Clémence Guetté @Clemence_Guette
5 d’entre eux seront bientôt atteints.
Le capitalisme est incompatible avec notre survie / lemonde.fr
Antarctique, coraux… cinq points de bascule climatique pourraient être franchis avec le niveau de...
Dans une étude publiée vendredi dans « Science », des chercheurs identifient seize points de rupture entraînant un emballement mondial ou régional. Ils estiment que cinq d’entre eux pourraient être...
320 - 377 - 684
Confirmés par https://twitter.com/ClemSenechal/status/1568165366295035904
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Clément Sénéchal @ClemSenechal
Pendant ce temps-là, le système Terre aurait potentiellement franchi 5 points de bascule (à +1,1°C) et pourrait en franchir 5 autres dès +1,5°C de hausse des températures. Avec des conséquences chaotiques.
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11:12 AM · 9 sept. 2022 - 179 Retweets- 5 Tweets cités - 257 J'aime
Ceux en cours de franchissement :
- Disparition de la calotte glaciaire du Groenland
- Hausse importante du niveau de la mer
- Effondrement d'un courant clé dans l'Atlantique Nord
- Perturbation majeure des pluies
- Fonte brutale du pergélisol (riche en carbone)
*Source 👇World on brink of five ‘disastrous’ climate tipping points, study finds
Giant ice sheets, ocean currents and permafrost regions may already have passed point of irreversible change
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#SMIC 92,2 k abonnés - 346 - 2 211 vues - 73 commentaires
Adrien Quatennens, député du Nord et coordinateur de la France insoumise, inaugurait ce vendredi 9 septembre 2022 le stand de la France Insoumise à la Fête de l'Humanité !
Il est revenu sur le contexte politique de cette rentrée sociale. Il a rappelé qu'en juin et juillet, nous avons vu se constituer à l'Assemblée nationale des alliances baroques contre le pouvoir d'achat des Français. De la Macronie au RN, le constat est le même : votes contre le gel des loyers, contre le #SMIC, contre le blocage des prix !
Partout à travers le monde, la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon sont regardés comme un vent d'espoir qui s'est levé. Ce vent qui permet qu'au coeur de l'Europe néolibérale, une gauche de rupture montre le chemin !
Il a enfin lancé un appel à la mobilisation. La Fête de l'Humanité marque la rentrée sociale, et ça commence maintenant ! Face à l’inflation et les profiteurs de crise, un seul mot d’ordre : mobilisation générale !
Pixelasa il y a 2 heures (modifié)
Vous avez vu les vidéos de Méluche à Rome ce mercredi ? Ils ont fait une Union Populaire en Italie aussi et il est allé les soutenirs.
Ndlr : en Italie, effectif ? ACT
Sur les antennes de France Bleu et France 3 Limousin, le président de la chambre d'agriculture de la Haute-Vienne Bertrand Venteau (Coordination Rurale) a qualifié, ce mercredi, les écologistes de "terroristes", quelques heures avant une visite organisée à Fromental avec la préfète du département. Les agriculteurs réclament des mesures d'urgence.
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"Non aux pyromanes de l'agriculture" réagit EELV
Dans un communiqué intitulé "Rentrée des clashs : non aux pyromanes de l'agriculture", le conseiller régional EELV de Haute-Vienne Jean-Louis Pagès affirme qu'"en faisant un tel parallèle, Monsieur Venteau insulte les victimes du récent procès des terroristes du Bataclan et de celui de l'attentat de Nice ", croyant "justifier par l'invective son combat passéiste en faveur d'une agriculture qui pollue la planète, confisque les ressources en eau et dont les pesticides empoisonnent les populations, en premier lieu les agriculteurs".
Jean-Louis Pagès dénonce une prétendue « vision » cauchemardesque de M. Venteau qui serait "encouragée par les lobbies de la pétrochimie et du business de la grosse industrie agroalimentaire qui favorise l'agriculture intensive et veut confisquer au bénéfice de quelques-uns cette eau si précieuse, construire des usines à viande au mépris du bien-être animal, et enfin détruire la biodiversité".
Ce sont bien plutôt les écologistes qui alertent avec lucidité depuis plus de 30 ans sur les catastrophes que nous allons vivre et proposent des solutions : retour à une agriculture paysanne, respect des agriculteurs et du vivant, circuits courts, etc. Et chacun s'accorde depuis les catastrophes de cet été à reconnaître que nous avions raison. Jean-Louis Pagès, conseiller régional EELV de Haute-Vienne
L'élu régional cite ensuite la récente étude de l'AREC (Agence Régionale d'Evaluation Environnement et Climat) selon laquelle "notre agriculture est responsable d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre émis en Nouvelle-Aquitaine, soit plus que les émissions cumulées de l'industrie du logement résidentiel". prévoir l'avenir pour le monde agricole ne consiste donc pas à allumer des incendies médiatiques, à insulter violemment les défenseurs de la vie, mais à envisager l'urgente et nécessaire transformation écologique de façon constructive et apaisée. Les écologistes vont continuer à y participer sereinement par leurs propositions.
