Par Benoît Martimort-Asso, Céline Robert et Agnès Rambaud-Paquin - Regen Ecosystem
Guide Réticences Regen 07-2025.pdf
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Pourquoi ce guide ?
Face aux impasses du modèle économique linéaire et extractif actuel, nombre d’entrepreneurs et d’élus, mais aussi de citoyens, se sentent démunis. Entre prophétie d’effondrement et fuite en avant du transhumanisme, les propositions d’avenir sont peu aspirationnelles et mobilisatrices.
L’économie régénérative offre une alternative porteuse d’une réconciliation avec le vivant dans toutes ses dimensions, porté par des pratiques économiques, productives et sociales favorisant une symbiose entre l’humain et les écosystèmes vivants et sociaux.
L’économie régénérative se présente comme une alternative crédible à même d’offrir aux sociétés humaines un avenir prospère et respectueux de leurs singularités.
Si les racines des approches régénératives sont anglo-saxonnes, nourries d’un point de vue philosophique par des penseurs sud-américain puis africains, l’Europe et la France en particulier contribuent à l’enrichir en mettant notamment l’accent sur les entreprises et les territoires.
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consulter www.genact.org, la communauté d’acteurs qui souhaite contribuer à l’émergence d’une économie véritablement durable, respectueuse des limites planétaires et pourvoyeuse de justice sociale, une économie régénérative.
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réponse à des constats scientifiques de plus de 50 ans (comme ceux des rapports Meadows en 19721, 19922, 20043, des 6 rapports d’évaluation du GIEC depuis 19904 des rapports de l’IPBES depuis 20125, du Global Sustainable Development Report de 20196 ou les publications du Stockholm Resilience center depuis 20097) qui alertent sur l’insoutenabilité du modèle de croissance infinie dans un monde fini.
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L’idée fondamentale est qu’une activité humaine, une entreprise, ne détruise plus la planète, mais contribue à la réparer, la restaurer, la régénérer.
Les preuves d’une régénération possible et fonctionnelle commencent avec la permaculture8 à la fin des années 70 puis avec les pratiques agroécologiques des grandes cultures9, les approches circulaires10 exportées à l’industrie via l’écologie industrielle11, et continuent avec les réflexions sur les limites planétaires12, les services écosystémiques13, ou encore les travaux de pionniers comme ceux de Pamela Mang et Ben Haggard ou de Carol Sanford14 sur la régénération à l’échelle des systèmes15.
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s’officialise en France avec la publication d’une SPEC AFNOR16 en 2024 : il s’agit d’« un modèle d’activités qui soutient la vitalité des systèmes écologiques et sociaux, tout en créant une prospérité partagée, dans un espace-temps défini ». Elle fait l’objet de travaux académiques17 et de publication de vulgarisation18 et a été théorisée par l’ingénieure agronome et autrice Isabelle Delannoy**19.
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changer de vision stratégique ... s’ancrer dans la réalité de son activité d’arbitrer à partir de sa raison d’être, de regarder autrement sa chaîne de valeur comme ses propres vulnérabilités et de définir sa stratégie avec d’autres critères et indicateurs : (i) Regarder les potentiels plutôt que les problèmes, (ii) être pragmatique et pas idéologique), (iii) Mobiliser les services écosystémiques en priorité, (iv) Viser l’efficience plutôt que l’efficacité, (v) Mobiliser les acteurs de son territoire en priorité et (vi) s’inspirer des principes du vivant20 et (vii) poser comme objectif les impacts positifs (sociaux, environnementaux et économiques) qu’on peut générer autour de soi, ... n'est pas une nouvelle norme à appliquer, mais est un changement de posture ... une entreprise qui restaure ses ressources clés – humaines, naturelles, sociales – est une entreprise plus robuste, plus attractive et plus pérenne à long terme. L’économie régénérative permet aux entreprises et aux territoires de devenir résiliente aux aléas (climatiques, environnementaux), en s’appuyant sur le vivant.
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en s’inscrivant dans l’espace juste et sûr de la théorie du Donut22.
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triple régénération, écologique, économique et sociale, d’autres ont axé leurs efforts sur une ou deux dimensions de la régénération.
