Publié le vendredi 27 décembre 2024 à 07:49
L'explorateur Eliott Schonfeld publie "Alaska, sur la piste de Telaquana" aux éditions Payot.
Avec Eliott Schonfeld Plus jeune membre de la société des explorateurs français
...
il rêve à la création d'un mouvement de résistance contre ceux qui détruisent le vivant
...
Lorsqu'il parvient à la destination de son exploration, et rencontre le peuple autochtone des Dena'ina, "qui ont vécu jusqu'à il y a 100-150 ans comme ils ont vécu depuis des milliers d'années", il raconte sa déception : "En l'espace de quelques générations, tout a été détruit, leur culture est tombée dans l'oubli, leur langue, leurs coutumes, leur relation avec la nature
...
Publié le vendredi 27 décembre 2024
Des records de chaleur, dans l'air et la mer, des événements climatiques intenses, voire dramatiques, comme à Mayotte, ou en Espagne, décidément 2024 était l'année de tous les extrêmes. Et pourtant les Etats n'ont pas été à la hauteur au niveau diplomatique. Qu'en sera-t-il en 2025 ?
Avec Célia Quilleret Journaliste Environnement à France Inter
Pas besoin d'attendre 2050 ou 2100, les records, on les vit déjà. C'est cela, pour moi, la leçon de 2024, l'année de tous les pics, l'année la plus chaude jamais enregistrée. 50 degrés en Inde, difficile à imaginer, ce pays n'avait jamais connu une canicule aussi longue. L'été dernier, un Terrien sur deux a vécu des températures inhabituellement hautes. Le thermomètre a déjà grimpé d'un degré et demi par rapport à la fin du 19e siècle, ça peut paraître peu mais les effets sont là; et surtout l'Accord de Paris de 2015 nous demandait de tout faire pour ne pas dépasser ce plafond...
2024, année la plus brûlante aussi au sens propre
120 000 km² sont partis en fumée dans des feux de forêt. C'est quasiment la superficie de la Grèce noircie par les incendies. Année record enfin pour l'océan, 21 degrés en moyenne en mars à la surface du globe et près de 29 cet été en Méditerranée. Les extrêmes, on les vit de près.
2024, année des épisodes climatiques intenses aussi. Mayotte, c'est le plus récent, l'île vulnérable, pas préparée à ces événements intenses, a été comme aspirée au début du mois. Les Philippines ont été touchées par six typhons en 30 jours. Fin octobre, vous vous souvenez, c'est l'Espagne qui a été submergée par des pluies comme jamais. Des phénomènes attribués au changement climatique par les chercheurs qui vont de plus en plus vite pour faire tourner leur logiciel. On ne peut pas dire qu'on n'est pas informé.
Et pourtant, la diplomatie internationale a patiné cette année
...
association à but non lucratif, née d’une forte solitude face aux injustices et aux ravages indissociables de notre civilisation. Elle a pour but d’accompagner des salariés souffrant d’une fracture entre leur travail et leurs valeurs, d’accumuler des connaissances d’initiés sur les nuisances de leurs secteurs, de diffuser les témoignages de leur rupture, tout en s’inspirant des alternatives prometteuses existantes. Sa raison d’être est de créer des passerelles vers les archipels de résistances écologiques et sociales.
MANIFESTE
Nous avions tout pour « réussir ». Salaire confortable, capital social, culturel, symbolique : nous « réussissions ». Et pourtant… Ces privilèges, nous avons choisi de les subvertir, afin de résister contre l’œuvre destructrice de l’économie.
...
Comment participer à l’offensive écologique depuis sa position professionnelle ? Et pour quoi, pour quelles alternatives à la civilisation capitaliste industrielle ?
...
il est vain d’espérer détourner, réformer, ou humaniser vos industries, vos employeurs, vos postes. Notre stratégie préfère la désertion à la reconversion professionnelle, le lancement d’alerte au réformisme, le démantèlement à la RSE.
Aux infiltrés qui ont perdu leurs illusions, nous proposons donc de vous accompagner dans la construction d’un ultime argumentaire pour confronter votre hiérarchie, et le cas échéant, de donner du poids à votre parole en rendant publique
votre désertion.
POUR QUOI ?