La préfète de Haute-Vienne prône le consensus
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La retenue d’eau que les agriculteurs lui ont montrée sert notamment à irriguer le maïs, elle a coûté 130 000 euros, financés à 60% par l’Etat, les collectivités mais aussi l’Europe. Il existe 80 projets d'irrigation de ce type en Haute-Vienne ... Pour ce qui me concerne, a poursuivi Fabienne Balussou, je travaille dans une approche consensuelle qui vise à mettre l'ensemble des acteurs autour de la table. Sur des sujets aussi importants que ceux-là, on ne peut pas traiter les choses de façon linéaire et en ayant une approche qui n'est que partielle. Ce sont des enjeux qui sont importants, stratégiques, qui touchent à la fois à l'alimentation en eau potable, à la capacité à subvenir aux besoins alimentaires de la population. Il faut qu'on voit ce qui est possible et ce qui ne l'est pas dans le respect de la réglementation. C'est ma mission de veiller au bon respect de la loi et des textes qui régissent l'ensemble des points d'urbanisme".
Clés : sécheresse météo agriculture économie polémique société
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C'est la rentrée sous pénurie, pénurie de conducteurs pour les cars, de professeurs dans les collèges, d'AESH pour les enfants handicapés, de puéricultrices dans les crèches... Pourquoi ça craque ? Pour cause de travail méprisé, maltraité depuis quarante ans...
N'oubliez pas de mettre un petit pouce en l'air, de partager, et on vous souhaite un bon visionnage !
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Épinglé par FRANÇOIS RUFFIN il y a 6 jours
Pour me soutenir on a lancé cet été un plateforme de don, hésitez pas à y faire un tour ! https://avecruffin.fr/don
Bon visionnage, et bonne rentrée !
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Le 6 septembre 2022, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de France 5 pour l’émission « C Dans l’air - L’invité » animée par Caroline Roux.
Il est revenu dans un premier temps sur la taxation des superprofits. Il a rappelé que de nombreux pays européens avaient décidé de mettre en place cette taxe quand, dans le même temps, Emmanuel Macron refuse de le faire en France. Il a appelé à signer la pétition https://taxesuperprofits.fr/ pour demander une loi sur le sujet au Parlement.
Interrogé sur l’écologie, Jean-Luc Mélenchon a souligné que la prise de conscience de l’urgence climatique aurait d'abord dû se faire du côté des dirigeants et que c'est à eux qu'il faut demander des comptes. En effet, il a fallu que ce soit la sécheresse et les incendies partout pour qu’ils se rendent compte qu'il y a un problème. Il faut ensuite demander des efforts aux plus riches qui polluent en masse et non pas faire payer toujours les mêmes personnes.
Face à la crise climatique, Jean-Luc Mélenchon a détaillé les deux manières de réagir : celle de monsieur Macron qui est de clouer de peur les gens et les culpabiliser, en faisant toujours payer les mêmes, alors que ce sont les riches qui détruisent la planète, ou bien celle proposée par la NUPES : faire face en planifiant, en innovant, en s'attaquant à la racine des problèmes.
Jean-Luc Mélenchon est ensuite revenu sur la question du droit au silence et notamment des passoires acoustiques. Il a alerté sur les dangers de vivre dans le bruit permanent : 87% des Français considèrent que le silence est devenu quelque chose de rare réservé aux riches.
En conclusion, Jean-Luc Mélenchon a appelé à une marche à la mi-octobre contre la vie chère pour que Monsieur Macron comprenne que la situation sociale de millions de Français n’est plus supportable.
Un transport de combustible Mox va prochainement partir du port de Cherbourg (Manche), vers la centrale de Takahama au Japon. Le tribunal a interdit toute action de blocage.
Comme l’année dernière, le port de Cherbourg sera le point de départ d’un convoi de Mox en direction du Japon. (©Jean-Paul BARBIER/La Presse de la Manche)
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Connu / tg 3/9/22 à 17:32
PHOTOVOLTAÏQUE
L’Allemand Sono Motors, concepteur de véhicules à cellules photovoltaïques intégrées, annonce un partenariat avec l’entreprise normande, Chereau, spécialisée dans la conception et la fabrication de carrosseries frigorifiques pour poids lourds. Le partenariat vise à concevoir un camion frigorifique pilote intégrant 54 modules solaires sur le toit et les flancs de sa remorque, sur près de 59 m2, pour une puissance allant jusqu’à 9,8 kW. L'électricité produite alimentera le groupe froid en rechargeant une batterie. Selon Sono Motors, cela permettra d'économiser environ 3 400 litres de carburant par an et d'éviter le rejet de près de 9 tonnes de CO2 par an par rapport à une remorque frigorifique diesel. Le camion doit être présenté lors du salon IAA Transportation 2022, qui se tient à Hanovre (Allemagne) du 20 au 25 septembre prochain. Il subira ensuite toute une série de tests, visant notamment à vérifier les économies d'énergie et de carburant réalisées dans des conditions météorologiques réelles.
