Quels sont les atouts de l’hydrogène pour devenir un acteur phare du futur mix énergétique ? Quels sont les obstacles à lever ? Grand spécialiste de l’hydrogène et récent lauréat de la prestigieuse médaille Blondel, Daniel Hissel fait le point à l'occasion d'un Congrès international sur les véhicules électriques qui se tient à Belfort du 11 au 14 décembre.
...
Nous sommes nombreux à penser que la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables est LA solution.
Sur ce point, les détracteurs évoquent souvent le rendement de cette filière de production d’hydrogène qui serait mauvais… Bien entendu, le rendement de l’électrolyse se situe aux voisinages de 70%, ce qui peut sembler faible, par rapport à des sources énergétiques fossiles qui sont immédiatement disponibles. Mais ceci est à nuancer par l’excellent rendement électrique des systèmes piles à hydrogène : ce dernier peut dépasser les 50% ce qui est beaucoup en comparaison du rendement des machines thermiques. Et surtout, si nous nous plaçons d’un point de vue financier, la source primaire (vent, soleil, etc.) est gratuite… Bref, la question du rendement ne saurait constituer un argument sérieux contre le candidat hydrogène. Passons au critère suivant, l’accessibilité en tout point de la planète.
Inaugurée en 2009 à Prenzlau (Allemagne), cette centrale hybride produit de l'électricité, de la chaleur et de l'hydrogène à partir de sources d'énergie renouvelables.
JOHANNES EISELE / AFP
Du groupe électrogène aux applications spatiales
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Mes principales activités de recherche se concentrent sur l’augmentation de l’efficience énergétique et de la durabilité des systèmes hydrogène-énergie. En travaillant à la fois sur l’identification de l’état de santé de la pile à hydrogène, sur le temps restant de bon fonctionnement (eu égard à un cycle d’usage donné ou estimé), sur l’optimisation du pilotage du système grâce à ces informations, il nous a été possible de faire progresser significativement la maturité technologique de l’hydrogène-énergie, d’accompagner les industriels du secteur au niveau international, et de lancer également nos propres start-ups. Ces recherches se mènent avec les équipes évoluant au sein de la fédération de recherche CNRS FCLAB (link is external) et constitue un travail collectif interdisciplinaire. Une dimension indispensable, peut-être plus ici qu’ailleurs compte-tenu de la nature de notre objet d’étude qui requiert des compétences en génie électrique, mécanique, thermique, électrochimie ou matériaux mais aussi en économie et dans les autres sciences humaines et sociales. C’est ce travail collectif qui permettra assurément à l’hydrogène de jouer le rôle qu’il mérite dans le paysage énergétique de demain.
Les points de vue, les opinions et les analyses publiés dans cette rubrique n’engagent que leur auteur. Ils ne sauraient constituer une quelconque position du CNRS.
Notes
1.
Voir notamment la société H2SYS (http://www.h2sys.fr (link is external)), start-up issue de la recherche du CNRS
Mots-clés :
Hydrogène énergie climat Énergies renouvelables Pile à combustible voiture électrique
Alimentation 3 solutions
Transports 5 solutions
Energie 5 solutions
Déchets 2 solutions
Et aussi 4 solutions
ndlr : le rac a donc une approche "solutions" : tombe-t-il dans le "solutionnisme" ? => étudier, questionner ACT
Réseau Action Climat
Mundo M,
47 avenue Pasteur
93100 Montreuil
01 48 58 83 92
Fabien Clairefond pour « Les Echos »
CHRONIQUE. Face à la menace climatique, c'est sur les émissions de CO2 que les entreprises et les Etats doivent agir. Tant qu'elles ne seront pas associées à toute information économique, il y a peu de chances que les bonnes décisions soient prises.
La forêt a brûlé, l'ouragan s'est abattu, la sécheresse a frappé, le thermomètre a gémi, les scientifiques se sont à nouveau alarmés... et rien. « La maison brûle et nous regardons ailleurs. » Hélas, Chirac aurait pu utiliser le futur, et pronostiquer : la maison brûlera, et nous regarderons ailleurs, car c'est exactement ce que nous avons fait . Lire aussi : > Le réchauffement, c'est maintenant ! Depuis 2002, les émissions planétaires...
...
on peut faire un euro de valeur ajoutée en émettant un gramme comme dix kilogrammes de CO2 dans l'atmosphère : la physique n'étant pas - par construction - dans l'économie, il est impossible de déduire les émissions de manière simple des indicateurs monétaires.
Dès lors, nous commencerons à être sérieux sur la question du climat quand chaque information de nature économique comportera, à côté de chaque valeur exprimée en euros, en voitures ou en logements, la quantité - obtenue de manière séparée, par une comptabilité physique qui s'appelle la comptabilité carbone - de gaz à effet de serre associée.
ndlr :
sous l'anthropocène, la physique devient prépondérante sur la finance. Ainsi la comptabilité devient bidimensionnelle (monétaire, g d'équivalent co2 émis) => concevoir les logiciels libres qui le prendront en compte ACT
Mais pour que cela advienne, il faudra lutter : rendre la lutte des classe tri-dimensionnelle (sociale, écologique, démocratique). En effet, l'histoire a prouvé que tout résultat a été conquis de haute lutte.
Conclusion : pour garantir l'avènement d'une compta bidimensionnel, mettre en oeuvre une action qui l'est également : comptabilité carbone ET lutte des classes.
Le meilleur moyen n'est-il pas la grève générale ?!
ACT
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https://polony.tv/focus/rechauffement-climatique-la-caricature-de-l-ind
Natacha Polony tenait à féliciter les deux cents belles âmes qui ont signé lundi dernier (dans Le Monde) la pétition de Juliette Binoche et Aurelien Barrau sur le réchauffement climatique... Comme il est doux de se procurer une conscience à si peu de frais !
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Catégorie Actualités
Langage Français
Étiquettes climat pétition polony
Résumé :
Natacha Polony leur reproche une forme d'immaturité politique à ne rien proposer de concret. Est-ce si vrai ? En tout cas, PLPDLA se sent aussi visé du coup vu qu'il avait adhéré à l'appel => transcrire, analyser, questionner ACT
Exigeons du pouvoir politique qu’il impose le nécessaire. C’est sa raison d’être, son droit et son devoir.
En ce temps de rentrée, nous allons vaquer à nos occupations « importantes ». Nous allons revenir à nos études, à nos activités professionnelles, à nos soucis relationnels et financiers. Et donc oublier l’essentiel – disons le vital – jusqu’à l’année prochaine. La survie de la Terre va se trouver à nouveau reléguée au second plan. Et ce n’est plus acceptable.
Il n’est plus possible de le contester : le monde se meurt. La catastrophe en cours est immense. Peut-être sans précédent dans l’histoire universelle – en tous cas certainement dans l’histoire humaine. Il est question du climat, évidemment, mais au moins autant de la pollution et de l’atrophie des espaces de vie (non urbanisés). Beaucoup d’humains – probablement une majorité, voire la totalité – vont souffrir et peut-être mourir. Les individus animaux vont mourir par dizaines de milliers de milliards. Les espèces animales vont s’éteindre par millions. Ce n’est plus un scénario catastrophe : c’est l’avenir qui se dessine. Au rythme actuel, dans quelques décennies, nous aurons presque tout saccagé. Nous aurons commis un « crime contre l’avenir ». Irréparable par essence.
...ce n’est pas « la fin du monde », juste une page de l’histoire. Certes, la Terre en tant qu’objet physique perdurera. Et alors ? La mort de l’essentiel des vivants et de l’essentiel des espèces n’est-il pas précisément le sens littéral de la « fin du monde » ? La Terre est cette diversité. En tant que planète tellurique inhabitée ou presque, elle n’aurait plus aucun sens, aucun intérêt, aucune singularité.
