Mercredi 9 septembre 2026
France Inter
Depuis près 2 ans les émissions de CO2 de la Chine se stabilisent, et pourraient même baisser pour de bon en 2026. Anne-Claire Poirier, journaliste chez Vert, explique.
Avec Anne-Claire Poirier Journaliste pour le média Vert
Contexte, la Chine c'est : un pays d'un milliard et demi d'habitants qui s'est développé très fort ces trente dernières années. C'est aussi une croissance monstrueuse, qui nécessite des quantités d'énergies folles. Aujourd'hui, c'est bien simple, la Chine brûle autant de charbon que TOUS les pays du monde réunis. C'est aussi le deuxième pays qui consomme le plus de pétrole derrière les Etats-Unis.
Oui, c'est LE champion des énergies sales et forcément ça se voit sur son bilan carbone : premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, avec 1/3 des émissions annuelles ; et surtout, des émissions qui jusqu'à récemment étaient en très forte hausse chaque année.
Mais récemment, alors que la croissante économique chinoise reste forte, de l'ordre 4-5% par an, ça fait à peu près deux ans que les émissions de CO2 se stabilisent. Et à mesure que la fin d'année approche, de plus en plus de prévisionnistes pensent que ça va baisser pour de bon en 2026.
La recette ? Ca fait 20 ans que la Chine fait d'énormes efforts pour développer les énergies renouvelables.
Pour vous donner juste une idée des efforts consentis, la Chine vient d'installer en un an 160 GW d'éolien. 160 GW c'est TOUT le parc de production électrique français c'est à dire toutes nos centrales nucléaires, hydraulique et renouvelables réunies. Et c'est comme ça tous les ans. Ce mois-ci par exemple on vient d'apprendre que les capacités installés en solaire ont dépassé celle du charbon pour la 1ère fois. Symboliquement c'est très fort.
Et puis le secteur des transports bouge aussi très fort, avec une transition vers l'électrique qui bat tous les records. Aujourd'hui 1 voiture sur 2 vendues en Chine est électrique. Idem pour les bus et les camions, ce qui les protège de la crise iranienne et du blocage du détroit d'Hormuz.
Les derniers chiffres qui viennent de sortir montre que les Chinois ont pas réduit tant que ça leurs déplacements. Par contre, leur consommation de pétrole a littéralement dégringolé parce qu'ils sont passé aux transports électriques. Et ça c'est un changement qui va perdurer, il n'y aura pas de retour en arrière.
Références Mathieu Vidard Environnement Écologie
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2 juillet 2026
Temps de lecture : 4 minutes
Photo : volvo-truck-electric D.R. Volvo Truck
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Mobilité
La Chine impose le camion électrique
par La rédaction
Tandis que le marché automobile européen et français commence à basculer vers le véhicule électrique comme l'a fait la Chine au cours des dernières années, une révolution de pareille ampleur se passe en Chine pour les poids lourds. A l’aide d’importantes subventions gouvernementales, qui rendent les camions électriques plus rentables sur une période de 5 ans que leurs homologues diesel, les poids lourds électriques sont en train de conquérir le marché chinois. La bascule a commencé en 2024 et selon certaines sources, les ventes de camions électriques depuis le début de l’année 2026 représenteraient maintenant 30% du marché total. L’autonomie des camions électriques reste encore un obstacle pour les transports sur longue distance, mais les progrès techniques sont rapides et certains modèles commencent à offrir des autonomies de 700 à 800 kilomètres. Dernier problème de taille, il faut à ses pieds lourds des infrastructures de recharge adaptées à leurs besoins considérables de puissance électrique et d’espace. Un nouveau plan gouvernemental chinois vise à accélérer la construction de stations de recharge adaptées le long des grands axes routiers du pays.
Avec la chute rapide des cours du pétrole revenus à leurs niveaux d’avant la guerre avec la République islamique d’Iran, on peut s’interroger sur l’impact structurel de la crise énergétique née de la fermeture du détroit d’Ormuz. Mais plusieurs évolutions majeures, déjà en cours, ne peuvent que s’accélérer. L’une d’entre elles suscite peu d’attention et pourtant elle le devrait. Il s’agit sous l’impulsion du gouvernement chinois et à l’aide de subventions massives de la bascule de l’économie chinoise vers le transport routier de marchandises électrique.
Le cœur de l’économie chinoise reste l’industrie et elle doit acheminer en permanence d’importants volumes de marchandises. La flambée des prix des carburants, même limitée par les contrôles des prix nationaux, a provoqué un ralentissement sensible de l’activité industrielle au deuxième trimestre. Voilà pourquoi l’économie chinoise cherche à être moins soumise aux fluctuations des prix des carburants. Elle le fait notamment en privilégiant les poids lourds à batterie qui gagnent rapidement en rentabilité et en popularité.
Des contraintes sans commune mesure avec celles d’une voiture électrique
L’adoption des poids lourds électriques s’est accélérée depuis 2024, et un nouveau plan gouvernemental lancé en mai va s’appuyer sur cette dynamique. L’ambition est que l’électrification des poids lourds réduise la consommation de diesel de la Chine d’environ 2% par an dans les années à venir.
Comparé aux quelque 324 millions de voitures particulières en circulation en Chine, le parc de poids lourds n’est pas considérable. Il comptait 8,6 millions d’unités à la fin de l’année 2025, selon le ministère des Transports. Mais ces véhicules représentent environ la moitié de la consommation de carburant dans le secteur des transports, qui représente elle-même 60 à 70% de la consommation totale de diesel en Chine. Le transport de marchandises s’est électrifié plus lentement que celui des voitures particulières parce que ses exigences en matière de batteries et de recharge (autonomie, rapidité, infrastructure) sont bien plus importantes. Un poids lourd électrique emporte des tonnes de batteries qu’il faut être capable de recharger rapidement et doit, pour être rentable, être sur la route entre 12 à 16 heures par jour. Il parcoure en moyenne au moins 100.000 kilomètres par an.
Accélération depuis 2024
Résultat, à la fin de l’année 2025 il y avait 336.100 camions électriques en circulation
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