Connu / https://twitter.com/Observ_ER/status/1539998369766055937
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Vincent Boulanger a retweeté Observ'ER @Observ_ER · 6h
@SonoMotors - Image - 0 - 2 - 0
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Ndlr : imaginés si tardivement ? ACT
-> https://www.la16.fr/PodcastsLA16/TCV%20-%20Bassines.mp3
Tr.: ... Agnès du collectif bassines non merci Aume-Couture ... André Puygrenié au téléphone ... l'agence de l'eau par bassins versants, ici Adour-Garonne. Les bassines remontent à plus de vingt ans. Ya eu deux formules - alimentées par la nappe phréatique - retenues colinaires ... Claude Matard des petites dans le bassin Aume-Couture datent de plus de trente ans. Mais elles n'avaient rien à voir en taille avec les projet d'aujourd'hui ... Agnès Roustaud, Confédération paysanne ... développer une agriculture qui permet la souveraineté alimentaire ... notre eau, bien commun pour une agriculture d'exportation ? non ... on n'est pas contre l'irrigation mais faire des trous bachés n'est pas la solution ... le maïs ne fournit pas une alimentation équilibrée, c'est le soja importé d'amérique du sud ... une volonté politique / souhait de la FNSEA ...
54 minutes
La catastrophe industrielle de Lubrizol a mis en lumière les inégalités environnementales que subissent celles et ceux que l'on nomme les "gens du voyage". Les aires d'accueil qui leur sont réservées sont généralement à proximité de diverses sources de nuisances.
Photo © Getty / Joel Carillet
Dans son livre « Où sont les gens du voyage ? Inventaire critique des aires d’accueil » paru aux Editions du commun, William Acker propose une approche historique, sociétale et environnementale de la question des aires d’accueil destinées aux « gens du voyage ». Son travail de recensement et d’inventaire fait suite à la catastrophe industrielle de Lubrizol, à proximité de laquelle une aire d’accueil jouxtait la zone Seveso.
Après une action publique et une tribune menées notamment avec l’anthropologue Lise Foisneau, le juriste William Acker s’attèle au recensement de la localisation des aires d’accueil des « gens du voyage » pour démontrer la récurrence des localisations de ces dernières à proximité de lieux pollués tels que les déchetteries, les cimenteries, les autoroutes, les zones industrielles. Cela demeure une gageure de quantifier l’atteinte environnementale.
Ces localisations s’expliquent aussi par le fait d’une certaine volonté à reléguer les « gens du voyage » loin des centres. Grâce à cet inventaire, le constat est sans appel, il y a un caractère systémique dans la mise à l'écart et des atteintes environnementales que subissent les "gens du voyage" ne fait aucun doute. Néanmoins les données sur ce sujet des aires d’accueil dans le domaine de la santé environnementale manquent.
« Les mouvements de justice environnementale ne peuvent ignorer la situation des « gens du voyage » en France tant elle lie intimement les questions de discriminations sociales, raciales et environnementales. » écrit William Acker.
La lecture de ce livre est aussi l’occasion de mieux comprendre les subtilités de ceux et celles que l’on nomme « gens du voyage » en France, de retracer l’histoire juridique, d'évoquer les mémoires et d’envisager les luttes environnementales et sociales à venir.
Les invités William Acker, juriste et Sue Ellen Demestre, membre du collectif des Femmes de l'aire d'accueil d'Hellemmes-Ronchin
Ndlr : la société aurait-elle peur des gens mobiles ? qui ne sont pas "dans le moule" ? Questionner ACT
53 minutes
La production de pétrole est vouée à décliner peu à peu, inexorablement. Quelles seront les conséquences pour l'Europe si ce déclin n'est pas anticipé ?
Bientôt la fin du pétrole ? © Getty / Anton Petrus
D’après le Shift Project, la majorité des sources actuelles d’approvisionnement en pétrole de l’Union européenne menacent de décliner d’ici à 2030.
Le groupe de réflexion sur la transition énergétique s’appuie sur une analyse critique de la base de données pétrolières de la seule société norvégienne Rystad Energy, qui figure parmi les sources de référence au sein de l’industrie.
