Connu / https://diaspora-fr.org/posts/11921507
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gilles geirnaert about an hour ago
Pourquoi la non-violence ne résout rien
Nicolas Framont
Si le soutien au mouvement lycéen est majoritaire, selon les derniers sondages, et partagé par plusieurs personnalités politiques de gauche ainsi que quelques journalistes ou éditorialistes qui sont conscients du marasme qu’est la vie et l’avenir de la jeunesse populaire, un consensus règne : “la violence ne résout rien”. Manifester oui, mais “pacifiquement” et sans feux de poubelles. Si possible en annonçant son parcours à l’avance. Macron, lui, réclame une mobilisation “dans le calme, dans l’ordre”. Et puis pourquoi ne pas “rétablir le dialogue” au sein des lycées, sur la base d’une grande concertation par exemple ? Parce que ça ne marche pas. Si la “violence”, terme sur lequel il faut revenir tant il est flou et arbitraire, s’impose, c’est parce que la non-violence a toujours été inefficace.
Qu’est-ce que la violence ?
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Demander gentiment n’a jamais fonctionné
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“en démocratie” on peut vouloir brûler des poubelles précisément parce que nous ne sommes pas en démocratie. La démocratie, ce n’est pas l’élection d’un monarque tout puissant tous les cinq ans. C’est le pouvoir du peuple. Or, nous n’avons pas d’autre pouvoir qu’en obtenant un rapport de force avec ceux qui nous oppriment.
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Comment créer un rapport de force
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Seul le nombre nous protège (en partie) de cette répression. Aussi, pour parvenir à mettre en œuvre des blocages à grande échelle, il faut parvenir à convaincre un nombre suffisamment important de gens que le jeu en vaut la chandelle. C’est la chose la plus dure à obtenir : pourquoi sacrifier son temps, son énergie, son argent et son intégrité physique pour rejoindre une lutte ? Parce que l’on sait qu’elle peut fonctionner et rapporter à tout le monde de sérieux gains (pas seulement financier, mais aussi en termes de pouvoir démocratique, de dignité, de conditions de travail etc.). Cela veut dire qu’il ne faut pas multiplier les actions brouillonnes, mais regrouper toutes ses forces en même temps. L’annonce du 17 octobre (trouvez le rendez-vous le plus proche de chez vous sur cette carte interactive) permet ce genre de regroupement de force : quand une date arrive sur toutes les lèvres (mais est-ce déjà le cas ?), on peut espérer que le nombre de gens convaincus que le jeu en vaut la chandelle soit suffisamment élevé pour qu’on aille au-delà de l’action symbolique, que l’économie capitaliste soit sérieusement ébranlée pour plusieurs jours, que le pouvoir ressente, à minima, de la peur.
En finir avec l’impuissance apprise
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Pour en finir avec cette impuissance apprise, il nous faut des victoires. Et pour cela, il faut concentrer son attention sur ce qui crée du rapport de force et arrêter de les disperser dans des actions symboliques, démonstratives, performatives, tout en faisant attention à ce que la répression peut provoquer. Heureusement, de plus en plus de gens sont convaincus de cela, et depuis quelques années la part de la population en colère essaye de briser les vieilles routines. À voir si, après l’élan radical du mouvement lycéen, le 17 octobre transforme l’essai.
https://frustrationmagazine.fr/pourquoi-la-non-violence
Pourquoi la non-violence ne résout rien
Si le soutien au mouvement lycéen est majoritaire, selon les derniers sondages, et partagé par plusieurs personnalités politiques de gauche ainsi que quelques journalistes ou éditorialistes qui sont conscients du marasme qu’est la vie et l’avenir de ...
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gilles geirnaert about an hour ago
La France mutile ses enfants pour étouffer la contestation sociale
par Mohamed Lamine Kaba
Prise en tenaille entre la répression méthodique de sa propre jeunesse et le choc d’un rebasculement géopolitique mondial qui la marginalise, la France d’Emmanuel Macron voit le mythe républicain s’effondrer sous l’effet conjugué de son cynisme intérieur et d’une *déroute stratégique historique à l’extérieur
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La grande césure des discours
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Le diptyque du cynisme
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La realpolitik énergétique et le solde des comptes
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De Fukuyama à la réalité des puissances
Quoi qu’il en soit, l’accumulation des tensions internes et des revers extérieurs scelle le crépuscule des illusions technocratiques.
La thèse fukuyamienne de la «fin de l’histoire» et du triomphe inéluctable du modèle libéral cède la place aux réalités de la rivalité des blocs.
Comme l’a si bien analysé Emmanuel Todd, la décomposition interne des modèles d’autorité et l’isolement stratégique révèlent la vulnérabilité d’un système qui a préféré la gestion comptable au dialogue social et au réalisme diplomatique.
Il est désormais évident que les élections ne suffiront plus à contenir la frustration sociale en France. Le macronisme s’effondre par le vide éthique de son dogmatisme. Car, l’isolation sociologique du pouvoir accélère la désintégration de sa base électorale. La chute de Macron ne viendra pas des prétoires, mais de la rue insurgée.
La France doit donc cesser de mutiler sa propre jeunesse.
Mohamed Lamine Kaba
source : New Eastern Outlook
La France mutile ses enfants pour étouffer la contestation sociale - Réseau International
par Mohamed Lamine Kaba. Prise en tenaille entre la répression méthodique de sa propre jeunesse et le choc d’un rebasculement géopolitique mondial qui la marginalise, la France d’Emmanuel Macron voit le mythe républicain s’effondrer.
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France Finance Stockage
4 octobre 2026
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Franck Woitiez, président-directeur général de TagEnergy
TagEnergy et la Banque des Territoires inaugurent leur système de stockage d’électricité par batteries de Cernay-lès-Reims, dans la Marne. D’une puissance de 240 MW pour une capacité de 480 MWh, l’installation est en exploitation commerciale depuis mai 2026. Plus grande batterie opérationnelle en France, elle constitue le premier actif de TagEnergy en service dans le pays. Une idée de ce qu’est le stockage XXL !
La batterie de Cernay-lès-Reims permet d’injecter cette puissance de 240MW pendant 2h (soit la consommation de 450 000 foyers), restituée aux moments où le réseau en a le plus besoin. Elle est détenue conjointement par TagEnergy et la Banque des Territoires qui est entrée au capital du projet en 2025. Ce site constitue le premier investissement conjoint des deux partenaires dans le cadre d’un partenariat conclu pour trois ans en 2025 en vue d’accompagner le financement de plusieurs projets de batteries en France.
L’inauguration qui a eu lieu en ce début d’automne s’est tenue en présence de Jérôme Goulden, maire de Cernay-lès-Reims, d’Arnaud Robinet, maire de Reims et président de la Communauté Urbaine du Grand Reims, de Jacques Veyrat, président fondateur d’Impala et actionnaire initial de TagEnergy, des représentants d’Omnes Capital, de Mirova et d’Exor N.V., actionnaires de TagEnergy, ainsi que d’une centaine d’invités parmi lesquels des élus, partenaires et acteurs économiques du territoire.
Un projet exigeant construit en concertation étroite avec le territoire
Raccordé au réseau de transport d’électricité de RTE à une tension de 225 000 volts et équipé de 140 containers de batterie (Megapacks) fournis par Tesla, répartis sur un peu plus de 3 hectares, le site a été mis en service après avoir satisfait aux exigences de simulations, tests et certifications nécessaires à la fourniture de services de régulation de fréquence (FCR, aFRR), et de tension pour contribuer à la stabilité du réseau RTE.
« Cernay-lès-Reims est la démonstration que le stockage d’électricité à grande échelle est désormais une réalité industrielle en France. Les chiffres de ces quatre premiers mois le montrent : ce site fonctionne et nous sommes fiers de ce succès collectif. Ce modèle est exactement celui que nous souhaitons pouvoir reproduire à l’avenir. » déclare Franck Woitiez, président-directeur général de TagEnergy.
« Un projet de cette taille ne se fait pas sans la confiance des élus et des habitants »
Le projet s’est construit en étroite concertation avec le territoire et avec le soutien continu de la municipalité de Cernay-lès-Reims et de la Communauté Urbaine du Grand Reims. Ce projet a également été rendu possible grâce à la collaboration de plusieurs acteurs reconnus : Tesla pour la fourniture des équipements, la coordination de la construction et l’interface marché, Eiffage pour le génie civil et électrique, et RTE en tant que gestionnaire de réseau. Le financement du site a par ailleurs été assuré par un consortium bancaire réunissant ABN AMRO, NORD/LB et la Caisse d’Epargne CEPAC.
« Un projet de cette taille ne se fait pas sans la confiance des élus et des habitants. Nous avons pris le temps du dialogue et de l’explication. Cet été, la batterie s’est chargée quand l’électricité était surabondante et a restitué cette énergie quand le réseau en avait besoin. Cette flexibilité devient progressivement essentielle au système électrique et permet d’intégrer davantage d’énergies renouvelables dans notre mix énergétique » explique Christophe Léonard, directeur associé de TagEnergy pour la France.
