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Milliardaires et finance de l'ombre : l'accumulation jusqu'à l'extrême © Mediapart
Comment taxer les milliardaires, alors que les extrêmes droites se rapprochent partout des leaders du capitalisme financiarisé ? La députée (LFI) Aurélie Trouvé en débat avec Quentin Parrinello, directeur à l’Observatoire international de la fiscalité, et le sociologue Ugo Palheta, lors du Mediapart Festival, le 6 juin 2026.
La rédaction de Mediapart
4 août 2026 à 17h17
En France, la dernière décennie a été marquée, d’une part, par un phénomène d’accumulation des richesses entre les mains de quelques milliardaires (Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, Vincent Bolloré, etc.) encore jamais vu auparavant ; et, d’autre part, par le développement à bas bruit d’une finance de l’ombre, non régulée, dont les acteurs, méconnus du grand public, sont les fonds de capital-investissement (KKR, Blackstone, Apollo, Ardian, PAI, etc.).
Ces deux pans du capitalisme financiarisé sont en train de faire main basse sur l’économie française. Ils ont par ailleurs pour point commun de développer une vision libertarienne et autoritaire de la société, faisant craindre qu’ils ne s’accommodent très bien de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
Un débat animé par Mathias Thépot, journaliste à Mediapart, enregistré en public le 6 juin 2026, dans le cadre du Mediapart Festival à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Nos invité·es :
- Quentin Parrinello, directeur des politiques publiques à l’Observatoire international de la fiscalité (International Tax Observatory) ;
- Aurélie Trouvé, économiste et députée La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis ;
- Ugo Palheta, sociologue, maître de conférences à l’université de Lille.
Tr.: ...
Hugo Palheta ... des secteurs du capital se sont ralliés à des options d'extrême droite ... c'est nouveau de les voir miser sur l'extrême droite ... le capital fossile qui a besoin de forces politiques qui veulent aller le plus loin possible dans les logiques extractivistes ...
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Jeudi 9 avril, l'Institut La Boétie lançait son nouveau format « Les dialogues de l'ILB », des conversations entre des dirigeants de la France insoumise et d'autres personnalités politiques sur des sujets théoriques de fond qui traversent la gauche.
Cette première édition était consacrée au thème « Le capitalisme peut il avoir une fin ? » avec :
- Jean-Luc Mélenchon, co-président de l'Institut La Boétie
- Stéphane Peu, président du groupe GDR (communistes et ultra-marins) à l'Assemblée nationale
- Aurélie Trouvé, députée LFI et co-responsable du département d'économie de l'Institut La Boétie
Tr.: Zoé Pébay, ILB intro et animation
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Altermondialisme anticapitaliste et écologique dès le début ...
Le capitalisme se confronte aux limites, vie ou mort ... / santé humaine /loi Duplomb ... la santé au centre des luttes ... les ultra-riches réussissent toujours à se protéger ... / crises financières 2008, COVID, fonds de pension, private equity, crise de la dette privée ... Commission d'enquête sur les rendements considérables de la finance ...
Depuis 2012, l'écologie, la règle verte anticapitaliste ... joker de l'illibéralisme extrême droite Trump etc ... tentation possible par de nouvelles prédations, néocolonialisme sous la férule de nouvelles prédations ...
l'XD n'a jamais gagné d'élection en Fr
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/Communs eau, logement, école, transports, gratuité ... fonction publique, sécurité sociale ... Comment on le fait ? La gauche a été au pouvoir. associer usagers, travailleurs, rétablir relation de confiance, laîcité ...
l'XD pire ennemi du vivant ... attaque en règle du peu de normes envi ... /planification écologique centrale révolutionnaire, anticapitaliste ... démarchandiser tout le travail ... la révolution démocratique, la 6ème république ... / pesticides se nourrir de façon saine, élevage, haies, zones humides, revoir la formation professionnelle ... cantines bio, gratuites, locales ... il faut du temps libre, passer aux 32h ...
la coopération, la solidarité / compétition, le chacun pour soi ... 12-20% de taux de profit / suprémacisme, idéologie de la force ... désordre installé pour au moins un an ... la logique collectiviste, ensemble, renverser la logique globale du système ... agiter des chiffons rouges pour les faire charger, provoquer la discussion ... système de domination stable ... la propriété collective du temps, sortir du temps court ... démocratique, décidée par nous tous ... la structure de base, le communalisme ... donner des objectifs ... la reproduction sociale ... il n'y a de limite que la résistance imposée ... démarchandiser selon Boris Valaud, invité ... en 81 nous n'avions pas compris ... besoin mobilisation populaire, avec qui ? ... il faut un pays moteur ... notre force, être la France
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LE TRAVAIL
lutte pour la libération, l'émancipation du travail ... la valeur travail ... élargir hors salariat, quels autres leviers ...
