Connu / [cyber-quotidien] E-quotidien du mercredi 24 novembre 2021
Rousselet Yannick a retweeté
La Presse de la Manche @LaPresseManche · 18h
Malgré des diminutions au fil des ans, @EDFFlamanville constate toujours des rejets d'hexafluorure de soufre, un gaz aux propriétés isolantes. L'entreprise cherche des solutions Flèche vers le bas @ACRO @ASN
actu.fr
EDF Flamanville en quête d’un gaz de remplacement pour diminuer ses rejets de gaz à effet de serre
Malgré des diminutions au fil des ans, EDF Flamanville constate toujours des rejets d'hexafluorure de soufre, un gaz aux propriétés isolantes. L'entreprise cherche des solutions.
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Exploitation
L’unité n°2 de la centrale de Civaux a été mise à l’arrêt vendredi 19 novembre 2021 afin de réaliser des contrôles sur des tronçons de tuyauterie du système d’injection de sécurité (RIS), à sa jonction avec le circuit primaire. Ce système contribue notamment à assurer le refroidissement du réacteur en cas d’accident avec perte d’eau du circuit primaire.
Cet arrêt programmé, qui durera plusieurs semaines, permettra de réaliser à titre préventif des contrôles par ultrasons sur certaines tuyauteries.
Il a pour origine la détection d’"indications [anomalies détectées lors d’examens par procédés ultrasons ou radiographiques, qui requièrent de plus amples investigations afin de les caractériser] de l’ordre du dixième de millimètre à l’intérieur des mêmes tronçons de tuyauteries de l’unité n°1 lors des contrôles réalisés ces dernières semaines dans le cadre de sa visite décennale.
Les études et analyses techniques excluent tout risque de rupture de tuyauteries en fonctionnement normal et ne mettent pas en cause la capacité de l’unité de production à fonctionner en toute sûreté.
Pour autant, en tant qu’industriel responsable et par mesure de précaution, EDF a pris la décision de réaliser préventivement sur l’unité n°2 les mêmes contrôles que sur l’unité n°1, sans attendre son arrêt de maintenance programmé à l’été 2022 (visite décennale).
Ces contrôles seront réalisés en étroite collaboration avec l’Autorité de sûreté nucléaire.
Sur les centrales nucléaires, le programme de maintenance préventive prévoit à chaque visite décennale des contrôles sur un certain nombre d’éléments du circuit primaire principal, qui se composent notamment d’examens systématiques sur les tuyauteries ainsi que sur leurs soudures de connexion.
Ces contrôles, réalisés en préalable de l’épreuve hydraulique du circuit primaire, ont pour objectif d’évaluer l’état des zones identifiées dans le cadre des études de conception comme potentiellement affectées par des sollicitations thermiques dues à l’exploitation normale de l’installation, en vérifiant notamment l’absence de d’amorce de défaut.
Sur l’unité de production n°1, les contrôles réalisés par ultrasons sur le circuit primaire dans le cadre de la visite décennale en cours ont mis en évidence des "indications" (de l’ordre du dixième de millimètre) représentatives d’amorces de défauts ou d’artefacts.
Ceux-ci sont localisés sur les soudures des quatre coudes du système d’injection de sécurité (circuit RIS), à sa jonction (quadruple, pour quatre boucles distinctes) avec le circuit primaire.
Connu / https://twitter.com/86Greenpeace/status/1462174189947961353
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Greenpeace Poitiers @86Greenpeace La Vienne sort du nucléaire !
Le retour à la bougie est programmé au minimum jusqu'à la fin de l'année.
#Viennne #Civaux #ÉnergieNucléaire #ÉnergieIntermittente #Pannes #Maintenance
Explications ...
10:41 PM · 20 nov. 2021·- 2 Retweets 1 J'aime
La visite décennale de la tranche 1 dure 6 mois environ : normal pour une énergie intermittente qui marche sans vent, jour et nuit. Les tuyaux du primaire de la tranche 2 doivent être vérifiés: ...
... plus de nuage de vapeur au-dessus des tours de la Centrale jusqu'à la fin de l'année.
ET
Au passage la beauté d'une centrale nucléaire dans le paysage par rapport à des éoliennes...
#Civaux #CentraleNucléaireDeCivaux #Vienne #ÉnergieIntermittente #ÉnergieNucléaire #Nucléaire
... normal, ils sont en exclusion de rupture, donc, ne pas faire d'impasse et reprendre les soudures si nécessaire. Mais on n'a pas encore de détails sur les faiblesses éventuelles.
