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Olivier Bouba-Olga Economiste, professeur des universités à l'université de Poitiers
Les élections municipales 2026 ont rappelé à quel point les enjeux locaux font l’objet de batailles politiques importantes. A un an de l’élection présidentielle, nul doute que les dynamiques territoriales feront de nouveau l’objet de discours et de stratégies politiques.
Les campagnes abandonnées ? Les villes favorisées ? Ces grilles de lecture binaires, régulièrement mobilisées, méritent d’être mises de côté au profit d’autres types d’analyses, plus complexes, mais indispensables pour comprendre les vrais besoins des différents territoires français, explique l’économiste Olivier Bouba-Olga, dans cet entretien accordé à L’Economie politique, revue trimestrielle éditée par Alternatives Economiques en partenariat avec l’Institut Veblen.
L’analyse des « territoires » fait couler beaucoup d’encre, chez les universitaires, les administrations, les commentateurs politiques… Mais elle est souvent réduite à des catégories comme rural/urbain ou « France périphérique ». Quelles catégories d’analyse mobilisez-vous pour mieux rendre compte de la diversité des territoires ?
Olivier Bouba-Olga : Dans l’ensemble des travaux que je mène, un point clé consiste à insister sur le fait que l’on observe des différences géographiques relativement fortes entre les territoires. Ces différences jouent à des échelles assez fines, clairement infrarégionales et même infradépartementales. Or, on a parfois tendance à appliquer des grilles de lecture ou des cadres d’analyse trop simplifiés.
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l’opposition entre métropoles et France périphérique, portée par Christophe Guilluy1, qui s’inscrit d’ailleurs dans un schéma d’analyse plus large. D’un côté, certains discours ont mis en avant les vertus de la métropolisation, présentée comme un horizon indépassable de la croissance, avec l’idée que tout le monde en bénéficierait par ruissellement. De l’autre, Christophe Guilluy a insisté sur ce qu’on pourrait appeler le « côté obscur », en mettant en avant l’opposition entre métropoles et France périphérique, et les territoires qui souffriraient de cette dynamique.
« La grille de lecture métropoles/France périphérique a été reprise par l’ensemble de l’échiquier politique. Cela pose un problème majeur »
Cette opposition binaire est beaucoup trop caricaturale. Elle oppose deux catégories très englobantes de territoires – les métropoles d’un côté, la France périphérique de l’autre – sans rendre compte de la complexité réelle. Il existe par exemple une forte hétérogénéité au sein même des métropoles et des grandes villes, mais aussi au sein du monde rural.
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D’une part, je suis convaincu que toute action découle des représentations du monde. D’autre part, toute représentation est une simplification du monde social. La question n’est donc pas d’éviter toute simplification, mais de trouver les bonnes simplifications. Pour y parvenir, il ne faut pas trop réduire la réalité, et notamment ne pas s’en tenir à une opposition binaire entre urbain et rural, mais plutôt penser les différences entre urbain, périurbain et rural.
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introduire systématiquement dans l’analyse l’existence de ce que j’appelle des effets macroterritoriaux, à côté des effets urbain–rural. Il s’agit d’effets plus massifs, qui peuvent opposer de grandes régions, le littoral et l’intérieur des terres, les espaces de montagne, ou ceux proches des frontières du pays. Enfin, il faut toujours se poser la question de l’existence d’effets de composition sociale distincts d’effets géographiques macroterritoriaux ou urbains, périurbains, ruraux stricto sensu.
Par exemple, lorsqu’on regarde les résultats des dernières élections législatives, ou des élections européennes, on observe un vote plus élevé d’environ dix points en moyenne dans les zones rurales en faveur du Rassemblement national. Toutefois, cet écart se réduit fortement – de un à trois points - lorsqu’on neutralise les effets de composition sociale, c’est-à-dire la représentation des différentes catégories à l’échelle d’un territoire. Cet effet de composition sociale est notamment lié à la surreprésentation des catégories ouvrières dans les zones rurales.
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Ce que les gens demandent avant tout, c’est de pouvoir vivre là où ils habitent et de voir leurs besoins fondamentaux couverts : se nourrir, se loger, accéder à l’emploi, à la culture, aux loisirs, à la santé, à l’éducation. Ce sont des besoins essentiels, et le sentiment dominant est plutôt celui d’une dégradation. Mon analyse est la suivante : les habitants ont besoin qu’on leur fournisse des éléments explicatifs, qu’on leur dise pourquoi on n’y arrive pas.
