57 min Disponible du 21/04/2020 au 26/06/2020 Prochaine diffusion le mardi 28 avril à 21:00
Sous-titrage malentendant Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.
Du début du XVIIIe siècle à nos jours, Stan Neumann déroule sur plus de trois siècles l’histoire du monde ouvrier européen, rappelant en une synthèse éblouissante ce que nos sociétés doivent aux luttes des "damnés de la terre".
Dès le début du XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne, une nouvelle économie "industrielle et commerciale", portée par le textile, chasse des campagnes les petits paysans et les tisserands indépendants. Pour survivre, ils doivent désormais travailler contre salaire dans des fabriques (factories) qui rassemblent plusieurs milliers d'ouvriers, sur des métiers appartenant à des marchands devenus industriels. C’est la naissance de la classe ouvrière anglaise. Le travail en usine, le Factory System, où seul compte le profit, impose aux déracinés une discipline et une conception du temps radicalement nouvelles. Avec la révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle, ils subissent un dressage plus violent encore, sous la loi de machines qui réduisent l’ouvrier à un simple rouage.
Surexploitée et inorganisée, cette classe ouvrière primitive, qui oppose à la main de fer de l’industrie naissante des révoltes spontanées et sporadiques, va mettre plusieurs générations à inventer ses propres formes de lutte, dans une alliance parfois malaisée avec les républicains anglais, inspirés par la Révolution française de 1789. Ses revendications sont sociales et politiques : réglementation du travail des enfants, salaires, durée du temps de travail, liberté syndicale, droit de grève, suffrage universel... Dans les années 1820, après des décennies de combats perdus, une classe ouvrière anglaise puissante et combative semble en mesure de faire la révolution.
Temps complet
La classe ouvrière a-t-elle disparu, ou simplement changé de forme, de nom, de rêve ? Conciliant l’audace et la rigueur historique, l’humour et l’émotion, le détail signifiant et le souffle épique, Stan Neumann (Austerlitz, Lénine, Gorki – La révolution à contre-temps) livre une éblouissante relecture de trois cents ans d’histoire. Faisant vibrer la mémoire des lieux et la beauté des archives, célébrissimes ou méconnues, il parvient à synthétiser avec fluidité une étonnante quantité d’informations. Les séquences d’animation, ludiques et inventives, et un commentaire dit par la voix à la fois présente et discrète de Bernard Lavilliers permettent de passer sans se perdre d’un temps à l’autre : celui du travail, compté hier comme aujourd’hui minute par minute, celui des grands événements historiques, et celui, enfin, des changements sociaux ou techniques étalés parfois sur plusieurs décennies, comme le processus de légalisation des syndicats ou du travail à la chaîne. En parallèle, le réalisateur donne la parole à des ouvriers et ouvrières d’aujourd’hui et à une douzaine d’historiens et philosophes, hommes et femmes, "personnages" à part entière dont la passion communicative rythme le récit. On peut citer Jacques Rancière, Marion Fontaine, Alessandro Portelli, Arthur McIvor, Stefan Berger, avec Xavier Vigna comme conseiller scientifique de l’ensemble des épisodes. Cette série documentaire virtuose, où l'expérience intime coexiste avec la mémoire collective, au risque parfois de la contredire, révèle ainsi combien nos sociétés contemporaines ont été façonnées par l’histoire des ouvriers.
Réalisation : Stan Neumann Pays : France Année : 2020
Économie
Alexandre Mennucci Maillard, Juriste, diplômé de la Harvard Law School (LL.M., 2019) et doctorant à l’Université Paris II Panthéon-Assas.
Louis-Samuel Pilcer, Fonctionnaire du Corps des Ponts, Eaux et Forêts (X, 2015), diplômé de la Harvard Kennedy School (Master in Public Policy, 2020) et chargé d’enseignement en économie au Harvard College.
La crise sanitaire en cours nous impose de redonner à la puissance publique son magister. La question est de savoir si elle en a les moyens médiologiques...
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Certes l’État-moteur peut s’emballer et provoquer, au nom du bien public, les catastrophes que l’on connaît. Cela suffit-il à remettre en cause sa légitimité à diriger le destin de la communauté politique qu’il a sous son autorité ? L’État centralisé et unitaire est probablement le pire des systèmes à l’exception de tous les autres ; l’enjeu des années à venir sera d’en contrôler les excès, tout en lui redonnant sa place au sommet de la hiérarchie.
Ndlr : sens de "médiologiques" ACT
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Il aura fallu attendre une pandémie mondiale et plusieurs dizaines de milliers de décès pour que toute notre société - dirigeant·e·s politiques, corps intermédiaires, citoyen·ne·s - entendent enfin le cri d'alarme que poussent depuis plusieurs années celles et ceux qui font vivre nos hôpitaux publics au quotidien. Depuis plus de quarante ans, l'hôpital public français fait l'objet d'une guerre d'usure : la guerre des finances. Arrêtons-nous cinq minutes pour comprendre comment nous en sommes collectivement arrivés là. Tentons un diagnostic et surtout, veillons à ne pas fermer les yeux à nouveau une fois la tempête passée.
Retrouvez toutes les sources de l'épisode sur :
https://wiki.datagueule.tv/H%C3%B4pital_public_%3A_l%2527optimisation_%C3%A0_mort
Catégorie Actualités et politique 355 commentaires
Mária Telkes (1900 — 1995) est une chimiste et biophysicienne américaine d’origine hongroise, plus connue pour son invention du distillateur solaire et du premier système de chauffage solaire conçu pour les résidences. Elle a également inventé d’autres appareils capables de stocker l’énergie captée par la lumière du soleil.
En 1937, elle devient ingénieure de recherche chez Westinghouse Electric. Elle y développe des instruments qui convertissent la chaleur en énergie électrique ; cependant, elle fait ses premières incursions dans la recherche sur l’énergie solaire en 1939. Cette année-là, dans le cadre du projet de conversion de l’énergie solaire au MIT, elle travaille sur des dispositifs thermoélectriques alimentés par la lumière du soleil.