Cette étape est dédiée aux alternatives concrètes au travail rémunéré, qui existent ou sont envisageables, afin de ne plus subir, s’émanciper de cette manière destructrice d’habiter la Terre, prendre soin de soi-même, de ses proches, redevenir maître de son temps. En somme, la destruction du monde nous impose de mettre en pratique d’autres façons de vivre ensemble et de se rapporter aux milieux vivants. L’idée n’étant pas de quitter une occupation nuisible pour une autre, mais d’œuvrer à :
Résister aux fausses solutions
Restaurer le monde naturel
Mettre fin aux destructions en cours
Médias indépendants, éducation populaire, désobéissance civile, jardins partagés, écovillages, hacktivisme, sabotage, réseaux d’entraide, ZAD, chantiers participatifs, collectifs autogérés, écriture de critiques sociales et politiques… Il existe une multitude d’imaginaires désirables et de manières de participer à leur construction, à nous de les renforcer !
...
Grands entretiens - Mis à jour le 19 février 2024 à 17h39 - Durée de lecture : 11 minutes
Les émotions comme acte politique, le silence « cynique » des puissants face à la catastrophe écologique... Pour la militante écologiste Camille Étienne, il est essentiel d’« instaurer un rapport de force » face aux puissants.
Camille Étienne est militante écologiste et autrice de Pour un soulèvement écologique (Seuil, 2023).
Portrait — Luttes
Mis à jour le 2 décembre 2024 à 16h29 - Durée de lecture : 7 minutes
Luttes Climat
...
Eacop a marqué un tournant définitif. Sur les réseaux sociaux, il a découvert la campagne Desert’ Eacop, relayée notamment par l’activiste Camille Étienne, initiée par le collectif Vous n’êtes pas seuls (VNPS) qui regroupe des ingénieurs déserteurs
https://reporterre.net/Camille-Etienne-La-realite-est-la-et-elle-est-terrifiante
https://vous-netes-pas-seuls.org/
https://reporterre.net/La-desertion-germe-d-une-contre-societe
...
Luttes - Mis à jour le 4 décembre 2024 à 09h39
Durée de lecture : 8 minutes
Luttes Politique Médias
Une famille autochtone pêche, à Camopi, en Guyane, en 2014 ©AFP - BRUSINI Aurélien/hemis.fr
Droits de la nature : une histoire guyanaise
Publié le jeudi 26 décembre 2024 (première diffusion le mercredi 23 octobre 2024)
La terre au carré
9 décembre 1984, Awara, Guyane. Félix Tiouka, prononce un discours face aux officiels de l‘État français qui lancera la lutte pour la défense des droits des peuples autochtones. Le droit à leurs coutumes, basé sur l’équité entre humains et non humains, un droit du vivant, un droit de la nature.
Avec Marine Calmet Juriste
Dès le XVIe siècle, la Guyane subit les tentatives de colonisation par les Hollandais, les Portugais, les Anglais et les Français. Malgré une farouche résistance des populations autochtones, qui conduit un grand nombre de ces missions à l’échec, un véritable système colonial imposé par la France s’installe à partir du XVIIe siècle, et avec lui, ses codes juridiques.
Les conséquences sont nombreuses : chute démographique des populations autochtones décimées par les maladies importées par les colons, implantation d’un système esclavagiste, spoliation des terres, morcellement administratif… À l’aube du XXe siècle, en devenant un département français, la Guyane s’ouvre à un système administratif et juridique unique. Comme le veut la Constitution, les règles applicables y sont les mêmes que pour tout département ou toute région française et, même si quelques aménagements hérités des accords du passé sont possibles, les représentants garants des droits coutumiers ont, au fil du temps, été exclus de toute reconnaissance institutionnelle.
Publicité
Dans les années 1980, et alors que le recul de leurs droits s’est accéléré, les Amérindiens s’organisent. En décembre 1981, l’Association des Amérindiens de Guyane française (AAGF) est créée, devenant ainsi la première association de représentation et de promotion des droits autochtones guyanais. Félix Tiouka, alors jeune militant de la cause amérindienne, en deviendra le premier président.
"L'équité entre toutes et tous, humains et non humains"
Le 9 décembre 1984, le village d’Awara accueille le premier rassemblement des Amérindiens de Guyane organisé par l’AAGF, qui donne le coup d’envoi des luttes amérindiennes. Présentant le rassemblement comme une grande fête culturelle, avec chants et danses folkloriques, l’association invite les représentants de l'État (élus locaux, député de la Guyane, président du conseil régional, etc). Après ce premier temps festif, ils en profitent pour prononcer un discours politique, par la voix de Félix Tiouka, réclamant une restitution du territoire, une reconnaissance de l'identité amérindienne, et la possibilité pour les peuples amérindiens de développer leurs propres institutions. Ce discours marque l’histoire des relations entre la France et le département de la Guyane.