Aujourd’hui, ceux qui adressent peut-être le plus clairement cette question sont les représentants du Rassemblement national, en proposant un schéma explicatif du problème. Ce schéma est, de mon point de vue, totalement erroné, puisqu’il repose sur l’idée que l’on ne parvient pas à couvrir les besoins des habitants parce que les ressources seraient accaparées par l’aide aux immigrés et/ou aux « assistés ». Il s’agit d’un schéma explicatif faux, mais qui fonctionne électoralement. A l’inverse, les autres partis politiques abordent insuffisamment ces questions.
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des situations beaucoup plus difficiles. C’est le cas, de manière générale, du grand quart Nord-Est, mais aussi de la « diagonale des faibles densités ».
Cela produit une forte diversité des mondes ruraux et urbains, selon leur région d’appartenance, selon leur caractère périurbain ou non périurbain, qu’ils se situent en montagne ou sur le littoral, le rétro-littoral ou plus à l’intérieur des terres…
Un autre point, qui est devenu central dans mes travaux récents, concerne l’ampleur du choc démographique en cours. On savait que l’on allait vers un mur écologique, mais on se dirige aussi vers un mur démographique.
Les derniers chiffres que nous avons produits montrent qu’environ 40 à 45 % des communes et 41 % des intercommunalités ont vu leur population baisser entre 2011 et 2022. La classe d’âge qui diminue le plus est celle des jeunes. Si 41 % des intercommunalités perdent des habitants au total, ce sont environ 80 % des intercommunalités qui enregistrent une baisse de la population des moins de 30 ans tandis que toutes connaissent une augmentation des 60 ans et plus2.
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cela exacerbe clairement la concurrence territoriale. Si la population baisse, les ressources diminuent. Donc, pour maintenir ou augmenter leurs moyens, les collectivités cherchent à faire croître leur population. Cela pose une question particulièrement complexe : pourrait-on, ou non, décorréler les ressources financières du nombre d’habitants ?
Cette concurrence a des conséquences très concrètes. Les territoires se font concurrence pour attirer des médecins, parfois avec des dispositifs qui peuvent devenir délétères. Les effets sur la démographie scolaire sont également très forts. Tous les territoires cherchent à attirer des habitants pour éviter la fermeture des écoles. Or, cette stratégie est vouée à l’échec pour la quasi-totalité d’entre eux.
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réfléchir à ce que l’on fait face à cette situation. Faut-il fermer des écoles ? Si l’on ne veut pas le faire, comment s’organise-t-on ?
Mon point de vue est qu’il faut sortir d’une logique exclusivement centrée sur l’attractivité, qui est devenue inopérante pour de nombreux territoires. Il faut se recentrer sur les besoins fondamentaux des habitants et réfléchir à la manière d’y répondre de façon intelligente, en les associant aux décisions. Cela implique un changement de perspective. Si ce changement n’a pas lieu, le ressentiment continuera de croître, avec des conséquences politiques évidentes.
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deux grandes approches. La première consiste à dire que tous les territoires ne pourront pas s’en sortir, et qu’il faut donc favoriser la mobilité des populations, en aidant les gens à se déplacer vers les territoires qui se portent mieux.
Toutefois, il existe de nombreux travaux de recherche montrant que les gens sont très attachés à leur territoire. Et la mobilité géographique reste globalement faible. Si l’on regarde les cartes, les territoires qui connaissent des dynamiques positives sont peu nombreux : certaines grandes villes, le littoral. Se pose alors un problème de faisabilité. Que signifierait concrètement dire aux habitants du grand quart Nord-Est d’aller s’installer à Bordeaux, Rennes ou Nantes ?
La seconde approche consiste au contraire à dire que ce n’est pas la solution, et qu’il faut aider les territoires là où les gens vivent. Je serais plutôt enclin à défendre cette perspective. Avec le développement du télétravail et les évolutions technologiques, il faudrait peut-être repenser la question de la localisation des emplois. Peut-on les déconcentrer davantage, pour les rapprocher des lieux où vivent les populations ? Certaines villes commencent à réfléchir à ces questions.
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je suis chercheur mais que je travaille désormais au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Le discours que nous portons, notamment au sein des services régionaux, vise à passer d’une logique d’attractivité à une logique d’habitabilité territoriale : il s’agit de penser la couverture des besoins fondamentaux des habitants dans le respect des limites planétaires.
