Publié Il y a 22 heures • 50 vues
Une semaine après Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann organisait son premier grand meeting. Officiellement, il n'est toujours pas candidat à la présidentielle. Officieusement, cela fait des mois qu'il prépare sa propre rampe de lancement pour 2027, loin des discussions sur l'union de la gauche qu'il refuse catégoriquement. Son entourage dit pourtant beaucoup du projet qu'il porte : anciens ministres hollandais, socialistes opposés à Olivier Faure, écologistes modérés et ex-macronistes venus quitter un navire en perdition. Difficile d'y voir le visage d'une gauche de rupture. Plus étrange encore, ses soutiens ressentent le besoin de répéter en permanence qu'il est « de gauche ». Or, quand une identité politique doit être autant proclamée, c'est souvent qu'elle ne saute pas aux yeux. Derrière les discours, Glucksmann apparaît surtout comme une version recyclée du macronisme : plus européenne, plus policée, mais toujours attachée au même logiciel économique. En somme, moins une alternative qu'une tentative de reconditionner le centre pour l'électorat de gauche.
Le Récap est un édito politique, à retrouver du lundi au jeudi sur Le Média.
Visibilité Publique
Publié originellement 15/06/2026
CatégorieInconnu
LicenceAttribution - Utilisation non commerciale - Pas d’œuvre dérivée Langue Français Étiquettes
Durée 19min 54sec
Commentaires désactivés
Publié Il y a 1 semaine • 113 vues
Macron va-t-il faire un Poutine et a-t-il trouvé en Jean Castex, son Dmitri Medvedev ? Vous vous souvenez ? Quand Vladimir Poutine ne pouvait pas se représenter à la présidence de la Fédération de Russie - parce qu'il était limité par sa constitution à 2 mandats successifs - et qu'il avait envoyé son premier ministre Medvedev à la présidence le temps de pouvoir reconquérir le poste. Emmanuel Macron aurait en tout cas des vues quant à un retour en 2032 et Jean Castex est le nom réfléchi pour assurer l'intérim à partir de 2027.
Comme les futurs candidats du “bloc central” à la présidentielle, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont pris leurs distances de façon plus ou moins explicite, Jean Castex devient le seul outil à la disposition du Président de la République. C’était l’objet du papier de Marc Endeweld, intitulé "Quand Macron rêve de 2032" et disponible sur sa plateforme "The Big Picture", sur Substack. Et ça tombe bien pour Emmanuel Macron car selon Le Figaro, l’ami Castex aurait des idées de présidentielle, et pas seulement quand il se rase (si vous avez la ref).
Pour parler de toute cette affaire, Irving Magi a reçu Marc Endeweld - journaliste d'investigation - pour l'entretien d'actu.
Pour approfondir : https://marcendeweld.substack.com/p/quand-macron-reve-encore-de-2032
Visibilité Publique
Publié originellement 09/06/2026
CatégorieInconnu LicenceAttribution - Utilisation non commerciale - Pas d’œuvre dérivée Langue Français Étiquettes
Durée 46min 36sec
Commentaires désactivés
Tr.: ...
Brigitte Macron, la giffle, liaison extra-conjugale, désaccord politique avec Emmanuel Macron, plan secret / 2032, comm interne auprès de ses propres troupe ... règle des 3 règle Lèche, Lâche, Lynche ... Georges Malbruno ... fera tout pour faire perdre Attal et Philippe ... stratégie du chaos ... bordéliser la situation ... proche de Michel Charrasse ... débarqué au meeting de Gabriel Attal à la Mutualité couper l'herbe sous le pied ! compte rester en politique ... Brigitte Macron ne souhaitait déjà pas un 2ème mandat ... amener le RN au pouvoir ... place ses proches à des postes clés ... veut continuer à peser ... Hollande veut candidater en 2027 ...
Publié Il y a 7 jours • 2,1K vues
Pour Blast, Manon Lefebvre, secrétaire nationale au Syndicat de la magistrature, revient sur "l'affaire Lyhanna". Au-delà des communications politiciennes en série, notamment du ministre en place, Gérald Darmanin, ce meurtre révèle l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve la justice, et avec elle tous les services publics. Une faillite généralisée accablante, résultat direct des politiques publiques macronistes.
Journaliste : Maxime Cochelin
#justice #lyhanna #crime
Visibilité Publique
LicenceInconnu LangueInconnu Étiquettes
Durée 11min 30sec
1 Comment
- Lien Rag lienrag@mastodon.tedomum.net
Il y a 15 heures
euh la phrase finale elle est pas carrément problématique ? "On a tous classé sans suite des procédures où on savait qu'un enfant nous décrivait quelque chose qui avait eu lieu (...) mais on nous impulsait pas l'idée qu'il fallait aller au-delà de ces simples auditions".
Y'a besoin qu'on vous dise qu'il faut sanctionner pénalement les viols d'enfants ? Vous êtes pas juges, à la base ? C'est pas un peu votre métier ?
Cet article s’intéresse à l’articulation des différentes expériences des enfants au cours de leurs premières années et aux logiques selon lesquelles se construisent leurs préférences, leurs goûts et leurs jugements, autrement dit leurs dispositions sociales et morales, en particulier lors de leur scolarité maternelle. Dans cette perspective, un dispositif d’enquête original de questionnaires ludiques sur Internet auprès d’enfants âgés de 5 à 6 ans (n = 4 242) de la cohorte Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance) est utilisé et exploité. L’analyse conduit à distinguer et à articuler les dispositions morales, les rapports à la scolarisation et aux normes scolaires que développent les enfants, en mettant en évidence des configurations variant principalement avec leur sexe et secondairement avec les propriétés sociales de leur famille. Elle met notamment au jour une forme de distance aux normes scolaires plus fréquente chez les garçons et dans les classes supérieures et, inversement, une forme d’adhésion aux normes scolaires chez les filles de catégories populaires.
Mots-clés éditeurs : école maternelle, enfance, famille, questionnaire ludique en ligne, socialisation
Entretien Economie Politiques publiques Société
Crise énergétique et géopolitique, méthode de gouvernement, relance écologique et sociale, réindustrialisation, imposition, dette publique… A un an de la présidentielle, le candidat insoumis précise son programme.
Juliette Le Chevallier, Matthieu Jublin, Eva Moysan, le 6 juin 2026
15 min
© © Stéphane Oiry
Entretien avec Jean-Luc Mélenchon, Fondateur de la France insoumise et candidat à l'élection présidentielle 2027
A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.
Olivier Faure, Clémentine Autain, Fabien Roussel, François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon ont déjà accepté de se prêter au jeu, et c’est le fondateur de la France insoumise qui ouvre la série.
Celui qui est candidat à la présidentielle pour la quatrième fois revient sur les grands axes de son programme : blocage des prix, révolution fiscale, accords avec la Chine, politique de défense, relocalisation industrielle, bifurcation écologique… Face à la hausse des inégalités, aux tensions géopolitiques et au dérèglement climatique, le leader insoumis détaille sa vision alternative de l’économie, du rôle de l’Etat et des politiques écologiques.
En réaction à la hausse des prix des hydrocarbures liée au blocage du détroit d’Ormuz, vous demandez le blocage des prix des carburants. Cela n’envoie-t-il pas un signal contradictoire avec votre volonté de décarboner l’économie, en découplant le prix du carburant qui est payé à la pompe du coût réel des énergies fossiles ?
Jean-Luc Mélenchon : D’abord il y a l’urgence sociale : permettre aux gens de se déplacer. Aujourd’hui, l’aménagement de nos territoires oblige tout le monde à prendre sa voiture. Et les salaires stagnent depuis trente ans à cause d’un rapport de force désastreux. Alors oui, le blocage des prix est possible avec un article du Code du commerce, et cela a déjà fonctionné. Il faut aussi augmenter les salaires. On pourrait même, à titre provisoire, appliquer une indexation automatique de tous les salaires sur la hausse des prix.