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distillateur solaire capable de vaporiser de l’eau de mer et de la recondenser en eau potable
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première résidence moderne au monde chauffée à l’énergie solaire. La maison est construite à Douvres dans le Massachusetts, en 1948. Des capteurs solaires en forme de boîte captent la lumière du soleil et réchauffent l’air dans un compartiment entre une double couche de verre et une feuille de métal noire. De l’air réchauffé est ensuite canalisé dans les murs, où il transfère de la chaleur aux sels de Glauber (sulfate de sodium cristallisé) pour le stockage et l’utilisation ultérieure.
... améliore la technologie des échangeurs de chaleur
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En 1980, elle aide le département américain de l’Énergie dans le développement de la première résidence solaire-électrique au monde, qui est construite à Carlisle, dans le Massachusetts.
Jusqu’à la fin de sa carrière, Telkes a continué à développer des applications d’énergie solaire et a reçu plusieurs brevets pour son travail. Sa vie et son travail de recherche appliquée sont exemplaires dans le domaine des énergies renouvelables.
Histoire - Politique - Vidéo à https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?0qQE3A
L’engagement dans les luttes du présent peut nécessiter de se tourner vers le passé, pour se le réapproprier. Alexis Corbière en a récemment donné un exemple en publiant un livre d’histoire, Jacobins ! Les inventeurs de la République (éd. Perrin), au sujet duquel Julien Théry l’a rencontré. Depuis les années 1980, la « gauche de gouvernement » et la droite n’ont cessé de faire progresser dans les esprits une légende noire de la Révolution française en s’efforçant de discréditer le nom de « jacobin ». En utilisant ce nom comme une insulte, presque équivalente à « stalinien », il s’agit de rejeter comme illégitime et dangereux ce qui fut pourtant le premier projet de la Révolution française, dont nous sommes les héritiers : le souci de l’égalité. Alexis Corbière rappelle que l’opposition habituelle entre les « jacobins », partisans de l’intransigeance autour de Robespierre, et les « girondins » plus libéraux autour de Brissot, est essentiellement une invention de la IIIe République destinée à distinguer artificiellement une « bonne » Révolution, bourgeoise, d’une mauvaise, dogmatique et terroriste. En promouvant l’idée d’un « pacte girondin » pendant la campagne de 2017 et depuis son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron s’efforce de faire accepter la radicalisation des inégalités… tout en tentant d’imposer son idée explicitement monarchique des institutions françaises.
Pour montrer en quoi le jacobinisme doit au contraire demeurer une source d’inspiration politique dans les combats du présent, parce que ses valeurs sont celles de la gauche, Alexis Corbière a choisi de présenter une gallerie de portraits représentatifs de la richesse de cette tradition politique. À travers les itinéraires de neuf personnages emblématiques se dessinent les enjeux, on-ne-peut-plus contemporains, de la Révolution française. Avec des passage obligés, comme les biographies de Robespierre, Danton ou Saint-Just, et des figures beaucoup moins connues, comme celles de Pauline Léon, citoyenne révolutionnaire, de Jean-Baptiste Belley, premier député noir, ou encore de John Oswald, Écossais végétarien et défenseur de la cause animale, mort en combattant la contre-révolution vendéenne. •••
108 min Prochaine diffusion le vendredi 24 avril à 01:30
Un an avant sa mort, Romy Schneider se confie à un journaliste allemand lors d'une cure en Bretagne. Avec Marie Bäumer, extraordinaire, l'émouvant portrait d'une funambule en sursis.
Avril 1981. Romy Schneider se requinque dans un centre de thalasso face à l'océan. Tiraillée entre ses projets professionnels et sa hantise de perdre la garde de ses enfants (son fils David a exprimé le souhait de vivre avec son beau-père, Daniel Biasini), l'actrice abuse de l'alcool et des calmants pour trouver le repos. Malgré sa fébrilité, et parce qu'il est accompagné de Robert Lebeck, un photographe qu'elle aime tendrement, Romy Schneider a accepté d'accorder depuis sa cure une longue interview" "à un journaliste du "Stern", Michael Jürgs. Du suicide de son ex-mari à ses difficultés financières en passant par sa relation complexe à sa mère et à l'Allemagne, celui-ci ne lui épargne aucune question, au grand désespoir de Hilde, l'amie d'enfance de la star, venue lui tenir compagnie...
Sur le fil
Inspirée de l'entretien paru dans les colonnes du magazine et capturée dans un somptueux noir et blanc évoquant les clichés de Lebeck, cette chronique bretonne à la chronologie resserrée esquisse par petites touches délicates le portrait d'une femme à la personnalité complexe, funambule émotionnelle balançant entre fous rires enfantins et profond désespoir, entre mise en scène de soi et sincérité, entre débordements d'affection et brusque cruauté. Entourée de trois remarquable acteurs – dont Robert Gwisdek, qui insuffle à son personnage de journaliste en quête de sensationnalisme une troublante ambiguïté –, Marie Bäumer, confondante de ressemblance avec son modèle et vibrante d'émotions contradictoires, livre une performance inoubliable.
Réalisation : Emily Atef Scénario : Emily Atef Production : Rohfilm Factory Dor Film Sophie Dulac Productions Tita B Productions Departures Film NDR ARTE ORF Producteur/-trice : Karsten Stöter Image : Thomas W. Kiennast Montage : Hansjörg Weißbrich Musique : Christoph M. Kaiser Julian Maas
Avec : Marie Bäumer (Romy Schneider) Birgit Minichmayr (Hilde Fritsch) Charly Hübner (Robert Lebeck) Robert Gwisdek (Michael Jürgs) Denis Lavant (poète)
Complété par https://www.arte.tv/fr/videos/074559-000-A/conversation-avec-romy-schneider/
Le temps d'une nuit à Cologne, en 1976, Romy Schneider se raconte comme elle ne l'a jamais fait. Un portrait intime d'une intensité rare, réalisé à partir des enregistrements sonores de son interview avec la journaliste Alice Schwarzer.