Non, la technologie ne nous sauvera pas. Non, les climatologues ne se sont pas trompés dans leurs calculs. Non, il n’y aura pas de miracle de dernière minute. Ne serait-ce que parce que la catastrophe est déjà en cours. Elle a lieu. Ça se passe. Les réfugiés climatiques existent, les races décimées se multiplient, les animaux agonisent faute de lieux pour vivre, d’air respirable, de températures supportables et d’eau saine. Ça se produit en ce moment.
Et, non, il n’est pas « trop tard ». Cela ne veut rien dire. Trop tard pour quoi ? Il est évidemment trop tard pour qu’il ne se soit rien passé. Il est trop tard pour qu’aucun dégât n’ait été fait, pour que personne ne meure, pour que tous les vivants soient respectés dans leur intégrité. Et alors ? Que 100 millions ou 6 milliards d’hommes meurent n’est pas la même chose (évidemment les pays pauvres – ceux qui sont le moins responsables – paieront en premier). Que 100 000 espèces ou 6 millions d’espèces disparaissent n’est pas la même chose. Que la température monte de 2-3 degrés ou de 5-6 degrés n’est pas la même chose. Que cela se fasse en 10 ans ou en 100 ans n’est pas la même chose. Il n’est pas « trop tard » au sens où le mal ne vaut pas le pire. Il y eut 60 millions de morts durant la dernière guerre mondiale. C’est une tragédie absolue. Mais il n’en demeure pas moins heureux qu’il n’y ait pas eu plutôt 200 millions de morts comme cela eut été possible. Nos aïeux se sont battus pour limiter l’étendue du massacre. Heureusement. C’est à notre tour de nous battre pour éviter la Fin majuscule.
Notre responsabilité est plus qu’immense : elle est ontologique. Nous avons l’être du monde en tant que tel entre nos mains. Pour la première fois dans l’Histoire.
Nous savons. Tout le monde sait. Les négationnistes de la catastrophe ne sont plus crédibles et plus écoutés. Ils sont marginaux et grotesques. Pourtant, le fait est que rien ne change.
Le « problème » n’est pas nouveau.
...
que chacun fasse « au mieux » pour contrer la folie d’une croissance littéralement intenable et mortifère.
...
les autres vivants ... nos otages.
Les initiatives « locales » et la volonté citoyenne ne suffisent plus. Il est aujourd’hui vital que des décisions politiques drastiques – et contraignantes donc impopulaires – soient prises. Elles ne le seront que sous notre pression. Voilà le paradoxe avec lequel il faut jouer.
Le défi est donc le suivant : renoncer volontairement à un peu de confort (apparent) pour enjoindre nos dirigeants à nous imposer des mesures collectives d’extraction de la fuite en avant intenable qui est aujourd’hui la nôtre.
Nous sommes ainsi faits que l’autorégulation individuelle et volontaire de chaque membre d’une immense tribu (ici celle des humains) est extraordinairement difficile. Mais nous avons aussi cette capacité à savoir que des mesures globales de restriction peuvent in fine jouer dans le sens de la liberté, de la beauté et de la diversité. C’est la raison pour laquelle nous avons inventé la politique, au sens noble (politikos, politeia, politikè). Elle doit aujourd’hui jouer son rôle. Nous n’avons plus d’autre choix que de réclamer les décisions politiques fermes, dures et immédiates qui nous sauveront. Que nous ne sachions pas nous les imposer de façon individuelle et autonome ne signifie pas que nous sommes aveugles à leur bien-fondé collectif.
Nous n’avons plus d’autre possible que de marteler cet appel. D’user de chaque circonstance, de chaque intervention publique, de chaque échange avec un élu, de chaque vote, de chaque manifestation, de chaque sondage, de chaque débat familial ou amical pour marteler l’exigence de mesures fortes et péremptoires pour sauver le monde de l’inconséquence de ses hôtes humains. Cette exhortation doit devenir la ligne autour de laquelle la pensée se déploie. La ligne de vie, exactement. Elle est mince et fragile comme jamais.
Plus aucune pensée politique, plus aucun projet politique, plus aucune formation politique, plus aucune structure politique, qui ne fasse du sauvetage de ce qui reste du monde sa priorité concrète et effective ne peut plus être considérée avec sérieux. Forçons-les à nous contraindre à la raison. Au nom de la vie et de l’avenir. Au nom des enfants à naître. Au nom de la possibilité d’un demain. Au nom de tous les vivants. Au nom des millions d’années d’évolution subtile qui ont permis l’existence de cette foisonnante diversité. Et au nom de la liberté retrouvée, dans un rapport apaisé avec une Nature dont ne pouvons plus nous croire « maîtres et possesseurs ». Il y a naturellement mille autres combats à mener. Mais ils sont déjà perdus si celui-là est oublié.
Cet appel, évidemment, sera ignoré. Mais d’autres viendront. Multiplions-les. Envahissons l’espace pour le sauver.
Catégories : Actualités, Ecocritik, Tribunes
Étiquettes : animaux, Aurélien Barrau, Diacritik, extinction, Fin du monde, Migrants, planète, Politique, réchauffement climatique, réfugiés climatiques, Terre
ndlr : Appel critiqué notamment par Natacha Poloni :
https://exode.me/videos/watch/c926b889-e912-4e0a-9123-7de12681d459
#Climat#Politique
Alors qu'un ouragan « historique » s'apprête à frapper l'Etat américain, celui-ci avait voté une loi en 2012 refusant de tenir compte des prévisions climatiques
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«Une nouvelle terre», de Dominique Bourg. © Editions Desclée de Brouwer
Nous sommes entrés dans l’Anthropocène, une nouvelle ère géologique caractérisée par l'influence majeure de l'homme sur le milieu terrestre. Comment en sommes-nous arrivés là ? Face au péril que cela représente, sommes-nous enfin capables de penser notre relation à la nature autrement que sous forme de domination et d'exploitation ? Le philosophe Dominique Bourg est notre invité. Il vient de publier Une nouvelle terre, aux éditions Desclée de Brouwer.
La chronique de la collapsologie avec Pablo Servigne :
«Les collapsologues sont des catastrophistes mais pas des pessimistes».
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2 - Dossier : Nous allons changer d’ère géologique : bienvenue dans l’Anthropocène!
Transcription :
...
l'union des peuples premiers est essentielle dans son rapport à la nature ... exo-somatisation /alphabet grec ... des éléments de notre milieu qu'on incorpore ... voyelles et consonnes font exister la langue indépendamment du locuteur ... on fait exister un monde abstrait qui se substitue au monde sensible. Tout notre monde occidental est bâti là-dessus. abstraction, début de la science. alors que pour les peuples premiers nous sommes des animaux. On a mis un écran entre nous et le monde, on s'est fermés, le paradoxe est que par notre savoir, on le redécouvre ! règnes animal et végétal deviennent poreuse aujourd'hui. On en revient à notre harmonie avec le vivant. Nous avons placé le conditionné au dessus du conditionnant. Si l'habitabilité de la terre se dégrade, tout le reste tombe.L'urgence écologique est là.
...
il descend en règle jeff besos et elon musk +++ ... le seul truc écolo, c'est moins ... +de spiritualité (au sens onthologique /style de relation au monde ancrage profond style de relation, comportements modèles de dépassement) +profond que le religieux, être pleinement humain en harmonie avec la nature, la forêt. /nous +je consomme +je suis moi-même sic !
mutation ontologique du monothéisme
2 signaux faibles dans la civilisation occidentale changements -reconnaissance des droits de la nature patcha mama, cpi, préjudice écologique, - relation aux sciences amas de contradictions car mot ne veut plus rien dire, ya pas d'objet scientifique, ça ne concerne que des énoncés, ce que j'en fais, c'est autre chose, le citoyen est roi ex.restituer à la connaissance son sens fondamental n'est pas contestable. J'ai à m'affirmer /objets ex ogm qui trompent redonner son prix à la vérité par dela la réalité ???
Nous sommes les seuls à pouvoir résoudre la crise climatique et il n’y pas une minute à perdre.
