je ne suis pas membre du Parti communiste, j'ai fait mon MBA (Master of business administration) à l'INSEAD [une école de commerce]. Et je ne comprends pas la situation alors qu'il existe des propositions nettement meilleures.
Je m'attends quand même à une grande grève des agriculteurs français et européens en raison du mauvais traitement qu'on leur réserve et l’impossibilité de faire la transition vers une économie qui n'est pas seulement écologique mais qui respecte et qui régénère ces grandes terres que nous avons en Europe.
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Actualités François Purseigle : "Il va falloir aller au-delà de la question de l'agribashing" https://www.franceculture.fr/societe/francois-purseigle-il-va-falloir-aller-au-dela-de-la-question-de-lagribashing
L'accord de Paris a eu lieu fin 2015. Que nous a-t-il apporté ? Rien.
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L’Europe reste le continent où le social et l'écologie sont des questions centrales mais la stratégie que nous poursuivons ne nous donne pas du tout l'opportunité de devenir véritablement une société heureuse et en bonne santé.
Avec la collaboration de Nathalie Lopes
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- 4 min Le reportage de la rédaction Rotterdam, le royaume de l'économie circulaire https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/rotterdam-le-royaume-de-leconomie-circulaire
- 4 min Plastique : la guerre est déclarée ! https://www.franceculture.fr/emissions/hashtag/plastique-la-guerre-est-declaree
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Actualités L’Europe en fait-elle assez pour l’écologie ? https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/leurope-en-fait-elle-assez-pour-lecologie
Ndlr :
- les plastiques biodégradables totalement biodégradables selon lui => vérifier ACT
- "du glyphosate bio" ???? si tant est que cela soit possible, quel sens cela pourrait-il avoir ? N'est-ce pas contradictoire à l'agroécologie ? Questionner ACT
- son approche globale est cependant intéressante, il intègre le choix des innovations et ne pourrait-on pas dire qu'il est à la société ce que l'écolonomie est à l'entreprise ? Et que l'intégration des deux pourrait avoir du sens ? ACT
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Retrouvez l'entretien autour de la proposition de loi de Jean-Luc Mélenchon visant l'annulation des dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne.
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Invisibles hier, oubliées demain ? Retrouvez François Ruffin en direct vendredi à 18h dans un #AllôRuffin consacré aux femmes de ménages !
Avec Marie-Georges Buffet
Catégorie Actualités et politique 91 commentaires
Nous reproduisons ici le texte intégral d’un entretien de Jean-Luc Mélenchon avec les médias européens La Tribune de Genève (Suisse), La Repubblica (Italie), El País (Espagne) et Die Welt (Allemagne). Nous publierons également au fur et à mesure les liens des articles publiés dans ces différents journaux.
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lutte de tous les instants sur le volet « atténuation », c’est-à-dire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. On estime du côté de la communauté scientifique que même si tous les engagements pris à la Cop 21 étaient respectés on irait vers une hausse des températures comprise entre 3,2 et 4 degrés. Or on sait que ces engagements ne sont pas tenus. En 2017 il y a eu une augmentation de 3 % des émissions de gaz à effet de serre en France alors qu’elle devrait les réduire de 2,2 % par an !
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aussi réfléchir à l’après, au volet « adaptation » : des choses sont en train de changer de manière irrémédiable, d’autres vont l’être et doivent être anticipées. La hausse du niveau des mers, la multiplication des épisodes de sécheresse, le changement local de climat, de végétation, l’extinction de certaines espèces, l’augmentation des risques de conflit armé et la rareté de certaines ressources naturelles qui viennent à épuisement : la question n’est pas de savoir si on a envie que ça arrive ou non. On a laissé passer la période historique durant laquelle on pouvait encore se payer le luxe de poser cette question et d’y répondre par des actes politiques forts. Désormais, on y est. Et on commence à constater que tous ces effondrements sont plus violents pour les plus fragiles : les petits, les minorités, les précaires.
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je rejoins l’auteur de SF Alain Damasio sur cette question, c’est que la fiction opère comme des lunettes du réel. Elle permet de mettre à juste distance pour mieux appréhender des sujets qui sont peut-être trop durs à regarder quand ils se situent dans le réel, trop proches et trop effrayants comme le sont les épisodes climatiques extrêmes – a fortiori la perspective de l’effondrement.