Bilan : Civaux à l'arrêt total pour 6 semaines au moins. ...
... Le CNPE nous informe que le réacteur 2 va être mis en arrêt en fin de semaine pour un contrôle préventif sur certains tronçons de la tuyauterie du circuit PRIMAIRE. Cet arrêt durera au moins jusqu'à la fin de l'année. ...
... Comme le réacteur 1 est à l'arrêt pour visite décennale et qu'il ne sera reconnecté vraisemblablement qu'au début du mois de mars prochain, le CNPE ne fournira plus d'énergie électrique au moins jusqu'à la fin de l'année.
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Marie Green @greenmama64 · 2h Visage souriant avec des yeux rieurs
Nicolas Ladonne @NLadonne · 2h ...
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Le président Emmanuel Macron a annoncé la relance de la construction de réacteurs nucléaires lors de sa dernière allocution télévisée le 9 novembre.
France Télévisions Temps de lecture : 1 min.
Un ouvrier sur le chantier de construction du réacteur EPR de troisième génération à Flamanville, dans le nord-ouest de la France, le 16 novembre 2016. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
Un doute plane sur la filière nucléaire
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La construction de nouveaux moyens de production électrique – qu'ils soient nucléaires ou renouvelables – "appelle des décisions à présent urgentes pour garantir notre approvisionnement à l'horizon de la décennie 2040", soulignent les magistrats dans une note thématique. C'était déjà la conclusion du récent rapport du gestionnaire du réseau RTE, alors que le parc nucléaire français vieillit.
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55 minutes
La façon de parler du nucléaire a indiscutablement changé en France ."Le retour en grâce du nucléaire" est le sujet sensible que propose "L'Obs" cette semaine. Mais le nucléaire est il propre ?
Photo © Getty / Westend61
http://rf.proxycast.org/ed9c9f63-5af8-48a5-b559-6fbadccb094c/10212-18.11.2021-ITEMA_22842661-2021F10732S0322-22.mp3
Le nucléaire est il une des solutions pour lutter contre le changement climatique ? Des points de vue différents semblent se faire de plus en plus entendre quant aux solutions pour lutter contre le réchauffement climatique et lors de sa dernière allocution le Président Macron se positionne en faveur du nucléaire.
Le nucléaire trouve désormais des soutiens chez les écolos alors que la position anti-nucléaire était une des idées fondatrices de l'écologie. "Il est illusoire de se passer du nucléaire" clame François de Rugy, ancien ministre de la Transition écologique. L'eurodéputé Pascal Canfin pense que "s'opposer par principe au nucléaire est absurde" . L'atome semblait être condamné après la catastrophe de Fukushima, il est de retour avec Emmanuel Macron qui lors de sa dernière allocution ne cache plus sa foi pour l’atome.
Notre avenir énergétique et écologique doit il passer par le nucléaire ? Peut on être antinucléaire dans le contexte du réchauffement climatique ? Il y a un retour en grâce du nucléaire. Les pro nucléaires avancent l'argument que le nucléaire est une énergie décarbonée qui fait partie des solutions pour sauver le climat et qu'il est une énergie à la demande. Les anti refusent cette énergie qui est un frein à la transition écologique, rappelant les accidents de Tchernobyl ou Fukushima, la gestion des déchets de l'énergie nucléaire et proposent des scénarios de transition énergétique pour atteindre la neutralité carbone en s'appuyant pleinement sur les énergies renouvelables.
avec Yves Marignac, porte-parole de l’association Negawatt, et responsable du Pôle d’expertise nucléaire au sein de l’Institut Negawatt . Depuis sa création en 2001, l’Association NégaWatt promeut la réduction de nos consommations d’énergie - pilier de son approche : sobriété, efficacité et renouvelables - comme levier vers une société plus respectueuse des ressources, de l’environnement et de l’humain
François-Marie Bréon est climatologue, chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, un des laboratoires de l’IPSL. Il est le président de l’AFIS, association française pour l’information scientifique. Il publie »Atlas du climat, Face au défi du réchauffement climatique » co-écrit avec Gilles Luneau avec une préface de Jean Jouzel. Aux Editions Autrement. Sa spécialité initiale est l’utilisation des satellites pour observer et comprendre le climat de la Terre. Il a ensuite abordé d’autres thématiques, en particulier le bilan d’énergie du climat et le cycle du carbone. Il a contribué à l’écriture chapitre « Forçages radiatifs naturels et d’origine anthropique » du 5e rapport du GIEC et de son “Résumé pour les décideurs
Et Morgane Bertrand, journaliste à l’Obs , co-auteur du dossier sur le nucléaire qui sort le jeudi 18 novembre dans les bons kiosques et en ligne
Thèmes associés Sciences nucléaire énergie nucléaire écologie
Ndlr : FMB parle en tant que militant pro-nucléaire, il le précise mais pas indiqué / FI (à moins que ce soit avec l'AFIS, asso pro-nuk ? https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/francois-marie-breon-raoult-a-donne-une-image-desastreuse-de-la-science_2139913.html semble dire que non.