Prenons Interface24, une entreprise américaine qui fabrique des dalles de moquette. ... divisé leurs émissions de CO2 de 97%, leur consommation d’eau de 85%, leurs déchets de 100%, en incorporant 52% de matières biosourcées ou recyclées dans leurs produits,… tout en restant leaders sur leur marché, avec une valorisation boursière croissante.
Autre exemple, Pocheco25, dans le nord de la France : une PME, imprimerie d’enveloppes de 11 millions d’euros de chiffre d’affaires (2023). Ils ont repensé tout leur modèle de production. Pour un arbre consommé pour le papier des enveloppes, 10 arbres sont plantés par son fournisseur, dans des conditions de restauration de la biodiversité ... une encre à l’eau après 10 ans de R&D pour limiter la pollution, les coûts,…. Et les arrêts de travail liés aux solvants. Bref, pour créer des impacts positifs et diminuer les risques (pour leurs employés, leurs fournisseurs, leurs sous traitants...) et fonctionner le plus possible en circuits fermés (eau, chaleur). Plus d’une trentaine de process ont été reconçus (dont désartificialisation des sols, des toits PV et aussi végétalisés pour récupérer les eaux de pluie (utilisées pour les toilettes et pour le système de production, puis traitées au travers d’une phytoremédiation en bambous), approvisionnement responsable, récupération et réseau de chaleur.
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Arcadie26, entreprise de tisanes et d’épices bio de 17,5 millions d’euros de chiffre d’affaires (2023), a mis en place des contrats pluriannuels avec ses agriculteurs partenaires, intègre des pratiques agroécologiques, investit dans la fertilité des sols, relocalise ses flux. Leur objectif ? Régénérer la biosphère et la sociosphère. Des milliers d’entreprises nativement régénératives se développent, à l’instar de Phytobokaz27 aux Antilles, plus petite société d’un million de chiffre d’affaires, qui se réclame de l'économie symbiotique, conçoit et fabrique des phytocosmétiques et compléments alimentaires en mettant en place sur ses parcelles de culture un véritable système d’agroécologie et d’agroforesterie, où insectes et plantes sont préservés et s’autorégulent.
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elles qui mobilisent des Pratiques Économiques Productives et Sociales Régénératives (PEPS ©)28 ou les entreprises du collectif de la CEC29 qui travaillent à leur bascule vers le régénératif.
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L’économie régénérative ne nie pas la réduction des externalités négatives, elle l’intègre, et la dépasse. ... oriente donc la mobilisation des ressources (financières, humaines, naturelles) vers des pratiques qui produisent des externalités positives nettes – sociales (bien être, développement des capabilités, renforcement des liens sociaux,…), écologiques (stockage net de CO2, production nette de biodiversité, dépollution nette des eaux, des sols de l’air, …) et économiques ... démarche proactive, orientée vers le vivant ... Moins de dégâts, plus de sens
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La France est le premier pays à avoir établi une AFNOR SPEC30 ... pour l’intégrité du vivant, humain et non-humain, et soutenant la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux avec lesquels il coconstruit, dans une spatialité défini
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Ce cadre est en train d’inspirer des collectifs comme la CEC ou GenAct, des programmes d’accompagnement comme ceux proposés par L’entreprise symbiotique, la Butterfly School d’AXA Climate ou Lumiå, des écoles comme la RegenSchool et des travaux sectoriels. Et même si le référentiel n’est pas encore normatif, il ouvre la voie à des indicateurs plus adaptés à cette économie du vivant.
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aux USA, la certification Regenerative Organic Certified® (ROC) est une norme lancée en 2017 visant à promouvoir une agriculture régénérative, biologique et éthique. Elle a été développée par la Regenerative Organic Alliance (ROA)32, une organisation à but non lucratif cofondée par des leaders de l'agriculture durable tels que Patagonia, Dr. Bronner’s et le Rodale Institute.
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la rentabilité consiste trop souvent, comme le dénonce Julia Faure, à donner une « prime au vice33 », c’est-à-dire à être d’autant plus rentable qu’on fait mal (qu’on exploite l’homme et les ressources naturelles)
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propose une transition maîtrisée. L’idée, c’est d’expérimenter, d’itérer, de faire cohabiter provisoirement un modèle traditionnel avec une nouvelle offre plus soutenable ... ne tue pas la rentabilité : il en change les bases. Il la relie à la robustesse, à la sobriété, à la coopération, àl’efficie nce. Et cela peut devenir un vrai différenciateur concurrentiel.
