Tags : Écologie et environnement
Entretien | Gunter Pauli fait souvent salle comble dans le monde entier, présenté par certains comme le "Steve Jobs du développement durable". À l'heure où la colère gronde chez les agriculteurs européens, le promoteur de "l'économie bleue", dont les contes écologiques sont enseignés en Chine, s'explique.
"Soyons aussi intelligents que la nature !" clame Gunter Pauli. Ici à Rome, en 2014, avec son ouvrage de référence publié à différentes reprises, la dernière étant intitulée "L'économie bleue 3.0"• Crédits : Stefano Montesi/Corbis - Getty
Économiste de formation, l'industriel belge Gunter Pauli parcourt le monde depuis des années pour vanter son "économie bleue". Ou comment s’inspirer de la nature pour développer une économie durable basée sur la mobilisation des entreprises du territoire, l’emploi des ressources locales, la valorisation des déchets (qui devient une source de profit en tendant au zéro déchet). Le réseau Zeri (zéro émission, zéro déchets) http://www.zeri.org/ réunit autour de lui au sein d’une fondation plus de 3 000 chercheurs et un millier d’entreprises de par le monde. La pédagogie de cette "économie bleue" repose sur une bible de projets réussis dans le monde entier (surtout en Asie, Afrique et Amérique latine) et un livre de contes écologiques pour enfants, Les fables de Gunter, que le gouvernement chinois a déjà choisi d’enseigner dans toutes les écoles du pays.
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bouddhiste, fut élève des jésuites et installé au Japon ... déjà en 1997 aux travaux du sommet de Kyoto où il présentait son approche pour résoudre la crise écologique.
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L'économie circulaire accepte le modèle économique dans lequel nous travaillons tous et toutes aujourd'hui, c'est-à-dire la globalisation, toujours tâcher de trouver le prix le moins cher, avoir des économies d'échelle, échanger à une échelle mondiale. Moi, je le refuse.
Selon moi, il faut comprendre avant tout ce qui nous entoure, il faut travailler avec ce qui est localement disponible. Au lieu d'être le moins cher, je vais tâcher de générer beaucoup plus de valeur. La valeur est le plus important de l'économie, pas le volume. Et je vais répondre aux besoins de base de tout le monde, y compris les besoins des 100 millions d'espèces vivantes avec qui nous partageons cette Terre.
EX. ... café solide : c’est-à-dire qu'avec le cascara, les grains de café torréfiés, nous produisons aussi des barres énergétiques. La recette est simple, nous rajoutons du beurre de cacao et nous avons un produit à manger qui est aussi riche en caféine, et qui est aussi très riche en antioxydants. Un produit à forte valeur ajoutée. https://www.mon-cafe.com/blog/la-cascara-la-nouvelle-bombe-dans-le-monde-du-cafe/
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J’ai un œuf, des poules, des champignons, le café soluble, le café solide et j'ai donné de la valeur au cascara. C'est ce que la nature fait tout le temps. On génère des dizaines de fois plus de valeur, beaucoup plus d'emplois et à la fin de la journée, on satisfait beaucoup plus de besoins de base de tout le monde.
-> https://www.youtube.com/watch?v=1af08PSlaIs
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Soyons clair. Je ne suis pas contre la globalisation. Je suis pour un modèle économique nettement meilleur. C'est-à-dire que j’importe encore le café, éventuellement, de la Colombie ou de Madagascar en France. Mais quand j'ai le café en France, j'utilise la totalité du produit. C'est ce qui nous manque. On est toujours en train de chercher les moyens pour être le moins cher mais arrêtons quand même ! Parce que c'est en étant le moins cher que vous êtes obligés d'éliminer des emplois, vous êtes obligés d'exploiter la nature. Sinon, vous ne pouvez jamais être le moins cher.
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Les plastiques ont apporté une extraordinaire contribution à la qualité de la vie ... “biodégradables” ne sont dégradables que dans la terre. Vous jetez des plastiques bio, bioplastique, dans l'eau de mer, ils ne se dégradent pas. Sauf pour une entreprise italienne qui a eu la grande idée lumineuse, il y a déjà 25 ans, de développer des polymères qui se dégradent dans l’eau, avec le soleil car les ultraviolets se dégradent aussi très bien et en même temps dans la terre.
Il est inexplicable qu’aujourd'hui toutes les universités qui enseignent l'ingénierie chimique n’enseignent pas du tout aux jeunes comment faire des polymères qui se dégradent dans ces trois conditions.
C'est une folie. On peut avoir une fonctionnalité des plastiques sur vingt-cinq ans ou sur trois heures, mais cela n’a pas de sens qu’ils ne se dégradent pas dans toutes les conditions naturelles.
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Les matières végétales doivent aussi servir par exemple à des biolubrifiants, des pesticides, des insecticides, des herbicides.
Il faut se rendre compte que les glyphosates sont faits avec du pétrole. Nous sommes capables aujourd'hui de produire des glyphosates avec la même plante, le Chardon, que pour réaliser des fibres plastiques pour la cosmétique.
Aujourd'hui, un agriculteur français ne gagne que 300 à 400 euros par hectare. Mais s'il fait du bioplastique, biolubrifiant, herbicide, pesticide bio, il gagnera 3 000 à 4 000 euros par hectare. Je ne comprends pas pourquoi la transition n'a pas lieu. Des intérêts ne sont pas prêts d’être à l’écoute de cette transition dont nous avons besoin.
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L'entreprise innovante en Italie que je mentionnais a à peine 20 ans et plus de mille brevets dans le domaine que je viens de décrire. Cette entreprise ne peut se développer qu'en Italie ? Pourquoi n’a-t-on pas une réussite ailleurs ?
L’Europe doit avoir quand même la force et la clarté de vraiment faire ce que le grand public souhaite avoir. Le grand public souhaite des produits qui ne sont pas nocifs mais qui bénéficient aussi au développement économique et qui relancent surtout l'agriculture.
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notre problème actuel - changement de climat, micros plastiques, etc. - est le résultat de notre modèle économique. Il faut le repenser. Je ne suis pas membre du Parti communiste, j'ai fait mon MBA (Master of business administration) à l'INSEAD [une école de commerce]. Et je ne comprends pas la situation alors qu'il existe des propositions nettement meilleures.
Je m'attends quand même à une grande grève des agriculteurs français et européens en raison du mauvais traitement qu'on leur réserve et l’impossibilité de faire la transition vers une économie qui n'est pas seulement écologique mais qui respecte et qui régénère ces grandes terres que nous avons en Europe.
À LIRE AUSSI
Actualités François Purseigle : "Il va falloir aller au-delà de la question de l'agribashing" https://www.franceculture.fr/societe/francois-purseigle-il-va-falloir-aller-au-dela-de-la-question-de-lagribashing
L'accord de Paris a eu lieu fin 2015. Que nous a-t-il apporté ? Rien.
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L’Europe reste le continent où le social et l'écologie sont des questions centrales mais la stratégie que nous poursuivons ne nous donne pas du tout l'opportunité de devenir véritablement une société heureuse et en bonne santé.
Avec la collaboration de Nathalie Lopes
À ÉCOUTER AUSSI
- 4 min Le reportage de la rédaction Rotterdam, le royaume de l'économie circulaire https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/rotterdam-le-royaume-de-leconomie-circulaire
- 4 min Plastique : la guerre est déclarée ! https://www.franceculture.fr/emissions/hashtag/plastique-la-guerre-est-declaree
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Actualités L’Europe en fait-elle assez pour l’écologie ? https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/leurope-en-fait-elle-assez-pour-lecologie
Ndlr :
- les plastiques biodégradables totalement biodégradables selon lui => vérifier ACT
- "du glyphosate bio" ???? si tant est que cela soit possible, quel sens cela pourrait-il avoir ? N'est-ce pas contradictoire à l'agroécologie ? Questionner ACT
- son approche globale est cependant intéressante, il intègre le choix des innovations et ne pourrait-on pas dire qu'il est à la société ce que l'écolonomie est à l'entreprise ? Et que l'intégration des deux pourrait avoir du sens ? ACT
ÉCONOMIE - Pauli est précédée de sa réputation, celle de l'homme qui veut abolir la pollution comme on a aboli l'esclavage, et montrer que cette abolition sera extraordinairement rentable.