Des priorités stratégiques alignées en faveur de la filière du stockage d’électricité
Le partenariat d’investissement conclu pour trois ans entre TagEnergy et la Banque des Territoires a vocation à financer plusieurs installations de stockage de grande taille en France. La Banque des Territoires intervient à hauteur de 49 % du capital nécessaire aux sociétés de projets pour porter les actifs ainsi développés, TagEnergy restant actionnaire majoritaire de ses actifs. La Banque des Territoires est mobilisée pour accompagner la mise en place du nouveau mix énergétique décarboné, notamment par le déploiement de la filière du stockage d’électricité. Positionnée sur ce segment depuis 2021, avec plus de 250 MW de batteries en exploitation, 150 MW en construction, et plusieurs centaines de MW en développement, la Banque des Territoires ambitionne de s’engager plus activement sur ce secteur. Ce partenariat s’inscrit en pleine cohérence avec les mesures prioritaires de son plan stratégique.
« La mission de la Banque des Territoires est d’accompagner les projets d’envergure comme celui de Cernay-lès-Reims. Notre ambition est de renforcer les capacités de stockage et contribuer à la construction d’un système énergétique compétitif et capable d’intégrer toujours plus d’électricité renouvelable, au service de l’électrification de l’économie française et de la souveraineté énergétique du pays » ajoute François Wohrer, directeur de l’investissement de la Banque des Territoires.
Premier bilan
Un premier bilan de la plus grande installation de stockage d’électricité par batteries de France après 15 mois de construction et 4 mois d’exploitation :
- 41 635 Heures-homme mobilisées sur le chantier
- 145 Cycles complets en 125 jours
- 70,5 GWh Injectés sur le réseau depuis fin mai au 23 septembre 2026
Grand entretien Social Travail Société
Des salariés qui doutent de tenir jusqu'à la retraite, une perte de sens largement ressentie, des jeunes désabusés… Selon la sociologue Dominique Méda, il faut redonner la parole et du pouvoir à celles et ceux qui travaillent.
Naïri Nahapétian, Catherine André, le 10 octobre 2026
12 min
Entretien avec Dominique Méda
Professeure de sociologie à l'université Paris Dauphine-PSL, présidente de l'Institut Veblen
Dans les manifestations lycéennes, qui agrègent désormais étudiants et parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants, nombreux sont les jeunes à se révolter contre la pénurie de moyens qui leur sont accordés et, au-delà, à redouter les difficultés qu’ils auront pour s’insérer sur le marché du travail.
La sociologue Dominique Méda qui publie un nouvel ouvrage avec l’économiste Eric Heyer et le juriste Pascal Lokiec – « Les caisses sont vides » Le grand malentendu, à paraître le 14 octobre 2026 chez Flammarion – rappelle pourtant que les milliards existent et qu’une série de réformes pourraient permettre de réinvestir efficacement cet argent dans les services publics, la transition écologique ou encore l’intelligence artificielle, qui percute au premier chef les emplois des jeunes mais aussi des moins jeunes.
C’est d’ailleurs à la spécialiste du travail, qui a également écrit cette année Le travail. Pourquoi travaillons-nous (Autrement, 2026), que nous avons choisi de poser nos questions. Philosophe et économiste, Dominique Méda nous fait voyager dans l’histoire de ce concept, depuis Aristote jusqu’à Marx en passant par Adam Smith. Et jusqu’aux mutations contemporaines de cette activité centrale dans nos sociétés. Elle passe en revue la dégradation des conditions de travail, et fait des propositions concrètes pour y répondre, ce qui passe notamment par la nécessité de démocratiser l’entreprise.
A quel point les conditions de travail se sont-elles dégradées ces dernières années, et pourquoi ?
Dominique Méda : Si l’on suit les analyses de la Dares, qui tient la chronique régulière des conditions de travail depuis 1978 grâce à son enquête « Conditions de travail »1, la dégradation n’est pas récente. Elle commence à la fin des années 1980, marque une pause entre 1998 et 2005 puis reprend. En 2019, 37 % des salariés déclaraient ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu’à la retraite. C’est énorme, d’autant que ce chiffre concerne aussi bien les employés et les ouvriers (39 %) que les cadres (32 %).
Les explications sont multiples : accentuation de la compétition internationale qui pèse sur les entreprises et donc sur leurs salariés ; diffusion très rapide des nouvelles technologies qui accélèrent le rythme de travail ; management par les chiffres qui prend des proportions folles – qu’il s’agisse du secteur privé ou public… La Dares vient tout juste de publier les résultats de la vague 2023 de l’enquête : même si l’intensité du travail a baissé, ce sont désormais 41 % des salariés qui disent ne pas se sentir capables de tenir dans leur travail jusqu’à la retraite…
Pourquoi le sentiment de la perte de sens, de plus en plus exprimé par les salariés, n’est-il pas considéré ?
D’abord parce que le caractère dégradé des conditions de travail fait l’objet d’un immense déni en France, où il existe un véritable mal-être au travail pour de nombreuses personnes. Une large partie des responsables politiques et économiques le nient en prétextant notamment que les Français sont des râleurs, ne sont jamais contents et que c’est cela qui transparaît à travers ces résultats.
Nous pouvons leur rappeler que la France est aussi la championne des accidents mortels et non mortels, notamment chez les jeunes, et que cela, c’est objectif ! Ensuite, les dirigeants d’entreprise expliquent que leurs marges de manœuvre sont limitées, que la concurrence est forte, etc.
Jusqu’à il y a peu, de surcroît, le taux de chômage était tellement élevé que les conditions de travail n’étaient en aucune manière la priorité. La (trop légère) diminution du chômage a permis de remettre le projecteur sur les conditions de travail. Il se pourrait que les changements démographiques y contribuent également, dans la mesure où, avec le départ à la retraite des générations nombreuses du baby-boom, ils vont entraîner des pénuries de main-d’œuvre.
La France est un pays où la hiérarchie est partout extrêmement pesante. Notre système scolaire est très hiérarchisé, notre organisation politique aussi
Dans votre livre, vous montrez que les jeunes Français figurent parmi les plus insatisfaits de leurs emplois – seuls les Hongrois et les Polonais le sont davantage. Comment l’expliquer ?
L’insatisfaction des jeunes envers leur travail est en effet très élevée en France. Le cœur de l’explication réside dans le caractère extrêmement hiérarchique de l’entreprise en France, un pays où la hiérarchie est partout extrêmement pesante. Notre système scolaire est très hiérarchisé, notre organisation politique aussi. A plusieurs reprises, on a essayé de réformer l’entreprise : je pense au rapport Bloch-Lainé en 1963, dans lequel l’auteur écrit : « Il est clair aujourd’hui que les salariés ne peuvent se contenter d’être de simples apporteurs de travail (…) ; que la prospérité des entreprises, comme celle de la nation, leur importe et leur est due, autant qu’aux apporteurs de capitaux. »
Le rapport proposait que les salariés entrent au gouvernement de l’entreprise. La réaction du patronat fut immédiate et négative : la participation aux organes de direction menacerait le principe fondamental selon lequel le pouvoir dans l’entreprise découle de la propriété du capital. Même réaction à la publication du rapport Sudreau, en 1975, qui contenait environ 70 propositions destinées à démocratiser l’entreprise, renforcer les droits des salariés et moderniser la gouvernance.
Depuis, nos entreprises restent très hiérarchiques dans leur organisation. Les salariés sont moins consultés et associés aux décisions que dans les autres pays européens. Nous avons montré avec Maëlezig Bigi et Agnès Parent-Thirion, dans les résultats de l’enquête d’Eurofound de 2021, combien la France était mal placée.
Sur la question des jeunes, la Dares a apporté une réponse très claire : quel que soit leur niveau de diplôme, leurs conditions de travail sont plus mauvaises que celles des autres tranches d’âge : moins d’autonomie, plus d’insécurité socioprofessionnelle. Les jeunes se distinguent avant tout de leurs aînés du point de vue de l’exposition aux contraintes physiques : ils restent longtemps debout ou dans une autre posture pénible ou fatigante (surtout les moins de 24 ans), effectuent des déplacements à pied longs ou fréquents, portent ou déplacent des charges lourdes, effectuent des mouvements douloureux ou fatigants et subissent des secousses et des vibrations beaucoup plus fréquemment que les autres classes d’âge.
L’enquête européenne sur les conditions de travail, qui existe depuis 1991 et dont la vague 2021 concerne 71 000 actifs occupés dans 36 pays confirme que les jeunes Français supportent des conditions de travail plus difficiles que leurs voisins. Nous venons de rendre un rapport à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep2) qui tente d’expliquer pourquoi 36 % des jeunes veulent se réorienter six ans après la sortie des études.
Nous formulons trois hypothèses : les mauvaises conditions de travail ; l’insécurité socioprofessionnelle et le caractère précaire de leurs conditions d’entrée dans la vie active ; la mauvaise articulation entre un système éducatif encore très rigide et le monde du travail. Dans d’autres pays, l’articulation est meilleure, les jeunes peuvent plus expérimenter les différents métiers. Ceux qui ont engagé des démarches veulent changer de métier et évoquent d’abord une recherche de sens du travail, puis une amélioration de leurs conditions de travail, enfin la rémunération3.
