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La France insoumise - Ajoutée le 3 sept. 2018
Le samedi 25 août 2018 aux AmFis d’été de la France insoumise à Marseille se déroulait la conférence « Pour une politique agricole et alimentaire européenne au service de l’intérêt général ».
Cette conférence était animée par :
- Aurélie Trouvé (agroéconomiste, enseignante à AgroParisTech, ancienne co-présidente d’Attac)
- Michel David (paysan, membre de la Confédération paysanne)
- Fernando Fernandez (député Podemos en charge de l’agriculture, l’alimentation et l’environnement)
- Laurent Levard (co-animateur du livret Agriculture et alimentation )
- Romain Dureau (ingénieur agronome, candidat aux élections européennes)
Catégorie
Actualités et politique
Transcription :
...
la néfaste food... 2 millions d'années d'alimentation... on a oublié ou l'on nous a caché la dimension politique de la table... Paléolitique (-2 millions d'années à -7OOO ans) dentition apparaît car augmentation de consommation de viande par chasses collectives, donc coopération de dizaines de chasseurs. La femme chassait mais seulement en frappant, pas en coupant par peur du mélange des sangs... inventer la logique du don et du contre-don. Dès cette époque, apparition des premiers biens communs de stocks alimentaires d'au moins un an d'alimentation... déssication, séchage, congélation, salage, enrobage de graisses, de miels, de sucs, ... l'importance de la cuisine. Nos ancêtes recherchaient le plaisir par l'assaisonnement, le gras. N'ayons pas une vision misérabiliste. ... recherche du plaisir. Cuisine et politique passe par le chauffant sur des pierres au soleil, puis la maîtrise du feu. Cuissons lentes ou rapides, produire et conserver le feu, et aussi acte symbolique. frotter deux morceaux de bois fut interdit par l'église catholique en l'an 600 ???
Passage au mésolithique, apparition de premiers silos, greniers, domestication animale et végétale, ... véritable civilisation végétale... banquets de compétition, étalage de ma richesse grâce à la table... banquets discriminatoires, secrets, chamaniques... début de la grande division de l'humanité. Une infime minorité a pu mettre la main sur l'alimentation, monopole de la boisson fermentée ... Brian Eder, déjà la lutte des 1% contre les 99%
Néolithique : existait déjà des sociétés de chasseurs-cueilleurs sédentaires. Le passage à l'agriculture n'était pas obligatoire. Premiers agriculteurs venus de l'est. L'élevage porc, chèvre, mouton, exploitation laitière. Sous-produit de l'alimentation du lait .... 8 plantes à l'origine de l'agriculture (lin, ...) Le végétarien doit utiliser du sel de mer ou de gemme. Festins discriminatoires entre ceux qui ont droit ou non. Tables antiques : égypte (un seul hyérogliphe pour manger et parler, des centaines d'aliments symboliques, l'homme entre les animaux et les dieux, devoir pour les riches de sustenter les pauvres, on mourrait moins de faim qu'aujourd'hui), grèce (un seul mot pour dire manger et partager, compagnon, copain, ami, donc obligation de partager, manger seul est manquer à ses obligations sociales, le solide est masculin avant le coucher du soleil, la nuit partie liquide féminin, lunaire, 3 types de convives hôtes, amis, parasites, quel plat politiquement intéressant, fricassée plat le plus démocratique, manger allonger la tête reposant sur la main gauche pour libérer l'esprit, femmes admises chez les sectes comme les pythagoriciens), rome (mélange eau-vin pour rappeler le métissage de la société, manger chinois c'est savoir que chaque plat signifie quelque chose ex sphère symbole de l'amour, bûche à noël car au moment de l'équinoxe on faisait bruler une bûche humidifiée afin qu'elle tienne jusqu'au matin, on buvait en 3 temps -d'abord un cratère bu en l'honneur des dieux -2è en l'honneur des grands hommes -3è en l'honneur des humains) donc concernait le corps social, le corps politique ex slow food né en italie terre de plaisirs depuis rome qui gaspillait => lois somptuaires de limitation. On a créé des brigades policières pour vérifier ce qui était à table. Manger engage toute la société. Les romains n'ont cessé de tricher. Ont donné les apparences cuisine de subterfuges, cuisine des apparences. Gaule (buvaient leur vin pur, meilleurs agriculteurs-éleveurs+restés chasseurs-cueilleurs, grands banquets obligatoires pour les chefs durant des jours, des semaines, >60 peuples autonomes avec leur propre clergé, clientèlisme on achète des suffrages par la nourriture, dans de grands enclos de 800 m de côté, coupures entre -ceux qui ont droit de voter ou non -... obligation de gaspiller des aliments et boissons
gaspiller est montrer son pouvoir comme aujourd'hui !
en revanche interdit de parler politique durant le banquet, on mange assis sur des bancs, du mouton, hommes et femmes ensemble, réelle supériorité agricole, autosuffisante, peu de légumineuses, salades, soupes, fruits, pain réservé à l'aristocratie.