Le 8 septembre 2018, nous organisons des milliers de rassemblements dans le monde entier pour exiger de nos dirigeants locaux qu’ils s’engagent à construire un monde Zéro Fossile, où l’humain passe avant le profit. Assez de tergiversations, assez de retards : il est temps de passer à une énergie 100 % renouvelable accessible à tou.te.s.
Les vrais engagements en faveur du climat émergent des citoyen.ne.s. Ce qui signifie que le pouvoir appartient aux citoyen.ne.s, pas aux entreprises. En d’autres mots, nous réclamons des débouchés économiques pour les travailleur.euse.s, ainsi que justice et dignité pour les communautés qui sont en première ligne, durement touchées par les conséquences de l’industrie fossile et du réchauffement climatique.
En septembre, les villes, les États, les entreprises et la société civile du monde entier vont se réunir en Californie pour le Sommet Mondial sur l’action pour le Climat.
Le Sommet a invité chaque maire, gouverneur et dirigeant.e local.e à prendre un engagement courageux envers le climat, afin d’inciter le monde à respecter l’accord de Paris sur le climat.
Les objectifs fixés sont les suivants : une transition rapide et juste vers une énergie 100 % renouvelable, et le refus de tout nouveau projet de combustibles fossiles.
Organisez ou rejoignez un événement dans votre communauté. Si vos dirigeant.e.s s’engagent dans ce sens, votre rassemblement peut être une fête. S’ils.elles s’abstiennent, c’est l’occasion de leur demander des comptes.
Par l’action collective, nous pouvons mettre fin à l’ère des combustibles fossiles et protéger le climat dont nous dépendons tou.te.s.
Christian de Perthuis, fondateur de la chaire économie du climat, a imaginé l'ampleur du réchauffement de la planète et ses conséquences en fonction de la capacité des humains à réduire leur consommation d'énergie fossile d'ici à 2050.
Le scénario catastrophe : « Le terrien moyen continue d'augmenter sa consommation d'énergie [...]. Le monde a épuisé son 'budget carbone' en moins de vingt ans entre 2015 et 2050. En 2085, le réchauffement se situe déjà dans le haut de la fourchette 2 °C à 4 °C. Du fait de la fonte plus rapide qu'initialement anticipé des glaces continentales, la hausse du niveau de la mer avoisine 1,5 mètre. Les grandes zones de delta deviennent invivables, provoquant des conflits d'une grande violence, notamment en Asie du Sud. "
L'Accord de Paris est respecté : « La part des fossiles a été ramenée à 50 % des sources primaires. [...] Les émissions mondiales de CO2 d'origine énergétique ont diminué de près de 30 %. [...] En 2085, la température moyenne se situe dans le bas de la fourchette 2 °C à 4 °C. En 2085, la montée du niveau de la mer vient d'atteindre 0,75 mètre. Les migrations internes se multiplient depuis les zones côtières les plus vulnérables. »
L'hypothèse optimiste : « Le terrien moyen ne consomme guère plus d'un litre d'équivalent pétrole en 2050. Cette économie de la sobriété a été rendue possible par une redistribution majeure des ressources. Dans les pays riches, la consommation d'énergie a été divisée par plus de deux. [...] L'accès à l'énergie des plus démunis a été dopé par la baisse cumulative des coûts de stockage et de production de l'électricité décarbonée. [...] Les émissions de CO2 ont été divisées par quatre relativement à 2015. Le monde s'organise en 2085 pour faire face à un réchauffement de l'ordre de 2 °C. "
Carbone Climat : L’Europe perd son cap
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« Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non », constatait amèrement Nicolas Hulot le 28 août au micro de France Inter en annonçant sa démission. A l’échelle de la France comme de l’Europe, elles ont pourtant diminué depuis 1990, mais à un rythme beaucoup trop lent pour atteindre les objectifs de moyen et long terme visés par l’UE : - 40 % en 2030, - 60 % en 2040 et – 80 % en 2050.
Gaz à effet de serre dans l’UE : loin des objectifs
Trajectoire actuelle et scénario de baisse de 80 % en 2050 (1990 = 100)
trajectoire.png
Cette baisse tient relativement peu aux mesures réglementaires et fiscales, dont le niveau de contrainte est limité. Elle est surtout due à des facteurs externes que sont la désindustrialisation de l’Europe (qui ne comptabilise pas les émissions induites par la fabrication des produits qu’elle importe), les effets durables de la crise de 2008 ou encore les avancées technologiques. La meilleure preuve en est que les émissions de CO2 sont reparties à la hausse depuis deux ans, du simple fait d’une croissance économique plus forte qui dope le consumérisme des gagnants.
Une baisse beaucoup trop lente des émissions
Evolution des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2016, par pays en %
Certains pays affichent des performances particulièrement mauvaises, dont la France qui dit pourtant vouloir atteindre la neutralité carbone1 en 2050. Ses émissions n’ont baissé que de 14 % depuis 1990, très en-dessous de la moyenne européenne de 22 %. Et la hausse récente de ses émissions en CO2 est de même plus élevée que chez nombre de ses voisins.
Commentaires récents (3)
CO2 humain que les résultats scientifiques accumulés depuis 30 ans , exonèrent de plus en plus d'un rôle significatif 29/08/2018
L'Europe et Alter Eco vont ils devenir raisonnables? La France mauvais élève alors qu'elle émet bcp moins que les autres 29/08/2018
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Combustion d’énergie : la France parmi les mauvais élèves européens
Evolution des émissions de CO2 liées à la combustion de l’énergie 2016-2017, en %
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La politique des « petits pas » qui a poussé Nicolas Hulot à la démission n’est pas à la hauteur pour éviter la catastrophe climatique dans laquelle nous sommes en train de basculer, y compris en Europe. L’ex-ministre a raison : nous n’avons pas commencé à vraiment réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
1.
Neutralité carbone : état d’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur capture (par les arbres, les sols…)
3 Commentaires
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Commentaires (3)
elegehes 29/08/2018
CO2 humain que les résultats scientifiques accumulés depuis 30 ans , exonèrent de plus en plus d'un rôle significatif dans les évolutions du climat de la terre. Il semble que le niveau de CO2 dans l'atmosphère dépend d'abord de la température des océans, qui monte depuis 200 ans, et que le CO2 humain, 6% du total ... ne change pas l'équilibre air-mer.
elegehes 29/08/2018
L'Europe et Alter Eco vont ils devenir raisonnables? La France mauvais élève alors qu'elle émet bcp moins que les autres grands pays? L'Europe sur le nombril de ses vieux objectifs alors que la Chine et l'Inde augmentent massivement leurs rejets (production électrique au charbon) rt avec les USA, sont de loin les très gros émetteurs de CO2...
François Domerc 30/08/2018
C'est faux si les émergents polluent autant c'est qu'ils nous vendent et donc polluent chez eux....pour notre conso.. / Par ailleurs, Altereco n'a pas à être raisonnable mais bien plutôt les libéraux qui détruisent la planête.
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sur Twitter: https://twitter.com/Le_Reveilleur
Dans cette vidéo, je vous parle d'une idée que je trouve intéressante: le quota carbone individualisé. En gros, on donne à chacun un quota carbone qui fait office de monnaie parallèle. On doit donc tout acheter avec nos euros et notre quota CO2. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée pour régler le problème du changement climatique ?
Vous pouvez me donner votre opinion ici
https://docs.google.com/forms/d/e/1FA...
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeMICjMcdgQcmlPW60frUUL7ZJ52tNzOi_H4kHUnIQ0l8O6WA/viewform%3Fusp%3Dsf_link&v=NIVPzTFhzQY&redir_token=0UCakOJ9r7AQRP39XC9irSiBZ_N8MTUzNTc0MDcwM0AxNTM1NjU0MzAz&event=video_description
Et faire votre bilan carbone ici:
http://avenirclimatique.org/micmac/in...
https://www.youtube.com/redirect?q=http%3A%2F%2Favenirclimatique.org%2Fmicmac%2Findex.php%23&v=NIVPzTFhzQY&redir_token=0UCakOJ9r7AQRP39XC9irSiBZ_N8MTUzNTc0MDcwM0AxNTM1NjU0MzAz&event=video_description
L'idée avait été un peu discuté en Angleterre:
https://www.theguardian.com/sustainab...
https://publications.parliament.uk/pa...
