Clés : Capitalisme ; Économie ; Travail
Ce sont deux mondes qui se croisent et s’entrechoquent. Celui d’un petit village, en banlieue de Metz. Son église, sa boulangerie et ses rues tranquilles. De l’autre côté, Amazon, son management orwellien, son patron mégalo et son évasion fiscale. À Augny, en Moselle, où un immense centre logistique doit voir le jour en 2021, la crainte des riverains et leur opposition au modèle proposé par le géant du e-commerce font écho à une résistance de plus en plus prégnante en France, alors qu’Amazon étend son empire dans les campagnes de l’Hexagone.
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tout a commencé en avril 2018, après une réunion de présentation du projet de la réhabilitation de la base aérienne 128, sur le plateau du Frescaty. Cette base, désertée 10 ans plus tôt par les militaires, a laissé une plaie béante de 378 hectares, entre deux villages et des terres agricoles.
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En août 2019, nos confrères de Reporterre dévoilent l’ampleur de la manœuvre d’Amazon https://reporterre.net/Comment-Amazon-impose-la-loi-du-silence-a-des-elus-locaux. Une entente de confidentialité, signée deux ans plus tôt par un seul conseiller de Metz Métropole, empêche les élus de divulguer le nom du géant américain.
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Les riverains se mobilisent
... fondatrice de l’association de riverains, Xaviéra Frisch.
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L'emploi, à quel prix ?
... Partout, l’entreprise séduit par le nombre de salariés qu’elle embauche. Mais le recours aux CDD et aux intérimaires laisse planer un doute sur la qualité de l’emploi créé. Au total, Amazon n’emploie que 9300 personnes en CDI sur toute la France
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Benoit Berthelot. Robotisation, travail de nuit, cadences infernales et sanction pour les « mauvais » employés : la méthode Amazon est imbattable et ne laisse aucune chance à la concurrence. « Amazon va toujours plus loin et les chiffres de la pénibilité sont incontestables. La Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail de la Drome a doublé les cotisations d’Amazon
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Lorsqu’elle crée un emploi, l’entreprise empêche la création de deux emplois ailleurs slon Mounir Mahjoubi ancien secr d'état au numérique ... Amazon ne doit juste pas s’implanter en France », défend Xaviéra Frisch.
L’autrice de cette tribune était tentée de se tenir à l’écart des élections municipales « source de déchirements, de discussions interminables, d’alliances bancales ». Mais pense que, sur le terrain local, cela vaut la peine de s’engager.
Corinne Morel Darleux est conseillère régionale Auvergne - Rhône-Alpes.
Nous sommes nombreux à douter de plus en plus sérieusement de l’efficacité de l’approche électorale pour prendre le pouvoir et réellement « changer la vie ». À douter de la sincérité de la plupart des candidats, mais aussi des chances des candidats sincères de percuter le système à travers les urnes et ses règles du jeu édictées par les pouvoirs dominants. ... ignorer ce moment — certes un peu lunaire — où le mouvement social, des Gilets jaunes aux grévistes contre la réforme des retraites https://reporterre.net/Avec-la-reforme-des-retraites-les-egoutiers-vont-crever-au-boulot-19626, des occupations au nom du climat https://reporterre.net/Les-jeunes-activistes-du-climat-assument-l-occupation-de-BlackRock et de la biodiversité à la dénonciation des violences policières https://reporterre.net/L-Etat-et-les-violences-policieres-Une-machine-de-guerre-qui-n-a-ni-remords-ni, ce moment où tout cet élan rencontre, le temps du calendrier républicain, une échéance électorale ? ... rattrapée par diverses sollicitations pour soutenir des listes électorales, ce qui ne va pas sans moult interrogations. Soutenir une maison de l’écologie et des résistances menacée d’expulsion https://www.liberation.fr/debats/2020/01/29/la-vitalite-democratique-et-ecologique-passe-par-des-squats_1775794, relayer les caisses de solidarité aux grévistes, signer un appel https://www.viesvolees.org/laissez-nous-respirer-appel-des-familles-contre-limpunite-des-violences-policieres/ des familles de victimes de violences policières, aider les actions de désobéissance et la construction d’alternatives ... m’associer de nouveau à des sigles partidaires, d’EELV à la FI, ou même à des listes citoyennes https://reporterre.net/Aux-municipales-les-citoyens-se-lancent-a-l-assaut-des-mairies ... diablement tentée de regarder ailleurs ... ni raccourci ni baguette magique en politique ... idiot et vaniteux de prétendre que nous n’avons pas besoin du renfort des municipalités, si elles sont pensées comme des contre-pouvoirs. Dans le processus du confédéralisme démocratique https://www.revue-ballast.fr/le-moment-communaliste/ théorisé par Murray Bookchin https://reporterre.net/Murray-Bookchin-l-utopie-anarchiste-au-prisme-de-l-ecologie, qui consiste entre autres à vider l’État, s’emparer des villes n’est d’ailleurs pas un à-côté. ... l’objectif ultime sortir du capitalisme ... avec des élu-es qui s’intéressent au municipalisme libertaire ou plaident l’urgence écologique, c’est quand même plus facile qu’avec les carriéristes de la politique ou les nouveaux habitués de la start-up nation ... ligne de crête est étroite entre utopie anarchiste, urgence écologique et volonté sincère de changer les quotidiens ... a contrario, de s’échouer du côté du cynisme de la pureté ou du radicalisme rigide https://expansive.info/Defaire-le-radicalisme-rigide-1364 qui nous causent tant de torts ... dans les secteurs de la recherche, santé, justice, éducation, culture, transports, énergie, partout des éboueurs, avocates, salariés de centrales, cheminots, infirmières et directeurs d’hôpitaux, enseignantes, danseurs et journalistes indépendantes se mobilisent https://www.bastamag.net/Education-sante-justice-retraites-cartographie-des-mouvements-sociaux-en-cours ... à l’instar de la Commune des communes initiée à Commercy https://commonspolis.org/fr/communaute/la-commune-des-communes-a-commercy-recit-dune-rencontre-des-municipalismes-francais/, marquaient le début d’autre chose ?