Pour Marine Calmet, juriste engagée dans les droits de la nature et présidente de Wild Legal, qui s’est rendue plusieurs fois sur place et connait très bien le dossier guyanais, Félix Tiouka « exprime le fait que notre modèle fondé sur la propriété privée et l’exploitation de la terre et des êtres ne peut dériver que vers des inégalités et des injustices, et vers l’appropriation par un petit nombre des richesses de la terre. Il y dit que tout leur modèle social autochtone repose sur l’équité entre toutes et tous, humains et non humains. C’est au cœur de la réflexion des droits de la nature : quelle société construit-on avec le droit ? »
Car pour la juriste, il s’agit bien d'établir un droit de la nature qui pourrait empêcher l'application sans limites de législations héritées de la période coloniale. « Ce sont les acteurs économiques qui définissent ce qui est important ou pas, ce qui existe ou pas, dans le mépris de ce qui existe déjà. »
À écouter
Prospérité et résistance autochtone en Guyane / C'est bientôt demain - 16 min
Les intérêts de l’environnement
Utopie jusqu’à il y a peu, l’idée commence à faire son chemin. Des événements comme la suspension du projet de la Montagne d’or, en Guyane, montre que la mise en avant des intérêts de l’environnement peut être un frein à l’utilisation de différentes législations – le Code minier ou le Droit des affaires –, contre les intérêts des populations autochtones et de leur territoire. Pour Marine Calmet, il est tout à fait nécessaire qu’émerge un droit de la nature, « un droit ou l’axiome de base n’est pas l’individu, mais le milieu. Car l’idée au fond, c’est bien celle d‘un droit fondé sur la réalité des écosystèmes et des modes de vie, et non pas sur une fiction, celle d’un individu abstrait placé au bout de la chaine alimentaire isolément et de façon artificielle.
En somme, un droit de la nature qui permettrait un meilleur équilibre dans les rapports de force entre intérêts du monde du vivant et intérêts économiques et stratégiques.
À écouter
Christopher Stone : la nature reprend ses droits / Sciences chrono - 29 min
Nature Climat Luttes Alternatives Monde
Reportages Enquêtes Idées
Le 17 octobre 2024 à Annonay, en Ardèche. © Pauline De Deus / Reporterre
Le péril écologique n’est pas un concept.
Ce n’est pas un problème pour demain.
C’est ici et c’est aujourd’hui.
En bref — Luttes
Licenciements dans l’industrie : organisations écologistes et CGT font front commun
« La lutte contre les licenciements est aussi une lutte écologiste », affirment dans un communiqué unitaire la CGT TotalEnergies Grandpuits, les Soulèvements de la Terre, les Amis de la Terre France et Extinction Rebellion. Face à la menace qui pèse sur 300 000 emplois, « notamment dans les secteurs de la chimie, la métallurgie et le commerce », le syndicat et les organisations écologistes appellent à la convergence des luttes.
À l’automne, les annonces de plans de licenciements massifs se sont succédé en France : Arcelor Mittal, Auchan, Michelin, Airbus et même les secteurs de l’emploi public. De la métallurgie au commerce, des milliers d’emplois sont concernés.
« Les mêmes qui licencient en masse et qui ravagent le monde »
Refusant l’indifférence, des collectifs écologistes ont décidé de s’allier à la CGT pour mettre fin au récit d’opposition entre travailleurs et écologistes. Un récit entretenu par le patronat pour brouiller les pistes de la responsabilité, selon les auteurs du communiqué. TotalEnergies s’est d’ailleurs servi de l’argument de l’écologie pour justifier les 700 licenciements à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) en 2021, au nom d’une « reconversion verte du site ».
« Ce sont les mêmes qui licencient en masse et qui ravagent le monde, exposant au passage les travailleurs et leur santé aux pollutions les pires », écrivent les organisations signataires. Elles rappellent le cas de l’usine Solvay de Salindres (Gard) : des travailleurs à la santé dégradée, des PFAS répandus dans l’environnement, une fermeture d’usine annoncée.
