Idées, Social
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La société devient structurellement égoïste, et c’est pas bon pour la gauche : le sociologue Camille Peugny démontre ce qu’on sent, intuitivement. Il décrypte les causes, ouvre des perspectives, et glisse que « la vague n’a pas tout emporté » : avec lui, on cause recul et espoir.
Publié le 24 février 2026 Par Cyril Pocréaux
Fakir : « Le triomphe des égoïsmes » : le titre surprend. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
Camille Peugny : Ça part d’un intérêt scientifique autour des dynamiques électorales. Je me suis demandé pourquoi depuis dix ans, en gros, la gauche ne dépasse plus les 30 % dans les urnes. Or si le phénomène de désaffection des classes populaires pour la gauche a déjà été beaucoup étudié, on ne l’a jamais fait pour les classes moyennes supérieures. C’est aussi venu d’une réflexion personnelle, en tant que citoyen : ces classes moyennes supérieures, j’en fais moi-même partie, par le diplôme, le salaire, la fréquentation des groupes sociaux… Peu à peu, au fil des années, j’ai eu le sentiment dans ce milieu d’une perte totale d’appartenance collective. Chez ces classes, qui votaient à gauche au début des années 1980, la dynamique s’est inversée.
Fakir : On va y revenir, mais ce mot, donc, « égoïsme » : on n’a guère l’habitude de tels termes en sociologie…
C.P. : J’ai justement essayé de théoriser l’égoïsme en tant que donnée sociologique, et en l’expurgeant de toute notion morale. Des livres sur l’individualisme, il en existe plein, et le regard historique des sciences sociales sur le concept n’est d’ailleurs pas que négatif. Mais aujourd’hui que les classes moyennes supérieures adhèrent à l’idéologie libérale, on assiste à un
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Amériques - Entretien
Ayn Rand (1905-1982) est considérée comme la théoricienne d'un capitalisme individualiste, prônant les valeurs de la raison, du mérite mais aussi de l'égoïsme rationnel. Travis Kalanick, cofondateur d'Uber, l’a mentionnée quand il a critiqué, comme elle, les réglementations protectionnistes qui bloquent la concurrence. Steve Jobs (Apple) en était un fervent admirateur, tout comme Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, Peter Thiel (Paypal) et Jimmy Wales (Wikipédia). Pour quelles raisons ? RFI s'est entretenu avec Alain Laurent, spécialiste d’Ayn Rand.
Modifié le : 04/10/2024 - 15:27 / Par Thomas Bourdeau - 5 min
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Est-ce que c'est une libertarienne ou est-ce qu'elle a été récupérée ?
Au fond, Ayn Rand ne voulait pas entrer dans tout ce jeu-là. Elle haïssait les libéraux - vous voyez déjà le risque de malentendu -, et deuxièmement, elle refusait d'être qualifiée de « libertarienne » parce que, dès son époque, les libertariens sont surtout ceux qu'on appelle aux États-Unis des anarcho-capitalistes, et Ayn Rand avait horreur des anarchistes.
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Ayn Rand est au contraire partisan d'un État minimal fort, d'un gouvernement qui s'occupe de la défense, de la justice, etc. Ce qui fait horreur aux anarchistes. Donc il y a un conflit de ce point de vue-là.
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Comment expliquez-vous son manque, enfin son absence totale de popularité en France, autant d'une manière littéraire qu'intellectuelle ?
Il y a eu un refus de prendre Ayn Rand en considération à cause sans doute de l'imprégnation pro-étatiste qui est dominante en France. Donc quelqu'un qui rejette l'État ne peut être que mauvais. Puis il y a aussi, évidemment, le fait qu'elle soit présentée - alors, elle y a mis du sien pour qu'on pense ça d'elle - comme la sainte patronne du capitalisme le plus radical que l'on puisse imaginer. Elle souhaite une séparation totale, je la cite, « entre l'État et l'économie ».
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Alain Laurent est l'auteur de : Ayn Rand ou la passion de l'égoïsme rationnel, édition Les Belles Lettres
Connue / https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?gf5hSg
Ndlr : a contribué à faire émerger le courant d'extrême droite Trump aux USA.
- AUBUSSON - Samedi 6 avril À 18H30
- Le 09 avril 2024, à 18h30 36000 Châteauroux
- Le 10 avril 2024, à 18h30 Espace Franquin 1 boulevard Berthelot 16000 Angoulême
- ÉVREUX - Mercredi 2 octobre
- CHARTRES - Jeudi 3 octobre
- LE TEIL - Mardi 5 novembre
- MONTPELLIER - Mercredi 6 novembre
- MANOSQUE - Jeudi 7 novembre
- RODEZ - Vendredi 8 novembre
Avec la crise, les égoïsmes reviennent. C’est une idée reçue ! Non seulement ce sont les égoïsmes qui sont à la racine des problèmes, mais c’est plutôt l’entraide qui émerge en temps de catastrophe ! Pourquoi ? Comment ? De quelle entraide parlons-nous ? Et comment est-elle la clé pour traverser les tempêtes ? Une conférence pour nous faire changer de regard, pour retrouver puissance, résilience et espérance.