Emissions de CO2 par pays:
https://donnees.banquemondiale.org/in...
Article intéressant où j'ai pris une figure:
https://www.carbonbrief.org/what-glob...
Musique
"Ticker" par Silent Partner
"Times is running" par Marc Corominas Pujadó (license jamendo)
Catégorie
Éducation
387 commentaires
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Climat 2020
Ajoutée le 8 juin 2018
Le replay débute après 15:00.
Jean Jouzel et Pierre Larrouturou reçus par les commissions des affaires européennes et du développement durable à l'Assemblée Nationale le 6 juin 2018.
Catégorie
Actualités et politique
Source :
Mercredi 6 juin 2018 matin, la commission des affaires européennes et la commission du développement durable a auditionné Pierre Larrouturou, ingénieur agronome et économiste, et Jean Jouzel, climatologue, ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC, sur leur proposition de Pacte finance-climat européen.
https://climat-2020.eu/fr/intervention-de-jean-jouzel-et-pierre-larrouturou-a-lassemblee-nationale/
aleo fabrique ses panneaux solaires en Allemagne depuis 2001.
Nous sommes en mission : nous voulons que vous ayez confiance dans l’énergie solaire photovoltaïque. Nous voulons vivre dans un monde durable. Nous voulons combattre le changement climatique. Nous voulons commencer dès aujourd'hui. Et nous voulons vous montrer comment vous pouvez faire partie intégrante de la solution. Rejoignez nous pour changer le monde.
aleo est une filiale du groupe SAS
2014 a été une étape cruciale dans l’histoire d’aleo, car nous avons uni nos forces avec Sino American Silicon Products Ltd. En tant que troisième plus grand fabricant mondial de wafers pour l’industrie électronique, SAS fabrique les composants des ordinateurs, téléphones, appareils photos, voitures, objets connectés…que vous utilisez au quotidien.
46 min - Disponible du 16/08/2018 au 14/10/2018
Pour ce best of, nous vous proposons de revoir le meilleur des témoignages et débats de ces derniers mois ! Au programme, le témoignages du co-fondateur et directeur général de Blue Frontiers, Marc Collins - les problématiques liées au climat, le racisme, et la relation entre la Chine et le continent africain.
Découvrez ou redécouvrez l’un de nos invités marquants de l’émission de ces derniers mois : Marc Collins, co-fondateur et directeur général de Blue Frontiers. Il nous parlera des îles flottantes qui peuvent nous sauver de la montée des eaux.
Nous reviendrons ensuite sur des débats qui ont marqué l’actualité ces dernières semaines : les problématiques liées au climat, le racisme, et la relation entre la Chine et le continent africain.
Victor Dekyvère et Marie Bonnisseau clôtureront cette émission !
Présentation : Renaud Dély - Pays : France - Année : 2018
Transcription :
0:34 Renaud Dely / Crise climatique qui s'aggrave et derrière les discours volontaristes entendus dans les conférences internationales, très peu de changements concrets. Nos démocraties sont-elles incapables de prendre les décisions impopulaires qui s'imposent. Faut-il restreindre nos libertés pour sauver la planète ?
Place à un entrepreneur un peu fou qui veut installer des îles flottantes dans le Pacifique pour sauver les populations menacées par la montée des eaux :
Bonsoir Marc Collins. Vous êtes cofondateur et directeur général de Blue Frontiers. Et vous êtes né à Hawaï, vous avez été ministre du tourisme en Polynésie française, vous vivez toujours à Tahiti d'ailleurs,
Qu'est-ce que vous avez vu des conséquences du réchauffement climatique et de la montée des eaux sur ces îles du Pacifique ? Comment est-ce que concrètement, vous en percevez les conséquences ?
Marc C
Là où j'habite - l'île principale de Tahiti - je navigue entre là et New-York la plupart du temps, c'est surtout mon frère et ma famille qui habitent dans les atolls. C'est eux qui le perçoivent, on le voit de puis dix à quinze ans, c'est assez flagrant pour eux. Ils savent où était la ligne du rivage et où elle est aujourd'hui. On le voit au niveau des tempêtes qui sont de plus en plus fortes. Donc c'est une évidence en Polynésie pour ceux qui habitent sur les atolls. Malheureusement, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Les autres ne s'en rendent même pas compte.
RD
On le mesure donc très concrètement, ce qui vous a amené d'avoir ce projet un peu fou mais ambitieux dont on va débattre dans un instant.
Votre empreinte digitale signé Marc-Antoine de Poret ?
...
lancer une expérience dans les îles Tuamotu d'îles flottantes destinées à terme à se positionner dans les eaux internationales.
...
Étude menée par le CNRS montre que 30% des îles de Polynésie française vont être touchées, voire submergées.
Meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique ? Ou est-ce à l'inverse un constat d'échec car le niveau des eaux monte. Les COP sont inefficaces ?
MC
4:42
Ça dépend à qui vous posez la question. Je fais plus confiance aux glaciologues. C'est eux qui aujourd'hui peuvent estimer la vitesse à laquelle l'augmentation du niveau de la mer est en train de s'effectuer. Et il va beaucoup plus vite. Donc justement, c'est ce que montre ces images. Le gros souci, par exemple, l'étude du CNRS est basée sur celle de l'IPCC où on ne parlait pas encore de la fonte de l'antartique. Depuis, on a une science beaucoup plus précise, on a des modèles sur la fonte de l'antartique. Et la réalité est beaucoup plus difficile. Pour les Tuamoto. En Polynésie, on a pas mal d'îles qui sont des atolls bas, on parle de 2050. Mais pas la submersion. Attention !
Beaucoup de gens confondent : 'l'eau, elle monte pas si vite, je ne comprends pas. C'est le vent qui crée des vagues et parce que le niveau d'eau est plus haut, ça vient polluer les nappes phréatiques. Donc si on n'a plus d'eau sur ces petites îles, on n'a plus de vie. Ya plus de cocotiers, ya plus de culture, et on est obligés de partir. Donc les premiers réfugiés climatiques dans le pacifique ont commençé. Déjà aujourd'hui...
Claude Askolovitch
Ces réfugiés climatiques vont vers les plus grandes îles. À un moment donné, les îles flottantes que vous êtes en train de concevoir, pourront accueillir les populations de réfugiés ? Comment est-ce que ça va fonctionner ? Quelle est la technologie de cette arche de noé ?
MC
Elle commence à exister dans pas mal de pays. Eh, on va dire que les Hollandais ont démarré, la France a une grande base installée d'industriels qui sont très bons en infrastructures, en plateformes flottantes. Mais ça fait une dizaine d'années que de nombreux pays se posent la question. Pas seulement lié au réchauffement climatique, à la montée des eaux, mais vraiment, je vais vous donner un exemple : les éoliennes en mer du nord. Comment on met une éolienne ? avec des plateformes flottantes. Donc la technologie existe aujourd'hui. Absolument.
RD
Donc ça veut dire que concrètement, c'est à échéance de 2050...
MC
J'espère avant !
Notre objectif, c'est 2020, 2021 pour le premier pilote. Ce qu'on essaye de faire en Polynésie, c'est LE PREMIER PILOTE AU MONDE.
CA
On parlait tout à l'heure dans notre sujet d'îles de la taille d'un terrain de football. Ça ne va pas accueillir les populations d'atolls...
MC
Absolument.
CA
À terme, vous imaginez quoi ?
MC
C'est d'avoir une filière industrielle pour pouvoir les produire en très grande quantité. Et pas que pour la Polynésie. Mais pour exporter sur toute la planète.
Mme ???
Donc 200 - 300 personnes, c'est une expérimentation.
MC
C'est la partie scientifique les 200/300, c'est des scientifiques. On travaille avec l'université de Californie à Berkeley qui veut déjà un tiers de la surface que pour la recherche. C'est de la recherche fondamentale pendant une vingtaine d'années.