Idriss J. Aberkane, Professeur chargé de cours à Centrale-Supélec, chercheur affilié à Stanford
10 ans, 100 innovations, 100 millions d'emplois! C'est le projet de l'entrepreneur et économiste Gunter Pauli qui est aujourd'hui consulté dans toute l'Asie.
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PLUS: abolition de la pollution ; écologie ; ÉCONOMIE ; énergies renouvelables ; énergies vertes ; blue economy ; développement durable ; gunter pauli ; pollution ; recyclage ; Actualités
Pollution
Une filiale du groupe Norilsk Nickel est responsable d'une grave fuite de carburant dans une rivière de l'Arctique. Le directeur de l'entreprise aurait tardé à donner l'alerte.
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Cette photographie prise le 3 juin 2020, montre un grand déversement de diesel dans une rivière près de la ville arctique de Norilsk.
Handout / Marine Rescue Service / AFP
Connu / https://wegreen.fr/comment/165049
Pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, le gouvernement va accorder 7 milliards d’euros d’aides à Air France. En échange, la compagnie est censée devenir « plus respectueuse de la planète ». Mais les conditions environnementales posées ne sont ni ambitieuses ni contraignantes.
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Le gouvernement a donc listé des contreparties écologiques en échange de ces milliards :
- accélérer la baisse du volume d’émissions des vols domestiques ;
- déployer les biocarburants aéronautiques durables ;
- renouveler la flotte.
Ces deux dernières mesures ne sont pas vraiment nouvelles et faisaient déjà partie du plan Horizon 2030, publié par la compagnie en décembre 2019 https://corporate.airfrance.com/sites/default/files/air_france_dossier_presse_fr_v5_0.pdf.
Quant à la première, c’est sans doute celle qui va donner le plus de fil à retordre à Air France.
• La difficile fin des vols intérieurs
... déjà été soumise à l’Assemblée nationale en juin 2019 par plusieurs députés dont François Ruffin et Delphine Batho https://reporterre.net/Des-deputes-veulent-interdire-l-avion-quand-le-train-va-aussi-vite. Sans succès. Aujourd’hui, seules trois villes sont concernées par cette mesure : Lyon, Nantes et Bordeaux.
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observent Les Échos, « toute interdiction formelle faite à Air France devrait également légalement s’imposer à ses concurrents, au premier rang desquels les compagnies low cost Ryanair et Easyjet. Or, ce n’est apparemment pas le cas. https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/coronavirus-pourquoi-reduire-les-vols-interieurs-dair-france-ne-va-pas-de-soi-1199735
... cette limite de 2 h 30 qui exclut le pôle de Roissy est loin d’être suffisante, selon le Réseau Action Climat.
https://reseauactionclimat.org/publications/climat-que-vaut-le-plan-du-gouvernement-pour-laerien/
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The Shift Project a publié mercredi 27 mai une étude allant dans le même sens, préconisant la fermeture des lignes pour lesquelles il existe une alternative ferroviaire à moins de 4 h 30. Soit toutes les destinations domestiques en France, sauf Nice, ainsi que certaines destinations européennes en Angleterre, Allemagne, Belgique ou encore en Suisse. « On ne pourra pas réduire les émissions de CO2 du transport aérien sans introduire une forte dose de sobriété », assure Jean-Marc Jancovici https://theshiftproject.org/article/video-conference-avenir-aerien/
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sans contrôle extérieur, dit Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports chez Greenpeace France https://www.greenpeace.fr/air-france-a-du-plomb-dans-laile/
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La période pourrait également être propice à questionner l’utilité sociale de l’avion. « Il y a un fort enjeu d’inégalités. Il n’est pas normal qu’un mode de transport qui bénéficie à si peu de gens affecte négativement autant de personnes en retour », dénonce Sylvain Angerand. En 2016, d’après le ministère de la Transition écologique, 53 % des cadres supérieurs déclaraient avoir pris l’avion au cours de l’année précédente contre seulement 28 % des employés et 19 % des ouvriers. « Ce secteur est sur trajectoire de hausse annuelle rapide de ses émissions pour un usage destiné aux trois quarts aux loisirs. Dans la hiérarchie des renoncements que nous devons faire, ce n’est peut-être pas le premier à garder », conclut Jean-Marc Jancovici.
Connu / https://twitter.com/Canopee_asso/status/1266089188870496258
"Canopée Forêts Vivantes @Canopee_asso · 22h
Agrocarburant, compensation...nous decryptons pour .@Reporterre l'opération #greenwashing de @AirFranceFR et @gouvernementFR - 0 - 4 - 8"
Ndlr : fiasco prévisible = scandale à dénoncer :-(
Quelle relance de l'économie pourrait se faire en respect de l'environnement ?
Dans cette sortie de crise sanitaire, la reprise de l'économie est une priorité pour les gouvernements qui redoutent les conséquences industrielles et sociales de la période de confinement. Avant la pandémie, dans un contexte de réchauffement climatique, les questions environnementales étaient au cœur des préoccupations, notamment citoyennes, et des discussions entre les différents acteurs sur ce terrain politique et économique.
Qu'en sera-t-il aujourd'hui ? La politique de relance économique aura t-elle raison des ambitions écologiques ? Le "Make our Planet great again" d'Emmanuel Macron est-il toujours d'actualité et envisageable dans un plan d'économie 'verte' ? "Économie et écologie, un mariage semble se profiler à l’horizon..., mais dans quelles conditions, avec quels outils et quels moyens ?", état des lieux et analyses de nos deux invités, Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS en économie, enseignant à L'École Polytechnique, professeur à l'Ecole Nationale des Ponts Paris tech', fellow associé à l'Institut des Études Avancées de Nantes, jésuite, président de l'Institut Rousseau et Sophie Swaton, philosophe et économiste, elle est maître d'enseignement et de recherche à l'Institut de géographie et de durabilité de l'Université de Lausanne où elle enseigne et coordonne au sein du master en fondements et pratique de la durabilité.
La phrase mantra de nos invités :
Sophie Swaton : "On ne peut plus dissocier le social de l'écologie" ; "Il faut soutenir massivement les emplois de la transition" ; "Le bon niveau d'action est le "glocal"
Gaël Giraud : "Un verdadero planteo ecológico se convierte siempre en un planteo social, que debe integrar la justicia en las discusiones sobre el ambiente, para escuchar tanto el clamor de la tierra como el clamor de los pobres." Laudato Si, 49. (Une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres)
Le conseil lecture de nos invités :
Sophie Swaton : Antoinette Rychner, Après le monde, Éditions Buchet/Chastel, collection « Qui vive », 2020
Le conseil ciné de nos invités :
Sophie Swaton : Béatrice Baud, film documentaire Grande-Synthe
Gaël Giraud : Demain de Cyril Dion ; Le Monde selon Monsanto et Sacrée croissance de Marie-Monique Robin ; Le cauchemar de Darwin de Hubert Sauper ; Le Temps des grâces de Dominique Marchais ; Océans de Jacques Perrin ; État d'élue de François Verchère et Luc Decaster ; Le syndrome du Titanic de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre ; Solutions locales pour un désordre global de Colline Séreau
Le geste écolo de nos invités :
Sophie Swaton : "Se déconnecter de sa boîte mail...et prendre le temps de se ressourcer"
Gaël Giraud : "Ne pas manger de viande pendant une semaine et calculer mon empreinte carbone sur un site internet dédié"
Les Liens en plus
Zoein : fondation d’utilité publique créée et présidée depuis 2017 par Sophie Swaton, philosophe et économiste. Elle a pour objectifs de répondre aux bouleversements de notre monde au XXIe siècle, particulièrement ceux engendrés par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité.