/gastronomie fr : modernité faite en 3 temps -monarchie (architecture, musique, danse mais pas de cuisine on mange italien, a demandé d'inventer la cuisine fr avec des sauces, pour dire la puissance, on développe la pâtisserie branche de l'architecture, formes parfaites pour exprimer un discours philosophique, politique -> les lumières apprendre à différencier les idées, la révolution fr on supprime la cuisine du mélange, la cuisine du tiède, on abandonne le service à la fr tout sur la table en même temps, marier , on a imposé le repas ternaire +++
pour structurer la tête, commissions pour savoir comment on doit alimenter le peuple crachus babeuf manifeste des ég prende appui sur les façons populaires de manger. La révolution s'est mal finie car a poursuivi le travail de la monarchie, arrachage des châtaigniers, tout ce qui encourage la fainéantise, il fallait que les gens souffrent, tu gagneras ton pain à la sueur de ton fron, tu enfanteras dans la douleur. /légende pomme de terre d'abord monarchique car >>rendement, le peuple se l'est approprié, le 19è siècle noir nourrir le peuple avec des substituts alimentaires, laisser les terres pour des projets, déjà donc de la malbouffes déchéance absolue de l'humanité cf paul lafarge le droit à la paresse, 20è siècle
Les riches, les puissants ont toujours développé un séparatisme alimentaires pas comme mr et mme tout le monde ; dans les pays les moins développés, la table est la plus riche ! aujourd'hui l'alimentation resp de 2/3 des ém de CO2 relocaliser, resaisonnaliser, moins carnée, servie à table, une alimentation bonne autant à manger qu'à penser +++ du sens, il est ainsi plus facile de redevenir resp /sens du partage.
55:50
/phrase "quand je mange, je fais de la politique" livre de Paul /histoire politique de l'alimentation
Véronique : /partage social manger c'est voter, aux restos du coeur on mange ce que les autres ont bien voulu nous laisser, Q avec qui on mange, où on s'approvisionne, comment on cuisine ? adopter un vieux célibataire pour nourrir ses poules, du soleil dans mon assiette, manger c'est du soleil dans mon assiette, manger n'importe quoi un jeûner, gpii et nourriture imposée ex nutella
l'écologie n'est ni de droite ni de gauche,
Paul :
autour de la table, les premiers biens communs, en partie politique ; division de l'alimentation dans toutes les cultures. ex now reposer sur l'exploitation animale, etc.
/couper l'aide sociale /UE LFI a vraiment quelque chose d'important à apporter ex restauration collective est plus d'un repas sur deux => modifier le cahier des charges pour avoir un sacré levier de transformation de l'agriculture. Rêve que l'alimentation est tellement important pour nos enfants qu'on rende la cantine gratuite. Ex en suède de 7 ans à 16 ans et c'est le pays où l'AB est la plus développée. Nourrir la planète avec 400000 agromanagers gigantisme absolu fermes brevetées pour un million de personnes, ou miser sur 1,5 milliards de petits paysans ?
Nos copains de davos, des grandes institutions ex bill gates homme sympathique mais qui investit pour inventer des stubstituts dans tous les domaines viande sans viande etc
alimentation totalement artificielle couper le lien entre alimentation et agriculture
=> construire des alternatives à la hauteur
tout est prêt, on calcule déjà les retours sur investissement => rompre avec la nouvelle devise alim "comment manger pour avoir les formes sans la forme ?" manequin 'terme dannois l'humain pas fini, imposer un modèle esthétique, alim de killer, privation, réduction de l'alim /dimension diététique, on évacue tout le reste !
alim saine, plaisante, sociale, politique (accessible à l'ensemble des humains) ++++
ex opposer le lapin paysan, poulet pour ?