À la crise sociale et écologique, les auteurs répondent par l’union du monde du travail et des écologistes contre les intérêts patronaux. Le communiqué suggère une série d’actions concrètes pour mener ce combat : soutenir les grèves, redonner aux travailleurs le contrôle des moyens de production en socialisant les usines condamnées à fermer. De quoi colorer de rouge et de vert les luttes à venir.
Énergie
La belle histoire du village landais devenu autosuffisant en énergie - 24 décembre 2024 à 09h36 / Par Yannick Revel
Mis à jour le 26 décembre 2024 à 11h41 - Durée de lecture : 7 minutes
Clés : Énergie ; Alternatives
À Escource, l’énergie se distribue en circuit court, produite et consommée localement. En additionnant ses actions au long cours, ce village des Landes, devenu un laboratoire inspirant, assure son autosuffisance.
Algorithmique [6/6]
D’après un média publié le 04/12/2024 Source Avertissement
Personne·s Karl Pineau Valentin Hacault Théo Alves Da Costa Mathilde Saliou
Thèmes Intelligence artificielle Associations Technosolutionnisme
Type d’action Conférence
Type de publication Audio
Sommaire
Au fil des épisodes, Algorithmique a permis de détailler une partie des enjeux politiques, sociaux et environnementaux que soulève l’intelligence artificielle. Mais en tant que citoyenne, citoyen, comment s’emparer du sujet ? Comment, en pratique, s’emparer de ces nouvelles technologies ou, au contraire, la refuser ?
Les autorités américaines cherchent à savoir si les routeurs du fabricant chinois présentent un risque pour la sécurité intérieure. Certains appareils ont été visés par une campagne de piratage liée au régime de Pékin. La société ferait aussi preuve de négligence dans la correction de failles de sécurité sur ses équipements.
19 décembre 2024 \ 12h30 / Yoann Bourgin
3 min. de lecture
L’inondation de carrières de quartz aux Etats-Unis fait trembler le monde des semi-conducteurs et du solaire
[Matière à penser] Les inondations causées par l’ouragan Hélène dans la ville américaine de Spruce Pine, en Caroline du Nord, sont scrutées de près par l’industrie. La zone est la seule au monde à produire du quartz de très haute pureté quasi indispensable à la production de silicium pour les semi-conducteurs et les panneaux solaires. Les stocks et les solutions alternatives devraient prévenir tout impact notable.
Réservé aux abonnés
04 octobre 2024 \ 09h00 / Nathan Mann
4 min. de lecture
L’inondation de carrières de quartz aux Etats-Unis fait trembler le monde des semi-conducteurs et du solaire
© The Quartz Corp
Les carrières et les usines de quartz de Spruce Pine produisent un matériau très pur, crucial pour les industriels de l'électronique et du photovoltaïque.
On a beau le savoir, la dépendance de certains secteurs industriels à une poignée de sites ultra-spécialisés – qui servent de base aux productions les plus complexes et alimentent les chaînes de valeur les plus longues – ne finit pas d’étonner. Dernier épisode en date : les inondations que connaît la ville américaine de Spruce Pine, en Caroline du Nord, à la suite du passage de l’ouragan Hélène fin septembre. En quelques jours, les médias américains se sont enflammés. Redécouvrant un secret bien gardé de l’industrie du silicium, le matériau de base des puces électroniques, des panneaux solaires et des fibres optiques : son extrême dépendance au quartz de très haute pureté (ou HPQ) extrait dans cette petite zone de la chaîne de montagne des Appalaches.
Imerys, Norsk Mineral et Sibelco affectés
La catastrophe, renforcée par le réchauffement climatique, a entraîné la destruction de nombreuses infrastructures, y compris routières, ferroviaires et électriques. Les deux entreprises qui produisent du quartz très haute pureté à Spruce Pine ont été touchées. «A partir du 26 septembre, nous avons temporairement mis en pause les opérations dans nos installations », écrit le belge Sibelco, sans donner de date de reprise. Le groupe, très discret, qui ne publie pas ses chiffres de production, est considéré comme le principal producteur de quartz de très haute pureté du monde. En 2023, l’entreprise avait annoncé investir 200 millions de dollars pour doubler la production de ce minéral critique à Spruce Pine.
Chez son homologue The Quartz Corp (TQC), la tonalité est la même. Cette coentreprise entre le groupe norvégien Norsk Mineral et son homologue français Imerys (auquel cette activité a rapporté 80 millions d’euros d’Ebitda en 2023), est l'autre à exploiter le quartz de la région. Peu portée sur la publicité, elle ne détaille pas non plus sa production et son outil industriel mais souligne sur son site internet la qualité de vie à Spruce Pine, où l’on compterait pas moins de 60 brasseries locales.