L'ère de la transition | Le blog de Sophie Swaton
Philippe Le Bé, « Avec le Covid-19, le revenu de transition écologique est plus que jamais nécessaire », La pensée écologique, 19 mai 2020
Dominique Bourg, Philippe Desbrosses, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Xavier Ricard-Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton, Propositions pour un retour sur Terre, La pensée écologique, 15 avril 2020
Sophie Swaton, Face à des ressources naturelles comptées, instaurons le revenu de transition écologique, The Conversation, 13 février 2018
Gaël Giraud, Face à une crise économique inédite : le nécessaire engagement massif de l’État, Revue-projet, 1er avril 2020
Gaël Giraud, « Il est temps de relocaliser et de lancer une réindustrialisation verte de l’économie française », Le Figaro, 10 avril 2020GAUCHE(S) - 527 commentaires
Après deux années compliquées, le chef de file de La France insoumise veut se rendre incontournable en vue de la présidentielle de 2022. « C’est l’épreuve des caractères » qui se joue durant la crise sanitaire, explique-t-il à Mediapart.
Mots-clés 2022 candidature Coronavirus crise sanitaire Ecologie gauche Jean-Luc Mélenchon La France insoumise présidentielle
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« La vraie peur de Jean-Luc, c’est l’émergence d’un “candidat champignon”, sorti de nulle part », confie Marie-Noëlle Lienemann.
Comme Nicolas Hulot qui lançait, la semaine dernière, un manifeste dans Le Monde ? Jean-Luc Mélenchon balaie l'hypothèse d'un revers de main et moque « cette position centriste autour de Hulot avec l’appui d’Hidalgo, Jadot, Piolle, Orphelin et bien d’autres personnes notoires de cette mouvance et du showbiz ».
Le come back de l’ancien socialiste Arnaud Montebourg n’a en revanche pas rassuré les troupes. « Montebourg, c’est les idées de Mélenchon, sans le personnage », résume le sondeur Jérôme Sainte-Marie, qui voit dans l’ancien socialiste repentant un dangereux rival. Le lieutenant Corbière a d’ores et déjà sorti la mitraillette : « Les gens préféreront-ils un ancien ministre de Hollande qui a été avec Macron au gouvernement et qui a mis Valls à Matignon ? »
L’autre péril, « plus inquiétant encore », estime Rémi Lefebvre, c’est celui du rapprochement en cours entre les Verts et plusieurs partis de gauche (PS, PCF, Génération.s…). Un rassemblement qui ambitionne, entre autres, de couper l’herbe sous le pied d’une probable candidature Mélenchon en 2022, jugée trop clivante pour conduire l’opposition « progressiste » à la victoire.
Des noms tournent déjà qui pourraient incarner l’alternative : le maire de Grenoble, Éric Piolle, ou Anne Hidalgo…
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Depuis quelques semaines, de petits cailloux ont été semés, qui laissent à penser qu’un léger virage a été pris. Aux discours tonitruants du « peuple » contre « l’oligarchie » s’est substituée la petite musique du « collectivisme contre les libéraux », plus proche du clivage classique entre gauche et droite. « Le mot gauche a-t-il fini son temps de jachère ? Je ne sais pas », glisse ainsi Jean-Luc Mélenchon, comme s’il entrouvrait une porte. « Se redéfinir par un vote de gauche, c’est du domaine du possible », ajoute, plus clairement, Éric Coquerel qui n’exclut pas « une refondation, mais en partant des idées ».
Après que La France insoumise s’est fondue dans des collectifs mêlant socialistes, écologistes ou communistes au premier tour des municipales, Jean-Luc Mélenchon semble aussi se faire plus rond avec le PS, qu’il jetait naguère aux orties sans faire de détails. Certes, il continue de voir dans les anciens socialistes aujourd’hui au pouvoir (Olivier Dussopt, Christophe Castaner et Olivier Véran) la « face la plus brutale et la plus liberticide » de la macronie.
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Mais pour le reste, il attend de voir : « Le PS ne s’est pas encore stabilisé. Récemment le tiers du groupe à l’assemblée s’est abstenu sur le plan d’urgence sanitaire, c’est encourageant. » Même circonspection vis-à-vis des écologistes, accusés par La France insoumise de se laisser séduire par les sirènes de l’union nationale proposée par Emmanuel Macron – ce que les intéressés démentent. « Cette part substantielle de l’ancienne gauche qui gouvernait hésite entre les deux options, résume Mélenchon, ou bien collectiviste ou bien néolibérale. » Alors, « patience ». Et prudence.
De quoi donner un peu d’espoir à Julien Dray : « Si Mélenchon accepte les convergences, alors oui, la période que nous vivons sera un moment refondateur pour lui, et pour une possible nouvelle candidature. »
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Éducation et Politique
A l’occasion de la journée internationale de la diversité biologique, les associations écologistes des Sciences Po lancent un appel pour que leurs écoles soient à la hauteur des enjeux écologiques et sociaux. Soutenues par plusieurs personnalités, notamment l’eurodéputée Manon Aubry, le philosophe Dominique Bourg, la juriste Valérie Cabanes, le climatologue Jean Jouzel et l’ancienne Ministre de l’Environnement Corinne Lepage, mais aussi par différentes organisations comme Youth For Climate France ou le REFEDD (liste des signataires complète à la fin), elles appellent de leurs vœux une transition écologique et sociale concrète, ambitieuse et collective dans leurs établissements. Constituées en un collectif écologiste inter-Sciences Po, elles ont établi 10 mesures à prendre d’urgence.
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Signez l’appel du Collectif écologiste inter-IEP
https://framaforms.org/pour-des-sciences-po-a-la-hauteur-des-enjeux-ecologiques-1589971713
Liste des premiers signataires :
Associations écologistes des Sciences Po de France
Association pour la Protection de la Nature et des Animaux (APNA) et Sekoïa de Sciences Po Aix ;
Echo’logik de Sciences Po Bordeaux ;
Agir Alternatif de Sciences Po Grenoble ;
La Ruche de Sciences Po Lille ;
Volonterre de Sciences Po Lyon ;
Collectif pour la Décroissance, Ecophilia, Sciences Po Environnement et Sciences Po Zéro Fossile de Sciences Po Paris ;
Les Décaenté·e·s et Révol’vert de Sciences Po Rennes ;
le Comité d’Action pour le Système-Terre (CAST) et Solidarités de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye ;
Alter’bureau de Sciences Po Strasbourg ;
et Gaïa de Sciences Po Toulouse.
Personnalités
Yann AGUILA – Juriste, avocat et professeur de droit public ;
Manon AUBRY – Eurodéputée La France Insoumise et co-présidente du groupe parlementaire confédéral GUE/NGL ;
Dominique BOURG – Philosophe et directeur de la rédaction de la revue La Pensée écologique ;
Valérie CABANES – Juriste internationaliste et présidente d’honneur de Notre Affaire à tous ;
Marine CALMET – Juriste, présidente et co-fondatrice de Wild Legal ;
Alain GRANDJEAN – Économiste et président de la Fondation pour la Nature et l’Homme ;
Jean JOUZEL – Climatologue et directeur de recherche émérite au CEA ;
Arthur KELLER – Expert et consultant des vulnérabilités systémiques et de la résilience ;
Corinne LEPAGE – Avocate et ancienne Ministre de l’Environnement ;
et Marie TOUSSAINT – Eurodéputée Europe-Ecologie – Les Verts.
Associations et organisations de jeunesse
CliMates, Pour un Réveil Écologique, RÉseau Français des Etudiants pour le Développement Durable (REFEDD), Résilience, Together For Earth, Youth For Climate France.
Cette tribune paraît également chez nos confrères·sœurs de La Relève et La Peste, de Mr Mondialisation et de Socialter.
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"Au-delà de la tambouille politicienne, cette appropriation des questions environnementales est une bonne nouvelle. L’hégémonie culturelle du libéralisme s’effondre. La course au profit et la destruction de la planète ne sont plus l’horizon indépassable de l’humanité. Des millions et des millions de gens en sont convaincus : un autre monde est possible."