Les jeunes souhaitent un travail certes bien rémunéré, mais surtout intéressant, utile, qui leur permette de mobiliser toutes leurs connaissances acquises. Or les emplois susceptibles de satisfaire ces attentes ne sont pas assez nombreux
L’augmentation du niveau de diplôme est-elle tout de même un progrès ? Et est-ce une aspiration des jeunes, ou bien est-ce que beaucoup ne veulent plus faire de longues études ?
Oui, l’augmentation du niveau général d’éducation est un énorme progrès : 53 % des 25-34 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur. Le vrai sujet est que les jeunes, toujours mieux formés, arrivent sur le marché du travail avec des attentes immenses. Ils souhaitent un travail certes bien rémunéré, mais surtout intéressant, utile, qui leur permette de mobiliser toutes leurs connaissances acquises. Or les emplois susceptibles de satisfaire ces attentes ne sont pas assez nombreux. Alors même qu’ils arrivent chaque année avec un niveau de formation plus avancé, leur taux de chômage est trois fois plus élevé que la moyenne, leurs stages sont souvent peu ou mal payés, ils sont plus souvent en CDD…
Par ailleurs, subsiste toujours en France un mépris pour l’enseignement professionnel qui est très dommageable car, à l’évidence, une partie des jeunes aimerait un contact plus étroit et plus précoce avec la réalité du travail. On doit vraiment réfléchir à améliorer l’articulation entre monde des études et monde professionnel.
Voit-on déjà les effets de l’usage de l’IA sur l’emploi et dans le travail ?
Oui. Dans certains métiers cela est clair : les traducteurs, les assistants administratifs, les comptables, les travailleuses et travailleurs des centres d’appels, les juristes, les journalistes, sont affectés de manière plus ou moins forte. Ce sont les tâches les plus simples et standardisables qui sont d’abord prises en charge par l’IA.
On ne voit pas encore de véritables saignées dans l’emploi, mais on sait que les jeunes sont particulièrement touchés parce qu’ils commençaient souvent leur parcours professionnel par les tâches les plus simples, pour apprendre le métier (faire des synthèses, des rapports…) et que ce sont ces tâches qui sont transférées à l’IA. C’est évidemment très grave. C’est la fonction d’apprentissage qui est affectée.
L’IA va-t-elle relancer l’idée de réduire le temps de travail hebdomadaire ?
C’est ce que prétendent ses concepteurs. Ils se réjouissent du fait que l’emploi risque de subir une énorme saignée dans les années qui viennent, en particulier dans les pays les plus riches, parce qu’il devient enfin possible d’imaginer un monde sans travail. Nous allons, selon eux, enfin pouvoir nous consacrer au loisir.
Elon Musk prédit la fin du travail obligatoire, Sam Altman le passage rapide aux 32 heures de travail par semaine. Tous deux suggèrent qu’un revenu universel permettra à chacun de vivre. On renoue ici – d’une manière beaucoup plus inquiétante – avec les prédictions de Keynes dans sa fameuse Lettre à nos petits-enfants, où il affirmait qu’en 2030, nos sociétés étant devenues huit fois plus riches, il serait possible de ne plus travailler du tout ou seulement trois heures par jour.
Je ne crois pas un seul instant au scénario développé par Musk et Altman. D’abord, je ne crois pas que l’IA remplacera tous les emplois. La société se sera révoltée bien avant que cela ne se produise – si cela devait se produire. Ensuite, peut-on souhaiter être gratifiés d’un revenu universel qui nous permettrait d’acheter les biens et services produits au moyen de l’IA sans travailler ? Il est certain que, calculé et distribué par les quelques grandes entreprises propriétaires des dispositifs d’IA, le montant de ce revenu serait très faible. Et que les manifestations réclamant son augmentation seraient vite réprimées.
Mais que faire face au danger que représente l’IA pour l’emploi ?
Je suggère – et j’ai vu que Bernie Sanders soutenait cette même idée – d’encadrer l’usage de l’IA, mais aussi et surtout de ne pas laisser la main à ceux qui détiennent les entreprises fournisseuses d’IA. Il faut au minimum donner du pouvoir aux salariés dans le cadre d’une démocratisation générale de l’économie. Mais aussi, dans ce cas précis, permettre aux pouvoirs publics d’exercer un très fort contrôle, voire de prendre le contrôle de ces entreprises. Les enjeux sont trop importants.
Si nous voulons engager nos sociétés dans la reconversion écologique – ce qui est absolument urgent – nous aurons besoin de plus de travail humain
Pensez-vous toujours qu’il faut réduire la place du travail dans nos vies et accroître celle de l’espace public ?
J’ai un peu changé sur ce point depuis plusieurs années. D’abord, malheureusement, on a pu constater que la réduction de la place du travail n’entraîne pas automatiquement un surcroît d’investissement dans la vie politique et citoyenne. Je le regrette, mais c’est ce que montrent les études. Ensuite, ce qui est clair, c’est qu’il faut tout autant développer la démocratie à l’intérieur des entreprises, des organisations de travail, qu’au-dehors.
Enfin, un des points qui me semble essentiel, est que si nous voulons engager nos sociétés dans ce que j’appelle la reconversion écologique – ce qui est absolument urgent – nous aurons besoin de plus de travail humain. Car moins de mécanisation, moins de recours à des dispositifs qui consomment de l’énergie et émettent du CO2, cela signifie plus de travail humain, plus d’huile de coude.
On doit ainsi quitter cette agriculture hypermécanisée, qui abuse des pesticides et qui, comme l’ont montré les travaux du Bureau d’analyse sociétale d’intérêt collectif (Basic4) produit des impacts négatifs que l’Etat est obligé de compenser pour un coût d’au moins 19 milliards. Il faut développer une agriculture biologique, moins mécanisée, sans pesticides, capable de proposer des produits de grande qualité gustative bons pour la santé, contrairement à la malbouffe.
Cette transformation devrait s’accompagner d’un surcroît de sens au travail, comme le rappelle Loïc Wojda dans L’émancipation paysanne. Essai de prolongement de la réflexion éthique de Pierre Rabhi (Le bord de l’eau, 2021). Cela ne signifie pas que nous devrons chacun et chacune travailler plus : il nous faudra répartir ce plus grand volume de travail sur l’ensemble de la population en âge de travailler.
Existe-t-il des modèles en Europe de relations de travail épanouisssantes, facilement transposables ?
On sait bien que rien n’est facilement transposable. Il y a des histoires, des traditions et des chemins nationaux, ce que les sociologues appellent un « sentier de dépendance » (path dependecy). Mais il y a des pays où cela va clairement mieux qu’en France : en exploitant l’enquête européenne sur les conditions de travail, Duncan Gallie et Ying Zhou5 ont montré que les organisations du travail corrélées à plus de bien-être des salariés, de moindres absences, une meilleure qualité du travail étaient concentrées dans les pays nordiques, et qu’elles constituaient des organisations dites apprenantes – c’est-à-dire laissant plus d’autonomie aux travailleurs et les consultant davantage.
Plus précisément, ces organisations de travail sont plus répandues là où la codétermination est en vigueur, c’est-à-dire là où le pouvoir est mieux partagé entre représentants de travailleurs et des actionnaires. Avec un certain nombre de collègues, nous portons donc l’idée qu’il faut donner plus de pouvoir – d’expression, de contrôle et de décision – aux représentants des salariés. C’est ce que suggère le rapport que vient de rendre la sociologue belge Isabelle Ferreras à la ministre espagnole du travail intitulé « Deux promesses à celles et ceux qui travaillent : la voix et la propriété », qui ouvre la voie à une véritable révolution.
Un grand chantier à ouvrir est celui de la valeur sociale des métiers : on ne peut pas continuer à sous-rémunérer les métiers essentiels, surtout avec le choc démographique à venir
Si l’on ne peut pas transposer un modèle, on peut tenter de s’en rapprocher. Comment repenser le travail ?
Il me semble urgent de mettre la question du travail au cœur de la campagne présidentielle qui s’ouvre. Vous allez me dire que c’est déjà le cas : le débat public n’est-il pas déjà plein de ces expressions : « La valeur travail est en crise », « Nous ne travaillons pas assez », « Les jeunes sont paresseux », « L’assistanat est un cancer » ? Mais évidemment, ce n’est pas à cela que je pense.
Il faut ouvrir le chantier des conditions de travail sans lequel on ne pourra pas avoir un débat serein sur la retraite. L’autre grand chantier à ouvrir c’est celui de la valeur sociale des métiers : on ne peut pas continuer – surtout avec le choc démographique qui va se produire – à sous-rémunérer les métiers essentiels. On doit mettre aussi cette question au centre des discussions. Il faut revoir les classifications et revaloriser les métiers, notamment ceux du lien.
Enfin, il faut redonner la parole et une partie du pouvoir à celles et ceux qui travaillent : c’est la clé de tout. Plus généralement, si nous concevions un projet de reconversion écologique capable d’entraîner les classes populaires, et que nous mettions enfin le travail au service de l’amélioration et de la réparation du monde – et pas au service de l’extraction ou de la destruction –, je suis sûre que la perception que nous en avons changerait complètement.