Comme l’écrit l’essayiste Édouard Jourdain dans Ballast https://www.revue-ballast.fr/la-part-anarchiste-des-communs/ :
« Pour que l’anarchie triomphe, il faut qu’elle soit déjà une réalité concrète avant les grands jours qui viendront », assurait le géographe Élisée Reclus. Ainsi entendu, le terme d’utopie pourrait toutefois correspondre à l’anarchie si, comme le rappelle le philosophe Gilles Deleuze dans Qu’est-ce que la philosophie ? (Les éditions de Minuit, 1991), nous l’appréhendons dans le sens que lui donnait l’auteur britannique Samuel Butler : « "Erewhon" ne renvoie pas seulement à "No-where", ou Nulle part, mais à "Now-here", Ici et maintenant. »
Les émissions spéciales
Le Média se donne pour devoir de réagir à l’actualité quand elle s’accélère, mais aussi d’explorer de nouvelles formes et de nouvelles thématiques à travers des émissions spéciales, réalisées en interne ou en partenariat avec d’autres médias et/ou ONG et associations.
Économiste, philosophe spinoziste et auteur de nombreux ouvrages théoriques comme son dernier livre Vivre sans, Frédéric Lordon était l’invité de l’association de polytechniciens X-Alternative, le 6 dernier à Paris. Dans la période particulière que la France vit en ce moment, sa parole était naturellement attendue. D’autant plus que le thème entrait en résonance avec le mouvement social se cristallisant autour de la contestation de la réforme du code de travail : “conditions de réalisation d’une alternative à l’ordre néolibéral”.
Frédéric Lordon a tenu à “présenter” le monstre néolibéral sous ses trois visages : anthropologique, économique et politique. Il s’est particulièrement appesanti sur le “programme politique” qui le sous-tend. “Dans sa dimension politique, le néolibéralisme consiste en un processus de transformation continu des structures, en vu d’un approfondissement indéfini du pouvoir de domination des dominants. Il y a cette infinité, et cette continuité du processus, qui sont sa marque la plus caractéristique. On assiste à un déplacement monumental de la position psychique du capital : son pouvoir n’a pas cessé de progresser, il a engrangé conquête après conquête, ça rentre comme dans du beurre, pour devenir sûr de soi, intransigeant, refusant toute négociation et toute transaction. L’espace du compromis négocié, qui s’était ouvert après la seconde guerre mondiale, dans lequel prospéraient les institutions de la social-démocratie, est en voie de fermeture. Bientôt, il n’en restera plus rien. De là, découle naturellement la faillite de tous ceux qui y prenaient part : les partis bien sûr, mais aussi les syndicats.”
Provocateur, Lordon va jusqu’à remettre en cause la puissance de l’alternance électorale dans le monde qui est en train de s’affirmer devant nos yeux. “Imaginons l’arrivée d’un gouvernement de gauche, par exemple, la France insoumise, et un président Mélenchon, qui se retrouvent au pouvoir. Qu’est-ce qui se passe ? Je suis désolé, je ne suis pas porteur de bonne nouvelle : ce qui se passe, c’est que le gouvernement est torché en deux semaine. Les forces du capitalisme, à commencer par celles du capitalisme financier, se déchaîneraient contre lui.”
“Le moment Potemkine”
Face à la “radicalisation des dominants qui nous a conduits aux gilets jaunes”, Lordon ose poser. “Il se pose la question de la violence, de la prise d’armes. Ce sont toujours les dominants, dans l’Histoire, qui fixent le niveau de la violence.”
Plus facile à dire qu’à faire, tant la peur de la répression tétanise le plus grand nombre. “Il y a des gens qui n’attendent pas le nombre pour s’engager. Mais je ne fais pas partie d’eux. Qu’est-ce qui m’empêche d’être un homme d’action ? Parce que j’ai peur. Comment vaincre la peur policio-judiciaire ? On ne la vainc que par la coordination de la multitude. Les institutions ne tiennent que par l’adhésion passionnelle de la multitude. Mais aussitôt que cette adhésion passionnelle tombe, alors les institutions sont à poil, privées de toute force, et s’écroulent séance tenante. C’est ça que j’appelle le moment Potemkine”, théorise l’ancienne figure de Nuit debout.
Convaincre la police, ou la vaincre ?
Il reste que, jusqu’à présent, la police se tient aux côtés du pouvoir, comme un bloc granitique. “Il y a un corps étranger dans le corps social : et ce corps étranger, c’est la police. Qui est un corps entièrement auto-centré, replié sur lui-même, en proie à un syndrome obsidional, et qui vit de sa vie propre, en totale autonomie. La police n’est même plus en état d’apercevoir les solidarités objectives qui pourtant devrait l’unir à ceux qu’on l’envoie matraquer. En réalité, la police émarge au nombre des secteurs maltraités par trois décennies de néolibéralisme, et superlativement par le gouvernement Macron : délabrement des lieux, suicides, ce sont les mêmes symptômes que chez les profs et les hospitaliers. Mais il y a un renfermement sur le thème de la mission : défendre l’État, défendre les institutions. Mais ça ne veut rien dire : les institutions sont faites pour être changées, et c’est même la finalité de la démocratie que de réviser ses propres institutions, et donc si une force armée les défend contre tout changement, ce n’est plus la démocratie. À la fin du fin, ne règne plus que la confusion entre défendre l’État, et défendre les occupants de l’État.