Ensuite, il faut viser la sortie de la civilisation du pétrole : continuer de consommer du carburant ne fait qu’amplifier les dégâts environnementaux. En tout cas, on ne peut rester sans rien faire ou ne prendre que des mesures type « chèque énergie » !
Une troisième mesure, essentielle pour financer, est la taxation des superprofits. Quand il y a des superprofits, il doit y avoir des supers impôts. Cela doit permettre d’investir pour sortir des situations anti-écologiques héritées du passé.
Pourquoi un blocage des prix, dont profiteront aussi les plus riches qui dépensent plus en carburant, plutôt que des aides directes ciblées sur les plus précaires ?
J-L. M. : Au nom d’un principe vieux comme la gauche : pour qu’une prestation soit acceptée, il faut qu’elle soit universelle. Sous couvert d’égalitarisme, la conditionnalité crée une inégalité de plus : les plus précaires doivent demander et les riches se servent. On l’a vu avec le débat sur l’universalité des allocations familiales. C’est aussi une question de dignité des milieux populaires.
La taxation des superprofits et la taxe Zucman sont au cœur de l’actualité depuis quelques mois, mais les besoins de financement de votre programme sont largement supérieurs à ce que rapporteraient ces deux taxes. Combien de recettes attendez-vous de votre révolution fiscale ?
J-L. M. : Nous sommes en train de mettre à jour notre programme afin de présenter nos chiffres actualisés [le contre-budget présenté par LFI pour 2026 affichait 183,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires, NDLR]. Il y a deux principes. D’abord, répartir la charge entre les ménages. Jusqu’à 4 000 euros de revenus nets par mois, vous paierez moins d’impôts, et au-delà, vous paierez progressivement plus.
Ensuite, il s’agit de transférer la charge sur les revenus du capital, compte tenu de la progression vertigineuse de l’accumulation du capital en France. Nous sommes devenus l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe.
Peut-on vraiment espérer des recettes de votre proposition de réforme de l’impôt sur le revenu, sachant qu’une taxation marginale cumulée des revenus supérieure à 66 % a été jugée inconstitutionnelle ?
J-L. M. : Le changement constitutionnel est le cœur de notre conception de la transformation de la société : la révolution citoyenne. Nous le ferons dans le respect du cadre prévu par la Constitution aussi longtemps que nous serons sous la Ve République. La Constitution nous donne des moyens d’autorité considérables. Et si nous sommes bloqués, le peuple tranchera dans un référendum citoyen.
Une partie de vos recettes fiscales devra donc attendre une modification de la Constitution ?
J-L. M. : Non. L’imagination reste libre. Nous nous y prendrons autrement dans l’intervalle. Ne vous inquiétez pas, nous irons vite sans jamais rien faire en dehors des méthodes démocratiques. Les autres forces politiques ont peur de l’intervention démocratique populaire, pas nous. Je n’ai pas peur d’un débat sur les impôts.
Vous prônez une politique de bifurcation avec une relance écologique et sociale. Pour que cela fonctionne, certains secteurs vont bénéficier de la relance, mais d’autres vont nécessairement devoir décliner. Qui seront ces perdants et comment allez-vous faire lorsqu’ils résisteront ?
J-L. M. : En démocratie, il faut respecter la loi tant qu’elle n’est pas changée. Nous convaincrons. La bifurcation écologique n’est plus une affaire idéologique : le changement climatique et la sixième extinction des espèces ont commencé et sont irréversibles. Nous devons donc organiser la résistance de la société aux destructions causées par le dérèglement climatique. Tout le monde y gagnera : quand l’air est plus respirable, chacun en profite.
A court terme, il y aura quand même des perdants : des travailleurs d’industries qui vont être affectés par les politiques de décarbonation…
J-L. M. : Les travailleurs du secteur pétrolier, le pétrole n’est pas la cause de leur vie ! Nous leur assurerons une garantie de requalification, de formation et de revenus. Par exemple, nous allons avoir besoin de milliers de personnes pour installer des panneaux solaires, que nous importerons, notamment de Chine.
Ne faut-il pas plutôt relocaliser leur production en France ?
J-L. M. : Non. Il faut viser le saut technologique. En attendant, nous avons besoin de développer les énergies renouvelables dès maintenant, et nous ne pouvons pas attendre d’investir des milliards pour fabriquer des usines de panneaux solaires. Je préfère donner du travail à des milliers de personnes pour poser des panneaux chinois plutôt que d’attendre de disposer d’une industrie pour les fabriquer en France.
Dans votre programme, vous proposez de transformer la part de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne (BCE) en dette perpétuelle à taux nul, et que la BCE rachète de la dette publique sur les marchés financiers. Pourquoi les autres pays de la zone euro accepteraient cette mesure alors qu’ils l’ont refusée lorsque le sujet avait été mis sur la table après la crise Covid ? Considérez-vous finalement que le niveau d’endettement de la France serait un problème ?
J-L. M. : Non, il n’y a pas de problème de solvabilité avec la dette française. Par contre, certaines personnes jouent l’affolement autour de la dette pour justifier des coupes qui aggravent la situation budgétaire. Alors, profitons d’être au pouvoir pour retourner leurs arguments à notre profit. Profitons-en pour diminuer le montant des intérêts que l’Etat doit rembourser, car il faudra que l’on s’endette pour mener une politique de relance écologique et sociale. Et surtout, profitons-en pour modifier le statut de la Banque centrale européenne, afin qu’elle puisse prêter directement aux Etats. La situation a complètement changé depuis sa création. L’Allemagne est entrée en stagnation après deux années de récession, et prévoit de s’endetter fortement pour relancer l’économie. Cela va la rendre plus ouverte à certains de nos arguments.
La France insoumise souhaite une autonomisation envers les Etats-Unis, notamment en sortant de l’Otan. Au-delà des dépendances militaires, les dépendances économiques sont énormes. Comment s’en défaire et faut-il recourir à l’échelon européen ?
J-L. M. : Il faut recourir à tous les niveaux utiles, y compris européen. Soyons clairs : nous ne sortirons pas de l’UE ni de l’euro, mais nous désobéirons aux dispositions des traités qui ne correspondent pas à notre programme. Nous rediscuterons les règles pour les faire changer. Par exemple, nous pourrions profiter des débats sur les droits de douane pour réclamer des critères écologiques. Les dépendances les plus insupportables sont les dépendances militaires et aux outils de contrôle numériques, ces logiciels qui verrouillent l’ensemble de la production sanitaire, sociale, militaire, etc. Nous sommes devenus une colonie numérique des Etats-Unis.
Dans chacun de ces domaines, nous devons rechercher des alternatives nationales ou européennes pour assurer notre souveraineté. Nous avons les moyens de bâtir un plan de décolonisation numérique. La France dispose d’un supercalculateur et a la capacité d’en fabriquer. Nous avons l’entreprise Mistral et AMI, celle de Yann Le Cun11. Les machines qui fabriquent les puces sont produites par une entreprise européenne. La France pourrait avoir le premier ordinateur quantique dans le monde ! Ce qui manque, c’est de l’argent public car le secteur bancaire privé est inerte, et des protections.
Vous prônez des accords économiques et commerciaux avec la Chine, mais dans quel but ? La Chine étant devenue une superpuissance, n’y a-t-il pas un risque que la France se fasse vassaliser par ce pays, qui est une dictature ?
J-L. M. : Rassurez-vous. Nous ne voulons pas passer de la tutelle états-unienne trumpiste à la domination chinoise. Ce risque peut exister : tout pouvoir vise à s’étendre. La Chine est devenue la première puissance mondiale en termes de production manufacturière et d’innovation. Elle a intérêt, en tant que puissance exportatrice, au calme et à la paix. Nous devons donc négocier avec Pékin, c’est-à-dire de ne traiter les Chinois ni comme des ennemis, ni comme des recours.
Négocier pour obtenir quoi ?