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« dilemme du prisonnier » : même s’il y a un accord sur le diagnostic, chacun se dit que tant que les autres continuent à jouer le jeu de la concurrence, il a intérêt à faire de même. On observe quelques évolutions ici ou là, mais elles restent limitées.
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double objectif de justice sociale et de sobriété écologique ... documenter la situation
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identifier où se concentrent les difficultés sociales – chômage, niveaux de revenus, accès à la santé, à l’enseignement – mais aussi les vulnérabilités environnementales : biodiversité, risques naturels et technologiques, exposition aux aléas climatiques.
En croisant l’ensemble des typologies et des travaux que nous avons produits, nous commençons à identifier des territoires cumulant ces fragilités. En Nouvelle-Aquitaine, sur environ 150 intercommunalités, une quinzaine à une vingtaine apparaissent comme particulièrement exposées.
Outre les effets du changement climatique, les besoins fondamentaux des populations changent sous l’effet des évolutions démographiques comme le vieillissement de la population ou encore la baisse de la démographie scolaire.
Une fois les besoins des populations identifiés, il faut réfléchir à la manière de mobiliser les ressources déjà présentes sur le territoire pour les couvrir en faisant œuvre de sobriété. Par exemple : la démographie scolaire pourrait inciter à fermer écoles, collèges et lycées, sauf si on se dit que ce sont des ressources territoriales que l’on peut remobiliser pour d’autres publics (enjeux de formation tout au long de la vie) ou pour proposer d’autres usages (mobilisation des machines par les entreprises locales, des internats pour les besoins des travailleurs saisonniers, etc.). La tâche n’est pas facile, de nombreux freins organisationnels ou juridiques existent, mais il faut les identifier et tenter de les lever.
Je plaide donc pour des approches très pragmatiques, territorialisées, qui partent des situations concrètes et permettent de penser des réponses adaptées
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des signaux faibles, notamment dans les discours de certains habitants, qui disent, par exemple s’être installés dans la Creuse en se considérant comme des « réfugiés climatiques ». Mais, en parallèle, on observe d’autres signaux totalement contradictoires. Par exemple, cela ne fait absolument pas bouger les prix sur le littoral. Alors même que le recul du trait de côte, la montée des eaux, sont bien documentés, ces risques ne sont pas intégrés dans les prix immobiliers.
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Du côté des acteurs publics, la situation est très variable. Beaucoup se sentent démunis et ne savent pas vraiment comment agir. C’est extrêmement complexe, car il faut penser les enjeux de façon systémique et mener des actions coordonnées. Il n’y a pas de solution magique, sans coût.
C’est pour cela que j’estime que notre rôle est de produire de la connaissance pour aider à penser cette complexité. Et, du côté des responsables politiques, il y a un enjeu fort à proposer des récits mobilisateurs capables d’intégrer cette complexité du monde.
La version intégrale de cet entretien est à retrouver dans le numéro 109 de L’Economie politique consacré aux « communes sous pression ».
Propos recueillis par Wojtek Kalinowski et Madeleine Péron
- Auteur de La France périphérique, Flammarion, 2014.
- « Croissance de la population : une dangereuse obsession », par Olivier Bouba-Olga, BelvedeR n°14, octobre 2025, p.11-13 ; Région Nouvelle-Aquitaine, « Evolution de la population par tranches d’âge », carte du mois, novembre 2025.
Ndlr : est-ce synonyme de "développement endogène" / "exogène" ?
Je comprends de https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?k1SFMQ que non.
Valoriser :
- récits
- prise en compte de la complexité, questionner le simplisme
- habitabilité des territoires / besoins fondamentaux des habitants / gouvernance par les besoins ?
- ???
La rivière Whanganui en Nouvelle Zélande a obtenu le statut de "personne" en 2017.
39 min
L'émergence des droits de la nature marque un tournant historique dans notre relation au vivant. Mais imaginer défendre en justice un fleuve ou une rivière, comme une personnalité juridique, relève-t-il de la fiction ou d’un futur à envisager pour pallier les limites du droit de l'environnement ?