... cadre de la centrale nucléaire du Tricastin sollicite le statut de lanceur d’alerte ...
Connu / https://wegreen.fr/group/9876/home/publication/des-incidents-de-surete-dissimules-tricastin
"Christian ACKER • 12 Novembre 2021 • Public dans le groupe Nucléaire & Renouvelables - 2 commentaires - 2 j'aime - 43 vues"
Communiqué commun du Réseau "Sortir du nucléaire" et de Stop Tricastin
Ce 12 novembre 2021, Le Monde a dévoilé la plainte déposée par un cadre d’EDF au sujet d’une grave affaire de dissimulation d’informations et d’intimidation pour l’empêcher d’en faire état. Les faits évoqués dans cet article, qui traduisent le décalage entre la réalité du nucléaire et la communication lénifiante de cette industrie s’autoproclamant propre et sûre, ne doivent pas être considérés comme des cas isolés. Faisant écho à d’autres événements déjà survenus sur le parc nucléaire français, ils confirment l’impasse d’un système de contrôle de la sûreté reposant sur le postulat de la bonne foi de l’exploitant. Cette situation doit mener à s’interroger sur l’état réel des centrales françaises, alors qu’EDF entend les pousser coûte que coûte au-delà de leur durée de fonctionnement prévue.
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Notes
[1] Ainsi, en 2017, EDF a mis plus de 4 mois pour déclarer à l’ASN un défaut de tenue au séisme majoré de sécurité de la digue du Tricastin (Plus d’informations ici). Autre exemple plus récent : en septembre 2021, EDF a découvert "par hasard" à la centrale de Cruas (Ardèche) l’existence de rejets non autorisés d’acide sulfurique et de monochloramine dans des cours d’eau, qui avaient lieu depuis 2013. Les faits n’ont été déclarés que sous la pression de l’ASN. Plus d’informations ici
[2] Mentionnons les faits survenus en octobre 2019 à Golfech, où une négligence avait mené à une situation périlleuse lors de la vidange du circuit primaire
[3] Citons ainsi l’exemple de la cuve de l’EPR de Flamanville, au sujet de laquelle le président de l’ASN lui-même avait déclaré devant le Sénat le 30 novembre 2017 « Quand on fait les calculs, ça passe encore, pour faire simple, mais de manière relativement limite » ...
[4] C’est notamment dans ce cadre que notre association a publié en 2017 l’ouvrage La farce cachée du nucléaire, rédigé sous pseudonyme par un ancien travailleur de la filière, dévoilant un certain nombre d’incidents et malfaçons affectant le parc
EDF annonce discrètement avoir rejeté près du double de ce qui lui est autorisé
En 10 mois, la centrale nucléaire de Civaux a laissé fuité 194,2 kg de fluides frigorigènes. La centrale n’a pourtant l’autorisation d’en rejeter que 100 kg maximum par an, ces liquides devenant de puissants gaz à effet de serre une fois dans l’atmosphère. L’annonce est faite très discrètement par (...)
Thierry Salomon a aimé Yves Marignac @YvesMarignac · 10h Merci @FranceInter
de m'avoir permis de clarifier la situation, et les perspectives, en termes de coûts respectifs de production des renouvelables et du nouveau nucléaire, et de coûts des systèmes électriques complets associés.
Yves Marignac, porte-parole de l'Association négaWatt : "Les coûts du nucléaire n’ont cessé d’augmenter, alors que les énergies renouvelables ont connu des réductions extrêmement importantes."