RD
Mais à terme, c'est d'en produire pour plusieurs dizaines de milliers de personnes ?
MC
Des millions de personnes.
RD
Donc ya une dimension un peu utopique, très ambitieuse dans votre projet, mais ya aussi une dimension philosophique, Caroline.
Caroline Broué
Oui, une dimension philosophique ET politique derrière, qui repose sur un mouvement créé dans les années 60 qui est le mouvement des libertariens. Issus à la fois de la droite du Parti Républicain ET de la gauche contestataire, un drôle de mélange. Mais qui porte une philosophie qui repose sur deux piliers essentiels : d'abord la liberté, la défense des libertés économiques. Et puis la défense des libertés individuelles. C'est pas un mouvement marginal. Il croît, il continue d'irriguer toute la pensée américaine et en particulier celle des Républicains. Et qui - en témoigne d'ailleurs l'importance de leur égérie qui est une philosophe et romancienne américaine d'origine russe - Ayn Rand - dont le livre principal "La Greffe" vient d'être traduit en français, est à la fois le livre préféré de Donald Trump et - d'après une étude de 1991 - le deuxième livre vendu et lu après la bible. Donc c'est dire quand même son importance. Ce qu'on peut dire de Ayn Rand, c'est qu'elle portait des idées comme celle que je vais citer :
"chaque homme existe pour lui-même. Il ne doit pas se sacrifier pour autrui, ni sacrifier les autres pour lui. Et c'est des idées que défend le systédéi ?? attitude dont vous êtes l'ambassadeur, il me semble, Marc Collins, puisque son confondateur souhaite que chacun - sur ces îles flottantes - crée ses propres règles de gouvernement. Alors, ça veut dire quoi édicter ses propres valeurs ? Est-ce que ça veut dire qu'on fait fi, qu'on s'affranchit des systèmes politiques traditionnels tels qu'on les connaît depuis toujours ?
MC
Ya deux phases dans notre projet. Je vais être parfaitement transparent sur ça. Blue Frontiers, la société que je représente est une société de droit privé donc à but lucratif fondée à Singapour par cinq cofondateurs. Et sur cette question du libertarianisme, on n'a pas de réunions où on se pose la question de gouvernance. POurquoi ?
Parce qu'avant de parler de gouvernance, de quel type de société on veut construire, il faut qu'il y ait une plateforme sur laquelle on puisse le faire. Donc au départ, vous avez tout à fait raison. En 2008, a été fondé le système ??? id??? institute. Et c'est vrai qu'à la tête, yavait deux jeunes de Stanford ??? Peter tigh ?? et Patric Freedman ??? Donc oui, ya une dizaine d'années, yavait une certaine philosophie à l'institut. Aujourd'hui, on ne parle pas de l'institut, on parle vraiment de Blue Frontiers qui veut d'abord construire la plateforme.
RD
Vous parlez d'abord business donc. Ça coûte combien ?
MC
Oui, non seulement vous ... on est en France, dans le territoire de la polynésie française, on ne parle pas parce que parler de libertarisme, c'est en haute mer. On est dans les 60 millions d'euros. C'est les estimations de nos ingénieurs Hollandais. On doit pouvoir faire la première plateforme.
CA
Celle de 200 à 300 personnes.
MC
Voilà
300 personnes, car on a besoin de tester toutes ces différentes technologies.
CA
à un moment donné, quand il s'agira d'accueillir de nouveaux réfugiés, de créer de nouveaux continents, qui décidera de qui a le droit de monter sur ces nouvelles plateformes ? Yaura une instance étatique, c'est vous qui déciderez ? Qui sera sauvé, qui montera sur vos plateformes ?
MC
Ce qui nous intéresse, c'est d'être la première société au monde qui aura la technologie pour après que ça soit les Nations Unies et leur département réfugiés ?? Nous on n'est pas là pour dire qui peut, qui a droit ou non.
CA
On parlait de votre famille tout à l'heure qui expérimente ce risque de voir la nappe phréatique polluée. À un moment donné, qui autorisera votre famille à quitter l'atolls qui est menacé pour aller sur une île ? Est-ce que c'est pas une question que vous devez vous poser ?
MC
On se la pose. Pour le cas du projet pilote, 300 personnes, même à ce niveau là ça se pose ! QUi sont les 300 personnes ? En polynésie, ce qu'on a après beaucoup de discussions avec la population, les jeunes, on a fini par dire "il faut absolument qu'un quart de la population soit des ingénieurs polynésiens. Ça ne sert à rien d'avoir un projet innovant où les polynésiens eux-mêmes ne s'impliquent pas.
RD
Yaura un coût pour s'installer quand même.
MC
C'est à conditions égales pour tout le monde, tout à fait.
RD
Merci.
11:28
RD
C'est dingue ce projets... Vous avez vu ça ?
... le réchauffement climatique a été au cœur des débats cet été. Beaucoup s'alarment de la multiplication des incendies, des épisodes caniculaires. Alors, face à l'urgence, faut-il IMPOSER des mesures coercitives pour changer nos comportements ?
Laure Daucy
Est-il déjà trop tard ? Est-il encore possible de stopper le réchauffement climatique ou est-ce qu'il est inexorable ?
Lucile Schmid, coprésidente de la Fondation Verte européenne
Il est inexorable, mais la question est "jusqu'où est-ce qu'on peut aller et donc le sujet, c'est comment limiter ce réchauffement climatique à 2°C - 2,5 °C
RD
2°C c'était l'objectif de l'accord de Paris à la COP21.
Laure D
OUi, en décembre 2015, et on sait que déjà à l'époque, la somme des contributions nationales qui avaient été faites par l'ensemble des États aboutissait à un réchauffement climatique de l'ordre de 3°C à 4,5°C.
Donc on voit bien - et par ailleurs on voit que depuis cet accord, les Etats Unis s'en sont retirés, et que ceux qui continent à en être partie prenantes n'appliquent guère les politiques, enfin n'ont par renforcé leur contribution nationale.
RD
Alors si ya nécessité de limiter ce réchauffement climatique LC, c'est d'abord parce qu'on a un certain nombre de chiffres qui démontre que il a tendance à s'accélérer ces dernières années, Claude, c'est votre chiffre du jour.
CA
Oui, 3, comme les 3 dernières années que nous venons de vivre qui ont été les plus chaudes de l'histoire de l'humanité. Et, François-Marie Bréon, on a compris on y est, à quoi va ressembler notre pays dans 25 ans ?
François-Marie Bréon, chercheur climatologue
Ha ben dans 25 ans, un été comme celui qu'on est en train d'avoir nous paraîtra tout à fait normal, voire peut-être même un petit peu frais. Et à ces échéances là, même un été de 2003, l'été de la canicule, beaucoup plus sérieuse que celle qu'on est en train de vivre, on est peut-être mieux préparés maintenant, donc si ça revenait, peut-être qu'on n'aurait pas 15000 morts, mais en tout cas, c'était quand même très désagréable à vivre, aussi bien pour les humains que pour la biodiversité, il ne faut pas l'oublier. Et donc, des étés de ce type là, on en aura d'autres.
Guillaume Sainteny, Consultant spécialiste des questions environnementales
Ya deux politiques qu'il faut bien distinguer, la politique d'atténuation qui consiste à limiter les cause du changement climatique, et la politique d'adaptation. Comme de toute façon aura un changement climatique dont on ne connaît pas encore l'ampleur, il faut d'ores et déjà s'adapter. Hors pendant très longtemps, on a négligé le volet adaptation par rapport au volet atténuation parce qu'on a cru pouvoir maîtriser le phénomène.
FMB
Ya une vraie prise de conscience. On a gagné sur le terrain médiatique. Les gens maintenant sont bien persuadés que ya le changement climatique et que c'est dû aux activités humaines. Je pense que ...