La police défend des occupants de l’État. Elle n’est pas l’amie des processus révolutionnaires en général.” Comment en sortir ? Deux possibilités. “Selon Eric Hazan, il faut arrêter de taper sur les flics, il faut plutôt dire : la police avec nous ! Il a une position qui est pasolinienne, mitigée de rationalité stratégique. Je dois vous dire que j’ai du mal à résister à mes propres affects, qui m’emmènent plutôt vers la ligne “tout le monde déteste la police”. Mais comme je suis un bon garçon, je travaille à une motion de synthèse radical-socialiste, et je suggère que l’alternative peut être dépassée dialectiquement : la police peut finir par céder, à condition qu’elle ait été sacrément mise sous pression avant. Le langage de la solidarité d’intérêt ne peut plus rentrer dans ses têtes. Il y a des choses qu’il faut penser, il y a des pistes, par exemple : que le peuple ait sa force armée. Pendant la Commune, ça s’appelait la Garde Nationale.”
Penser l’économie d’après le capitalisme avec Friot
Invité par des anciens élèves d’une grande école qui pourvoit historiquement les hautes sphères de l’Etat et des entreprises publiques, Frédéric Lordon a évoqué l’enjeu de l’émergence de “cadres politiques du peuple”, il a constaté l’effondrement des “écoles du parti et des syndicats”. Mais entrevu aussi des raisons d’espérer. “L’éducation se fait à vitesse accélérée dans le mouvement. Vous avez vu avec les gilets jaunes ? Ça part de la taxation du gasoil, et ça se termine en mettant en cause l’ISF, les institutions de la démocratie. D’une manière générale, ces expériences là sont transformatrices. Les gens sont pris dans des “devenirs” deleuziens : ils ne sont plus les mêmes qu’avant.”
Comment réinventer le travail après la défaite du capitalisme, alors que les moyens de production ne seront plus structurés autour de ceux qui les organisent pour leur plus grand profit depuis des siècles. Frédéric Lordon a sa petite idée. “Pour ce qui est de conserver et d’attirer du travail humain, je dirais que ce problème n’existe pas. Les salariés ordinaires ont le désir de faire le travail dans des conditions décentes. C’est ça qui est incroyable, incompréhensible : ce goût du travail bien fait. Ce qui ravage les salariés ordinaires, c’est le management néolibéral qui salope tout, qui leur fait faire de la merde. Donc, libérez les de ça, et les gens continueront à s’activer et à la structurer eux-mêmes. Quant à la question des éventuels défauts de capitaux, je fais appel à Friot : regardez le colossal investissement qui s’est fait au lendemain de la guerre pour faire surgir de terre l’hôpital public, avec des équipements très lourds. Tout ça s’est fait sans le moindre recours aux crédits bancaires, ou aux marchés de capitaux : simplement par le financement par la cotisation. Et c’est cette expérience historique absolument remarquable que Friot propose de généraliser. Ce serait à la caisse économique qu’il appartient de pourvoir aux financement des infrastructures et des investissements.”
Bonus : questions du public
Extrait publié sur nos réseaux sociaux
LA POLICE NE DÉFEND PAS L'ÉTAT, ELLE DÉFEND LE POUVOIR
"La #police est tellement coupée du reste de la société qu’elle n’est même plus en état de voir les solidarités qui devraient l’unir à ceux qu’elle matraque."
La conférence intégrale : https://t.co/gp9U9PEthw#Castaner pic.twitter.com/fPxFW1LPqR
— Le Média (@LeMediaTV) February 12, 2020
Photo de Une Thierry Ehrmann : portrait paint de Frédéric Lordon à la Demeure du Chaos, Saint-Romain-au-Mont-d'Or.
Voir aussi https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?GkiiDw
TERMINER >18:26 ACT
Tribune publiée dans L’Humanité du 5 février 2020 par Éric Coquerel Coordinateur du Parti de gauche, député FI de Seine-Saint-Denis
Le mouvement social qui embrase le pays contre la retraite à points est historique. Non seulement par sa combativité, sa durée et le nombre de professions mobilisées mais aussi par sa forme. En apparence, il prend en effet les formes classiques des combats du mouvement ouvrier sauf qu’il s’appuie sur l’insurrection citoyenne démarrée il y a un an et demi par les gilets jaunes.
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Partout dans le monde, le capitalisme financiarisé voit les peuples se mobiliser contre ses dégâts mais sans qu’on ne sache de quel côté ces mouvements destituants se tourneront : issue identitaire ou égalitaire ? La victoire de l’actuelle mobilisation en France est donc un enjeu majeur.
Quoi qu’il arrive, Emmanuel Macron a idéologiquement perdu la bataille des retraites et probablement la prochaine élection présidentielle. Il imagine recommencer 2017 en se retrouvant au deuxième tour face à son assurance-vie Marine Le Pen. Sans même discourir sur l’issue d’un tel duel, faudrait-il encore que l’actuel hôte de l’Élysée accède au 2e tour ou soit même en capacité de se représenter.
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Impossible de faire un solde de tout compte des années Hollande, a fortiori alors que le PS n’en a pas tiré la moindre leçon. La solution ne viendra pas des vieilles recettes.
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Impulser, par exemple, un mouvement politique donnant envie à tous les milliers d’animateurs apparus dans les grèves d’en faire leur, et dans les mêmes formes d’organisation, me paraît autrement plus porteur d’espoir que d’additionner les étiquettes de partis toujours très éloignés dans leur rapport au système. Enfin, et surtout, la période réclame de se ressaisir de la bataille globale contre le capitalisme. La gauche doit s’identifier autour d’une stratégie, celle de la révolution citoyenne, d’un programme gouvernemental, comme FI l’a bien réussi à la présidentielle de 2017, mais ne peut faire l’économie de s’identifier à un projet radicalement alternatif au capitalisme qui porte au même niveau les exigences environnementales et sociales. L’écosocialisme pourrait être celui-là.
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Les deux chercheurs, impliqués dans le mouvement social, débattent sur les thèmes : propriété et pouvoir.