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un cadre systémique, qui intègre ces apports dans une logique d’ensemble.
Elle ne les remplace pas, elle les tisse ensemble. Par exemple, une entreprise régénérative va combiner des pratiques d’écoconception, de relocalisation, de coopération intersectorielle, de gouvernance partagée, pour créer une valeur vivante dans un territoire donné.
Comme le montre la théorie de l’économie symbiotique34, ce sont les synergies entre ces approches qui permettent de passer à un modèle régénératif.
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Comme tout changement stratégique, il faut y aller en fonction de ses moyens
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exemple historique de Safechem : Pour limiter l’utilisation de solvant chloré, alors largement utilisé pour dégraisser les pièces métalliques, Safechem36 a développé une offre de service qui repose sur un système de distribution sécurisé et en boucle fermée avec les conteneurs Safe-TainerTM. Ils sont passés de 6 à 50 % de part de marché en cinq ans. Pourquoi ? Parce qu’ils ont été attentifs à la contestation sociale, ont proposé une réponse crédible à la contrainte réglementaire et environnementale et ainsi contribué à la mutation du secteur.
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une corde stratégique de plus à son arc
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recentre sur l’essentiel
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Le livre blanc Bpifrance37 montre que la régénération peut commencer par des pratiques simples : mutualiser des ressources avec d’autres acteurs locaux, revoir une logistique, tester une offre circulaire… Ce n’est pas une révolution, c’est une trajectoire. Et surtout, on ne la mène pas seul : s’inscrire dans un écosystème territorial permet de partager les moyens, les risques et les apprentissages.
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travailler en écosystème, dans une logique régénérative, ce n’est pas se rendre vulnérable, c’est choisir ses interdépendances et gagner en robustesse38 ou en résilience39...
L’idée, c’est de construire un réseau d’acteurs alignés, qui partagent des valeurs et des intérêts, capables de coopérer durablement, de partager des ressources critiques, de sécuriser des fonctions essentielles (transport, énergie, logistique…) et de partager la valeur. Comme dans une forêt diversifiée, la résilience vient des liens, pas de l’isolement.
Et dans un monde de complexité croissante, personne ne pourra tout maîtriser seul. Mieux vaut créer les conditions d’une interdépendance fertile
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Le régénératif ne s’oppose pas à la RSE, il l’étend. Il en assume la filiation, mais pousse plus loin les questions de rapport au vivant
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une entreprise qui ne se contente pas de “faire moins mal”, mais qui contribue à restaurer les systèmes dont elle dépend.
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les entreprises qui travaillent directement avec le vivant (alimentation, mode, vins et spiritueux, construction…) ont un levier évident pour agir. Mais toutes les entreprises dépendent d’un ou plusieurs services écosystémiques : en tout premier lieu d’un climat stable, d’une eau disponible, de matières premières et d’énergie accessibles, de salariés…
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Le Regen Ecosystem est une dynamique collective, lancée en 2024, qui a pour mission de donner leurs pleines puissances aux approches régénératives et de construire des Communs dédiés afin d’aider les organisations à se réinventer en profondeur.
Ndlr :
- co-conception avec les parties prenantes, la gouvernance partagée, robustesse, etc ... identifiés comme stratégiques pour faire face aux limites planétaires. VALORISER ACT
- l'exemple de la moquette : ne pas aller jusqu'à remettre en question les besoins de moquettes ? Rester dans l'économie de marché ? Dans l'économie financiarisée ? Dans la concurrence ? Dans le capitalisme ? ACT
La communauté d’acteurs qui souhaite contribuer à l’émergence d’une économie véritablement durable, respectueuse des limites planétaires et pourvoyeuse de justice sociale, une économie régénérative.
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700 entreprises ont déjà adopté des feuilles de route vers l’économie régénérative suite à leur participation à la CEC / AEF Info
Lors de la Regen night, organisée le 12 novembre 2024 à Paris, la CEC (Convention des entreprises pour le climat) a fait témoigner des entreprises ayant suivi l’un des 18 parcours CEC terminés ou en cours, et présenté les résultats de son 2e Baromètre des alumni CEC. 62 % des dirigeants interrogés dans ce cadre estiment que la bascule de leur propre entreprise vers un modèle régénératif d'ici 2030 est possible.