L’engouement soudain de la classe politique pour l’écologie et le partage, on en parle tout de suite dans le numéro 78 du p’tit coup de Bourbon.
.#Écologie #Enfumage #Futur
Catégorie Actualités et politique 557 commentaires
Alors que la France se déconfine progressivement, nous vous proposons, chères lectrices et lecteurs, de découvrir comment les membres de l’équipe se sont adapté(e)s pour continuer à vous informer chaque jour. Retour sur presque deux mois de stress et de fatigue, mais aussi d’excitation.
Partout en France, les travailleurs ont dû s’adapter pendant ce confinement de 55 jours. Notre équipe de Reporterre n’a pas fait exception. À partir du 17 mars, tous les membres de la rédaction et du pôle « Comado » — communication, administration, gestion du web — ont été placés en télétravail. « On avait déjà une forte culture du télétravail, dit Émilie Massemin, journaliste. La moitié de l’équipe le pratiquait occasionnellement ou systématiquement. »
... la venue de nouveaux lecteurs, leurs gentils messages, sont une vraie dose de motivation pour chacun d’entre nous ...
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Michael Moore presents Planet of the Humans, a documentary that dares to say what no one else will this Earth Day — that we are losing the battle to stop climate change on planet earth because we are following leaders who have taken us down the wrong road — selling out the green movement to wealthy interests and corporate America. This film is the wake-up call to the reality we are afraid to face: that in the midst of a human-caused extinction event, the environmental movement’s answer is to push for techno-fixes and band-aids. It's too little, too late.
Donate: https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr...
(100% of donations go to translation, further articles and viewing & maintaining wide distribution)
Interview with Jeff, Michael, and Ozzie (1hr 16min): https://youtu.be/HBGcEK8FD3w
Hill TV Response to critics with Jeff, Michael and Ozzie (17min): https://youtu.be/Bop8x24G_o0
FAQ, Discussion Guide, Media: https://planetofthehumans.com/
Removed from the debate is the only thing that MIGHT save us: getting a grip on our out-of-control human presence and consumption. Why is this not THE issue? Because that would be bad for profits, bad for business. Have we environmentalists fallen for illusions, “green” illusions, that are anything but green, because we’re scared that this is the end—and we’ve pinned all our hopes on biomass, wind turbines, and electric cars?
No amount of batteries are going to save us, warns director Jeff Gibbs (lifelong environmentalist and co-producer of “Fahrenheit 9/11” and “Bowling for Columbine"). This urgent, must-see movie, a full-frontal assault on our sacred cows, is guaranteed to generate anger, debate, and, hopefully, a willingness to see our survival in a new way—before it’s too late.
Featuring: Al Gore, Bill McKibben, Richard Branson, Robert F Kennedy Jr., Michael Bloomberg, Van Jones, Vinod Khosla, Koch Brothers, Vandana Shiva, General Motors, 350.org, Arnold Schwarzenegger, Sierra Club, the Union of Concerned Scientists, Nature Conservancy, Elon Musk, Tesla.
Website: https://planetofthehumans.com/
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Ndlr : fondé sur des éléments factuels, révèle à quel point la situation est gravissime notamment aux USA, en matière d'écologie et de climat, de nocivité du capitalisme, avec mise en avant d'un avenir passant par la baisse du nombre d'habitants sur terre, la sobriété dans une approche globale et holistique. En d'autres termes, M.Moore a pris le parti de l'anthropocène ++ Il tacle également magistralement les écolos de salon ou maqués avec les financiers. L’appât du gain est à combattre. À valoriser ACT
Dans la préface de 1963 de son ouvrage La notion de politique[1], Carl Schmitt[2] déclarait de façon pour le moins inattendue que « l’ère de l’État [était] à son déclin ». Du point de vue de la France gaullienne et planificatrice, la formule avait de quoi sembler saugrenue. Trente ans plus tard, le juriste Olivier Beaud dans sa thèse de référence sur la Puissance de l’État[3] (1994) soulignait pourtant ex post la justesse du constat. Il fallait se rendre à l’évidence : la question de la « péremption » de l’État était désormais d’actualité. De toutes parts, des voix se bousculaient pour réclamer sa fin et son dépassement. L’État était accusé à la fois d’être « trop » et « pas assez » : trop pour ceux qui défendaient le localisme, le régionalisme ou le communalisme ; pas assez pour ceux qui prophétisaient une nouvelle ère géopolitique globalisée où n’existeraient que des superpuissances.
Cette période vient de subir un coup d’arrêt. La crise du Covid19, agissant comme un mouvement de balancier, a renvoyé le pendule de l’histoire dans les mains des partisans de l’État. Tous les médias s’en font l’écho
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l’État apparaît aujourd’hui comme un champ de ruine : érodé de l’extérieur par une critique doctrinale multidimensionnelle, il a fini miné de l’intérieur par des décennies de politiques libérales, de droite et de gauche.
3. Construire l’État nouveau
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La séquence historique qui a vu se succéder Gilets jaunes, mouvement des retraites puis crise du Covid19 exhibe de toute part une population meurtrie par ces politiques publiques brutalisantes. La colère qui couve est immense[27]. Les potentialités d’embrasement – qu’elles proviennent de la souffrance des quartiers populaires ou d’une reprise des « actes Gilets jaunes » – sont réelles.
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Dans le même temps, deux chantiers intellectuels doivent être ouverts pour répondre à deux des affirmations anti-étatistes que nous avons vu exposées ci-dessus :
- l’État est l’ennemi de la société ;
- l’État est l’ennemi de la liberté.
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exige en réponse l’amorce d’un double processus :
1/ D’une part, il faut reconnecter l’État à la société
... En s’appuyant sur la philosophie politique de Spinoza, il est possible de penser l’État, non comme une instance subsistant en dehors des Hommes mais comme une véritable émanation de ces derniers. Pour Spinoza, ce qui définit toute chose c’est le conatus – c’est-à-dire « l’effort » par lequel cette chose « tend à persévérer dans son être » (L’Éthique). Ce conatus chez l’Homme lui confère à la fois un besoin de liberté et de sécurité. Depuis Hobbes, on sait que l’État formé par contrat social est généralement perçu comme le meilleur garant de la sécurité individuelle. Mais cette sécurité se paye au prix de la liberté. Le coup de force de Spinoza est de trouver le moyen d’allier les deux. Pour y parvenir, écrit le philosophe hollandais, il convient de mettre en place un État démocratique[29]. Mû et régi par le demos, l’État protège et sert nécessairement la société qui le commande. De même, n’étant plus une force extérieure à cette société mais son émission, le risque d’une privation de liberté disparaît. Mieux, l’État peut grâce à son imperium augmenter la « puissance d’agir » des individus et développer un « agir social » [30] bénéficiant à tous.
2/ D’autre part, il faut (re)faire de l’État, un instrument de combat contre l’ordre injuste. ... La controverse provient des différentes acceptions de la notion de liberté que Jean-Fabien Spitz modélise entre la « non-interférence » et la « non-domination ». Pour beaucoup, la liberté consiste à « faire tout ce qu’on veut », à ne pas être empêché ni gêné. C’est la liberté revendiquée comme « non-interférence ». Cette conception de la liberté, à l’origine de la pensée libérale et libertaire, rejette l’État catégorisé comme une puissance interférente. Mais il existe une autre conception qui définit la liberté comme une « non-domination ». Cette dernière, héritière du républicanisme antique, considère que la liberté la plus essentielle est celle de ne pas être esclave, en d’autres termes, d’avoir des droits politiques[33]. ... comme le note Rousseau au cours d’un raisonnement du Contrat social analogue à celui de Spinoza : « il n’y a que la force de l’État qui fasse la liberté de ses membres »[35]. Ce renversement de perspective d’un État n’étant plus le problème mais la solution se résume chez le philosophe Alfred Fouillée par une formule fameuse : « l’État ne confisque aucun droit, il les garantit tous »[36].