Catégorie Actualités et politique
Transcription : ... Piketty : socialisme participatif ... sortir des pouvirs monarchiques dans les grandes entreprises ... propriété temporaire ...
Lordon : ... réunir les myens de production, logique de l'avance, film les 400 coups ... si pas de contrepartie, pas d'apports privés. On distribue des droits de vote aux salariés, acheter des actions de l'entreprise ...faire oublier l'image du producteur-salarié au profit de ... s'interroger sur les conditions ... la radicalité est bien en haut. Social démocrate rendu impossible ... /position psychique déterminés à ne plus rien lâcher, plus d'espace intermédiaire de négociation.
TP : plafond à 10 % des droits de vote change tout.
FL : sortir des méchantes habitudes des habitants cf bernard friod proposition macroscopique : remplacement par la propriété sociale d'usage. le salaire à vie, reconnaissance incouditionnelle. affranchit à la plaie de la soumission de l'emploi. socialisation intégrale.
TP : /orga de la prod un pouvoir supplémentaire à l'apporteur de capital est normal. / petit héritage des projets coopératives, lucratif ou autre.
FL :penser l'articulation entre petites et grandes entreprises. Les apports privés sont interdits. La tpe reste dans la grammaire du capital. Le rapport social mobilisé est l'association.
TP : a infinité de projets, de tailles, etc. Donc ne pas être dogmatiques. /urss criminalisation des petites boites dans les années 20. ... petite propriété privée encadrée peut émanciper.
FL dépassable par la propriété sociale. son système est indépendant du pj. ... quelle advenue spontanée ? 0 !
Anim : la prise de pouvoir.
TP : le changement n'est jamais spontané. révolutions, conflits, crises, etc. conflictualité nécessaire mais pas suffisante. /rapports de force a impact sur le chgt. En 2017, j'ai pris parti, mais j'ai jamais conseillé. /Hamon /europe proposer des nouvelles orga entre états si chgt traités. En débattre. Sinon le RN ! internationalisme idéal. solidarité se construit.
FL : partage préoccupation du lendemain de grand soir. /épisode révolutionnaire chinois. /contemporain croit à l'inanité tendancielle /violence sociale n'est plus accomodée. /Traités ya des plans derrière. Le brexit est pourri. augm budget européen. souveraineté populaire concept de la démocratie ; dire que pb du verrou des traités actuels tout de suite. Constitutionnaliser les politiques économiques.
TP : /libre circulation des capitaux sacralisée ; cahuzac sentiment d'impunité ; sortie unilatérale ! idem / taxation des multinationales faire payer la différence / pousser à la coopération fiscale /changer les rapports de forces. Mais proposer les nouveaux traités tout de suite à côté.
Conclusion :
FL : /traités alternatifs => rapports de force ; l'uem peut faire toucher terre tout état ; proposition : préciser le périmètre dedans. Ne croit pas que ce soit possible. => sorties unilatérales. Croit à l'émulation.
TP : /grèce les reproches à l'allemagne et la fr qui n'a rien fait. /Histoire ne jamais repayer dettes publiques. Le japon idem. annuler les dettes a été possible et est encore nécessaire.
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Pour me soutenir financièrement : https://www.tipeee.com/le-stagirite
Extrait de Pourquoi le socialisme ?, article d'Albert Einstein paru en 1949 dans la Monthly Review.
Texte original : http://monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism/
Nouvelle traduction et lecture par le Stagirite. J'invite chacun à reprendre et à améliorer ma traduction.
Le texte de cette nouvelle traduction : prochainement sur Solitude(s).fr
L'audio du texte complet sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=TGBis...
Le mp3 sur Soundcloud : https://soundcloud.com/le-stagirite/a...
L'évidente autorité d'Einstein ne doit pas nous exempter d'évaluer de manière critique les idées socialistes, et la théorie marxiste de l'exploitation (ou extorsion de la plus-value) qui est expliquée dans cet extrait.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Socialisme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-va...
Le grand Capital m'héberge ! : https://www.facebook.com/Le-Stagirite...
Pour socialiser l'argent à mon profit, c'est par là : https://pressformore.com/user/Le%20St...
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Connu / https://mamot.fr/@Neoresistant/103567720102963225
Clés : Capitalisme ; Écologie ; Gilets Jaunes
"Le temps de la vie n'est pas celui de l'économie. Le capitalisme s'est pris au piège de la rentabilité à court terme. Notre détermination vitale joue, elle, sur le long terme". A l'occasion de la Rencontre nationale des Communes libres et des initiatives municipalistes à Commercy, une contribution inédite du philosophe Raoul Vaneigem.
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Denis Robert reçoit Monique Pinçon Charlot ce soir Ils évoquent ensemble la présidence d Emmanuel Macron et son impitoyable combat contre les gilets jaunes, la violence des riches et les cadeaux uniques et iniques offerts par la Macronie à la très grande bourgeoisie. Ils en profitent dans une seconde partie pour jouer à Kapital le jeu de dé et de cases inventé par Monique et son mari Michel où la lutte des classes fait rage...
.#Kapital #PinçonCharlot
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Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités: il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c’est l’ensemble de l’édifice politique et social qui menace de s’effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C’est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l’on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation.
À partir de données comparatives d’une ampleur et d’une profondeur considérables, Thomas Piketty retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l’histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu’aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales démocrates. À l’encontre du récit hyperinégalitaire qui s’est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c’est le combat pour l’égalité et l’éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain.
En s’appuyant sur les leçons de l’histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d’imaginer un socialisme participatif pour le xxie siècle: un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l’égalité, de la propriété sociale, de l’éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.
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Dans ce nouvel épisode de Tout Peut Arriver, Denis Robert reçoit François Ruffin, député de la Somme.