L’Europe dispose donc de 10 ans pour apprendre à se passer de pétrole.
Car s’il n’est pas anticipé ce déclin sera subi, avec des conséquences probablement catastrophiques.
Pourtant, le problème reste aujourd’hui mal compris et sous-estimé.
Au sein de l’ouvrage Pétrole, le déclin est proche publié ce 2 septembre au Seuil, Matthieu Auzanneau analyse la menace que constitue l’approche de l’inéluctable « pic pétrolier », et ses risques spécifiques pour les pays de l’Europe, qui figurent parmi les premiers importateurs mondiaux de brut.
Les invités Matthieu Auzanneau, Directeur de The Shift Project groupe de réflexion sur la transition énergétique
Les références Pétrole le déclin est proche écrit par Matthieu Auzanneau(Seuil)
Ce 25 septembre 2021, au FestiVAD, les sourires sont sur tous les visages… mais un moment de flottement s’abat sur l'évènement lorsque l'info commence à circuler. Le Premier Ministre en déplacement à 30 km de là vient d'annoncer le nom du concessionnaire : NGE ! En traversant le stade, l’émotion gagne les organisateurs. Ces quelques mots sont dans toutes les bouches : «C’est une blague ?!»
10 commentaires 40 recommandés
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Chronique de Gérard Charollois, président de la Convention Vie et Nature (CVN - ww.ecologie-radicale.org) du 15/09/2021.
Clés : biocentrisme, politique, environnement, humanité, protection animale, protection de l'environnement, écologie, animalsme, anti-chasse
Connu / https://www.ecologie-radicale.org/
Ndlr : termine par un avis politique pertinent mais pessimiste :-( "soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres (La Boétie ?) Roule pour le vivant, se déterminer sur les programmes en cherchant l'intérêt supérieur de la nature, de l'homme.
Perspectives sur l’actualité - Économie
Auteur Jean Pisani-Ferry - Cover © Kelly Lacy
Prix du carbone ou réglementation, au fond peu importe : d'une manière ou d'une autre, l'économie va subir un choc d'offre négatif, dont l'ordre de grandeur sera proche de celui du choc pétrolier de 1973-74. La transition vers la neutralité carbone au pas de course est un immense défi macroéconomique, qu'il s'agit de prendre à bras le corps – avec toutes les conséquences que cela implique.
L’atténuation du changement climatique a longtemps été envisagée comme un processus graduel, permettant aux économies à forte intensité de carbone de réduire progressivement leurs émissions de gaz à effet de serre. Parmi les nombreuses questions que cette perspective soulevait, peu étaient de nature macroéconomique. Mais des décennies de tergiversations ont transformé la transition douce espérée en une mutation abrupte. Selon les estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies, une action d’urgence est indispensable si l’on veut contenir un dérèglement climatique catastrophique1.
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Cet article se concentre sur la nature et sur l’ampleur de l’impact économique de l’action climatique, pas sur les conséquences de la décarbonation en régime permanent. Il se concentre sur les questions de transition sans aborder le débat à plus long terme, à savoir la controverse entre les techno-optimistes qui affirment que si les bons investissements sont réalisés à temps, les catastrophes liées au climat peuvent être évitées sans que le niveau de vie ne soit trop modifié, et les techno-pessimistes qui soutiennent que la vie sur Terre ne peut être préservée que si les sociétés se détachent d’un modèle économique centré sur la maximisation du bien-être matériel.
Plus précisément, l’argument présenté ici s’appuie sur les hypothèses des techno-optimistes et suppose qu’à un horizon de 30 ans, la neutralité carbone peut être atteinte sans baisse majeure du revenu réel et du niveau de vie9. Si cette hypothèse s’avère trop optimiste, cela ne fera que renforcer l’importance macroéconomique de la décarbonation.
La première partie explique pourquoi la perspective macroéconomique a longtemps été largement négligée. La nature et l’ampleur de la transition vers la neutralité carbone sont évaluées dans la deuxième partie. La troisième partie est consacrée aux implications pour la croissance et le bien-être. La quatrième traite des impacts sur les finances publiques et la cinquième offre quelques conclusions.
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Les dimensions macroéconomiques de l’action climatique ont été largement négligées
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La réallocation de la main-d’œuvre sera également précipitée et généralisée.
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La transition vers le net zéro implique un choc d’offre négatif important
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En termes macroéconomiques, la tarification soudaine d’une externalité négative qui avait été négligée dans les décisions de production équivaut à un choc d’offre négatif. L’impact d’un tel choc est familier car il ressemble aux chocs pétroliers des années 1970, lorsqu’une ressource auparavant sous-évaluée a été soudainement réévaluée.