«Il est encore trop tôt pour évaluer quand TQC pourra reprendre ses opérations, car cela dépendra de la reconstruction des infrastructures locales», explique l’entreprise. Le groupe estime par email qu'une première inspection visuelle laisse penser que ses installations «ont été plutôt bien préservées», mais que sa capacité «à redémarrer les opérations dépendra aussi largement des infrastructures environnantes».
Creusets du numérique
Pourquoi se soucier de ces quelques carrières, alors que plus de 300 millions de tonnes de quartz (aussi désigné sous le nom de silice) sont extraits chaque année dans le monde ? Comme le raconte un long article du journal américain Wired paru en 2018, le quartz du coin, issu de pegmatites, est unique au monde. Géologiquement, il comporte très peu d’impuretés et possède une structure cristallographique qui permet de le purifier encore davantage via différents procédés notamment des attaques acides. De quoi permettre à Silbeco et TQC de produire du sable de quartz ultra-pur (ou HPQ), composé d’oxyde de silicium à 99.999% pour les qualités les plus élevées.
Ce matériau, inerte chimiquement et qui ne fond pas à des températures inférieures à 1700°C, est indispensable aux producteurs de wafer en silicium, ces tranches de métal semiconducteur qui servent de substrat aux puces électroniques et aux panneaux solaires. Pour produire du silicium ultra-pur (à 99,999999999% parfois) et lui donner la composition cristalline qu’ils souhaitent, cette industrie a besoin de creusets en quartz ultra-pur. Ces récipients en forme de bols, d’un blanc laiteux, lui permettent grossièrement de fondre et de transformer le silicium métallique sans risque que les parois ne le contaminent (au cours d’un procédé dit de Czochralski).
Des stocks suffisants
C’est pour cette étape vitale que le quartz de Silbeco et TQC est sans rival ou presque. Selon Bloomberg NEF, les deux usines actuellement à l’arrêt produisent autour de 20000 tonnes par an et sont à la source de l’ordre de 80% du marché actuel, qui alimente notamment le solaire pour des questions de volume. D’où un certain alarmisme, puisque sans creusets, ce sont toutes les industries des puces et du photovoltaïque qui seraient contraintes de s'arrêter. Nous n'en sommes pas encore là : l’existence de stocks de quartz, creusets et wafer devrait alléger le choc à court et moyen terme, notent les industriels du secteur.
«Nos fournisseurs de creusets ont assez de stocks pour répondre à nos besoins. La chaîne d’approvisionnement est assez résiliente pour faire face à une perturbation», a ainsi affirmé le géant taïwanais des puces TSMC auprès de BNN Bloomberg. «Notre compréhension est qu’il existe suffisamment de stocks de sécurité dans la chaîne d’approvisionnement pour atténuer les risques à court-terme. Qui plus est, Siltronic maintient ses propres stocks de sécurité de matériaux à base de quartz pour amortir les fluctuations de court-terme», precise aussi l’allemand Siltronic, un grand fabricant de wafers en silicium, dans un message à l’Usine Nouvelle.
«Cette histoire a pris une importance démesurée. Les stocks vont supporter l'industrie jusqu'à ce que les mines rouvrent, ou que la production de quartz synthétique augmente», réagit aussi Jenny Chase, analyste chargée du solaire chez Bloomberg NEF dans un message électronique à L'Usine Nouvelle. Le groupe Mitsubishi, par exemple, peut déjà produire du quartz analogue à celui de Spruce Pine, mais «avec des coûts significativement plus élevés et une capacité limitée», note l'analyste. D'autres entreprises, en Chine (Jiangsu Pacific Quartz) et en Russie (Russian Quartz) peuvent aussi produire du quartz de haute pureté, mais pas forcément de la qualité de celui de Spruce Pine.
Le redémarrage des industriels du quartz américain sera donc scruté de prêt. «La rareté du quartz haute pureté va inévitablement provoquer une hausse des prix substantielle», prévoit ainsi Oddo BHF dans une note récente. L’analyste de la banque d’investissement, qui avait déjà souligné la valeur de cette activité quartz haute pureté pour Imerys, juge que la dynamique devrait favoriser TQC, dont la raffinerie est en Norvège et peut continuer à fonctionner. Par email, TQC précise : «Quartz Corp opère au sein de chaînes de valeur longues, où tout le monde a appris durant le Covid l’importance d’avoir des stocks de sûreté conséquents. Entre nos propres stocks de sûreté à différents endroits et ceux en aval de la chaîne de valeur, nous ne sommes pas préoccupés par le risque pénuries à court ou moyen terme».