"Nous sommes engagés dans un combat, des "Terriens" contre des "forces destructrices", de l'intérêt général contre les multinationales. Nous avons des adversaires, et ils sont organisés, avec des bataillons d'avocats, de lobbies, d'éditorialistes, d'élus, jusqu'au sommet des États."
#FrançoisRuffin #Politique #Écologie
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David Djaiz est haut-fonctionnaire. Il vient de publier Slow Démocratie, un essai dans lequel il essaie de réhabiliter le cadre national comme cadre essentiel de la démocratie et levier fondamental pour maîtriser la mondialisation. Il y décrit avec minutie les effets de la mondialisation sur la cohésion territoriale, l’urgence climatique et les processus démocratiques. Entretien par Lenny Benbara. Retranscription par Brigitte Ago et Dany Meyniel.
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première phase débute dès les années 70 ... mondialisation réglementaire ... seconde phase de la mondialisation quelque part autour de 1989 ... chute du mur de Berlin ... révolution technologique avec le développement des technologies de l’information et de la communication. Conjuguée à la révolution de la conteneurisation dans le transport maritime ... baisse des coûts ... Des chaînes de valeur globalisées se mettent en place ex. iPhone ... Tim Cook, l’actuel PDG d’Apple, est un logisticien ; ce n’est pas un hasard ... La mondialisation fragilise le travail intermédiaire, et donc la classe moyenne dans les pays industrialisés, mais en même temps elle offre des machines peu chères qui permettent aux industriels de remplacer les travailleurs par des machines.
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troisième phase aggravation des fractures territoriales ... L’économie de la connaissance, les manipulateurs de symboles, les centres de conception se concentrent dans les grandes métropoles, profitant au maximum des effets de rente d’agglomération. Ex. Renault ... la crise des finances publiques de 2010, qui arrive après la crise de 2008, a mis à mal cette solidarité invisible : les ressources publiques étant désormais sous contrainte, la solidarité naguère invisible devient de plus en plus visible et de moins en moins acceptée.
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effet positif dans l’absolu, au sens où elle a fait sortir de la pauvreté absolue des centaines de millions voire des milliards de personnes et qu’elle a réduit les inégalités entre nations.
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gouvernement mondial ou fédération européenne, projets à l’arrêt ... 90 % des sondés dans soixante pays du monde environ se disent attachés à l’idée nationale ... La vraie surprise ... plus attachés à leur identité nationale qu’à leur identité locale ... incapacité à voir que le sentiment national est une socialisation qui se construit sur plusieurs siècles, fondée sur un substrat structurel : une langue, une culture, des valeurs partagées. Ce n’est qu’ensuite qu’il se donne un projet politique – en l’espèce le projet républicain. ... à l’arrivée une montée sans précédent du nationalisme autoritaire ... montée des inégalités, des fractures dans les sociétés, bref des politiques néolibérales qui ont généré contre elles du ressentiment
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urgent de construire un discours beaucoup plus raisonnable qui ne serait pas basé sur l’antagonisme entre la mondialisation et la démocratie, qui accepterait le fait national mais inventerait une nouvelle phase de la mondialisation ... Les États deviendraient les écluses capables de décider démocratiquement dans quelles circonstances une intégration économique plus approfondie est bonne ou pas ... mettre des barrières au commerce international sous la forme d’un ajustement carbone aux frontières par exemple, ou en renégociant assez durement les traités de libre-échange ... les défis territoriaux et immobiliers rendent nécessaire une instance qui fasse prévaloir un intérêt général au-dessus des situations locales, qui soit capable de redistribuer des richesses entre des territoires qui ont tendance à les concentrer et des territoires plus en difficulté. Cette instance, c’est l’Etat-nation ... redistribution à la fois entre les individus et entre les territoires
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En revanche donner davantage d’autonomie aux autorités locales / des dépenses d’allocation / projets locaux d’aménagement / proximité avec les problèmes des habitants ... l’économie sédentaire ... agriculteurs aliments frais + services environnementaux ... artisanat / rénovation thermique ... emplois non délocalisables
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re-politiser l’Europe, mieux connecter toutes ces institutions européennes à la vie démocratique ... Aux États-Unis, l’anti-trust a été capturé par des lobbys et des intérêts industriels divers, qui ont petit à petit affaibli toutes ses défenses immunitaires et ont mené à la constitution de gigantesques oligopoles ... d’accord avec Thomas Philippon : la politique anti-concentration européenne ne mérite pas l’excès d’indignité qu’on lui oppose parfois, en revanche je n’arrive pas à me satisfaire d’un système où le citoyen n’a pas son mot à dire ... une Europe-puissance, une Europe des biens publics, etc. car il est nécessaire de passer à l’échelle dans un certain nombre de domaines. Il faut simplement qu’elle soit mieux connectée au fait national.
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décélération sélective ... si démondialiser ça veut dire re-nationaliser intégralement les économies, nous sommes face à une impossibilité, qui découle de l’incompatibilité de cette proposition avec une économie de la connaissance hyper-liquide, hyper-fluide, et en même temps hyper-industrielle ... on se dirige en réalité vers une régionalisation des chaînes de valeur, parce que les coûts de l’énergie et donc les coûts de transport vont fatalement augmenter / conscience écologique ... être moins naïves aussi dans les relations avec leurs partenaires économiques que sont la Chine et les États-Unis ... passer des accords de réciprocité / une partie de la valeur ajoutée locale
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Le populisme est assimilé dans l’ouvrage à un courant de droite radicale, alors que ce phénomène peut prendre différents aspects. Il traduit justement ce désajustement entre les lieux de la prise de décision et les lieux d’élaboration démocratique avec cette volonté de Take back control. Est-ce-que la solution ne résiderait justement pas dans une forme de populisme républicain ?