Le désordre du monde actuel doit nous inviter à nous saisir de ces deux modèles pour évaluer les dangers contemporains qui mettent en péril les libertés et le corps social. La première de toutes ces menaces est le risque d’effondrement généralisé. Ce risque environnemental met en accusation la vie humaine (l’anthropocène) mais aussi et surtout les conséquences de son activité économique (le capitalocène), comprendre l’extension sans fin du marché, la quête de profit et d’accumulation.
...
Connecté démocratiquement aux aspirations du grand nombre et des travailleurs, aiguillé par la souveraineté populaire, l’État nouveau devra être missionné pour répondre aux enjeux écologiques, sociaux et démocratiques[38]. Pour ce faire, il faudra s’extirper des débats caricaturaux (centralisation/décentralisation[39]) en proposant un ré-échelonnage de la décision publique articulant l’international, le national et le local[40] ; interdire l’aide au financement des chantiers écocides et rediriger ces mannes financières vers la bifurcation écologique, redonner du sens à l’impôt en mettant en place une fiscalité juste et une véritable répression contre l’évasion fiscale ; il faudra enfin rétablir « la République dans les faits » à travers l’activation de nouveaux réseaux, la remise en état des services publics et l’investissement massif dans l’éducation nationale. En un mot, « démocratiser l’État au lieu de le réduire » : telle est la réponse républicaine[41].
[1] C. Schmitt, La notion de politique ; Théorie du partisan, Paris, Flammarion, 1992.
[2] Carl Schmitt ayant appartenu au parti nazi entre 1933 et 1936, la lecture de son œuvre nécessite évidemment précaution, mise à distance et conscience critique de cette dimension biographique du juriste allemand.
[3] O. Beaud, La puissance de l’État, Paris, PUF, 1994.
[4]https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/05/economie-de-marche-la-crise-du-coronavirus-provoque-le-grand-retour-de-l-etat_6035651_3234.html
[5] https://www.liberation.fr/debats/2020/03/25/covid-19-le-retour-de-l-etat-providence_1782897
[6] https://www.lefigaro.fr/vox/politique/la-crise-du-coronavirus-ou-le-retour-de-l-etat-20200323
[7] https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Face-coronavirus-retour-lEtat-2020-03-26-1201086163
[8] https://le1hebdo.fr/journal/numero/290
[9] Dans la philosophie allemande, la Weltanschauung correspond à la « conception du monde ».
[10] On doit à Tocqueville la première énonciation de ce continuum étatique, v. A. de Tocqueville, L’Ancien Régime et la Révolution (1856), Paris, Gallimard, 1985.
[11] J. Barbey, F. Bluche, S. Rials, Lois fondamentales et succession de France, Paris, Diffusion-Université-Culture, 1984.
[12] E. Kantorowicz, Les deux corps du roi : essai sur la théologie politique au Moyen Âge, Paris, Gallimard, 2019.
[13] Il faut également dire que les nombreuses guerres extérieures à partir du XVIIIe siècle vont générer des coûts et la création d’une armée permanente nourrissant ainsi le besoin d’un État percepteur d’impôts désormais vitaux. On peut ainsi dire, comme le résume Charles Tilly dans sa fameuse formule, que « la guerre a fait l’État autant que l’État a fait la guerre ».
[14] Voir sur la nature du « républicanisme jacobin » et sa « sensibilité », J. de Saint-Victor et T. Branthôme, Histoire de la République en France. Des origines à la Ve République, Paris, Economica, 2018, p. 13-17.
[15] Sur l’histoire de l’administration et son évolution au XIXe siècle, voir l’ouvrage de référence de l’historien du droit Grégoire Bigot, L’administration française. Politique, droit et société. 1789-1870, Paris, LexisNexis, 2014.
[16] M. Braddick, « Réflexions sur l’État en Angleterre (XVIe-XVIIe siècles) », in Histoire, économie & société, 2005, vol. 24e année, no. 1, pp. 29-50.
[17] « L’habitant des États-Unis apprend dès sa naissance qu’il faut s‘appuyer sur soi-même pour lutter contre les maux et les embarras de la vie ; il ne jette sur l’autorité sociale qu’un regard défiant et inquiet, et n’en appelle à son pouvoir que quand il ne peut s’en passer », A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1835), Paris, Gallimard, 1986, t. II, p. 274.
[18] Des réflexions intéressantes à lire à ce sujet dans le numéro spécial de la revue Nouvelles FondationS, « L’État dans tous ses états », 2007/1, n°5.
[19] Lénine, L’État et la révolution (1917), Paris, La Fabrique, 2012.
[20] Notons qu’il existe en parallèle une tradition contraire qui, de Louis Blanc à Ferdinand Lassalle, considère que l’État peut et doit être utilisé pour lutter contre le capitalisme. Sur la question, P. Fouquet, « Marxisme et socialisme étatique », in Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 12, 1981, n°1. p. 83-119.
[21] R. Gombin, Les origines du gauchisme, Paris, Seuil, 1971.
[22] Sur ce sujet, lire M. S. Christofferson, Les intellectuels contre la gauche : l’idéologie antitotalitaire, 1968-1981, Marseille, Agone, 2014.
[23] P. Clastres, La société contre l’État, Paris, Éditions de Minuit, 1974.
[24] Pour une histoire de ce rapport à la « réforme de l’État », voir la thèse de Philippe Bezes, Réinventer l’État. Les réformes de l’administration française (1962-2008), Paris, PUF, 2009.
[25] Pour un regard sur la question, v. N. Matyjasik et M. Guenoun (dir), En finir avec le New Public Management, Paris, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2019.
[26] S. Audier, Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », Lormont, Le Bord de l’eau, 2012 ; S. Halimi, Le grand bond en arrière : comment l’ordre libéral s’est imposé au monde, Marseille, Agone, 2012 ; F. Denord, Le néo-libéralisme à la française : histoire d’une idéologie politique, Marseille, Agone, 2016 ; G. Chamayou, La société ingouvernable : une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La Fabrique, 2018 ; B. Amable et S. Palombarini, L’illusion du bloc bourgeois : alliances sociales et avenir du modèle français, Paris, Raisons d’agir éditions, 2018.
[27] M. Le Bretton, « La révolte au temps du coronavirus » in Quartier général du 23 avril 2020, https://qg.media/2020/04/23/la-revolte-au-temps-du-coronavirus-par-manon-le-bretton/.
[28] Sentiment grandissant actuellement du fait de l’explosion des violences policières. Sur cette question, voir le travail de recension de David Dufresne.
[29] Pour les détails de cette construction philosophique : J. de Saint-Victor et T. Branthôme, Histoire de la République en France. Des origines à la Ve République, op. cit., p. doit 105-111.
[30] Voir en ce sens l’édito de notre Institut du 23 avril 2020 par Fabien Escalona, https://www.institut-rousseau.fr/le-retour-de-letat-oui-mais-pas-nimporte-lequel/.
[31] J.-F. Spitz, Le moment républicain, Paris, Gallimard, 2005.
[32] P. Pettit, Républicanisme : une théorie de la liberté et du gouvernement, Paris, Gallimard, 2003.
[33] Cette liberté est donc intimement liée à la notion de citoyenneté. Voir sur toutes ces questions, J. de Saint-Victor et T. Branthôme, Histoire de la République en France. Des origines à la Ve République, op. cit., p. 31-45.
[34] Nicolas Roussellier a ainsi montré que le pouvoir exécutif et l’utilisation des moyens l’État ont été en partie accepté par le grand nombre du fait de l’extension des prérogatives du juge administratif, cf. N. Roussellier, La force de gouverner : le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles, Paris, Gallimard, 2015.
[35] J.-J. Rousseau, Du contrat social (1762), Paris, Gallimard, 1964, Livre II, chap. XII, p. 216.
[36] A. Fouillée, La science sociale contemporaine, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1885, p. 31.
