02/01/2026
Voici ma première publication sur le DATA SCIENCES MANAGEMENT co-écrite avec Olivier MAMAVI, docteur enseignant chercheur sur les systèmes d’information.
Michel SABY / Olivier MAMAVI
La transformation numérique a révolutionné la manière dont nous interagissons, mais paradoxalement, la qualité des relations humaines semble en souffrir. Malgré des outils de communication toujours plus sophistiqués, construire des liens authentiques devient un défi. Cet article explore ce paradoxe. Il examine l’impact des nouvelles technologies sur la communication et offrant des stratégies concrètes pour cultiver des relations humaines durables. En adoptant des postures telles que l’écoute pure et l’empathie, il est possible de transcender les limites imposées par le numérique et de renforcer la profondeur des interactions dans nos vies personnelles et professionnelles.
Contenu
La transformation digitale a bouleversé notre société à une vitesse sans précédent, redéfinissant les interactions humaines à tous les niveaux. Internet, les réseaux sociaux, les plateformes numériques et l’intelligence artificielle se sont intégrés dans notre quotidien, facilitant la communication à l’échelle internationale. Toutefois, malgré ces avancées technologiques, un paradoxe persiste : la construction de relations de qualité semble devenir de plus en plus difficile. Cette difficulté est préoccupante, car la qualité des relations interpersonnelles est essentielle, que ce soit dans les sphères privées, professionnelles ou dans les collaborations entre entreprises (Venter, 2019 ; Bratina, 2023).
Cet article propose d’explorer ce paradoxe et de suggérer des pistes pour le surmonter. Nous défendons l’idée que la qualité de la communication et des relations humaines dépend moins des outils utilisés que de la posture adoptée préalablement par les individus. Pour cela, nous analyserons l’impact des nouvelles technologies sur la communication, et proposerons des stratégies concrètes, illustrées par des exemples réels, pour construire des relations durables et enrichissantes.
Les impacts des nouvelles technologies
... ont révolutionné les modes de communication, offrant des opportunités de connexions mondiales. Désormais, il est possible de collaborer à distance, d’échanger des idées instantanément avec des partenaires situés à l’autre bout du monde, et d’accéder à des informations en temps réel. Ces avantages ont permis aux entreprises de s’étendre sur de nouveaux marchés, de renforcer leurs partenariats, de collaborer avec un grand nombre de personnes et de répondre plus rapidement aux besoins de leurs clients.
Cependant, ces avancées ne sont pas sans inconvénients. L’une des critiques majeures concerne l’appauvrissement des compétences interpersonnelles. L’usage excessif des technologies numériques tend à réduire l’écoute active, l’empathie et la capacité à interpréter le langage corporel. Par exemple, dans une entreprise technologique de la Silicon Valley, une étude interne a révélé que la majorité des employés préféraient échanger par messagerie instantanée plutôt que de se parler en face à face, ce qui a conduit à une augmentation des malentendus et des tensions internes. Ce phénomène, couplé à la superficialité et à l’immédiateté des échanges numériques, nuit à la profondeur des relations et à la réflexion collective.
En outre, les nouvelles technologies ont amplifié le phénomène d’infobésité, où la surcharge d’informations rend difficile la distinction entre l’essentiel et l’accessoire. Cette surabondance d’informations peut distraire les individus et nuire à la qualité des interactions, comme en témoigne un manager d’une grande entreprise de consulting qui a observé une baisse significative de la productivité lors des réunions en raison de la dispersion de l’attention causée par les notifications constantes.
Enfin, la déshumanisation des échanges, encouragée par l’anonymat des communications en ligne, peut favoriser des comportements inappropriés, tels que le harcèlement ou l’expression d’opinions extrêmes, comme en témoignent les récentes polémiques sur les réseaux sociaux où des propos haineux se sont multipliés sous couvert d’anonymat. Ainsi se pose la qualité des échanges.