on voudrait transformer les cultures populaires en sous produits, /jeune geste politique ex grève de la faim, choisir de moins manger pour que tous puissent manger, qui gagne sur le plan symbolique ce qu'elle perd au plan calorique
si on veut changer la société convaincre qu'on a mieux à proposer que ce qui existe aujourd'hui. Là où on n'est pas à la hauteur, c'est comment réinventer du symbolique ? en rendant à l'alim sa dimension sociale, culturelle et politique. Nous avons une chance en France que l'alim collective représente >50%
Cuisine faite sur place, servie à table sinon temps moyen de 12 mn mais plus d'éch humains
réinventer un langage autour de la table qui porte du sens
Q/
1:15:56 / évol démographique une des clés ex 19ème
ya trop d'humains pour ceux qui ne les aiment pas assez
années 70 bombe démographique, now si les taux de fécondité se mondialisent, l'humanité ne se reproduit plus
10 milliards d'humains, /maîtrise de la fécondité /émancipation des femmes ++ créer des biens communs
pas par une politique violente /ceux qui ont moins
=> meilleur partage du gâteau planétaire ++
/fao dans les 20-30 prochaines années, ne peut pas se faire sur le modèle productiviste, pas de retour à des politiques autoritaires comme en chine ou inde
Q:
ex pays arabes la fécondité a diminué sans émancipation de la femme. /productivisme /mes études tout système complexe est un système plus productif /monoculture consommation effrennée d'énergie fossile + pollution de l'eau et des humains, biocides, la médecine chimique n'apporte aucune solution ex maladie de chrone crone ?
/l'essentiel /mal productiviste acquis /subventions publiques revenir à des solutions raisonnables /travail des paysans le système est totalement artificiel y compris dans les pays dits libéraux gaspillage d'impots, car nous acceptons tous /espoir toucher un peu Supprimer la totalité des subventions publiques car nous devenons les banquiers
/rôle de la pac, des affaires, des subv publiques et sur l'inertie des consommateurs
Rép. ce n'était pas mon thème. on a complètement oublié l'aspect alimentation. Il faut inventer des politiques alimentaires qui viendraient épauler les politiques agricoles sinon impuissants. réduction de l'alim à la nutrition, logique purement quantitative. Nous nous sommes laissés déposséder y compris là où nous avions la maîtrise ex les comités d'entreprise.
Mr : /ogm 1ère chimère pour mettre en place les dons d'organes /soleil vert nourriture produite à partir des personnes âgées, la façon dont je chie est politique ex toilettes sèches ...
PA : les mets et les mots, autres dimensions que biologique et diététique
Mme : /faire à manger acte d'amour, idée de faire plaisir
Mr : /alim indust artificielle = fin de civilisation ? l'amour pour la terre et pour les hommes en tant que paysan
Mr : /symbolique des repas++ séparation du spirituel déséquilibre
Mr : /norme antique culture aristocratique impose ses codes, asservit, domine donc ne pas idéaliser; /now inquiet /table culture agro-industrielle ex lactalis et en allemagne prod agri ss produit de l'agri /prod énergie
Mr : alimentaire orienter politiques agricoles conf paysane d'accord /agri bio, comment passer de niche à pour tous ?
Mr /ogm pas nocifs mais monopole des entreprises privées donc refuser
Rép. PA : ne pas idéaliser le passé, montrer comment nos anciens ont construit ex "du pain et des jeux" revendication populaire, ça exploitait les peuples d'afrique du nord en mm tmps, /ration mini de base, on a un rapport de forces; /conf pays combat sur 2 pieds agri+alim ! faire un mangeur politique /autre agri puissance de la restauration collective, msg d'espoir si ne pas se laisser enfermer dans dimension biologisante rendre la dimension plaisir, charnel, sinon biotech ! /ogm ou ionisation des aliments (irradiation) le danger n'est pas le pb, façon de rendre l'aliment inerte, mort, c'est à ce titre qu'on le combat. Plaisir à préparer, partager un repas, donner envie; deleuse : seul le désir est révolutionnaire; construire de l'humain ex à table;
Mr : /restauration collective levier alim = culture avec des cuisiniers;
Mr : /temps nécessaire à la cuisine /travail+qui cuisine quoi ex les >>chefs des hommes; PA: ça remonte à la nuit des temps; ne pas culpabiliser /temps=>réduct°tmps de trav+se réapproprier son alim aux usa opération nutritive 12x/jr !