Vidéo intégrée - 5 - 23 - 38
Emmanuel Macron a annoncé mardi la relance de la construction de réacteurs nucléaires tout en continuant à développer les énergies renouvelables et économiser l’énergie « pour garantir l’approvisionnement électrique » et atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais le nucléaire est-il indispensable pour réaliser cet objectif ? Non, répondent les scénarios prospectifs, y compris celui de RTE paru fin octobre.
Allocution d'Emmanuel Macron le 9 novembre 2021.
PHOTO : Adrien Fillon / Hans Lucas via AFP
« Si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergie décarbonée sur notre sol », a déclaré Emmanuel Macron dans son « adresse aux Français » mardi soir. C’est indiscutable. Très contestable en revanche est la conclusion qu’il en tire, habillée des apparences du raisonnement logique : « C’est pourquoi nous allons relancer la construction de réacteurs nucléaires. »
Construire de nouveaux réacteurs et, pour commencer, lancer un programme de mise en chantier de six EPR 2 durant cette décennie, est...
« Si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergie décarbonée sur notre sol », a déclaré Emmanuel Macron dans son « adresse aux Français » mardi soir. C’est indiscutable. Très contestable en revanche est la conclusion qu’il en tire, habillée des apparences du raisonnement logique : « C’est pourquoi nous allons relancer la construction de réacteurs nucléaires. »
Construire de nouveaux réacteurs et, pour commencer, lancer un programme de mise en chantier de six EPR 2 durant cette décennie, est-ce indispensable pour garantir l’approvisionnement électrique de la France ? A chaque seconde de chaque heure de chaque journée de chaque année, y compris par une nuit d’hiver glaciale et sans vent ? Sur un plan technique et industriel, la réponse est tout simplement non.
C’est ce qu’a démontré l’étude publiée en janvier dernier par RTE, le gestionnaire du réseau public de transport de l’électricité en France et l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie). D’autres analyses tout aussi solides parviennent à la même conclusion : celles de l’Ademe, l’une déjà parue en 2015 et l’autre à paraître mi-novembre, celles, depuis 2010, de l’association négaWatt, dont l’actualisation a été publiée fin octobre et, enfin, celle d’une équipe de chercheurs du Cired fin 2020. Les mésaventures d’Homer Simpson, dont l’éolienne ne fournit pas de courant quand il en a besoin, font bien rire, mais ce n’est pas comme ça qu’un système électrique 100 % renouvelable fonctionne dans la réalité. En revanche, le mettre en oeuvre n’en sera pas moins un défi.
Qu’en est-il sur un plan économique ? Rester dans le nucléaire coûte-t-il moins cher que d’en sortir ? C’est une conclusion qu’il est possible de tirer hâtivement de l’analyse économique produite par RTE fin octobre à la suite de son étude technique de janvier. Six scénarios ont été étudiés de façon approfondie. Trois avec relance du nucléaire plus ou moins importante et prolongement poussé des réacteurs du parc historique (les scénarios « N », qui nécessitent également un développement très important des énergies renouvelables). Et trois autres (les scénarios « M ») avec sortie plus ou moins rapide du nucléaire et une accélération très poussée du déploiement des capacités renouvelables (quadruplement de la puissance installée des éoliennes terrestres1, par exemple).
Le nucléaire (un peu) moins cher
Il ressort de cette analyse que le scénario le plus nucléarisé (dit « N03 », avec quatorze nouveaux EPR en service en 2050, quelques petits réacteurs modulaires dits SMR et un prolongement du parc historique souvent au-delà de 60 ans) est économiquement moins coûteux pour la collectivité qu’un scénario de sortie du nucléaire, lequel impose beaucoup de moyens de stockage de l’électricité pour gérer la forte pénétration des sources renouvelables.
Si l’éolien et le solaire présentent des coûts imbattables par rapport au nucléaire neuf, ils ont l’inconvénient de ne pas être pilotables et il faut mettre en face des capacités qui coûtent cher (gaz vert produit à partir d’hydrogène en particulier) pour gérer leur variabilité et faire coller la production à la demande d’électricité.
Ainsi, le scénario où le nucléaire est poussé au maximum imaginable des capacités industrielles (N03) représente pour les Français, à l’horizon 2060, une facture d’électricité de 58 milliards d’euros par an hors taxes, tandis qu’un scénario de sortie rapide du nucléaire, en trente ans (scénario M0), représenterait un coût annuel de 77 milliards d’euros. Soit environ 20 milliards d’euros d’écart, pas loin d’un point de PIB. Une différence finalement très contenue (cela ne fait jamais que 84 centimes par jour et par Français), mais qui donne des arguments aux partisans de la construction de nouveaux réacteurs.