Aurélie :
concept Marxiste perverti par les dominants pour un instrument de guerre contre les chômeurs ... 1 emploi disponible pour 10/15 chômeurs ... mettre de la démocratie dans l'entreprise capitaliste ... le temps libre, le travail non marchand, les 32 h, retraite à 60 ans ... essorer le travail, le capitalisme se radicales => donner du sens au travail ... utile socialement, émancipe ... dépasser le capitalisme
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Stéphane PEU :
le travail / cassoc, pas de citoyenneté sans travail ... lieu de citoyenneté ET d'aliénation /métiers d'exécution comme jamais, ya plus de sens, exploitation renforcée ... Macron, un des leurs, a accéléré, brutalisé, défait le code du travail ... la Fr, pays au plus grand nombre de salariés ... gagner moins, plus de temps ... démocratie représentative décrédibilisé / augm abstention mais pas de décision dans son travail ...
JLM :
confondre le travail et salariat, l'oeuvre, produire quelque chose qui satisfait ... le sens, pas la cupidité ! ... intelligence du savoir ... Bernard Friot : le niveau de qualification fait le salaire ... le diplôme, monnaie d'échange du savoir ... proposer aux gens de se qualifier, le salariat est plus vidé de sens ... du pur transfert, dépoussiérer /convaincre population rurale de travailler à l'usine ... début 1832 ... migrations intérieures ... le savoir, propriété privée ... /cercles de qualité, lois Auroux ... /IA enjeux autonomie, souveraineté, contrôler son usage ... automatisation des actions de pensée ... partager le surplus social des machines ... le capital est un circuit ... qui contrôle le savoir est central.
QUI PEUT METTRE FIN AU CAPITALISME ?
/prolétariat ... conflictualités urbaines, etc
STÉPHANE PEU :
on va préparer un congrès, débat sur le sujet du dépassement /communisme étape ultime d'un processus ... religion, église avec tous ses travers
du communisme déjà là comme la sécurité sociale ... /qui ? /classe / peuple
pas de mobilisation sans lutte des classes ... propriété lucrative, force de travail pour vivre ... petits patrons insoumis ex a un CAP sa femme salariée dans un salon de coiffure ... entre 17 et 18k€ de CA et gagne 1700€ ... on peut trouver des alliés mais la conscience de classe, le moteur, c'est la classe, ceux qui subissent ... les attaques racistes à Saint-Denis, c'est aussi le mépris de classe ... Bali / Rachida Dati ... le racisme, outil pour brisé la classe, la conscience de classe.
Aurélie Trouvé :
ya plus une classe ... cf Lordon ... se sortir un revenu qui fait vivre ... un système qui sert le grand patron ... ya aussi un choix d'être son propre patron / sens du travail, ce sont des alliés, pas dans la même classe que les grands patrons ... conflit capital / travail, /nature / homme-femme, toutes ces luttes articulées, les rapports de dominiation s'accumulent, tenir tous les fronts ... /acteurs et stratégies la complémentarité des stratégies : participation subversive aux institution, confrontation directe du peuple (gilets jaunes, manif antiraciste de St-Denis...), interstitiel (brèches mises dans le capitalisme), etc
radicalisation des dirigeants, imposer de façon autoritaire d'où fascisation, plus les rapports sociaux se tendent, plus ya des chemins radicalement différents qui s'ouvrent à nous, en reste 2 : suprémacisme / collectivisme soit XD fascistes / gauche de rupture. Ne croit pas à une autre stratégie.
JLM :
le mvt insoumis n'est pas un parti, ni une doctrine commune ... seul le programme.
le mvt fédère, les mots comptent ... rapports de forces sociales ... faire disparaitre l'appropriation privée des surproduits ... le peuple / l'oligarchie ... 400 000 paysans contre des millions avant ... Marx ... mondialisé, globalisé, le capitalisme c'est tout ça en même temps ... Macron a écroulé les statistiques, la productivité a cessé d'augmenter ... ça décrit l'acteur ... ex travail gratuit des femmes participe de l'accumulation du capital ... cotisations sociales, eau privée, les réseaux structurent, le capital crée de la rareté ... /peuple les manifestants se nomment ainsi, ya plus d'alliés ... un agrégat social, c'est lui l'acteur ... nous sommes des êtres socio-culturels ... dégage ! ... 1789 ... le mouvement réel qui abouti à l'état actuel ... tout passe par les élections, la légitimité du pouvoir ... des acteurs sociaux, moteur de l'histoire ... révolution/réforme pas toujours contradictoire ... nous n'abolissons pas les classes ... on ne va pas tout collectiviser ... /ubérisation, travail à façon, travail à la tâche, les petits patrons sont contre ... le peuple, ceux qui participent à la résistance ... /patronat proposition contractuelle si pas ok suppr toutes les aides, être sérieux ...