La culture du lien
Quel est notre doute permanent, ce qui nous demande une attention de tous les instants que nous vivons avec les autres ? Une attention volontaire ou inconsciente ? Que va-t-il se passer face à un autre, notre conjoint, nos enfants, nos collègues, notre employeur ? La rencontre est « créative », aucune n’est semblable, non reproductible. Elle rendra heureux ou malheureux. Allons-nous alors nous poser la question du « pourquoi ces variations d’état ? » Allons-nous culpabiliser ? Penser que nous avons été maladroit voire indélicat ou, plus souvent : que l’autre n’est pas bien aujourd’hui, qu’il s’est peut-être levé du mauvais pied, qu’il a un souci, qu’il est mal luné. La réponse la plus juste ne serait-elle pas de penser que si un autre que nous l’avait rencontré c’eût été très différent. Nous pouvons alors en déduire que nous sommes « responsables ». Mais, responsables de quoi ? D’avoir réagi à l’instant T tel que nous étions alors et idem pour l’autre. A ce moment-là, nous étions face à nos vérités du moment et l’issue de la rencontre, incertaine, devenait la résultante de ce que chacun de nous apportait dans l’espace tiers que nous nommerons relation ou moins abstraitement lien.
La communication digitale se pose-t-elle la question du lien, de son existence, de sa qualité, de sa pérennité ? J’écris ou je parle par l’écran pour parler de moi et « entendre (1) » l’autre, pour échanger simplement ou pour satisfaire un besoin de faire émerger de la rencontre une idée neuve ou tout au moins qui fera lien en nous donnant envie de la pérenniser.
Comment faire exister l‘autre pour permettre une relation de qualité ? Par « l’écoute pure », car elle est la semence du lien.
La rencontre avec l’autre est une chance réciproque. Il est indispensable d’en prendre conscience. Avoir conscience que la terre arable qui nous relie est une nécessité.
Cette « écoute pure » est optimisée par le besoin de L’habitus. Se poser la question de savoir ce que l’autre reçoit de nous. Ne plus affirmer : « moi je suis comme ça et pas autrement ». Ne sommes-nous pas la dernière personne qu’il faut consulter pour nous définir ? Notre subjectivité étant, par définition, totale, s’interroger sur sa propre image est la première étape de notre démarche vers une qualité de la relation. Nous connaissons tous le langage du corps puisque nous le percevons sur les autres. Le regard, le sourire, la poignée de mains, entre autres, dégagent ou pas de la bienveillance telle que la définit Rifkin (2011) dans son livre sur la civilisation de l’empathie.
La parole vient ensuite et peut nous surprendre. Sommes-nous prêts à « l’écoute pure » définie par Fenner (2009)? Tout ce que nous dit l’autre est autant d’informations pour aller à sa rencontre. Lorsque nous prendrons la parole nous nous appuierons sur ce que nous venons d’entendre et serons capables de le reformuler avec les mots qui ont été énoncés. Quelle meilleure valorisation pour l’autre si au préalable un temps de silence a été observé ? Il permet de repenser à ce qui a été dit et que nous allons prolonger plutôt que de répondre spontanément et parler de soi. Notre réponse (de qualité), sera dans le choix de la question ouverte qui permettra à l’autre d’approfondir sa pensée et souvent de se l’expliquer à lui-même.
Aujourd’hui chacun fait la promotion de sa pensée plutôt que de s’enrichir de celle de l’autre. L’écoute, qui nous apporte un réel confort (car elle est non jugeante), va accoucher de la créativité.
Pourquoi ? Si nous prenons en compte tout ce que nous avons entendu, ce que nous répondrons sera amendé de la pensée de l’autre. Cela nous conduira, si cette attitude est partagée, à un échange productif et donc de qualité, innovant et souvent pérenne. Chacun étant « entré » dans la vérité de l’autre, nous trouvons une troisième vérité ce qui est l’objectif de la médiation des conflits.
Postures appropriées pour une relation de qualité
Pour relever ces défis, il est essentiel d’adopter des postures communicantes favorables. Ces postures, bien que simples en apparence, requièrent une discipline constante et un engagement personnel.
- Non-jugement : Cette posture implique de suspendre ses opinions personnelles et d’éviter de juger les actions ou les paroles des autres. Par exemple, lors de réunions, il est bénéfique d’encourager une écoute attentive sans interrompre les interventions des autres participants. Dans une entreprise française de services, l’adoption de cette posture a conduit à une réduction des conflits internes et à une meilleure compréhension mutuelle, favorisant ainsi la cohésion d’équipe.