CA
Pardonnez-moi, mais on a un président des États Unis qui a expliqué pendant la campagne que le réchauffement climatique était une invention des chinois pour tromper ??? l'économie américaine.
FMB
Non, c'est pas vrai, il n'a pas dit ça. Il a dit au moment où il est sorti de l'accord de Paris "oui, ya changement climatique, mais ya pas de raisons que ce soit les États Unis qui fassent le plus d'efforts." Il dit que ya des choses qui sont plus importantes et que l'emploi des américains, c'est quelque chose qui est plus important que le changement climatique. Mais je crois que le problème, il est là. C'est que en fait, on tape sur Trump parce qu'il a dit des choses comme ça, mais je pense qu'on agit comme ça nous... C'est-à-dire que nous, on considère que l'économie de la France, c'est plus important. C'est-à-dire que ya des choses qui sont quand même plus importantes que de lutter contre le changement climatique.
RD
Vous évoquez la situation économique de la France, à ce sujet, ya des ministres, une secrétaire d'État auprès de Nicolas Hulot qu'on a vu déjà abondamment depuis plusieurs années d'intervalle, qui s'alarment, qui s'inquiètent.
CA
Oui, elle s'appelle Brune Pourson, elle est secrétaire d'État à la transition écologique - vous savez que Nicolas Hulot avait avant d'être ministre, un discours presque de gauche - eh bien, entendez Brune Pourson chez nos confrères de RTL, il y a au moins une ministre anticapitaliste au gouvernement.
Brune Poirson, Secrétaire d'État à la transition écologique
Cette économie sur laquelle il repose, le système capitaliste, comme aujourd'hui, on extrait toujours plus de ressources de la planète pour produire toujours plus de produits qui finalement vont finissent eux-même généralement au fond d'un trou, eh bien ce n'est plus le modèle économique qui convient.
CA
Guillaume Sainteny, pour sortir de la crise écologique et pour sauver l'humanité, il faut sortir du capitalisme ?
GS
La critique a été faite par la secrétaire d'état, ça ne me paraissait pas tellement une critique du capitalisme, mais plutôt une critique du consumérisme et de l'économie matérialiste. Eh, dans les années 70, yavait une chose qui était très présente dans la critique écologiste qui était l'interrogation sur les besoins. Eh est-ce qu'on a vraiment besoin de tout ce qu'on nous propose, est-ce qu'ya pas des choses superflues, etc. Et aujourd'hui, ce qui me frappe du coup, c'est que la critique écologique est toujours là, mais cette interrogation sur les besoins a disparu. On ne se pose plus tellement la question de l'auto-limitation des besoins.
CA
Est-ce que l'opinion publique dans un cadre démocratique, l'opinion citoyenne Guillaume Sainteny, va un jour réclamer de ses gouvernements ce que vous disiez, un fléchage des subventions vers les énergies propres, ou un fléchage des aides vers le train et pas vers l'automobile, à quel moment on va arrêter de se payer de mots, et on va arrêter de faire croire des gouvernements qui sont en train de changer des choses à la COP21 et qui ne pratiquent pas les bonnes ??? Et nous, on en parle sur un plateau, mais ya pas de demande de politique environnementale dans les élections.
GS
C'est vrai, je suis assez d'accord. C'est-à-dire que ya une prise de conscience je pense, tout à fait comme ça a été dit tout à l'heure. En revanche, je pense qu'il y a toujours une assez faible culture de la façon dont les choses sont reliées entre elles, c'est-à-dire les gens n'ont pas forcément conscience de ce qu'il faudrait changer - du lien par exemple entre la politique énergétique et le climat aujourd'hui, la politique agricole, etc. Donc ça, je prends un exemple très simple : l'histoire des limitations de vitesse à 80 km/h. L'argument de la diminution des consommations d'énergie et donc des émissions de CO2 aurait pu être très facilement brandi par le gouvernement, il ne l'a pas été.
RD
C'est la sécurité routière !
GS
17:56
Oui, hors ya des cobénéfices en matière de climat et de pollution de l'air aussi. Ça n'a pas du tout été mis en évidence, alors que pourtant, s'aurait été un renfort pour le gouvernement. Et moi, j'ai constaté autour de moi quand même des gens qui travaillent dans des parcs naturels régionaux - et qui donc sont des ruraux et donc qui circulent beaucoup en voiture - étaient contre cette mesure parce qu'ils on dit "mais nous, dans la vie quotidienne - ce sont des gens très sensibles à l'environnement - mais dans leur vie quotidienne, ça les bloque.
RD
Ils voient pas forcément le lien directement. On va passer aux moyens de s'adapter que vous évoquiez tout à l'heure. Cet enjeu là, Lucie Schmid, parce qu'il y a quand même des moyens, Laure, de s'adapter au réchauffement climatique inexorable mais qu'on peut limiter, et parmi ces moyens, ces outils potentiels, peut-être que les arbres peuvent nous aider ?
Laure Daussy
Oui, parmi les quelques pistes possibles, aurait les murs végétaux pour faire baisser la température dans les villes. Alors, les murs végétaux, vous savez ce que c'est, c'est un peu comme si on prenant un lopin de terre pour le mettre à la verticale avec plein de plantes dessus. Donc là, on a par exemple, l’œuvre du botaniste Patrick Blanc ?? Alors, il devrait se développer de plus en plus parce que les scientifiques estiment que ça fait baisser la température d'à peu près 3°C, donc c'est déjà ça.
Certains vont plus loin encore et il pourrait y avoir dans de futures habitations et les villes du futur, eh bien, eh des murs végétaux qui recouvriraient toutes les habitations. Et il n'y aurait pas seulement des plantes, mais aussi des arbres, des potagers, même des éoliennes. Bref, ce serait des villes autonomes qui permettraient aux habitants de manger avec ce qu'ils cultiveraient sur leurs propres habitations.
Alors, quelques immeubles de ce type existent déjà. C'est le cas à Taïwan, l'immeuble est en construction, il va être couvert de 25000 arbres. Et puis même bientôt en France, l'architecte Vincent Caillot?? a proposé à la ville d'Angers ce projet d'arboricole, une sorte d'arbre habité.
Alors, est-ce que la solution n'est pas là en fait, face au réchauffement climatique, de prendre les devants et de s'y adapter, finalement ?
Lucie S
Oui eh, c'est très bien cette adaptation, et c'est bien que la nature fasse sa place et que ça soit lié à l'architecture. Après, je n'ai pas l'impression qu'aujourd'hui le problème qu'on a c'est qu'on construit des mondes parallèles. C'est-à-dire que vous avez ce qenre d'immeuble, et à côté de ça, vous avez par exemple en Ile de france, ça va être la construction du Grand Paris. Vous avez une promotion immobilière assez débridée et une artificialisation des terres extrême. Donc, le sujet, c'est faire se rejoindre les mondes de façon à organiser cette possibilité de la transition écologique réelle. Parce que, après, je vais quand même à nouveau parler de social, la question, c'est "combien coûtera ce m2 ? Qui pourra y habiter ? À qui seront réservés ces quartiers ?" Alors, vous savez, on parle beaucoup d'écologie populaire et on dit qu'au fond, tout le monde a droit par exemple à une alimentation saine, je crois que ce n'est pas le cas aujourd'hui. Donc comment est-ce qu'on fait pour désenclaver en fait ces questions écologiques ?
RD
Claude
CA
Ce que nous vivons, c'était plus généralement du dérèglement climatique et les catastrophes environnementales vont-elles aider à accélérer, pas seulement la prise de conscience, mais la prise effective de nouvelles politiques ?
FMB
La prise de nouvelles politiques passe par une prise de conscience, je pense. Je pense que la prise de conscience est là. La question est de savoir quand on va décider que le climat s'est vraiment LA priorité ?
Aujourd'hui, on n'en est pas là.
RD
Est-ce qu'on a besoin d'une vraie grosse catastrophe écologique pour comprendre qu'effectivement ya urgence à agri ?