12 décembre 1976. Des flocons virevoltent au-dessus de la cathédrale de Cologne. À quelques pas, dans un petit bureau aux airs de cabine de bateau, Romy Schneider se confie à une femme : Alice Schwarzer, une féministe allemande – la plus engagée de son époque –, fondatrice du magazine Emma. Éloignée des caméras et alors qu'elle ne donne plus aucune interview, l'actrice allemande de 38 ans est au sommet de sa gloire. Elle veut faire de la journaliste le porte-voix de ce qu'elle n'a jamais su dire. "Je veux que ton article sur moi choque tout le monde", répète-t-elle en français. Retraçant le fil de sa vie, jalonnée d'allers-retours entre la France et l'Allemagne, la comédienne se livre à des confessions parfois douloureuses. Elle demande à plusieurs reprises d'interrompre l'enregistrement, notamment lorsqu'elle évoque Magda, sa mère, actrice adulée sous le IIIe Reich – et qu'elle soupçonne d'avoir eu une liaison avec Hitler. À demi-mot, elle parle aussi de son beau-père, qui a voulu abuser d'elle.
Tête à tête
Quarante ans après, Alice Schwarzer, figure historique du féminisme, confie à Patrick Jeudy les extraits de l'enregistrement sonore de sa conversation avec Romy Schneider et revient, devant sa caméra, sur cette nuit unique. De la petite Autrichienne de Sissi à l'icône des années 1970, ce portrait sans tabou lève le voile sur l'intimité d'une femme pleine de contradictions. Elle apparaît ici courageuse et craintive, révoltée et conformiste, surdouée et rongée par le doute. Emplie d'images d'archives rares, comme ce film privé d'Eva Braun, où l'on découvre tout sourire la mère de Romy aux côtés du Führer, cette pépite documentaire offre un éclairage nouveau sur le rapport complexe qu'entretenait la star avec ses deux pays. Alors que l'Allemagne réveille des traumatismes d'enfance, la France reste la terre d'un premier amour contrarié : celui avec Alain Delon. Elle dira : "Je suis maintenant française. Tout ce qui est allemand me fait mal." Dans ses confidences, quand la colère la rattrape, c'est d'ailleurs l'allemand qui prend le pas sur sa langue de cœur, le français.
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https://www.arte.tv/fr/videos/065424-017-A/c-etait-quoi-romy-schneider/
revenir sur la carrière de l'actrice culte.
Beaucoup de questions et quelques perspectives par temps de coronavirus
Il n’est sans doute pas faux de dire que le Covid-19 est une maladie du Capitalocène et qu’il nous fait entrer de plain-pied dans le XXIe siècle. Pour la première fois sans doute, il nous fait éprouver de façon tangible la véritable ampleur des catastrophes globales des temps à venir [1].
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survient une nouvelle rupture. A partir des années 1980 et plus encore depuis le début du XXIe siècle, on constate un emballement du rythme des nouvelles zoonoses : VIH, grippe aviaire H5N1, qui refait surface périodiquement depuis 1997 et notamment en 2006, SARS en 2003, grippe porcine en 2009, MERS en 2012, Ebola en 2014, jusqu’au Covid-19 (la liste n’est pas exhaustive). Cette fois, les causalités anthropiques jouent un rôle décisif. Un premier facteur tient à l’essor, amorcé dans les années 1960, de l’élevage industriel, en particulier en ce qui concerne le porc et le poulet, les deux chairs les plus consommées à l’échelle mondiale (au point que les os de poulets sont, avec le plastique et les radiations nucléaires, l’un des trois marqueurs géologiques les plus sûrs de l’Anthropocène).
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second facteur, c’est l’expansion de l’urbanisation et notamment l’essor des grandes métropoles. Combinée à d’autres causes de déforestation et d’artificialisation des milieux naturels, elle conduit les chasseurs en quête d’animaux sauvages à s’aventurer dans des zones jusque-là largement préservées de l’intervention humaine ; mais surtout, en réduisant les habitats des animaux sauvages, elle les contraint à se rapprocher des zones occupées par les humains. Il en résulte une multiplication des sauts d’espèce. C’est le cas du VIH, virus provenant de singes se déplaçant en raison de la déforestation, et c’est aussi le cas d’Ebola, virus provenant de chauves-souris chassées des forêts d’Afrique occidentale et centrale. Ce sont donc bien des transformations induites par l’expansion démesurée de l’économie mondiale, avec ses logiques de marchandisation et son absence manifeste d’attention aux équilibres du vivant, qui favorisent la multiplication actuelle des zoonoses.
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Qu’en est-il dans le cas du SARS-CoV-2 ? Il est trop tôt pour le dire, car on ne dispose d’aucune certitude en ce qui concerne la chaîne initiale de transmission du virus. La thèse généralement admise met en cause le marché de Wuhan, le rôle de la chauve-souris (d’autant plus vraisemblable que cette espèce est un formidable réservoir viral) et peut-être d’autres animaux sauvages qui y étaient vendus. Mais ces données ne sont peut-être pas aussi assurée qu’il y paraît. Le marché de Wuhan pourrait avoir été le lieu à partir duquel l’épidémie s’est propagé, mais pas forcément son premier point d’apparition. Au vu des enjeux politiques et géopolitiques de la question, et compte tenu du verrouillage de l’information par les autorités chinoises, il se pourrait qu’on ne dispose jamais de données fiables à ce sujet. On peut simplement suggérer que, dans ce cas, il n’y a pas nécessairement de lien entre la diffusion du SARS-CoV-2 et l’essor de l’élevage industriel (sauf si le virus est passé par l’intermédiaire d’animaux d’élevage). Il n’est pas sûr non plus qu’un lien avec l’expansion urbaine puisse être établi (encore que Wuhan est une métropole de 12 millions d’habitants). En revanche, un troisième facteur est ici décisif : c’est l’intensification des flux mondiaux associés à la production des biens et à la circulation des personnes. A l’évidence, le coronavirus ne se serait pas diffusé comme il l’a fait si Wuhan n’était devenue l’une des capitales mondiales de l’industrie automobile. La causalité est en fait double : elle tient à l’essor de la Chine, devenue deuxième puissance économique mondiale (16% du PIB mondial, contre seulement 4% en 2003), mais aussi à l’expansion démesurée du trafic aérien (le nombre de passagers a doublé en quinze ans). De fait, la diffusion du coronavirus correspond très exactement à la carte de densité du trafic aérien mondial
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Ce sont bien les zones les plus interconnectées et les plus « centrales » du capitalisme globalisé qui ont été d’abord touchées.
