Éco-anxiété, solastalgie, psychoterratie… la crise du climat est à l’origine de maux inédits. Et parfois d’une prise de conscience radicale.
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Alice Desbiolles, médecin de santé publique, est spécialisée en santé environnementale. Elle connaît bien ce processus. Dans son travail, elle est de plus en plus souvent confrontée aux multiples émotions de patients envahis par les problèmes liés à l’urgence climatique. Sans pouvoir les rassurer sur l’état du monde, elle tient à les rassurer sur leur état à eux. Selon elle, être anxieux est une réaction parfaitement rationnelle. C’est l’inverse qui serait anormal. Par ailleurs, elle constate que cet état qui accompagne généralement le pic de conscientisation peut aussi être un levier. « L’organisme réagit au stress. Si ce dernier est aigu, il peut être considéré comme positif, car il nous prépare à l’action. »
Mais Alice Desbiolles reconnaît que ce n’est pas toujours le cas. « Le problème, c’est quand le stress devient chronique. Il y a alors un risque de dépression et, sur le volet somatique, cela peut déclencher des problèmes d’insomnie, de céphalées, des troubles cardio-vasculaires... » Au terme d’« éco-anxiété » qui fleurit dans les médias, Alice Desbiolles préfère celui de « solastalgie », moins réducteur. Car ceux qui prennent conscience du collapse ne ressentent pas uniquement de l’anxiété. Leur panel d’émotions est bien plus large.
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analogie avec les cinq étapes du deuil. Dans l’ordre, ou le désordre, tout le monde devra d’abord sortir du déni (non, la chose n’existe pas...), puis affronter la colère (quand je découvre l’ampleur du scandale...), la négociation (en est-on bien sûr ?), la dépression (l’éco-anxiété), pour, à la fin, et avec de possibles rechutes, connaître l’acceptation qui permet de passer à l’action.
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Ce n’est pas le modèle adopté par le psychologue Pierre-Éric Sutter, cofondateur avec Loïc Steffan et Dylan Michot de l’Observatoire des vécus du collapse, lequel a récemment conduit une étude auprès de 1 600 personnes vivant en France pour savoir, d’un point de vue psychologique mais aussi sociologique, comment ils vivent l’évolution des enjeux écologiques ou environnementaux. Lui privilégie une grille de lecture comprenant quatre sociotypes également inspirés par une intuition de Pablo Servigne. Ce canevas croise états émotionnels et postures conatives. Ainsi, on trouve :
le pessimiste-passif (« À quoi bon, tout est foutu »),
l’optimiste-passif, qui peut être « collapsophobe » (« la science va bien nous tirer de là »)
le pessimiste-actif (le survivaliste qui vise l’autonomie)
et, enfin, l’optimiste-actif.
C’est dans cette quatrième et dernière catégorie qu’on trouve les néotransitionneurs. L’optimiste-actif admet l’avènement du collapse mais il choisit de s’y préparer activement, pour lui mais aussi pour toute la communauté, avec le souhait de mettre en place un système alternatif.
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Front populaire écologique
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Qui va construire ce nouvel imaginaire politique ?
Cyril Dion, Pablo Servigne, Dominique Bourg, Corinne Morel Darleux… Il y a des porteurs de parole publique, même des artistes, qui feront émerger un nouvel imaginaire. Cet imaginaire politique, il faut le construire autour de la lenteur, autour des services publics, autour des taxations kilométriques, de la restriction de la publicité, de l’interdiction de la pub pour les voyages en avion, pour la voiture, on interdit les panneaux lumineux, la fin des traités de libre-échange… Il faut des réformes qui indiquent l’horizon.
