Natacha Polony reçoit l'essayiste et haut-fonctionnaire David Djaïz, auteur de Slow démocratie (Allary, 2019). Selon lui, la crise du Covid-19 agit avant tout comme un révélateur de nos dépendances aux chaînes de production mondiales.
david_djaïz
Ils ne pensent pas forcément comme nous
Les polémiques repartent comme avant. Pour Marylin Maeso, il nous faut réapprendre à communiquer et à dialoguer.
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« Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt. Dans notre petite ville, est-ce l'effet du climat, tout cela se fait ensemble, du même air frénétique et absent. C'est-à-dire qu'on s'y ennuie et qu'on s'y applique à prendre des habitudes » : c'est ainsi que Camus présente les futures victimes de la peste dans son roman. Tel le mal qui fascina Arendt, ce qui les caractérise, c'est la banalité. Non pas, évidemment, qu'un criminel génocidaire sommeille en chacun d'eux. Le sommeil de l'...
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Reservé aux abonnés - Il vous reste 74% à lire, Cet article est à retrouver dans le magazine n°1216 en kiosques cette semaine "Pourquoi les juges cognent"
Amnésie
Reportage
Économie - En germes
Trois fois ! C’est la troisième fois que la mesure permettant de vendre libres de droits et reproductibles, également appelées semences anciennes, paysannes ou traditionnelles, à des amateurs est stoppée. Trois fois que les députés et les sénateurs votent cette mesure, trois fois que leur vote est remis en cause.
Aujourd’hui, pour vendre une variété de semences, elle doit être inscrite au catalogue officiel. Et pour qu’une semence soit inscrite au catalogue officiel, il faut que la semence soit distincte, homogène et stable. Pour résumer, cela correspond aux variétés de semences industrielles créées et appartenant en grande majorité à des multinationales à travers le monde. Ces semences industrielles obtiennent de bons rendements si elles sont couplées à l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques. Toutes les semences transmises de générations en générations depuis des siècles - des milliers de variétés appartenant au patrimoine vital de l’humanité- ne peuvent pas être vendues, à quelques exceptions près.
Résultat : à cause de cette réglementation et de la généralisation de l’agriculture industrielle, 75% des variétés de semences ont disparu en un siècle. Depuis des années, des associations, des acteurs de la société civile essaient de modifier cette loi. En vain. Le seul fait d’ouvrir la commercialisation des variétés de semences du domaine public aux jardiniers amateurs relève du parcours du combattant.
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Cette fois-ci, l’article 10 de la loi relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires a été publié au journal officiel et est entrée en vigueur le 12 juin 2020. Mais à peine promulguée, le 23 juin, la Commission européenne s’est opposée à cette mesure au motif que toute commercialisation devrait être soumise aux directives européennes. “Son avis tient en un minuscule paragraphe, parfaitement lapidaire et non argumenté, rendant évident un parti-pris pour le moins suspect, explique Blanche Magarinos-Rey, avocate en droit à l’environnement, spécialiste de ce sujet. Surtout, il ne tient...
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Ndlr : le "scandale" se poursuit au service du productivisme...
Le philosophe Michel Onfray a annoncé le lancement d'une revue baptisée "Front Populaire". Aussitôt Le Monde et Libération en ont fait un allié objectif de l'extrême-droite et un poisson pilote du RN. Pourquoi tant de haine ?
220 commentaires
11 commentaires @BouloGiletJaune, Avocat et porte-parole des Gilets jaunes de Rouen, il vient de publier La ligne jaune (Indigènes).
Le 5 mai, le tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe, plus haute juridiction allemande, a reproché à la BCE sa politique monétaire. Le tribunal attaque-t-il l'indépendance de la BCE ou au contraire a-t-il raison de rappeler l'institution à l'ordre ? Nous confrontons plusieurs points de vue. Voici celui de François Boulo.
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Les européistes ont toutes les raisons d’être pessimistes pour l’avenir
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Connu / https://twitter.com/BouloGiletJaune/status/1261348972020461568
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François Boulo #OnNoublieraPas @BouloGiletJaune
Conflit entre la BCE et la Cour de Karlsruhe : le début de la fin de l'euro.