J-L. M. : Aujourd’hui, la Chine exporte massivement chez nous de l’acier ou des voitures électriques. Il faut négocier avec elle un accord protégeant notre industrialisation écologique. Mais nous sommes pour la coopération dans tous les domaines. Nous devons commencer par le plus spectaculaire, la coopération spatiale. La France est la première puissance spatiale européenne, nous devons donc participer à des projets avec tout le monde – les Indiens, les Chinois, les Américains. Pas d’exclusivité. Nous inscrirons le projet d’avion spatial2 dans notre programme. Nous devons renouer avec les projets de saut technologique.
Est-ce la priorité aujourd’hui, au vu de la crise environnementale ?
J-L. M. : La priorité est toujours une cible mouvante. Je crois qu’il n’y a pas de contradiction. Le projet d’avion spatial ne va pas m’empêcher d’interdire la chasse à la glu, ni de faire de la sobriété énergétique. La bifurcation écologique est présente partout, y compris dans le projet d’avion spatial, qui permettra d’économiser des dizaines de fusées. La France doit se mettre à la pointe des techniques.
Taïwan, pour vous, c’est la Chine. Pourquoi défendez-vous la souveraineté populaire en Afrique, en Amérique latine mais pas à Taïwan, ni en Ukraine ?
J-L. M. : Pourquoi colportez-vous ce ragot sur l’Ukraine ? Nous défendons la souveraineté populaire mieux que les autres en Ukraine puisque nous sommes les seuls à réclamer un vote des populations en cas de modifications des frontières. Mes adversaires m’accusent d’être « fasciné » par Vladimir Poutine. C’est absurde : je m’oppose à lui en accueillant des opposants russes de gauche antiguerre, et en participant à des réunions politiques à Moscou avec des opposants au Kremlin. Pour mettre fin au conflit, les Russes comme les Ukrainiens doivent se donner des garanties mutuelles de sécurité. Surtout, les Russes doivent nous donner des garanties à nous, les Européens. Je réclame, par exemple, qu’ils retirent leurs missiles à courte portée pointés vers l’Europe.
Quant à Taïwan, l’ONU a décidé que c’était la Chine en 1971. Considère-t-on que les accords internationaux sont remis en cause au gré des humeurs des Etats-Unis d’Amérique ? La population taïwanaise a évidemment son mot à dire. Elle n’est plus sous la coupe d’un parti unique nationaliste, et donne son avis lors des élections. Or, actuellement, le Parlement taïwanais est dominé par les partis défendant le rapprochement avec la Chine. Je dis : qu’ils règlent leurs problèmes entre eux. Si la Chine envahit Taïwan, voulez-vous mener une guerre contre une puissance nucléaire ? Non, c’est absurde !
Il y a des postures intermédiaires entre une guerre nucléaire et ne rien faire… Aujourd’hui par exemple, la France livre des armements à l’Ukraine et n’est pas en guerre contre la Russie. Pensez-vous qu’une telle option soit envisageable vis-à-vis de Taïwan ?
J-L. M. : De mon point de vue, non, en aucun cas. La France ne livrera pas d’armes à Taïwan. Que ferons-nous si la Chine attaque Taïwan ? Je n’ai pas la réponse. J’espère que nous n’en arriverons pas là, que nous préférerons collectivement les négociations car nous avons intérêt à la paix.
Vous voulez construire une défense française souveraine, à la pointe dans les technologies de rupture. Cela veut-il dire augmenter le budget des Armées ?
J-L. M. : Ce n’est pas la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. Les députés insoumis n’ont pas voté le budget de la Défense car nous ne croyons pas au modèle d’armée que le gouvernement propose. Je ne crois pas à la guerre conventionnelle. Nous ferons autrement, mais nous n’avons pas les moyens de l’Etat pour chiffrer au milliard près.
Pourtant il y a bien une guerre conventionnelle en Ukraine, avec des attaques ukrainiennes sur le territoire russe sans que Moscou riposte par un tir nucléaire. Que ferions-nous, Français, si des pays alliés, comme l’Estonie, subissent une attaque ?
J-L. M. : Nous sommes liés à eux par un accord de défense mutuelle dans le cadre européen. Il n’y a pas besoin de l’Otan pour aider les pays baltes s’ils venaient à être agressés ou envahis par la Russie. Le pacte européen nous y oblige. Mais la réponse ne sera pas une riposte nucléaire. Je demande qu’on diminue le niveau de provocation et qu’on se remette à discuter. Mais nous ne devons pas céder, nous devons signer des accords solides.
La doctrine de la dissuasion nucléaire française proclame l’interdiction de toute guerre sur le territoire européen. Mais cette doctrine est tellement extrême qu’elle impose de marcher sur le bord du toit dès que les tensions montent. Si nous tirons un missile nucléaire sur la Russie, ils riposteront et nous effaceront immédiatement alors qu’ils seront toujours là car leur territoire s’étend sur onze fuseaux horaires. Aujourd’hui, la guerre demande de savoir rendre l’ennemi aveugle, sourd et muet. Cela passe par l’espace.
Vous souhaitez rétablir les flux de gaz de la Russie vers l’Europe via le gazoduc Nord Stream, endommagé au début de la guerre russo-ukrainienne. Au-delà de financer la guerre de Moscou, cela envoie un signal contradictoire par rapport à vos objectifs écologiques. Pourquoi ne pas simplement mettre tous les moyens pour se passer du gaz américain sans revenir au gaz russe ?
J-L. M. : C’est souhaitable. Notre doctrine de bifurcation écologique consiste à sortir des énergies carbonées et de la civilisation du pétrole. Il faut donc aussi baisser notre consommation de gaz, et si nous y parvenons plus rapidement qu’on arrive à la compenser par d’autres énergies, je dis banco ! Mais ne prenons pas nos désirs pour des réalités. Entre le moment où nous déclarons cet objectif et le moment où il est effectif, il y a une étape intermédiaire.
Notre intérêt est d’abord que les prix du pétrole et du gaz descendent. Rouvrir Nord Stream permet de faire baisser le prix de nos importations de gaz et de diminuer la compétitivité du gaz américain, donc de faire peser la pression sur les Etats-Unis plutôt que sur nous. Ce n’est donc pas une doctrine de substitution d’une puissance à une autre. Pour être franc, je préférerais qu’on importe davantage de gaz algérien plutôt que russe, car c’est l’intérêt mutuel de l’Algérie et de la France. Mais notre politique étrangère stupide a fait que l’Algérie préfère vendre son gaz à l’Italie.
Vous êtes favorable à la relocalisation industrielle, mais LFI s’est localement opposé à la création d’une mine de lithium dans l’Allier pour des raisons écologiques, tant que les besoins essentiels ne sont pas définis. Comment comptez-vous parvenir à un consensus national sur ces besoins ?
J-L. M. : D’abord, nous actons l’échec de la politique de l’offre et de sa logique productiviste qui consiste à dire : « Il y a du lithium ? On l’extrait et on verra bien ce qu’on en fait. » Nous souhaitons gouverner par les besoins. Dans la société collectiviste à laquelle nous aspirons, la structure de base qui évalue ces besoins, c’est la commune. Ensuite les éco-régions que nous appelons de nos vœux, et dont le tracé suit celui du bassin-versant3 Des fleuves, notamment pour gérer l’eau.
Pour des ressources stratégiques comme le lithium, l’évaluation des besoins sera nécessairement nationale. Elle se construit par un dialogue entre l’Assemblée nationale et le comité du Plan, chargé de la planification écologique. Contrairement à aujourd’hui, le Plan sera un véritable instrument de prospective et d’évaluation. Il faudra se poser la question de savoir si on peut produire du lithium sans polluer. Et si ce n’est pas possible, se demander quand peut-on remplacer le lithium par autre chose – le sodium, par exemple.
On ne pourra pas produire sans impact sur les écosystèmes. Où placez-vous le curseur entre production et écologie ?