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Ces fiches contiennent des chiffres clés, des pistes d’action et des exemples de solutions mises en œuvre. Elles répondent aux divers enjeux d’un territoire, de l’alimentation à la mobilité, en passant par l’énergie, l’économie circulaire, l’aménagement, l’adaptation au changement climatique …
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Liste des thématiques abordées :
Gouvernance : organisation dédiée à la transition écologique, mobilisation des habitants
Alimentation : alimentation durable pour les cantines, circuits courts, lutte contre gaspillage
Production d’énergie : se ré-approprier l’énergie et production d’énergie locale
Energie – efficacité : structurer sa politique énergie climat – réduire la facture énergétique – accompagner les habitants – Citergie
Exemplarité : économies d’énergie et d’eau sur patrimoine communal, lutte contre les gaspillages, flotte automobiles professionnelles en électrique, commande publique
Bâtiment : ré-emploi des matériaux, matériaux biosourcés, rénovation, accompagnement de la rénovation du parc privé et public, lutte contre la précarité énergétique
Développement local : production d’énergie (EnR citoyenne), économie circulaire (nouvelles activités autours du réemploi, réparation, services…), économie sociale et solidaire, revitalisation des centres villes
Vers une ville zéro déchets : consommation durable
Valorisation des biodéchets
Mise en place d’une tarification incitative pour la gestion des déchets
Nature en ville : végétalisation, espaces verts sans pesticides, biodiversité, lutte contre les ilots de chaleur
Mobilité : promotion du vélo, aires de covoiturage, service de navettes, mobilité inclusive, pédibus, plan marche
Mobilité dans les zones peu denses
Logistique urbaine : partage des voies, centres logistiques, véhicules propres…
Aménagement : reconversion des friches, lutte contre l’artificialisation des sols, écoquartiers…
Qualité de l’air : actions sur l’air extérieur (mobilité, sensibilisation écobuage, bonnes pratiques bois énergie) et intérieur (école, crèche)
Agriculture urbaine
Adaptation au changement climatique
Commande publique
Sensibilisation des jeunes
Documents liés
- communiqué de presse Guide ADEME candidats aux municipales
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ont vu le jour suite à l’intégration, en 1975 dans le code de l’environnement, d’une loi introduisant le principe de Responsabilité Élargie des Producteurs. Cette nouvelle obligation impose alors à chaque fabricant, importateur ou distributeur de prendre en charge, notamment financièrement, la gestion des déchets générés par ces produits.
Les éco-organismes ont tous en commun le fait que leur gouvernance est assurée par les premiers intéressés (producteurs, actionnaires ou adhérents). In fine, leur rôle est d’assurer pour le compte des producteurs ou distributeurs la gestion des produits en fin de vie. Ils en sont donc responsables financièrement.
Pour pouvoir fonctionner, l’éco-organisme perçoit depuis 2006 une éco-contribution de ses membres ou adhérents. ... fixée / chaque filière. Elle s’ajoute au prix de vente et doit être visible pour le consommateur.
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Au-delà du statut juridique, les éco-organismes sont principalement organisés / secteur – ce qui est assez logique compte tenu du fait que les éco-contributions sont identiques pour une même filière. Nous pouvons par exemple distinguer :
Eco-Emballages pour les emballages ménagers
Eco-Systèmes ou Recylum pour les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) ou les lampes usagées
Ecofolio pour les déchets de papiers graphiques
Eco TLC pour les textiles, le linge et les chaussures
Corepile ou Screlec pour les piles et accumulateurs
Eco-mobilier pour les déchets d’éléments d’ameublement ménagers
Il est à noter qu’il n’existe pas d’éco-organisme pour toutes les filières (l’automobile, par exemple, ne dispose pas de structure attitrée – excepté pour les pneus), et que des solutions complémentaires, comme Le Relais ou Emmaüs, peuvent constituer de bonnes alternatives pour les produits n’étant pas arrivés en fin de vie.
... Les études menées par son équipe ces derniers mois font état d’un basculement inédit de l’opinion publique sur les thématiques environnementales, qui bousculent l’entreprise bien plus sévèrement qu’elle ne l’avait anticipé. ... 2019 marque bien un tournant dans la mesure où un grand nombre de barrières sont tombées, d’après les résultats de cette même enquête :
-En termes de revenus : « L’environnement n’est plus la préoccupation des gens aisés mais de tout le monde » (seule exception : les individus en extrême difficulté, dont le foyer gagne moins de 1 200 euros).
-En termes de classes sociales : « 55% de ceux qui se considèrent comme appartenant aux milieux populaires citent l’environnement comme priorité, juste devant le pouvoir d’achat (54 %). C’est autant que ceux qui se considèrent comme appartenant aux classes moyennes (53 %). »
-En termes de catégories socio-professionnelles : l’environnement est la deuxième priorité « chez les ouvriers et les employés, loin devant l’avenir du système social ou l’immigration, même si le pouvoir d’achat reste leur premier sujet. »
-En termes d’âge : l’environnement n’est pas seulement la priorité des jeunes mais également « désormais la deuxième priorité des plus de 60 ans, avec 49 % de citations, juste derrière l’avenir du système social ».