Ma dernière tribune via @MarianneleMag 7:33 PM · 15 mai 2020·- 143 Retweets 284 J'aime
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Covid-BANG
Par Soazig Quéméner, Mathias Thépot, Franck Dedieu, Benjamin Masse-Stramberger, Jack Dion et Laurence Dequay
Macron portait en bandoulière un réformisme fait d’émancipation et de prise de risque, voulait adapter à marche forcée la France à la mondialisation. Patatras ! Le coronavirus lui rappelle combien l’indépendance économique et industrielle du pays compte, quitte à renoncer aux dogmes européens du libre-échange et de la rigueur budgétaire.
Cet article est à retrouver dans le magazine n°1207 en kiosques
Le réformisme ? A l’arrêt
Il aura donc fallu une crise d’une ampleur inédite pour stopper la fièvre réformatrice d’Emmanuel Macron. Pour garantir ce qui pouvait rester du sentiment d’union nationale et faire bloc face au coronavirus, le président de la République a jugé bon de mettre entre parenthèses les réformes qui fâchent : celle des retraites d’une part, qui a mis des centaines de milliers de personnes dans la rue, et celle de l’indemnisation chômage, dont les répercussions sur les précaires étaient régulièrement dénoncées. Emmanuel Macron, le réformateur ultime qui ravit Bruxelles et la presse économique anglo-saxonne, a donc dû se résoudre à faire un pas de côté. On n’y croyait plus : les grandes grèves de décembre 2019 ne l’avaient pas fait bouger d’un iota.
Surtout, il reste le premier dépositaire en France du logiciel économique néolibéral, au sein duquel les réformes structurelles prennent une place centrale. En temps normal, il s’agit de mettre en œuvre la politique de l’offre et d’accroître les marges des entreprises. Autrement dit : faciliter les licenciements, abaisser le coût du travail et la fiscalité du capital, limiter les droits des chômeurs pour les inciter à revenir sur le marché du travail ; et faire travailler les salariés le plus longtemps possible. Depuis le début de son quinquennat, le président de la République s’était employé à respecter méthodiquement ce...
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Connu / https://twitter.com/MarianneleMag/status/1255889755277078531
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Marianne @MarianneleMag · 9h
Le réformisme ? A l’arrêt.
La compétitivité ? Dépassée.
L’avenir européen ? Bouché.
La start-up nation ? Enterrée.
Le Covid-19 a frappé le macronisme au cœur de son logiciel. "Marianne" analyse, domaine par domaine, ces dogmes qui s'effondrent.
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https://www.marianne.net/politique/le-macronisme-covide-de-sa-substance-qu-t-il-encore-nous-vendre
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Coronavirus
Le macronisme covidé de sa substance : qu'a-t-il encore à nous vendre ? Publié le 30/04/2020 à 10:57 Par Soazig Quéméner
Emmanuel Macron prend de plein fouet cette crise sanitaire. Mais à la différence de ses homologues, il a été frappé au cœur de son disque dur, où se stockaient les dossiers “libéralisation”, “mondialisation” et “start-up nation”. Trois ans après son élection, il promet de changer de logiciel pour plus d’indépendance. Faut-il le croire..
Cet article est à retrouver dans le magazine n°1207 en kiosques cette semaine "Le macronisme covidé de sa substance : qu'a-t-il encore à nous vendre ?", disponible en ligne pour seulement 1,99 euros (afin de mieux survivre à votre confinement).
En mai 2017, Emmanuel Macron avait un cap, un logiciel, et surtout jouissait de circonstances politiques exceptionnelles. Le cap était symbolisé par les réformes, à commencer par la « mère » d'entre elles, celle des retraites, qui a engendré au tournant de l'année 2020 la plus longue grève jamais observée dans les transports français. Le logiciel était caractérisé par un volontarisme technocratique, aux commandes d'une « start-up nation » et porté par un renouveau européen. Enfin « libérés » de leurs contraintes, les « premiers de cordée » devenaient les fantassins de cette « France de retour ».