[37] Sur cette dimension des Gilets jaunes, je me permets de renvoyer à un article écrit pour la revue Positions : https://positions-revue.fr/le-moment-gilets-jaunes-i-ce-quils-ont-su-dire/
[38] C’est tout l’objet des propositions de l’Institut Rousseau dans le cadre de son dossier « Comment reconstruire ? » ainsi que dans ses précédentes publications.
[39] C’est à un dépassement de ce débat qu’invite la note de Maxmilien Pierre-Latour, in https://www.institut-rousseau.fr/decentralisation-et-organisation-territoriale-vers-un-retour-a-letat/.
[40] Voir en ce sens le livre de David Djaïz, Slow démocratie : comment maîtriser la mondialisation et reprendre notre destin en main, Paris, Allary Editions, 2019.
[41] J.-F. Spitz, Le moment républicain, op. cit.. p. 41.
Auteur de la note Thomas Branthôme Conseil scientifique Maître de conférences à l’Université Paris V Descartes, il est historien du droit et des idées politiques. Il est l’auteur, avec Jacques de Saint-Victor d’une Histoire de la République en France (éditions Économica, 2018).
Audio 19:30 -> https://aod-rfi.akamaized.net/rfi/francais/audio/magazines/r244/decryptage_20200508.mp3 - Les effets visibles du changement climatique. iStock/leolintang
La crise du coronavirus pose la question des enjeux environnementaux.
Avec les mesures de confinement, une baisse de 200 millions de tonnes des émissions de CO2 a été observée en février 2020 en Chine, soit l’équivalent de deux tiers de ce qu’émet la France en un an. Les images de la présence d’animaux sauvages dans le centre de grandes villes du monde ont circulé sur les réseaux sociaux. La pandémie permettra-elle de faire reculer la menace climatique ? Ou bien cette dernière s’imposera-t-elle plus fortement encore avec la reprise économique ?
Nos Invités :
- Maxime Combes, économiste et spécialiste du climat à Attac France
- Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).
Clés : Après le Covid-19 vers un nouveau monde? Climat Coronavirus Économie Environnement
Connue / https://twitter.com/rfidecryptage/status/1258820712284000256
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RFI Décryptage @rfidecryptage @MaximCombes économiste et spécialiste du #climat @attac_fr
et @SebastienTreyer directeur général @IDDRI_ThinkTank étaient les invités de @romain_auzouy
Podcast sur @RFI 8:07 PM · 8 mai 2020·TweetDeck 29 Retweets 41 J'aime
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Connu / https://twitter.com/Enercoop_SCIC/status/1257274524019679233
Mobicoop - Le covoiturage libre a aimé
Enercoop @Enercoop_SCIC · 11h
Fin des véhicules à essence, autonomie énergétique, centrale solaire géante, stations-service solaires et habitat écolo : quels autres projets ont émergé depuis ? Voici neuf raisons d’avoir confiance en l’avenir.
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Économie
Ferréol Delmas @DelmasFer, Président du laboratoire d’idées Écologie Responsable.
Pour lui, les écologistes ont tort de prôner une écologie mondialiste et sans-frontière, la solution viendrait de la souveraineté et de la liberté.
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Un bilan assez faible depuis le début du quinquennat
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La solution sera donc locale et décentralisée. Il sera nécessaire de redynamiser l’écologie très localement avec des systèmes de circuit-court entre les agriculteurs, les communes, les entreprises, les écoles, peut-être par l’établissement d’un chèque-proximité comme expliqué dans un texte précédent. Sans oublier le développement de l’agriculture biologique. En outre, cette souveraineté écologique devra passer par une indépendance alimentaire en rééquilibrant les produits importés notamment venant de pays ne respectant pas nos règles sociales et sanitaires.
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la création d’entreprises à forte valeur ajoutée, misant sur la qualité des produits peuvent être bénéfique pour notre santé, pour notre économie et bien sûr pour l’environnement. De manière plus large, une réforme de Pôle emploi, créant une branche distincte pour l’agriculture pourrait permettre une meilleur gestion des emplois saisonniers, une plus grande liberté pour ces salariés mais également pour les employeurs tout en relançant les emplois.
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Clés : écologie ; coronavirus
écologie, Critique des nuisances, Racine de Moins Un
Étiquettes : anthropocène, écologie, économie, climat, décroissance, histoire des techniques, histoire politique, Jean-Baptiste Fressoz, pollution, société industrielle, technologie
Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, nous brosse à grands traits une histoire politique du CO2 aux XIXe et XXe siècles. Car aussi fameuse que soit la courbe des émission de CO2 établie par le GIEC, il est en fait assez difficile d’en faire une histoire suffisamment précise pour permettre par exemple de retracer la part de différents choix technologiques dans les émissions de gaz a effet de serre. Il est impossible de savoir, dans cette courbe, ce qui relève de l’automobile, de l’agriculture industrielle ou de la guerre. Il s’agit donc d’essayer de politiser le constat du changement climatique.
Racine de moins un
Une émission de critique des sciences, des technologies et de la société industrielle.
Émission Racine de Moins Un n°59, diffusée sur Radio Zinzine en février 2020.
Grandes lignes de la conférence :
Je vais essayer de repolitiser la fameuse courbe des émissions de CO2 aux XIXe et XXe siècles. Aussi fameuse que soit cette courbe, il est en fait assez difficile d’en faire une histoire suffisamment précise pour permettre par exemple de retracer la part de différents choix technologiques dans les émissions de CO2. On ne peut pas tracer, à l’intérieur de cette courbe, ce qui relève de l’automobile, de l’agriculture industrielle ou de la guerre.
...
Et malgré ces efforts considérables, il y a une diminution des émissions de CO2 de 60 % en dix ans, si je me souviens bien. C’est pas mal, mais c’est moins que ce qu’il faudrait que nous fassions dans les pays européens, par exemple. C’est le côté le plus effrayant…
Après, il est possible de se dire que les cubains sont très pauvres, qu’ils n’ont pas les technologies comme nous, etc. Mais dans le cas de la France qui investit massivement dans le nucléaire à partir des années 1970-80, les émissions de CO2 croissent de 1 ou 2 % par an environ. Cela devrait donc rendre un peu modeste sur la capacité des solutions high-tech pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Après, il y a des transitions énergétiques qui se passent très mal, par exemple en Corée du Nord qui a été confrontée au même problème que Cuba, sauf que là, il y a eu une famine épouvantable, entre 5 et 10 % de la population qui a succombé, etc.
Donc, il n’y a pas vraiment de leçon optimiste à tirer de l’histoire, je crois.
Jean-Baptiste Fressoz,
historien des sciences, des techniques et de l’environnement, chargé de recherche, Centre Alexandre Koyré, Centre national de la recherche scientifique, École des hautes études en sciences sociales.
Il est notamment l’auteur de :
L’Apocalypse joyeuse, une histoire du risque technologique, éd. Seuil, 2012 ;
avec Christophe Bonneuil, L’Événement anthropocène, la Terre, l’histoire et nous, éd. Seuil, 2014 ;
avec Fabien Locher, Les Révoltes du ciel, une autre histoire du changement climatique, éd. Seuil, 2020.
Conférence donnée dans le cadre de l’Université européenne d’été de l’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie (IHEST) à Gouvieux, le 30 juin 2015.
Plusieurs élus politiques et personnalités issues du monde de l'entreprise appellent à un nouveau projet politique pour l'après-crise, qui s'appuierait sur le progrès social, l'écologie et la décentralisation.
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Signataires :
Christophe MADROLLE, Secrétaire général UDE, Élu de Marseille
Julien VICK, Administrateur de l’Institut Européen d’Ecologie, Metz
Anne-Sophie CONDEMINE, Adjointe au maire de Lyon, Conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes
Mathieu CUIP, Délégué général de l’UDE
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Clés : Coronavirus ; Écologie ; Néolibéralisme
Derrière les discours qu'on entend sur "le monde d'après" (les "plus rien ne sera comme avant", "plus jamais ça !") il y a différents niveaux de remise en question du “monde d’avant”. On se doute bien que des choses vont changer, mais la question est : aura-t-on un progrès ou une régression ?