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une maladie comme le paludisme touche 200 millions de personnes et fait environ 400 000 victimes chaque année, sans provoquer beaucoup d’émois.
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il existe bien d’autres causes de mortalité provoquées par le productivisme capitaliste, qui sont loin de susciter une mobilisation aussi générale que l’actuelle pandémie. On pense à l’effondrement de la biodiversité (combien d’espèces disparues ou décimées ?) ou encore à l’holocauste d’un milliard d’animaux dans les méga-incendies australiens, en 2019. Et même en s’en tenant à la mortalité humaine, la liste est longue et douloureuse : multiplication des cancers liés à l’usage des pesticides ou d’autres substances toxiques ; troubles causés par les perturbateurs endocriniens ; le syndrome métabolique (surpoids, diabète et hypertension) associé à l’alimentation industrialisée et au mode de vie moderne, et affectant désormais un tiers de l’humanité (c’est d’ailleurs la principale co-morbidité entraînant le décès d’un nombre considérable de malades atteints du Covid-19) ; résistance bactérienne liée à la surconsommation d’antibiotiques (dont on estime qu’elle provoque 30 000 morts chaque année en Europe) ; ou encore les morts prématurées provoquées par la pollution atmosphérique (9 millions par an, pour les seules particules fines), etc.
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conditions systémiques du Capitalocène : le rythme accéléré d’apparition de nouvelles zoonoses (presque une tous les deux ans, désormais), ce qui veut dire que les barrières d’espèces sont de plus en plus ténues ; le fait qu’un bon nombre de ces zoonoses impliquent des espèces sauvages, ce qui était rarement le cas dans le passé (et ce qui signale les effets d’une destruction sans limite des milieux naturels autrefois préservés) ; enfin, la diffusion généralisée et extrêmement rapide de la pandémie, ce qui fait du Covid-19 la première pandémie véritablement globale du monde globalisé. Cela conduit aussi à affirmer que, quelle que soit la mortalité plus ou moins élevée qu’il aura in fine provoqué, le Covid-19 ne sera pas la dernière des grandes pandémies du XXIe siècle, ni sans doute la plus ravageuse
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puissance de destruction plus ample encore : celle d’un capitalisme pathogène, à la fois écocide et humanicide. Aucune civilisation n’avait jusque-là produit autant de facteurs de multiplication et de généralisation de maladies graves, en même temps que de destruction des milieux vivants. Moyennant ces précisions, on peut bien affirmer que le SARS-CoV-2 est, avec de nombreuses autres causes de mortalité et de destruction, une maladie du Capitalocène. Et si l’on peut dire que le XXIe siècle commence en 2020, c’est parce que le Covid-19 nous fait éprouver, pour la première fois à une échelle aussi globale et avec une brutalité aussi soudaine, ce que seront les catastrophes propres à une époque marquée par la venue à échéance des lourdes factures du Capitalocène. Enfin, dire que le SARS-CoV-2 est une maladie du Capitalocène, c’est aussi, sans minimiser sa dangerosité spécifique, pointer un agent pathogène bien plus meurtrier encore et dont il dépend des humains que nous sommes de débarrasser la planète : le capitalisme lui-même.
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caractère hautement inégalitaire du confinement. ... l’inégalité est double, face à la maladie et face aux conditions de confinement. Bien des dualités ont été amplement décrites et dénoncées [12] ... Les inégalités raciales recoupent et renforcent bien souvent les clivages sociaux ... flagrante surreprésentation des afro-descendants parmi les victimes du Covid-19 aux États-Unis (70% des décès dans de nombreux états où ils ne représentent qu’un tiers de la population). La surexposition des femmes à la maladie a aussi été soulignée, même si les formes graves et la mortalité touchent, au final, davantage les hommes ... En Afrique, le Covid-19 est aussi apparu comme une maladie des élites, car ce sont bel et bien les membres de celles-ci, habitués aux voyages en avion et intégrés à la jet set transnationalisée, qui ont été les premiers touchés. ... Cela contraste fortement avec Ebola, une maladie venant des zones rurales ... cette pandémie frappe d’abord à la tête. En cela, elle est bien une maladie de la globalisation
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le fonctionnement déficient de rouages locaux de l’État chinois [20] et la corruption généralisée qui l’affecte, tout autant que la volonté de maintenir à tout prix la vie du Parti ont causé une diffusion de l’épidémie qui aurait pu être réduite de 95% si trois précieuses semaines n’avaient pas été perdues.
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Hong Kong et la Corée du Sud, semblent être parvenus à mettre en œuvre des mesures de contention précoce et d’atténuation, qui ont permis, du moins dans un premier temps, de contrôler l’épidémie sans bloquer radicalement l’économie. Mais il existe un ensemble de conditions bien particulières qui rendaient cette réponse possible : des caractéristiques géographiques spécifiques, avec des territoires de faible extension et en situation d’insularité ou de quasi-insularité ; une préparation rigoureuse, notamment du fait de l’expérience du SARS de 2003, ce qui a permis d’agir à un stade très précoce de l’épidémie ; des moyens matériels importants permettant notamment le port généralisé du masque, une très grande capacité de test ou encore une pratique massive de la désinfection urbaine (à Séoul, les métros sont entièrement désinfectés après chaque voyage) ; un système de santé performant (7 lits de soins intensifs pour 1 000 personnes, soit un peu plus qu’en Allemagne et plus du double de la France) ; mais aussi l’emploi immédiat de techniques de contrôle de la population (traçage des malades et de leurs contacts par application numérique) [21]. Ainsi, alliant puissance économique et efficience étatique, la Corée du Sud est citée en exemple pour avoir réussi à « aplatir » la courbe de l’épidémie sans trop affecter la machine productive.