Cache-misère
Trois ans plus tard, nouvelles circonstances exceptionnelles, ces valeurs cardinales s'effondrent. L'épidémie de coronavirus a contraint Emmanuel Macron à mettre la réforme des retraites de côté. Devant l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, accepte de revoir les règles de l'assurance chômage, qui avaient été durcies. L'Europe a manqué le rendez-vous de la pandémie et notre pays célèbre ses nouveaux héros qui la font tenir debout pendant le confinement, les premiers de corvée que sont les soignants, mais aussi les caissières, les éboueurs ou les agriculteurs.
Dans Révolution, son essai programmatique paru en 2016, Emmanuel Macron vantait sa plasticité libérale, censée trancher avec la rigidité de ses...
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Plusieurs élus politiques et personnalités issues du monde de l'entreprise appellent à un nouveau projet politique pour l'après-crise, qui s'appuierait sur le progrès social, l'écologie et la décentralisation.
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Signataires :
Christophe MADROLLE, Secrétaire général UDE, Élu de Marseille
Julien VICK, Administrateur de l’Institut Européen d’Ecologie, Metz
Anne-Sophie CONDEMINE, Adjointe au maire de Lyon, Conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes
Mathieu CUIP, Délégué général de l’UDE
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Depuis le début d’avril, des études confirment le lien entre obésité et risque de développement de la forme grave de l’infection au Covid-19. Le virus se greffe sur une autre épidémie qui, elle, agit à bas bruit et touche aujourd’hui près de 17 % des Français.
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C'est désormais une vérité scientifique : l'obésité est le facteur de risque le plus important pour le déclenchement de la forme sévère du Covid-19
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On y trouvera les articles, notes et billets que nous inspire l’observation des choses vues, lues, et entendues d’aujourd’hui, et parfois tues. Qui nous ? Le collectif des Cahiers de Médiologie (1996-2004) puis de la revue Médium (2004-2019), toujours soucieux de savoir ce que leurs outils font à leurs inventeurs, et les innovations techniques, à notre vie culturelle, sociale et politique. Si notre objet propre est la transmission, en tant que traversée des temps longs, nous aimons et entendons aussi communiquer dans l’espace amical d’un jour le jour à partager.
Régis Debray
Politique
Chloé Morin, Expert associé à la Fondation Jean-Jaurès
Marie Le Vern, Conseillère en stratégie, Societing
Tout le monde parle déjà de la fin du confinement. Mais la phase politique de "l’après" comporte bien des dangers : la fin du consentement. Le capital de confiance dans l’exécutif et au-delà dans les institutions semble épuisé.
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Les « élites » dansaient sur un volcan
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5% de sacrifiés
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Jusqu'où la chute ?
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Depuis trois semaines, les études qui mesurent la confiance dans le gouvernement se succèdent et empruntent une courbe à la fois classique (la côte de confiance des deux têtes de l’exécutif fait un bon spectaculaire – comme en 2015 pendant la gestion des attentats) et inquiétante : tous les indicateurs de confiance citoyenne en la capacité de ce gouvernement à faire face à cette crise sont au plus bas, et ne cessent de chuter au grès des interrogations et des polémiques nouvelles. Nous sommes en train d’épuiser un capital de confiance que nous ne savons plus comment régénérer, et la question qui se pose à nous est la suivante : jusqu’où la chute, et donc la désagrégation, peut-elle aller ? Et quelles en seraient les conséquences concrètes ?
La conviction que l’imprudence a régné
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Un exécutif fragilisé, une défiance au plus haut
En parallèle, l’idée qu’aucun camp politique n’aurait fait, ni ne ferait, mieux que le gouvernement actuel, est elle aussi bien ancrée. Elle neutralise – pour partie – les oppositions. Le Rassemblement National a quant à lui décidé de sortir les armes lourdes – « le gouvernement ment » - mais sa crédibilité de gestionnaire est trop faible pour qu’il ait un écho au-delà de son socle à ce stade du débat, alors que beaucoup sont encore dans la survie, et non dans l’autopsie et la recherche de responsables et de sanctions.