Mr : /plaisir désir++ goût des papilles mais >>culture difficile à avaler mm ici; lien pensée/nourriture; résilience idéologique/partage, authenticité; PA: facteurs -physiologique -encodage primaire bébé -éducation au goût; rompre avec l'industriel /sensations organoleptiques de base plaisant mais pas culturel => défendre richesse patrimoine local, diversités sociales, reprendre appui dessus; différencier les saveurs développe la capacité de jugement utilisée ensuite dans les autres jugements ex politique =pensée des philosophes des lumières, révolution fr; l'ordinaire rend le sentiment de compétences aux gens, +facile à se réapproprier;
Mr : comment changer ses modes alimentaires quand aux mains du lobby productiviste ? PA : toujours aux mains des dominants; prendre appui sur le déjà là /démocrite partager rend l'alim meilleure; la suède l'a fait, on peut aussi y arriver malgré les >>médias, spots pub aux gamins etc; les alternatives+souriantes que le système dominannt ex mvt anti-macdo en italie mvt slow food; être sur le versant positif de la critique pluto que démonter le macdo ! on a des petits bouts pas à lahauteur mais aller plus loin politiquement: /alim+santé+rendre de l'espoir aux gens FIN
NDLR :
à valoriser pour construire des alternatives en matière d'alimentation - agriculture / plpdla ACT
Stéphanie Muzard, société civile, artiste auteur plasticienne et réalisatrice de films documentaires humanistes et engagés agriculturels, (l'Atelier des Muses www.latelierdesmuses.com) cofondatrice et bénévole de l'association Ruralimages, webmaster du blog de la ferme paysanne.
connue /
https://www.change.org/p/soutenons-le-paysan-beno%C3%AEtbiteau-et-demandons-le-r%C3%A8glement-des-primes-aux-agriculteurs-bio
07h16
Clés :
agriculture alimentation Économie
manger local, expliquer notre métier, rachat d'un lidl->"coeur paysan"
Francophone
Depuis 2009, ce collectif de paysan⋅ne⋅s, de salarié⋅e⋅s et de structures citoyennes et du développement agricole développe une démarche innovante de réappropriation de savoirs paysans et d’autonomisation dans le domaine des agroéquipements adaptés à l’agriculture biologique.
Fabrice CLERC est co-gérant de l’Atelier Paysan. Il a bien voulu répondre aux questions de Michel Bauwens pour faire le point sur le développement du collectif et sur ses projets.
L’évolution de l’Atelier Paysan : comment passer un cap de croissance ?
Notre structure est jeune, elle a connu un développement significatif ces dernières années qui s’est accompagné d’ajustements nécessaires mais qui ne suffisent plus. Nous avons dépassé le stade de l’artisanat. Aujourd’hui, nous avons pris conscience de manière aiguë que nous étions arrivés à une limite logistique, humaine et économique de notre organisation. Il nous faut travailler à l’Atelier Paysan de demain. Nous ne pouvons pas continuer à fonctionner comme nous le faisions jusqu’à présent.
Il y a cinq ans, nous avons investi dans notre mobilité (fourgons mobiles avec des remorques) pour tenir des formations, des sessions de prototypages, etc… (soixante à quatre-vingt déplacements par an). Nos camions sont maintenant épuisés, nous n’avons pas de transpalette pour les charger et les décharger (car il n’y a pas de cour bétonnée devant les locaux). Tout se fait à la main, nos colis se réalisent dans notre cage d’escalier, il n’y a pas l’ergonomie nécessaire pour une inscription dans la durée.
Nous sommes dans une aventure de transformation sociale sur une thématique singulière mais avec une visée politique forte (transformation radicale des modèles agricoles et alimentaires). C’est donc un effort considérable, qui n’est pas facile à porter. La structure se place dans des rapports de force qui ne nous sont pas forcément favorables, dans une précarité de moyens matériels et humains. Il nous faut changer de monture. Cela fait partie d’une crise de croissance, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Il nous faut d’autres moyens.
Nous ne pouvons plus être seuls à porter ces thématiques là, il faut renforcer l’émergence de dynamiques locales, dans toute leur diversité. Nous sommes dans de la transmission de savoir, le colportage de communs, nous sommes des passeurs, et l’essaimage se fait de manière organique. Nous avons testé des dizaines de modalités d’essaimage. Mais cette diversité dans notre essaimage n’a pas encore atteint un degré d’autonomie suffisant. Par exemple, le nombre de paysans qui se rendent dans des centres de formation pour transmettre le projet de l’Atelier Paysan augmente de plus en plus. Mais les gens qui reçoivent le discours se tournent ensuite vers l’Atelier Paysan, et on ne peut pas dire que c’est satisfaisant si la responsabilité de l’accompagnement se concentre sur nos seules épaules.
Nous avons donc trois pistes majeures de consolidation de notre structure pour le long terme :
travailler au renforcement de notre essaimage et mieux mettre en mots ce que signifie essaimage, créer des conditions d’animations locales (visites chez des paysans par exemple) avec l’Atelier Paysan en soutien mais pas en intervention ;
Repenser notre modèle de formation continue, et former les futurs accompagnants locaux avec un cycle complet, dont les contenus seraient apportés par nous et par nos partenaires. Cela pourrait passer par la mise en place d’une formation diplômante sur plusieurs mois.