FMB
Ben, je n'en suis pas sûr parce que, même à l'été 2003 qui avait quand même été un choc dans l'opinion, si vous posez la question aux gens "vous avez le choix, soit vous arrêtez votre voiture l'été 2003, soit vous roulez avec votre voiture mais vous aurez un été 2003 tous les dix ans, ben les gens ils continuent avec leur voiture. C'est évident, la priorité, c'est quand même de pouvoir continuer à utiliser sa voiture ou aller à l'autre bout du monde en avion.
CA
Vous êtes climatologue, vous faites partie de ceux qui nous avertissez. Ce que vous venez de nous dire, comment faites-vous pour le dire sans être TOTALEMENT désespéré ? Parfois, on sent un désespoir chez vous ou chez Nicolas Hulot. J'aimerais savoir comment vous vivez ça. Vous savez ce qui est en train de se passer et vous en parlez presque légèrement en disant "ouiau, les gens sont pas d'accord".
FMB
Je ne le vis pas bien. Effectivement, moi, je suis inquiet, je ne vois pas de bonne solution. Je ne vois pas de solution confortable. Effectivement. Donc, quand je dis "peut-être qu'il faudrait arrêter les guerres individuelles, c'est pas de gaîté de coeur que je dis des choses comme ça. C'est parce que, à la fin, je dis que c'est la moins mauvaise des solutions. C'est-à-dire que si on laisse la liberté individuelle à tout le monde, les gens vont pas d'eux-mêmes arrêter d'aller en vacances à l'autre bout du monde parce que c'est vachement bien d'aller à l'autre bout du monde en avion. Et pourtant, c'est une VRAIE catastrophe pour le climat.
Guillaume Sainteny
On peut très bien avoir des solutions coercitives. D'ailleurs beaucoup de mesures d'environnement qui ont été prises depuis les années 60, sont des mesures coercitives. Vous avez 500 conventions internationales sur l'environnement dans le monde. C'est quand même considérable. Donc simplement, ces choses là ne sont pas suffisantes parce que les phénomènes avancent plus vite que le droit. Mais ça, c'est vrai dans presque tous les domaines. On fait les réformes toujours sur les problèmes d'hier et pas sur ceux de demain.
RD
ce sera le mot de la fin. Merci à tous
...
32:12
La Chine est-elle en train de faire main basse sur l'Afrique ?
Benjamin Sportouch
85 milliards de $ d'échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique au premier semestre 2017. C'est loin devant l'Allemagne, la France, les États Unis, vous l'avez dit. C'est un chiffre en augmentation de 19% par rapport à l'année précédente.
Jean-Paul Tchang, économiste
Sylvie Brunel, Géographe, écrivaine
Antoine Glaser, journaliste, spécialiste de l'Afrique
"
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Un enjeu central
L’industrie est le cœur de la production de richesse d’un pays
...
Un défaut grave de culture industrielle dans le parti
...
un désintérêt et un manque d’expertise autour de ces enjeux dans le parti. Cette perte d’expertise est dramatique car elle est la porte ouverte à toutes sortes d’utopies faciles d’accès, qui donnent l’impression de fournir une culture dans ce domaine à peu de frais
...
fascination autour des imprimantes 3D, des Fablab, de la société du « tous producteurs », de certaines visions proudhoniennes de l’économie, des graves sous-estimations des défis énergétiques… Il faut dire que les philosophes et les sociologues, spécialisés dans la narration de certaines utopies technologistes, ne manquent pas : Besnier, Rifkin, Morin, Stiegler … pseudo-visionnaires qui ont pour point commun de ne pas comprendre grand-chose aux réalités industrielles et au monde de la recherche, pour ne s’y être jamais vraiment frotté, et pour tout dire, n’y avoir jamais travaillé et n’ayant jamais réalisé le moindre projet concret. Et ce sont, hélas, les livres de chevet de beaucoup de dirigeants à gauche, qui s’imaginent ainsi être à la pointe de l’avant-gardisme avec ce genre d’idées.
...
liste des « égarements » les plus fréquemment rencontrés sur le sujet : un premier pas serait en effet de déconstruire les visions simplistes et erronées autour de la production et de l’industrie.
La paillasse de laboratoire et la grande échelle
Ce qui fonctionne sur une paillasse de laboratoire ne fonctionne pas forcément à grande échelle. Ainsi en est-il par exemple des utopies sur la « société hydrogène » et la production d’énergie décentralisée qui nous permettraient, selon certains, de nous passer des grandes unités de productions
La pile à combustible existe, la voiture à hydrogène existe, et ce depuis plusieurs dizaines d’années, mais si cela ne se généralise pas, ce n’est pas parce qu il y aurait un complot contre cette technologie fomenté par les industriels de l’automobile par exemple, mais tout simplement parce que c’est très cher et d’un rendement médiocre, et que les chercheurs du monde entier ne trouvent tout simplement pas de solution pour qu’il en soit autrement. Le domaine de l’énergie est d’ailleurs un des secteurs les plus propices à ces visions qui font fi des ordres de grandeurs et de l’état réel des technologies à plus ou moins long terme. ... dernier livre de Rifkin
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Notre penchant pour la science fiction et le sensationnel
On pourrait aussi citer le délire autour de l’homme augmenté et du transhumanisme. C’est la première chose qui nous vient à l’idée lorsqu’on évoque les progrès de la robotique appliquée à l’homme sous forme de prothèses évoluées. Mais l’écrasante majorité des chercheurs en robotique, dans ce domaine précis, cherchent tout simplement à améliorer le quotidien de personnes qui ont perdu un membre et sont gravement handicapées, ou bien ils cherchent par exemple à fabriquer un cœur artificiel le plus fiable possible: non pas pour créer de nouvelles émotions artificielles, dans un délire puéril de film de science fiction, mais plus prosaïquement pour prolonger la vie de milliers de personnes.
...
fréquenter vraiment les chercheurs de cette discipline et s’y intéresser sincèrement, débattre avec eux, quitte à écrire des livres moins sensationnels. Peut-être aussi faire un stage de découverte pour s’immerger dans le monde de la recherche et de l’industrie ... contrevérités
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Une utopie technologiste emblématique : les Fablab
L’avenir serait aux fablab et aux associations de quartier de type « do it yourself » (faites-le vous-même), le tout sous couvert d’une aspiration à l’ émancipation de chacun, enfin libre de produire soi-même la poignée de porte cassée de son logement dans son Fablab de quartier, plutôt que d’aller l’acheter à Castorama, acte très aliénant il va sans dire, et selon son désir bien sûr et pour l’usage voulu: ça c’est pour le volet « émancipation »…
...
vision naïve du monde qui nous entoure, car elle sous-estime le haut niveau de technicité des objets les plus banals qui nous entourent et les problèmes ardus qu’ont dû résoudre nos ingénieurs et techniciens pour produire des objets avec des cahiers des charges de plus en plus exigeants. En termes de résistance des matériaux, de fiabilité, de normes sanitaires, de sécurité et avec la nécessité de les produire à des centaines de milliers d’exemplaires avec le même niveau de qualité : autant dire que ce n‘est pas à la portée du bricoleur du dimanche ne serait-ce que pour fabriquer un « simple » pédalier de vélo, un stylo-bic ou même un pot de yaourt… Faut il rappeler qu’on a justement inventé la division du travail pour cela, des normes, des métiers très pointus, qui interdisent toute utopie de ce genre à moins d’accepter un recul de civilisation sans précédent avec un retour à l’artisanat.
...
avec le questionnement des Fablab on rejoue le débat autour du passage de l’artisanat à l’ère moderne de l’efficacité industrielle
...