Sélectionné pour vous
La logistique complexe du combustible nucléaire passe toujours par la Russie
L'Alliance du coton européen veut approvisionner le secteur textile de l'UE
L'Europe a réussi à se passer de la Russie pour s'approvisionner en aluminium
SUR LE MÊME SUJET
- En Savoie, Ferroglobe croit dans le futur du silicium français mais craint le prix de l'énergie
- En attendant d'extraire son propre lithium, Imerys continue son recentrage vers les minéraux de spécialité
Sujets associés
Minéraux - Verre International Etats-Unis Electronique - Informatique Matière à penser
EDF Stratégie
Le PDG d’EDF, Luc Rémont, veut construire les EPR2 en 70 mois. Un impératif pour contenir le coût du nouveau nucléaire, qui oblige l'opérateur à revoir encore sa copie.
Réservé aux abonnés
22 octobre 2024 \ 05h00 / Aurélie Barbaux
6 min. de lecture
Février 2024 : Une nouvelle dynamique est lancée !
Une vingtaine de personnes engagées pour l’économie régénérative, se sont retrouvées les 1 et 2 février sur le site des Amanins, haut-lieu de l'agro-écologie fondé en 2003 par Isabelle Peloux, Michel Valentin et Pierre Rabhi.
_JON5658 1800.jpg
A l'issue de cette rencontre, ils ont décidé de lancer une dynamique collective pour donner leurs pleines puissances aux approches régénératives et de construire des Communs dédiés afin d’aider les organisations à se réinventer en profondeur :
- Etudes de cas de transformation d'entreprises vers le régénératif,
- Projets coopératifs de territoires et d’organisations,
- Bibliothèque de publications et de recherches,
- Ressources / références sur les approches régénératives (conférences, podcasts...)
Le nom de code de cette dynamique est Regen'Ecosystem.
Cet écosystème aura vocation à s’ouvrir à tous ceux qui soutiennent l’économie régénérative.
...
P25
La biologiste Lynn Margulis identifie dans les années 1960 de nouveaux mécanismes
d’évolution en supplément du célèbre couple « mutations aléatoires/sélection naturelle par
le milieu » de Darwin : la capacité des organismes à s’échanger des gènes entre eux, et
à fusionner pour créer de nouvelles formes de vie : c’est la symbiogenèse.²
...
Vers une théorie unifiée de l’esprit et la matière
En parallèle, les physiciens et biochimistes Francisco Varela et Humberto Maturana
parviennent à construire pour la première fois dans la science moderne une
compréhension du vivant unifiant esprit et matière : c’est l’hypothèse de Santiago, selon
laquelle le lien intelligence / corps est similaire au lien processus / matière pour le vivant.
Les systèmes vivants sont doués d’intelligence et créativité, y compris en l’absence de
cerveau.
Cette découverte s’articule autour de la mise en exergue de deux capacités clefs du
vivant :
● une capacité de s’auto-créer, s’auto-renouveler en permanence en recréant leurs
propres parties et en intégrant le changement, tout en gardant leur organisation
globale, dite autopoiesis.
● une capacité d’apprentissage/créativité en réaction aux perturbations de leur
milieu, aussi nommée couplage structurel, qui fait écho aux mécanismes
d’évolution décrits ci-dessus. Cette capacité est considérée comme le premier
acte d’intelligence du Vivant, et permet de comprendre l’intelligence et la
conscience comme un processus biologique.
Cette découverte permet de voir autrement la continuité entre végétaux, animaux et
humains, qui présentent une différence de degré, et non de nature, et de mieux
comprendre l’ancrage corporel de l’intelligence.
Au-delà de la thermodynamique, la transformation des systèmes vivants :
un enjeu de structures et flux d’information.
Par Rémy Bourganel
...
P27
les systèmes vivants oscillent constamment entre robustesse et degré de diversité/complexité. L’augmentation des redondances dans un système provoque plus de résilience, mais aussi de stagnation. A l’inverse, leur disparition augmente l’efficience mais aussi la fragilité du système.
...