Avec Camille de Toledo Écrivain
Camille de Toledo publie chez Verdier un petit texte intitulé L'international des rivières, un récit de l'avenir. Il s'agit d'une **fiction spéculative, juridique et politique qui se projette dans les décennies à venir en imaginant une rivière d'abord exploitée, asséchée, entravée par des barrages et qui obtient un jour le statut de personne juridique grâce à une loi. L'auteur fixe l'action le 25 juin 2035. Camille de Toledo explique qu'il a connu un enjeu fort d'écriture adossé à un travail de recherche : "Il y a une sorte de pari de toute façon de la fiction, qui s'adosse en vérité à autre chose qu'un strict regard sur la politique et les équilibres politiques en France – la difficulté qu'on a depuis maintenant 30-40 ans à penser l'avenir autrement que sous la lumière de l'apocalypse."
Les débuts de la personnification juridique
L'idée que des entités naturelles puissent se défendre en justice trouve sa source moderne en 1972 avec le professeur américain Christopher Stone. Dans un article dont le titre "Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ?" est déjà en soi une révolution ontologique pour l’époque, il propose d'accorder le statut de personnalité morale aux entités naturelles pour contrer des projets industriels dévastateurs.
Camille de Toledo explique le problème qui se pose alors : "Les entités naturelles sont considérées comme des objets, donc elles n'ont pas intérêt à agir, donc elles ne peuvent pas aller en justice. Comment est-ce que j'organise le monde pour que des arbres puissent aller en justice ? Il faut sans doute que je leur donne la qualité de sujet de droit. Et à partir de là, cette idée fait sa traversée du désert, jusqu'à ce qu'elle retrouve des communautés habitantes au début du XXIe siècle qui se demandent comment défendre leur sol, leur sous-sol, leur montagne, leur vallée, leurs arbres, leurs rivières. Et c'est par le biais d'une grande organisation environnementale américaine qui s'appelle le CELDF, que la parole et l'idée de Stone va trouver des cas pratiques."
Cette idée a ressurgi ensuite au début des années 2000, portée par le constat de l'échec des politiques de développement et des grandes conférences internationales. Le mouvement s'est alors concrétisé par des étapes juridiques majeures comme l’intégration des droits de la Terre-Mère dans la Constitution de l'Équateur en 2008, puis la personnification juridique du fleuve Atrato en Colombie et de la rivière Whanganui en Nouvelle-Zélande en 2016 et 2017.
Par ce que Camille de Toledo qualifie de "pollinisation du droit", le phénomène finit par atteindre l'Europe vers la fin des années 2010 avec d’une part l’obtention des droits d'une personne par la lagune de la Mar Menor en Espagne suite à une mobilisation citoyenne massive, et le lancement du projet du Parlement de la Loire, en France, qui vise à imaginer un cadre législatif où le fleuve pourrait être représenté et ses intérêts défendus face aux pressions anthropiques.
À écouter
Le collectif "Vers un parlement de Loire" publie une lettre ouverte pour les futurs élus
Plus de temps à perdre, ICI Touraine
8 min
Les enjeux du statut de "personne écologique"
L'attribution d'une personnalité juridique aux entités non-humaines vise à dépasser les limites intrinsèques du droit de l'environnement classique. Camille de Toledo soulève que ce dernier, né dans les années 70, est critiquable pour sa vision "écopaternaliste" où l'humain reste le seul décideur et la nature un simple objet de compensation ou de réparation. À l'inverse, le droit de la nature reconnaît que les écosystèmes ont des intérêts propres qui doivent exister dans le débat sociétal.
Devenir une personne écologique permet à une rivière ou une forêt de participer à des arbitrages juridiques et économiques. Une révolution juridique entraîne une redéfinition radicale de notre vision économique dans laquelle la nature n'est plus un simple actif à maximiser, mais un "corps travailleur" qui déploie une énergie produisant de l'habitabilité (par exemple, l'énergie hydroélectrique ou la régulation climatique). Sur ce postulat, tout devient imaginable ! Si la nature travaille et produit de la valeur, elle devrait pouvoir prétendre à une forme de rémunération, ces revenus permettant aux entités naturelles d'acquérir une autonomie financière pour payer leurs propres actions en justice et financer leur propre régénération.
À écouter
L’Initiative pour l’Avenir des Grands Fleuves
Chroniques littorales
France Inter
4 min
La fiction comme outil de transformation des institutions
L'utilisation de la fiction dans le domaine du droit n'est pas inédite : le capitalisme lui-même repose sur la fiction juridique de la personnalité des entreprises. Dans son approche, Camille de Toledo utilise la fiction non pas comme une évasion, mais comme une "stratégie pragmatique" pour rendre pensables des transformations autrement inaccessibles. Son ouvrage, L’Internationale des rivières paru aux éditions Verdier est un "récit de l'avenir" visant à accompagner la métamorphose de la société. La fiction se met ainsi au service d’une projection dans laquelle un narrateur propose ses doutes, créant pour le lecteur un espace de réflexion. Un soulèvement légal et littéraire dont l'objectif est de bâtir une internationale des rivières capable de garantir la pérennité d'une Terre habitable pour tous les vivants.