J-L. M. : Il faut poser cette question au cas par cas. Doit-on donner la priorité à la production ? La réponse ne peut pas être oui a priori, parce que c’est le productivisme, ni non a priori, car ce serait de l’obscurantisme. Là on arrêtera, ici on continuera, et parfois on reprendra.
La rénovation de 700 000 logements par an, que votre programme fixe comme objectif, devra aussi être planifiée. Vous souhaitez cibler les aides sur les plus précaires, mais que prévoyez-vous pour les autres ? Des incitations financières moindres, des obligations progressives ?
J-L. M. : Une fois que le Plan a été discuté, il s’impose. Il doit donc distribuer l’effort pour que la loi ne soit pas une offense ou une violence faite à certaines personnes. Quand notre objectif butera sur une difficulté sociale, nous verrons, et la répartition prendra en charge. L’écologie ne sera pas un instrument de punition.
Vous êtes opposé aux zones à faibles émissions (ZFE) dans leur format actuel, et vous préférez développer les modes de transport doux et en commun. Mais en attendant qu’ils se développent, que proposez-vous pour protéger les villes de la pollution de l’air causée par les émissions automobiles, qui touche notamment les plus pauvres ?
J-L. M. : Nous n’accepterons jamais une loi d’apartheid. On ne dit pas à des milliers de gens qu’ils ne peuvent pas aller en centre-ville, sauf si vous voulez que notre peuple vomisse l’écologie. Si l’on veut changer les voitures, on se donne les moyens pour que les gens puissent les changer. Oui, il y a un problème de pollution de l’air à régler, essayons déjà de ne pas l’aggraver, mais nous assumons de ne pas vouloir devenir les Pères Fouettard du XXIe siècle.
Sur ce sujet, ma vision part de la liberté individuelle. La brutalité avec les Français, ça ne mène nulle part ! Certes, il n’existe pas de liberté absolue. Tout l’art de gouverner consiste à faire accepter certaines limitations des libertés. Je préfère dire aux gens : « Si vous roulez moins avec votre voiture, on aura 10 000 cancers de moins. »
Plutôt qu’interdire, vous voulez convaincre et financer les alternatives. Est-ce que ce n’est pas la solution la plus coûteuse ?
J-L. M. : Il existe deux méthodes. La libérale, qui consiste à dire : « Va t’acheter une nouvelle voiture et si tu ne peux pas, marche. » Et la collectiviste, qui consiste à dire : « On ne peut pas continuer avec ces voitures, alors combien ça coûte ? Comment peut-on réduire le prix ? » C’est la même chose pour l’alimentation. Plutôt que d’offenser les gens en leur disant de manger cinq fruits et légumes par jour, je préfère appeler Michel-Edouard Leclerc et lui dire : « Débrouille-toi pour vendre dans tous tes magasins un panier à un prix plafonné. »
Il n’y aura jamais de solution purement rationnelle et technique, car tout est question de rapports de force sociaux, d’échanges d’intérêts. Vous allez trouver ça un peu trop idéaliste, mais c’est trop facile de dire aux gens : « Démerdez-vous ! »
Propos recueillis par
- Juliette Le Chevallier, Journaliste
- Matthieu Jublin, Journaliste
- Eva Moysan, Journaliste
Connu / https://bsky.app/profile/jeanlouv.bsky.social/post/3mnmiyvdftc2f
Financer le train de nuit plutôt que l’avion pour placer Strasbourg au centre de l'Europe|GreenVoice
25 721 signatures
Destinataire(s) : Ministre des affaires étrangères (France), Ministre des Transports (France), Ministre des Transports (Allemagne), Commission Européenne, Région Grand Est, Communauté européenne d'Alsace, Eurométropole de Strasbourg, Ville de Strasbourg
Financer le train de nuit plutôt que l’avion pour placer Strasbourg au centre de l'Europe
Pétition lancée par Oui au train de nuit et Rester sur Terre et soutenue par Back-on-Track et le Réseau Action Climat
Fin 2025, l’État a supprimé les trains de nuit Paris-Vienne et Paris-Berlin pour “faire des économies”. Quelques mois plus tard, il lance une ligne aérienne subventionnée entre Strasbourg et Munich, deux villes qui étaient reliées par le train de nuit Paris-Vienne. Malgré le besoin de réduire la dépendance aux hydrocarbures, malgré l’urgence climatique, malgré les accords européens en faveur des trains de nuit, malgré la demande croissante des usagers, l’État choisit de subventionner la mobilité la plus énergivore, l’avion.
L’avion connecte mal Strasbourg à l’Europe malgré les subventions dépensées pour cela depuis plus de 25 ans. Le train de nuit peut offrir une plus grande diversité de destinations, avec de nombreux arrêts le long du parcours. Alors que nous pourrions avoir un train de nuit Paris-Strasbourg-Munich-Vienne quotidien, c’est une ligne aérienne Strasbourg-Munich, 2 fois par semaine, dédiée à une clientèle d’affaires, que l’État subventionne.
...
❌ Contrairement à ce qui est avancé, le train de nuit n’est pas “trop cher”. À subvention comparable, il transporte davantage de voyageurs, rend plus de services, et répond aux enjeux climatiques.
✅ La plaine d’Alsace et la vallée du Rhin sont un axe ferroviaire majeur : à 22 km de Strasbourg, plusieurs trains de nuit circulent déjà depuis Offenbourg vers Berlin, Hambourg, Prague et Amsterdam. Ces trains de nuit (en provenance de Zurich) desservent également Bâle, Freiburg, Baden Baden et Karlsruhe, ce qui peut permettre de desservir les villes de la plaine d’Alsace, surtout si les pouvoirs publics investissent pour les transports en commun transfrontaliers avec des correspondances optimisées : 25 trains par jour circulent déjà entre Strasbourg et Offenbourg, de 06h à minuit. (Notons que cette distance de 22 km n’est pas un désavantage face à l’avion : c’est d’ailleurs une distance courante entre les métropoles et leur aéroport. Par exemple l'aéroport de Munich est situé à 30km de la Ville. )
...
Catégorie Transport et mobilité
Connue / https://bsky.app/profile/jeanlouv.bsky.social/post/3modhtczs4226
Climat - Durée de lecture : 8 minutes
C’est un indicateur climatique peu connu, et il part en vrille. Son nom : le déséquilibre énergétique de la Terre. Sa conséquence : il pourrait accélérer le réchauffement climatique bien au-delà de nos prévisions.
...
un indicateur climatique moins connu que la température ou la concentration de CO2 : le déséquilibre énergétique de la Terre (abrégé EEI, pour Earth’s Energy Imbalance).
Cette notion permet d’appréhender le système climatique dans son ensemble en mesurant la différence entre l’énergie qui entre sur la planète (via le rayonnement solaire) et l’énergie qui en sort (via le réfléchissement des rayons du soleil ou l’émissions de rayonnement infrarouge par la Terre). S’il sort moins d’énergie qu’il en entre, par exemple parce qu’on émet des gaz à effet de serre qui en piègent une partie, l’excédent d’énergie, converti en chaleur, réchauffe le système.
...
estimé par observation satellitaire et mesuré en watts par mètre carré (W/m²) s’accroît plus vite que l’on ne s’y attendait. Il aurait doublé en vingt ans, d’après une étude publiée en 2025, passant d’environ 0,6 W/m² à 1,3 W/m² ces dernières années. « La chaleur s’accumule désormais deux fois plus vite qu’il y a vingt ans », résument les auteurs de l’étude, qui s’inquiètent que ce déséquilibre soit aujourd’hui « beaucoup plus important que ce que les modèles climatiques estimaient ».
« Aucun modèle actuel ne reproduit ces observations, la théorie ne reproduit pas ce qui se passe », insiste auprès de Reporterre Benoit Meyssignac, chercheur au Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (Legos) de Toulouse et coauteur de l’étude.
...
