À l’air libre Vidéo - 8 septembre 2025 à 18h27
Au menu de l’émission de rentrée d’« À l’air libre » : la démission de Bayrou, la crise politique qui n’en finit pas, Macron enferré dans ses certitudes et la mobilisation de ce mercredi 10 septembre.
Lundi 8 septembre, le premier ministre, François Bayrou, a été poussé à la démission après l’échec du vote de confiance à l’Assemblée nationale. Un vote qu’il a lui-même convoqué en espérant obtenir un soutien à ses coupes budgétaires massives.
Pour Emmanuel Macron, c’est un nouvel échec. Qui pour succéder à Bayrou à Matignon ? Le PS va-t-il entrer au gouvernement ? Pour quoi faire ? À quel jeu joue l’extrême droite, en embuscade ? Ces questions vont faire l’actualité des prochains jours.
Mais au-delà de l’écume médiatique, c’est bien une crise politique, institutionnelle et démocratique majeure à laquelle nous assistons, alors que s’ouvre une période de mobilisation sociale à partir du mercredi 10 septembre, « Bloquons tout ». Une mobilisation qui exprime de nombreuses colères politiques et sociales, et suscite l’inquiétude d’un pouvoir qui n’entend pas changer de politique.
Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix
Nos invité·es :
- François Boulo, ancienne figure des Gilets jaunes, auteur de Reprendre le pouvoir. Manuel d’émancipation politique (éd. Les Liens qui libèrent, 2021) ;
- Fleur Breteau, fondatrice de Cancer colère, figure de l’opposition citoyenne à la loi Duplomb ;
- Élisabeth Godefroy, doctorante en science politique au Centre Émile Durkheim et à Sciences Po Bordeaux, spécialiste des Gilets jaunes. Elle a participé au livre Nouveau peuple, nouvelle gauche, coordonné par Julien Talpin (éd. Amsterdam/Institut La Boétie, 2025) ;
- Samuel Hayat, historien et politiste, auteur de Démocratie (éd. Anamosa, 2020) et 1848. Quand la République était révolutionnaire (éd. Seuil, 2014) ;
- Étienne Ollion, directeur de recherche en sociologie (CNRS), professeur à l’École polytechnique. Auteur de Les Candidats. Novices et professionnels en politique (éd. PUF, 2021) et Une étrange victoire. L’extrême droite contre la politique (éd. Seuil, 2025, avec Michaël Fœssel) ;
- Diangou Traoré, militante des quartiers populaires, cofondatrice et présidente de Franc-Moisin citoyenne (Seine-Saint-Denis), membre du parlement de l’Union populaire.
Boîte noire
Cette émission a été enregistrée mardi 9 septembre à 16 heures, avant la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon.
Gauche(s) Entretien
La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée considère la chute annoncée de François Bayrou comme « un formidable encouragement à l’action » pour le 10 septembre. Elle espère un retour aux urnes dans la foulée, par des législatives, voire une présidentielle anticipée.
Mathieu Dejean - 26 août 2025 à 18h31
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Cette mobilisation part d’une énorme colère après les annonces de mesures d’austérité de Bayrou. Emmanuel Macron et ses gouvernements présentent au peuple l’addition d’une politique qui a été menée depuis huit ans, et dont François Bayrou lui-même a étrillé le bilan lors de sa conférence de presse – car ce sont leurs politiques qui sont responsables de la situation absolument catastrophique qu’il a décrite. Et que propose-t-il ? de persévérer dans cette politique qui a mené au désastre. Il faut donc que la mobilisation du 10 septembre continue, s’amplifie pour dire que nous n’en voulons plus. Nous voulons qu’on respecte la souveraineté du peuple. En France, ce n’est pas le roi qui change de peuple, c’est le peuple qui renverse le roi.
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nous proposerons des candidatures uniques avec toutes celles et ceux qui ont voulu censurer la politique de Macron et qui sont restés fidèles au programme du Nouveau Front populaire. Nous ne recommencerons pas avec ceux qui, une fois élus, font passer le programme par la fenêtre. Comment voulez-vous que les gens retournent aux urnes massivement s’ils pensent que leur vote ne sera pas respecté ? Or nous avons besoin de ça pour tourner la page de la Macronie et pour battre l’extrême droite.