- Non-sachant : Reconnaître que l’on ne détient pas toutes les réponses et être ouvert à l’apprentissage est essentiel. Un exemple concret se trouve dans une startup new-yorkaise où l’humilité a été institutionnalisée : chaque réunion débute par un tour de table où chacun partage ce qu’il a appris de ses collègues. Cette pratique a renforcé le respect mutuel et favorisé l’innovation, en valorisant la diversité des contributions.
- Non immédiateté : Dans un monde où tout va toujours plus vite, prendre le temps d’écouter et de comprendre est crucial. Une étude réalisée dans une entreprise de consulting a montré que les équipes qui prenaient du temps dans la résolution de problèmes collectifs parvenaient à des solutions plus créatives et durables. Par exemple, dans une situation de crise, un dirigeant a délibérément ralenti le processus décisionnel pour permettre à chaque membre de l’équipe de s’exprimer pleinement, ce qui a conduit à une solution collective plus robuste.
- Empathie : Selon Rifkin (2011), l’empathie va au-delà de la simple compréhension des émotions d’autrui. Il s’agit de ressentir la fragilité et la fugacité de l’existence de l’autre, et de le soutenir pour qu’il s’épanouisse. Dans un cabinet notarial, les dirigeants ont adopté cette perspective en prenant des décisions qui privilégient le bien-être des employés, ce qui a renforcé l’engagement et la satisfaction au travail.
- Ecoute : Le silence peut être un outil puissant dans la résolution de problèmes collectifs. Dans une entreprise japonaise, par exemple, les réunions commencent souvent par un moment de silence pour permettre à chacun de réfléchir avant de parler. Cette pratique favorise une écoute pure, où les participants ne cherchent pas à préparer leur réponse, mais à comprendre profondément les propos des autres. Ce silence permet également de prolonger la réflexion et d’encourager la créativité, conduisant souvent à des solutions auxquelles personne n’aurait pensé individuellement.
L’apport d’une intermédiation
Dans certaines situations, l’intervention d’un intermédiaire, qu’il s’agisse d’un outil ou d’un être humain, peut considérablement améliorer la qualité de la relation. Le médiateur, en tant que tiers neutre, facilite la communication et aide à surmonter les obstacles relationnels. Un exemple concret se trouve dans une grande institution publique où un médiateur a été nommé pour résoudre des conflits fréquents entre départements. Grâce à son intervention, les tensions ont diminué, et un climat de coopération s’est instauré.
En fait, la médiation se définit comme créatrice ou rénovatrice du lien. Elle demande une écoute pure, détachée de tout jugement, où chaque point de vue est pris en compte comme une vérité personnelle. Par exemple, lors d’un conflit entre deux départements dans une organisation à but non lucratif, le médiateur a encouragé les participants à exprimer leurs préoccupations sans crainte de jugement. Cela a permis de transformer le conflit en une opportunité de collaboration, débouchant sur une solution innovante bénéfique pour toute l’entreprise.
Les outils numériques peuvent également jouer un rôle d’intermédiaire dans la médiation. Par exemple, des plateformes en ligne permettent de structurer les échanges et de maintenir une qualité de dialogue élevée, même à distance. Dans une multinationale, l’adoption de forum en ligne a permis de résoudre des différends entre équipes situées dans différents pays, en facilitant une communication plus structurée et respectueuse.
En conclusion, bien que les nouvelles technologies aient révolutionné la communication, elles ont également introduit des défis significatifs pour la qualité des relations humaines. Cet article a exploré le paradoxe selon lequel, malgré des outils de communication toujours plus avancés, la construction de relations de qualité devient plus difficile. Pour surmonter ces défis, il est crucial d’adopter des postures communicantes telles que le non-jugement, l’humilité, la patience, l’empathie et l’écoute active. L’intégration de médiateurs, qu’ils soient humains ou technologiques, peut également jouer un rôle clé dans la résolution de conflits et l’amélioration des relations.