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La comparaison ne doit donc pas être prise au pied de la lettre. Ce qu’elle révèle, ce n’est pas que l’expérience des chocs pétroliers va se répéter, mais que le changement de régime impliqué par la transition vers la neutralité carbone implique une perte sèche qui est potentiellement significative macroéconomiquement, et pourrait déboucher sur des évolutions défavorables.
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La transition déclenchera un boom des investissements mais réduira la consommation
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Un effort important pour remplacer le stock de capital existant aura également un impact sur le bien-être. La transition vers la neutralité carbone est susceptible d’avoir des externalités positives sur la satisfaction des consommateurs à long terme – en raison, par exemple, de l’amélioration des infrastructures de transport, de la pureté de l’air ou de la meilleure isolation des maisons – mais à court terme, son effet de premier ordre sur la consommation sera négatif.
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La transition vers le « zéro carbone » risque d’aggraver l’endettement public
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Politiquement, un engagement à redistribuer euro pour euro le produit de la fiscalité carbone peut être indispensable pour dissiper les soupçons selon lesquels la tarification des émissions n’est qu’un prétexte commode pour augmenter les impôts. Un tel engagement exclurait la possibilité de compenser les effets négatifs de la taxation du carbone sur l’offre par une réduction des taxes distortives sur le travail ou sur le capital.
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Conclusions
L’accélération des efforts de décarbonation est indispensable et urgente. À plus long terme, l’émergence de technologies efficaces à faible intensité carbone ou complètement neutres offre de bonnes raisons de faire preuve d’un optimisme éclairé quant aux conséquences économiques de la transition écologique. Bien que cela ne soit pas certain, il est de plus en plus probable que, si les défis de l’action collective internationale sont surmontés, la transition vers le zéro carbone net peut être réalisée à long terme sans une baisse majeure des niveaux de vie.
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En raison de l’accélération du changement climatique et de l’ampleur de l’effort à fournir pour décarboner l’économie tout en investissant dans l’adaptation, la transition vers le zéro carbone net devrait impliquer, sur une période de 30 ans, des changements majeurs dans la configuration de la croissance. Ses effets comprendront un choc d’offre négatif d’ampleur notable, une poussée d’investissement suffisamment importante pour affecter le taux d’intérêt d’équilibre mondial, des effets négatifs significatifs sur le bien-être des consommateurs, des changements dans la répartition des revenus et une pression considérable sur les finances publiques.
Même en laissant de côté de nombreuses autres dimensions de la question – telles que l’étendue des actifs échoués ou les conséquences de la décarbonation sur le commerce international et le taux de change – une simple exploration des mécanismes essentiels en jeu suggère que la transition vers le zéro carbone net confrontera les responsables de politique économique à de sérieuses difficultés macroéconomiques. Cette transition ne sera probablement pas bénigne, et les responsables politiques doivent se préparer à faire des choix difficiles.
Une analyse précise des défis et des options possibles nécessite bien plus que l’esquisse proposée dans cette note de synthèse. L’élaboration de scénarios quantitatifs, tels que ceux publiés par les institutions internationales, est probablement le meilleur moyen de cerner l’incertitude considérable qui nous attend.
Le principal message d’une analyse rudimentaire est que, si les discussions sur les rôles relatifs de l’innovation et de l’investissement ou sur la combinaison souhaitable des signaux de prix et de la réglementation restent importantes, il est grand temps de réaliser que la politique climatique est aussi une politique macro-économique. Il est urgent d’engager une discussion plus précise sur la macroéconomie de l’action climatique.
Dans ce contexte, les débats devraient se concentrer sur l’identification des mécanismes et des choix impliqués dans une transition qui s’annonce difficile. Ce n’est pas en minimisant les défis à venir que les analystes et les experts convaincront les dirigeants politiques et le public d’intensifier les efforts de décarbonation, mais plutôt en les abordant de front et avec méthode.
Sources
- https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-cycle/ AIE (Agence internationale de l’énergie). 2021. Net Zero d’ici 2050 : Une feuille de route pour le secteur énergétique mondial. Paris.
- La COP 26 aura lieu du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow.
- Commission européenne. 2021. « Fit for 55 » : Réaliser l’objectif climatique 2030 de l’UE sur la voie de la neutralité climatique, COM(2021) 550 final. Bruxelles.
- Commission européenne. 2020. Évaluation de l’impact du plan d’objectifs climatiques 2030, SWD(2020) 176 final. Bruxelles.
- Commission européenne. 2021. « Fit for 55 » : Réaliser l’objectif climatique 2030 de l’UE sur la voie de la neutralité climatique, COM(2021) 550 final. Bruxelles.
- Commission européenne. 2020. Évaluation de l’impact du plan d’objectifs climatiques 2030, SWD(2020) 176 final. Bruxelles, tableau 14.
