Avec Dominique Méda, professeure de sociologie à Paris-Dauphine-PSL et présidente de l’Institut Veblen
Publié le samedi 25 avril 2026 à 09:13
France Inter
26 min restantes
On n'arrête pas l'éco
Par Claire Chaudière
Au menu ce samedi : un débat sur les nouveaux concepts économiques de la campagne présidentielle, un détour par la Grèce dans la tourmente d'un scandale de fraude aux aides européennes et un focus sur le travail, avec un reportage sur le unbossing et un entretien avec la sociologue Dominique Méda.
"Les politiques n'ont jamais aussi peu parlé de logement", nous disait donc avant-hier Sébastien Lecornu depuis Marseille, annonçant un nouveau projet de loi avant l'été, devant un parterre d'acteurs et d'anciens et d'anciennes ministres du logement, qui ont dû apprécier. En voilà un drôle d'aveu. Celui de l'échec des gouvernements successifs. Dans les couloirs de la Macronie, depuis quelques temps déjà certains n'hésitent plus d'ailleurs à le verbaliser : c'est effarant sur le logement, le président a eu tout faux...
Le logement considéré, souvenez-vous, comme une richesse "improductive" par Emmanuel Macron. ça a commencé par un coup sur la tête du secteur HLM et la baisse de 5 euros sur les APL, suivi de la promesse d'un choc de l'offre qui n'a jamais eu lieu... Changements incessants de formule pour le prêt à taux zéro, le Pinel, Ma Prime Rénov'. Et puis, pas de chance, hausse des taux d'intérêt avec la guerre en Ukraine : la machine immobilière se grippe, se bloque. Catastrophe. La construction atteint un plus bas historique. Elle repart aujourd'hui mais reste bien fragile.
Alors 2 millions de logements à construire d'ici à 2030, l'objectif rappelé cette semaine est très ambitieux. L'exécutif s'est presque réconcilié avec les bailleurs sociaux et avec les investisseurs locatifs, les deux locomotives du secteur. Mais il n'a pas changé de paradigme. Il veut toujours simplifier, accélérer.
Il reste des incompréhensions, des irritants pour les associations, comme lorsque Sébastien Lecornu associe le troisième grand chantier de rénovation urbaine à la lutte contre le narcotrafic ou comme cette marche arrière sur l'interdiction de location des passoires thermiques. Il reste des angles morts : la régulation des loyers et des prix du foncier.
La crise du logement ou plutôt les crises du logement se sont pour certaines amplifiées en dix ans. Mais le reconnaître, même à demi-mot, c'est peut-être le début d'un sursaut.
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2 min
Tr.: ...
30:00 Le rapport au travail a changé ... La fonction de manager s'est aussi dégradée. C'est ce que pense Mathieu DETCHESSAHAR, professeur d'économie et de management à l'université de Nantes. Il estime qu'aujourd'hui le contrat de confiance entre les managers et sa hiérarchie n'est plus rempli.
Idée que les managers ont toujours beaucoup travaillé. Mais en contrepartie, on leur donnait des marges de manoeuvre, la possibilité d'initiatives. On leur faisait confiance pour gérer en partie à leur guise les pb auxquels ils s'affrontaient avec leurs équipes. Les 20 dernières années, ce contrat de confiance qui faisait le sens du manager a beaucoup évolué. Il n'est pas rare d'entendre des managers nous dire qu'ils sont des ouvriers en costard qui ne peuvent à peu près rien décider à leur niveau. Ils nous disent qu'ils sont devenus de simples passeurs de plats. Ils descendent de l'information et ils en remontent. Mais rien ne peut se jouer à leur initiative et à leur niveau. Et son regarde de l'autre côté du contrat de confiance, du côté de la charge de travail, ce qui semble surtout faire pb c'est la nature des taches qu'on leur confie. Donc ils disent tous que ce travail est un travail moins managérial, moins d'animation, moins en contact avec leurs équipes. Et de plus en plus un travail qui les conduit à être enfermés dans leur bureau, vissés devant leur ordinateur manipulant de multiples applications informatiques à des fins effectivement de reporting multipoints sur les différents sites de performance comptable, financière, rh, mais aussi RSE.
...
