Une conférence de Greenpeace sur les dangers du programme du RN pour l'écologie, le 1er mai 2025.
Publié le jeudi 26 mars 2026 à 06:47
Debout la Terre / Par Camille Crosnier
INFO FRANCE INTER - Greenpeace France annonce supprimer 33 postes sur 138 d'ici cet été, soit un quart de ses effectifs, confirme jeudi l'ONG de défense de l'environnement à France Inter, après l'avoir annoncé aux salariés.
Greenpeace France explique ce "projet de réorganisation" par un "ralentissement de la croissance" de ses ressources : +7 % entre 2021 et 2025, contre +26 % sur la période 2018-2021. L'association est "financée exclusivement par des ressources issues de dons privés", précise-t-elle dans un communiqué. L'année dernière, 31 millions d’euros ont été récoltés. L'ONG compte "plus de 240 000 adhérents, dont 90 % en don régulier". Mais selon l'association, face au contexte économique actuel, un "grand nombre" d'adhérents a manifesté "des difficultés financières à maintenir" son niveau de dons.
Greenpeace France évoque aussi des difficultés à attirer de nouveaux donateurs. Après une décision de la Cour de cassation de septembre 2025, l'association n'a plus le droit d'avoir recours aux CDD-U (contrats à durée déterminée d’usage) pour ses équipes "déployées sur le terrain", chargées de récolter de nouveaux adhérents. "Cette décision aura de lourdes conséquences pour le programme et pour le développement des ressources", assure Greenpeace France, qui "ne peut embaucher ses équipes en CDI".
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Autres problèmes pour l'ONG : les "difficultés de joignabilité téléphonique des donateurs et donatrices", et l'impossibilité de toucher de nouveaux adhérents via les réseaux sociaux, puisque META interdit désormais aux contenus qu’il considère comme politiques de faire des appels aux dons. Plusieurs sources en interne confient à France Inter un manque d'anticipation de la part de Greenpeace France face à ces difficultés financières, et déplorent un manque de négociation avec Greenpeace International, à qui Greenpeace France reverse un tiers de ses ressources.
Plusieurs sources regrettent que l’association ressemble de plus en plus à une grosse entreprise avec un fonctionnement très bureaucratique : "On entend plus parler d’argent que d’action", déplore une déléguée d'Asso Solidaires. "Greenpeace s’est ramollie depuis quelques années", regrette une autre source, en reconnaissant une forme de 'ringardisation' à côté d'autres mouvements plus agiles ces dernières années.
Une augmentation pour les trois co-directrices générales
D'autres encore s'interrogent sur l'argument purement économique : pourquoi ne pas avoir négocié davantage avec la tête de pont, Greenpeace International, à qui le bureau français reverse 1/3 de ses ressources, soit 10 millions d’euros par an ? Et puis comment expliquer que dans ce contexte, les trois co-directrices générales, qui gèrent depuis le départ de Jean-François Julliard pour FNE en décembre (qui assure, auprès de France Inter, n'avoir été au courant de rien et ne pas vouloir s’exprimer), se soient augmentées de 15% en janvier, soit environ 1 000 euros en plus par mois ?
Une grève et une AG ont eu lieu mercredi matin, et d’autres actions sont en préparation pour que Greenpeace France applique chez elle ce qu'elle défend : la justice sociale. Mais la situation est très complexe, ce n’est ni tout noir ni tout blanc, une autre partie de ceux que France Inter a pu contacter le souligne aussi.
De son côté, la direction affirme que des discussions stratégiques vont avoir lieu.
Références Greenpeace Environnement Info Écologie
Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France
Radio France, en finir avec une confiscation
Au bout de quatre semaines, la grève a été suspendue à Radio France. La direction n’a rien concédé sur son plan de 299 suppressions d’emplois. Pour la présidente de Radio France, Sibyle Veil, l’amie de promotion d’Emmanuel Macron lorsqu’ils étaient ensemble à l’ENA, cette agitation est vaine puisque il n’y a pas d’alternative. D’ailleurs, cette grève qui s’en soucie ? Dans le fracas social qui secoue le pays, cette mobilisation est passée au deuxième plan. Si les antennes furent silencieuses avec seulement quelques émissions assurées par des non-grévistes, tout cela aura eu peu d’échos. Quelques banderoles, une tribune dans Le Monde, une pétition en ligne. La routine en somme...
En écoutant d’un peu plus près, il se pourrait que cette grève ne ressemble pas aux autres et que la banquise commence à craquer sous les pieds des pingouins qui nous gouvernent.
Radio France ne cesse de pavoiser sur ses records d’audience et sur l’attachement de ses millions d’auditeurs quotidiens, dont plus de 6 millions chaque jour pour France Inter. On aurait pu en effet attendre un important soutien de leur part face à ce plan social qui s’accompagne d’une réduction de budget. Il ne s’agit pas là d’un simple ajustement comptable, mais bien de la même politique qui, depuis des années, démantèle systématiquement tout ce qui relève du secteur public afin de « baisser les impôts et assurer la relance ». Mais cette vieille entourloupe pour favoriser les privatisations trompe de moins en moins de monde. On connaît les résultats. Dans les récentes manifestations, on a vu fleurir une inscription : « on a compris ». Santé, éducation, transports, la détérioration des services publics est la préoccupation majeure du pays. Et même, pour la première fois, une majorité de Français disent préférer une amélioration des services publics quitte à payer davantage d’impôts.
Et c’est clairement contre ces mesures que le pays se dresse aujourd’hui. Au bout de plus de trente ans, la plaie est profonde. Fins de mois difficiles, précarité, inégalités, absence d’avenir, humiliations sociales face au mépris du pouvoir et de sa bourgeoisie. La pédagogie de la résignation a atteint ses limites, les palliatifs ne font plus d’effet. Pas besoin d’experts universitaires ni de savants économistes pour parler à la place de ceux qui encaissent quotidiennement. Ils le font eux-mêmes, à leur façon. Social et environnemental, le pourrissement du néolibéralisme s’étale sous nos fenêtres. Dos au mur le pouvoir n’a plus que la peur et le mensonge pour tenir. Matraquage et enfumage. Mais encore combien de temps ?
La résistance à la réforme des retraites mobilise jusque dans les replis de l’Hexagone, et d’autres secteurs sont liés à cette lutte, l’hôpital public, l’éducation nationale, les étudiants, les transports, les pompiers et d’autres encore dans une colère commune.
Or, tout se passe comme si jusque là, la grève de Radio France n’en faisait pas partie. Grève corporatiste ? Grève de nantis ? Les directions n’ont pas manqué de faire rappeler discrètement les avantages des journalistes en CDI avec leurs quatorze semaines de congés. Ce que les grévistes d’ailleurs reconnaissent : « Parmi nous, certains ont des rémunérations enviables », mais c’est sans évoquer la précarité organisée et les nombreux CDD parfaitement illégaux subis souvent pendant des années.
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