c) Les hyperlibéraux darwinistes et les populistes illuminés ont longtemps refusé de sacrifier l’économie aux exigences sanitaires. ... le coût humain de l’inaction sanitaire allait dépasser ce qui était socialement supportable ... tout comme Trump qui, sans prendre toutes les décisions attendues du chef de l’exécutif fédéral, a fini par accepter les mesures sanitaires préconisées par ses conseillers, Bolsonaro a perdu la partie. Il s’est mis à dos tous les gouverneurs et a même vu fondre le soutien de l’armée, comme en témoigne l’épisode assez ubuesque au cours duquel les généraux de son cabinet l’ont empêché de limoger son ministre de la santé, manifestant ainsi qu’il avait perdu la main sur les décisions gouvernementales [22]. Ainsi, les adeptes les plus cyniques d’une économie pure, ne craignant pas d’avouer leur complète indifférence à la vie humaine, ont fini par manger leur chapeau et ont dû se rallier à la tendance globale au confinement général. ... président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador. Considéré par certains comme un héraut de la gauche progressiste, il n’en a pas moins égalé Trump et Bolsonaro par sa façon de mépriser les consignes de prévention, de continuer à faire des meetings, d’embrasser ses admirateurs et de repousser ostensiblement le gel hydroalcoolique tendu à ses ministres. ... parfaite incarnation du « développementisme », qui en est la version progressiste. ... Au total, les cas de Lopez Obrador, Trump et Bolsonaro, montrent combien le fanatisme de l’économie (dans ses diverses variantes) et le fanatisme de la religion se rejoignent et s’entremêlent à merveille. L’hypothèse benjaminienne du capitalisme comme religion n’a jamais paru aussi avérée [24].
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Il y a dans l’impréparation et le déficit d’anticipation un trait éminemment présentiste qui, notamment en France, a atteint des dimensions criminelles, mais il y a aussi, tout simplement, une forme de déni, lié à la volonté de croire qu’on pourra éviter de prendre des mesures portant atteinte à la bonne marche de l’économie. En France, le revirement est intervenu entre le 12 et le 16 mars, soit entre les deux interventions d’Emmanuel Macron, la seconde annonçant le confinement général du pays [25]. On dit volontiers que les projections de l’Imperial College auraient, là aussi, joué un rôle déterminant : l’ampleur de la mortalité prévisible élève soudainement le coût politique de l’inaction ou du déficit de l’action publique ; la primauté du souci économique n’est plus tenable. ... C’est ici que la responsabilité des politiques de santé passées est considérable ... pas de masques, pas de test, pas assez de lits, pas de culture de la prévention. ... l’Allemagne, dont, curieusement, on parle fort peu. Organisation efficace, moyens matériels importants et qualité du système hospitalier (deux fois plus de lits par habitant qu’en France) explique sans doute un niveau de mortalité plus faible, alors même que les mesures de confinement y sont plus souples (comme c’est aussi le cas en Suède). Le statut d’exception de la puissance dominante en Europe expliquerait-il la possibilité d’une voie en quelque sorte intermédiaire entre celle de ses voisins et celle de la Corée du Sud ?
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trois pôles principaux : le minimalisme sanitaire libéral-darwiniste ; l’atténuation mise en place par des États bien préparés et dotés de puissants moyens matériels et techniques ; les mesures de confinement généralisé, mises en œuvre de façon plus ou moins autoritaire. ... confinement, qui concerne désormais plus de 4 milliards de personnes dans le monde.
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Voilà donc bien le plus incroyable. ... Ils ont fait l’impensable et mis l’économie mondiale presque à l’arrêt, entraînant ainsi une récession – et bientôt une crise économique – bien plus considérable que celle de 2008 et qui impose déjà, aux dires du FMI lui-même, la comparaison avec 1929.
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« sauver des vies » vaut moins en soi que parce que c’est une nécessité pour l’économie elle-même.
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les zapatistes du Chiapas ont surpris par la précocité et la clarté de leur réaction. Dans son communiqué du 16 mars, l’EZLN déclare l’alerte rouge dans les territoires rebelles, recommande aux conseils de bon gouvernement et aux communes autonomes de fermer les caracoles (centres régionaux) et invite les peuples du monde à prendre la mesure de la gravité de la maladie et à adopter « des mesures sanitaires exceptionnelles », sans pour autant abandonner les luttes en cours [29]. Cette annonce est d’autant plus remarquable que les autorités de l’État fédéral n’étaient pas alors les seules voix à minimiser le danger de l’épidémie ... les responsables de la santé autonome zapatiste ont partagé les informations disponibles concernant les symptômes de la maladie et ses modes de contagion ; et ils ont recommandé des mesures de prévention et de contention, telles que la suspension des réunions ou la mise en quarantaine des personnes revenant d’autres régions. Mais c’est aux communautés elles-mêmes qu’il est revenu de prendre les décisions qu’elles considéraient pertinentes, en fonction de la situation particulière de chaque lieu.
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La pandémie provoquée par le SARS-CoV-2 est venue ouvrir une faille entre l’exigence sanitaire de protection des populations et la poursuite du fonctionnement de la machinerie économique. La voie permettant de concilier avec le moins de heurts possibles ces deux préoccupations s’est avérée inaccessible à la plupart des pays, par manque de préparation et de moyens matériels – présentisme, néolibéralisme et asymétries planétaires conjuguant ici leurs effets. La voie cynique d’un sacrifice affiché des vies humaines au dieu Économie a fini par apparaître politiquement intenable. Les mesures drastiques d’endiguement et de confinement qui ont donc dû être prises ont mis à l’arrêt une part considérable de l’économie mondiale. Même si la nouvelle version de l’idéologie dominante globalisée s’emploie à affirmer qu’il n’y a pas de contradiction entre mesures sanitaires et souci de l’économie – la lutte contre la pandémie étant la condition du retour à la bonne marche de la seconde – , il est patent que les politiques adoptées mondialement sont allées, à court terme, à l’encontre des impératifs strictement économiques, au point d’amorcer la plus grave crise économique depuis presque un siècle.