Cette figure de la réunion qui est devenue aujourd'hui honnie, détestée dans beaucoup d'entreprises tellment elles sont effectivement descendantes, monologiques, peu participatives. Si on veut réenchanter le travail des managers, ils ont besoin d'être de plus en plus avec leur direction dans une relation d'écoute et de participation, que l'on puisse reconstituter leur pouvoir d'agir. Et ça passe effectivement par des réunions pour essayer de repartir du travail, dans un rapport d'écoute et de construction collective. ...
32:36
Dominique Méda
... J'ai beaucoup aimé ce reportage ... D'abord, il nous montre bien que c'est pas vrai que les jeunes ne veulent plus travailler. Ils veulent le faire autrement avec une grande importance donnée à la possibilité de concilier sa vie professionnelle et sa vie privée. Et ça rejoint des tas d'études où on nous dit que les attentes des jeunes sont immenses. Ils veulent une bonne ambiance de travail, un contenu intéressant, être utile, etc ... J'aime beaucoup le reportage sur le père qui s'occupe de ses enfants. Quelque chose qu'on voit beaucoup, des difficultés de conciliation qui sont ressenties à la fois par les hommes et par les femmes.
2ème point sur le management très intéressant aussi. Il ne faut pas oublier - il y avait une très belle enquête de la DARES publiée en 2023 - qui montrait que 37% des salariés ne se sentait pas capable de travailler jusqu'à l'âge de la retraite. Et là, les cadres étaient 32%, presqu'autant que les ouvriers et les employés. Donc en effet, la charge de manager est devenue de plus en plus difficile, de plus en plus lourde avec beaucoup de charge mentale. L'APEC raconte ça très bien. Il n'y a pas de désaffection au travail. Au contraire, il y a des attentes de réalisation de soi de plus en plus importantes qui viennent se fracasser sur la réalité des conditions d'exercice du travail aujourd'hui.
DÉMOCRATISER L'ENTREPRISE
34:56 On porte cette idée depuis plusieurs années notamment avec Isabelle Ferrera qui vient de rendre à la Ministre espagnole un rapport sur comment on pourrait démocratiser l'entreprise en Espagne. Ça veut dire qu'aujourd'hui, notamment en France, les salariés sont parmi les moins consultés sur leur travail, y compris sur des décisions qui concernent vraiment leur travail au quotidien. J'ai fait des tas d'enquêtes où on voyait un mépris pour ceux qui font le travail, qui était invraissemblable. Donc l'idée de démocratiser l'entreprise, c'est d'abord de redonner la parole aux gens, de les faire participer à la décision. Et nous, on va un peu plus loin. On dit faire comme en Allemagne ou dans les pays du nord de l'Europe, la codétermination, c'est-à-dire à la fois des conseils d'entreprise dans lesquels les salariés ont beaucoup de pouvoir d'organisation, de décision. Et puis aussi des sièges réservés dans les conseils d'administration ou les conseils de surveillance, aux représentants des salariés. Et on pense - on avait écrit il y a longtemps un livre qui s'appelait Manifeste au travail : démocratiser, démarchandiser, dépolluer - et on se disait que plus on donne la parole aux salariés qui font le travail donc qui savent comment on doit faire, mieux c'est, et pour l'entreprise et pour toute la société.
Deux mondes du travail... celui qui a le choix et celui qui ne l'a pas, comme ces livreurs à vélo et à ces associations qui ont attaqué en justice les plateformes de livraison Deliveroo et Uber eats pour traite d'êtres humains. L'Ubérisation, le retour de l'esclavage ?
36:14 Totalement. J'ai travaillé sur ce sujet notamment avec les inspecteurs du travail et des URSSAF qui nous disaient "on ramasse la mer à la petit cuiller". Ils n'ont aucun moyen pour contrer ces énormes plateformes qui, en transformant, en ne reconnaissant pas les personnes non salariées, ça veut dire que 1- elles n'ont pas à faire respecter le soin dont on doit entourer les salariés (prendre en charge leur santé et leur sécurité, faire en sorte que rien de grave ne leur arrive). 2èmement, elles ne payent pas de cotisations sociales, ce qui fait un énorme manque à gagner puisqu'on cherche de l'argent pour la sécurité sociale. Donc OUI, ce sont des conditions souvent proches de l'esclavage. Il faut transposer la directive européenne qui nous donne les critères pour montrer que ces personnes sont des salariés.
37:31 Dans votre livre vous remontez dans l'histoire et vous parlez de cette lettre de Keynes qui nous imagine enfin libérés du travail en 2030.