Chez ceux qui veulent un “monde d’après” radicalement différent, on distingue deux démarches : dans la première, la crise, qui bouleverse nos habitudes, est l'occasion d'une remise en question élargie. Tels les personnages du film de Jacques Doillon, L’an 01, nous entreprendrions alors de remettre à plat l’organisation de notre société.
La tentation est grande de profiter de cette période exceptionnelle pour pousser des idées progressistes dans l’espace public. Mais le risque est de produire un discours ambitieux mais inaudible pour l’opinion publique.
...
La crise que nous vivons est sans doute l’occasion de faire une sorte d’inventaire de tout ce qui ne va pas dans notre société. Mais si on ne veut pas se contenter de rêver un "monde d'après" sans jamais le voir advenir, il faut se doter d'une stratégie efficace. D'abord argumentative, en montrant les liens entre ce qui a provoqué ou amplifié la crise et les éléments qu'on veut transformer. Politique, ensuite, en partant non pas de nulle part, mais de tendances contestatrices déjà à l'oeuvre, et que Jérôme Baschet s’essaye à repérer dans l’article déjà cité :
“Malgré le caractère écrasant des formes de domination et leur tendance à se renforcer sans cesse, il ne faudrait pas oublier que les gouvernants et les élites mondiales agissent sous la menace constante d’un niveau de discrédit, de perte de confiance, d’insatisfaction et de colère qui a conduit, au cours des deux dernières années, à des soulèvements populaires d’une ampleur tout à fait inattendue – tendances dont il y a tout lieu de penser qu’elles ne peuvent que s’accentuer à la faveur de la crise du coronavirus.”
Vidéo aussi à https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?UCSCEA
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Titre original : Planet of the Humans
Nous vous proposons une version sous-titrée en français du film documentaire Planet of the Humans (« Planète des humains »), dont Michael Moore est le producteur exécutif, Ozzie Zehner un coproducteur, et Jeff Gibs un autre coproducteur, et le réalisateur. Un documentaire qui expose des réalités très rarement discutées concernant les soi-disant « énergies vertes », « propres » ou « renouvelables », mais des réalités que les lecteurs de notre site connaissent déjà, très certainement, étant donné que nous avons publié de nombreux articles sur le sujet. Pour la suite :
https://www.partage-le.com/2020/04/24/planete-des-humains-ou-comment-le-capitalisme-a-absorbe-lecologie-par-michael-moore-jeff-gibbs-ozzie-zehner/
Catégorie Éducation 38 commentaires
Monsieur S司強 il y a 1 jour
"Nous" ne changerons pas ou peu. On sera simplement tous stérilisés avec les prochains vaccins, voilà tout. Je m'étais déjà documenté sur ces énergies soi-disant propres. Par contre, même si je doutais de la sincérité d'Al Gore, je n'imaginais pas un tel niveau de truanderie. Le réalisateur me semblait un peu naïf par moments mais je trouve son film très utile. Il va probablement réveiller du monde. Merci à vous de l'avoir partagé et à Nicolas Casaux pour le sous-titrage. Les dernières images font mal au bide. Bien mieux que la guimauve hypocrite d'un Yann Arthus-Bertrand! Quant à Vandana Shiva, c'est une grande dame qui sait bien voir la dimension philosophique du problème. Elle a beaucoup de points communs avec Pierre Rabhi selon moi. Encore merci.
5
Seewatchlottfi il y a 1 jour
Bien entendu cette vidéo sera certainement invisible de par les algo-rythmes... Le partage est la
seule solution... Mais comme peu de gens se sentent de toute façon concernés... Bref, monde de merde... :/
5
Daniel DA il y a 1 jour
Une arnaque à la hauteur de ce que fut il y a un siècle la guerre faite aux peuples en 14-18. Strictement les mêmes ingrédients : industriels, banquiers, journaux et propagande, corruptions politiques
6
Roi du Lupin il y a 1 jour
Au 19e s , le grand espoir était que le charbon sauverait les forêts...
2
damien assemat il y a 1 jour (modifié)
Je savais que j'allais me prendre une bonne claque... mais elle est tout de même violente !
Connue / https://twitter.com/JMJancovici/status/1254146207875809280
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Moore (producteur exécutif) et Jeff Gibs (coproducteur et réalisateur).
Sous-titrage en français réalisé par la Revue Le Partage
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Écologie - Entretiens
TAGS Anthropologie écologie relationnelle néolibéralisme philippe Descola transition écologique
Damien Deville est géographe et anthropologue de la nature. Il est l’auteur, avec Pierre Spelewoy, du récent Toutes les couleurs de la Terre – Ces liens qui peuvent sauver le monde paru aux éditions Tana. Il y développe plusieurs concepts, parmi lesquels celui « d’écologie relationnelle », qui s’oppose notamment à l’uniformisation du monde par le néolibéralisme. Dans ce riche entretien, nous avons demandé à ce jeune héritier de Philippe Descola comment il analysait les processus de destruction écologique, sociale et culturelle que nous traversons, et comment construire concrètement une autre approche de la relation, compatible avec la préservation de nos biens communs, a fortiori environnementaux. Réalisé par Clément Molinier et Pierre Gilbert, retranscrit par Manon Milcent.
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parti 6 mois travailler pour le ministère de l’Environnement du Queensland, dans une équipe de rangers, sur la protection des populations de koalas. Pour les protéger, les politiques publiques d’alors consistaient à les parquer dans des zones dédiées à la protection. Grillagées dans des forêts de protection, loin des activités humaines, le koala s’en porterait mieux. ... j’ai remis en cause mes acquis, car ce système de protection se confrontait à plusieurs biais. Un biais écologique d’abord, au sens scientifique du terme, dans le sens où parquer des koalas dans des zones spécifiques participait, sur du long terme, à limiter l’expression de la diversité génétique de la population. Une diversité pourtant nécessaire au renouvellement de l’espèce. Deuxième biais : on observait que certains koalas préféraient s’établir en zone péri-urbaine.
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dernier biais, davantage culturel, m’est apparu : les koalas sont énormément représentés dans les symboles australiens alors que la coexistence est refusée. C’était pour moi une instrumentalisation du vivant doublée d’une hypocrisie anthropologique. Cette expérience m’a dynamité l’esprit. D’ailleurs, je le découvrirai plus tard, la violence infligée aux koalas n’était que le miroir d’une pluralité de violences qui émergent des mondes occidentaux et qui fait de nombreuses victimes : les populations autochtones qui décident de vivre autrement, dont les aborigènes d’Australie – les violences faites aux koalas et les violences faites aux humains sont les deux faces d’une même médaille – mais aussi les territoires oubliés de l’économie monde, les violences faites aux femmes, aux Tsiganes, aux roms, les DOM-TOM marginalisés dans les démarches républicaines… Bref, par notre incapacité à penser la diversité, nous avons laissé sur le carreau nombre d’individus, de collectifs et de territoires.
De ce fait, contourner l’uniformisation des mondes demande, je crois, une réponse citoyenne et politique forte : remettre la diversité, qu’elle soit humaine ou non humaine, au cœur des modèles sociaux. Cette démarche peut offrir des dynamiques d’innovation majeures aux crises que nous connaissons tout en nous permettant de remettre de la poésie dans nos vies. En puisant dans la singularité de chaque être, de chaque imaginaire, de chaque territoire, des voies citoyennes et politiques se dégagent pour emmener le social et l’environnement dans un seul et même horizon.
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??????????? [TOUT ou RIEN copier ?!]