La campagne des municipales pourrait confirmer la tendance.Cécile Cornudet, éditorialiste politique des Echos, écrivait récemment : « ni gauche-droite ni progressistes-nationalistes, la précampagne pour les élections municipales met en lumière un nouveau clivage politique : écologie radicale versus écologie « des petits pas » ».
...
voir les préoccupations écologiques s’immiscer aujourd’hui partout – y compris, parfois, là où on ne les attendait pas :
- Dans l’art et le divertissement - Dans l’édition jeunesse -Dans le domaine funéraire -Dans l’orientation des jeunes.
... Un effet de cliquet ... le premier rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat (instance indépendante composée d’experts scientifiques français reconnus, mise en place par l’Elysée), sorti cet été, n’a pas reçu la lumière qu’il méritait. ... démarginalisation du discours sur les limites de la croissance ... « lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel. Le contrat social a donc été brisé et il est dès lors fondé de se rebeller ». ... En répandant la conscience de l’urgence et en promouvant un idéal de sobriété, XR fait en quelque sorte un travail d’éducation populaire qui prépare le terrain à des programmes politiques plus ambitieux ». ... passer d’une logique de « compensation » à une logique de « contribution » aux réductions ... l’éco-anxiété pourrait provoquer des réactions malheureuses voire dangereuses sur des individus instables et/ou facilement manipulables. ... a « VSCO Girl » typique « se déplace en vélo, une gourde réutilisable dans son panier », se prend en photo « dans des environnements naturels ... le DJ Fatboy Slim ait récemment remixé l’un de ses tubes en y intégrant des paroles du discours de Greta Thunberg à l’ONU ...
Connu / https://twitter.com/nouel_juliette/status/1192172892714360839
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Delphine Batho a retweeté
Juliette Nouel @nouel_juliette · 5h Déprimés par l'inertie générale face à la crise écologique ? Lisez cet article qui détecte les signaux faibles d'un mouvement de bascule. Il arrive !
On est passé de la logique du « je sais » (que ça va mal) à celle du « je sens » @Signaux_Faibles 😀👏
Image ci-dessus : bandes représentant les températures dans le monde de 1850 à 2018 La scène s’est passée mi-octobre, lors d’un séminaire d’une entreprise du CAC40. Tandis que les cadres réunis pou…
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24 656 vues - 3 k - 64 - 238 k abonnés
Dans ce nouvel épisode de Tout Peut Arriver, Denis Robert reçoit François Ruffin, député de la Somme.
"Nous sommes engagés dans un combat, des "Terriens" contre des "forces destructrices", de l'intérêt général contre les multinationales. Nous avons des adversaires, et ils sont organisés, avec des bataillons d'avocats, de lobbies, d'éditorialistes, d'élus, jusqu'au sommet des États."
#FrançoisRuffin #Politique #Écologie
Catégorie Actualités et politique 385 commentaires
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La Terre au carré jeudi 31 octobre 2019 par Mathieu Vidard
55 minutes
À quoi sert d’être écolo toute sa vie si on se met à polluer la planète après sa mort ? Que l’on choisisse l’inhumation ou la crémation, notre mort aura forcément un impact sur l’environnement. Toutefois, des alternatives existent pour allier mort et écologie.
Invités du jour
Michel Kawnik est président et fondateur de l’Association française d’information funéraire (Afif)
Gautier Caton est directeur général des pompes funèbres Caton et membre du conseil d’administration du Groupement « Le choix funéraire » qui représente les professionnels du secteur.
Au moment du décès, seuls deux choix s’offrent à nous : la crémation et l’inhumation. Si on passe outre les motivations économiques, religieuses ou les valeurs personnelles, et que l’on ne s’attache qu’à la dimension environnementale, quel procédé est avantageux car moins nocif pour la planète ? En réalité les deux procédés sont polluants.
Une étude réalisée par la ville de Paris en 2017 pour comparer la crémation à l’inhumation. Dans cette étude, on apprend qu’entre le cercueil, l’entretien de la tombe, du cimetière, etc… l’inhumation génère 3,6 fois plus de gaz à effet de serre qu’une crémation.
Cela représente 11 % des émissions de CO2 d’un Français sur un an. Et c’est sans compter la pollution des sols liée aux produits chimiques utilisés pour conserver le corps du défunt (on en injecte 8 à 10 litres).
Alors, la crémation serait-elle la solution la plus écologique ? Pas forcément. D’après Michel Kawnik, les crématoriums français sont responsables du tiers du total des émissions gazeuses de mercure en France. Depuis 2018, les crématoriums français ont toutefois été dans l’obligation d’installer des filtres pour limiter le rejet de mercure.