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5 min de lecture
Par Camille Dorival (Carenews) Publiée le 15/11/2024 à 11h26
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Le vrai ennemi, c’est le productivisme
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John Stuart Mill, au milieu du XIXe siècle avait théorisé le fait que les ressources de la planète sont finies et donc la croissance ne peut pas être infinie. Il arrive avec la théorie de “stady state” (état stationnaire), qui est très à la mode aujourd’hui, qu’il faut viser un état d’équilibre et ensuite répartir les biens selon des principes qu’on peut discuter. Pourtant, Mill est un vrai libéral individualiste.
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Les choses sont beaucoup plus complexes que cela. Il faut déconnecter productivisme et marché
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J’ai été invité à EELV, au lancement de leur campagne européenne. Je leur ai demandé pourquoi il n’y avait pas de gens qui font de la finance régénérative, c’est-à-dire par exemple qui cherchent des solutions d’assurance pour la transition agroécologique. Où sont les libertaires ? Où sont les financiers qui cherchent des solutions – bien sûr on peut distinguer ceux qui font du greenwashing des authentiques ?
Je pense que les deux chemins, que sont les chemins que prennent mes deux héros, sont intéressants. Se pose la question de savoir s’ils sont compatibles, s’ils peuvent exister ensemble dans une société donnée ou s’ils sont exclusifs. Cela se reflète dans l’amitié possible ou impossible des deux héros. Pour moi, cette question est très ouverte.
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On pourrait conclure à la lecture de votre roman que les parcours d’Arthur et Kevin sont la preuve que l’éco-anarchisme et le capitalisme sont deux impasses…
Ce qui ne marche pas, c’est l’hubris. Et les deux héros, pour des raisons très différentes, tombent dans la démesure. Arthur est entraîné dans une forme de vertu révolutionnaire, qui devient absolue. Kevin, à son corps défendant, puisqu’il est manipulé par une fille cynique, est entraîné dans une entreprise géante. À la fin du livre, chacun réussit à être ramené à l’humilité, par l’humus. Dans leur petit projet, ils parviennent à leur fin. Dans la question écologique, l’une des choses les plus importantes est de concevoir la limite de l’action humaine. Est-il alors possible d’être soi-même dans la démesure, compris dans la démesure de la vertu ?
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Le capitalisme bancaire va essayer de financer des projets qui ont un intérêt économique et en tirer un pourcentage. Le private equity c’est totalement différent. Ce sont des gens qui prennent des bouts de l’entreprise très jeune, en pariant que sur les 1 000 entreprises financées, deux feront x 100 000. Que toutes les autres se cassent la gueule ce n’est pas grave. C’est pour cela que les jeunes entrepreneurs disent tous qu’ils vont changer le monde. Ce n’est pas par grandeur d’âme, c’est un modèle économique aujourd’hui.
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Je préfère qu’on dise qu’une entreprise est faite pour ne pas être morale, mais que les règles qui l’encadrent la pousse à prendre la direction que la volonté générale a décidée.
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L’écologie est tellement complexe, avec tellement d’externalités, qu’on ne va pas demander à toutes les entreprises du monde de réinventer ce qu’il y a de bien et pas bien. J’ai voulu le dénoncer à travers Mme RSE, même si c’est léger, parce que le livre balaie toutes les attitudes possibles par rapport à l’écologie : le cynisme, la radicalité, la tartufferie.
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Je donne des ingrédients et même de l’info pour questionner ... Ils ont de vrais questionnements fondés sur une vraie éco-anxiété
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j’écoute à la fois les gens qui font de la finance régénérative et les Soulèvements de la terre. Je pense que les deux touchent des choses importantes. Je pense que les deux chemins peuvent coexister, que ce ne sont pas des modèles de société exclusifs.
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Je souffre lorsque je dois entrer mon nom pour obtenir un billet SNCF. Et je ne m’habitue pas. La Deutsche Bahn ne demande pas cela. C’est du contrôle inutile
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Cela donne envie non pas de bifurquer, mais de faire la Révolution…
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40 min |12/06/2024|
983
Tr.: ...
