a dry riverbed ©Getty - Emad Abduallah
Lundi 16 février 2026 / La terre au carré
Un rapport de l’ONU lance l’alerte : la planète consomme aujourd’hui plus d’eau douce qu’elle n’est capable d’en renouveler. Cette faillite mondiale de l’eau se définit par des pertes irréversibles de capital hydrique naturel, et une incapacité à retrouver les niveaux historiques.
Avec Agnès Ducharne, directrice de recherche CNRS, UMR METIS - IPSL
Après des décennies de surexploitation et l’accélération du changement climatique, le problème est devenu structurel : il ne s’agit pas d’une crise mais bien d’une faillite mondiale de l’eau, qui affecte déjà des milliards de personnes et de nombreuses régions du monde.
Alors que la « crise » suggère un choc temporaire suivi d'un retour à la normale, la faillite désigne un état post-crise durable et structurel où l'ancien équilibre a disparu.
À l'échelle planétaire, les signes de cette faillite sont désormais omniprésents et touchent tous les continents habités. Les données publiées par l'ONU en janvier 2026 sont alarmantes … La disponibilité de l’eau se détériore dans des zones essentielles à l’alimentation, l’agriculture et les écosystèmes.
De la crise à la faillite : un basculement historique
On parlait hier encore de « stress hydrique », de « crise », de tensions passagères. Désormais, le rapport de l’ONU évoque une « faillite mondiale de l’eau ». Le terme n’est pas rhétorique. Il marque un changement d’époque. Agnès Ducharne rappelle les faits : près de 75 % de l’humanité vit dans des pays en insécurité hydrique ; 4 milliards de personnes subissent une pénurie sévère au moins un mois par an. Mais le cœur du problème est plus structurel : l’humanité consomme davantage d’eau douce que le cycle naturel ne peut en renouveler.
L’hydrologue pose les bases scientifiques avec clarté et pédagogie. Sur les continents, « en moyenne sur la planète », environ deux tiers des précipitations repartent rapidement vers l’atmosphère par évaporation et transpiration des plantes. Il ne reste qu’« un tiers de l’eau de pluie, qui est liquide » — celle que nous devons partager « entre tous les êtres humains et avec tous les écosystèmes terrestres ».
À écouter
La responsabilité des entreprises pétrolières dans le réchauffement climatique.
La Terre au carré
6 min
Les signes visibles d’un monde en déficit hydrique
La faillite hydrique n’est pas une abstraction. Elle se lit dans les paysages. Les mers fermées comme la Caspienne ou l’Aral ont spectaculairement reculé, mais l’Europe n’est pas épargnée. En 2022, la Loire « coulait à peine », la Tamise ne coulait plus par endroits, le Rhin était trop bas pour la navigation. À l’échelle mondiale, le Nil, le Colorado ou le fleuve Jaune n’atteignent plus toujours leur embouchure.
Un phénomène plus discret mais tout aussi inquiétant se développe : la multiplication des cours d’eau intermittents. « Ce qu’on constate depuis une vingtaine d’années en France, c’est que le nombre de cours d’eau intermittents augmente », observe-t-elle, notamment dans le pourtour méditerranéen. Des rivières autrefois pérennes cessent de couler.
Ducharne insiste aussi sur la pression agricole : 70 % de l’eau douce pompée sert à l’irrigation et à l’élevage. « Dans énormément de régions du monde », le modèle agricole est devenu incompatible avec la ressource disponible. L’urbanisation massive et la concentration des populations dans des conurbations accentuent encore la pression locale : les besoins explosent alors que l’apport climatique, lui, ne change pas. Pour autant, l’hydrologue ne cède ni au fatalisme ni à la simplification. Il n’existe pas une solution unique : « il n’y a pas une solution à penser, mais plein », adaptées aux réalités locales. Certaines nappes peuvent se reconstituer si l’on cesse de les surexploiter — mais « ça ne va pas être immédiat ».
Clés : Environnement Biodiversité Écologie Nature Gestion et accès à l'eau
Sauf adaptation, 88% de la France sera régulièrement sous "tension hydrique" d'ici 2050
Paris, 25 juin 2025 (AFP) - Quelque 88% du territoire de France métropolitaine connaîtra fréquemment d'ici 2050 des situations de "tension hydrique" en été compte tenu du changement climatique, si le pays ne change pas radicalement sa politique de gestion de l'eau, indique mercredi le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan dans une note.