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la fiction est un médiateur assez intéressant par rapport à ce discours très anxiogène du changement climatique et de l’effondrement.
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L’écosocialisme reste un invariant
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on a besoin, comme le disait Serge Latouche, de « décoloniser » notre imaginaire, ce qui implique d’abord de « désapprendre », se désaccoutumer de ces drogues dures du système que sont les énergies fossiles, le TINA (there is no alternative) ou la rentabilité du capital. Il s’agit de déconstruire notre système de pensée à la manière du pas de côté que font les personnages de l’An 01 de Gébé (« on arrête tout, on réfléchit, et ce n’est pas triste »). C’est une étape nécessaire pour se dessiller le regard et ainsi pouvoir, dans un second temps, reconstruire, avec de nouveaux mots, de nouveaux récits et figures, une vision plus adaptée au monde réel, et surtout au monde d’après tel qu’on aimerait le voir advenir.
Walter Benjamin faisait remarquer que déclin ne veut pas dire disparition. De même l’effondrement peut être une métamorphose.
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La dignité du présent ... une discipline personnelle, éthique et même esthétique.
Dans le Monde Diplomatique de Mars, Régis Debray adresse une lettre ouverte à Hubert Védrine, chargé par François Hollande d’un rapport sur la France dans l’OTAN aujourd’hui.
Pour Hubert Védrine, il n’est pas nécessaire de sortir de l’OTAN. Au contraire, Régis Debray pense que la France doit quitter cette « organisation inutile et nuisible, [qui] pollue le paysage international dans toutes les dimensions », selon l’ambassadeur ...de France, Gabriel Robin.
Une heure passionnante de réflexion politique qui ouvre sur une évocation de Stéphane Hessel, dont Régis Debray fut l’ami.
Entretien Daniel Mermet,
France Inter, ce jeudi, à 15h
Connue / https://seenthis.net/messages/119792
Écologie - Entretiens
TAGS Anthropologie écologie relationnelle néolibéralisme philippe Descola transition écologique
Damien Deville est géographe et anthropologue de la nature. Il est l’auteur, avec Pierre Spelewoy, du récent Toutes les couleurs de la Terre – Ces liens qui peuvent sauver le monde paru aux éditions Tana. Il y développe plusieurs concepts, parmi lesquels celui « d’écologie relationnelle », qui s’oppose notamment à l’uniformisation du monde par le néolibéralisme. Dans ce riche entretien, nous avons demandé à ce jeune héritier de Philippe Descola comment il analysait les processus de destruction écologique, sociale et culturelle que nous traversons, et comment construire concrètement une autre approche de la relation, compatible avec la préservation de nos biens communs, a fortiori environnementaux. Réalisé par Clément Molinier et Pierre Gilbert, retranscrit par Manon Milcent.
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parti 6 mois travailler pour le ministère de l’Environnement du Queensland, dans une équipe de rangers, sur la protection des populations de koalas. Pour les protéger, les politiques publiques d’alors consistaient à les parquer dans des zones dédiées à la protection. Grillagées dans des forêts de protection, loin des activités humaines, le koala s’en porterait mieux. ... j’ai remis en cause mes acquis, car ce système de protection se confrontait à plusieurs biais. Un biais écologique d’abord, au sens scientifique du terme, dans le sens où parquer des koalas dans des zones spécifiques participait, sur du long terme, à limiter l’expression de la diversité génétique de la population. Une diversité pourtant nécessaire au renouvellement de l’espèce. Deuxième biais : on observait que certains koalas préféraient s’établir en zone péri-urbaine.
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dernier biais, davantage culturel, m’est apparu : les koalas sont énormément représentés dans les symboles australiens alors que la coexistence est refusée. C’était pour moi une instrumentalisation du vivant doublée d’une hypocrisie anthropologique. Cette expérience m’a dynamité l’esprit. D’ailleurs, je le découvrirai plus tard, la violence infligée aux koalas n’était que le miroir d’une pluralité de violences qui émergent des mondes occidentaux et qui fait de nombreuses victimes : les populations autochtones qui décident de vivre autrement, dont les aborigènes d’Australie – les violences faites aux koalas et les violences faites aux humains sont les deux faces d’une même médaille – mais aussi les territoires oubliés de l’économie monde, les violences faites aux femmes, aux Tsiganes, aux roms, les DOM-TOM marginalisés dans les démarches républicaines… Bref, par notre incapacité à penser la diversité, nous avons laissé sur le carreau nombre d’individus, de collectifs et de territoires.