Dans ce contexte, il est évident que les États cherchent à tirer tout le parti possible d’une situation d’urgence sanitaire imposant un contrôle strict des populations : renforcement de l’emprise policière (voire militaire), perfectionnement des techniques de surveillance et de contrôle, notamment à travers le traçage numérique des contacts, mesures d’exception tendant à se pérenniser, dérogations au droit du travail, généralisation du télé-travail et du télé-enseignement, isolement permettant de briser les solidarités et les mobilisations collectives émergentes, etc. La « stratégie du choc », chère à Naomi Klein et consistant à justifier l’imposition de mesures impopulaires par la nécessité de répondre à la gravité de la crise en cours [30], est plus que jamais à l’œuvre
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plutôt que de considérer uniquement les mesures de confinement comme l’expression abstraite du caractère autoritaire de l’État, comme la quintessence du contrôle biopolitique des populations ou comme la simple perpétuation de la toute-puissance de l’économie (toutes analyses qui sont au demeurant sans doute nécessaires), il serait peut-être bon d’admettre que les mesures drastiques de contention de la pandémie sont, pour les dominants eux-mêmes, lourdes de tensions et de contradictions – comme le sont aussi les enjeux du déconfinement. Malgré le caractère écrasant des formes de domination et leur tendance à se renforcer sans cesse, il ne faudrait pas oublier que les gouvernants et les élites mondiales agissent sous la menace constante d’un niveau de discrédit, de perte de confiance, d’insatisfaction et de colère qui a conduit, au cours des deux dernières années, à des soulèvements populaires d’une ampleur tout à fait inattendue – tendances dont il y a tout lieu de penser qu’elles ne peuvent que s’accentuer à la faveur de la crise du coronavirus.
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les forces systémiques qui ont conduit le système-monde globalisé au point où il en est n’ont pas magiquement disparues, par la seule vertu d’un virus vengeur . Elles sont toujours à l’œuvre et à la manœuvre – et toujours dominantes. Il est donc plus que probable qu’elles imposent, dès que les conditions sanitaires le permettront, un retour au business as usual – si possible plus sécurisé encore qu’auparavant. ... la tendance à la reprise du cours ordinaire de l’économie devrait l’emporter, en jouant de la nécessité de la récupération et peut-être aussi d’un consumérisme de rattrapage. ... relégueront au second plan les enjeux climatiques et écologiques ... Cependant Deux points d'inflexion semblent presque faire l’unanimité : - la nécessaire relocalisation de certaines productions vitales ; - une revalorisation des services publics, voire un retour de l’État-Providence. ... (néo-)libéralisme autoritaire [34]. ... Trois dimensions se rejoignent ici : une perte de crédibilité des gouvernants et une insatisfaction croissante à l’égard d’une démocratie représentative à bout de souffle (les causes profondes de ces processus étant très directement liées à la subordination structurelle des États vis-à-vis des forces de l’économie transnationalisée) ; un degré d’accentuation des inégalités sociales qui les rend désormais de plus en plus inacceptables ; et, enfin, la conscience devenue aiguë, surtout parmi les plus jeunes générations, des dégâts écologiques induits par le productivisme capitaliste. ... condamnation sans appel des politiques néolibérales appliquées au secteur de la santé, dès lors qu’elles sont la cause directe d’un manque de moyens et d’une impréparation dont la dimension criminelle est apparue aux yeux de tous. A l’inverse, s’est fait jour un immense besoin de services publics, afin de répondre aux exigences de soin, de solidarité et de protection des plus vulnérables. Par ailleurs, les niveaux d’inégalités engendrés par des décennies de néolibéralisme sont apparus avec plus de violence encore au prisme des situations créées par la crise sanitaire ... classes populaires contraintes à travailler pour des salaires devenus doublement indécents, au regard des risques encourus et des morts au champ du labeur, mais aussi du caractère de haute nécessité soudainement reconnue à des tâches jadis méprisées ou mal considérées. En outre, il n’est pas exclu que l’urgence absolue de la crise sanitaire donne plus de consistance sensible à la menace du réchauffement climatique, cette « urgence lente » mais plus redoutable encore que le Covid-19.
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La colère, pour l’heure contenue, déborde déjà. Colère face au caractère criminel de l’action des gouvernants qui ont soumis l’hôpital public à des cures d’austérité répétées et sont restés sourds aux revendications insistantes des soignants. Colère suscitée par l’impréparation face au risque épidémique ... Les motifs de colère noire ne manquent pas. Certains médecins en appellent à « l’insurrection générale de tous les professionnels de santé » [36]. D’autres entreprennent de traduire en justice les membres du gouvernement. Les actions à venir sont légions. Sous la contention du confinement, gronde une déferlante de colère. Une colère qui n’a rien d’aveugle et qui, au contraire, s’emploie à dévoiler ce que les gouvernants tentent de masquer. Une juste colère, une digne rage, comme disent les zapatistes. De quoi, peut-être, raviver la flamme de la révolte des Gilets Jaunes.
Connu / https://twitter.com/cmoreldarleux/status/1249692656894173187
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corinne morel darleux @cmoreldarleux - 0 - 5 - 9
Tour d'horizon conséquent de Jérôme Baschet sur la double tendance à l'oeuvre entre délégitimation croissante des politiques néolibérales et poursuite de celles-ci, aboutissant à une tension de plus en plus explosive et à l'issue incertaine (appel à la lutte et à la digne rage)
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Thèmes associés Sciences architecture coronavirus santé
Peste, choléra, tuberculose… les épidémies ont contribué à façonner nos villes. Pendant des siècles, l’un des enjeux majeurs de l’architecture et de la conception des villes a été de permettre la circulation de l’air, jugé coupable de porter avec lui les mauvaises odeurs la peste, le choléra ou la tuberculose.