-> Pour en savoir plus, écoutez cette émission...
À LIRE : "L'internationale des rivières" aux éditions Verdier
Camille de Toledo : "Ma principale école, ça a été les deuils et les traumas"
La 20e heure
France Inter
50 min
Tr.: ...
Comment changer les fictions ? ... les gratitudes, qu'est-ce que l'on doir au monde ? Reversion à une personne naturelle ... épuisement y compris du monde ... Corse ... déclaratif repris et monte dans la hiérarchie des normes ... système comptable, forme de démence ... inconscient terrestre ... que les défenseurs du vivant ne soient plus reconnues comme terroristes ... soulèvements de la terre ... chamanisme ... Loire, 12 réacteurs nucléaires ... rapports de forces ... des droits et des moyens pour se défendre ...
Ndlr : pas de référence à la notion de Commun ? ACT
Marchandiser la nature ne maintient-il pas le capitalisme (Mathieu Vidard lui fait d'ailleurs remarquer) ? ACT
Diffusée en direct le 9 juil. 2021 / Agora du Festival des Idées à La Charité-sur-Loire - 274 vues - 1 - 0 - 76 abonnés - 0 commentaire
avec Frédérique Aït-Touati, Cécile Duflot, Fabrice Humbert, Edwy Plenel,
animé par Claire Lejeune
Lieu : Agora du Prieuré
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Cécile Duflot : Remettre des faits, donner à penser, chacun peut construire son propre récit politique. Ouvrir le temps de l'honnêteté et de la franchise++
Edwy plenel : un autre imaginaire politique possible ? égalité fonde la gauche. Un imaginaire politique adverse s'est imposé de l'inégalité naturelle. Nous, c'est le déplacement. Dionis Mascolo résistant /mot gauche : la droite est fait d'acceptation, la gauche de refus d'une limite établie. à droite, réel intangible. La gauche est ce mouvement. Oubli de cette dialectique. C'est dans les luttes, etc. Injustices, discriminations, inégalités. Le pb, l'isolement, donner des leçons à la société qui invente. Ex Jeunesse à Redon, dans les quartiers populaires. La gauche défend un état non fermé. Une politique qui se ressource en permanence. La q écolo est imaginaire calqué sur nos organes. Verticalité fr. entraide, organes bougent. Un imaginaire qui nous libère. Conquêtes par le lien avec la société.
sérieux, vérité, la cacher par des idéologies mensongères, levier numérique du règne de l'opinion, ennemie de l'information. Il faut une fiction pour rendre invisible. Quelle dynamique peut mobiliser ? Horizontalité d'écoute, de coconstruction. Revenir au moteur de la démocratie : l'égalité.
Q
Tableau de Chagal triptique "résistance, r? libération? Croit à la puissance des images. Montrer les interactions, d'autres manières de se relier.
Développer de nouvelles pratiques d'écoute : C.Duflot : mépris des dirigeants envers les pauvres. ex/chômeurs, etc. Pb de compréhension de la vie des gens. Le racisme régresse. Bolsonaro, Zemour, sont les géantes rouges du système, les excès absolus du système. La pandémie a ouvert 3 trappes : expérience du confinement, ya rien qui nous protège, ex de terrien, tout ce qui était impossible, devenu possible, montre l'acceptation. capacité d'adaptation. La radicalité est possible ! Besoin de confiance en nous-mêmes.