Car, quoi que l’on fasse, il va falloir disposer, à partir de 2035, de capacités nouvelles de production bas carbone pour remplacer progressivement l’actuel parc dont les 56 réacteurs arrivent en fin de vie, et pour accroître la production électrique, la neutralité carbone imposant une électrification très importante des usages. Surtout dans la perspective souhaitable où l’on chercherait à relocaliser des activités industrielles, puisqu’aujourd’hui, la France externalise ses émissions de CO2 en faisant produire en Asie une grosse partie de sa consommation de biens manufacturés ou de produits intermédiaires très émissifs comme l’acier et le ciment.
Des hypothèses incertaines
Les coûts indiqués par l’étude RTE ne peuvent toutefois être utilisés sans une claire compréhension des hypothèses qui les sous-tendent, et de toutes les incertitudes qui les entourent.
Une première hypothèse structurante est le niveau de la demande projetée en 2050, date à laquelle doit être atteinte la neutralité carbone. Dans l’étude publiée en octobre, RTE ne présente hélas ses analyses de coûts que pour son hypothèse centrale de demande, celle d’un accroissement de 35 % de la consommation d’électricité par rapport au niveau actuel. Un sous-jacent est que les habitudes des Français restent inchangées, leur usage de la voiture individuelle notamment. RTE a étudié des scénarios de demande alternatifs, notamment celui dit de sobriété, mais n’en a pas encore détaillé les coûts, qui seront publiés ultérieurement.
Toutefois, en première analyse, indique RTE, l’écart entre les scénarios avec et sans sobriété, toutes choses égales par ailleurs, est de l’ordre de 10 milliards d’euros en 2050. Cette sobriété, un terme qui suscite passions et crispations, n’est imaginée dans aucun scénario de décarbonation comme un mode de vie « amish ». Sous ce terme, RTE met des changements sociétaux qui n’ont rien de délirant. En particulier, le nombre de voitures en circulation serait ramené à son niveau de 1990 et la température de chauffage des logements, devenus bien isolés, serait diminuée de 1 °C. « Ce n’est ni un scénario du Moyen-Âge, ni un scénario dans lequel les trains s’arrêtent lorsque la production d’éolienne est faible. C’est un scénario dans lequel le pacte de société est différent », insiste Thomas Veyrenc, directeur de la stratégie et de la prospective à RTE.
Un autre paramètre très important est le temps. Si la France ne parvient à ne mettre que huit EPR en service en 2050 (scénario N1) et non quatorze, la facture annuelle du système électrique grimpe à 66 milliards d’euros au lieu de 58 milliards (scénario N03). Car il faudra en contrepartie accroître les renouvelables (qui atteindront alors 74 % du mix électrique au lieu de 50 % dans N03) et donc les moyens de flexibilité2.
Ce scénario N1 apparaît comme le plus réaliste au regard des retards déjà pris dans le programme « nouveau nucléaire » et des contraintes industrielles. L’EPR 2 n’en est qu’au stade du « basic design » et les études détaillées, qui représentent une vingtaine de millions d’heures d’ingénierie, ne pourront pas être finalisées par EDF avant 2025. Ce n’est qu’au vu de ces études de sûreté que l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) pourra donner son feu vert, vers 2027 au mieux, au premier chantier. Ou pas. Car rien n’est pour le moment acquis.
Du côté des trajectoires sans construction de nouveau nucléaire, RTE scénarise une hypothèse de fermetures plus lentes des réacteurs (une sortie vers 2060) et où la pénétration des technologies les plus compétitives est optimisée (parcs éoliens terrestres et offshore, notamment). Coût de ce scénario (dit M23) : 71 milliards d’euros par an.
Si on compare les scénarios M23 et N1, la différence entre les deux options tombe à 5 milliards d’euros. Soit 0,2 % du PIB ou 20 centimes par Français et par jour. Voire encore moins si l’on ajoute de la sobriété dans l’option sans nucléaire. Bref, on est dans l’épaisseur du trait. Et il ne faut pas perdre de vue que dans un scénario de neutralité carbone, la facture énergétique des Français (30 milliards d’euros par an d’importations dans les bonnes années) disparaît.