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En Cévennes par exemple, il y a beaucoup de conflits entre les néoruraux et les archéos cévenols. ... La culture de la résistance d’une part, et l’amour des montagnes d’autre part ! Deux symboles sur lesquels construire de l’inclusivité. Le lien au paysage comme projet territorial a également pour avantage de ne pas être anthropocentré. Il emmène anciens comme nouveaux, humains comme non humains dans un seul et même bateau. J’ai tendance à militer actuellement pour des politiques du symbole, au sens littéral du terme. Ça me fait penser à cette fameuse phrase de l’anthropologue Jean Malaurie : « sans symbole nous ne sommes rien, qu’un peuple de fourmis manipulées par le verbe, l’information et l’image ».
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tension très forte dans les milieux écolos, entre l’urgence climatique et sociale et les manières de cultiver des réponses qui demandent nécessairement du temps. Ce conflit, nous y sommes tous confrontés. Néanmoins, il reste impératif de cultiver le sens !
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se développent à Paris des fermes verticales, sans eau, sans sol. Elles sont très subventionnées au nom de l’autonomie alimentaire des villes. Elles entrent alors en concurrence avec l’agriculture des campagnes où les paysans cultivent pourtant les valeurs de la terre et n’arrivent plus à vivre de leurs métiers. Autrement dit, au nom de l’écologie à Paris, on détruit ce dont l’écologie est censée être la gardienne : la diversité des mondes.
Une deuxième clé de réponse se situe dans le dialogue entre la valorisation de la diversité à l’échelle locale et le sentiment d’appartenance à l’humanité. Il y a un imaginaire auquel j’aime me relier, même si en l’état il peut paraître de l’ordre de l’utopie. Le géographe Augustin Berque, qui a été très influent pour moi, propose dans ses travaux de penser la diversité via trois échelles à partir desquelles on pourrait déployer de nouvelles compétences politiques. La première est l’échelle de l’atmosphère, le matériau physico-chimique de la Terre. Cela correspondrait à des politiques internationales relevant d’un sens commun de l’humanité telle que la lutte contre le réchauffement climatique. Ajouter la vie sur terre permet de déployer une deuxième échelle : l’échelle écosystémique. C’est une échelle biorégionale en somme à partir desquelles se pensent et se préservent les grands équilibres de la vie. Il y a enfin l’échelle de l’habité, celle des symboles et de l’expérience partagée. Augustin Berque l’appelle « l’écoumène ». C’est une échelle beaucoup plus fine qui construit pourtant le vivre ensemble au quotidien. Un universel par-delà l’humain, se situe peut être dans un dialogue pertinent entre ces trois nouvelles échelles politiques et citoyennes.
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La crise du coronavirus montre à quel point nous avons besoin de relation et que l’expérience territoriale est tout ce qui compte face au présent. Y compris pour lutter contre la solitude qui est une bien grande maladie. Toute relation n’est pas physique, il y a également des espaces symboliques dans lesquels nous pouvons trouver des voies d’émancipation malgré le confinement qui a été mis en place. La crise sanitaire invite également à orienter des politiques décentralisées qui donnent les moyens à chaque lieu de faire face aux réalités qu’il traverse. Les relations entre individus laissent place ici à des relations de coopération entre territoires. Pendant des décennies nous les avons opposés. Peut-être arriverons-nous maintenant à les faire dialoguer ! Il y a une bataille culturelle à mener autour de cette égalité territoriale. Je crois même que cette bataille culturelle est mère de toutes les batailles, car, lorsque notre projection au monde change, tout change, à commencer par la vision politique d’une nation. Le coronavirus place l’humanité devant un tel choc qu’il permet ce pas de côté dans l’opinion.
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une feuille de route gouvernementale en deux temps : une rapide transition vers une économie décarbonée sur du court terme, demandant des arbitrages politiques nationaux assez forts tout en amorçant un retour aux territoires sur du moyen terme. Pour qu’il soit pertinent, le vivre ensemble ne peut pas être du ressort des états nations : il demande de placer au cœur des décisions des échelles d’action facilement appropriable par le tout citoyen, c’est-à-dire des échelles plutôt locales. L’un dans l’autre, face à l’uniformisation des mondes et aux précarités qui en émerge, il me semble inévitable de questionner non pas simplement le rôle de l’état, mais bien la place qu’il occupe dans les régimes démocratiques. Sur du long terme, je pense qu’il devra nécessairement s’effacer en partie pour laisser place à de nouvelles modalités d’interventions citoyennes et politiques. Expérimentons.
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réassumer notre propre vulnérabilité. Chaque être vivant a en commun d’être vulnérable, et pour s’adapter à cette condition, il a besoin des autres. Humains comme non humains sont interdépendants. Nous avons besoin des autres, et ce sont bien ces liens d’interdépendances qui doivent mobiliser l’action citoyenne. La deuxième, c’est la rencontre avec l’autre. La rencontre positionne les relations dans une dynamique créatrice. Un plus un, en géographie, ça n’a jamais fait deux. Lorsqu’on réussit à comprendre l’autre pour ce qu’il est vraiment, la rencontre ouvre des trajectoires d’innovations majeures.
Je me permets de préciser que rencontrer l’autre ce n’est pas nécessairement l’apprécier. Vivre la relation revient à accepter également les antagonismes, la différence, le refus. Enfin, puisque qu’on peut rencontrer l’autre en le dominant voir en le détruisant, il convient d’ajouter une troisième étape à cette société de la relation : la justice. Pour que les relations soient émancipatrices pour les deux parties prenantes, il est important d’exercer justice dans la coexistence. Ces trois thèmes sont suffisamment larges pour être mobilisés de manière extrêmement plurielle en fonction des réalités de chaque espace, de chaque communauté voir de chaque individu.
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la diversité que je projetais ailleurs est également présente ici, dans les moindres recoins de l’espace. Nous n’arrivons néanmoins plus à la voir et encore moins à la mettre au cœur de nos vies. Je crois que c’est lié en grande partie à nos modèles éducatifs qui ne valorisent pas assez les territoires. À la lumière de la relation, l’éducation devient également un objet de réforme. Philippe Descola milite effectivement pour davantage d’anthropologie à l’école. J’ajouterais pour ma part davantage de géographie et d’éthologie ! ... construire davantage de liens entre ce que l’on pense et ce que l’on fait de ses mains. Il n’y a presque plus d’activités manuelles dans les programmes pédagogiques et universitaires. Pourtant expérimenter un territoire passe également par le mouvement du corps et par les sens. ... dans les moments de bonheurs comme de malheurs, tout ce qui compte au final, c’est le vivre ensemble. La crise du coronavirus le confirme. Remettre ce vivre ensemble, par-delà l’humain, par-delà l’Occident et par-delà le visible, au cœur de l’action me semble être un beau chemin à suivre.
Ndlr : revisiter, approfondir, questionner notamment sur le lien entre république, fédéralisme et régionalisme / TdM ACT
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Rendez-vous vendredi à 17h pour le dixième épisode d'Allô Ruffin, avec Serge Morand, écologue au CNRS en direct de Thaïlande !, Sébastien Jumel, député communiste, Nathalie Lachambre, d'Amiens... et vous !
Catégorie Actualités et politique 72 commentaires
Musique
Titre Echoes Of France (La Marseillaise) Artiste Django Reinhardt Album 1944-1946
Transcription : ... sociale-écologie de la santé ... clusters épidémiques ... reliés à la mondialisation des échanges ... les contacts faune sauvage - animal domestique sont de plus en plus importants ... déforestation pour nourrir le cochon chinois ex à Bornéo, thaïlande, et PARTOUT. La médecine chinoise a été marchandisée. Crise sanitaire écologique ET climatique. Injustices sociales n'ont fait qu'augmenter. La solution : attribuons les causes de ces relations improbables : les modes de gestion. Démondialiser l'agriculture. Changer les modes de subventions/duping comme accords de Marrakech. Subvention aux services rendus. Protéger l'agriculture, souveraineté alimentaire, économie circulaire, /dette des agriculteurs pb d'eau. Confiant dans la jeunesse. /pesticides conflits d'intérêt, la thaïlande a interdit glyphosate etc. représailles de Trump. Le changement passe par de nouveaux dirigeants avec une vision claire.