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Le sentiment d’un « deux poids, deux mesures »
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La polémique née des métropolitains (surtout les franciliens) gagnant leur résidence secondaire « en dispersant le virus » ; celle de la cagnotte du ministre de Darmanin, ravivant une colère sociale qui couve depuis des mois, voire des années ; celle du refus d’autoriser l’utilisation de l’hydroxychloroquine ; la simple envie, maladroitement réprimée, de profiter des premiers jours ensoleillés du printemps sur les berges de la seine ou dans les parcs fermés… ; ou encore la multiplication des images de ces ministres, souriants sur les réseaux sociaux, en indiquant qu’ils avaient pu bénéficier d’un test, ravivant le sentiment d’un « deux poids, deux mesures » entre premiers de cordée et premiers de tranchée… autant d’étincelles, de gouttes qui pourraient faire déborder un vase déjà bien plein.
Et si le confinement est plus long que prévu ?
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Mais prenons garde aux signaux faibles, et tentons à toute force de préserver ce capital précieux, ce bien commun primaire que nous ne savons plus comment régénérer mais savons trop comment épuiser : la confiance. Confiance en nous, confiance en nos institutions, confiance en l’avenir. Et puis, au bout du chemin, nous pouvons aussi nous rassurer en espérant qu’en dernier recours, la dernière soupape de décompression politique saura encore fonctionner correctement : l’élection.
Lire aussi
Confinement : "Ce qui définit la démocratie, c’est la possibilité de se côtoyer" https://www.marianne.net/politique/confinement-ce-qui-definit-la-democratie-c-est-la-possibilite-de-se-cotoyer
La faute au manque de biodiversité
Rencontre avec Serge Morand, chercheur CNRS-Cirad. Ecologue de la santé et parasitologiste de terrain, il conduit de nombreuses missions notamment en Asie du Sud-Est. Il est l’auteur de "La prochaine peste" (Fayard), 2016.
Depuis le début du siècle, le nombre de personnes touchées par une maladie infectieuse diminue. ... grâce à nos systèmes de santé performants. La chute commence avant l’apparition des vaccins et des antibiotiques. Elle est surtout due à la santé publique et à l’hygiène. Par contre, le nombre d’épidémies augmente.
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Une maladie infectieuse se transmet, dans la plupart des cas, d’un animal sauvage à un animal domestique (y compris ceux d 'élevage) puis à l’être humain.L’animal domestique est un pont.Dans le cas du coranavirus, il y a 95% de chances que la cause de l’épidémie soit une chauve-souris et non un pangolin ni un rongeur. « Le pont » vers l’être humain n’a pas encore été identifié comme par exemple celui de la civette avec le Sras.
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Le monde sauvage se fait envahir par l’animal domestique ou par des vecteurs qui apprécient les humains comme les moustiques, transporteurs de la dengue, de zika ou chikungunya. Les liens s’intensifient entre le monde sauvage et le monde domestique. D’autres chercheurs ont montré que cette destruction de l’habitat du monde sauvage augmente le risque infectieux. Ils estiment qu'environ 20% du risque de paludisme dans les lieux de forte déforestation est dû au commerce international des produits d'exportation impliqués dans la déforestation, tels que le bois, le tabac, le cacao, le café ou le coton.
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En biomasse, les vaches pèsent plus que les êtres humain. Pour élever et nourrir ces animaux, nous avons besoin de terres qui empiètent sur le monde sauvage : 70% des terres agricoles sont consacrées à l’élevage et aux cultures pour produire des protéines animales. Ces animaux sont en plus à l’origine de plus de 22 milliards de tonnes d’excréments par an. Ces déjections peuvent propager des maladies notamment en contaminant l’eau et les sols.
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Les interactions des vivants perdent leur équilibre dynamique dans les écosystèmes perturbés et avec elle, la résilience des systèmes écologiques. Nous créons des « pathosystèmes ». L’homme détruit la résilience nécessaire à la nature et à notre santé.