55 minutes
Les sujets autour de l'écologie et du réchauffement climatique ont pour réputation d'avoir peu de succès dans les médias. Pour quelles raisons les médias ont tardé à rendre visibles les sujets environnementaux ?
L'invitée du jour : Anne-Sophie Novel, journaliste en environnement, elle est l’auteure du documentaire Les Médias, le monde et moi (co-réalisé avec Flo Laval) et auteure de Les médias, le monde et nous (Actes Sud, 2019). La journaliste questionne la relation qu'ont longtemps entretenu les médias avec les sujets autour de l'écologie. Les sujets sur l'environnement ont mis un certains temps à percer dans la sphère médiatique. Comment peut-on expliquer cette latence et quels ont été les éléments déclencheurs qui ont permis un traitement plus visible de ces sujets ? La journaliste revient ainsi sur le pacte entre journaliste et lecteur qui est à repenser.
L'invité du jour : Jean-Claude Guillebaud, écrivain
"La beauté sauvera le monde". C'est convaincu par cette phrase de Dostoïevski (L'Idiot, 1868-1869) que Jean-Claude Guillebaud, ancien grand reporter et écrivain a pris la plume pour partager les expériences, accumulées au cours de sa vie de voyages, qui l'ont touché, attendri, émerveillé.
Son essai Sauver la beauté du monde publié aux éditions de l'Iconoclaste prend le parti pris que pour nous convaincre de la fragilité de l'environnement, il nous faut prendre conscience de la splendeur du vivant que, en prêtant attention, nous pouvons observer dans toutes les petites choses de la vie.
10 233 vues - 256 - 17 - 37,6 k abonnés
Jean-Marc Jancovici a été invité à la fête de l'humanité 2019 pour un débat : Écologie et capitalisme : Temps longs contre profits immédiats
Ses interventions à 00:05:30 00:26:50 00:57:00 01:11:57
Débat animé par Amar Bellal, rédacteur en chef de la revue Progressistes
avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur-conseil en énergie et climat, président de The Shift Project,
Aurélie Trouvé, économiste, altermondialiste, ancienne présidente d'ATTAC,
Alain Pagano, membre du Conseil National du PCF en charge de l'écologie
et Pierre-Alain Millet, maire-adjoint de Vénissieux en charge du développement durable.
Catégorie Science et technologie 175 commentaires
Transcription : ... un composteur émet des ges donc collecter ces gaz ...
Connu / https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?n00QZg
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P26 "Ceux qui parlent d’écologie sans aborder frontalement la question de la vie quotidienne sous tous ses aspects, ceux qui n’ont à la bouche que les mots « compensation », « bilan carbone », « développement durable », « green tech », « transition », « empreinte écologique », ceux-là parlent une langue morte, celle de la comptabilité du désastre.
Pour esquisser les fondements d’une écologie communale et révolutionnaire, ancrée dans la vie quotidienne, peut être faudrait-il repartir de la notion d’écosophie de Félix Guattari. Pour lui, la question écologique se situe à la lisière de trois registres : « celui de l’environnement, celui des rapports sociaux, et celui de la subjectivité humaine ». Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes s’expérimentent des formes de vie commune à même de tenir inséparés ces trois registres de l’écologie, comme en témoigne notre relation à la forêt."
...
un bien commun dont les habitants jouissent simultanément, apprenant laborieusement à concilier, à superposer et à ménager leurs multiples usages, apprenant aussi à prendre soin du bocage comme s’ils prenaient soin d’eux mêmes, à réparer le monde pour les prochaines générations d’habitants. Cette expérience
vécue est à rapprocher de la définition du communisme que donnait Karl Marx dans « l’idéologie allemande » comme le dépassement « de l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme. »
...
p30 ... seule une forme de propriété collective peut garantir une dimension intergénérationnelle qui dépasse l’espérance de vie des usagers actuels. Tant que nous n’aurons pas renversé la propriété privée de la terre et des moyens de productions pour y substituer une propriété d’usage ... C’est dans cette tentative d’invention coutumière, plus que les stratégies de détournement d’outils juridiques existants (bail de fermage, fonds de dotation) que réside tout l’intérêt de ce qui se vit dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes ... Pour que l’absence de l’État ne reconduise ni le règne libéral du chacun fait ce qu’il veut, ni la loi du plus fort, ni la guerre de tous contre tous, encore faut-il constituer les germes d’une autonomie communale ... L’État se pose comme le garant de l’absence de guerre civile tout en s’adonnant bel et bien à des formes plus ou moins euphémisées de guerre civile contre sa population. La dimension la plus explicitement visible de ce double-jeu est la militarisation du maintien de l’ordre. Aurait-on seulement imaginé il y quelques années, qu’un tank puisse faire face à des manifestants sur lesquels il est devenu banal de tirer avec des armes de guerre ?