De ce fait, contourner l’uniformisation des mondes demande, je crois, une réponse citoyenne et politique forte : remettre la diversité, qu’elle soit humaine ou non humaine, au cœur des modèles sociaux. Cette démarche peut offrir des dynamiques d’innovation majeures aux crises que nous connaissons tout en nous permettant de remettre de la poésie dans nos vies. En puisant dans la singularité de chaque être, de chaque imaginaire, de chaque territoire, des voies citoyennes et politiques se dégagent pour emmener le social et l’environnement dans un seul et même horizon.
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En Cévennes par exemple, il y a beaucoup de conflits entre les néoruraux et les archéos cévenols. ... La culture de la résistance d’une part, et l’amour des montagnes d’autre part ! Deux symboles sur lesquels construire de l’inclusivité. Le lien au paysage comme projet territorial a également pour avantage de ne pas être anthropocentré. Il emmène anciens comme nouveaux, humains comme non humains dans un seul et même bateau. J’ai tendance à militer actuellement pour des politiques du symbole, au sens littéral du terme. Ça me fait penser à cette fameuse phrase de l’anthropologue Jean Malaurie : « sans symbole nous ne sommes rien, qu’un peuple de fourmis manipulées par le verbe, l’information et l’image ».
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tension très forte dans les milieux écolos, entre l’urgence climatique et sociale et les manières de cultiver des réponses qui demandent nécessairement du temps. Ce conflit, nous y sommes tous confrontés. Néanmoins, il reste impératif de cultiver le sens !
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se développent à Paris des fermes verticales, sans eau, sans sol. Elles sont très subventionnées au nom de l’autonomie alimentaire des villes. Elles entrent alors en concurrence avec l’agriculture des campagnes où les paysans cultivent pourtant les valeurs de la terre et n’arrivent plus à vivre de leurs métiers. Autrement dit, au nom de l’écologie à Paris, on détruit ce dont l’écologie est censée être la gardienne : la diversité des mondes.
Une deuxième clé de réponse se situe dans le dialogue entre la valorisation de la diversité à l’échelle locale et le sentiment d’appartenance à l’humanité. Il y a un imaginaire auquel j’aime me relier, même si en l’état il peut paraître de l’ordre de l’utopie. Le géographe Augustin Berque, qui a été très influent pour moi, propose dans ses travaux de penser la diversité via trois échelles à partir desquelles on pourrait déployer de nouvelles compétences politiques. La première est l’échelle de l’atmosphère, le matériau physico-chimique de la Terre. Cela correspondrait à des politiques internationales relevant d’un sens commun de l’humanité telle que la lutte contre le réchauffement climatique. Ajouter la vie sur terre permet de déployer une deuxième échelle : l’échelle écosystémique. C’est une échelle biorégionale en somme à partir desquelles se pensent et se préservent les grands équilibres de la vie. Il y a enfin l’échelle de l’habité, celle des symboles et de l’expérience partagée. Augustin Berque l’appelle « l’écoumène ». C’est une échelle beaucoup plus fine qui construit pourtant le vivre ensemble au quotidien. Un universel par-delà l’humain, se situe peut être dans un dialogue pertinent entre ces trois nouvelles échelles politiques et citoyennes.
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La crise du coronavirus montre à quel point nous avons besoin de relation et que l’expérience territoriale est tout ce qui compte face au présent. Y compris pour lutter contre la solitude qui est une bien grande maladie. Toute relation n’est pas physique, il y a également des espaces symboliques dans lesquels nous pouvons trouver des voies d’émancipation malgré le confinement qui a été mis en place. La crise sanitaire invite également à orienter des politiques décentralisées qui donnent les moyens à chaque lieu de faire face aux réalités qu’il traverse. Les relations entre individus laissent place ici à des relations de coopération entre territoires. Pendant des décennies nous les avons opposés. Peut-être arriverons-nous maintenant à les faire dialoguer ! Il y a une bataille culturelle à mener autour de cette égalité territoriale. Je crois même que cette bataille culturelle est mère de toutes les batailles, car, lorsque notre projection au monde change, tout change, à commencer par la vision politique d’une nation. Le coronavirus place l’humanité devant un tel choc qu’il permet ce pas de côté dans l’opinion.