Le sujet est pris très au sérieux par les climatologues : en mars, déjà, 44 d’entre eux s’étaient réuni au château de Ringberg, en Allemagne, à l’invitation de l’Institut Max-Planck de météorologie. Avec l’objectif de comprendre cette accélération de l’EEI « qui a pris la communauté scientifique par surprise », avoue ledit institut.
...
Le Giec estime aujourd’hui qu’un doublement de la concentration de CO2 par rapport à l’ère préindustrielle mènerait à environ 3 °C de réchauffement, mais la fourchette « probable » va de 2,5 à 4 °C. Pour atteindre un degré de confiance « très probable », la fourchette est même élargie de 2 à 5 °C.
Les nuages au cœur du mystère
...
Très complexes à modéliser, leur structure, leur altitude ou leur épaisseur modifient leur capacité à générer de l’effet de serre, ou au contraire à réfléchir les rayons du soleil. Or, le changement climatique modifie lui-même ces caractéristiques des nuages, ce qui pourrait être à l’origine de cette hausse surprise du déséquilibre énergétique.
L’autre hypothèse des chercheurs les mène sur la piste des aérosols anthropiques. Ces particules polluantes (sulfates, nitrates...) ont un effet réfléchissant dans l’atmosphère et donc refroidissant sur le climat. La lutte contre la pollution et la baisse de concentration de ces particules dans l’air pourraient avoir généré un effet de « rattrapage » et une accélération temporaire du réchauffement.
...
tout cela est encore mal compris », dit Noé Clément, physicien du climat et chercheur post-doctorant à l’Institut Pierre-Simon-Laplace.
Le physicien précise : « Quoi qu’il en soit, les nuages restent la source d’incertitude la plus importante. Ils sont très complexes à modéliser, sachant qu’ils ne mesurent parfois que quelques centaines de mètres et que nos modèles ont des mailles [l’équivalent de leur résolution] de 200 km de côté. »
...
Ce n’est pas encore une source d’inquiétude mais un élément de vigilance. Mais l’évolution des températures reste, elle, parfaitement cohérente avec nos modèles », assure ainsi Aurélien Ribes, chercheur au Centre national de recherches météorologiques.
...
Dans un contexte d’attaques climatosceptiques croissantes et de carbofascisme débridé, il n’est en effet pas inutile de rappeler que les modèles des climatologues sont extrêmement pertinents et reproduisent avec acuité les évolutions observées du climat
...
Elle va à 91 % se réfugier dans l’océan profond, à 5 % dans la terre et à 3 % dans les glaces. Seul 1 % de cet excédent de chaleur se retrouve directement dans l’atmosphère.
...
les vagues de canicules marines et l’élévation du niveau des mers sont ainsi dans le rouge, rappelait le 11 juin le rapport annuel des Indicateurs clés du changement climatique. L’EEI sur la moyenne des années 2013-2025 était de 1,12 W/m² contre 0,79 W/m² sur les années 2006-2018, soit un bond de plus de 40 %.
...
plus les sciences du climat progressent, plus elles démontrent qu’il est extrêmement dangereux de perturber le climat. Que le réchauffement à venir soit plus intense que prévu ou non, la seule existence de cette hypothèse ne peut que renforcer l’impératif absolu de baisser drastiquement nos émissions, sans atermoiement. Et de sortir de l’apathie et de l’absence de politiques d’adaptation à la hauteur des catastrophes qui viennent.
Connu / https://bsky.app/profile/edwyplenel.bsky.social/post/3mob3ymikzs25
"
Edwy Plenel @edwyplenel.bsky.social
17:37 · 14 juin 2026
109 reposts - 5 citations - 159 ont aimé - 15 conservés - 9 réponses
"
Connu / TG le 14/06/26 à 17:42
LOI DUPLOMB FRANCE : Rassemblements 7-8/2
Connu / TG le 8/05/26 à 0:58
GT NUMÉRIQUE - SOBRIÉTÉ
Connu / TG GT_LFI-Numérique
GT NUMÉRIQUE - COMMUNS NUMÉRIQUES
"
[12/05/2026 11:55] Phil SurSon31: À inviter aux Amfis
"
Connu / TG
GT NUMÉRIQUE - POLITIQUE INDUSTRIELLE
"
[11/04/2026 11:45] Phil SurSon31: Je crains que Thalès soit un gros frein à la souveraineté de la France cf. ses accords avec Google et d'autres technofascistes US.
Sa nationalisation me semble prioritaire.
[11/04/2026 11:45] Phil SurSon31: « Thales a un nom, un agenda commercial et politique, un siège social, des sous-traitants, des bureaux, des centres de recherche et des usines partout en France. Autant d’opportunités pour celleux qui refusent la guerre qu’il mène contre tous les peuples, d’exprimer ce refus et de le manifester concrètement en perturbant le cours normal de ses activités mortifères. »
Géant industriel, Thales dispose de nombreuses implantations partout dans le monde : En France, ce sont plus de 50 sites, allant de bureaux regroupant quelques dizaines de salarié·es à des usines de productions en comptant plusieurs milliers.
En plus de ses propres implantations, Thales dépend également d’un vaste réseau de sous-traitants, de prestataires et de fournisseurs, maillons tout aussi importants de sa chaîne de production.
Une cartographie en accès libre recense la plupart des sites de Thales, ainsi que de quelques uns de ses sous-traitants.
"
Agriculture et alimentation
Derrière la position officielle portée par l’Union française des semenciers sur les « nouvelles techniques génomiques », des PME du secteur tirent la sonnette d’alarme à quelques jours du vote du Parlement européen. Elles s’inquiétent des questions de brevets et de traçabilité.
Estelle Levresse - 14 juin 2026 à 12h15
...
NTG
...
Tandis que l’UFS appelle à une adoption rapide et sans amendement du texte, plusieurs PME et sélectionneurs indépendants prennent leurs distances avec la position de l’interprofession.
...
Sans remettre en cause les NTG en tant que telles, qu’ils considèrent comme un outil supplémentaire d’innovation variétale, ils s’opposent au régime de propriété intellectuelle et à l’absence de traçabilité prévus dans le texte.
« Le génome, comme l’eau ou d’autres ressources fondamentales, relève du bien commun. Nous sommes opposés à l’idée qu’il puisse devenir une propriété privée », témoigne l’un d’eux. Le projet de règlement européen prévoit en effet une protection par brevet des plantes issues de ces techniques, y compris pour des gènes dits « natifs », déjà présents dans la nature.
...
l’Europe dispose depuis les années 1990 du certificat d’obtentions végétales (COV), un dispositif largement soutenu dans la profession. Celui-ci protège les nouvelles variétés tout en offrant la possibilité aux sélectionneurs d’y accéder librement pour leurs travaux de croisement et d’innovation. Le COV permet également aux agriculteurs de ressemer une partie de leur récolte d’une année sur l’autre, ce que l’on appelle les « semences de ferme ».
...
Nous disposons d’une diversité variétale exceptionnelle sans avoir adopté le modèle qui nous était alors présenté comme incontournable », expose à Mediapart Julien Grasset, le président du Staff (syndicat des trieurs à façon de France) et dirigeant d’ABG Services, entreprise spécialisée dans les semences de ferme.
...
se reproduire le modèle américain, marqué par une forte concentration du secteur : quatre groupes – les allemands Bayer et BASF, l’américain Corteva Agriscience, le chinois Syngenta (d’origine suisse, racheté par ChemChina en 2017) dominent l’essentiel des cultures de maïs, soja et coton.
Une analyse partagée par la direction générale française du Trésor. « L’innovation NTG aux États-Unis reste in fine l’apanage des grandes firmes. Les PME, désireuses de développer des variétés innovantes, se voient contraintes de passer des accords de licence avec ces multinationales, aux montants élevés », estime-t-elle dans une analyse de mars 2026 obtenue par Mediapart.
...
Plusieurs PME estiment que la ligne défendue publiquement par l’Union française des semenciers, dont les quatre postes exécutifs sont occupés par des représentants de grands groupes semenciers (Lidea, Limagrain, Syngenta et KWS), ne reflète pas leurs intérêts.