Le boulevard Saint Germain à Paris lors des travaux haussmanniens en 1887 (gravure) Haussmann a changé la physionomie de Paris, son but était de faire disparaître le choléra. © Getty / Apic
Nous en parlons avec Philippe Rahm, architecte suisse, diplômé de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne en 1993.
Il est l'auteur de Le jardin météorologique et autres constructions climatiques (ed. B2).
Hippocrate disait « si on est malade tout seul, c’est qu’on a mangé quelque chose de mauvais. Mais si on est malades à plusieurs c’est que l’air n’est pas bon. Donc il faut changer l’air, le faire circuler ».
Pour tous les médecins du Moyen-Âge, la corruption de l’atmosphère est la cause première de la peste, comme l’affirme par exemple Aldobrandini à Sienne ou Ibn Khatimah à Grenade.
En 1853 Napoléon III et Haussmann font le projet d’assainir Paris grâce à des réalisations architecturales et d’urbanisme mieux adaptées aux contraintes de l’hygiène publique.
Ainsi les transformations urbaines à Paris sont essentiellement dues au choléra.
En l’absence de compréhension des mécanismes épidémiques du cholera qui se propage en réalité dans l’eau, et ignorant l’existence des bactéries, c’est l’air que l’on rend responsable jusqu’en 1883 de la maladie. Mais c’est en fait grâce aux travaux d’Haussmann en sous-sol avec la construction des égouts, la gestion de l’eau potable et des eaux usées que les grandes épidémies de choléra ont disparu dans la capitale.
Pour aller plus loin :
- AOC media : Coronavirus ou le retour à la normale https://aoc.media/opinion/2020/03/09/coronavirus-ou-le-retour-a-la-normale/
- Le Monde : Peste, choléra, tuberculose… les épidémies ont modelé nos villeshttps://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2020/03/30/comment-les-epidemies-ont-modele-nos-villes_6034868_4811534.html
Ndlr: intuition de l'air vicié
Une histoire vivante du camp de réfugiés de Jénine, 1989-2018
Connu / afps
\y.kʁɔ.ni\ féminin (Science-fiction) Récit imaginaire prenant comme base de départ une évolution alternative de l’Histoire. Reconstruction historique d’événements fictifs, d’après un point de départ historique.
Histoire
Le "deal" imposé par Donald Trump aux Palestiniens constitue l'ultime mouture des plans qui ont émaillé un siècle de guerres successives. Retour sur les raisons d'un échec toujours recommencé.
Cet article est à retrouver dans le magazine n°1197 pages 64-67 http://pveventsla5.immanens.com/fr/pvPageH5B.asp?puc=003229&nu=1197#64
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Parallèlement à l'essor du mouvement sioniste - fondé par Theodor Herzl au congrès de Bâle en 1897 -, les achats de terres démarrent. ...
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Ce livre tombe à point alors que Macron et une majorité de députés prétendent faire de l'antisionisme un nouvel antisémitisme. Retraçant l'histoire de la communauté juive française, le journaliste Charles Enderlin documente comment le «franco-judaïsme», à son apogée sous la Troisième République, est aujourd'hui devenu un «franco-sionisme», d'abord marqué par un soutien inconditionnel à la politique israélienne.
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Published il y a 3 jours - 12 views - Éditos de Denis Robert Video channel avatar - Par lemediatvAccount avatar
La réforme des retraites, c’est du cyanure dans le contrat social. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle envisageable ? Non ! Rien n'est perdu dans notre beau pays."
Édito de fin d'année de Denis Robert !
.#Édito #Résistance #Histoire</a
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Publié originellement 20 décembre 2019
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Étiquettes : denis robert ; écrire; édito ; en marche; l'histoire
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Michel Étiévent : En 1938 en France, il y a sept millions de salariés. Cinq millions d’entre eux n’ont aucune protection sociale. Les deux millions restants ont de vagues assurances sociales. Celles-ci sont nées en 1930 et s’apparentent plutôt à de l’aumône. Certains ont aussi de vagues mutuelles mais elles sont épuisées à la moindre épidémie de grippe. La majorité des ...
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Je le dis aux étudiants : mardi, sortez ! Je le dis aux enseignants : mardi, sortez ! Je le dis aux infirmiers : mardi, sortez ! Je le dis aux gilets jaunes : mardi sortez ! Il faut le dire à tout le pays : c'est maintenant ou jamais, mardi, sortez !
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Alexis Corbière était l'invité des Grandes Gueules sur RMC pour parler de son livre "Jacobins", qui sort ce jour en librairie ainsi que de la manifestation contre l'islamophobie qui s'est déroulée dimanche 10 novembre dernier
Catégorie Actualités et politique 18 commentaires
Philippe Wagner il y a 1 heure
Flegme exemplaire ! Merci Alexis pour ce sérieux et cet engagement qui inspirent les respect de tous bords... :-)
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MrGeo03 il y a 58 minutes
J’ai vu les commentaires sur facebook sur cette émission c’est aberrant et sa fait flipper
Transcription : ...
imaginaire, le passé a une force propulsive ... gilets jaunes ... jacobins, livre / girondins, révolution fr
UNEF @UNEF · 2h
Hier @clemovitch a mis des mots clairs sur cette tentative d'atténuer la réalité des faits. La précarité étudiante est omniprésente et la politique de ce gouvernement ne fait que la renforcer #LaPrécaritéTue
Clément Viktorovitch@clemovitch · 18h
"Se suicider n'est jamais un acte politique"
Le gouvernement est sorti de son silence quant au drame de Lyon, où un étudiant s'est immolé par le feu. Et il y a un mot pour qualifier la rhétorique des ministres. L'indécence.