Tr.: suivi pendant un an? ... Jonathan attias et Caroline, démocratie contributive, habite en corrèze, né à Paris, a 34 ans, gare d'Austerlitz? cabane foin et argile d'ici, sans eau courante ni électricité, on a appris à fabriquer des cueillers, ce matin, on va tester le four solaire, cuisson gâteau à 150°C, ont deux enfants, rompre avec leur vie d'avant mais sans se priver, radio électrique à chargement à manivelle, permaculture, bioconstruction, l'agradation régénérer les espaces, on est arrivés avec quasiment rien d'adapté pour la vie sauvage, tout est venu petit à petit, on y est allé progressivement, on prend tout ça comme un grand jeu, répondre à nos désirs profonds, c'est un cadeau, ya un pb on nous a fait croire qu'il fallait avoir pour être heureux, en moy la moitié de ce qu'ils consomment vient de la forêt, le reste est acheté ; récupère dans les poubelles ; l'eau vient de la source, d'une résurgence pour la douche, ils ont rencontré un homme, l'hermite françois leur a appris les rudiments de la vie dans la nature ; depuis trente ans, j'ai planté 500 arbres, a construit sa cabane, vie en quasi-autosuffisance, j'ai besoin de 100 €/mois, je travaille une semaine par mois, au fil du temps a construit des cabanes, devenues un petit village, pour une nuit ou pour la vie... parcelle abandonnée récupérée mais le propriétaire refuse, cabane déplacée, Pascal éleveur de vaches vient aider par amitié pour François,
Ce qu'ils ont construit est plus que jamais en sursis.
6 mois plus tard...
pas de pluie depuis juin à septembre, les sources se sont taries, MOUVEMENT LA DÉSOBÉISSANCE FERTILE ++ desobeissancefertile.com
100 projets proposés en France, gardiens des terres,
le maire n'est pas d'accord : plaintes au procureur, arrêté interruptif de travaux, zone de solifluxion (glissement de terrain), ils ne sont pas répertoriés, enquête de gendarmerie en cours, risque expulsion, destruction des cabanes,
revendique le droit de construire une cabane et d'y habiter librement.
chanson de anne sylvestre.
Ndlr : le site -> desobeissancefertile{att}protonmail.com
Intervention au Palais Brongniart sur les nouveaux récits de l'avenir - •3 nov. 2019 / Arthur Keller
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Le 5 septembre 2019 j'ai été convié à une soirée co-organisée par Spark News et le forum Convergences, pour y donner un discours relatif à l'utilité, mais aussi aux limites et aux dangers, des récits.
Catégorie Actualités et politique 27 commentaires
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Mourad Chakouri il y a 2 mois
Nous devrions être des millions à visionner ce type de conférence inspirante, lucide et utile, mais forcer de constater que l'avenir de la race humaine et du vivant en général n'intéresse que très peu de nos congénères. Inconscient ils n'ont qu'une idée en tête, accumuler, dominer, se divertir encore et toujours. Agissons en collectif, continuons d’éveillé les consciences, et surtout faisons. le message est passer. Merci pour cette conf Mr Keller
Lucasil y a 2 mois
"Le réchauffement climatique n'est pas un problème, c'est un symptôme".
Ça fait du bien de l'entendre ;-).
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Akilab Sheep il y a 2 mois
Ouep, le symptôme d'une maladie causée par la frénésie productiviste thermo-industrielle et le néo-libéralisme.
Xavier COURTINE il y a 1 mois
Merci Mr Keller pour votre pédagogie, pour la pertinence de vos propos, pour vos analyses et votre partage à travers votre chaîne et vos conférences. Vous pouvez avoir l’impression, peut-être, parfois, de prêcher dans le désert. Non! On vous écoute, on vous entend. Le “on” c’est très modestement, ma femme, moi. Deux humains ridiculement insignifiants. On relaie pourtant votre parole et on vous encourage, vous soutient dans la diffusion de ces informations que l’humain refuse d’admettre. Courage et bravo.
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Kalki il y a 2 mois (modifié)
@Arthur Keller ! si vous lisez ce commentaire, je suis 1000000% d'accord sur le constat ou les solutions mais comme vous le précisez bien on ne peut pas s'organiser entre potes, il faut proposer des choses concrètes a échelle territoriale, donc comment faire concrètement ? envoyer des mails ou aller directement rencontrer les prefets et les maires avec cette vidéo sous la main pour les convaincre? en fait quand je pense par exemple a la ZAD de notre dame des landes j'ai l'impression que c'est un peu l'idée que vous proposez mais quand on voit la violence de l'état en réponse et qui au final l'a juste annihilée. ça me laisse perplexe.. :/ j"arrive pas a comprendre comment créer une alternative de civilisation quand la première va tout faire pour l'éteindre dans l'oeuf... ce que je veux dire c'est comment faire pour que l'État lui mÊme nous accorde le fait d"expérimenter comme vous le dites pour l'instant c'est possible a petite échelle mais vous voyez bien que des que ça prend de l'ampleur et que ça crée un risque de perte de pouvoir aux élites, cela devient un peu plus compliqué .. enfin j'en sais rien je suis juste full déprimé j'en ai juste ras le bol de voir que ce genre de vidéos a 600 vues contre des millions dans des domaines moins prioritaires.. ce monde m'étouffe de plus en plus c'est un truc de fou, pour vous dire j'ai la chance de vivre de ma musique mais même dans ce domaine j'ai l'impression d'être en dissonance cognitive, juste le fait de devoir prendre l'avion pour aller jouer mon live au Brésil ou en Inde me fait plus du tout marrer. quand je rentre c'est encore pire car lors des quelques voyages que je fait je me rend compte encore plus qu'on est foutu.. avec toutes ces megapoles etc c'est juste insane..... bref bonne journée à vous !