DD – C’est une excellente question : le populisme n’est pas une idéologie, c’est un style caractérisé par la valorisation du bon peuple face à des élites corrompues, un recours assumé à la violence verbale, une exaltation de la force physique, une méfiance vis-à-vis de toutes les médiations comme les partis politiques, une désintermédiation entre le leader « hyperincarné » et la masse, etc.
« La logique de la nation démocratique est une logique affinitaire davantage qu’identitaire. »
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à la question « certains éléments du populisme sont-ils parfois positifs pour re-dynamiser un peuple politique ou re-politiser une action ? », je réponds pourquoi pas. Mais encore faut-il être très prudent
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l’essentiel de la dynamique républicaine : sa capacité à convertir la dynamique des conflits sociaux en une énergie positive qui prend chair dans des lois, dans des institutions. ... On a besoin de puissance publique, on a besoin de biens communs, en conséquence de quoi on a besoin de débats publics ... Le bien commun est le résultat d’une délibération, mais qu’elle puisse se faire sereinement exclut un style politique empreint d’une trop grande violence.
Lenny Benbara est analyste politique et spécialiste de l'Espagne et de l'Italie, ainsi que de la politique européenne. Il est diplômé de l'ENS de Lyon et est économiste de formation. Il a par ailleurs fondé Le Vent Se Lève où il officie en tant que responsable du développement.
TAGS Capitalisme cohésion territoriale david djaiz Europe nation néolibéralisme Populisme République Territoires
Ndlr : si j'ai bien compris, il ne prône pas du tout une démondialisation (mais une décélération sélective) ni la fin du néolibéralisme, mais une économie duale (chaînes de valeur globalisées / économie sédentaire). Il termine en laissant la porte ouverte à un populisme éthique (bien qu'il manque la notion d'oligarchie tout en citant les oligopoles, comme s'il n'allait pas au bout du raisonnement, restant centré sur la notion d'élites) et fait l'éloge du débat pour régler les conflits. CONCLUSION : texte qui ouvre des ponts vers une société vivante et éthique ? À SUIVRE !
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Jean-Marc Jancovici a été invité à la fête de l'humanité 2019 pour un débat : Écologie et capitalisme : Temps longs contre profits immédiats
Ses interventions à 00:05:30 00:26:50 00:57:00 01:11:57
Débat animé par Amar Bellal, rédacteur en chef de la revue Progressistes
avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur-conseil en énergie et climat, président de The Shift Project,
Aurélie Trouvé, économiste, altermondialiste, ancienne présidente d'ATTAC,
Alain Pagano, membre du Conseil National du PCF en charge de l'écologie
et Pierre-Alain Millet, maire-adjoint de Vénissieux en charge du développement durable.
Catégorie Science et technologie 175 commentaires
Transcription : ... un composteur émet des ges donc collecter ces gaz ...
Connu / https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?n00QZg
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P26 "Ceux qui parlent d’écologie sans aborder frontalement la question de la vie quotidienne sous tous ses aspects, ceux qui n’ont à la bouche que les mots « compensation », « bilan carbone », « développement durable », « green tech », « transition », « empreinte écologique », ceux-là parlent une langue morte, celle de la comptabilité du désastre.
Pour esquisser les fondements d’une écologie communale et révolutionnaire, ancrée dans la vie quotidienne, peut être faudrait-il repartir de la notion d’écosophie de Félix Guattari. Pour lui, la question écologique se situe à la lisière de trois registres : « celui de l’environnement, celui des rapports sociaux, et celui de la subjectivité humaine ». Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes s’expérimentent des formes de vie commune à même de tenir inséparés ces trois registres de l’écologie, comme en témoigne notre relation à la forêt."
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un bien commun dont les habitants jouissent simultanément, apprenant laborieusement à concilier, à superposer et à ménager leurs multiples usages, apprenant aussi à prendre soin du bocage comme s’ils prenaient soin d’eux mêmes, à réparer le monde pour les prochaines générations d’habitants. Cette expérience
vécue est à rapprocher de la définition du communisme que donnait Karl Marx dans « l’idéologie allemande » comme le dépassement « de l’antagonisme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’homme. »
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p30 ... seule une forme de propriété collective peut garantir une dimension intergénérationnelle qui dépasse l’espérance de vie des usagers actuels. Tant que nous n’aurons pas renversé la propriété privée de la terre et des moyens de productions pour y substituer une propriété d’usage ... C’est dans cette tentative d’invention coutumière, plus que les stratégies de détournement d’outils juridiques existants (bail de fermage, fonds de dotation) que réside tout l’intérêt de ce qui se vit dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes ... Pour que l’absence de l’État ne reconduise ni le règne libéral du chacun fait ce qu’il veut, ni la loi du plus fort, ni la guerre de tous contre tous, encore faut-il constituer les germes d’une autonomie communale ... L’État se pose comme le garant de l’absence de guerre civile tout en s’adonnant bel et bien à des formes plus ou moins euphémisées de guerre civile contre sa population. La dimension la plus explicitement visible de ce double-jeu est la militarisation du maintien de l’ordre. Aurait-on seulement imaginé il y quelques années, qu’un tank puisse faire face à des manifestants sur lesquels il est devenu banal de tirer avec des armes de guerre ?
Jusqu’où nous mènera l’extension illimitée de l’état d’exception dans les démocraties occidentales ? ... Renverser le pouvoir en place est absolument nécessaire mais notoirement insuffisant. Pour que la destitution signifie plus qu’un simple renversement du régime, voire même pour qu’un tel renversement soit possible, encore faut-il constituer, ou plutôt faire consister autre chose localement.
La ZAD nous a confronté de plein fouet à l’extrême difficulté de retisser de la communauté politique, de réinventer des us et coutumes, de substituer à la loi républicaine des règles communes élaborées par et pour une communauté d’habitants suffisamment soudée, solide et puissante pour les faire appliquer.