- Ces dernières années, une proportion croissante de gouvernements a fini par avoir une appréciation plus réaliste des contraintes d’économie politique de la transition verte. Par exemple, la Commission européenne propose que 25 % des ressources provenant du nouveau système d’échange de quotas d’émission au niveau de l’UE soient alloués à un fonds social dédié, et que les États membres individuels contribuent pour un montant équivalent.
- Pour des discussions récentes en faveur de cette perspective optimiste, voir UK CCC (2020), Turner, Adair. 2020. Techno-optimism, behaviour change and planetary boundaries. Keele World Affairs Lectures on Sustainability, 12 novembre et Blanchard, Olivier, et Jean Tirole. 2021. Les grands défis économiques futurs. Rapport au Président Macron. Paris : France Stratégie.
- Voir, par exemple Heal, Geoffrey. 2017. L’économie du climat. Journal of Economic Literature 55, no. 3 : 1046-63.
- Voir Stern, Nicholas, et Joseph E. Stiglitz. 2021. Le coût social du carbone, le risque, la distribution, les défaillances du marché : An Alternative Approach. Document de travail NBER 28472. Cambridge, MA : National Bureau of Economic Research pour une discussion sur l’utilisation des MAI dans le contexte de l’irréversibilité et des risques catastrophiques.
- Mise à jour de l’Institut de recherche Mercator sur les biens communs mondiaux et le changement climatique, qui s’appuie sur le GIEC (2018).
- Comité consultatif scientifique du CERS. 2016. Trop tard, trop soudain : Transition vers une économie à faible émission de carbone et risque systémique, Rapport n° 6.
- Commission européenne. 2021. « Fit for 55 » : Réaliser l’objectif climatique 2030 de l’UE sur la voie de la neutralité climatique, COM(2021) 550 final. Bruxelles.
- Motor Authority, 24 juin 2021.
- Tribune libre de la présidente von der Leyen, 11 décembre 2019.
- Voir, par exemple, Ocasio-Cortez, Alexandria. 2019. Projet de résolution de la Chambre 109 reconnaissant le devoir du gouvernement fédéral de créer un Green New Deal. Washington : Congrès américain et AIE (Agence internationale de l’énergie). 2021. Net Zero d’ici 2050 : Une feuille de route pour le secteur énergétique mondial. Paris.
18 - Sources des calculs :
– Engagements nets zéro : Nations Unies
– Émissions mondiales de CO2 : Notre monde en chiffres
– Revenus des systèmes de tarification du carbone : Institute for Climate Economics (les émissions ne comprennent pas les autres gaz à effet de serre)
– Prix global global du carbone pour un échantillon de 25 pays en 2019 = 12,9 $/tonne (mise à jour par Kepos Capital de l’estimation de Carhart et al. 2020 pour un échantillon de grands émetteurs)
– Production annuelle mondiale de pétrole en 1973 : 33,4 térawattheures ou 19,7 milliards de barils (Notre monde en données via BP Statistical Review of World Energy et le portail de données du Shift Project)
– Prix mondial du pétrole brut en 1973 : 3,3 $/baril ; prix du pétrole en 1974 : 11,6 $/baril (Notre monde en chiffres via BP Statistical Review of World Energy et le Shift Project Data Portal)
– PIB mondial (en dollars US courants) : 4 600 milliards de dollars en 1973 ; 87 600 milliards de dollars en 2019 (Banque mondiale)
– Ratio investissement/PIB mondial : Banque mondiale
- 19 Gaspar, Vítor. 2021. Une proposition pour augmenter la tarification mondiale du carbone. Blogpost du FMI, 18 juin.
- 20 Carhart, Mark, Bob Litterman, Clayton Munnings et Olivia Vitali. 2020. Measuring Comprehensive Carbon Prices of National Climate Policies, photocopie. New York : Kepos Capital. Voir également https://carbonbarometer.com.
- 21 Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone. 2017. Rapport de la commission de haut niveau sur le prix du carbone. Washington : Banque internationale pour la reconstruction et le développement et Association internationale de développement/Banque mondiale.
- 22 NGFS (Network for Greening the Financial System). 2021. Scénarios NGFS pour les banques centrales et les superviseurs. Paris.
- 23 Quinet, Alain. 2019. La valeur de l’action pour le climat. Paris : France Stratégie.
- 24 Les calculs à plus long terme prévoient généralement de nouvelles augmentations du prix du carbone, mais celles-ci dépendent d’hypothèses très incertaines sur les futurs coûts de réduction. Banque d’Angleterre. 2021. Principaux éléments du scénario explicatif bisannuel de 2021. Londres.
- 25 Gaspar, Vítor, Ibid.