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une feuille de route gouvernementale en deux temps : une rapide transition vers une économie décarbonée sur du court terme, demandant des arbitrages politiques nationaux assez forts tout en amorçant un retour aux territoires sur du moyen terme. Pour qu’il soit pertinent, le vivre ensemble ne peut pas être du ressort des états nations : il demande de placer au cœur des décisions des échelles d’action facilement appropriable par le tout citoyen, c’est-à-dire des échelles plutôt locales. L’un dans l’autre, face à l’uniformisation des mondes et aux précarités qui en émerge, il me semble inévitable de questionner non pas simplement le rôle de l’état, mais bien la place qu’il occupe dans les régimes démocratiques. Sur du long terme, je pense qu’il devra nécessairement s’effacer en partie pour laisser place à de nouvelles modalités d’interventions citoyennes et politiques. Expérimentons.
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réassumer notre propre vulnérabilité. Chaque être vivant a en commun d’être vulnérable, et pour s’adapter à cette condition, il a besoin des autres. Humains comme non humains sont interdépendants. Nous avons besoin des autres, et ce sont bien ces liens d’interdépendances qui doivent mobiliser l’action citoyenne. La deuxième, c’est la rencontre avec l’autre. La rencontre positionne les relations dans une dynamique créatrice. Un plus un, en géographie, ça n’a jamais fait deux. Lorsqu’on réussit à comprendre l’autre pour ce qu’il est vraiment, la rencontre ouvre des trajectoires d’innovations majeures.
Je me permets de préciser que rencontrer l’autre ce n’est pas nécessairement l’apprécier. Vivre la relation revient à accepter également les antagonismes, la différence, le refus. Enfin, puisque qu’on peut rencontrer l’autre en le dominant voir en le détruisant, il convient d’ajouter une troisième étape à cette société de la relation : la justice. Pour que les relations soient émancipatrices pour les deux parties prenantes, il est important d’exercer justice dans la coexistence. Ces trois thèmes sont suffisamment larges pour être mobilisés de manière extrêmement plurielle en fonction des réalités de chaque espace, de chaque communauté voir de chaque individu.
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la diversité que je projetais ailleurs est également présente ici, dans les moindres recoins de l’espace. Nous n’arrivons néanmoins plus à la voir et encore moins à la mettre au cœur de nos vies. Je crois que c’est lié en grande partie à nos modèles éducatifs qui ne valorisent pas assez les territoires. À la lumière de la relation, l’éducation devient également un objet de réforme. Philippe Descola milite effectivement pour davantage d’anthropologie à l’école. J’ajouterais pour ma part davantage de géographie et d’éthologie ! ... construire davantage de liens entre ce que l’on pense et ce que l’on fait de ses mains. Il n’y a presque plus d’activités manuelles dans les programmes pédagogiques et universitaires. Pourtant expérimenter un territoire passe également par le mouvement du corps et par les sens. ... dans les moments de bonheurs comme de malheurs, tout ce qui compte au final, c’est le vivre ensemble. La crise du coronavirus le confirme. Remettre ce vivre ensemble, par-delà l’humain, par-delà l’Occident et par-delà le visible, au cœur de l’action me semble être un beau chemin à suivre.
Ndlr : revisiter, approfondir, questionner notamment sur le lien entre république, fédéralisme et régionalisme / TdM ACT
C'est un "énorme scandale" que dénonce le cinéaste. Celui d'un système de santé publique abandonné par les gouvernements du Royaume-Uni, qui laissent les sujets de sa Majesté sans protection face au coronavirus. Mais Ken Loach veut croire que cette crise nous a rendus "plus responsables les uns des autres".
Ken Loach, double palme d'or Cannes, s'est toujours mobilisé contre le démantèlement du service public au profit d'entreprises privées. © AFP / Sébastien Berda
C'est un système de santé britannique "mal préparé" qui fait face au raz-de-marée du coronavirus, a estimé l'ex-leader travailliste Jeremy Corbyn. Le prix d'une décennie d'austérité, "des années de coupes sombres" qui se paient aujourd'hui, fustige de son côté l'association des directeurs de la santé publique.