A l'horizon 2050, "sans inflexion des tendances actuelles, 88% du territoire hexagonal pourrait être en situation de tension modérée ou sévère en été en matière de prélèvements", indique ce rapport, selon lequel même en menant une politique de rupture, avec une société "sobre en matière d'eau dans tous les secteurs d'activité", cette proportion ne descendrait qu'à 64%.
Dans tous les cas, "des restrictions d'usage de l'eau pour les activités agricoles, industrielles ou pour les particuliers seraient alors probables sur la quasi-totalité du territoire, comme en 2022", souligne le Haut-Commissariat, convoquant le souvenir d'une sécheresse mémorable, marquée par des arrêtés de restriction d'eau en pagaille.
"La tension relative aux consommations (partie des prélèvements qui n'est pas restituée au milieu) pourrait être forte dans le sud-ouest et le sud-est, en raison de la part importante de l'eau consommée, du fait notamment de l'irrigation des cultures", souligne le rapport.
L'institution avait publié en avril 2024 une cartographie des prélèvements et en janvier dernier une étude sur l'évolution de la consommation.
Elle a confronté ces données en s'appuyant sur une étude pilotée par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), Explore 2, sur l'évolution de la disponibilité de la ressource en eau, rendue publique l'an dernier.
Si la France ne modifie pas ses pratiques en matière de gestion de l'eau ou s'en tient aux dernières mesures qu'elle a mises en oeuvre, en août, au coeur de l'été, "on a près de 90% des bassins versants qui sont touchés par une dégradation de la situation hydrique entre 2020 et 2050", a déclaré Hélène Arambourou, coautrice de la note.
Dans le scénario de rupture, "cette dégradation de la situation hydrique survient dans environ la moitié des bassins versants", a-t-elle ajouté.
Réussir à contenir cette dégradation passe par "une sobriété dans tous les secteurs et toutes les activités humaines", a souligné Mme Arambourou.
Dans l'agriculture, par exemple, elle évoque "la régulation" par les pouvoirs publics du développement des surfaces équipées en irrigation, ou le développement des pratiques agroécologiques qui permettent de mieux stocker l'eau dans les sols".
Connu / TG le 25/06/25 à 15:22
Il sera question de solidarité internationale, d’accès à l’eau et de changement climatique, les 5 et 6 mars, à l’espace Franquin. Comment encourager les intercommunalités à mener des actions de ...
Connu / TG le 28/01/24 à 0:28
5 épisodes
1 Sécurité de l’eau : question locale à impact international
2 L’eau, une source de tension grandissante
3 Accès à l’eau : les inégalités renforcées par le changement climatique
4 Sécuriser la ressource en eau : une nécessité planétaire
5 Les choix à faire pour fournir un accès universel à l’eau
...
Les Soulèvements de la Terre @lessoulevements
📽️ RÉCIT VIDÉO - LUTTES INTERNATIONALES POUR L'EAU💧 - Témoignage poignant de @laylastaats, militante autochtone Mohawk pour les droits d’accès à l’eau, qui était à la manifestation de #SainteSoline hier contre les #mégabassines ! (vidéo 1/3) @Francelibertes
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- 23h
Face aux violences policières auxquelles elle a assisté, et que doivent malheureusement affronter les militant•es pour l'accès à l'eau partout dans le monde (vidéo 2/3)
Vidéo intégrée - Elle rappelle la nécessité de désobéir, de renforcer nos luttes internationales et livre un message d'amour extrêmement puissant 💙 (vidéo 3/3)
Vidéo intégrée kinky linking 🦎 @pensueurs - Thank you ! 🥰
Ludovic @Ludovic13356340
Connu / TG le 27/03/23 à 11:06
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INFOS GÉNÉRALES 25 MARS 🚱
Témoignage poignant de Layla Staats, une autochtone Mohawk, militante pour les droits d’accès à l’eau, qui était à la manifestation de Ste Soline hier. Face aux violences policières auxquelles elle a assisté, et que doivent malheureusement affronter les militant.e.s pour l'accès à l'eau partout dans le monde, elle rappelle la nécessité de désobéir, de renforcer nos luttes internationales et livre un message d'amour extrêmement puissant. 💙