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les élections ne peuvent pas à chaque fois reposer sur la peur. Nous aspirons à gouverner ce pays, nous sommes des gens sérieux. Cela veut dire que nous ne ferons pas alliance avec des gens qui, par exemple, abandonnent l’abrogation de la retraite à 64 ans ou considèrent qu’on ne peut pas augmenter le Smic.
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Nous sommes d’accord pour dire que la France est endettée. Mais quelles en sont les causes ? Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, Emmanuel Macron a créé 1 000 milliards de dettes. Macron et ses gouvernements nous ont dépouillés. Face à cela, nous assumons de dire qu’il faut dépenser plus dans la santé, dans l’éducation, dans les salaires, les minima sociaux, dans la bifurcation écologique. C’est ça qui relancera la consommation populaire.
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des ultrariches, qui ont fait sécession dans notre pays. On connaissait le séparatisme territorial, désormais on a un séparatisme fiscal, c’est-à-dire des riches qui ne veulent plus contribuer de un centime pour la solidarité nationale, et dont la fortune – pour les cinq cents plus grandes d’entre elles – a été multipliée par deux depuis qu’Emmanuel Macron a été élu. C’est avec ça qu’il faut rompre.
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Deux millions de personnes ont signé une pétition par France Connect : c’est du jamais-vu. Quelque chose de cette mobilisation ne pourra jamais être effacé : le cancer – comme le diabète, comme la maladie de Parkinson, comme les maladies respiratoires chroniques – est une maladie politique. Une prise de conscience populaire à très grande échelle s’est opérée à ce sujet.
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on donne des permis de tuer aux multinationales et aux entreprises. C’est ce avec quoi nous voulons rompre, et en effet je pense que c’est quelque chose qu’on a gagné pour la suite. Nous avons obtenu une première victoire avec la censure par le Conseil constitutionnel de la réintroduction de l’acétamipride.
... abroger la loi tout entière, car c’est le modèle agro-industriel qui est en cause. Quelque chose de très puissant s’est produit quand l’extrême droite et la droite ont rigolé après l’exclamation de Fleur Breteau dans l’hémicycle les accusant d’être des alliés du cancer. La question écologique nous oblige à rompre avec le modèle capitaliste.
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Nous n’acceptons pas que l’extrême droite américaine vienne donner des leçons à la France en prétendant que la reconnaissance de l’État de Palestine mettrait « en danger la judéité »
L’extrême droite israélienne, comme l’extrême droite américaine, instrumentalise l’antisémitisme comme une arme diplomatique. C’est extrêmement dangereux. Celui qui met en danger les juifs de France et les juifs du monde aujourd’hui, c’est Nétanyahou lorsqu’il tente de les assimiler à sa politique génocidaire. Nous n’accepterons jamais cela.
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la France continue de livrer des armes en continu au gouvernement génocidaire de Nétanyahou, comme l’ont montré vos collègues de Disclose. Il faut cesser et suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
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Nous avons toujours dit que nous étions en soutien du peuple ukrainien face à l’invasion russe. Maintenant, pourquoi fait-on aussi peu de cas du droit aux institutions démocratiques des Ukrainiens ? La guerre est une circonstance exceptionnelle, mais il se trouve que pour pouvoir faire en sorte que la paix soit durable, il faut d’abord un cessez-le-feu pour que des élections aient lieu.
Le peuple ukrainien ne peut pas continuer éternellement avec des partis politiques d’opposition et des droits syndicaux restreints. À l’heure actuelle, les États-Unis exigent deux fois le PIB de l’Ukraine sur les matières premières, ce qui veut dire un pays pollué et pillé à jamais. Le territoire ukrainien a droit à ces débats démocratiques.