Jusqu’où nous mènera l’extension illimitée de l’état d’exception dans les démocraties occidentales ? ... Renverser le pouvoir en place est absolument nécessaire mais notoirement insuffisant. Pour que la destitution signifie plus qu’un simple renversement du régime, voire même pour qu’un tel renversement soit possible, encore faut-il constituer, ou plutôt faire consister autre chose localement.
La ZAD nous a confronté de plein fouet à l’extrême difficulté de retisser de la communauté politique, de réinventer des us et coutumes, de substituer à la loi républicaine des règles communes élaborées par et pour une communauté d’habitants suffisamment soudée, solide et puissante pour les faire appliquer.
Pendant cinq années entre 2013 et 2018, l’apparente absence du pouvoir institué nous a cruellement mis face à tout ce qu’il reste en nous de pouvoir incorporé : libéralisme existentiel, individualisme, recroquevillement dans les identités et les idéologies, incapacité à faire communauté sans tradition. ... Ou pour le dire plus subtilement : d’une communauté d’abord fondée sur un refus (même si elle portait en elle une positivité), à une communauté avant tout soudée autour d’une affirmation, d’un devenir ... L’une de nos erreurs, c’est d’avoir laissé dire que la diversité de la communauté négative était une force en soi et pour soi. C’est aussi d’avoir eu besoin du mythe de l’unité dans la diversité au point de faire passer les six points pour l’avenir de la ZAD comme la position du mouvement anti-aéroport. Or si toutes les composantes du mouvement ont validé le texte, c’est au forceps. En réalité, les six points incarnaient plutôt la position d’une frange active de chaque composante.
Trop longtemps, nous avons occulté les violents conflits qui ont toujours traversé le mouvement afin de donner à l’ennemi l’apparence d’une indéfectible unité. Nous nous sommes efforcés de ne rien laisser transparaître des batailles internes qui nous ont traversées entre 2013 et l’abandon du projet. Celles-ci venaient toucher des questions extrêmement sensibles : les conséquences pratiques de la vie sans police; l’accès aux champs et aux parcelles agricoles; l’usage des routes, chemins et sentiers; la cohabitation de rapports antagonistes à la nature et à l’agriculture; certains comportements individualistes et actes de malveillance envers nos voisins des bourgs alentours ou envers d’autres habitants de la ZAD, etc ... Ce que nous apprend l’expérience de la ZAD, c’est que si la communauté négative recèle une considérable puissance de destitution, construire une commune depuis une simple juxtaposition de différences, une addition d’identités antagonistes est en revanche impossible. La commune exige un liant bien plus consistant que la diversité tactique face à l’ennemi commun. ... En l’absence de tradition séculaire comme au Chiapas, c’est dans l’avènement de nouvelles formes contemporaines de créolisation que se situe l’assise culturelle des nouvelles communalités à venir. ... Ce que la créolisation recèle de magique et de sublime, c’est qu’elle relie ensemble des identités absolument hétérogènes. Elle leur offre un langage commun, sans pour autant les fondre et les confondre. ... une forme de créolisation politique qui reste à inventer.