La crise du Covid-19, qui a déjà fait plus de 14 000 morts au Royaume-Uni, met en lumière le sous-financement chronique du National Health Service (NHS). Ce système de santé universel et gratuit, auquel le Premier ministre Boris Johnson avait déjà promis des milliards pendant la campagne des dernières législatives.
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Celui qui, dans Sorry We Missed You, dénonçait sans concession l’ubérisation de l’économie, estime que "cette crise a révélé un chaos absolu, qui devrait nous amener à exiger que, à l'avenir, [la santé] relève du service public" et pas de sociétés privées qui exploitent les salariés.
Olivier Poujade et Gilles Gallinaro, au Royaume-Uni pour la Rédaction internationale de Radio France, ont recueilli son sentiment sur la période exceptionnelle que vivent le monde et son pays.
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Thèmes associés Monde santé coronavirus Royaume-Uni Ken Loach hôpitaux
François Boulo, avocat au barreau de Reims, devient lors du mouvement des Gilets jaunes l’une des principales figures médiatiques. Le 3 octobre 2019 est sorti son manifeste La ligne jaune aux éditions Indigènes. Nous l’avons interviewé pour établir un panorama de la situation politique actuelle et à venir.
Par N. Publié in #2 L’Ère des Révolutions 21 min de lecture
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Macron a tout pris aux gens. En plus d’abaisser leur niveau de vie, par exemple avec la réduction des APL, il leur a volé leur dignité. Une partie des Français n’a même plus le droit au respect.
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Pour la première fois, en 2017, nous nous sommes retrouvés avec deux France coupées en deux à parts égales. Macron a été élu dans ce contexte-là par une France extrêmement divisée, notamment en termes de classes sociales.
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Nous avons même vu le 14 juillet les forces de l’ordre crever des ballons gonflables parce qu’ils étaient jaunes. Cette couleur est devenue insupportable pour le pouvoir. Phénomène d’usure psychologique et répression d’Etat, ce sont pour moi les deux grandes raisons expliquant la décrue progressive du mouvement.
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Pour arriver à une véritable convergence des luttes, il faut accéder à une véritable conscience politique. Or, c’est ce qui fait encore défaut aujourd’hui à la société française. Il y a toute une partie de la population qui est ignorante, dépolitisée, et qui saisit mal la dynamique néolibérale qui est à l’œuvre. C’est ce qui explique que tout le monde soit replié sur ses intérêts personnels ou ceux de sa corporation sans réussir à saisir la logique globale qui est à l’œuvre, qui atteint tout le monde, et qui participe de l’abaissement du niveau de vie de 99 % des Français.
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Sortir du capitalisme, c’est donc opérer une révolution du système de propriété des moyens de production en adoptant par exemple la théorie de la propriété d’usage de Bernard Friot. Mais comme Piketty, je doute qu’un tel modèle soit adapté aux petites unités de production. C’est pourquoi plutôt que de trancher la question de la sortie ou non du capitalisme, il faudrait déjà réussir à soumettre le marché à la loi, l’économie à la règle politique.
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Le dernier chemin qui nous reste, c’est l’insurrection. Mais très franchement, en l’état actuel de la société française, je ne crois absolument pas à une insurrection violente qui renverserait les institutions en place.
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La politique conduite qui contribue à l’abaissement du niveau de vie va produire des contestations et des crises de manière exponentielle, propices au réveil d’un nombre grandissant de citoyens.
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De Gaulle ... on ne peut pas lui ôter le fait qu’il ait pris ses responsabilités lorsqu’il fallait les prendre et que grâce à lui la France ait pu rejoindre le camp des vainqueurs à l’issu de la Seconde Guerre mondiale. C’est aussi une référence en tant qu’instigateur de la Ve République et c’est un homme politique ayant exercé ses fonctions avec une intégrité que l’on n’a jamais retrouvée chez aucun autre depuis. Lorsque l’on observe son choix en 1969 de quitter le pouvoir parce qu’il est mis en minorité lors d’un référendum, à 48 % seulement, on ne peut qu’être admiratif. Il se faisait une haute idée de la démocratie et de la majorité qui devait exister dans le pays en permanence et pas seulement au moment des élections. ... Comme autre source d’inspiration, je pense au Conseil national de la résistance. Dans un moment troublé, nous avons vu certains représentants politiques prendre conscience de la nécessité de dépasser les clivages politiques de l’époque pour se fédérer et sauver la France. Aujourd’hui c’est le même type de raisonnement qui doit être appliqué.