Faire émerger un centre l’Atelier Paysan qui nous permette de nous bénéficier d’un outil de travail raisonnablement adapté à nos besoins logistiques et stratégiques.
Au niveau du financement, nous sommes toujours en progression. Nous arrivons à trouver des moyens qui nous cantonnent à la frugalité. Car il y a une constante : pour rentrer 100, il faut travailler 130 ou 140. Le financement de nos travaux d’intérêt général est structurellement déficitaire, et ne résiste que par le fait qu’il y a des hommes et des femmes qui s’investissent plus que la moyenne dans l’aventure. Sinon, on n’existerait pas.
Dans l’immédiat nous avons intégré de nouveaux bureaux, mis en place de nouveaux locaux techniques, créé deux postes de coordination et nous avons des perspectives de renfort avec profils très expérimentés.
La dimension collective du portage d’un projet politique est importante. A plus d’épaules on va plus loin. Cela fait 3 ans que nous nous investissons dans le Pôle Inpact national (collectif composé de dix des principales structures qui pensent la question agricole et alimentaire autrement au niveau national).
Le projet USAGES : pour faire émerger des communs issus d’innovations ascendantes
Le Réseau Rural Français (il en existe dans chaque pays d’Europe) animé par le Ministère de l’Agriculture et le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires a lancé en 2015 un appel à propositions intitulé “Mobilisation Collective pour le Développement Rural” afin de stimuler l’émergence d’initiatives collectives. Nous y avons répondu pour faire plus et mieux que ce que nous faisions jusqu’à présent, pour faire émerger des communs issus d’innovations ascendantes, avec une implication intense des paysans dans ces technologies.
Le projet s’est construit sur quatre axes :
renforcer les travaux de recherche et développement et de recensement des innovations qui existent déjà, accompagner des groupes pour la conception de machines pour lesquelles ils ont un besoin d’accompagnement.
diffusion : production des livrables issus de la partie R&D : tutoriels, chroniques d’innovations paysannes, documents thématiques (auto-construction de bâtiments en grumes, transformation à la ferme et technologies appropriées, ergonomie et technologies appropriées, gestion des couverts), exposition “Machines et bâtis agricoles, des communs en exposition” (120 planches disponibles version imprimée en prêt ou accessibles en ligne qui présentent la démarche, le projet politique et une centaine de bâtiments).
analyse : s’associer avec des acteurs de la recherche académique pour venir analyser la réalité de nos travaux, d’un point de vue sociologie, économie, efficacité collective. Nous avons beaucoup affiné les questions de recherche et avancé dans les prises de contacts pour traiter cet impensé scientifique. Un collectif de chercheurs va se lancer à l’automne prochain dans un gros programme de recherche autour de la question de l’économie de la machine agricole de 1945 à aujourd’hui, avec pour objectif de décortiquer les tenants de l’élaboration des politiques publiques, les histoires des développements technologiques à marche forcée, etc…
décloisonnement : beaucoup de dynamiques rurales et agricoles relèvent de ce type d’approche ascendante, nous souhaitions recenser les citoyens qui se penchent sur ces problématiques. Notre projet politique est global.
Un des nombreux thèmes que nous avons abordé via ce projet est celui de la transformation alimentaire. Celle-ci est aujourd’hui massivement industrialisée. Notre agro-industrie, basée sur une agriculture de flux, a centralisé la transformation alimentaire dans des usines. Progressivement, les technologies ont été adaptées à la transformation industrielle. Cela a entraîné un assèchement de la diversité des technologies de transformation à la ferme. Or cette transformation à la ferme est un enjeu important : celui de contribuer à un rapatriement de la valeur ajoutée sur les fermes, quand une partie significative des paysans en France vit sous le seuil de pauvreté. Une grande part de la richesse y compris gustative, organoleptique a disparu au profit de ces usines qui ont concentré les outils de production. De plus, les normes de production, d’hygiène ont été conçues et mises en place pour et par le monde industriel. Il y a un vaste enjeu à faire en sorte que les paysans puissent disposer à nouveau d’une gamme technologique simple, accessible d’un point de vue conception, et dont l’utilisation fait appel à un haut niveau de savoir-faire, au sensible, à l’expérience. Mieux vaut des cerveaux que des serveurs.
L’Atelier Paysan : un réseau qui se développe dans d’autres pays
En France (y compris l’Outre-Mer)
Un collègue est parti ce matin en Guyane pour donner une première formation aux techniques de l’auto-construction (une semaine), puis tester et permettre de s’approprier les concepts aux champs (essais, réglages, etc) pendant une deuxième semaine.