Les exemples concrets et les études de cas présentés montrent que ces approches sont non seulement théoriques, mais applicables et efficaces dans divers contextes organisationnels. En fin de compte, c’est par une utilisation réfléchie des technologies, combinée à des postures humaines appropriées, que nous pourrons construire des relations durables enrichissantes et toujours créatives, tant au niveau personnel que professionnel.
Bibliographie
- (1) Bratina, T. (2023). Digital Devices and Interpersonal Communication Over Time. Journal of Elementary Education, 16(4), 425-439.
- Fenner, P. (2009). La communication non-duelle : l’écoute pure. 3è millénaire. N°92. p.16-19.
- Rifkin, J. (2011). Une nouvelle conscience pour un monde en crise: vers une civilisation de l’empathie. Éditions Les Liens qui libèrent.
- Venter, E. (2019). Challenges for meaningful interpersonal communication in a digital era. HTS: Theological Studies, 75(1), 1-6.
Rapport d'information déposé en application de l'article 146 du règlement, par la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire sur l’évaluation du système dual en matière de sûreté nucléaire, garanti par l’indépendance entre la fonction de régulateur assurée par l’Autorité de sûreté nucléaire et celle d’expertise assurée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Mme Alma Dufour et M. Sébastien Rome)
Presentation de l'Assemblee nationale, du palais Bourbon, de ses membres (deputes), de son fonctionnement ...
Connu / TG le 27/06/23 à 08:41
Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?1lMvQA
...
On oublie trop souvent que de façon cruciale, les mèmes ne peuvent exister ex nihilo. Il y a des systèmes qui permettent leur circulation et leur amplification : les plateformes de médias sociaux.
...
Dans une situation où la censure ou l’exil en isolement étaient les seules options, la fédération ouvre une troisième voie. Elle permet à une communauté de participer aux échanges ou d’entrer en conflit avec d’autres plateformes tout en restant fidèle à son cadre, son idéologie et ses intérêts.
Dès lors, deux nouveaux scénarios sont possibles : premièrement, une culture en ligne localisée pourrait être mise en place et adoptée dans le cadre de la circulation des conversations dans un réseau de communication partagé. Deuxièmement, des propos mémétiques extrêmes seraient susceptibles de favoriser l’émergence d’une pensée axée sur la dualité amis/ennemis entre instances, au point que les guerres de mèmes et la propagande simplistes seraient remplacés par des guerres de réseaux.
48 minutes
Jean-Jacques… Il est peu d’auteurs qu’on aborde ainsi, par le prénom. C’est le signe d’une célébrité, inouïe à son époque, et d’une grande familiarité maintenue par Rousseau avec ses lecteurs, à travers les siècles et les pays.
Le philosophe Jean-Jacques Rousseau méditant dans le parc de la Rochecordon - Peinture d'Alexandre-Hyacinthe Dunouy © AFP / Photo Josse / Leemage
Prénom : Jean-Jacques, l'un des rares auteurs qu'on aborde par son prénom
Nom : Vous avez déjà compris qu'il s'agit de Rousseau
Naissance : Le 28 juin 1712. A Genève, d'une famille plébéienne : sa mère mourra dix jours après sa naissance.
Genève ou il commencera toutes sortes d'apprentissages : il se distinguera du groupe social des philosophes par son appartenance revendiquée au peuple.
Mariage ? Tardif avec Thérèse Levasseur après un long compagnonnage revendique. Thérèse est lingère, sait à peine lire l'heure, "elle est restée ce que l'a faite la nature".
La période heureuse : Avec Madame de Warens, rencontrée en 1728 qu'il appellera maman. Elle l'initie à l’amour à la campagne, à la musique.
La période d'ascension : Ininterrompue des années 1740 jusqu'à la publication de « La Nouvelle Héloïse » en 1761. On peut parler de lui comme d'une célébrité au sens contemporain du mot. Célébrité aussi dangereuse qu'elle est porteuse.
La période malheureuse : La condamnation de L’« Émile » en 1762 à Genève comme à Paris fait longtemps de lui un proscrit.
Il prend la figure du persécuté, voix clamant dans le désert.