dg de startup du groupe 3 Suisses ... Tikamoon, entreprise du nord de la France ... dessiner, faire fabriquer du meuble en bois massif ... distribution en ligne ... aller dans le green ? jusqu'à 2018, dans la survie, encaisser la croissance ... la jeunesse nous a amené à planter un plan green ... RSE, convention CEC? à Lille sur le régénératif ... on était myopes, oubli du système vivant, la forêt ... 100 ans de modèle d'affaire ... /gouvernance, organisation : on sort du mode survie, be corp? intégrer les salariés, friction entre actionnaires et long terme ... nous somme majoritaires, libres, faire nos choix, indicateurs de performance économique ... entre performance et robustesse ... remettre la perspective sur la table ... obstacles qui compliquent : /croissance moments d'échange, logique culturelle, sourcer nos meubles ... le mobilier durable qui dure longtemps ... embarquer les 3 cercles (direction, managers, salariés) ... toi leader : feuille de route puissante, incarnée par des leaders : accepter la faiblesse est une force ... entretenir, réparer, customiser, reconstruire ... l'avenir dans le service, le multi-local, le manuel ... approche tête, corps, coeur ... émotions, moment d'inclusion, de déclusion, descend les différents niveaux de l'entreprise ... régénératif : 2030 vraie circularité, suivi pendant 100 ans ... matière précieuse, planche de bois éternelle, connexion à la nature, révolution de gouvernance, actionnariat stable, vision sur 100 ans. On débute ! Mode open source, inspirant, imaginaire, on fait pivoter le navire ... régénérer au lieu d'extraire ... JMJ Le Monde sans fin ... économie modèle d'entreprise faire plus de bien que de torts à la planète ... qu'elle se porte mieux, prélever le moins possible ... /école de management maximiser les profits ! now : la recherche sur l'économie de demain. inventer demain, sauvage, complexe, soutenabilité forte, soutenable, la non-croissance n'est pas naturelle, robustesse, écosystème. /forces politiques : Arthur Keller, concurrence centrale, changer de règles, comment réguler les marchés pour éliminer les imposteurs ? Comment ? Coût de la matière première : intégrer les dommages à long terme. Se préparer au pétrole x10 ... réconcilier écologie et social => comprensations retour du local, de la réparation, entretien, échange ... romains d'inspiration solidarité, autonomie, repair cafés, désintoxication, se départir du non nécessaire ... /générations futures : a foi en la jeunesse végétarienne, friperies, ingénieur non coopération ... ils n'ont plus peur, sont plus durs que nous, détachés et libres ... liberté, pouvoir de consommer ... courage, authenticité, pragmatisme.
Février 2024 : Une nouvelle dynamique est lancée !
Une vingtaine de personnes engagées pour l’économie régénérative, se sont retrouvées les 1 et 2 février sur le site des Amanins, haut-lieu de l'agro-écologie fondé en 2003 par Isabelle Peloux, Michel Valentin et Pierre Rabhi.
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A l'issue de cette rencontre, ils ont décidé de lancer une dynamique collective pour donner leurs pleines puissances aux approches régénératives et de construire des Communs dédiés afin d’aider les organisations à se réinventer en profondeur :
- Etudes de cas de transformation d'entreprises vers le régénératif,
- Projets coopératifs de territoires et d’organisations,
- Bibliothèque de publications et de recherches,
- Ressources / références sur les approches régénératives (conférences, podcasts...)
Le nom de code de cette dynamique est Regen'Ecosystem.
Cet écosystème aura vocation à s’ouvrir à tous ceux qui soutiennent l’économie régénérative.
La députée écologiste Delphine Batho et le docteur en économie Timothée Parrique discuteront avec vous, en direct, de la décroissance.
Fournaise au Canada, rapport du Haut conseil sur le climat, chute de la biodiversité… l’actualité ne cesse de nous rappeler que la catastrophe écologique est en cours.
Pourtant, l’économie continue à tourner comme si rien ne devait changer, comme si le système de production n’était pas la cause des dégâts écologiques.
Mais il y a moyen de faire autrement, il faut le poser clairement sur la table : Et si on changeait l’économie, et si on essayait la décroissance ?
Reporterre ouvre le débat.
➡️ En direct, mercredi 7 juillet à 20h sur nos réseaux sociaux discutez en direct avec Delphine Batho et Timothée Parrique de la décroissance.