...
Plusieurs responsables y ont publiquement exprimé leurs désaccords, parmi lesquels les dirigeants d’entreprises qui pèsent dans le secteur : Florimond Desprez qui emploie 1 400 salarié·es en France, Agri-Obtentions, une filiale de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), et Lemaire-Deffontaines, un acteur historique de la filière.
...
Comité technique permanent de la sélection des plantes cultivées (CTPS).
...
l’Inrae défend les nouvelles techniques génomiques, mais s’est positionnée contre la brevetabilité des gènes. « Cette orientation s’appuie notamment sur les recommandations de notre comité d’éthique », précise Isabelle Litrico, directrice scientifique agriculture au sein de l’établissement public.
...
Pour Olivier Le Duc, conseiller scientifique chez OGM Dangers, plusieurs contentieux survenus dans le secteur des semences permettent déjà d’entrevoir les conséquences que pourrait avoir la brevetabilité du vivant. Il cite notamment l’affaire ayant opposé, en 2004, le semencier français Gautier Semences à l’entreprise néerlandaise Rijk Zwaan autour d’une laitue résistante à un puceron.
Bien que Gautier Semences ait développé cette caractéristique avant le dépôt du brevet par son concurrent, l’entreprise française a finalement dû retirer son opposition et négocier une licence, faute de moyens pour financer une longue procédure. « Le but n’est pas nécessairement de gagner sur le fond, mais, pour les grands groupes, de fragiliser les acteurs les plus petits dans une stratégie d’asphyxie », estime Olivier Le Duc.
Livres
- 🇫🇷 Ivan Illich, « La convivialité », 1973, Seuil.
Couverture de la Convivialité d'Illich < "L'analyse critique de la société industrielle doit beaucoup à Ivan Illich. Il est l'un des premiers à avoir dénoncé le productivisme, le culte de la croissance, l'apologie de la consommation et toutes les formes d'aliénation nées du mode de production capitaliste. "La Convivialité" montre comment l'organisation de la société tend à produire des consommateurs passifs, qui ont délégué aux institutions le pouvoir de décider et renoncé à assumer la responsabilité des orientations de leur société. Cette analyse critique se transforme en un manifeste. Il s'agit de réveiller politiquement les citoyens endormis, afin qu'ils se réapproprient leur destin."
- 🇫🇷 Joël de Rosnay, « Le macroscrope – vers une vision globale », 1975, Seuil.
Couverture du Macroscope < "Qu'y a-t-il de commun entre l'écologie, le système économique, l'entreprise, la ville, l'organisme, la cellule ? Rien, si on se contente de les examiner avec l'instrument habituel de la connaissance, l'approche analytique. Mais beaucoup, en revanche, si l'on dépasse cette démarche classique pour faire ressortir les grandes règles d'organisation et de régulation de tous ces "systèmes". Pour Joël de Rosnay, l'instrument symbolique de cette nouvelle manière de voir, de comprendre et d'agir est le "macroscope", qui devrait être aussi précieux aujourd'hui aux grands responsables de la politique, de la science, de l'industrie, et à chacun de nous, que le sont le microscope et le télescope pour la connaissance scientifique de l'univers."
- 🇫🇷 Normand Baillargeon, « L'Ordre moins le Pouvoir – Histoire et actualité de l'anarchisme », 2001, Agone, Troisième édition.
Couverture de L'Ordre moins le Pouvoir < "Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste.
Or, il faut bien le dire : rien n'est plus faux que ce contresens, qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l'idée d'anarchisme. En première approximation, disons que l'anarchisme est une théorie politique au cœur vibrant de laquelle loge l'idée d'anti-autoritarisme, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la guerre d'Espagne disait le plus simplement du monde : " Je suis anarchiste : c'est que je n'aime ni recevoir ni donner des ordres." On le devine, cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l'a donc ni pardonné ni admis."
- 🇫🇷 Irénée Régnauld, Yaël Benayoun, « Technologies partout, démocratie nulle part : plaidoyer pour que les choix technologiques deviennent l'affaire de tous », 2020, FYP éditions.
Couverture de technologie partout démocratie nulle part < "L’urgence climatique, l’ubérisation, l’économie des petits boulots, les smart cities et la surveillance algorithmique nous ont brutalement fait prendre conscience des répercussions dramatiques des technologies. Alors que le progrès était censé servir le bien commun, il nous échappe. Nous le subissons. Malgré cela, la réponse apportée à tous les problèmes économiques et sociaux se borne à des solutions purement techniques. Irénée Régnauld et Yaël Benayoun révèlent et dénoncent les dogmes et les manœuvres qui permettent aux industries et aux pouvoirs publics de maintenir les citoyens et les travailleurs à l’écart des choix technologiques, en excluant tout processus démocratique. Ils montrent que notre arsenal juridique et nos institutions apeurées, voire serviles, sont incapables de contrer les servitudes imposées par les plateformes et les industries hyper capitalistes. Pour sortir de cette confiscation du progrès, les auteurs proposent des actions concrètes et réalistes qui replacent le débat démocratique et les revendications citoyennes au cœur du développement technologique, afin que la question du progrès devienne l’affaire de tous."
- 🇫🇷 Stéphane Bortzmeyer, « Cyberstructure : L'Internet, un espace politique », 2018, C&F éditions.
Couverture de Cyberstructure < "Une grande partie des activités humaines se déroule aujourd'hui sur l'Internet. On y fait des affaires, de la politique, on y bavarde, on travaille, on s'y distrait, on drague... L'Internet n'est donc pas un outil qu'on utilise, c'est un espace où se déroulent nos activités.
Les outils de communication ont d'emblée une dimension politique : ce sont les relations humaines, les idées, les échanges commerciaux ou les désirs qui s'y expriment. L'ouvrage de Stéphane Bortzmeyer montre les relations subtiles entre les décisions techniques concernant l'Internet et la réalisation — ou au contraire la mise en danger - des droits fondamentaux. Après une description précise du fonctionnement de l'Internet sous les aspects techniques, économiques et de la prise de décision, l'auteur évalue l'impact des choix informatiques sur l'espace politique du réseau. Un ouvrage pour appuyer une citoyenneté informée, adaptée aux techniques du XXIe siècle et en mesure de défendre les droits humains."
- 🇫🇷 Cornelius Castoriadis, « L'institution imaginaire de la société », 1975, Seuil.
Couverture de L'institution imaginaire de la société < "Dans cet essai, qui fut son maître livre, Cornélius Castoriadis s'attache à un réexamen fondamental des bases philosophiques de la pensée révolutionnaire. Il retrouve, chez Marx notamment, les préceptes de la "pensée héritée", cette logique identitaire qui, depuis les Grecs, inspire la philosophie classique. Et il propose une "auto-institution" de la société qui laisserait cours, enfin, à l'imaginaire radical. Fruit d'une analyse précise de l'histoire et des luttes sociales à l'heure de l'effondrement des repères traditionnels de la révolution, ce livre, devenu un classique, propose un point de départ pour penser à neuf le projet de transformation de la société."
- 🇬🇧 Mélanie Dulong de Rosnay, Félix Tréguer, et al, « Telecommunications Reclaimed: A hands-on guide to networking communities », 2019, autoédition.
Couverture de Telecommunications Reclaimed < "This book is a guide on how to build a community network, a shared local telecommunications infrastructure, managed as a commons, to access the internet and other digital communications services. It was written collectively by a group of community network pioneers in Europe, activists and researchers during a writing residency week held in Vic, Catalonia in October 2018. Meant for a wide audience, the book includes practical knowledge illustrated by several hands-on experiences – a set of 32 real- life stories – as well as legal, technical, governance, economic and policy material extracted from netCommons, a three-year- long research project supported by the European Commission. Its goal is to guide the reader through a set of actions aimed at setting up and fostering the growth of a community network, but also, for policy makers, local administrations and the general public, to create the right conditions to let community networks bloom and flourish."