Après son retour en France, les premières lectures publiques des Confessions se heurtant à un silence hostile, il est contraint de ne plus envisager que des publications posthumes : pour « Les Confessions », « Rousseau juge de Jean-Jacques », et « Les Rêveries du promeneur solitaire ».
La mort : Le 2 juillet 1778. Il est enterré chez son hôte d'Ermenonville, le marquis de Girardin, avant d'être panthéonisé en 1794.
Ouvrages de Jean-Jacques Rousseau :
- Œuvres complètes (en 5 volumes) Bibliothèque de la Pléiade
- Émile ou De l'éducation GF
- Les Confessions Folio - Gallimard
- Rousseau juge de Jean-Jacques Honoré Champion
- Les Rêveries du promeneur solitaire GF
Autres ouvrages :
- Blaise Bachofen, Bruno Bernardi, André Charrak et Florent Guénard Philosophie de Rousseau Classique Garnier
- Raymond Trousson et Frédéric S. Eigeldinger (dir.) Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau Honoré Champion
- Bruno Bernardi La fabrique des concepts : recherches sur l'invention conceptuelle chez Rousseau Honoré Champion
Le site de la Société Jean-Jacques Rousseau qui poursuit l'étude de l'œuvre du citoyen de Genève et la préservation du patrimoine rousseauiste inscrit au registre Mémoire du monde de l'UNESCO
Les invités
- Bruno Bernardi, Professeur de philosophie en classes préparatoires
- Martin Rueff, Professeur ordinaire au département de langue et littérature françaises modernes de l’Université de Genève, poète, critique et traducteur
- Florent Guénard, Maître de conférences HDR au département de philosophie de l’École Normale Supérieure
L'équipe Jean Lebrun, Producteur Audrey Ripoull, Réalisatrice Franck Olivar, Attaché de production Frédéric Martin, Attaché de production
Thèmes associés Culture Histoire philosophie Jean-Jacques Rousseau
-> https://rf.proxycast.org/8718b359-6b89-4b0e-b64e-277f136caf1e/21460-01.01.2022-ITEMA_22885730-2022F40846S0001-22.mp3
Tr:: ... rêve d'inventer un langage de la transparence, c'est-à-dire une médiation qui soit en même temps un langage de la transparence. C'est ce qui fait d'ailleurs que Rousseau est un écrivain très touchant ... la sensibilité, la raison, l'imagination, que Rousseau avait défini d'abord en philosophe ... il écrit en philosophe, langue sensible, magnifique et en même temps réfléchie, conceptuelle. Bergson, Montaigne, remarquable au 18ème. Langue oralisée. De la sensation pure à la sensibilité des sentiments. Faculté de l'âme pour Rousseau. Raison et passions interagissent constamment, non séparables. Organise sa pensée.
Terminer >18:35 ACT
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La présentation à https://chaire-philo.fr/heriter-et-prendre-soin-dun-monde-en-train-de-se-defaire/ -> https://chaire-philo.fr/wp-content/uploads/2020/03/Pr%C3%A9sentation-Alexandre-Monnin.pdf à https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?esXHeA dont
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- page 33 tech zombie / tech vivante ++
- page 35 « Techniques du naturer »
- p 38 n gérer l’anthropocène
- p 40 Hériter et prendre soin du monde organisé - Le projet Closing Worlds
- p 41 Fermer l'avenir
- P 42 INVESTISSEZ DANS LE DERNIER INVESTISSEMENT
Diego Landivar : diegolandivar@gmail.combat
Alexandre Monnin : aamonnz@gmail.com - p 44 Futuration / Défuturation
- p 45 Undesign
- p 46 Hériter : deux directions : de l'existant - de ce qui n'existe pas encore
- p 47 CLIENTS : soutenir les patrons effondrés ; accompagner les organisations qui planifient leurs fins ; des terrains à fermer
- p 48 Une enquête en cours
- p 49-53 SCÉNARIOS ET FONCTIONNALITÉS : TABLEAUX
- P 55-65 Les communs négatifs
- p 56 Définition proposée avec Lionel Maurel
- p 66-69 Communs négatifs et pharmaka (ndlr : =pharmakon ?)