Il y a également des perspectives à la Martinique, en Guadeloupe, à la Réunion, la question agricole étant très importante dans les DROM, et particulièrement des technologies paysannes appropriées, d’autant plus avec l’éloignement territorial.
Nous testons avec ces expérimentations si le modèle est applicable dans d’autres contextes. Pour cela, il y a un gros temps de préparation, puis une transmission de savoir-faire et savoir-être. C’est un galop d’essai pour le moment. Nous mettrons en main des groupes de paysans des technologies qui sont modifiables, y compris sur le terrain durant la 2ème semaine. Ensuite nous ferons le point.
Nous n’allons pas là-bas au hasard. Ces structures nous ont contacté. Les propositions technologiques qui leur sont actuellement accessibles ne sont pas adaptées aux besoins locaux et ne sont que prétexte à l’import-export de machines qui ne leur servent à rien.
Dans le reste du monde
Au Québec : c’est notre essaimage à l’international qui a été le plus efficace. Nous avons donné une formation, et depuis ils font chaque année des formations avec des supports produits localement. Des producteurs se sont réunis pour faire de la R&D à la ferme. En y allant, nous avons contribué à faire en sorte que ce soit une démarche qui s’autonomise, ils n’ont plus besoin de nous. Ils ont été force de proposition, et un certain nombre des variantes technologiques qu’ils ont créées nous ont inspirés ici. Ca a bien marché parce qu’on est allé là-bas juste avec nos plans (convertis au système impérial d’unités). Ils se sont chargés de trouver un local et la mise en place des conditions logistiques pour que ça puisse avancer. Cette configuration est idéale : on y va une fois, et l’autonomie se met en place naturellement, à la sauce locale.
En Europe, et au-delà (Afrique) : nous sommes sollicités de plus en plus souvent, à tel point que nous en avons tiré la conclusion que nous sommes mal à l’aise avec l’idée de nous rendre dans ces pays avec une approche “développementiste”. Les technologies appropriées, il faut les voir et entendre un témoignage là où elles sont mises en oeuvre. Donc le préalable à nos déplacements à l’étranger est maintenant que les demandeurs viennent ici en France pour découvrir ce que nous faisons, puis c’est à eux d’imaginer les conditions de notre intervention sur place, ou d’une reproduction autonome et adaptée localement. Toute cette logistique nécessaire au développement de la pratique, si elle n’est pas directement prise en main, élaborée localement, ne peut durablement émerger.
Deux membres d’un collectif grec sont venus l’hiver dernier pour une visite et un stage d’auto-construction, afin de vivre notre approche. Ils ont le projet d’investir dans un centre localement, adapté à leurs problématiques.
Des projets pour le futur
Comme évoqué dans la première partie de cet entretien, nous avons pris conscience collectivement de nos limites et l’objectif est de mener à bien notre changement de monture (essaimage et mise en place d’animations locales, formations plus autonomisantes, faire émerger un centre adapté à nos besoins logistiques et stratégiques) pour créer les conditions de la durabilité et la soutenabilité de notre projet.
Bien sûr, nous souhaitons que des personnalités politiques sensibles à nos travaux s’en emparent en respectant la singularité de notre approche. Mais il nous faudrait des relais qui ne soient pas dans la récupération et les apparences. C’est un gros travail que nous n’avons pas le temps de faire pour le moment.
Nous souhaitons également diversifier nos explorations en termes de thématiques de travaux comme par exemple la transformation alimentaire où nous avons intensifié nos travaux depuis six mois à un an.
Plus d’un millier de bâtiments/technologies/machines sont recensés et partagés sur notre site internet et dans notre forum. Sur cet aspect documentaire, encyclopédique, la stratégie logique est d’aller de plus en plus vers une complétude sur le plan technologique de l’ensemble des systèmes de production. Exemple : brasserie paysanne, boulange paysanne (avec des documents complets pour accompagner le cheminement des projets de A à Z). L’idée est de développer une cohérence et une autonomie des communautés paysannes sur l’ensemble des processus techniques, technologiques. Il est dommage par exemple de produire du blé de qualité puis de l’envoyer dans une minoterie où il sera mélangé avec d’autres grains industriels.
Nous voulons aussi participer à faire émerger une véritable contre-expertise paysanne, critique des technologies agricoles. C’est un des enjeux du programme de recherche qui sera lancé à l’automne prochain autour de la vaste question de l’Économie de la machine agricole en France. Ce travail passera par la mise en place de travaux d’enquête de paysans citoyens pour comprendre les déterminismes des choix en matière d’agro-équipements.