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nous vivons, en ce moment, le dernier signal d’alerte de la faune sauvage. J’espère que nous serons assez forts pour réagir. Ces épidémies sont des alertes. Si nous ne préservons pas la biodiversité, les crises sanitaires vont se multiplier.
Politique
Coralie Delaume est essayiste. Elle collabore à Marianne et anime notamment le blog l’Arène nue. Elle a publié Le couple franco-allemand n'existe pas (Michalon, 2018), mais aussi, avec David Cayla, La fin de l’Union européenne, (Michalon, 2017) et 10 + 1 questions sur l'Union européenne (Michalon, 2019).
L’utilisation du 49.3 le rappelle crûment : les outils politiques à la disposition du peuple pour influer sur le cours des choses disparaissent peu à peu. Et c’est grave.
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Le référendum
On savait déjà que les référendums ne servaient plus à rien. L'épisode de celui sur la Constitution européenne en 2005 et de la victoire du « non » à près de 55 %, suivie trois ans plus tard par l'adoption du traité de Lisbonne, s'est chargé de nous l'enseigner. Car c'est bien le même texte qui a été imposé par Nicolas Sarkozy et voté par le Parlement en 2008. Pour qui serait tenté d'en douter, il suffit de se remémorer ce mot du père du Traité constitutionnel, Valéry Giscard d'Estaing. Dans Le Monde du 26 octobre 2007 https://www.lemonde.fr/europe/article/2007/10/26/vge-sur-le-traite-europeen-les-outils-sont-exactement-les-memes_971315_3214.html il affirmait: « dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche. ». Puis d'ajouter : « [le Traité] est illisible pour les citoyens, qui doivent constamment se reporter aux textes des traités de Rome et de Maastricht ». Quoi de mieux qu'un texte illisible, en effet, pour décourager toute velléité de vérification ?
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Le Parlement
... comme le déplorait déjà Guy Carcassonne dans son célèbre ouvrage sur La Constitution (Seuil, 2014), les modalités récentes d'usage du 49-3 constituent une dérive : « on a vu se banaliser une arme dont l’utilisation devait rester exceptionnelle. Elle était faite pour des gouvernements fragiles, elle est utilisée par des gouvernements forts […] Elle était faite pour conclure un débat, elle est utilisée pour y couper court. Elle était faite pour mettre les députés devant leurs responsabilités, elle est utilisée pour affranchir le gouvernement des siennes ». Il faut dire aussi, ô surprise, que l'opposition s'oppose. A défaut de pouvoir « dissoudre le peuple », finira-t-on par interdire l'opposition ?
La grève
... Le mouvement social dans les transports, notamment, s'est révélé comme le plus long qu'ait connu la France en trente ans. Plus long que celui de 1986-87 sur les salaires (28 jours) et que celui de 1995 (22 jours). Si l'on en croit les sondages, il était de surcroît très soutenu. Il n'en a été tenu aucun compte.
L'élection présidentielle
... que « l'extrême-centre » se nomme « Les Républicains », « Parti socialiste » ou « En marche », c'est toujours la même politique qui est menée. Une politique néolibérale faite d'européisme indépassable, d'austérité budgétaire, de libre-échange et de déflation salariale.
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Longtemps, le fhttps://www.marianne.net/debattons/entretiens/david-cayla-les-regles-europeennes-determinent-strictement-le-cadre-economiqueait que les candidats du « bloc bourgeois » aient été artificiellement répartis dans deux formations politiques, l'une de droite et l'autre se disant de gauche, a été l'assurance vie du statu quo. Les Républicains et le PS se partageaient équitablement le pouvoir, et en faisaient la même chose. La réunion, sous la bannière macroniste, des faux adversaires qu'étaient l'aile centriste du parti de droite et l'aile droite du parti de « gauche », a certes clarifié les choses. Le rôle d'assurance-vie du système est désormais joué par le Rassemblement national. En 2022, sa présence au deuxième tour pourrait assurer la victoire à l'un ou l'autre des « Macron » potentiels qui se trouvera en face, quels que soit son nom et son étiquette. Si les référendums ne servent plus à rien, si la grève est sans effet, si le Parlement est contourné et si l'élection présidentielle ne consiste plus qu'à choisir tantôt entre des clones, tantôt entre l'un des clones et le chaos, il ne reste plus rien de la démocratie. Aussi ne faudra-t-il pas s'étonner que les électeurs ne se précipitent plus aux urnes pour défendre celle-ci en « faisant barrage ». Ils pourraient même se dire qu'après tout, la dérive autoritaire, on y est déjà.