STÉPHANE PEU :
remercie. Minoritaire chez les communistes, renouvelé, force 21ème siècle, pôle de radicalité, se rassembler pour une majorité.
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Le vrai ennemi, c’est le productivisme
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John Stuart Mill, au milieu du XIXe siècle avait théorisé le fait que les ressources de la planète sont finies et donc la croissance ne peut pas être infinie. Il arrive avec la théorie de “stady state” (état stationnaire), qui est très à la mode aujourd’hui, qu’il faut viser un état d’équilibre et ensuite répartir les biens selon des principes qu’on peut discuter. Pourtant, Mill est un vrai libéral individualiste.
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Les choses sont beaucoup plus complexes que cela. Il faut déconnecter productivisme et marché
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J’ai été invité à EELV, au lancement de leur campagne européenne. Je leur ai demandé pourquoi il n’y avait pas de gens qui font de la finance régénérative, c’est-à-dire par exemple qui cherchent des solutions d’assurance pour la transition agroécologique. Où sont les libertaires ? Où sont les financiers qui cherchent des solutions – bien sûr on peut distinguer ceux qui font du greenwashing des authentiques ?
Je pense que les deux chemins, que sont les chemins que prennent mes deux héros, sont intéressants. Se pose la question de savoir s’ils sont compatibles, s’ils peuvent exister ensemble dans une société donnée ou s’ils sont exclusifs. Cela se reflète dans l’amitié possible ou impossible des deux héros. Pour moi, cette question est très ouverte.
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On pourrait conclure à la lecture de votre roman que les parcours d’Arthur et Kevin sont la preuve que l’éco-anarchisme et le capitalisme sont deux impasses…
Ce qui ne marche pas, c’est l’hubris. Et les deux héros, pour des raisons très différentes, tombent dans la démesure. Arthur est entraîné dans une forme de vertu révolutionnaire, qui devient absolue. Kevin, à son corps défendant, puisqu’il est manipulé par une fille cynique, est entraîné dans une entreprise géante. À la fin du livre, chacun réussit à être ramené à l’humilité, par l’humus. Dans leur petit projet, ils parviennent à leur fin. Dans la question écologique, l’une des choses les plus importantes est de concevoir la limite de l’action humaine. Est-il alors possible d’être soi-même dans la démesure, compris dans la démesure de la vertu ?
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Le capitalisme bancaire va essayer de financer des projets qui ont un intérêt économique et en tirer un pourcentage. Le private equity c’est totalement différent. Ce sont des gens qui prennent des bouts de l’entreprise très jeune, en pariant que sur les 1 000 entreprises financées, deux feront x 100 000. Que toutes les autres se cassent la gueule ce n’est pas grave. C’est pour cela que les jeunes entrepreneurs disent tous qu’ils vont changer le monde. Ce n’est pas par grandeur d’âme, c’est un modèle économique aujourd’hui.
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Je préfère qu’on dise qu’une entreprise est faite pour ne pas être morale, mais que les règles qui l’encadrent la pousse à prendre la direction que la volonté générale a décidée.
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L’écologie est tellement complexe, avec tellement d’externalités, qu’on ne va pas demander à toutes les entreprises du monde de réinventer ce qu’il y a de bien et pas bien. J’ai voulu le dénoncer à travers Mme RSE, même si c’est léger, parce que le livre balaie toutes les attitudes possibles par rapport à l’écologie : le cynisme, la radicalité, la tartufferie.
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Je donne des ingrédients et même de l’info pour questionner ... Ils ont de vrais questionnements fondés sur une vraie éco-anxiété
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j’écoute à la fois les gens qui font de la finance régénérative et les Soulèvements de la terre. Je pense que les deux touchent des choses importantes. Je pense que les deux chemins peuvent coexister, que ce ne sont pas des modèles de société exclusifs.
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Je souffre lorsque je dois entrer mon nom pour obtenir un billet SNCF. Et je ne m’habitue pas. La Deutsche Bahn ne demande pas cela. C’est du contrôle inutile
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Cela donne envie non pas de bifurquer, mais de faire la Révolution…
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