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XI COMMUNISATION ? ... la communisation des terres ne peut être octroyée par l’État. La communisation est un processus. Elle ne se décrète pas. C’est une mise en partage en acte par et pour les habitants de chaque localité. La communisation se construit. ... Le temps que l’inconséquence libérale-libertaire ne fragmente absolument tous les liens. ... Que l’on se penche par contraste sur les communes rurales aragonaises de 1936, ou sur le mouvement révolutionnaire zapatiste, alors on découvrira des tentatives de communisation des terres. Un processus qui commence par une prise et répartition des terres à l’échelle de chaque localité, et qui ménage toujours de l’espace pour une multiplicité d’usages collectifs, individuels et familiaux. Le commun ne s’impose pas mais s’appose à des expériences et des solidarités qui se tissent au long cours. On pourrait même dire qu’il s’apprend. ... nous avons la naïveté de nous réjouir que le bocage de Notre-Dame-des-Landes abrite de telles expériences de communisation des terres plutôt que des parkings, une tour de contrôle et un duty-free. Là réside notre victoire. ... souligner comment la ZAD, du 22 Février 2014 aux émeutes de 2016 contre la loi travail en passant par celles pour Rémi Fraisse, a contribué à sa mesure au retour de l’offensivité dans les rues de Nantes. Elle a apporté une pierre à l’émergence du contexte politique agité que nous connaissons aujourd’hui, comme en témoignent les cabanes de palettes qui ont fleuri l’année dernière sur tous les ronds-points de France. ... situation insurrectionnelle » une situation dans laquelle il y a une vacance du pouvoir en un lieu et un temps donné ... Depuis le mouvement contre la loi travail jusqu’au surgissement des gilets jaunes, la combativité dans la rue est remontée d’un cran, renouant avec des formes de conflictualité dont tout laissait à croire qu’elles appartenaient à un passé historique révolu.
Mais si nous ne voulons pas que ces insurrections en puissance continuent de « s’étrangler au stade de l’émeute », si nous désirons qu’elles accouchent d’un moment révolutionnaire, il s’agit de commencer partout à préfigurer localement le monde que nous voulons voir advenir. Nul besoin d’attendre le renversement total de l’économie ou la destitution de l’État républicain pour s’auto-organiser dans et contre le monde capitaliste. ... Aucun village, aucune ville moyenne n’a été épargné par la fièvre jaune ... stratégie d’encerclement qui débute aux portes des hypercentres métropolitains. ... Si notre époque n’est pas pré-révolutionnaire, alors elle est sans avenir.
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Prendre de la hauteur, du recul. Sortir de la médiocrité sentencieuse du commentaire
Dans un livre qui est devenu un classique aux Etats-Unis, le théoricien des médias Niel Postman juge que son pays est devenu une "Technopoly", c'est-à-dire une technocratie à laquelle aucun domaine n'échappe plus.
... éternel débat de la poule et de l’œuf. Les uns affirment qu'une technologie ne prospère que dans une culture qui la rend possible. Le succès du smartphone serait ainsi le produit de notre fascination pour la vitesse. Les autres jugent que la technologie produit la culture qui lui correspond. Neil Postman, théoricien et critique américain des médias mort en 2003, était des seconds. La technologie, d'après lui, porte une vision du monde et a des conséquences sur les organisations sociales aussi bien que sur les pensées, les imaginaires et les actes. L' « écologie des médias », dont Postman fut à l'origine, a précisément pour objet d’étudier ces changements engendrés par les technologies.
L'un de ses classiques, Technopoly, comment la technologie détruit la culture, paru en 1992 aux Etats-Unis, sort le 18 octobre chez l'Echappée, grâce à la traduction bénévole de l'association Technologos, inspirée par les travaux de Jacques Ellul. Non-moins techno-critique, l'auteur de la préface, l'historien François Jarrige, résume la thèse du livre : « la soumission de la culture à la technique menace à terme de détruire les sources vitales de notre humanité. ».Autrement dit, l'empire des technologies sur nos vies nous transforme en machines.
De la civilisation des outils à la Technopoly
Technopoly, libérée du politique et de la culture, est la fille « radicalisée » de la technocratie, émancipée de la morale et de Dieu, qui avait elle-même tourné la page de la civilisation des outils. Ces évolutions sont la traduction du principe selon lequel, « une technique, après avoir fait table rase du monopole en place, crée...
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reste 71% à lire dans le magazine numéro 1179
Ndlr : ne serait-ce pas une des causes du fait que la théorie de la médiation de Jean Gagnepain (quatre plans dont un sur les outils/la technique) ne soit pas plus présente dans les formations et pratiques professionnelles, laissant la place à la technologie neurologique ? ACT
Après avoir participé à presque tous les partis de gauche, Corinne Morel Darleux est une déçue de l’action partisane, qui n’est plus adaptée, selon elle. Elle se sent désormais à une place plus juste dans les mouvements d’action plus radicale et concrète, dans la désobéissance civique.