Dans les prochains mois, nous développerons une méthodologie d’accompagnement à la restructuration des friches agro-industrielles. Il y a un gros phénomène de renouvellement des populations paysannes, avec de nombreuses personnes qui ont envie de s’investir, et partant de l’existant, reprennent les grandes infrastructures agricoles désormais anachroniques pour en faire autre chose.
Nous allons travailler notre capacité d’accompagnement sur ce point précis, y compris pour accompagner des paysans qui sont en difficulté parce qu’ils subissent un fonctionnement qui leur a été imposé. Une part significative des populations paysannes vivent en dessous du seuil de pauvreté. En changeant de modèle, en re-configurant une ferme, il existe une chance de se restructurer et de repartir du bon pied en s’affranchissant du système en place. Nous devons accompagner ces personnes dans la difficulté ayant la possibilité de se projeter sur autre chose : c’est ce que nous appelons l’auto-reconfiguration accompagnée.
Le modèle contemporain tue le tissu social paysan. Dans le cas des paysans qui lâchent l’affaire, leur système n’est pas reprenable en l’état, et la vaste majorité des terres agricoles part à l’agrandissement. Les modes de production agro-industriels ne correspondent plus aux aspirations d’aujourd’hui, ne constituent plus un horizon désirable. Cette reconfiguration / transition n’a pas été pensée et il y a peu de capacité d’accompagnement. S’il y avait quatre ou cinq fois plus de travail agricole en France, ça ne serait pas grave, au contraire…
Propos recueillis par Maïa Dereva
Photo L’Atelier Paysan sous licence CC BY-NC-SA 2.0
Thierry Salomon est membre de l’association négaWatt.
Bonne solution selon lui pour valoriser les déchets de l'agriculture => approfondir ACT
Le devenir du carbone dans les sols contribue à réguler la teneur en CO2 de l'atmosphère ainsi que la fertilité des agro-écosystèmes. Des chercheurs de l’Inra, du CEA et du CNRS apportent une quantification inédite de la cinétique de renouvellement du carbone des sols en fonction de sa profondeur d’enfouissement et de ses déterminants anthropiques et climatiques. Cette étude parue le 11 juillet 2018 dans la revue Nature ouvre des perspectives pour mieux apprécier l’évolution du cycle du carbone.
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Le renouvellement du carbone en profondeur résulte de la savante contribution de la faune qui mélange les sols – on parle de bioturbation – jusqu’à quelque 70 cm de profondeur ; des racines, apportant du carbone jusqu'à environ 2 m, et des décomposeurs qui dégradent les matières organiques, un processus qui s’estompe progressivement en profondeur.
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Il en découle un fort gradient vertical de la dynamique du carbone, que les scientifiques ont notamment mesuré pour l'ensemble des zones tropicales où l'âge médian du carbone s'échelonne ainsi de 7 ans, en surface, à 1 250 ans, à 1 m de profondeur. Ils ont de façon plus générale, mis en évidence que la dynamique du carbone dans les couches superficielles (0 -30 cm) est sept fois plus rapide que dans les couches plus profondes (30 cm – 1 m).
...
De façon globale, le carbone qui est renouvelé est incorporé pour moitié entre 0 et 10 cm de profondeur et pour moitié au-delà. Cette profondeur médiane est de 9 cm en forêt contre 17,5 cm dans des sols cultivés, soulignant l’impact de l’usage des sols et notamment des pratiques agricoles sur le renouvellement du carbone.
Cependant, même dans la partie superficielle des sols tempérés cultivés, l'âge du carbone organique est élevé, de l'ordre de 75 ans, traduisant le fait que les matières organiques de nos sols actuels sont l’héritage de leur gestion par plusieurs générations d'agriculteurs.
Les chercheurs ont mis en évidence que la contribution des couches profondes du sol au carbone jeune dépend peu de la température, mais davantage des précipitations : elle est plus forte en climat sec, probablement parce que l'enracinement des végétaux est alors plus profond.
...
La gestion du carbone organique des sols est un enjeu de premier plan pour la productivité et la durabilité des agrosystèmes, l'environnement ou les politiques publiques, qui doit se faire à long terme, comme celle d'un capital pour les générations futures, en prenant désormais en compte le carbone profond des sols.
...
Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du projet Dedycas - Le carbone des sols, système dynamique dépendant de la profondeur : nouveaux concepts, mesures et modélisation (Agence nationale de la recherche, 2015-2018).