Lire aussi
"Les élections européennes ne changeront pas la nature des politiques européennes" https://www.marianne.net/debattons/entretiens/david-cayla-les-regles-europeennes-determinent-strictement-le-cadre-economique
Clés : démocratie ; Emmanuel Macron
Connu / https://twitter.com/MarianneleMag/status/1228366273148588035
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Marianne @MarianneleMag · 9h
Bernard Friot est économiste et sociologue du travail, professeur émérite à Paris-Nanterre, militant au PC. Jean-Marc Daniel est, lui, un économiste libéral, professeur émérite à l'ESCP Europe et...
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Fac - Article en entier dans le magazine n°1193 pages 54 à 56
Des conférences annulées, des élèves menacés pour des actes ou opinions non conformes au "politiquement correct" d'une gauche moralisatrice... Dans les facs, la lutte contre les inégalités et le capitalisme s'est progressivement effacée devant la chasse aux discriminations et “phobies” plus ou moins avérées.
Ndlr : qui sont Mikaël Faujour et Marion Messina ? ACT
Mauvaises ondes
La cour d'appel de Turin a reconnu comme maladie professionnelle la tumeur d'un homme ayant travaillé pendant 15 ans avec son téléphone portable près du visage. Son employeur, Telecom Italia, a été condamné à lui verser des indemnités.
citée par le journal il Fatto Quotidiano https://www.ilfattoquotidiano.it/2020/01/14/cellulare-e-tumori-corte-di-appello-di-torino-conferma-nesso-tra-uso-e-cancro-allorecchio-spesso-studiosi-sono-in-conflitto-dinteresse/5670261/
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Cette décision entre en contradiction avec les conclusions rendues il y a quelques mois par l'Institut supérieur de la santé italien. Dans un rapport rendu en août 2019, cette autorité publique estimait que les données disponibles ne permettaient pas d'associer l'utilisation du téléphone portable avec un risque accru de tumeur. Elle indiquait cependant que des éléments manquent encore pour évaluer précisément l'effet à long terme d'une utilisation commencée pendant l'enfance.
Lire aussi
Danger des ondes de portables : en route vers un "phonegate" ? https://www.marianne.net/societe/danger-ondes-telephones-portables-en-route-vers-un-phonegate
Clés : santé ; numérique
Politique Entretien vidéo
Natacha Polony reçoit Régis Debray dans le nouveau studio vidéo de Marianne pour un entretien d'actualité et un bilan de l'année 2019 : contestation contre la réforme des retraites, crise de la démocratie, gilets jaunes, engagement écologique... Peut-on encore faire une révolution en 2019 ?
Marianne évolue et inaugure son nouveau studio !
Régis Debray, qui a rejoint Marianne avec sa bande des médiologues en octobre dernier, ouvre le bal. Natacha Polony, directrice de la rédaction, l'a interrogé sur la période politique, la contestation contre la réforme des retraites, le cadre politique de l'Union européenne, la question écologique...
Lire aussi Violences, par Régis Debray https://www.marianne.net/debattons/les-mediologues/violences-par-regis-debray
... le mouvement national-populaire ... combinaison d'une mémoire et d'un projet, ça me guide un peu ...
Marianne @MarianneleMag · 10h
Duel Macron-Le Pen : comment empêcher que cela se passe comme ça, par Jean-François Kahn
Cet article est à retrouver dans le magazine n°1186 en kiosques cette semaine "1995, 2019 : Rebelote ?", disponible en ligne pour 3,49 euros seulement. Marianne a raison : on ne saurait se résoudre...
marianne.net