Propos recueillis par Naïri Nahapétian, Journaliste à Alternatives Economiques
Catherine André, Rédactrice en chef adjointe d'Alternatives Economiques
Publié le 28 mai 2026
En 2025, la générosité des Français enregistre une augmentation de +3,6% par rapport à 2024. Après trois années de faible progression, voire de stagnation en prenant en compte les contextes de forte inflation, l’année 2025 montre des signes très positifs de la collecte des dons des particuliers. Zoom sur les chiffres clés du Baromètre de la générosité 2025.
Méthodologie et périmètre de l’étude
Réalisé par Novos pour France générosités, le Baromètre de la générosité 2025 analyse la collecte des dons des particuliers de 55 associations et fondations de 2004 à 2025, cumulant plus d’1,2 milliard d’euros de dons en 2025.
Le périmètre de référence de cette étude porte sur l’ensemble des dons des particuliers (hors legs), en excluant les dons exceptionnels supérieurs à 250 k€, ceux des événements exceptionnels comme le Zevent et les dons identifiés sur les appels d’urgences médiatisées
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les perspectives pour 2026 appellent à la prudence
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en période de forte inflation la générosité des Français peut reculer en euros constants, avec une sensibilité légitime de certains donateurs aux chocs de pouvoir d’achat.
La vigilance s’impose pour les prévisions 2026 car l’inflation repart à la hausse avec +2,2 % en avril 2026 (versus avril 2025 source : INSEE), portée en grande partie par l’augmentation des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.
Un deuxième semestre décisif
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Les dons réguliers toujours en progression en 2025
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la conséquence des stratégies de collecte des organisations pour inciter les donateurs a apporté ce type de soutien permettant d’inscrire les programmes d’action dans la durée et d’anticiper les imprévus
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Pour aller plus loin
« La générosité face à l’accélération des transformations digitales » – Colloque 2025 de France générosités.
Accédez à tous les contenus du colloque, notamment :
- Décryptage à partir d’études croisées « Digital et générosité : quelles évolutions ? »
- Débat de professionnels de la collecte sur « Le donateur digital existe-t-il ? »
Poursuite de la baisse des plus petits dons en 2025
... les dons de moins de 150 euros représentent 38,7% de la collecte en 2025, alors qu’ils étaient majoritaires au sein de la collecte il y a dix ans (50,4 % en 2015).
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Connu / TG le 28/05/25 à 10:38
Ndlr : la générosité est toujours à, il y a besoin de plus de justice sociale pour mieux contrer les effets de l'inflation sur le pouvoir d'achat des plus modestes... Valoriser ACT
Accueil Inégalités sociales et territoriales de santé Documents magazines/revues
Publié le 3 mars 2026
Mis à jour le 25 mars 2026
Les territoires ruraux, qui rassemblent 88 % des communes françaises et où vivent 22 millions de personnes, affichent des indicateurs sanitaires moins bons que ceux des villes. L'espérance de vie à la naissance y est par exemple inférieure de deux ans à celle des zones urbaines. La ruralité est en effet marquée par des fragilités socio-économiques et démographiques spécifiques. Et " la campagne " n'est pas épargnée par la pollution : pesticides, infrastructures industrielles ou routières exposent les habitants. L'agriculture locale, souvent tournée vers l'exportation, ne profite que peu aux résidents. Le manque de professionnels de santé limite l'accès aux soins et à la prévention, tandis que les difficultés de mobilité pèsent sur l'éducation, l'emploi et la vie sociale, surtout pour les jeunes. Cependant, les acteurs, qu'ils soient institutionnels ou associatifs, professionnels ou élus locaux, s'engagent dans la promotion de la santé. Dans le Puy-de-Dôme, un réseau d'ambassadeurs lutte contre l'isolement des personnes âgées. Dans le Vercors, un bus itinérant aborde la santé mentale des 11-25 ans. En Lorraine, un projet alimentaire territorial favorise l'accès à une nourriture de qualité en circuit court pour tous. Ces actions, bien que prometteuses, gagneraient à s'appuyer davantage sur des cadres scientifiques, alors que le concept d'urbanisme favorable à la santé commence à inspirer les bourgs ruraux dans leurs projets d'aménagement. Le monde rural, par sa diversité et sa capacité d'innovation, est riche d'enseignements et montre la voie pour une action publique qui transforme les conditions de vie, l'environnement et ce qui fait cohésion sociale.
Année de publication : 2026
Pages : 44 p.
Connu / MdM16
Note de lecture de l’ouvrage d’Hugo Touzet, « Produire l’opinion. Une enquête sur le travail des sondeurs », Éditions EHESS, 2025.
par l'Institut La Boétie
Hugo Touzet est sociologue. Il a soutenu en 2021 à Sorbonne Université une thèse intitulée Le travail de l’opinion publique. Sociologie des professionnel·les du sondage d’opinion. Il est co-auteur de Sociologie de l’opinion publique (PUF, 2020) et de Votes populaires ! Les bases sociales de la polarisation électorale en 2017 (Éditions du Croquant, 2022)
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Elabe, Harris Interactive, Ifop, Cluster 17, Ipsos, Opinion Way, etc
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analyse rigoureuse des conditions concrètes d’élaboration des études d’opinion
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remonter la chaîne de production des chiffres pour comprendre par qui et comment ils sont constitués. L’auteur montre notamment que les praticien·nes du sondage sont soumis·es à des injonctions contradictoires. D’un côté, les impératifs marchands propres au monde de l’entreprise (rentabilité, flexibilité, satisfaction des attentes des client·es, etc.). De l’autre, les exigences de scientificité portées par la profession elle-même (représentativité des échantillons, limitation des biais, etc.). Il s’intéresse ainsi spécifiquement à la manière dont les sondeur·ses tentent d’aménager la tension entre respect des standards de la bonne enquête et impératifs commerciaux et la façon dont cette tension dégrade la qualité et la rigueur des sondages publiés..
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À l’heure où le couple média/sondage exerce une pression extrême sur la vie démocratique du pays, contribuant à transformer en profondeur la manière de faire de la politique, le livre de Hugo Touzet fournit des clés de compréhension essentielles pour analyser les sondages d’opinion avec un regard critique.
I/ Qui sont les sondeurs ?
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II/ La marchandisation contre la science
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III/ La mesure de l’opinion en question
« L’opinion publique n’existe pas »
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Les sondages apparaissent ainsi moins comme un instrument de mesure que comme un dispositif de production artificielle de l’opinion
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Le redressement politique constitue enfin l’étape la plus critiquée et la plus opaque de la production des sondages ... à la différence des autres opérations de traitement des données, largement standardisées, il ne repose sur aucun modèle formalisé ... pratique demeure largement opaque, y compris au sein des instituts, notamment car elle repose uniquement sur un savoir-faire fondé sur l’expérience d’un individu et non sur des critères de scientificité clairement établis.
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part d’arbitrage interprétatif inhérente à la technique du redressement politique, et ses conséquences sur le débat public.
Conclusion
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nécessité d’une lecture vigilante de ces sondages, au regard des tensions croissantes qui traversent leur processus d’élaboration, entre exigences de scientificité, impératifs de rentabilité économique et instrumentalisations politiques des résultats. L’enjeu consiste alors à réformer structurellement le secteur des sondages pour ne plus laisser les logiques marchandes détériorer le métier de sondeur et la qualité des études.
« Au regard de la place occupée par les sondages dans notre système politique, il est crucial de renoncer à cette course à la baisse des coûts et d’inventer collectivement un système qui permette aux journalistes et aux sondeur·ses de jouer pleinement le rôle qu’ils et elles entendent défendre dans le fonctionnement des démocraties : la production de données rigoureuses, au service de la formation de citoyen·nes éclairé·es. »
La vague ©Getty
Vivre enfin ! Avec François Jullien
Vendredi 9 janvier 2026
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Être en vie ne garantit pas que l'on sache vivre. Avec "Vivre enfin, édité chez Plon François Jullien ne nous propose pas des recettes pour « profiter de la vie », mais nous invite à apprendre, et surtout à décider de vivre, un choix à l’origine de tout commencement.
Avec François Jullien, philosophe, helléniste et sinologue, professeur à l'université Paris-Diderot et titulaire de la Chaire sur l’altérité au Collège d’Etudes mondiales de la Fondation Maison des sciences de l’homme
... La vie nous est donnée, mais le vivre, lui, n’est jamais acquis. Est-ce que vivre s'apprend ? Comment penser ce rapport à ce que nous sommes le plus originairement : des vivants ? Qui ne s’est jamais réveillé un matin en se demandant : est-ce que je vis vraiment ? Suis-je passé à côté ? Qu’attends-je pour vivre enfin ? À la manière de Montaigne, François Jullien nous invite à nous arrêter, parfois même au cœur de la nuit, pour éprouver ce que vivre signifie.
Plutôt que d’élaborer une théorie abstraite sur la vie, le philosophe s'intéresse au verbe "vivre", qui implique davantage le mouvement. Pour cela, il part de nos existences ordinaires afin d’ouvrir de nouveaux possibles sur notre manière d’exister, ici et maintenant. La question n’est donc pas "Qu’est-ce que vivre ?" mais "Comment vivre ?" Le vivre ne se donne pas comme une expérience que l’on pourrait observer de l’extérieur ; on y est jeté comme dans des vagues. Comment, dès lors, s’arrêter un instant au cœur du mouvement pour saisir ce qui se vit ? Peut-on être sans cesse emporté par la vie ou faut-il, à un moment faire un pas de côté ? Il s’agit de ce "saut risqué" dans l’abstrait que François Jullien nous invite à tenter.