Ce n’est pas tout. Les études de RTE reposent sur un coût moyen pondéré du capital uniforme pour toutes les technologies décarbonées, alors qu’aujourd’hui, les coûts de financement du nucléaire – un investissement très risqué comme l’illustre les désastres des chantiers de l’EPR de Flamanville et celui d’Olkiluoto en Finlande – sont beaucoup plus élevés que pour les renouvelables. Ce n’est pas un hasard si, en 2020, 256 GW de capacités renouvelables (solaires et éoliennes essentiellement) ont été ajoutées dans le monde, contre 0,4 GW de capacités nucléaires. Les investisseurs n’aiment pas le risque et veulent être sûrs que leur argent rapporte.
Ce choix de RTE d’un coût de capital uniforme (4 % en l’occurrence) est logique : il exprime l’idée que l’Etat va garantir la rentabilité de l’investissement dans le nucléaire au même titre qu’il le fait déjà pour les renouvelables, puisqu’il s’agit d’une énergie décarbonée. D’où l’énorme enjeu de la discussion européenne sur la « taxonomie verte ». Si, comme le souhaite la France, le nucléaire peut être admis dans la catégorie des investissements bons pour la transition écologique, alors ce soutien public sera légitime et ne pourra pas être attaqué pour distorsion de concurrence. Cette bataille est loin d’être gagnée et Emmanuel Macron devrait profiter de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, que la France prendra à partir du 1er janvier, pour faire avancer ses pions.
Mais, dans l’hypothèse, tout à fait vraisemblable, où le nucléaire ne parviendrait pas à se financer au même coût que les renouvelables, alors l’équation économique change du tout au tout. Avec un coût de 4 % du capital pour les renouvelables et de 7 % pour le nucléaire, les scénarios médians de RTE avec nouveau nucléaire et sans nouveau nucléaire (N1 et M23) font jeu parfaitement égal (71 milliards d’euros par an).
CQFD : un scénario électrique 100 % renouvelable n’est pas nécessairement plus cher qu’un scénario avec construction de nouveaux réacteurs. Et, quoi qu’il en soit, les écarts de coûts sont très limités d’un scénario à l’autre.
L’analyse de RTE ne démontre pas que rester dans le nucléaire est moins cher que d’en sortir. Elle démontre que l’argument économique est un critère de décision très insuffisant pour engager la France pour de longues décennies dans un choix lourd de risques, qu’il s’agisse de l’accident majeur ou de l’insoluble problème de gestion des déchets.
Un choix aussi grave mérite un débat public et non une décision autocratique annoncée en deux phrases et 42 secondes dans un discours à la nation brassant pêle-mêle vaccination Covid, durcissement des conditions d’indemnisation des chômeurs et annonce de nouvelles mesures sécuritaires.
Compter sans conter
Les écologistes brandissent souvent les coûts imbattables du solaire et de l’éolien au nez de leurs adversaires pronucléaires. L’écart varie en effet au moins du simple au double. Selon RTE, sur la base d’un taux annuel moyen de rémunération du capital investi de 4 % par an, le nucléaire neuf pourrait revenir à environ 70 euros du mégawattheure en 2050 contre environ 40 euros pour l’éolien (terrestre et posé en mer avec son raccordement au continent) et environ 30 euros pour une centrale photovoltaïque au sol. De telles comparaisons sont pertinentes quand un investisseur peut choisir entre telle ou telle technologie. Ce qui est le cas aujourd’hui car il y a de la marge avant que le niveau de pénétration des énergies renouvelables variables atteigne le seuil à partir duquel des adaptations conséquentes du système électrique ne deviennent nécessaires (ce seuil se situe vers 50 %). Et ce qui explique pourquoi le nucléaire a si peu de succès aujourd’hui par rapport aux renouvelables dont les coûts de production sont beaucoup moins élevés.
En revanche, dans un mix décarboné 100 % renouvelable dominé par les technologies les moins chères mais qui ne sont pas pilotables (l’éolien et le solaire), il faudra intégrer des moyens de flexibilité (batteries, hydrogène, barrages…) bien plus importants que dans un mix décarboné qui intègre des capacités nucléaires. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas se contenter de regarder les seuls coûts de production d’une technologie, mais l’ensemble du coût du système électrique pour la collectivité : moyens de production, moyens de flexibilité et réseaux de transport et de distribution (en intégrant le coût du capital). C’est à cette aune que l’on peut comparer entre eux les coûts de différents mix électriques.
notes :
- Ce qui correspond grosso modo, compte tenu de l’augmentation de la puissance des éoliennes à 22 000 mâts, près du triple de leur nombre actuel (8 000)... et nettement moins qu’en Allemagne, qui compte 29 600 éoliennes terrestres.