Dans son livre au titre sombre Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce (Libertalia), elle défend, face à la catastrophe écologique, le recours à l’action directe, couplée à une éthique personnelle de résistance et de décroissance. Corinne Morel Darleux a pourtant écumé les partis et accumulé les responsabilités politiques. Mais de cette action institutionnelle, elle tire un constat d’échec. Après avoir tenté d’entraîner, via le mouvement Utopia, le Parti socialiste (PS) vers l’écologie radicale, elle a cofondé en 2008 le Parti de gauche (PG), puis travaillé à ancrer dans l’écosocialisme le Front de gauche, puis La France insoumise (LFI). L’an dernier, cette Drômoise d’adoption a quitté la direction du PG et LFI. Si elle reste élue d’opposition au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes où elle siège depuis 2010, elle se consacre au militantisme de terrain, du soutien des solidaires de la frontière franco-italienne à celui des écologistes du Rojava, la zone kurde en Syrie, en passant par Extinction Rebellion, dont elle est une «compagne de route».
... L’urgence écologique s’accélérant ... Le bouillonnement intellectuel et politique des premières années du PG s’est ainsi étiolé au profit du commentaire d’actualité, des polémiques au sein de LFI. On a délaissé le débat de fond et le projet. L’abandon de l’écosocialisme a été une erreur. ... Extinction Rebellion (XR) ... nous n’avons que très peu d’années pour essayer d’infléchir les pires scénarios du Giec. L’une des idées centrales de XR, c’est «Hope dies, action begins» («l’espoir meurt, l’action peut commencer»). Il faut assumer une certaine gravité dans le discours, dans la symbolique, et arrêter avec la volonté de toujours positiver, de ne pas faire peur ... extension du mouvement des ZAD ... La solidarité avec les mouvements récents des gilets jaunes et des quartiers populaires doit se faire partout. Il faut politiser une population de sensibilité écologiste qu’on n’avait pas l’habitude de voir militer en réinventant les lieux, l’organisation et la forme des luttes. ... face à la disparition du vivant, certaines formes d’action légitimes passent par la destruction d’infrastructures matérielles. La limite aussi bien de XR que de certains gilets jaunes, c’est le recours trop régulier à des actions symboliques et à des revendications tournées vers le gouvernement. Il nous faut repenser cette culture du rapport de force qui a construit la gauche ouvrière mais n’est plus adaptée. On a passé des années à tenter d’être le plus nombreux possible au même endroit, sur le même mot d’ordre. Cela nous a coûté très cher, on est trop souvent sortis fâchés de cette recherche d’unité. Il faut passer à une forme d’acupuncture politique ... l’archipélisation des luttes ... îlots de résistance émergents ... stratégie coordonnée et des objectifs communs ... collectif Deep Green Resistance, je ne crois pas qu’on ait théorisé cette convergence internationale d’actions aussi différentes, qui n’est ni un mouvement insurrectionnel mené par une élite ni un mouvement spontané. ... deux constats : l’écologie est incompatible avec le capitalisme, les questions sociales et écologiques sont indissociables. ... refuser de parvenir, cesser de nuire, cultiver la dignité du présent ... nous sommes la nature qui se défend ... On peut marier radicalité du fond et aménité de la forme, action radicale et élégance. Je plaide pour le retour du panache !
Connu / https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?UMdspA
Ndlr : en tous points en accord avec CMD, sauf qu'il ne faut renoncer à rien et surtout pas à la politique élective tant qu'on n'a pas mieux en terme de démocratie élective. Donc être en dualité. Dans le cas de CMD, je peux comprendre qu'elle a fait sa part...
La rédaction de Grozeille a reçu et publie cette lettre ouverte aux militant-e-s de Extinction Rebellion France participant à la Rébellion Internationale d’Octobre (RIO).
Le 5 octobre, Extinction Rebellion a co-organisé l’occupation d’un centre commercial, Italie Deux, avec d’autres collectifs (gilets jaunes, écologistes radicaux, luttes sociales, féministes, queer, antiracistes), actant le début d’alliances prometteuses association blocage de l’économie, inclusivité et démocratie directe.
Cependant, cette date du 5 octobre a servi d’ouverture à une semaine de Rébellion Internationale d’Octobre (RIO), qui se manifeste notamment par l’occupation de la place du Châtelet, des prises de parole, et des actions de blocages. Cette intéressante semaine de rébellion est cette fois organisée par Extinction Rebellion en solo (mais ouverte aux autres luttes), sur le modèle de ce qui se passe en Angleterre. Si cette occupation est indéniablement très rafraîchissante (depuis quand avait-on pu occuper aussi longtemps, et de nuit, le cœur de Paris ?), elle n’en comporte pas moins certaines limites.