- 26 Cela ne serait pas vrai si le produit de la taxation du carbone était utilisé pour financer une baisse des taxes distorsives sur le travail et le capital. Je discute de cette hypothèse dans la quatrième partie.
- 27 Au cours de la première décennie de ce siècle, l’économie mondiale a connu une hausse des prix du pétrole, qui sont passés de 25 dollars le baril en 2002-2003 à près de 100 dollars en 2008. Rien ne prouve que cette hausse ait eu des conséquences récessionnistes, mais cela est peut-être dû au fait que cet impact a été éclipsé par celui de la crise financière mondiale.
- 28 Porter, Michael E., et Claas van der Linde. 1995. Toward a New Conception of the Environment-Competitiveness Relationship. Journal of Economic Perspectives 9, no. 4 : 97-118 et Acemoglu, Daron, Philippe Aghion, Leonardo Bursztyn et David Hemous. 2012. L’environnement et le changement technique dirigé. American Economic Review 102, no 1 : 131-66.
- 29 NGFS (Network for Greening the Financial System). 2021. Scénarios NGFS pour les banques centrales et les superviseurs. Paris.
- 30 Voir Ledez, Maxime, et Adrien Hainaut. 2021. Paysage de la finance climatique 2020. Paris : Institut pour l’économie du climat pour une application au cas français.
- 31 AIE (Agence internationale de l’énergie). 2021. Net Zero d’ici 2050 : Une feuille de route pour le secteur énergétique mondial. Paris.
- 32 Commission européenne. 2020. Évaluation de l’impact du plan d’objectifs climatiques 2030, SWD(2020) 176 final. Bruxelles.
- 33 Les estimations de l’impact sur le PIB de la transition vers la neutralité carbone varient toutefois considérablement : de 4 % en 2030 (AIE. 2021. Net Zero d’ici 2050 : Une feuille de route pour le secteur énergétique mondial. Paris., pour l’économie mondiale) à 2 % (UK CCC 2020, pour la Grande-Bretagne), en passant par un impact à peu près neutre (Commission européenne 2021, pour l’UE) et une légère diminution (NGFS (Network for Greening the Financial System). 2019. Stabilité macroéconomique et financière : Implications du changement climatique. Paris) pour l’économie mondiale. Ces divergences sont révélatrices de l’absence de consensus sur les aspects macroéconomiques de l’action climatique. FMI (Fonds monétaire international). 2021. Atteindre des émissions nettes zéro. Note préparée pour le Groupe des Vingt, juin.
- 34 En supposant que les dépenses de consommation personnelle représentent les deux tiers du PIB.
- 35 Goulder, Lawrence. 1995. Environmental taxation and the double dividend : A reader’s guide, International Tax and Public Finance 2 : 157-83.
- 36 Akerlof, George, et al. 2019. Déclaration des économistes sur les dividendes du carbone. Wall Street Journal, 16 janvier.
- 37 Commission européenne. 2021. « Fit for 55 » : Réaliser l’objectif climatique 2030 de l’UE sur la voie de la neutralité climatique, COM(2021) 550 final. Bruxelles.
Crédits
Ce texte, initialement paru comme Policy Brief du Peterson Institute for International Economics, est basé sur ses contributions à un webinaire de la DG ECFIN sur l'économie du changement climatique (25 mars 2021), à un webinaire PIIE-CF40 sur la décarbonation (18 mai) et à la conférence Green Swan de la BRI (3 juin). Il remercie Olivier Blanchard, Laurence Boone, Gregory Claeys, Filippo D'Arcangelo, Benoît Leguet, André Sapir, Simone Tagliapietra, Ángel Ubide, Georg Zachmann et Stavros Zenios pour leurs commentaires et critiques, ainsi que les participants aux séminaires PIIE-CF40 et Bruegel.
Le Sommet de l’ONU sur les Systèmes alimentaires mondiaux (UNFSS) qui s’est tenu le 23 septembre 2021 au siège de l’ONU à New York n’a pas bénéficié de la médiatisation qu’il méritait. Il s’agit rien de moins en effet que de "transformer les systèmes alimentaires mondiaux afin d’atteindre les objectifs de développement durable en 2030". Oublions la fable du Développement durable, véritable cache sexe de toutes les politiques actuelles, pour nous intéresser au coeur du problème, la volonté de passer à marche (...)