- On note au passage que, même avec du nucléaire poussé au maximum, il est impossible d’avoir moins de 50 % de renouvelables dans le mix de production, avis aux partisans irresponsables du gel du développement des renouvelables.
Décryptage
Premier parc nucléaire au monde, les Etats-Unis ont engagé un programme de baisse des coûts pour résister à l'essor du gaz. Le nucléaire américain est aussi en quête d'aides financières.
Énergie & Environnement
La centrale nucléaire de Byron, dans l'Illinois. (Shutterstock)
Fin octobre, Exelon a annoncé que deux de ses centrales nucléaires dans l'Illinois, Byron et Dresden, ne fermeraient pas leurs portes cet automne. Une nouvelle loi de l'Etat du Midwest, qui prévoit d'avoir 50 % d'énergie « propre » à l'horizon 2040, vient de leur offrir une ligne de survie : près de 700 millions de dollars accordés sur cinq ans à trois centrales nucléaires sur le chemin de la fermeture.
Le PDG d'Exelon, Christopher Crane, a assuré que ce n'était pas un « sauvetage », saluant plutôt le fait que « l'énergie nucléaire soit indemnisée au niveau nécessaire pour garantir la poursuite de son exploitation , en utilisant le même outil politique que celui utilisé pour soutenir l'énergie solaire et éolienne aujourd'hui ».
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Clés :* Déchets nucléaires Eau, rivières, océans
La filière nucléaire dégage des déchets radioactifs, mais aussi des substances polluantes telles que le nitrate. Une association compare le site de retraitement de La Hague à une mégaporcherie industrielle.
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Selon l’association Robin des bois, l’usine de retraitement de déchets radioactifs de La Hague, en Normandie, polluerait autant qu’une porcherie industrielle de 100 000 porcs. Chaque année, elle rejette 2 000 tonnes de nitrates directement dans la Manche. Ces substances chimiques sont issues de l’acide nitrique utilisé pour dissoudre les combustibles irradiés et pour séparer le plutonium, l’uranium et les produits de fission.
« La Hague peut se vanter d’être la plus grande porcherie du monde, s’exclame Jacky Bonnemains, le porte-parole de l’association joint par Reporterre. Elle dépasse même la pollution de la mégaporcherie de Nanyang, en Chine, qui va héberger plus de 84 000 truies. » Pour Robin des bois, les rejets bruts de nitrates déversés par l’usine de La Hague, ainsi que leur accumulation depuis plus de cinquante ans, contribueraient à l’eutrophisation des zones marines situées à proximité : le golfe normano-breton, la baie de Seine, la Manche Nord, etc. « L’usine de La Hague participe à la prolifération des algues vertes dans la région, assure Jacky Bonnemains. C’est une pollution ancienne, mais peu connue de la filière nucléaire. En communiquant sur ce sujet, nous avons voulu déplacer les radars et faire voler en éclats l’idée que cette énergie serait verte et durable. »
L’association écologiste s’appuie sur des documents récents. Une enquête publique est en cours jusqu’au 16 novembre pour autoriser Orano à élargir la gamme des combustibles nucléaires traités au sein de son usine. Dans ce cadre, l’Autorité environnementale vient de publier un rapport. Dans les premières pages, elle indique que l’usine déverse chaque année des milliers de tonnes de nitrates, « des flux importants, précise-t-elle, qui représentent, chaque année, plus de 1 % du rejet total d’azote » en France.
« Ces rejets représentent le lisier de 100 000 porcs »
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La situation est d’autant plus cocasse que le territoire de La Hague a candidaté en février 2021 au statut de géoparc mondial Unesco, un label créé fin 2015 qui consacre « des sites et paysages de portée géologique internationale [...] gérés selon un concept global de protection, d’éducation et de développement durable ».
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Depuis plusieurs décennies, l’évaluation des risques environnementaux et sanitaires des rejets de La Hague fait polémique. Dans les années 2000, déjà, des scientifiques du groupe Radioécologie Nord-Cotentin (GRNC), avaient été mandatés par les autorités pour étudier ces incidences. Leurs conclusions n’avaient pas fait consensus.