Cet essai édité chez Plon, vise à "repossibiliser" la vie, à lui redonner de l’espace. Il se lit comme un manifeste où l’aspiration à vivre est un défi sans cesse relancé. Ces questionnements sont au cœur de l’œuvre de François Jullien depuis plus de dix ouvrages. François Julien est aussi l'auteur de "La transparence du matin "édité aux Editions de l'Observatoire, "Puissance du pensif ou Comment pense la littérature" chez Actes Sud, "Revoir. Aux Amis des musées" et "Dénouer. Petite philosophie pratique de la médiation" chez Rue de l'Echiquier.
Programmation : David Bowie : "Life on Mars" et Gaetan Roussel : "Ta part"
À écouter
Vivre et mourir avec André Comte-Sponville et Francis Wolff
L'Heure philo
49 min
Clés : Sciences et Savoirs Arts et Divertissement Philosophie Livres Essais – Livres d'art Idées François Jullien
L'équipe
- Patricia Martin Journaliste, critique littéraire et productrice chez France Inter
Lilian Alleaume Réalisation
Chantal Le Montagner Chargé(e) de programme
Ethel Alzial Attaché(e) de production
Tr.: ... nous écarte du marché du bonheur ... la vraie vie ... le contraire de la mort, être en vie. Et il y a le vivant avec son contraire, la non-vie ... illusion qu'on vit, mais enlisé ... l'important n'est pas de vivre, mais de bien vivre ... La vie est un indifférent ... réthorique, dialectique ... je m'écarte de "la vie bonne" ... on s'écarte du bonheur, du bien vivre ... autre exigence de vraiment vivre ... pas simplement moral ... répondre à cette exigence du vivre en nous ... le vital est le fait d'être en vie ... le vivant est la capacité de faire émerger la vie qui est en nous ... exigence d'être dans cette capacité de vivre, ne pas être dans une pseudo vie ... entre pensée chinoise et européenne ... helléniste et sinologue ... mettre en vis-à-vis ces pensées pour y réfléchir l'une par l'autre ... ouvrir l'horizon de pensée ... s'est déporté sur vivre / la pensée de l'être ... en Chine, il n'y a pas d’anthologie ... le verbe être ne se dit pas en chinois, c'est radical ... a pensé le vivre, tournant dans ma réflexion ... vivre est peut-être ce qu'on peut le moins saisir par des concepts, outil même de la philosophie ... comment essayer de penser vivre ... distinction du vital et du vivant ... la pensée de l'inoui, de l'intime, de l'incommensurable ... la transparence du matin ... saisir ce qui résiste le plus aux concepts ... une abstraction qui ne nous détache pas de l'existance, qui soit une sorte de condensateur de l'expérience. Le concept passe par une abstraction, on décolle mais il faut réatterrir un peu plus loin ! Et penser le concept comme un intensificateur d'expérience qui puisse changer la vie, ambition de la philosophie. ... le bonheur renvoie à l'idée de satisfaction. On sait bien qu'il n'y en a pas ... c'est superficiel, image de contentement qui n'est pas vraiment sérieuse, non seulement parce que ce qui nous promet en l'homme c'est qu'on ne satisfait pas de la satisfaction ! ... penser la vraie vie par distinction avec cette image du bonheur à laquelle on est accolé, je ne sais pas pourquoi. ... l'usage de la vie, qu'est-ce que j'en fais ? Question essentielle, radicale. ... vivre vraiment ou se contenter d'une pseudo vie ... on est dans une tension entre une vie dans laquelle on est et une vie à laquelle on n'accède pas. À la fois condition de toutes les conditions et aspiration de toutes les aspirations. C'est ça qui met en tension de vivre.Et vivre, c'est être dans cette tension. J'essaie de faire sur un plan conceptuel, c'est de penser des concepts qui soient des intensificateurs d'expérience. Ce qui menace la vie, c'est le rabattement dans la non vie, la pseudo vie ... la vie dépouille la vie ... la vie ne vit pas. C'est donc la non-vie qui est notre pb. Cela dégage de ces banalités sur le bonheur ... ça ne porte pas effectivement à vivre. ... le vital et le vivant ... au moment de la pandémie COVID, on a rabattu sur le vital pour rester en vie ... les grecs ont fait le travail ... il y a 3 mots : bios, c'est la vie morale et politique, celle dont parle Platon etc ... psychée, c'est le souffle vital qui sort de nous quand on meurt. Et Zoé, la vie vivante d'Aristote déjà la vie de Dieu et dans l'évangile de Jean "qui est attaché à sa vie la perd". En grec il y a 2 mots : il faudrait une note de bas de page pour dire que ce n'est pas le vie qui est en question. Ya d'une part le vital qui est d'être en vie et la source intarissable de vie, le vivant.Et l'épisode de la Samaritaine, c'est justement de passer du vital de l'eau qu'il faut boire pour ne pas mourir, à cette eau qui ne cesse de jaillir. Et qui est cette eau, non pas symbolique, ... mais qui est cette eau intarissable de capacité à effectivement vivre. Inépuisable ... Donc au fond, ça change les choses de sortir du contexte bonheur/malheur ... l'être en vie et le VRAIMENT vivre ... c'était au début un rabattement nécessaire de s'occuper du vital de la vie. Mals elle ne s'y limite pas. Il y a à penser qu'est-ce que c'est que d'être effectivement en vie, nettement vivant. Et je crois que c'est notre occupation la plus légitime, la plus nécessaire. Et qu'elle nous débarrasse des thématiques trop faciles du bonheur, de la satisfaction ... la littérature, la peinture, la poésie, l'art en général. Pour Gilles Deleuze, c'est une forme de résistance ... il n'y a pas d'art qui soit une libération d'une puissance de vie ... l'art consiste à libérer la vie que l'homme a emprisonné ... l'artiste est celui qui libère une vie. Oui on essaye de rabattre la vie. ... émonder un arbre pour lui donner de la puissance ... Vivre, c'est résister à cela. ... La vie ne cesse de se résigner. Se dérésigner, c'est faire apparaître le vivant de la vie. Une ne cesse de s'enliser. Se désenliser, c'est ça faire émerger le vivant de la vie. ... le portable ... désaliéner sa vie ... résister à ce qui m'empêche de vivre. Se désenliser, se dérésigner, se désaliéner, porte sa capacité de vivre ... L'art a vocation à défaire ce rabattement qui ne cesse de peser sur la vie. ... Vivre, c'est s'opposer à tout ce qui vient rabattre la vie. ... résistance, révolte ... se méfie de ces affects. Se désenliser est une opération à sens contraire de ce à quoi on est soumis ou condamné ... résignation. Donc c'est pour éviter une image plate de la vie ... dire non à tout ce qui vient recouvrir ma vie. C'est l'opération même de la philosophie. ... L'amour ... Aragon ... la possibilité ou non du couple ... passer par l'autre pour trouver quelque chose ... ni l'étouffer, ni s'étouffer soi-même ... nous détacher de ces lieux-communs ... entre l'amour don de soi et l'amour possession de l'autre - l'eros - quoi de commun ? ... résister à l'enferment dans des mots ... donc faire un écart ... l'atavisme de Nietzsche ... se décaler, s'écarter ... 2 concepts : l'intime et l'extime ... le plus profond du profond de moi ... une présence de l'autre partagée ... c'est pas l'intimité ni l'intimisme. L'intimité est déjà un état. Lever la frontière avec l'autre ... abstraire l'autre des rapports de forces qui font le monde ... être en l'autre, c'est l'intime ... Au plus profond de moi, je peux être en même temps en toi ... IL Y A DE LA CONSCIENCE PARTAGÉE ... Penser aussi que l'amour peut être un enfermement, donc l'extime ! Remettre un écart entre l'autre et soi pour l'autre ne soit pas assimilé par soi, approprié par soi, mais on retrouve un dehors qui fasse qu'on le rencontre encore. ... À la fois arriver à ce partage des consciences et en même temps ne pas rabattre l'autre par une sorte d'appropriation où l'émergence de l'autre disparaît. D'où dé??? coupler les deux, l'intime et l'extime. À la fois ... secouer de temps en temps ... l'autre retrouve une distance qui fait qu'il peut à nouveau être rencontré. Le drame de l'amour fait qu'on passe de la rencontre à la relation. ... amour fusionnel ... il faut qu'il reste l'autre sinon comment le désirer ? il faut un écart ... la ruse de la vie, c'est à la fois de pouvoir ouvrir un dedans partagé entre l'autre et soi, et en même temps réintroduire un écart qui fasse que l'autre existe comme autre et qu'on puisse à nouveau le rencontrer. Une rencontre continue ... si on ne dit pas couple, on dit compagnon, sinon, c'est acquis, une sorte de rangement de la vie. Et ça c'est mortel. ... Nicolas Bouvier ... le voyage, une façon de vivre plus intense et plus lyrique ... un catalyseur ... on devient plus vulnérable, plus mobile, on est obligé de s'engager chaque jour. On est beaucoup plus réceptif et on est mieux à même de faire le point aussi. C'est-à-dire d'éprouver les choses par rapport à soi et non pas par rapport au milieu qui vous abrite et au cadre qui vous détermine.