Tout petit texte magnifique ! On sera dans l'abondance. et on n'aura plus besoin de travailler. Il dit qu'il y a deux types de besoins à caractère absolu et les besoins à caractère relatif. À cararctère absolu, ils peuvent être satisfaits. À caractère relatif, c'est notre désir de supériorité, d'avoir toujours des choses différentes des autres. Et ça, il pensait que ça serait résolu mais il n'en est rien. Donc ya toujours cette envie chez nous.
On n'est pas dans une religion du travail, mais dans le capitalisme. C'est-à-dire de faire toujours plus de profit, y compris en produisant des choses qui n'ont aucun intérêt. C'est cette volonté du toujours plus. Et du capitalisme. On a un souci d'améliorer nos conditions de vie qui est tout à fait louable mais ya pas que ça aujourd'hui dans notre frénésie de production et de consommation.
39:07
Débats autour du travail le 1er mai avec l'envie de rouvrir des magasins comme les fleuristes et les boulangers.
Il faut sortir de cette idée que les français ne veulent plus travailer. On a un pauvre petit jour qui est chômé et payée dans l'année. Si des patrons veulent bosser, ya aucun pb. Mais conservons ce jour un peu sacré pendant lequel la pression très forte du travail est suspendue, c'est ce qui s'est passé pendant la COVID. On pensait d'ailleurs que cette suspension allait nous permettre de travailler autrement, d'ouvrir le chantier des classifications, de la valeur sociale du travail, des métiers essentiels. On ne l'a pas fait. Profitons-en le prochain 1er mai pour penser comment revaloriser les métiers essentiels.
40:11
/pragmatisme le code du travail dit très bien les choses : il faut que ça soit indispensable. Aller à l'hôpital, Sa baguette, on peut l'acheter la veille.
L'intelligence artificielle.
L'horizon s'obscurcit. En 2023, l'OIT disait ça va. C'est les femmes qui seront les 1ères affectées puisqu'elles occupent massivement les emplois de bureau. Mais en 2025, c'est en train de s'aggraver.
Oui, ya un énorme sujet. Je reboucle avec ce dont on a parlé tout à l'heure, la codétermination.
Sam Altmann a produit une lettre il y a quelques jours invraissemblable dans laquelle il dit "discutons-en. Oui, redonne à tes techniciens et salariés la possibilité de t'exprimer. C'est la seule manière pour éviter que des choses épouvantables soient encapsulées dans ces dispositifs.
Il manque un débat sur la propriété des moyens de production. ...
42:13 /Revenu universel tout petit et retirer toutes les règles sur le marché du travail. Qui nous le donnera ?
Ouvrage "POURQUOI TRAVAILLONS-NOUS ?".
Temps de lecture 17 min
vous donner les clés du vivant pour apprendre à mieux le connaître…
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Une clé de détermination, c’est un peu comme un livre dont on est le héros ! Une succession de questions vous permet d’aboutir à la détermination d’un être vivant. Au fil des questions et de vos réponses, la liste des espèces possibles se réduit progressivement jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul candidat (ou une liste très réduite). Certaines questions font parfois appel à du vocabulaire spécialisé, pas de panique ! Une illustration et une définition sont systématiquement présentes pour vous guider.
À titre d’exemple, vous pouvez consulter cette clé de détermination des insectes pollinisateurs https://vigienature.openkeys.science/spipoll.
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une liste de questions qui a pour objectif d’identifier à quelle espèce appartient un animal ou un végétal que j’observe
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Sébastien Turpin : Je suis enseignant de Sciences de la Vie et de la Terre et je travaille au Muséum national d’Histoire naturelle où je coordonne un programme de sciences participatives pour les scolaires
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Grégoire Loïs : Je suis naturaliste depuis toujours et j’ai la chance de travailler dans ce même établissement avec Sébastien, mais depuis un peu plus de 25 ans en ce qui me concerne. Je m’occupe comme lui de programmes de sciences participatives et plus particulièrement de bases de données.
Thibaut Arribe : Je suis développeur dans une petite SCOP qui s’appelle Kelis. On édite des solutions documentaires open-source pour produire et diffuser des documents numériques (vous avez peut-être déjà entendu parler de Scenari ou Opale, deux logiciels édités par Kelis). Accessoirement, je suis accompagnateur en montagne. J’emmène des groupes et particuliers se balader dans la nature sauvage des Pyrénées et des Cévennes.
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OKS est un service en ligne qui permet de produire et diffuser des clés de détermination sous la forme de petit sites web autonomes.