Lire en ligne
- 🇺🇸 Edward Snowden, « Permanent Record », 2019, Metropolitan Books.
Couverture de Permanent Record < "Edward Snowden, the man who risked everything to expose the US government’s system of mass surveillance, reveals for the first time the story of his life, including how he helped to build that system and what motivated him to try to bring it down."
- 🇫🇷 Georges Bernanos, « La France contre les robots », 1944, Castor Astral.
Couverture de La France contre les robots < "Plus d'un demi-siècle après sa parution, ce pamphlet reste d'une incroyable actualité. Cette apologie de la liberté est un défi jeté aux idolâtries du profit et de la force. Georges Bernanos, dans une violente critique de la société industrielle, s'adresse à la «France immortelle» face à la «France périssable», celle des combinaisons politiques et des partis. L'auteur y estime que le progrès technique forcené limite la liberté humaine. Bernanos conteste l'idée selon laquelle la libre entreprise conduirait automatiquement au bonheur de l'humanité. En effet, selon lui, «il y aura toujours plus à gagner à satisfaire les vices de l'homme que ses besoins». Visionnaire, il explique ainsi qu'«un jour, on plongera dans la ruine du jour au lendemain des familles entières parce qu'à des milliers de kilomètres pourra être produite la même chose pour deux centimes de moins à la tonne» ; une étonnante préfiguration de ce que seront les délocalisations un demi-siècle plus tard !"
- 🇫🇷 Timothy Mitchell, « Carbon Democracy », 2013, La Découverte, traduit de l'anglais 🇬🇧.
Couverture de Carbon Democracy de Timothy Mitchell < "Ceci est un « livre à thèse », une thèse forte et iconoclaste, qui déplace radicalement notre vision de l’histoire du XXe siècle : les contours et les transformations des régimes politiques dits « démocratiques » ont été largement déterminés par les propriétés géophysiques des principales énergies carbonées, le charbon d’abord, puis le pétrole.
Ainsi, la pesanteur du charbon, la nécessité de l’extraire des mines puis de le charger dans des convois, etc. ont donné à ses producteurs un pouvoir considérable ; en utilisant la menace d’en interrompre les flux, ils créèrent syndicats et partis de masse, à l’origine des premières démocraties de l’ère moderne. En face, les classes dominantes ont cherché à organiser la transition énergétique à l’échelle mondiale. En effet, grâce à sa fluidité, sa légèreté et son exceptionnelle concentration en énergie, le pétrole permettait de contourner les réseaux et pouvoirs anciens.
Un autre régime s’est ainsi progressivement mis en place, dans lequel la vie politique s’est retrouvée anémiée, la paix sociale et la prospérité des « démocraties » occidentales ont reposé sur l’autoritarisme moyen-oriental, et où la croissance illimitée s’est transformée en religion. Aujourd’hui, ce système est au bord de l’effondrement et nous pose une question cruciale : comment les énergies postpétrole pourront-elles donner naissance à des régimes réellement démocratiques ?"
- 🇫🇷 Michel Foucault, « Surveiller et punir », 1975, Gallimard.
Couverture de Surveiller et Punir de Michel Foucault < "Surveillance, exercices, manoeuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l'armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. La prison est à replacer dans la formation de cette société de surveillance.
La pénalité moderne n'ose plus dire qu'elle punit des crimes ; elle prétend réadapter des délinquants. Peut-on faire la généalogie de la morale moderne à partir d'une histoire politique des corps ?"
- 🇫🇷 Mathieu Labonde, Lou Malhuret, Benoît Piedallu et Axel Simon, « Internet et libertés », 2022, Vuibert.
Couverture d'Internet et libertés de Mathieu Labonde, Lou Malhuret, Benoît Piedallu et Axel Simon < "Partout où le numérique est venu changer nos vies, le respect de nos libertés fondamentales est un combat.
Pendant que Facebook, Google et compagnie se targuent de protéger nos données tout en les exploitant pour booster la publicité ciblée, les lois sécuritaires s’enchaînent et les expérimentations illégales aussi : des micros dans les rues, des tests de reconnaissance faciale dans les stades ou les transports, des drones aux mains des policiers… La dérive vient des pouvoirs publics autant que des entreprises."
- 🇫🇷 Fanny Lopez, « À bout de flux », 2022, Divergences.
Couverture de À bout de flux, de Fanny Lopez < "Le numérique a un double : l’infrastructure électrique. Le rapport immédiat aux objets connectés (smartphone, ordinateur) invisibilise le continuum infernal d’infrastructures qui se cachent derrière : data centers, câbles sous-marins, réseaux de transmission et de distribution d’électricité. Alors que le numérique accompagne une électrification massive des usages, le système électrique dépend lui-même de plus en plus du numérique pour fonctionner. Pour comprendre ce grand système et imaginer comment le transformer, il nous faut aller au bout des flux, là où se révèle la matérialité des machines et des câbles."
- 🇫🇷 Maxime Guedj et Anne-Sophie Jacques, « Déclic », 2020, Les arènes.
Couverture de Déclic < "Exploitation des données privées, surveillance généralisée, addiction au smartphone, disparition de pans entiers de l'économie... Les critiques du monde numérique ne cessent de s'amplifier; difficile d'ignorer les conséquences de l'utilisation d'Amazon, Facebook, Google, Instagram ou Netflix. Et s'il existait un autre Internet, respectueux de nos libertés ? L'ancien startuppeur Maxime Guedj et la journaliste Anne-Sophie Jacques proposent de s'engager sur une nouvelle voie."
- 🇫🇷 François Jarrige, « Technocritiques », 2016, La découverte.
Couverture de Technocritiques < "La nuit, vous rêvez de casser des machines, mais n'osez pas vous en ouvrir à vos proches de peur de passer pour un dangereux luddite à tendance Amish ?
L'historien François Jarrige est là pour vous ! Il a étudié des siècles de critiques des techniques de leur temps (du tissage mécanisé en passant par l'imprimerie) et en sort le glaçant constat : il y aurait de bonnes raisons de ne pas faire de l'innovation une fin en soi.
Vous voilà prêt⋅e à briller en société tout en parlant technocritiques."
- 🇫🇷 Hannah Arendt, « La Crise de la Culture », 1972, Gallimard, traduit de l'anglais 🇺🇸.
Couverture de La Crise de la Culture < "L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent.
Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture.
Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche.
Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation -, entend nous aider à savoir comment penser en notre époque."
- 🇫🇷 Jeanne Guien, « Le consumérisme à travers ses objets », 2021, Divergences.
Couverture de Le Consumérisme à travers ses objets < "Qu'est ce que le consumérisme ? Comment s'habitue-t-on à surconsommer - au point d'en oublier comment faire sans, comment on faisait avant, comment on fera après ? Pour répondre à ces questions, Jeanne Guien se tourne vers des objets du quotidien : gobelets, vitrines, mouchoirs, déodorants, smartphones. Cinq objets auxquels nos gestes et nos sens ont été éduqués, cinq objets banals mais opaques, utilitaires mais surchargés de valeurs, sublimés mais bientôt jetés. En retraçant leur histoire, ce livre entend montrer comment naît le goût pour tout ce qui est neuf, rapide, personnalisé et payant. Car les industries qui fabriquent notre monde ne se contentent pas de créer des objets, elles créent aussi des comportements. Ainsi le consumérisme n'est-il pas tant le vice moral de sociétés gâtées qu'une affaire de production et de conception. Comprendre comment nos gestes sont déterminés par des produits apparemment anodins, c'est questionner la possibilité de les libérer."
- 🇫🇷 Julia Laïnae & Nicolas Alep, « Contre l'alternumérisme », 2020, La Lenteur.