... voyager, c'est introduire de l'écart dans sa vie. Un écart de conduite, de langage, négativement. ... découvre d'autres possibles. ... de façon à se déporter de soi ... pour remettre en tension. Ouvrir une distance mais qui maintient en regard. Et donc, quand on voyage, on s'écarte sans oublier ce dont on s'est écarté. C'est cette tension qui fait vivre. Voyager fait décohencider. ... faire réémerger cette exigence qu'on réapparaît. Les vacances, c'est pas ne rien faire. Ça remet en tension sa vie. ... être dans l'entre-deux, dans la tension de cet écart. ...
sous-titre "petite flèche". /médiation ça devient peu important??? aujourd'hui dans la société. ... de terrain, qui aille sur le terrain des autres ... être utile conceptuellement pour éclairer ces expériences ... j'ai mis la médiation en rapport avec certains concepts de mon travail, par exemple celui de potentiel de situation, au fond, non pas projeter un plan mais voir quel est le potentiel de la situation dans laquelle on est. Le médiateur, c'est ce qu'il fait. Il ne commence pas par faire le plan de la médiation qu'il va essayer de faire avancer mais qu'est-ce qui peut être porteur dans la situation pour m'aider à opérer cette médiation ?
De même, ce qui me paraît important c'est de distinguer la figure du médiateur de celle du juge qui est la grande figure que l'on a pensé dans la civilisation européenne. Avec la vérité, le juste milieu, tout cela qui fait l'impartialité. Il me semble que le médiateur doit être détaché de cette figure là parce qu'il pense non pas que son enjeu n'est pas vraiment la vérité mais la viabilité. Et rendre viable ... Là je me reporte à la notion chinoise de voie comme étant la voie non pas qui conduit vers quelque part, mais plus viable, par où ça passe. Si c'est vivable. Tao ... Et puis penser ce qui revient tout le temps en France - le compromis - comme étant l'ultime figure de la politique. Comme si c'était ce qu'on devait vraiment promouvoir en France... Le compromis, c'est FAIBLE. C'est couper la poire en deux, mettre de l'eau dans son vin, cette sorte de "chacun s'arrête à mi-distance". Mais ça reste des rapports de force. Et finalement, est-ce que c'est une politique, le compromis ? Un peu de ceci, un peu de cela... Il faut penser quelque chose de beaucoup plus exigeant, le concept n'est pas de moi : c'est le COMPOSSIBLE. Passer du compromis au compossible. ... Le compromis reste dans les rapports de force. On le voit bien aujourd'hui à l'international. Que ce soit entre Israël et Gaza. On est arrivé à un compromis comme si c'était résolu. Non car les rapports de forces changent et le compromis va sauter. Remis en question voire oublié. Donc penser la compossibilité. C'est la véritable exigence du médiateur. Ça devrait être aussi celle de la France d'aujourd'hui puisqu'il n'y a pas de majorité pour gouverner.
Qui est donc de faire en sorte qu'une véritable possibilité s'ouvre ET pour l'un ET pour l'autre. Donc qu'on s'extraie du rapport de forces immédiat pour retrouver une logique de possibilité partagée.
Pour moi, l'ÉDIT DE NANTES, ça a été ça... L'europe de la seconde guerre mondiale. Ça a été ouvrir du compossible. On a vu à quel point les nationalismes s'entre-tuaient. Donc s'écarter de ce qui a précédé pour RE POSSIBILISER l'histoire. À partir de ce que j'ai appelé "potentiel de situation". ...
Donc il faut là aussi être vigilant. On est trop dans des mots maintenant qui sont des mots qui semblent indispensables à la pensée - ou plutôt qui ne pensent plus - résilience, compromis, enfin tous ces mots qui au fond nous enferment dans une sorte de faux débat. On dit on débat. Mais en fait on ne débat pas. On débat à l'intérieur de ces mots là. Il me semble que la philosophie doit avoir cette exigence justement de se demander "qu'est-ce qu'on pense avec ces mots ?" Et si on ne pense pas avec eux, d'en changer. Et d'essayer ce que j'ai essayé de faire en passant de compromis à compossible. C'est de passer d'un mot qui ne signifie plus rien - au mieux, un peu de bonne intention. Mais qui rate l'essentiel qui est la tâche d'un homme politique: trouver par où l'histoire peut passer... Donc il y a cette logique qu'il faut retrouver qui est celle sans doute d'être rabattue pour REPOSSIBILISER notre vie. Et repossibiliser la politique. C'est ça qui me paraît essentiel. C'est pas les rêves et la réalité ... c'est s'écarter de ce qui s'enlise, se perd dans notre vie comme dans la vie politique pour relancer ce que j'ai appelé décohencider pour repossibiliser la pensée et la société.
...
Difficile d'être philosophe ? Ça l'est de plus en plus ... mais de plus en plus nécessaire pour la société parce qu'on est dans un régime d'opinion. Et philosopher, les grecs l'ont dit - c'est le grand thème de Platon - c'est s'écarter de l'opinion. Non pas l'oublier ou l'effacer mais ouvrir un écart par rapport à l'opinion en décohencidant de façon à ne pas être enlisé dans l'opinion. Et donc de faire travailler la pensée.
Aujourd'hui, le rythme de l'opinion est de plus en plus consistant - les médias y contribuent aussi - et donc de faire sujet une interrogation qui se déphase de tout ce qu'a ... ce par quoi l'opinion nous enferme. Est de plus en plus difficile à secouer ... Tous les termes sont des mots cohencidants qui sont résilience, tous ces mots là, font que on ne débat que dans le débattable. Et en fait, qu'est-ce qui reste non débattu dans nos débats ? Et je crois que c'est le rôle de la philosophie de faire émerger ce qu'on ne pense pas ... Ce qu'on ne pense pas à penser. C'est ça qui est l'enjeu. ... difficile car le rythme de l'opinion est dominant, le marché est dominant. Les livres sont de plus en plus des produits de marché y compris ceux de philo ... On en demande de la vente immédiate. C'est pas de la réflexion, ni de la pensée. ... La situation est critique et il est de plus en plus difficile de philosopher et donc il est de plus en plus nécessaire de le faire.
Sujets relatifs :
Démocratie locale, Développement économique, Réforme de l'Etat
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© Corinne Rozotte (Agence Divergence)
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Alors que le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, vient de présenter sa future loi « Simplification » en conseil des ministres, un article fait beaucoup réagir. Bercy avait en effet prévu de supprimer la Commission nationale du débat public (CNDP)… avant de rétropédaler mais en limitant drastiquement son rôle dès qu’il s’agit d’implantation industrielle. Pour Guillaume Gourgues, maître de conférences en science politique à l'université Lyon 2 et membre du laboratoire de recherche Triangle, cette attaque de Bercy contre la CNDP est tout sauf une surprise. Et selon lui, les « grands » élus restent farouchement opposés à cette institution.
Êtes-vous surpris par le fait que cette loi cherche à réduire le rôle de la CNDP, notamment dans les cas d’implantations industrielles ?
Guillaume Gourgues : Non. C'est tout sauf une surprise. Avec ma collègue, Alice Mazeaud, on a publié un article dans la revue française de science politique qui est justement consacré au pilotage de la participation citoyenne au sein de l'État. Et l’un des résultats de recherche sur lequel on a abouti, c'est que depuis sa création [en 1995 ; puis autorité administrative indépendante en 2002, ndlr], la Commission nationale du débat public (CNDP) est surveillée comme le[…]
... la plupart d’entre nous ignorent à quoi servent nos régions. Pourtant, elles ont en charge des sujets fondamentaux dans nos quotidiens, comme les transports ou l’éducation, et sont surtout un échelon pertinent pour créer des politiques climatiques ambitieuses et concrètes. En vue de cette période d’élection, nous vous proposons de faire un tour d’horizon de ce que plusieurs d’entre elles ont mis en place pour la démocratie, la biodiversité, l’alimentation,...
...
Ne nous reposons pas sur nos lauriers !
Si ces processus démocratiques sont innovants et prometteurs, ils comportent quand même des limites ... :
- Le nombre : la participation citoyenne reste très faible ...
- Le genre : cette minorité est souvent homogène sociologiquement. Beaucoup de diplômés, de cadres, de personnes issues des mêmes milieux sociaux. Là encore, difficile d’y voir l’expression citoyenne d’un territoire dans son ensemble.
- L’accessibilité : les débats publics, les consultations, les votes…, ceux-ci se passent beaucoup en ligne. Malgré certains événements fédérateurs, l’expression en ligne ne permet pas à certaines personnes d’interagir. Le fameux gap numérique constitue, en particulier, un biais de communication qui parle aux personnes très connectées.
- La confiance est encore à prouver ... une forme de democracy whashing.