P51
tableau synthétise la spécificité de l’approche régénérative dans le lancement d’un projet, d’une activité ... robuste ...
tableau des critères de distinctions de ce qui est régénératif de ce qui ne l’est pas dans l’usage du vivant
...
Posture relationnelle : prendre soin, co-apprendre, co-évoluer.
Posture d’artisan : approche ad hoc dans un contexte donné.
Recherche de robustesse69, de pertinence, de multifonctionnalité.
...
P63
renforce la résilience et la robustesse de l’écosystème, permettant de plus grands potentiels évolutifs, et donc de plus grandes capacités d’adaptation face au bouleversement climatique.
...
P127
équilibre entre performance et robustesse (sous-optimale)
...
...
4-Créer les conditions de l’échange et du compromis
Pierre-Alix Lloret-Bavai
Pour ce faire, générer de l’échange et la prise de décisions repose sur 3 éléments :
Cela permet de créer un espace propice à la confrontation constructive des idées et à l'accueil des différentes perspectives. Cette approche vise à enrichir la réflexion collective et à favoriser des solutions co-construites, prenant en compte les besoins et attentes variés des parties prenantes, au plus proche de la réalité terrain.
Adopter une vision large et s’adapter à son public :
Le but est de convaincre chaque partie prenante de son entreprise : il ne suffit pas simplement de se concentrer sur les personnes convaincues. Il faut réussir à toucher tous les publics même si cela signifie qu’il faut adapter les parcours à chaque individu.
Outiller les ambassadeurs :
En les formant et en les accompagnant dans leur rôle de promoteur, de simples porteurs du message se transforment en acteurs convaincants et en moteurs de la transformation. Ils sont capables de susciter l'adhésion et de mobiliser au-delà des simples convaincus.
Résumé
Kate Raworth est une économiste britannique qui s’est questionnée sur le fonctionnement et la raison d’être de notre modèle économique. Cela l’a amenée à proposer un objectif pour l’humanité : répondre aux enjeux sociaux et environnementaux du 21ème siècle. Ces enjeux sont résumés dans un schéma en forme de donut. Partant du constat que le modèle économique actuel ne permet actuellement pas d’atteindre l’objectif, elle a ensuite imaginé 7 principes pour faire évoluer l’économie vers une économie plus adaptée pour l’atteindre. Les 7 principes constituent la théorie du donut, rédigée dans un livre du même nom qui est un best-seller international depuis sa parution en 2017.
L’atelier 2tonnes a été créé en 2019 par François Laugier. Son principe est simple : simuler en groupe l’évolution des émissions de gaz à effet de serre en choisissant des actions de la transition écologique. Sa raison d’être est ambitieuse : transmettre au participant des repères sur le sujet ainsi qu’une vision positive de la transition… afin d’impulser ou de renforcer une démarche d’action positive et efficace pour la transition écologique, sociale et heureuse !
...
développement d’un simulateur web en 2020
...
sur l’atténuation du changement climatique. Nous partageons ce constat, l’approche climat seule n’est pas suffisante et une vision plus systémique de la transition nous semble indispensable
...
nous avons créé une équipe “Impact”, avec l’arrivée de Laura Moreira, psychologue chargée de la mesure d’impact, et de Jonathan Baradeau, responsable pédagogie
...
symbole qu’est le donut, issu des travaux de Kate Raworth ... les principales raisons :
- Il est nécessaire d’avoir une vision d’ensemble des enjeux écologiques pour agir sur l’ensemble de ces enjeux avec une approche systémique, cette vision est complémentaire à une approche climat concrète qui s’appuie sur les ordres de grandeur carbone
- La transition écologique est sociale par essence, mais peut et doit aussi l’être dans ses modalités d’application.
- La transition écologique a besoin d’enthousiasme et de dynamique sociale ! Nous pensons qu’un symbole complet, simple et drôle comme le donut est une arme de sensibilisation massive.
- Les enjeux de la transition restent néanmoins sérieux
Ndlr : pourquoi ce besoin de le dire !!!
...
illustrer la théorie avec 4 ensembles de thématiques (biodiversité, climat, enjeux sociaux et ressources) plutôt que d’essayer de toutes les aborder. Enfin, l’espace entre le plancher et le plafond est appelé « espace juste et sûr pour l’humanité », une appellation plus large telle qu’ « espace juste et sûr pour l’humanité et le vivant » nous semble fidèle au donut de Kate Raworth, répondre aux remarques sur la vision trop centrée sur l’humain, et tout aussi pertinente pédagogiquement.