- p 70 La « mutabilité des communs » - dimension conflictuelle
- p 71 Designer les communs négatifs ?
- p 72 Conclusion - Que faire ?
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Connue / https://twitter.com/aamonnz/status/1237819846601007104
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Conversation Alexandre Monnin @aamonnz
"mon intervention", au @LeCnam, le 26 février dernier, dans le cadre de la la chaire @hospiphilo
1/2 - 8:17 PM · 11 mars 2020·Twitter Web App
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Transcription : ... dualité ... effet rebond ... c'est maintenant qu'il faut arrêter d'émettre de l'énerge ... pas le moment de semer des graines ex la fusion ... temps qui dramatise la question de l'action. Comment atterrir, où atterrir ?
Le monde organisé selon SAP (Leader des logiciels de gestion de multinationale) est un cliché / hhenry Mintzberg théorie des organisations ; thibaut Le Texier. Nous sommes dans un monde d'entreprises.
le devenir organisation du monde. opposer les organisations aux institutions, ce n'est pas la même chose. institutions dégradées en organisations.En sortir. Replacer des enjeux cosmologiques. /design maintenir l'habitabilité du monde pour les humains ) LE projet. Couplage entre design et organisations. Principes organisateurs du monde par les orgas. Rodolphe Durand. Pierre Montebello. ... Le manager manipule le groupe humain pour une efficience. Alors que :
- bruno latour /système d'engendrement : ... l'agir avec pour aller vers le commun ...pluraliser la technique now tech zombie / tech vivante basée sur du renouvelable. /livre techniques du naturer ... worldmaking (la fabrique du monde) comme les champignons donc design non humain.
/anthropocène brèche cosmologique dans les organisations. les orgas produisent de la désorganisation. crise ontologique ... sciences de gestion, science fondamentale, mais anthrorpocentrée. un mond humain devenu inhumain. Socialité des agencements ... couper distinction humain/non humain. sources théologiques de l'orga !
Pr closing word : hériter, prendre soin du monde organisé. BPI -> bp de désinvestissement. /brexit : londres symbole de la mondialisation ; comment hériter de ses ruines ? défuturation produite / Le design .... /habitable ... /objets connectés innov d'il y a >30 ans arrivent en étant obsolètes ++ /objets riches en services => >>q d'énergie => objets pauvres en services !
/undesign design non progressiste : le soutenable ...ya des survivances du passé
/Hériter : de l'existant pour la désaffecteret la réaffecter ou atterrissage par paliers ; de ce qui n'existe pas encore. destauration ne pas faire advenir une idée devenue obsolète
/patrons effondrés accompagner pour planifer leur fin
imposer une planification écologique car ex une planète à 4°C est inassurable ; la décroissance devenue le principal horizon d'optimisation financière .../stations de ski déjà 168 désaffectées. c'est donc dès aujourd'hui.
ne plus opposer nature et culture. les alpes s'effondrent. fabr de ski se lance dans le streetware, secteur aussi affecté ! sic
/boussole stratégique pour les orgas dans l'anthropo
un monde à reprendre ; une finitude qui approche ; désinnovation/désinvestissement (divest)
Matrice Mc Kinsey révisée -> prendre en compte la réalité de l'anthropocène dans la grille de gestion actuelle
À l'opposé de SAP !
enquêtes, veilles sur des actions, proposer les leviers qui font défaut, inventer
/obsolescence programmer lutter ? si pas d'effets de bord
Un ordiphone ne sera jamais durable. numériser la carte vitale = injonction contradictoire.
Programmer l'obsolescence sans culpabiliser mais renoncer démocratiquement ex gilets jaunes / voiture
Les communs négatifs
politiquedescommuns.cc ++
être en rupture avec la vision bocolique
sols pollués, infrastructures en déserrence, rivières polluées etc
avoir typologie : vivre sans communautés de non usage ;réinterroger
vivre avec de nouvelles réalités ex terrils de loos en goère lieu de mémoire refuge de biodiversité exemple de redirection démocratique.
vivre avec autrement : naturer autrement, autres techniques ex hors antibiotiques /bactéries sinon tragédie du commun négatif
diplomatie pour vivre avec els bactéries
type de négativité ex immédiate déchets nucléaire
zones d'exclusion /pesticides / numérique
...