Pendant cinq années entre 2013 et 2018, l’apparente absence du pouvoir institué nous a cruellement mis face à tout ce qu’il reste en nous de pouvoir incorporé : libéralisme existentiel, individualisme, recroquevillement dans les identités et les idéologies, incapacité à faire communauté sans tradition. ... Ou pour le dire plus subtilement : d’une communauté d’abord fondée sur un refus (même si elle portait en elle une positivité), à une communauté avant tout soudée autour d’une affirmation, d’un devenir ... L’une de nos erreurs, c’est d’avoir laissé dire que la diversité de la communauté négative était une force en soi et pour soi. C’est aussi d’avoir eu besoin du mythe de l’unité dans la diversité au point de faire passer les six points pour l’avenir de la ZAD comme la position du mouvement anti-aéroport. Or si toutes les composantes du mouvement ont validé le texte, c’est au forceps. En réalité, les six points incarnaient plutôt la position d’une frange active de chaque composante.
Trop longtemps, nous avons occulté les violents conflits qui ont toujours traversé le mouvement afin de donner à l’ennemi l’apparence d’une indéfectible unité. Nous nous sommes efforcés de ne rien laisser transparaître des batailles internes qui nous ont traversées entre 2013 et l’abandon du projet. Celles-ci venaient toucher des questions extrêmement sensibles : les conséquences pratiques de la vie sans police; l’accès aux champs et aux parcelles agricoles; l’usage des routes, chemins et sentiers; la cohabitation de rapports antagonistes à la nature et à l’agriculture; certains comportements individualistes et actes de malveillance envers nos voisins des bourgs alentours ou envers d’autres habitants de la ZAD, etc ... Ce que nous apprend l’expérience de la ZAD, c’est que si la communauté négative recèle une considérable puissance de destitution, construire une commune depuis une simple juxtaposition de différences, une addition d’identités antagonistes est en revanche impossible. La commune exige un liant bien plus consistant que la diversité tactique face à l’ennemi commun. ... En l’absence de tradition séculaire comme au Chiapas, c’est dans l’avènement de nouvelles formes contemporaines de créolisation que se situe l’assise culturelle des nouvelles communalités à venir. ... Ce que la créolisation recèle de magique et de sublime, c’est qu’elle relie ensemble des identités absolument hétérogènes. Elle leur offre un langage commun, sans pour autant les fondre et les confondre. ... une forme de créolisation politique qui reste à inventer.
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XI COMMUNISATION ? ... la communisation des terres ne peut être octroyée par l’État. La communisation est un processus. Elle ne se décrète pas. C’est une mise en partage en acte par et pour les habitants de chaque localité. La communisation se construit. ... Le temps que l’inconséquence libérale-libertaire ne fragmente absolument tous les liens. ... Que l’on se penche par contraste sur les communes rurales aragonaises de 1936, ou sur le mouvement révolutionnaire zapatiste, alors on découvrira des tentatives de communisation des terres. Un processus qui commence par une prise et répartition des terres à l’échelle de chaque localité, et qui ménage toujours de l’espace pour une multiplicité d’usages collectifs, individuels et familiaux. Le commun ne s’impose pas mais s’appose à des expériences et des solidarités qui se tissent au long cours. On pourrait même dire qu’il s’apprend. ... nous avons la naïveté de nous réjouir que le bocage de Notre-Dame-des-Landes abrite de telles expériences de communisation des terres plutôt que des parkings, une tour de contrôle et un duty-free. Là réside notre victoire. ... souligner comment la ZAD, du 22 Février 2014 aux émeutes de 2016 contre la loi travail en passant par celles pour Rémi Fraisse, a contribué à sa mesure au retour de l’offensivité dans les rues de Nantes. Elle a apporté une pierre à l’émergence du contexte politique agité que nous connaissons aujourd’hui, comme en témoignent les cabanes de palettes qui ont fleuri l’année dernière sur tous les ronds-points de France. ... situation insurrectionnelle » une situation dans laquelle il y a une vacance du pouvoir en un lieu et un temps donné ... Depuis le mouvement contre la loi travail jusqu’au surgissement des gilets jaunes, la combativité dans la rue est remontée d’un cran, renouant avec des formes de conflictualité dont tout laissait à croire qu’elles appartenaient à un passé historique révolu.
Mais si nous ne voulons pas que ces insurrections en puissance continuent de « s’étrangler au stade de l’émeute », si nous désirons qu’elles accouchent d’un moment révolutionnaire, il s’agit de commencer partout à préfigurer localement le monde que nous voulons voir advenir. Nul besoin d’attendre le renversement total de l’économie ou la destitution de l’État républicain pour s’auto-organiser dans et contre le monde capitaliste. ... Aucun village, aucune ville moyenne n’a été épargné par la fièvre jaune ... stratégie d’encerclement qui débute aux portes des hypercentres métropolitains. ... Si notre époque n’est pas pré-révolutionnaire, alors elle est sans avenir.
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Prendre de la hauteur, du recul. Sortir de la médiocrité sentencieuse du commentaire
Comment faire prospérer les projets collectifs quand le système n’entend que la propriété privée individuelle ? À Notre-Dame-des-Landes comme à Clayrac (commune de Bio, Lot), en passant par le Réseau pour les alternatives forestières, de multiples projets communs se sont emparés d’un outil juridique né sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le fonds de dotation. ... petit bijou du libéralisme : une structure juridique, aussi facile à créer qu’une association, qui peut ensuite recevoir sans aucune limite des dons de biens ou d’argent, avec une déduction fiscale de 66 %, afin de les redistribuer à des initiatives d’intérêt général. ... c’est les pouvoirs d’une fondation avec la facilité de gestion d’une association. ... pensé comme un outil de défiscalisation massive et un levier du désengagement de l’État.