Appréhender le « temps industriel »
Le temps industriel est un temps long : déployer une technologie, développer une filière, fiabiliser un produit, de l’Airbus A380, au réacteur EPR, en passant par le TGV, ou le dernier moteur à combustion qui sera produit par millions, c’est long et n’est pas souvent compatible avec certaines incantations et impatiences exprimées par des idéologues (surtout âpres au gain et profit immédiats) qui proposent de remplacer des secteurs entiers par des filières qui ne sont pas mûres et ne dépassent même pas le stade de la paillasse de laboratoire ou du prototype. Ces discours « de la table rase » ont des effets catastrophiques car mettant sous pression des industries entières sommées constamment de justifier de leur utilité, devant sans cesse s’excuser d’exister, provoquant ainsi de graves crises des vocations (la meilleure façon de tuer une filière : envoyer le signal qu’on n’investira plus dans ce domaine, vous videz alors les écoles d’ingénieurs). Comment s’étonner que les facultés de sciences se vident de façon aussi dramatique ? Faut il rappeler qu’il faut 5-6 générations d’effort, de travail, pour développer une filière industrielle d’excellence dans un pays, mais seulement 5 à 10 ans pour la détruire ?
...
Ce n’est pas faire preuve d’avant-gardisme de prôner le « nouveau » systématiquement et de vouloir tout remplacer avec une nouvelle idée tous les 2 ans
...
Un oubli fréquent : le support matériel de la « révolution numérique »
C’est une figure de style au parti : quand on parle de révolution numérique , on parle de bla-bla-car, d’Uber, de Waze, on parle des Gafa, on explique qu’il y a d’immenses potentialités avec les « communs » grâce aux logiciels libres…avec des formules favorites « un autre internet est possible ! si on se donnait les moyens d’une maitrise publique » etc etc ..mais dans ces Rdv et colloques, journées d’étude, on évite soigneusement d’inviter un syndicaliste d’Orange, ou d’Alcatel (maintenant racheté par Nokia), ou un ingénieur des télécom, de l’industrie informatique ou des nouvelles technologies : il n’y a de place que pour les hackers, ou les militants du logiciel libre . C’est symptomatique d’un parti qui n’a plus les moyens d’appréhender le cœur des évolutions profondes dans des pans entiers de l’économie faute de salariés y travaillant, mais plus grave encore, faute même de réelle volonté de comprendre ce qui s’y joue.
...
comprendre que les « données » et leurs traitements sont une dimension essentielle, mais que les « tuyaux » les transportant et ceux qui les fabriquent, sont tout aussi importants. De grands mouvements se font dans le monde impitoyable du capitalisme, pour récupérer des brevets et des savoir-faire précieux de cette industrie
...
L’économie immatérielle est de plus en plus ….matérielle.
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Le « pétrole de demain » ce sera… le pétrole !
...
pour maintenir toutes ces technologies en fonctionnement, ce seront surtout les matières premières et d’énergie qui manqueront cruellement demain à l’Humanité. On fera des guerres de plus en plus dures pour acquérir les dernières ressources pétrolières, car cette ressource restera indispensable dans certaines applications. Et il en va de même pour toutes les matières premières : y compris un minerai aussi banal que le cuivre !
La matière reste essentielle
...
pour faire un réacteur EPR, il y a des années de calcul, de conceptions, d’essais, de prototypages, avec des logiciels puissants, du travail impliquant des dizaines d’équipes, des milliers d’ingénieurs et de chercheurs, où le numérique va effectivement jouer un grand rôle. Mais une fois le projet stabilisé, il faut le réaliser concrètement, cela implique de savoir couler du béton de qualité, de produire et souder de l’acier de haute qualité, sur place de s’assurer de la qualité de la réalisation en conformité avec les plans, affiner les systèmes électro-mécaniques, l’électricité de haute puissance etc etc… et savoir faire travailler des dizaines d’entreprises à la fois, effectuer tous les contrôles…. et tout cela devra être répété pour des dizaines de réacteurs (si on part sur l ‘hypothèse d’un renouvellement du parc nucléaire en France), et même sur des centaines d’exemplaires, si on vise un objectif de déploiement mondial
...
valable pour les grands projets industriels
...
Le PCF doit renouer avec le monde du travail, loin des illusions technologistes
...
La France est-elle condamnée à être un pays parsemé de ronds-points et de centres commerciaux sans usine avec des « job à la con » (jobs qu’on retrouve dans ces même centres commerciaux) ?
Doit-on condamner toute une génération à des métiers absurdes et dévalorisants, et devenir, comme le prédisait Condoleezza Rice, un grand parc d’attraction Dysneyland pour riches touristes du monde entier ?
Doit-on pointer le problème de la désindustrialisation, juste durant les analyses de lendemain d’élections pour déplorer le vote massif pour le FN dans les territoires périphériques, ceux frappés le plus durement par la désindustrialisation, et l’oublier quelques semaines plus tard, jusqu’à la prochaine élection ?
Un parti communiste, digne de ce nom, doit avoir ce sujet comme une des préoccupations centrales, au cœur de son projet.
...
Il y a bien des initiatives comme celle de la commission économique et tout le travail autour d’Alstom et maintenant autour de la SNCF et la reprise de sa dette ... devraient être démultipliées et avec des moyens et un soutien politique d’une toute autre ampleur.
Il faut changer d’état d’esprit, renoncer aux utopies faciles, technologistes, et retrouver le chemin du dialogue avec les syndicalistes, les professionnels, osons même un « gros mot » : avec les experts de ces domaines. C’est un chemin plus difficile, mais c’est le seul valable si on veut que la gauche, notre parti en particulier, retrouve force et crédibilité.
...
Auteur :
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Cachan et de l'INSA de Lyon, je suis professeur agrégé de génie civil et j'enseigne dans des lycées et centres de formation en Ile de France. En 2013, je deviens rédacteur en chef de Progressistes, nouvelle revue que je lance avec l'aide et le soutien de plusieurs personnalités du monde scientifique et du travail. J'anime régulièrement des débats publics sur les enjeux d'énergie et d'environnement à la demande de collectivités, d'associations, de partis politiques et de syndicats. Ce blog permet un accès aisé à mes différentes textes ainsi qu'aux diaporamas présentés pendant mes conférences.
Mon livre "Environnement et énergie" est édité aux éditions du Temps des Cerises (mai 2016).
contact : bellal.amar2@gmail.com
Ndlr : ce billet suscite un questionnement fructueux. Je ne suis pas forcément d'accord avec tous ses items (sur le nucléaire notamment) mais confronter nos points de vue est vital. Comment faire advenir des espaces de confrontation non-violente de ces controverses ou conflits, que ce soit à l'intérieur des Partis politiques comme ici avec le Parti Communiste, ou plus généralement dans la société ? ACT
Concernant l'industrie, la recherche et l'ingénierie sont des expertises incontestables. Mais au service de quels modes de vie, de quelle société, de quelle idéologie, de quelle civilisation, ET AVEC QUELLE DÉMOCRATIE ? ACT
Conclusion : la médiation généraliste articulant conflits et projets est stratégique. VALORISER ACT
Je reposte mon commentaire d'août 8, 2018 à 2:17 que je ne vois pas :
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Bonjour,
merci pour cet excellent billet qui recoupe de nombreux aspects que je partage. Cependant, j’ai un regret : que vous ne disiez pas un mot sur le climat, les émissions de gaz à effet de serre et le fait que nous avons basculé dans l’anthropocène, ce qui change TOUT.
J’ai constaté à bien des reprises à quel point les ingénieurs ont du mal à sortir d’une forme de toute puissance juvénile qui les fait tomber dans une forme d’addiction à la technologie pour la technologie et que je résumerai par « s’éclater par la tech ou éclatech » !
J’ai conscience que votre angle était l’industrie et les technologies. Mais tout de même. Avant d’aller plus avant, je vais aller lire vos autres écrits car peut-être l’avez-vous déjà fait ailleurs…
Un collègue ingénieur qui milite à La France Insoumise et aimerait coopérer avec vous pour PRENDRE LE PARTI DE L’ANTHROPOCÈNE :
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Selon les dernières estimations, le niveau des océans pourrait grimper de plus de 60 centimètres d’ici 2100. Le rythme actuel est compris entre 3 et 4 millimètres par an. C’est cinq à six fois plus que lors des deux derniers millénaires. Et en vingt-cinq ans, les flots ont déjà crû de 7 cm.