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En 2015, nos régions sont passées de 22 à 13 ... la loi NOTRe a renforcé leurs compétences sur l’économie, l’aménagement du territoire et la mobilité interurbaine. Aujourd’hui, les régions sont des échelles fondamentales pour l’action. Autonomes sur leurs nouvelles compétences, elles peuvent devenir un contre-pouvoir à une politique nationale qui n’en fait pas assez pour le bien-être de ses habitants et de leur environnement. ... coconstruction de politiques locales ... nous pouvons ensemble décider comment nous souhaitons nous déplacer, manger, faire de l’agriculture, éduquer nos jeunes, développer nos petits commerces… Une bonne politique régionale peut avoir des effets bénéfiques
...
Nous allons pouvoir voter cette année pour un nouveau conseil régional, dont le mandat est de six ans. Les 20 et 27 juin, choisissons les projets qui nous ressemblent. Mobilisons-nous pour faire de nos régions des bastions solides pour créer un monde plus sobre et plus heureux. (Inscription sur les listes électorales jusqu’au 7 mai)
Connu / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju/?XcxsVQ
Ndlr :
- Le bilan des processus participatifs semble honnête. Sa conclusion souligne de graves lacunes en terme de MÉDIATION. À valoriser.
- Régions mises en évidence sur la carte - 6 régions phares (sur 13, ça n'est même pas la moitié qui est valorisée :-( :
. Aquitaine (Nouvelle) : cap vers la transition écologique
. Bretagne : 6000 bretons engagés pour le climat
. Bourgogne(France-Comté : la transition entre Potes
. Centre : la démocratie partout et tout le temps
. Occitanie : région citoyenne - Sur "régions contre-pouvoirs potentiels", le moins que l'on puisse dire est que cela n'a pas vraiment commencé... Trop angélique sur ce point ? ACT
Si elles sont aujourd’hui accusées de dérives, ou de trahir leur raison d’être, les coopératives agricoles n’ont en réalité pas cessé de s’adapter et de se renouveler au gré des politiques agricoles et des changements socio-économiques. Au regard des enjeux actuels, cette évolution de longue haleine semble, par ailleurs, loin d’être terminée. Bertrand Valiorgue, Émilie Bourlier Bargues et Xavier Hollandts en décryptent les mécanismes dans un article paru très récemment dans la Revue internationale de l’économie sociale (Recma).
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Aujourd’hui : se renouveler à nouveau face aux attentes sociétales
Si elles ne sont pas nouvelles, les tensions sur la raison d’être des coopératives agricoles sont surtout ravivées par le contexte socio-économique et climatique et l’importance accordée à l’agriculture et à l’alimentation dans les enjeux politiques, environnementaux et climatiques. Répondre davantage aux attentes des agriculteurs ne pourra se faire que dans le cadre d'une réponse globale aux attentes sociétales très fortes sur ces questions. « Dans ce contexte marqué par la nécessité de régénérer le progrès social, environnemental et agronomique, les coopératives agricoles vont sans doute devoir enclencher un nouvel effort de définition de leur raison d’être, afin de reconsidérer leurs services et missions de base pour le bénéfice de leurs adhérents et de la société dans son ensemble », et se réinventer une nouvelle fois en tenant compte des attentes des consommateurs et des citoyens, concluent Bertrand Valiorgue, Émilie Bourlier Bargues et Xavier Hollandts.
Lire également >> Congrès de Coop de France : les coopératives en quête d'un nouveau souffle https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/les-cooperatives-en-quete-d-un-nouveau-souffle-202-165142.html
Connu / https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?jt2ekA
Clés : cada ; open data ; documents administratifs - Article de 8 pages
Dans un entretien à Acteurs publics, le nouveau président de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), Jean-Luc Nevache, rappelle “aux fonctionnaires et élus que la Cada est le dernier recours avant le tribunal administratif, et non la première étape avant de communiquer le document”. La Cada a affiché en 2019 des résultats encore une fois bien en-deça des attentes des requérants et de la loi. Un audit interne devrait toutefois êt...
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Chronique
Si notre chroniqueuse se réjouit de la victoire des écologistes aux municipales, elle considère qu’on ne peut pas parler de « vague verte », notamment du fait de l’abstention record. La bataille culturelle est loin d’être acquise.
...
cela ne dit rien de définitif sur une victoire de l’écologie dans l’opinion. Il suffit de regarder les chiffres de l’abstention pour écarter l’idée de massification. Soit le sentiment d’urgence écologique et sociale ne se répand pas si largement — ce qui reste édifiant au regard des enjeux —, soit la désaffection pour les politiques se répand plus rapidement. Au croisement des deux, il y a la mobilisation d’un électorat restreint qui fait gagner des projets nouveaux. Cela ne veut pas dire qu’il y a une demande majoritaire d’écologie radicale, ni que les habitant-es et les acteurs économiques vont accepter demain sans broncher de municipaliser l’eau, d’accueillir dignement les migrants, de réduire la place de la voiture en ville, de renoncer aux grands stades ou aux partenariats publics-privés, de baisser significativement la consommation de ressources et la matière produite, de développer la sobriété dans tous ses aspects ni qu’on échappera à des phénomènes de gentrification.
...
L’écologie est de plus en plus attendue, non à droite sur son réalisme économique, mais à gauche, sur son anticapitalisme et sa radicalité. Elle est devenue clivante. Partout, que cela ait été impulsé ou non par les listes concernées, on a assisté à des levées de boucliers d’intérêts économiques et particuliers, à Toulouse ou Lyon comme sur certains plateaux télé. Ça avait commencé avec Greta Thunberg, ça se poursuit avec certaines propositions de la Convention citoyenne pour le climat : la violence des attaques oblige chacun à se positionner et révèle des projets politiques opposés, qui touchent de plus en plus aux grands projets d’infrastructure et à l’économie, bien au-delà de la vision consensuelle d’une écologie bio–vélo. On rentre dans le dur.
L’accélération et la dégradation brutale de la précarité, du climat, des pollutions et de la biodiversité
Cette bataille culturelle, nous en avons été les artisans par la réflexion intellectuelle qui s’est ouverte sur le lien indissociable entre justice sociale et urgence écologique, sur l’Anthropocène et notre rapport aux écosystèmes, par sa traduction politique, qu’elle soit institutionnelle ou en marge du système, dans des éléments de programme sur la fiscalité ou les traités de libre-échange, dans des manières différentes d’être terrestres, de vivre et d’habiter un lieu, par des actions de terrain, de l’entraide et de la désobéissance, par des opérations coups de poing destinées à ouvrir notre fenêtre d’Overton [1]. En bref, de manière générale par le trépied de la transformation sociale : un réseau de résistances, la construction d’alternatives et de l’éducation populaire.
...
Au-delà des analyses électorales et sociologiques, c’est probablement l’élément nouveau le plus décisif car c’est celui qui affecte nos vies et notre avenir bien plus sûrement que tous les scrutins passés et à venir.
Pour ces nouvelles équipes municipales, c’est maintenant que les difficultés commencent
...
considérer le réel avec lucidité et vertébration politique certes, mais sans fausse polémique ... parce qu’il y a — au mieux — urgence, je crois qu’on ne peut pas faire la fine bouche sur tout ce qui peut permettre de préserver ne serait-ce que quelques grammes de vivant et de justice sociale ... Il est très dur de gérer une ville de manière réellement écolo et sociale, même avec les meilleures volontés, quand on est englué dans un système capitaliste et productiviste. Les mairies ne sont pas des baguettes magiques et ne disposent pas de tous les leviers, en particulier fiscaux ou législatifs. Il ne faut pas donc y placer trop d’espoirs qui seraient fatalement déçus ... le Capitalocène ou la résilience ... débitumisation
...
que ce soit des élu-e-s citoyennes, Europe Écologie Les Verts, France insoumise ou je ne sais quoi, rien ne se passera de significatif sans mobilisation et réflexion du dehors, c’est-à-dire de nous. Une pression à la fois radicale car dégagée des tensions du pouvoir représentatif et amène, car l’objectif n’est pas d’affaiblir ni de braquer mais bien de pousser de potentiels alliés. Tout l’enjeu, selon moi, est désormais là. Et nous ne renoncerons à rien.
[1] Cette notion théorise un espace fluctuant, sous la forme d’une fenêtre dans laquelle se situe ce qui est politiquement acceptable par le public. Cela peut prendre la forme de ballons d’essai volontairement provocateurs pour voir comment l’opinion réagit ou de légitimisation de formes d’actions considérées comme violentes ou encore de rendre des choses jusqu’ici tacitement admises inacceptables.
[2] L’irénisme est l’attitude qui consiste à minimiser les désaccords et conflits pour parvenir à la concorde à tout prix.
Ndlr :
- espace d'Overton ~acceptabilité sociale ? ACT
- irénisme : acheter la "paix sociale" ? ACT
Que pouvait-on savoir et prévoir de l’actuelle pandémie et de son arrivée sur le territoire français ? Premiers éléments de réponse à partir d’un corpus bien défini : le très réputé magazine « Science », et les déclarations de l’OMS depuis fin décembre 2019.
...