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Quand les quartiers populaires, les habitants des outre-mer, les militants politiques, syndicaux, associatifs et la jeunesse se rendent massivement aux urnes, nous submergeons nos adversaires. Notre but – et c’est pourquoi, par exemple, nous refusons la primaire –, c’est de parler le plus possible à l’extérieur, d’aller convaincre les gens, de faire un travail de conviction, porte après porte, et de continuer de redonner le goût de la politique
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la clé, c’est la mobilisation populaire, qui doit continuer. Le moment où nous arriverons au pouvoir, c’est le moment où il faudra – c’est ce que disait Jean-Luc Mélenchon aussi – plus que jamais être insoumis. En 1936, c’est aussi sur les mouvements de grève que les plus grandes conquêtes se sont appuyées.
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Connu / mel
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Sujet : [cyber-quotidien] E-quotidien du lundi 1 septembre 2025
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Publié Il y a 1 mois • 5,9K vues
Frédéric Lordon est philosophe. Il est l’auteur de plusieurs livres importants, dont Figures du communisme (La Fabrique, 2021). Son dernier livre, Pulsion, coécrit avec Sandra Lucbert, a été publié au mois de janvier 2025 aux éditions La Découverte. Son très recommandable blog, La pompe à phynance, est hébergé par Le Monde diplomatique.
Il revient, dans cet entretien, sur le plan budgétaire présenté le 16 juillet dernier par François Bayrou, sur ce qu’il appelle « l’ethos » du macronisme, sur la faillite des « médiations institutionnelles » (politiques, médiatiques, syndicales), dont le constat l’amène à réfléchir à la possibilité d’un « débordement ». Il évoque aussi la fascisation en cours, qu’il a été l’un des tout premiers à dénoncer – entre pessimisme et espoir.
Journaliste : Sébastien Fontenelle
#Lordon #macron #guerre
Visibilité Publique
CatégorieInconnu LicenceInconnu LangueInconnu Étiquettes Durée 50min 53sec
5 Commentaires
Connu / TG le 21/08/25 à 17:13
Tr.: ...
le marché secondaire, tourniquet de la finance spéculative, ne crée pas d'emplois. Le marché primaire ne représente que 0,9% ... /CICE créer un million d'emplois ... faux ... le déni de démocratie de Macron ... mettre le macronisme dans sa totalité pour solder les comptes ... réapparition du scorbut ... de startup nation à scorbut nation ! ... surmonté du nappage le plus dégoutant, ignominie ... ex la légion d'honneur (sofia aram, alexis colère, etc) les commissaires violents décorés ... /loi Duplomb ... Fleur Breteau : des rires ont traversé l'hémicycle ... pétition ... oligarchie mitigée : il existe des forces de rappel qui ont pour vocation de faire remonter aux gouvernants les voix et les sentiments des gouvernés. Se matérialisent au travers d'entités qu'on pourrait appeler des médiateurs. Yen a plusieurs sortes : médiateurs politiques, médiatiques, syndicaux.
[oligarchie : régime politique dans lequel la souveraineté appartient à une classe restreinte et privilégiée]
Le propre de la crise actuelle du Macronisme, mais ça date déjà d'avant, c'est l'effondrement de toutes les médiations ... spectaculaire pour les médiations politiques parlementaires.
Médiation politique, c'est tout le travail qui fait connexion entre gouvernés et gouvernants. Le propre de l'oligarchie, c'est un gouvernement séparé. Hors il existe des connexions plus on moins ténues, plus ou moins consistantes et qui font remonter un signal jusqu'aux gouvernants. C'est ça les médiateurs. Et normalement, les parlementaires qui retournent se faire engueuler dans leur circonscription, ça tombe là dessous. Ce sont des médiateurs.
Les journaux restituent quelque chose à l'opinion. La médiation politique des parlementaires s'est effondrée. Aspirée par le pouvoir exécutif, ça n'est plus qu'une chambre d'enregistrement.
C'est là que j'ai un point de désaccord avec Stéphane Foucart, le papier extraordinaire "L'adoption de la loi Duplomb constitue un moment de rupture démocratique inédit. Non, la faillite de la médiation politique a 30 ans d'âge. Du traité constitutionnel européen. La représentation parlementaire est en réalité une distorsion. à 55% on avait défoncé les parlementaires qui étaient en faveur à 90%. Figure pure à l'anamorphose parlementaire. Le TCE2005 était déjà un indice très très fort. Les parlementaires ont repris le dessus et ça a débouché au traité de Lisbonne en 2018.