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Connu / https://twitter.com/BouloGiletJaune/status/1240670080960258048
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François Boulo @BouloGiletJaune · 12h
Entretien accordé à @Positions_revue le 2 mars dernier : « Ce monde qui semble s’imposer à nous donne de plus en plus l’impression d’une fin de cycle ».
J’étais loin de me douter que cela arriverait si vite ... #COVID2019france #COVID19
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2 Channel avatarAccount avatar Les Enquêtes du Media
L’ampleur des écoutes est sans précédent. C’est un micro qui capte tout, en permanence. J’ai décidé de témoigner à visage découvert pour dénoncer l’exploitation et la surveillance de masse".
Pour Le Média, un ancien employé lève le voile sur les pratiques intrusives d’une multinationale tentaculaire.
Notre enquête intégrale : https://www.lemediatv.fr/emissions/les-enquetes/comment-apple-vous-ecoute-en-permanence-63EZI7ruTIqUPIhk7ZqPHA
.#Enquête #Apple #Surveillance
Confidentialité Publique
Publié originellement 10 mars 2020
Catégorie Actualité & Politique
Licence Inconnu Langue Inconnu
Étiquettes : apple ; enquête ; entretien ; média ; reportage
Durée 31 min 19 sec - 4 Comments
Avatar thepanpiperthepanpiper@mamot.fr il y a 3 heures
@lemediatv
Ça me rappelle le témoignage d'une employée d'un autre sous-traitant #microsoft en l’occurrence qui use des mêmes méthodes.
https://peertube.nogafa.org/videos/embed/9772f4a0-c025-4238-bfff-2ca473eceb54
.#gafam #vieprivée
Transcr : ... employé par globe tech irlande ... siri ... donner les attributs de la divinité, relève du transhumanisme ... cf ouvrage antonio gasilli ... /féminsme être impartial refus absolu de prendre parti ... invisibles, les travailleurs du clic ... quelle est ler conception de l'état, de l'éthique, de la vie privée ? espionnage de masse ...
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Originaire de Saillans, la journaliste Maud Dugrand documente, dans un livre intitulé La Petite République de Saillans, les contours, les tensions et réussites d’un moment politique et démocratique inédit. Entretien.
Mots-clés démocratie participative Drôme élections municipales liste citoyenne Maud Dugrand République Saillans
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chercher le consensus à tout prix, dans un processus de participation, possède des limites. C’est un modèle qui semble légitime mais qui empêche sans doute parfois de prendre des décisions nécessaires.
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Alors qu’on est habitué à la verticalité des décisions, à la fonction symbolique du maire, Saillans a bousculé des représentations et des pratiques du pouvoir qui nous construisent et nous sécurisent depuis des décennies. Cela ne va pas sans angoisse, mais cela peut changer des habitudes dont on voit bien les limites.
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des règles d’écoute et de répartition de la parole ont été posées et cet espace civilisé est favorable aux femmes. Je soupçonne que, dans le village, cela a bousculé le patriarcat, car on a ouvert des lieux obéissant à des règles où l’on n’a plus peur d’aller en tant que femme.
... réforme du Plan local d’urbanisme (PLU) réussie ... 93 événements participatifs ont été proposés entre juin 2017 et juin 2019 concernant le PLU et 434 personnes ont participé à au moins l’un d’entre eux, ce qui est énorme sur un village de 1 300 habitants ... cela a été compliqué et parfois violent ... Ces questions en apparence techniques, complexes, réglementaires touchent en réalité des choses fondamentales : la propriété privée, l’intérêt commun, la manière dont on vit et on habite. ... Ce qui est très positif, c’est que ces sujets qui, en général, demeurent enfouis, alors qu’ils se situent à l’articulation des projets de société et de l’intimité des vies, ont été mis sur la place publique, au lieu qu’on découvre, à chaque vote, qu’il y a de l’inquiétude, des rancœurs, des seuils de tolérance et d’intolérance que capte le plus souvent le vote FN ... même s’il reste des désaccords, il est plus sain qu’ils s’expriment ouvertement. À ce titre, l’existence d’une liste d’opposition est un très bon signe.