AVEC L’INTERVENTION DE
Pablo Servigne, ancien chercheur en éthologie. Depuis 2008, il se consacre à l’éducation populaire, à travers des livres, des conférences et des formations. Il est notamment le co créateur du concept de collapsologie (l’étude des effondrements) et il a coécrit avec Gauthier Chapelle L’Entraide, l’autre loi de la jungle (LLL, 2017).
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Mots-clés : Solidarités, Conférences, Partage de la connaissance
Aujourd’hui, personne ne sait encore ce que cette année nous réservera. À travers ce livre « Ce que l’on ne veut pas que je vous dise », j’ai voulu faire la lumière sur ce qui est généralement caché. Car ce que l’on ne nomme pas, finit tout simplement par ne plus « exister » et continue pourtant à nous ronger.
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Extraits :
« Au nom de toutes mes passions, de tous mes combats, de toutes mes volontés, mes déterminations, j’ai rejoint et soutenu cet espoir nouveau que représentait Emmanuel Macron en 2017 et j’ai été élue à l’Assemblée nationale, députée des Hauts-de-Seine.
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Parce qu’il est temps de rompre avec le cynisme et l’égoïsme et d’enfin comprendre et accepter que nous sommes toutes et tous relié·es. Que ce que nous faisons à l’autre, quel qu’il soit, c’est à nous-mêmes que nous le faisons. »
Frédérique Dumas est une productrice de cinéma et femme politique française. Après différentes expériences politiques, elle est aujourd'hui députée de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine et membre de la commission des Affaires européennes et de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
« Elle est une des rares à avoir un pied dans l'imaginaire et l'autre dans la réalité.» Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008
Assurance-chômage: l’injustifiable réforme Parti pris - 132 commentaires
De la suppression de l’impôt sur la fortune au début du quinquennat jusqu’à la réforme de l’assurance-chômage aujourd’hui au détriment des plus pauvres, le président n’a pas changé de politique, même au plus fort de la crise sanitaire. C'est celle de l’égoïsme de classe et de la guerre sociale.
Mots-clés assurance chômage Emmanuel Macron guerre sociale ISF UNEDIC
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au moment où le pays va vivre un drame social qu’Emmanuel Macron choisit, au lieu de protéger les plus fragiles, de les enfoncer encore plus dans les difficultés : cette réforme restera donc parmi l’une des dispositions les plus contestables de ce pouvoir. L’une des plus insupportables, qui confirme la nature profonde du macronisme.
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Le précepte trompeur du « quoi qu’il en coûte »
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Avec la suppression de l’ISF, il a récompensé la clientèle qui l’a porté au pouvoir ; avec la réforme de l’assurance-chômage, il veut mettre à genoux ceux du camp d’en face, celui des plus modestes.
Bonnes feuilles - Autrice d'un essai qui réhabilite le refus de parvenir, Corinne Morel-Darleux s'interroge ici sur la place que devrait prendre la politique dans l'écologie. Elle promeut dans ce court essai la "dignité du présent" et la puissance transformatrice de l'individu face aux bouleversements inouïs qui se présentent.
Ecologie Politique
Effondrement
Extrait de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, paru aux éditions Libertalia le 6 juin 2019.
http://editionslibertalia.com/catalogue/la-petite-litteraire/corinne-morel-darleux-plutot-couler-en-beaute
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Il y a au mieux une forme de naïveté égoïste à cultiver son jardin en rejetant l’idée d’engagement politique, au pire une imposture quand l’écologie de vitrine va jusqu’à se marier avec les lobbies de l’industrie, faire appel au mécénat des pétroliers ou vendre des conférences à un grand patronat en quête de virginité. Dissocier l’écologie d’un positionnement politique clair sur le capitalisme, le libre-échange, la mondialisation et la finance, c’est la priver d’une ancre primordiale et prendre le risque de dérives inquiétantes. Ainsi de la « terre qui ne ment pas » pétainiste ou de la récupération du lien sacré au vivant par tous les obscurantismes, xénophobes comme religieux.
L’analyse systémique de l’écosocialisme, qui postule que l’écologie est incompatible avec le capitalisme, consiste précisément à ne pas dissocier les effets sociaux, environnementaux, économiques et démocratiques du système d’organisation productiviste. Sa radicalité, au sens d’une analyse exigeante qui s’obstine jusqu’à pénétrer la racine des causes, est ce qui lui permet de ne pas s’égarer du côté de l’imposture du capitalisme vert, de l’écologie libérale, des accommodements qui consistent à n’agir qu’en surface, sur les conséquences, sans s’attaquer aux causes du problème ni bouleverser le système.