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Michaël K. il y a 2 mois (modifié)
Cher Kalki,
Je partage votre constat et votre déprime... La minorité qui entend et comprend l'extrême urgence du message de cette vidéo ne peut que se sentir seule, tant le monde avance avec son lot de vacuité et de nocivité... Et je vous comprends...
Mais Il est temps de faire quelquechose... Vous n'êtes pas impuissant (ni surpuissant) ... Je ne le suit pas non plus... Mais nous pouvons agir avec ce que nous avons de moyens. Vous êtes une belle personne qui cherche un sens à sa vie et sa place... Et qui regarde le monde avec crainte. Qui pourrait vous en blâmer ?
Malgré nos réussites (et nos "échecs") nous avons tous individuellement et collectivement (à petite échelle) à réaliser notre révolution. La vôtre est en cours et elle inspire... Elle m'inspire. (déjà influencer 1 personne, vous pouvez en être fier). Continuez à influencer avec votre musique et vos vidéo (ou par d'autres façons) D'autres personnes assurément vous aiment pour d'autres bonnes raisons.
C'est la peur qui nous fait déprimer... N'ayons pas peur et soyons les bâtisseurs du futur de nos enfants. (j'ai 1 enfant de 2 ans, et moi aussi j'ai peur pour lui, pour moi et mes proches aussi, mais c'est pas une bonne chose de rester dans cette peur et de déprimer). Il faut autant que possible se focaliser avec positivisme sur l'avenir désirable que l'on souhaite pour soi et pour le monde et agir en conséquence, et passer à l'action, ... Pas facile...
Bon courage à toi, à ceux qui auront "entendu" cette vidéo et lu ce commentaire jusqu'au bout (il sont déjà courageux), bon courage à nous... Rendez-vous dans 40 ans (j'en aurai 80) pour voir si on a été efficace et résilient dans l'action. Déclin ou déclic, that's the question.
Belle journée à toi frère.
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Transcription (voir les copies d'écran associées) :
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à 13:02 "LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE N'EST PAS UN PROBLÈME : C'EST UN SYMPTOME le pb est notre civilisation. Proposer de nouveaux imaginaires pour influencer notre perception de l'avenir. ... Rétricissement des possibles. De nouveaux récits se forment, pas forcément les bons. Inspirer, vecteurs d'espoirs lucides. Le sens... La solution ne peut être que systémique, avec une cohérence protéiforme MAIS cohérent, réaliste. déclencher des réactions constructives, ya donc du travail à faire sur les récits. idéalement, intégrer :
créer un nouveau système en parallèle du 1er.
...
- Descente énergétique + matérielle, constellée de disruptions
- Pas de solutions qui ne soient systémiques
- Résilience collective digne souhaitable et organisable en coopération à la bonne échelle
- Équilibre respectueux avec le reste du vivant
- Stopper les mécanisme écocidaires (à 20:20)
- ARTICULER . Penser . Faire et . Conter ( à 20:52)
- 3 clichés en articulation : (21:09 puis 22:01 )
. PEUR => UTILE
. ESPOIR => LUCIDE
. POSITIF => INSPIRANT
22:37 QUESTION : Que peut-on faire pour vivifier notre communauté et la nature et pour tendre vers l'autosuffisance territoriale ?
RÉS!STANCE
...
22:50 ce monde n'est qu'une machine d'aliénation du vivant. Entrons en RÉSISTANCE ! ... aUJOURD'HUI, C'est là qu'on est, à la croisée des chemins : c'est le déclic ou le déclin
nDLR : contacter Spark News et le forum Convergences et bien sûr Mr Keller ACT