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low tech
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Le laboratoire Vigie-Nature utilise la clé des insectes pollinisateurs dans son observatoire de sciences participatives SPIPOLL par exemple.
Un⋅e enseignant⋅e va produire une ressource éducative pour sa classe (par exemple ici).
Un⋅e médiateur⋅rice de l’environnement va produire des clés pour le grand public (comme le fait l’ONF ici http://www1.onf.fr/activites_nature/++oid++43f4/@@display_advise.html)
On voit aussi des naturalistes amateur⋅ices mettre leurs connaissances à disposition : le site Champ Yves en est un bon exemple.
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D’un côté, rencontrer des chercheurs pour discuter des difficultés technologiques dans leurs travaux. De l’autre, identifier des développeurs qui pourraient les aider. Je pense que ça intéresserait du monde, par exemple pour prendre le temps de découvrir une nouvelle techno en menant un projet sympa, ou une organisation qui cherche un sujet pour créer un démonstrateur de son savoir-faire, ou encore des étudiants et enseignants à la recherche de projets à mener dans un cadre universitaire…
Connu / https://twitter.com/framasoft/status/1352229660957036544
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Tweet de Communs/Anthropocène
Framasoft @framasoft · 17h
Quand le logiciel libre et les communs servent la biodiversité, on est content⋅e⋅s à Framasoft attention, #contributopia inside !
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Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France
Radio France, en finir avec une confiscation
Au bout de quatre semaines, la grève a été suspendue à Radio France. La direction n’a rien concédé sur son plan de 299 suppressions d’emplois. Pour la présidente de Radio France, Sibyle Veil, l’amie de promotion d’Emmanuel Macron lorsqu’ils étaient ensemble à l’ENA, cette agitation est vaine puisque il n’y a pas d’alternative. D’ailleurs, cette grève qui s’en soucie ? Dans le fracas social qui secoue le pays, cette mobilisation est passée au deuxième plan. Si les antennes furent silencieuses avec seulement quelques émissions assurées par des non-grévistes, tout cela aura eu peu d’échos. Quelques banderoles, une tribune dans Le Monde, une pétition en ligne. La routine en somme...
En écoutant d’un peu plus près, il se pourrait que cette grève ne ressemble pas aux autres et que la banquise commence à craquer sous les pieds des pingouins qui nous gouvernent.
Radio France ne cesse de pavoiser sur ses records d’audience et sur l’attachement de ses millions d’auditeurs quotidiens, dont plus de 6 millions chaque jour pour France Inter. On aurait pu en effet attendre un important soutien de leur part face à ce plan social qui s’accompagne d’une réduction de budget. Il ne s’agit pas là d’un simple ajustement comptable, mais bien de la même politique qui, depuis des années, démantèle systématiquement tout ce qui relève du secteur public afin de « baisser les impôts et assurer la relance ». Mais cette vieille entourloupe pour favoriser les privatisations trompe de moins en moins de monde. On connaît les résultats. Dans les récentes manifestations, on a vu fleurir une inscription : « on a compris ». Santé, éducation, transports, la détérioration des services publics est la préoccupation majeure du pays. Et même, pour la première fois, une majorité de Français disent préférer une amélioration des services publics quitte à payer davantage d’impôts.
Et c’est clairement contre ces mesures que le pays se dresse aujourd’hui. Au bout de plus de trente ans, la plaie est profonde. Fins de mois difficiles, précarité, inégalités, absence d’avenir, humiliations sociales face au mépris du pouvoir et de sa bourgeoisie. La pédagogie de la résignation a atteint ses limites, les palliatifs ne font plus d’effet. Pas besoin d’experts universitaires ni de savants économistes pour parler à la place de ceux qui encaissent quotidiennement. Ils le font eux-mêmes, à leur façon. Social et environnemental, le pourrissement du néolibéralisme s’étale sous nos fenêtres. Dos au mur le pouvoir n’a plus que la peur et le mensonge pour tenir. Matraquage et enfumage. Mais encore combien de temps ?
La résistance à la réforme des retraites mobilise jusque dans les replis de l’Hexagone, et d’autres secteurs sont liés à cette lutte, l’hôpital public, l’éducation nationale, les étudiants, les transports, les pompiers et d’autres encore dans une colère commune.