Avec Lise Barnéoud et Brice Perrier et Bruno Toussaint Presentation Emmanuelle Walter Préparation Adèle Bellot Deco-Réalisation Antoine Streiff
Comment couvrir une crise sanitaire sans précédent, qui dure depuis près de deux ans ? Les médias se sont-ils fourvoyés dans leur traitement de la pandémie de Covid-19 ? Comment parler des labos, des vaccins et des médicaments... en conservant son indépendance ? Emmanuelle Walter a invité trois spécialistes pour en discuter dans le dernier épisode de "Club Indé" : Bruno Toussaint, de la revue médicale Prescrire, et les journalistes scientifiques indépendants Lise Barnéoud (qui pige pour Le Monde, Mediapart et a écrit "Vaccins, petit guide par temps de Covid") et Brice Perrier (qui pige pour Marianne et a écrit "Sars-Cov-2, aux origines du mal").
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... dans le cadre du Plan de transformation de l’économie française (PTEF) ... présente les principaux enjeux énergétiques et climatiques auxquels est confronté le secteur aujourd’hui ainsi que les leviers de décarbonation à actionner dès 2022. Il dessine également les contours de nos logements après transformation : ils seront plus sains et ne consommeront plus d’énergie fossile, tandis que la précarité énergétique aura considérablement reculé.
Comment accélérer le rythme des rénovations dans les décennies à venir ? Quels sont les volumes souhaitables en termes de constructions neuves ? Sur quelles sources d’énergie pourront-nous compter pour chauffer ou rafraîchir nos logements face à un climat de plus en plus incertain ? C’est précisément l’objet de ce rapport, et de ce webinaire.
... visio-conférence disponible à https://www.youtube.com/watch?v=bLGonB5PJe8
Ndlr :
Enquête — Alternatives - Durée de lecture : 11 minutes
[1/4] Le débat sur la politique énergétique se focalise en France sur une question secondaire : nucléaire ou renouvelables ? Car l’enjeu crucial est celui de la consommation énergétique. Et on ne pourra pas enrayer le changement climatique sans une politique déterminée pour économiser l’énergie et transformer nos modes de vie.
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Sans sobriété, « on n’y arrivera pas », avertissait pourtant en juillet dernier Jean Jouzel, paléoclimatologue et ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Le concept de sobriété, prisé des philosophes antiques qui l’associaient au bonheur et à la sagesse, connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Un nombre croissant d’intellectuels, d’associations et d’institutions (comme l’Ademe, l’Agence de la transition écologique) y voient l’un des éléments centraux d’une transition énergétique réussie, permettant de rompre avec « l’ébriété » de nos sociétés de surabondance.
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réduire notre consommation d’énergie et de biens matériels par un changement en profondeur de nos comportements et de nos modes de vie. Elle s’inscrit dans une démarche collective, dans la mesure où elle remet en cause les habitudes de consommation qui « structurent » aujourd’hui nos sociétés industrialisées, comme l’écrit Luc Semal dans Sobriété énergétique — Contraintes matérielles, équité sociale et perspectives institutionnelles (éd. Quae). En nous affranchissant de désirs superflus, nous limiterions la pression que nous exerçons sur l’atmosphère et le vivant.
« Évidemment, elle s’adresse à ceux qui ont des modes de consommation irraisonnés et peuvent les réduire » , précise Anne Bringault, coordinatrice des opérations au Réseau Action Climat (RAC). Alors que 3,8 millions de personnes en France sont en situation de précarité énergétique, la sobriété est une affaire d’équité sociale, selon Barbara Nicoloso, directrice de l’association Virage Énergie et autrice du Petit traité de sobriété énergétique (éd. Charles Léopold Mayer). « L’idée, c’est de rééquilibrer les choses, d’arriver à une juste consommation : que les personnes consommant trop arrêtent de le faire, et que celles étant dans une situation délicate puissent satisfaire leurs besoins essentiels, dit-elle à Reporterre. Il faut penser l’énergie comme une ressource vitale devant être accessible à l’ensemble de la population. »
L’ingénieur énergéticien Thierry Salomon, également vice-président de l’association Négawatt, définit la sobriété comme une « intelligence de l’usage ». Il distingue quatre leviers d’économies d’énergie. La sobriété structurelle consiste à réorganiser nos activités et l’espace de manière à favoriser des usages peu énergivores (comme en réduisant la distance entre les lieux de travail, les commerces et les habitations). La sobriété dimensionnelle vise à réduire autant que possible la taille de nos équipements — faire ses courses avec un véhicule d’une tonne n’est par exemple pas indispensable, dans la mesure où un vélo cargo peut souvent faire l’affaire. La sobriété d’usage, elle, invite à modérer notre utilisation desdits équipements — éteindre les écrans publicitaires, limiter la vitesse sur la route ou réparer son téléphone plutôt que de le jeter sont autant de manières de réduire notre consommation, explique-t-il. La sobriété conviviale, enfin, relève d’une logique de « mutualisation des équipements et de leur utilisation » : partager sa tondeuse avec ses voisins, par exemple, permet de diviser par deux les nuisances environnementales que sa production génère.
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