mécanismes de compensation niet
/externalités les intégrer dans le fonctionnement quotidien
pharmaka de stiegler
poison/remède puissance curative ou destructive ambivalance de la tech socialisation suppose de la prescription
discutable : pb d'usage ex /pétrole trajectoire proliférante
pbt de prohiber un pharmakon ex le nucléaire
2 usages : se mithridatiser ; remède puis poison ; la logique du pharmakon a donc été celle du capital
darren dochux ? escatologie percer le sol libère la mort ex pétrole
Les communs sont aussi des uncommuns ex le numérique
dimensions conflictuelles => luttes
un design plus qu'humain
que faire ?
ouv master en sept 2020 faire discuter des gens de toutes disciplines ++
0 - ... un monde dit « moderne » bâti sur le modèle impérialiste qui prend en partie ses racines dans le patriarcat. Cette forme nourrit une relation duelle entre dominants et dominés.
Ce modèle a engendré des organisations centralisées, pyramidales et hiérarchiques. ... créent des systèmes déresponsabilisant, culpabilisants, parfois violents, pour certains et une façon démesurée de valoriser l’égo pour d’autres. C’est un modèle construit sur la peur. => confiance ...
Sortir des rapports dominants-dominés
... le pouvoir d’agir reprend sa place afin de s’extraire de sa position de victime ou de persécuteur. Le pouvoir est une face d’une pièce, dont l’autre est la responsabilité.
Une gouvernance en trois dimensions
Le fantasme du tout horizontal qui est une façon de faire opposition au tout vertical du modèle dominant peut induire une forme d’égalité dogmatique où tout devrait être décidé par tous. Le tout horizontal devient alors un dictat qui réinstalle en polarité les écueils du tout vertical. On remplace l’autoritarisme d’une personne par l’autoritarisme du groupe, c’est-à-dire que rien ne peut se faire sans son accord.
La dimension verticale en gouvernance partagée est assumée, souhaitée et entretenue. -> saine verticalité rendre à l’individu sa capacité à exprimer sa souveraineté, sa créativité singulière, sa différence, son talent.
... La dimension de la profondeur est cet espace sensible que nos organisations classiques ont mis de côté, voir considéré comme tabou ... Enfin, changer la culture du conflit stigmatisé comme négatif vers une vision du conflit fécond, qui quand il est accueilli et géré est source de croissance nous ouvre les portes vers la maturité du groupe et donc son efficience.
Le chemin autant que le résultat
...
Une raison d’être évolutionnaire
... passer d’un paradigme du prévoir et contrôler, à un paradigme du ressentir et ajuster ... Si nous interagissons et produisons radicalement autrement, peut être produirions nous autre chose, vers d’autres objectifs ?
... revisiter l’ensemble de notre façon de penser la société
Article paru dans la revue Alternatives non-violentes N° 191 I juin 2019
L’art de partager le pouvoir, Nouvelles gouvernances
Ndlr :
- Le changement de paradigme (passer du prévoir&contrôler au ressentir&ajuster) colle formidablement bien avec celui du changement d'ère géologique, l'anthropocène donc PLPDLA ! Valoriser ACT
- cette "saine verticalité" coconstruite peut être qualifiée de "VERTICALITÉ ASCENDANTE", contrairement à la verticalité descendante traditionnelle. Dans les cas où les deux coexistent dans une organisation, si elles ne sont pas articulées, il y aura des problèmes ! Constat que l'on peut faire dans de nombreuses organisations actuelles... Valoriser ACT
On ne peut pas contester la filière nucléaire française. C’est le constat fait par l’auteur de cette tribune, qui raconte comment les opposants — dont lui-même — au projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo, dans la Meuse, connaissent quotidiennement les pressions policières et des condamnations autoritaires.
... Face à l’ordre atomique, la neutralité serait une caution du pouvoir. On ne peut rester insensible à la désertification de ce territoire et à l’avancée inexorable du monstre nucléaire. On ne peut rester neutre face à l’obscénité politique qui impose ce projet.