« Le droit français est réactionnaire, il ne reconnaît pas la propriété collective »
... Société civile immobilière ou groupement foncier agricole restent « des structures capitalistiques, où chacun a des parts qu’il peut vendre ». ... la foncière Antidote, « un fonds de dotation qui aide à la collecte de fonds pour racheter des lieux collectifs, dans différents endroits, et qui les met en réseau », selon Nico. Dans leur ligne de mire, l’achat d’un café associatif, d’un centre social autogéré, ou d’un tiers lieu en milieu rural comme la Talvère. ... le terrain ou la maison remis à un fonds de dotation devient un bien commun ... L’ensemble de l’économie ayant payé pour ce bien, il appartient alors à la communauté, laquelle en confie l’usage à une ou plusieurs personnes ». Et quand ces personnes s’en vont, d’autres arrivent, sans avoir à payer le ticket d’entrée de l’achat immobilier. La propriété privée se change alors en propriété d’usage. Autrement dit, celles et ceux qui habitent et usent du lieu ont des droits, une forme de propriété, mais qui prend fin dès lors qu’ils ne l’utilisent plus. Ainsi, une fois la Talvère achetée, les habitants de la fermette signeront un bail emphytéotique de 99 ans avec le fonds de dotation, un contrat qui leur donnera des droits d’usage et un devoir d’entretien contre un loyer symbolique. ... Fin 2017, le Réseau pour les alternatives forestières a lancé son fonds, Forêts en vie, « pour préserver les forêts sur le long terme ». Cette année, Mediapart a choisi de placer « 100 % de son capital dans une structure à but non lucratif qui, en le sanctuarisant, le rendra inviolable, non cessible et non achetable ». ... à Notre-Dame-des-Landes ... dès début 2017, bien avant l’abandon de l’aéroport, se rappelle Geneviève Coiffard-Grosdoy, activiste historique de la lutte. Nous voulions pérenniser la Zad, ce qui signifiait préserver les terres, afin qu’elles ne retournent pas à l’agrandissement et permettent au contraire de nouvelles installations paysannes ... les « 6 points pour l’avenir de la Zad » https://reporterre.net/IMG/pdf/6pointszad-a3-2.pdf ... Les statuts de ce fonds baptisé « La terre en commun » https://encommun.eco/ ... de nombreuses critiques, auxquelles les défenseurs de La terre en commun ont répondu dans un texte, Prise de terres https://reporterre.net/IMG/pdf/ete_livret_nb.pdf, publié cet été ... des gens se rendent compte que la logique capitalistique est nuisible à nos constructions collectives et qu’il faut s’en défaire ... moyen de « gagner en citoyenneté active » ... On va aller chercher des particuliers qui ont envie de mettre des petites et des moins petites sommes, qui se retrouvent dans les valeurs du fonds, mais on a aussi une ambition de publicité assez large, pour chercher des mécènes, des soutiens au-delà du lieu lui-même
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Prise de terre(s), Notre-Dame-des-Landes, été 2019 - i à https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?Z_qRoQ
Lire aussi : Autour de la Zad, la bataille politique de la propriété privée https://reporterre.net/Autour-de-la-Zad-la-bataille-politique-de-la-propriete-privee
Les géants de la Silicon Valley – Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft – sont confrontés depuis quelques mois à des grèves et des pétitions émanant de leurs propres salariés, à des appels au démantèlement lancés par des élus du Congrès, à des amendes en cascade dans plusieurs pays… Certains se prennent à rêver de la « fin » des Gafam.
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Un « mouvement social » inédit chez les cols blancs
... tentatives de syndicalisation. La Tech Workers Coalition https://techworkerscoalition.org/ veut par exemple fédérer cadres et employés au sein d’un même collectif.
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L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a marqué une première rupture. Sa politique anti-immigrés a heurté la Silicon Valley et son armée d’ingénieurs d’origine étrangère. « Cela a été un choc moral, assure Olivier Alexandre. Ces gens qui s’intéressaient peu à la politique nationale ont été confrontés à ses dures réalités : certains se sont retrouvés expulsés. » Par ailleurs, les scandales impliquant les géants de la tech (comme Cambridge Analytica) ont mis à mal l’idéalisme de salariés convaincus d’œuvrer au bien de l’humanité
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Il faudrait que cette révolte de l’intérieur soit épaulée par l’ensemble de la société civile, c’est-à-dire par les utilisateurs des Gafam. Et que les États jouent, enfin, leur rôle ! »
Menaces de régulations étatiques
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L’urgence de développer et s’approprier des alternatives aux Gafam
Historien des sciences et acteur du logiciel libre, Christophe Masutti réclame d’agir sans attendre ... inscrire dans les appels d’offre la préférence pour des logiciels libres et/ou en open source (dont le code source est ouvert). » ... pour une révolution culturelle : « Nous avons besoin d’une culture du numérique qui soit suffisamment mature dans la population pour ne plus dépendre de services qui font un usage déloyal des données et conforment les usages. Ce qu’on appelle le capitalisme de surveillance, au-delà de l’asservissement économique, crée aussi une dépendance numérique. » ... pour les militants du numérique, démanteler les géants de la Silicon Valley ne suffira pas. L’émancipation des utilisateurs suppose l’essor des alternatives aux Gafam : réseaux sociaux décentralisés, logiciels libres, ou encore moteurs de recherche respectueux de la vie privée. Pour la plupart, ces alternatives existent déjà. il reste à les promouvoir.
Alexis Moreau
Tags Multinationales Surveillance et biométrie
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Confidentialité Publique Publié originellement 27 septembre 2019
Catégorie Actualité & Politique
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Il vient de publier "Capital et idéologie" aux éditions du Seuil. Thomas Piketty est le premier invité du Long Regards, un rendez-vous mensuel chaque dernier vendredi du mois.
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Catégorie Actualités et politique 338 commentaires
Aranvar il y a 22 heures
Tous égaux dans la misère universelle... Enfin sauf une minorité bien sur, faut pas déconner...