Le pôle « Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne et Territoriale » National
C’est une plateforme associative issue du rapprochement de réseaux associatifs agricoles : l’InterAFOCG, la FADEAR, le Réseau CIVAM , Accueil Paysan, le MRJC, Terre de Liens, L’Atelier Paysan, Nature et Progrès, le MIRAMAP Solidarité Paysans, et Nature et Progrès
L’ensemble de ces réseaux s’est regroupé afin de promouvoir une agriculture plus durable et de proposer des alternatives concrètes aux agriculteurs sur leur exploitation. Sa mission est de :
Elaborer et diffuser des références sur l’agriculture durable,
Accompagner au changement de pratiques,
Faire la promotion de l’emploi et de l’installation,
Développer des liens entre agriculture et territoires. L’ensemble de nos réseaux touche environ 50 000 agriculteurs et emploie 400 animateurs et chargés de missions.
Le socle commun de la durabilité
Accompagner le changement
c/ FNCIVAM
7bis, rue Riquet 75019 PARIS
01 44 88 98 60
Pour un moratoire sur la construction de nouvelles zones commerciales !
13920 SIGNATURES
...
Généralement situés en périphérie urbaine, ces espaces servaient de zones tampon et permettaient une régulation hydrique qui fait défaut aujourd’hui.
La France compte 807 centres commerciaux s’étalant sur plus de 17 millions de m². Parce que « trop n’est jamais assez », ce sont près de 77 nouvelles grandes surfaces qui pourraient sortir de terre en 2018.
Or, selon un sondage exclusif* mené par l’IFOP pour le compte d’Agir pour l’Environnement, 92% des personnes consultées estiment que la France est suffisamment dotée en hypermarchés, notamment en périphérie urbaine.
Pour conserver les terres agricoles et les espaces naturels du plateau de Saclay
des citoyens et des associations regroupés dans la bataille juridique du plateau de Saclay
La pétition lancée par Saclay Citoyen demandant au premier ministre l’arrêt des aménagements en cours sur le plateau de Saclay tant que les procédures juridiques engagées sur le plan national et européen ne seront pas achevées a été signée par plus de 5 700 personnes. Mais le Premier ministre n'en a cure et ne répond pas à notre demande, retrouvez sa réponse ICI
Alors que deux recours supplémentaires sont engagés sur le projet de ligne 18...ICI
"Faites labour, pas le béton" vidéo réalisée par
Estelle Brattesani sur nos combats pour le plateau de Saclay
Notre adresse mail : saclaycitoyen@gmail.com
Twitter : @Saclaycitoyen
Page twitter ; https://twitter.com/Saclaycitoyen
Association "Bouillons terres d'avenir"
Chez Colette GLÜCK
Appt 35
4 parc de la Touques
76130 Mont-Saint-Aignan
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Reconnaissance de la lutte contre le réchauffement climatique
En plus d’une veille réglementaire sur les sujets liés à la fertilisation des sols, l’Association a noué des liens avec des chercheurs et des institutions afin de lancer son projet de reconnaissance des pratiques de nos agriculteurs. L’idée est de quantifier objectivement le stockage de carbone dans les sols que permet l’utilisation des technologies Marcel Mézy, afin de se lancer dans un modèle triangulaire entre agriculteurs/institutions/opérateurs privés (par l’octroi de crédits carbone).
connue / https://twitter.com/AssoPSTV/status/868731264148361216
ndlr : groupe de pression de qui pour qui ? des doutes -> https://twitter.com/AssoPSTV/with_replies TRÈS rassurant un vrai référent allié ?
vérifier ACT
Ferme Biologique du Bec Hellouin
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Le second programme de recherches, qui a démarré au Bec en 2015, s’attachera entre autres à évaluer la séquestration de carbone (et donc la contribution apportée à la lutte contre le réchauffement climatique), et l’impact sur la biodiversité de ce type d’agriculture – deux enjeux essentiels pour notre devenir commun.
En conclusion, cette étude va peut être bien au delà de son objectif initial : elle laisse imaginer une nouvelle forme d’agriculture qui concentrerait une part importante de la production vivrière sur de petits territoires intensément soignés, et libérerait d’immenses espaces qui pourraient être plantés de forêts comestibles, ou rendus à la nature sauvage. Il deviendrait alors possible de concilier durablement les besoins des humains et ceux de la planète. Mais ça, c’est une autre histoire !
Pour l’équipe de la ferme,
Charles HERVE GRUYER
Le Bec Hellouin, le 19 novembre 2015.
Source : http://www.sad.inra.fr/Toutes-les-actualites/Ferme-du-Bec-Hellouin-la-beaute-rend-productif
Livret agriculture du programme de la France insoumise