Nous publions donc cette lettre rédigée par des jeunes de Désobéissance Ecolo Paris, et signée par d’autres collectifs : ACTA, Cerveaux non disponibles, le CLAQ, et le Comité Adama.
27 min
Disponible du 12/10/2019 au 17/10/2020
Prochaine diffusion le dimanche 20 octobre à 00:45
Le danger qui pèse sur l'environnement ne réclame-t-il pas une politique plus offensive que celles qui ont été envisagées jusqu'à maintenant ? Débat avec Delphine Batho, présidente de Génération Ecologie, et Ana Catarina Mendes, secrétaire adjointe du parti socialiste portugais.
Les élections européennes ont été marquées par une forte progression des Verts : dix points de plus par rapport à 2014 en Allemagne, et un succès inattendu en France. Mais si l'écologie devient une cause prioritaire, avec à la clé un greenwashing croissant de la part des autres partis, cette timide réorientation est-elle à la mesure de l'urgence ? La menace d'un effondrement général ne devrait-elle pas plutôt susciter une écologie offensive, qui s'attaquerait au réchauffement climatique au lieu de le subir ?
Pays : France Année : 2019
... riche dossier sur les inégalités environnementales.
Présentation du dossier par l’équipe rédactionnelle du journal :
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L’écologie est une lutte de classes (enfin, elle devrait)
Si les catastrophes semblent menacer tout le monde, ce sont pourtant bien les pauvres qui trinquent en premier. Il est grand temps de mettre fin au « consensus environnemental » bidon qui répète qu’on habite tous la même planète, refilant lâchement la patate chaude à la responsabilité individuelle de chacun. Non, nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Et nous n’avons pas tous les mêmes responsabilités. -
« Il faut casser le consensus environnemental »
Entretien avec le sociologue engagé Razmig Keucheyan.
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Le business du diesel de qualité africaine
Des pétroliers occidentaux vendent des carburants ultra-toxique en Afrique de l’Ouest. Pour augmenter les marges, les fluides sont coupés avec des produits dangereux. -
Prenez et mangez-en tous
Incursion en terre cannibale, où l’on voit que le zombie mangeur de cervelle est davantage fils de capitalisme que d’épidémie. -
Quand l’Asie du Sud-Est déborde sous les déchets occidentaux
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Femmes de ménage : un métier qui empoisonne
La santé des agents de nettoyage est menacée par l’utilisation de produits toxiques. Mais sur fond de mépris social et racial, ce danger réel est trop souvent balayé. -
À Salsigne, « l’or pour l’État, l’arsenic pour le peuple »
Après s’être gavé pendant plus d’un siècle en compagnie d’investisseurs privés, l’État rechigne à dépolluer ce qui fut la plus grande mine d’or d’Europe. Les anciens mineurs, leurs voisins et leurs enfants, subissent une important pollution à l’arsenic. -
Au Rojhelat, l’écologie comme espace de contestation
Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour Téhéran, l’environnement du Kurdistan iranien n’est pas une priorité. Les écologistes locaux payent un lourd tribut à leur lutte.
La totalité du sommaire du numéro 180 — disponible en kiosque jusqu’au 31 octobre 2019 — est en ligne ici https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no180-en-kiosque.
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"Mercredi, la commission des mines a réuni les services de l'État mais aussi des exploitants miniers pour la prolongation de deux concessions minières de la tristement célèbre Montagne d'or. Un projet pharaonique, écocidaire, destructeur de l'environnement, qui serait responsable de la déforestation d'un pan de l'Amazonie."
.#Écologie #MontagneDor #Amazonie
Catégorie Actualités et politique 78 commentaires
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C'est le premier texte à l'Assemblée après la conversion écologique de Macron. Et même si on n'a pas mal bataillé, il n'y a pas grand-chose de vert, dans cette loi-mobilité...
Best-of de mes meilleurs moments. N'oubliez pas de mettre un petit pouce en l'air, de partager, et on vous souhaite un bon visionnage !
Catégorie Actualités et politique 638 commentaires
Georges Rodrigues il y a 1 jour
La France est à vendre,à privatiser, il reste quoi encore, nos organes, notre sang, notre sperme ? Merci Mr Ruffin, et quand je voit cette assemblée si vide, comme d habitude, je suis dégouté.
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Peace il y a 1 jour
Juste énorme. La tartufferie du gouvernement LREM exposée au grand jour une fois de plus. A partager largement.