« C’est très compliqué d’analyser l’impact sur le long terme de ces rejets, dit à Reporterre Pierre Barbey, un ancien membre du GRNC, militant de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro).
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Tout dépend aussi de ce que l’on mesure. Lorsque le GRNC s’est créé, il y a vingt ans, la filière nucléaire affirmait ne rejeter à La Hague que 12 substances radioactives. Le GRNC en a compté en réalité... 72. Ses rejets chimiques sont également colossaux. « Au-delà du nitrate, chaque année, 100 tonnes de nitrite sont déversées dans la mer, 2 900 tonnes de phosphore total, 2,7 tonnes de phosphate de tributyle, sans compter aussi les métaux lourds, le plomb, le mercure, le zinc, énumère Pierre Barbey. C’est une vraie atteinte à l’environnement. On ne peut pas la nier. »
Connu / https://twitter.com/__ACRO__/status/1459125622366785540
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Tweet de Nucléaire-Sortie ACRO @ACRO · 10h
#Nitrates : l’usine #nucléaire de #LaHague pollue plus qu’une mégaporcherie de 100 000 porcs. Cela vient s'ajouter aux rejets radioactifs en mer - les plus élevés au monde - dénoncés par l'@ACRO
et autres rejets chimiques. via @Reporterre - 2 - 23 - 21
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Entretien EDF Organisation industrielle Ain - 5 min. de lecture
Emmanuel Macron a annoncé le 9 novembre vouloir lancer de nouveaux réacteurs nucléaires en France. Quelques jours auparavant, le directeur exécutif en charge de la direction ingénierie et des projets nouveau nucléaire d’EDF, Xavier Ursat, revenait pour L’Usine Nouvelle sur l’avancée des projets EPR2 et SMR, les calendriers et les coûts prévus.
Pour les futurs EPR français, EDF entre seulement dans "la phase de « detailed design », où l'on fait les plans détaillés", explique Xavier Ursat, directeur Ingénierie et nouveau nucléaire d'EDF.
Edition du 01 octobre 2021
Le dernier numéro
L'Usine Nouvelle - La France va construire de nouveaux réacteurs nucléaires. De quoi parle-t-on exactement ?
Xavier Ursat - A partir d'une demande politique exprimée en 2018, EDF a travaillé sur une proposition de construction de trois paires de réacteurs de type EPR en France, avec une première paire sur le site de Penly en Normandie, une deuxième sur le site de Gravelines près de Dunkerque, et la troisième dans un site en Rhône-Alpes, soit à Bugey (Ain), en amont de Lyon, soit à Tricastin (Drôme). Le choix de ces sites, tous des sites nucléaires existants, reste à confirmer par le pouvoir politique. Mais nous sommes prêts à lancer la construction de ces réacteurs, grâce au travail réalisé depuis plusieurs années avec Framatome et les autres entreprises de la filière, dans le cadre du plan excell.
Quel est le calendrier envisagé ?
Nous sommes à un niveau d'études techniques très avancé sur le modèle que l'on appelle l'EPR 2, qui est au même niveau de sûreté que l'EPR et utilise les mêmes composants. Nous avons tout fait pour que l'EPR 2 ne soit pas une tête de série. Mais nous avons intégré tout les retours d'expérience des EPR précédents, en standardisant le plus possible le modèle, y compris en s’appuyant sur les fournisseurs, pour faciliter la construction et réduire les coûts. Nous devons poursuivre ce travail technique et continuer d’embarquer la filière en préparant les appels d'offres. Des projets de cette taille nécessitent également de consulter les citoyens, au travers de la Commission nationale du débat public. Il faut compter six à huit mois de préparation des dossiers entre la saisie et le début des débats. Un troisième train d'actions, très important, concerne le financement, la régulation et les autorisations européennes. Nous sommes en discussion depuis plusieurs mois avec les différentes administrations, notamment celles du ministère de l'Économie et des Finances pour définir le financement le plus adapté, qui impliquerait probablement à la fois l'État et EDF. Plusieurs options sont en cours d'étude, il faudra choisir la plus adaptée. Il faudra aussi une régulation car, pour définir un financement, il faut savoir à quel prix l'électricité produite sera vendue. Sur l'EPR 2, nous avons atteint les cibles de coût de production au mégawattheure que nous nous étions fixées dans la proposition remise aux pouvoirs publics [soit 65 euros par MWh, ndlr].
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