Ma chronique, pour @cliquetv. - 5:15 / 5:15 - P
Transcription : Je voulais revenir sur l'acte de cet étudiant à Lyon qui s'est immolé par le feu devant un bâtiment du CROUS vendredi dernier. Le gouvernement est resté longtemps silencieux. On a enfin eu les premières prises de parole hier notamment celle de Gabriel Atal, secrétaire d'état chargé de la jeunesse, et d'Amélie de Montchalin, secr d'état chargée des affaires européennes. Et vous allez voir, ya quand même comme une petite musique. Voilà donc l'élément de langage du gouvernement: l'acte ne serait pas politique. Déclarations triplement problématiques : contredites par LES FAITS (ce jeune homme a laissé un message sur facebook dans lequel il accuse nommément Emmanuel Macron, François Hollande, Nicolas Sarkozy et l'Union Européenne de l'avoir TUÉ). D'autre part, ces déclarations sont contredites pas l'histoire : exemple, le 11 juin 1963 à Saïgon Vietnam le moine bouddhiste Thich Quang Duc s'immole par le feu pour protester contre le gouvernement qui aboutit quelques mois plus tard, à la chute du régime. Autres SUICIDES : 1969 Jan Palach Prague immolé par le feu, Mohamed Bouazizi Tunisie 2010 idem.
Les sciences sociales : 1897 : Émile Durkeim publie "Le suicide". C'est l'un des actes fondateurs de la sociologie. Tous les étudiants de première année de fac de sciences sociales l'apprenent. Il montre dans cette étude que les suicides ne sont pas que des fait individuels ou que des faits pyschologiques. Ce sont des faits sociaux. Le suicide doit être interrogé au regard de notre société. Et justement, des études récentes montrent que le taux de suicide chez les jeunes augmente depuis les années 1970, c'est-à-dire depuis l'installation du chômage de masse. Qui oserait dire que derrière cette réalité ne se trouvent pas JUSTEMENT des QUESTIONS politiques ? Ces déclarations gouvernementales sont contredites par les FAITS, par l'HISTOIRE et par les SCIENCES SOCIALES. Dernière déclaration de sibeth n'dialle?? "un message qui semble désigner un geste qu'il qualifierait, peut-être lui, de politique" : on est sur une triple énonciation du doute. Alors que justement, sur ce point précisément, il n'y a PAS DE DOUTE. Dans son message, le jeune homme accuse explicitement la politique de l'avoir tué. Alors, on comprend bien que le gouvernement soit embarrassé par cette affaire. Mais devant de telles APPROXIMATIONS, on peut commencer à se demander où se site la frontière entre la prudence et l’indécence. APPLAUDISSEMENTS.
Ndlr :
- VIDÉO à https://www.youtube.com/watch?v=d_h9Ya70W3Y
- comment qualifier cette volonté manifeste du gouvernement de FAIRE DOUTER en introduisant le doute sur des faits avérés ? Manipulation politique ? Instrumentalisation par le doute ? Existe-t-il un autre mot plus précis ? ACT
(https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?WCML2Q le rend crédible) - gazou de https://twitter.com/JulienDelalande/status/1195021017820909568
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3m En réponse à @UNEF et @clemovitch
J'ai indexé et transcrit puis commencé à référencer des instances d'#InstrumentalisationParLeDoute en #Politique :-)
https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?searchtags=instrumentalisation%28s%29_par_le_doute
Faisons que ce geste de #Désespoir+#Courage soit le plus utile possible pour l'#IntérêtGénéral & nos #Communs #CoÉco #STOPMacron #Indécence
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Transcription : ... on ne sait pas imposer à un ordinateur de ne faire que ce pour quoi il a été construit ! ... DRM verrous numérique ou menottes numériques ... lois EUCD DADVSI DMCA etc on n'a pas le droit de détourner les DRM = loi scélérate liberticide ;
Partie 2 - histoire de la surveillance ... la silicon vallée née de la défense pendant la 2è guerre mondiale /radars, microondes, etc ne pas s'étonner que les GAFAM continuent accord UK-USA 1946 -> ECHELON réseau de surveillance de toutes les communications pour surveiller les russes puis on oublie mais en 2013 Edouard snowden sort les documents révèlent la surveillance de masse /stasi (police politique est-allemande) c'est immensément plus. /index permet de trouver rapidement un doc. Outil militaire, politique, et économique ! Et on le sait. ppppp partenariat public privé planétaire contre la privacy. >>pb
Symbole de notre époque ave 4 symboles : informatique ubiquitaire (partout), du réseau partout, le stockage massif dd de 6 To, on annonce 40 To ça ne coûte plus rien. Enfin, capacités de calcul colossales avec algo simplificateurs.
Un 5è : on ne peut pas prouver l'absence de quelque chose. C'est au gens qui écrivent de le prouver. La preuve est à l'accusation. => réguler / + de lanceurs d'alerte + ne pas respecter la loi car on n'est pas complètement en démocratie et les lois scélérates. Une donnée non utilisée et "morte". Si elle sert, circule, données vivantes, => faire connaître au public et condamner dans les médias et au tribunal. LL condition nécessaire ; +privacy by design garantie intrinsèque de la vie privée ; aller dans la direction du mieux. => formation de tous à tous ces enjeux. L'union des admin sys, le refus d'obtempérer => fuiter avec des moyens de protection pour une éthique de l'admin sys ++
Q : / FDN dilemme /lcen /grèce dans un état lamentable les grecs se sont soulevés, on est en train d'aller dans cette direction là; - avec un ami, manger dans un resto proche d'un grand journal !
Cette année, le prix Nobel de chimie a été attribué à John Goodenough, Stanley Whittingham et Akira Yoshino pour leurs travaux cruciaux dans le développement des batteries lithium-ion.
... embauché par Exxon en 1972 pour mener des recherches dans le but de développer une nouvelle batterie ... il décide d’utiliser du disulfure de titane (TiS2) ... la barbe. Le problème est que, les cristaux s’agrandissant à chaque recharge, ils finissent par atteindre la cathode et causer un court-circuit, et, parfois, une explosion de la batterie ... essaie le dioxyde de cobalt (CoO2), qui donne d’excellents résultats ... utiliser du coke de pétrole, un produit des raffineries pétrolières, stable et qui peut stocker des ions lithium ... stable, très légère, a une très grande capacité et délivre une tension de 4 volts ...
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