Gaspard d’Allens est opposant au projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo. Il est aussi journaliste — il travaille notamment avec Reporterre — et écrivain, coauteur de Bure, la bataille du nucléaire et de Les Néopaysans, tous deux aux éditions Le Seuil-Reporterre.
...
Les dérives autoritaires se répandent comme une marée pestilentielle
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Je rappelle que la propriété du bois est contestée. Qu’un flou juridique plane sur cette forêt et que l’Andra a été condamnée pour avoir effectué des travaux illégalement. Je m’étais ainsi opposé à l’arrivée d’une pelleteuse, le 23 janvier 2017, en me mettant symboliquement devant elle. Un journaliste de France 3 était là pour filmer. Où se trouvait la violence ? Une opposante a été molestée par des vigiles. Sa plainte, classée sans suite. Les bulldozers ont rasé des cabanes alors que les occupants n’étaient pas encore expulsables… Que fait-on du droit, de la légalité ? En février 2017, le tribunal administratif allait juger que l’Andra n’était pas propriétaire du bois…
...
La filière nucléaire n’accepte pas la contestation. Et c’est quand on lui donne de la visibilité qu’elle déploie toute sa violence. Qu’elle écrase, qu’elle atomise. Je sais que c’est pour cette raison que je suis ciblé, ce jugement pour entrave n’est qu’un prétexte pour nous intimider et nous faire taire.
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Dans l’opposition à Cigéo, une militante historique de 60 ans s’est retrouvée en garde à vue pendant 50 heures au début de l’été. Un maraîcher a eu un procès pour avoir transporté un opinel et une pelle à tarte dans son camion. Le 20 juin 2018, notre avocat a été interpellé, mis en garde à vue et son cabinet fouillé. Une association de malfaiteurs plane sur la tête des opposants. On compte au total une cinquantaine de procès, deux ans de prison ferme cumulés, 26 interdictions de territoire…
...
Comment se fait-il qu’un sujet aussi majeur soit autant invisibilisé ? Comment se fait-il que l’État ait distribué plus d’un milliard d’euros dans la région avant même l’existence légale de ce projet ? Comment se fait-il que les bilans du débat public en 2005 qui concluaient à la nécessité d’un stockage en surface n’aient pas été respectés ? Comment se fait-il qu’on ne parle jamais des deux travailleurs morts au cours du chantier ? Comment se fait-il que l’Andra offre aux notables du coin des parties de chasse dans de magnifiques domaines forestiers ? Pourquoi organise-t-elle des sorties scolaires dans son laboratoire ? Comment se fait-il que le conseil municipal de Mandres-en-Barrois ait voté l’échange du bois Lejuc avec l’Andra en 2015 alors que la population s’était prononcée contre ?
Je ne veux pas vivre le journalisme de manière désincarnée et hors-sol.
... Cigéo vise à enfouir le problème plus que les déchets, à 500 mètres de profondeur, dans le déni et l’hypocrisie.
...
L’État, après avoir séparé les individus les uns des autres par sa politique néolibérale, voudrait maintenant séparer les individus en eux-mêmes. On ne pourrait pas être avocat et militant, journaliste et opposant. Il faudrait choisir. Se couper en deux, faire de nous des êtres atrophiés, des « hommes unidimensionnels », comme l’écrivait Herbert Marcuse.
Je refuse cette mutilation. Je suis autant journaliste qu’opposant au projet Cigéo. Cela ne rend pas moins légitime mon discours. Chercher une vérité qui se donne dans un quotidien plus qu’elle ne s’objective. Que je me retrouve aujourd’hui devant la justice ne m’inquiète pas. Je continuerai mon travail.
Ce qui me fait peur, c’est que nous sommes tous incarcérés dans une société nucléaire qui impose son pouvoir comme jamais un tyran n’y était parvenu. 24.000 ans, c’est la demi-vie du plutonium 239. Un fardeau dont chaque génération héritera, sans possibilité de s’en délivrer.
Alors, que dire face à la justice qui essaye de nous mettre dans des cases, de nous transformer en malfaiteurs ? Que dire si ce n’est que nous ne partageons pas le même monde, le même langage ? Les mêmes espérances.