➡️ Le direct sera à retrouver aussi sur Facebook, Twitch et Youtube https://tools.immae.eu/Shaarli/ind1ju?RhUqcA
Tr.: début à 4mn ... définition de la décroissance "Réduction planifiée et démocratique de la production et de la consommation dans les pays riches pour réduire les pressions environnementales et les inégalités tout en améliorant la qualité de vie"++ puis "système alternatif au capitalisme" ... rupture avec l'ultraconsumérisme, on ne fait pas la 5G. Des indicateurs de bien-être en Nouvelle-Zélande, la Finlande, à la place du PIB. Il n'y a jamais eu un dialogue social sur ce point. Est contre le productivisme.
TB : se défaire du productivisme, du consumérisme et du ?? simplicité volontaire, sobriété heureuse, lineflat en chine. Se centrer sur la qualité de vie et non pas le matérialisme.
DB : Ex.: Le bon coin, vide-grenier, plutôt que du neuf. Vélorution, circuits courts alimentaires, changements culturels profonds. Besoin de machine à laver, de lave-vaisselle. Le capitalisme vit sur la frustration. Plus d'intelligence pour optimiser. Certaines entreprises industrielles rompent avec les volumes comme l'industrie automobile (Renault, etc).
TB : vont continuer à maximiser leurs profits. Donc satisfaction des besoins, donc économie stationnaire. Réencastrer l'économie dans le reste de la société.
Q DES INTERNAUTES:
Comment on fait ? Pour tout le monde ?
DB : ça implique une réduction des inégalités. Tous gagants à rester vivants, que la planète reste habitable.
TB : livre "comment les riches détruisent la planète". C'est aux riches à faire des efforts.
/aspect frustrant voire imposé. des quotas ?
DB : choix collectifs sur l'utile et les enjeux ex quotas carbone sur l'avion. Plus efficace que les taxes. Égalité. Prop de loi avec Fr.Ruffin.
TB : ya que 8% de l'humanité qui a déjà pris l'avion. Les émissions sont concentrées. Justice écologique.
/cape? and share : une carte carbone individuelle, revenu universel, pas urss !
DB : critère écologique /entreprise. CHangement culturel, plaisir, reprise en main de sa vie. Ex. la viande fr bio vertueuse, chgts en cours, les pousser, les accompagner, mvt démocratique.
/Natalité:
DB : 10% des pers à l'origine de 50% de la pollution. Maîtrise de la population mondiale par l'émancipation des femmes ++ écoféminisme, rupture avec le patriarca.
TB : la démographie n'a que peu d'importance. Levier lent. Pas opérant. Allerchercher les émissions là où elles sont aujourdh'ui.
Faire de la place pour maximiser le partage.
/pro-natalisme /relance économique !! mépris.
/croissance désirable
DB : /sens du travail, réparation, réemploi, etc.
TB : un Paris sans voitures. En suède, partage mach à laver, convivialité. /réd tps de trav : réd du temps passé dans un emploi capitaliste. Réduire le temps donné à l'économie pour passer du temps en famille, théâtre, etc. /agri sans pétrole plus de marketing, monnaie locale, etc. Jean Gadret "adieu la croissance".
DB : meilleur équilibre mais garder la valeur travail. Chantier de transfo ex l'agriculture.
André Gorz "la fin du travail"
/Aéronautique qu'en faire ?
TB : /ampleur du chômage partiel ça a été possible.
DB : la fr 2e ind du monde. Savoirs-faire de haut niveau. Énorme vulnérabilité. Le collectif sup aéro décarbo, cf Le Shift Project aussi.
/agriculture quel modèle ?
DB : 100% bio, proximité, /irrigation s'adapter au changement climatique transfo des pratiques agricoles. Élevage extensif à l'herbe. interdev défend ça. 60% de viande importée dans les cantines scol.
TB : 50% des ém de GES est l'élevage. Réduire conso viande.
/décr. fait peur
TB : l'économie du bien commun n'est pas assez confrontatif.
DB : /rapports scientif il faut décroitre, on ne peut plus tricher. Arrêter d'intérioriser. L'assumer. Rompre avec mythologie de la croissance.
/
DB : partir des impacts actuels, les leviers comme les transports. /café suivra. Les changement à portée de main. Choisir la décroissance plutôt que la subir /effondrement, chute. Éloi Laurent : l'inverse de la croissance est la récession. Pas la croissance. /controverse réveiller le débat donc utile.
TB : ne pas se concentrer sur la conso. Une prod si besoin. L'effondrement est déjà en cours. Besoin d'économie régénérative. Ne pas s'attacher aux symboles, dialoguer.