Couverture de Contre l'alternumérisme < "L’alternumérisme a le vent en poupe : cyberminimalisme, smartphones équitables, inclusion numérique, ateliers de détox digitale, logiciel libre, open data, démocratie en ligne, neutralité du net… ils sont nombreux à croire, (ou à vouloir nous faire croire), que la nouvelle économie de l’information pourrait tourner à l’avantage de tous ou, du moins, qu’on pourrait en contenir les effets les plus néfastes. Ce livre détruit méthodiquement cette théorie dangereuse, appelle à s’extraire de l’utopie numérique, à refuser la numérisation du monde."
- 🇫🇷 Celia Izoard, « Merci de changer de métier », 2020, La Dernière Lettre.
Couverture de Merci de Changer de Métier < "Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l'objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l'analyse. Celia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l'impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l'exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier », à l'instar d'Olivier Lefebvre, salarié d'une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l'ouvrage son chemin vers la démission."
- 🇫🇷 Philippe Bihouix, « L'âge des Low-Tech », 2014, Seuil.
Couverture de L'âge des Low-Tech < "Face aux signaux alarmants de la crise environnementale globale – changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, pollution généralisée, tensions sur l'énergie et les matières premières –, nous fondons nos espoirs sur les technologies " vertes " et le numérique.
Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies nous conduisent pourtant, à terme, dans l'impasse. Ce livre démonte les mirages des innovations high tech, et propose de questionner la course en avant technologique en développant les low tech, les " basses technologies ", plus sobres et plus résilientes. Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais d'explorer les voies possibles vers un système économique et industriel compatible avec les limites planétaires."
- 🇫🇷 Jérome Denis & David Pontille, « Le Soin des Choses », 2022, La Découverte.
Couverture de Le Soin des Choses < "Qu’ont en commun une chaudière, une voiture, un panneau de signalétique, un smartphone, une cathédrale, une œuvre d’art, un satellite, un lave-linge, un pont, une horloge, un serveur informatique, le corps d’un illustre homme d’État, un tracteur ? Presque rien, si ce n’est qu’aucune de ces choses, petite ou grande, précieuse ou banale, ne perdure sans une forme d’entretien.
Tout objet s’use, se dégrade, finit par se casser, voire par disparaître. Pour autant, mesure-t-on bien l’importance de la maintenance ? Contrepoint de l’obsession contemporaine pour l’innovation, moins spectaculaire que l’acte singulier de la réparation, cet art délicat de faire durer les choses n’est que très rarement porté à notre attention.
Ce livre est une invitation à décentrer le regard en mettant au premier plan la maintenance et celles et ceux qui l’accomplissent. En suivant le fil de différentes histoires, ses auteurs décrivent les subtilités du « soin des choses » pour en souligner les enjeux éthiques et la portée politique. Parce que s’y cultive une attention sensible à la fragilité et que s’y invente au jour le jour une diplomatie matérielle qui résiste au rythme effréné de l’obsolescence programmée et de la surconsommation, la maintenance dessine les contours d’un monde à l’écart des prétentions de la toute-puissance des humains et de l’autonomie technologique. Un monde où se déploient des formes d’attachement aux choses bien moins triviales que l’on pourrait l’imaginer."
Motivations
Pourquoi fait-on ça, quelles sont les réflexions qui nous guident, nos influences ?
- parcourir notre médiathèque critique https://guide.deuxfleurs.fr/motivations/livres/
- et découvrir les évènements auxquels nous avons déjà participé.
- Pour en lire plus, n'hésitez pas à aller voir notre blog ! https://blog.deuxfleurs.fr/
...
Mentions légales :
éditeur et l'hébergeur de l'ensemble de ses services et contenus.
Association loi 1901 déclarée en préfecture d'Ille-et-Vilaine le 29 janvier 2020.
Numéro RNA : W353020804
Numéro SIRET : 89961256800019
Siège social :
RDC - Appt. 1
16 rue de la Convention
59800 Lille
FRANCE
Direction de la publication Quentin Dufour
généré par Zola, thème dérivé de Juice.
Propulsé par Garage
Connu / TG
GT NUMÉRIQUE - PLANIFICATION
"
[08/01/2026 17:58] Thomas Delplace: Oh ! Deux fleurs ! Un de mes potes est à l'origine de ça. 😎
[08/01/2026 17:58] Jean-Baptiste Kaiser: Incroyable ! C'est trop bien ce qu'ils font
[08/01/2026 17:58] Jean-Baptiste Kaiser: Ils ont fait Garage
[08/01/2026 18:00] Thomas Delplace: Il m'a parlé de pas mal de leurs projets et leur système d'hébergement est juste parfait ... Même si il ne peut pas tanker du back et n'est qu'en pure static.
"
David Dupuis, anthropologue, psychologue, chercheur à l’Inserm, auteur de « L’épreuve de l’invisible. Carnets d’anthropologie psychédélique » (Seuil)
ouvrir crédits photo
Publié le samedi 13 juin 2026 à 12:04 / Par Thomas Snégaroff - Le Grand Face-à-face
24 min restantes
Voyage au Pérou, quand les Européens expérimentent une boisson végétale aux propriétés hallucinogènes, l’ayahuasca. Qu’en attendent-ils ? Débat avec l'anthropologue et psychologue, David Dupuis, auteur de « L’épreuve de l’invisible. Carnets d’anthropologie psychédélique » (Seuil).
Avec
- David Dupuis anthropologue et psychologue, chercheur à l’INSERM.
Chroniques
- Le duel Natacha Polony, Gilles Finchelstein du samedi 13 juin 2026
Tr.: ...
méthode de l'observation participante ... au service de la connaissance de l'autre ... ça rend visible le monde spirituel ... cerveau influencé par la culture ou phénomène réel, 3ème voie : émergence relationnelle ... interactions, approche des conditions d'émergence de ces êtres ... produire un autre regard ... êtres refoulés par la modernité ... transforme nos vies ... soin de la dépression à Sainte-Anne ... psychiatrie ... la socialisation ... remet la relation au premier plan ... accompagner la production de sens ...
Fil d'actualités — Dépêche / Agence France-Presse
16 avril 2026 à 18h15
Les gouvernements d’extrême droite en Europe ont accentué la crise du logement dans leur pays, en particulier pour les populations les plus vulnérables, a alerté jeudi la Fondation pour le logement, craignant une aggravation de ces difficultés avec les échéances électorales à venir.
« L’extrême droite entraîne un recul des politiques sociales et est loin de trouver des solutions à la crise du logement », selon le rapport de l’association présenté jeudi lors d’une conférence de presse.
...
Fiscal / Finances
(photo) AdobeStock/AlesiaKan
La loi Le Meur permet aux copropriétés de voter une interdiction de mises en location de courte durée, à la majorité des deux tiers et non plus à l’unanimité. Pour les sages de la rue de Montpensier ces dispositions ne portent pas atteinte au droit de copropriété.
Le Conseil constitutionnel a rendu une décision très attendue dans le cadre du débat constitutionnel sur la légalité des règles régulant la location de courte durée pour les propriétaires de biens en copropriété. Il a validé ces nouvelles règles introduites par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite Le Meur au regard, d’une part, de l’objectif poursuivi par le législateur et, d’autre part, des garanties encadrant le dispositif mis en place.
Une question prioritaire de constitutionnalité
Le Conseil constitutionnel a tranché ce point de droit dans le cadre d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) initiée le 24 septembre 2025 par le tribunal judiciaire de Caen (TJ Caen, 24 septembre 2025, RG n° 25/01990).
...
Les copropriétés concernées disposent donc désormais d’un environnement juridique sécurisé pour réguler l’activité de meublé touristique dans les immeubles concernés.
Connu / TG le 20/05/26 à 21:30
GT RURALITÉ - RURALITÉ ET LOGEMENT
Dans les années 1970, la France lance son programme de production d'électricité produite au nucléaire. C'est le début d'une histoire qui voit cette technologie devenir la première source ...
Connu / TG le 4/09/25 à 13:13
GT ÉNERGIE - GENERAL