Conclusion
Cette brève esquisse permet de décrire quatre moments dans l’appréhension de l’épidémie du coronavirus Covid-19 pour qui lit Science. Début janvier 2020, on apprend l’existence de cette nouvelle maladie dont les caractéristiques sont inconnues. Début février, on doit se rendre à l’évidence : les spécialistes ne peuvent exclure le scénario de la pandémie, voire semblent penser que ce scénario est le plus probable des deux (l’autre étant la réussite du containment). Le 25 février, il est désormais établi que la pandémie l’a emporté. Le 2 mars, l’analyse du rapport de la visite de l’OMS montre deux choses : il est possible d’arrêter la course folle du virus ; la manière de le faire est de procéder à des dépistages massifs et ultra-rapides, avec traçage et isolement immédiat des contacts des personnes positives.
Soulignons au passage que dès le 11 février, les lecteurs de Science sont alertés sur la possible pénurie de tests biologiques de dépistage. Le rapport de l’OMS du 28 février confirme qu’il existe d’autres techniques, à allier ou à substituer aux tests biologiques de dépistage en fonction des circonstances : la prise régulière des températures, l’examen des poumons par scanner.
D’autres travaux permettront aussi, je l’espère, de mettre en regard cette esquisse de chronologie avec ce qu’a fait et ce que n’a pas fait le gouvernement français. Je me permettrai une seule remarque sur ce point.
Le 28 février est publié le rapport crucial de l’OMS sur ce qui a été fait en Chine. Il montre que seule une mobilisation de « tout le gouvernement » (all-of-government) et « toute la société » (all-of-society) permet de vaincre l’épidémie. On se souviendra sans doute longtemps du fait que le lendemain, le samedi 29 février d’une année bissextile, le premier ministre Édouard Philippe a décidé de détourner un conseil des ministres « exceptionnel dédié au Covid-19 » pour annoncer l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution afin d’adopter sans vote la réforme des retraites. Alors que l’OMS démontrait l’urgence de l’action collective et solidaire face à une pandémie bientôt incontrôlable, le gouvernement s’est dit que le plus urgent était de profiter de la dernière fenêtre de tir pour faire passer son projet de loi tant décrié.
Lorsque le temps de la justice et des comptes sera venu, il nous faudra comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle : une pénurie absolue de masques, ne permettant pas de protéger convenablement les soignant.es qui sont au front – qui sont infecté.es, et infectent à leur tour –, bien trop peu de tests de dépistage (ce qui semble avoir été une décision assumée, y compris aux temps où l’épidémie était encore balbutiante en France, et n’est pas une fatalité en Europe, comme le montre l’exemple de l’Allemagne), et finalement la décision de dernier ressort de confiner toute la population pour une période indéterminée, une arme non discriminante qui est terriblement coûteuse en termes humains, sanitaires (santé mentale) et économiques.
Ndlr : il est ici démontré de manière factuelle et prouvée à quel point le gouvernement a failli et aura de très nombreux morts sur la conscience. => Le faire savoir ACT
Depuis un an, des dizaines d’activistes autochtones ont été assassinés pour leur défense de l’environnement contre les politiques extractivistes. A la suite d'un ouvrage dirigé par Irène Bellier et Jennifer Hays, comparant le rapport des peuples autochtones à l’État et aux instances de l’ONU, Barbara Glowczewski revient ici sur leurs stratégies articulant plusieurs échelles territoriales.
Clés : Droits des peuples autochtones ; Terre
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Partout, les relations engagées par les acteurs autochtones, entre voisins aux intérêts conflictuels, avec les différentes bureaucraties régionales propres à chaque Etat et lors de négociations sur la scène internationale, sont soumises à diverses pressions économiques globales et privées, notamment du secteur minier et des finances, et aussi des mafias. Comme le démontre L’écologie décoloniale de Malcom Ferdinand les divers empires coloniaux et Etats postcoloniaux continuent de produire de nouvelles formes de colonisation. Echelles de Gouvernance et droits des peuples autochtones présentent un échantillon des agencements de la multiplicité des territoires en lutte, inspirants pour penser l’avenir de la planète14. C’est pourquoi il est urgent de s’allier avec les hommes et les femmes autochtones engagés dans une démarche critique de la destruction de leurs milieux qui appellent à valoriser leur héritage ancestral pour réinventer des formes alternatives de rapport au milieu. A la fois singulières et communes dans leurs réponses à l’impact destructeur de la globalisation capitaliste, les initiatives autochtones nous invitent à stimuler notre imagination collective pour habiter cette terre autrement.
Calquée sur des modèles de production anciens, l'agroforesterie intéresse de plus en plus d'agriculteurs français. Mais l'accompagnement technique mériterait de s'étoffer pour impulser une vraie dynamique sur le territoire.
Pour la première fois cette année, le Concours général agricole récompensait les pratiques d'agroforesterie lors du Salon de l'agriculture. « Ce n'est sans doute pas en remettant des prix que l'on fera avancer les choses », remarque Fabien Balaguer, directeur de l'association française de l'agroforesterie (AFAF), mais il est positif que ce concours, propriété du Ministère de l'agriculture et de l'alimentation, distingue une pratique agroécologique encore discrète qui intéresse de plus en...
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Langouët, Puy-Saint-André, Faux-la-montagne... Les petites communes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans la transition écologique. Souvent à l’origine de projets précurseurs, leurs maires font montre d’un optimisme sans faille... Mais pointent aussi les difficultés que peut rencontrer un village sur le long chemin de la transition.
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Daniel Cueff, maire de Langouët, dans le Finistère. Désormais connu pour son arrêté anti-pesticides, il a aussi impulsé dans sa commune de 600 habitants la première cantine totalement bio, une école basse consommation, la construction de maisons « zéro carbone, zéro déchet de chantier », etc. ... l’écologie au centre de sa politique ... une volonté politique forte », dit Nicolas Garnier, délégué général de l’association Amorce https://amorce.asso.fr/, qui accompagne les collectivités locales engagées dans la transition écologique sur les questions d’énergie, de gestion des déchets et de l’eau. « Il faut être courageux. Et convaincre l’adjoint aux finances... » ... village de 460 âmes, une société d’économie mixte pour produire de l’énergie renouvelable dont les habitants sont aussi actionnaires. ... Estelle Arnaud. « On a mis en place des assemblées d’habitants, le conseil municipal travaille avec elles pour que les projets ne soient pas portés que par les élus », dit Catherine Moulin, maire de Faux-la-Montagne https://reporterre.net/Faire-revivre-les-campagnes-en-Creuse-comme-ailleurs-c-est-possible (Creuse, 420 habitants) ... Daniel Cueff « Nous fixons un cadre, qui est d’avoir les performances les plus écologiques possibles, puis nous sélectionnons des architectes "citoyens" qui acceptent le projet politique que l’on a et qui expérimentent avec nous. » ... Michel Maya, fier du bâtiment à énergie positive ... « L’Ademe nous a financé à 80 % un poste de chargé de mission énergie », se félicite le maire de Muttersholtz ... « L’État est en train de passer d’une logique où il donne de manière égalitaire à tous, à une logique de projets, on donne là où c’est efficace », observe Patrick Barbier ... calcule Cédric Szabo, directeur de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). « On nous dit que la baisse est finie, mais les dotations n’ont jamais été aussi faibles. » ... suppression de la taxe d’habitation, décidée par Emmanuel Macron ... Daniel Cueff en souligne l’impact démocratique : « On a supprimé le lien entre l’impôt et l’électeur. Nous sommes désormais sous dépendance de l’État. » « Le gouvernement nous dit que les collectivités locales sont les chevilles ouvrières de la transition écologique. S’il est sincère, il doit donc décentraliser la fiscalité », ajoute Nicolas Garnier d’Amorce.
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Catherine Moulin regrette ainsi amèrement le regroupement imposé par la loi NOTRe de 2015. « On avait une petite communauté de communes qui fonctionnait très bien. Puis on a été obligé de fusionner avec celle d’Aubusson. La ville est à 45 minutes de route et eux sont en plaine, nous en montagne. Ce ne sont pas du tout les mêmes problématiques ! » L’agrandissement des régions n’a pas davantage amélioré les choses : « Pour nous, le siège, à Bordeaux, est à quatre heures de route sans transports en commun, ce n’est pas très écologique... » ...
L'intercommunalité, c'est l'union qui fait la force, a-t-on promis aux petites communes. Un discours démenti par Pierre-Emmanuel Bégny, maire de Saâcy-sur-Marne (77). Excédé par la complexité et l'opacité démocratique de ces structures, il ne se représente pas cette année. Rencontre.
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« Je ne voulais plus de cette lutte quotidienne, pris en étau entre les exigences toujours plus grandes des administrés et le désengagement notoire de l'Etat », écrit-il dans un livre où il raconte tout ce qui l'a découragé : la violence, la solitude, la complexité de la tâche, l'absence de reconnaissance…
Les dégâts de la loi Notre
Et puis il y a, aussi, cette désagréable propension de l'Etat à compliquer la vie des « petits » maires. Assis dans son bureau à l'étage de la mairie, avec vue sur l'église, Pierre-Emmanuel Bégny raconte comment il a pris de plein fouet, en 2015, la loi Notre : loi portant nouvelle organisation territoriale de...
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