De plus, le donut de la théorie est une boussole pour un nouveau modèle économique, qui permet à Kate Raworth de développer toute sa théorie, qui inclut une analyse du système actuel et des propositions pour le faire évoluer. Nous n’abordons pas directement ces éléments dans l’atelier (mais certaines actions ou certains apprentissages peuvent amener le groupe vers eux)
à la fois un outil théorique et un symbole populaire !
- D’un côté, le donut de la théorie du donut !
Ce donut résume les enjeux de notre siècle en 1 seul objectif : être au-dessus du plancher social en répondant aux enjeux sociaux. Et ne pas dépasser le plafond environnemental en respectant les limites planétaires.
Autrement dit, rentrer dans le donut ! Bref, ce donut donne une vision large et systémique de la transition écologique !
... excellent outil pédagogique et symbole puissant. C’est LE donut qui va CHANGER LE MONDE !
Qu’attendons-nous pour changer le monde avec lui ? - D’un autre côté, il s’agit bien de la pâtisserie américaine. Mais quel rapport avec le donut de la théorie ?
L’image populaire et inattendue du donut, accompagnée de la richesse du donut de la théorie, proposent une vision positive et inspirante de la transition écologique !
Eh oui, l’image du donut est bien surprenante pour parler de transition écologique. Et c’est pour cela qu’elle amuse et marque les esprits ! Or nous avons besoin d’images fortes pour diffuser les connaissances.
UN BUT COMMUN
des conditions de vie respectueuses des frontières planétaires ET des besoins fondamentaux.
Notre mission
Accélérer la Transition Écologique Sociale et Heureuse en impulsant ou renforçant une dynamique d’action chez les acteurs de la société pour qu’ils deviennent des acteurs épanouis de cette transition
Nos valeurs
- AMBITION
L’urgence écologique nous pousse à être ambitieux dans notre approche de la transition. - CONFIANCE
Nous croyons que l’humain est de bonne intention, et qui est prêt à oeuvre pour le bien commun de l’humanité. - INSPIRATION
Nous oeuvrons à donner l’inspiration à toutes et tous pour embarquer dans une transition enviable. Il est donc essentiel pour nous d’incarner notre raison d’être et nos valeurs, à tous les niveaux. - RELAX !
Nous acceptons que la transition n’est pas chemin tout tracé, mais un parcours sinueux avec des hauts et des bas... et que c’est bien comme ça !
240 000 personnes ayant participé à l’atelier
11 000 anims
50 pays où 2tonnes est animé
Projet à impact, animé par l’intérêt général et touchant des publics très différents, 2tonnes a fait le choix de se professionnaliser pour augmenter son impact et accélérer la diffusion de l’atelier. Pour cela, il a fallu inventer le modèle de gouvernance qui convenait le mieux à l’accomplissement de notre raison d’être.
La gouvernance s’est structurée autour de 2 organisations :
- Une Entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire, la SAS 2tonnes Compagnie, créée et dirigée par François Laugier et Pierre-Alix Lloret, qui développent l’atelier 2tonnes et gèrent sa diffusion dans un cadre professionnel (que nous appelons entre nous “La Forge”).
- Une Association loi 1901, l’Association 2tonnes, qui a pour mission de permettre l’utilisation, par le plus grand nombre, de l’outil dans un cadre bénévole (que nous appelons entre nous “Le Village”). L’association organise les ateliers Grand Public animés par des bénévoles, et fédère la communauté des anims via des évènements, campagnes, séminaires... Tous les anims peuvent être membres de l’association, et élisent en Assemblée Générale un Conseil d’Administration composée de 7 membres par vote au jugement majoritaire.
Propriétaire :
2tonnes Compagnie, SAS au capital de 1000 euros, immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 891 135 477, dont le siège social est situé au 157, avenue du Maine 75014 PARIS
TVA Intracommunautaire : FR16891135477
Responsable de la publication : Pierre-Alix LLORET-BAVAI – pierre-alix@2tonnes.org - 07 68 94 29 59
Hébergeur : Wix
MAJ du 8/9/25
Dans un monde aussi instable, la transition écologique ne peut plus être une fin en soi. Elle doit devenir un moyen de construire des collectifs et organisations robustes, capables de faire beaucoup, ensemble, pour l’intérêt collectif.