2023 les retraites : 90% de la population est contre. Tous les syndicats sont contre, il n'y a pas de majorité pour la voter. Ça se termine par un 49-3 : c'est un holdup. Moment de rupture démocratique. Le vol de 2024, coup d'état. On ne saurait mieux dire que la médiation politique n'existe plus. Comme avec les légions de la honte, vous pouvez bien aller vous faire foutre !
La loi Duplomb est aussi un indice de cette faillite du médiateur politique. Autres : sociétés savantes, universités, médecins, mutualistes etc faisaient remonter des savoirs. Toutes ces voix ont été méthodiquement ignorées. ENSEMBLE TRÈS SPECTACULAIRE.
Puisque nous sommes dans la problématique de la médiation, la France Insoumise revendique d'une certaine manière le retour à la médiation politique. Pour moi, le travail de médiation qui me semble le plus spectaculairement visible, c'est la médiation autour du NOUVEAU FRONT POPULAIRE. C'est typiquement un travail de médiation.
Concernant la médiation médiatique, c'est celle qui donnerait la parole à des voix dissonantes significativement. Alors que tout ce qui est dissonant est aussitôt stigmatisé et méthodiquement massacré sur le plateau. La transformation radicale de la presse devrait venir tout en haut de l'agenda d'un pouvoir de gauche qui parviendrait au pouvoir. Il y va simplement des conditions de sa réussite, tout simplement. ...
/Médiations syndicales : a peur que non. Devenues une composante institutionnelle, elles ont intégré les intérêts du système institutionnel d'ensemble avec lequel elles n'ont plus aucun désir de rompre. C'était une position tenable au tout début du Fordisme, premier néolibéralisme, période où le pouvoir de la parole syndicale existait encore. ... La grève à la Japonaise ! Au vu d'un brassard, la direction arrêtait tout. ... Ex flagrant en 2023 avec les retraites. Front syndical uni, des millions de personnes dans la rue et RIEN DU TOUT ! C'était prévisible...
Faire autre chose que ces stratégies perdantes...
Lorsque les médiations sont en échec, c'est une OLIGARCHIE PURE.
À partir du moment où il n'y a plus d'options avec les médiations institutionnelles, Les solutions désinstitutionnalisées prennent le relais. Le débordement. Le surgissement d'une révolte à caractère potentiellement insurrectionnelle dont on a eu un avant-goût avec les GILETS JAUNES.
Illustration pure et parfaite.
Prix élevé des répressions... Fait une sorte de physique politique raisonnablement prédictive.
État des forces, etc
C'est peut-être en mettant bout-à-bout les discours d'un nombre suffisant de couillons que quelque chose percole doucement dans les esprits et un jour, une étincelle venue fait prendre la salle??
/Fascisation un des 1ers à en parler /prochaine élection présidentielle : avoir bougé avant que ça ne soit trop tard. Le Macronisme a poussé tous les curseurs et a préparé un terreau propice à ce que le processus soit achevé. Situation très inquiétante. Interrogation d'Hannah Arendt dans "De la révolution" : interroge l'usage du mot révolution, figure de la nécessité implacable. La bonne partie, la France est un état particulier. Ya une conflictualité politique, une réactivité. C'est pour ça que la contestation du plan Bayrou doit aller jusqu'à contester TOUT LE MACRONISME.
Partisan d'une stratégie de la bouillabaisse. Tous les motifs de contestation dans la marmite et on pousse le feu à fond. C'est une ressource. Élément nouveau : LA FRANCE INSOUMISE. J'ai plein d'amis bien plus à gauche... Ça ne se présente pas si mal. Le discours médiatique matraque. Mais discrédités donc à l'avantage de LFI. Ya rien de tel que d'être haï par ces gens là. LFI seule incarnation d'une différence, martingale du succès... Incarner la différence dans un paysage homogénéisé. Il y a 20 ans, la différence était le Front National. Il s'est normalisé. Devenu euro-libérale, les autres devenus aussi racistes que lui comme les Républicains. De plus émiettement de l'offre présidentielle : Macron, Philippe, Retailleau etc.