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Le « capital d’autochtonie » a son importance
... partager le village entre « néos » et « locaux » ou entre « droite » et « gauche » ? ... clivage ... être capable de se confronter de personne à personne. ... Le cadre participatif laisse peu de place au conflit. Il impose la rationalité au détriment de l’émotion, de la parole directe, parfois frontale ... il existe souvent une euphémisation du conflit chez ces classes moyennes à fort capital culturel. ... la « redistribution de la parole se substitue à la redistribution sociale », comme on l’a vu lors du « Grand débat » post-gilets jaunes.
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des listes citoyennes ne peuvent pas se constituer à trois mois des élections. Il faut un travail au moins deux ans avant, avec l’aide de professionnels de l’éducation populaire et de l’animation de réunions. Mais il n’est pas inintéressant de noter que dans la ville voisine de Crest, 8 000 habitants, administrée depuis quatre mandats par Hervé Mariton, ancien député LR, qui se représente pour un cinquième mandat, une liste citoyenne s’est constituée. Peut-être qu’avec le temps, Saillans assumera d’avoir été ce précurseur, mais aujourd’hui c’est trop tôt. Saillans n’avait pas l’ambition de repenser la démocratie d’un point de vue théorique.
Ndlr : faut-il privilégier l'action à la parole, le faire ensemble, plutôt que la "parlotte" ? questionner, expérimenter ACT
Les mégafeux en Australie sont aussi la conséquence de la disparition de certaines pratiques aborigènes. En pratiquant de petits feux maîtrisés, ils savaient prévenir les grands feux. Mais la colonisation a tout bouleversé, nous explique l’anthropologue Barbara Glowczewski.
Barbara Glowczewski est anthropologue, spécialiste des Aborigènes d’Australie. Elle fait partie du laboratoire d’Anthropologie sociale du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) http://las.ehess.fr/index.php?1716. Elle est l’autrice d’une dizaine de livres sur l’Australie, dont Rêves en colère (Plon, Terre Humaine) et Guerriers pour la paix (Indigène). Elle a mené ses recherches notamment auprès des Warlpiri de Lajamanu dans le désert central australien. Elle est par ailleurs membre du comité de Terre en commun https://encommun.eco/.
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les Aborigènes pratiquaient une sorte d’aménagement du territoire comparable à celle des bocages européens. C’est cela que les premiers colons ont vu et dessiné.
Ces paysages résultent d’un véritable nettoyage. Les petites forêts devaient être nettoyées, débroussaillées à l’intérieur, mais étaient surtout séparées par de grands espaces sans arbres, ce qui permettait de créer des limites empêchant le feu de se propager.
... La manière dont ils pratiquaient cet entretien, a au contraire maintenu une certaine fertilité, comme l’a montré l’anthropologue aborigène Marcia Langton [1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcia_Langton.
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[1] « Burning Questions : Emerging environmental issues for indigenous peoples in northern Australia », Paperback, 1998
[2] Cette thèse est soutenue par l’écrivain Bruce Pascoe dans Dark Emu : Black seeds : agriculture or accident ?, publié en 2014 par l’éditeur aborigène Magabala Books
[3] « Ces feux sont d’une telle intensité qu’ils génèrent leur propre climat. Par exemple ils augmentent la vitesse des vents et peuvent même déclencher la foudre », expliquait-elle à Reporterre.
La Guerre des Idées – Vidéo 28’31
Disparu il y a dix ans, le philosophe et militant Daniel Bensaïd laisse une œuvre toujours utile aujourd’hui, pour celles et ceux qui ne se contentent pas du monde tel qu’il est mais qui n’osent à peine imaginer ce que l’on pourrait en faire. Comment passer de la résistance à l’espérance ? Comment renouer avec le fil de l’histoire progressiste rompu par la catastrophe stalinienne ? Comment trouver des braises dans les cendres des grands échecs ? Ami proche de Bensaïd et de ses idées, Olivier BESANCENOT nous en donne un mode d’emploi pour aujourd’hui.
Un entretien de Daniel Mermet avec Olivier Besancenot, salarié de La Poste, membre du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
journaliste : Daniel Mermet
réalisation : Jonathan Duong et Cécile Frey
son : Sylvain Richard