Or, tout se passe comme si jusque là, la grève de Radio France n’en faisait pas partie. Grève corporatiste ? Grève de nantis ? Les directions n’ont pas manqué de faire rappeler discrètement les avantages des journalistes en CDI avec leurs quatorze semaines de congés. Ce que les grévistes d’ailleurs reconnaissent : « Parmi nous, certains ont des rémunérations enviables », mais c’est sans évoquer la précarité organisée et les nombreux CDD parfaitement illégaux subis souvent pendant des années.
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Au Camp Climat, plus de militants et plus déterminés - 27 août 2019 / Laury-Anne Cholez (Reporterre)
Pendant douze jours, plus d’un millier de personnes ont participé au Camp Climat, une sorte d’université d’été pour se former aux méthodes de désobéissance civile. L’occasion également de réfléchir aux stratégies du mouvement écolo et de s’interroger sur la radicalité des actions.
Kingersheim (Haut-Rhin), reportage
...grande « simulaction » : le blocage du fictif One Planet Seum-it. ... La fiction dépassant parfois la réalité : l’un des participants a eu une côte fêlée lors d’une bousculade un peu trop mouvementée. « Tout n’a pas toujours été vraiment non violent. Des gens se sont débattus lors des interpellations alors qu’on leur avait appris à ne pas lutter », disait un formateur, un peu déçu. N’empêche : cette expérience grandeur nature a permis aux novices de se frotter à la réalité d’une action de désobéissance et de réaliser — pour certains — qu’ils n’auraient jamais la force d’affronter la « vraie » police. D’autres au contraire sont repartis plus galvanisés que jamais.
...
Des militants d’autres organisations étaient également présents, notamment des membres de Youth for Climate et d’Extinction Rebellion. Ce jeune collectif qui s’est fait connaître par un discours très offensif et par un blocage du pont de Sully, violemment réprimé. « Le mouvement écolo dans son ensemble est en train de se questionner sur la radicalité. Cela ne sert à rien de se taper dessus entre nous. Il faut faire front commun », estimait Claire Lejeune, membre d’Extinction Rebellion. Pourtant, cette question de la radicalité demeure clivante, faute notamment de consensus autour de sa définition. « Il faut distinguer le discours, le niveau d’engagement et, surtout, le résultat d’une action. Par exemple, il y a des demandes au sein d’ANV-COP21 pour faire des blocages qui durent plus longtemps. Certes, c’est radical, mais est-ce vraiment transformateur de la société ? Alors qu’une monnaie locale, qui remet l’économie au service de l’humain, est une action qui ne semble pas radicale. Pourtant, elle l’est », analyse Jon Palais. Il estime d’ailleurs qu’il n’existe pas de radicalité possible sans une adhésion massive de la population : « Je demeure sceptique face à l’état actuel de notre rapport de force et je crois qu’un petit nombre de gens qui changent le système et imposent leur choix aux autres, cela s’appelle de la dictature. »
Des querelles de clocher pour Cécile, formatrice à l’action militante soutenable. Elle déplore les débats interminables pour savoir qui détient la meilleure méthode pour gagner : « Je pense qu’on reproduit les mécanismes de pensée du système capitaliste en hiérarchisant les façons de faire. Or, il ne faut pas voir cela de façon pyramidale mais plutôt par cercles connectés les uns aux autres. Je ne veux pas perdre mon temps ni mon énergie à convaincre un collectif qui a envie de faire des actions violentes. Il ne faut pas chercher à uniformiser la lutte. Mieux vaut mener la bataille de différentes façons et avancer au lieu de perdre du temps à savoir qui a raison. L’éparpillement collectif n’est pas grave car s’il n’y avait qu’une seule manière de résoudre la crise climatique, on l’aurait déjà trouvée. »
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Malgré l'appel de quelques porte-paroles auto-proclamés à ne pas manifester, malgré le froid glacial et la pluie, malgré les contrôles de police et les transports fermés, malgré l’instrumentalisation de l’attentat de Strasbourg par le gouvernement, les gilets jaunes étaient bien mobilisés pour l'acte V.
Reportage de Serge Faubert, samedi 15 décembre à Paris, au coeur des manifestations.
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Actualités et politique
552 commentaires
ZADixGCO @ZADixGCO 2 h il y a 2 heures
I added a video to a @YouTube playlist http://youtu.be/0S4ut9Prpf0?a ZAD-Zone Autonome Déterminée
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ndlr : surtout sur nddl avec en fond musical le chant belaciao / liberté