Dans un rapport publié ce mercredi, les Amis de la Terre France et Reclaim Finance mettent à l’index la place financière parisienne, qui investit toujours massivement dans le pétrole et le gaz de schiste nord-américains. Alors que le cours du pétrole est au plus bas et le climat au plus mal, cette stratégie relève d’un « pari » très risqué.
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intitulé « La Place financière de Paris au fond du puits : le pari perdant des banques et investisseurs français sur le pétrole et gaz de schiste ». Les deux ONG appellent à l’arrêt des soutiens financiers publics et privés à ce secteur.
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D’après le rapport « La Place financière de Paris au fond du puits », les quatre principales banques françaises, Société générale (10,9Milliars$), Crédit agricole (6 Milliars$), BNP Paribas (3,6Milliars$) et le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE) (3,3Milliars$), ont financé l’industrie du schiste nord-américaine à hauteur de plus de 24 milliards de dollars depuis l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, en décembre 2015 [1] .
« L’année 2019 a même été marquée par un rebond de ces financements, avec 8,7 milliards de dollars accordés durant cette seule année », précisent les ONG. « Nous avons regardé l’ensemble de la chaîne : les banques françaises financent massivement les infrastructures dédiées aux énergies fossiles. Des puits [2], en passant par les pipelines [3], jusqu’aux terminaux d’exportation [4] », résume Lorette Philippot, chargée de campagne « finance privée » aux Amis de la Terre France.
Société générale a financé, à elle seule, le secteur du pétrole pour près de 11 milliards de dollars depuis 2016. La banque française a notamment soutenu des projets d’infrastructures de transport et d’exportation de gaz de schiste en Amérique du Nord, en accordant des financements directs à hauteur de 3,9 milliards de dollars à des projets de gazoducs et de terminaux de gaz liquéfié (GNL) aux États-Unis et au Canada. « C’est plus que toutes ses concurrentes françaises réunies », dit Lorette Philippot et, « plus inquiétant encore, ses soutiens ont augmenté chaque année depuis la COP21, atteignant 1,3 milliard de dollars » en 2019, souligne le rapport.
Les acteurs financiers français misent gros
... BPCE (4,4Milliars$), Crédit agricole (3,6Milliars$), BNP Paribas, AXA, Société générale et Rothschild & Co, qui sont les six plus gros investisseurs français dans le secteur du gaz et du pétrole de schiste.
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le gouvernement devra les contraindre à mettre un terme à leurs soutiens à ce secteur, affirme Lucie Pinson. L’État doit aussi refuser de soutenir les entreprises françaises actives dans cette industrie, en l’absence de plan de transformation de leurs activités pour sortir des énergies fossiles. »
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Lire aussi : Marre que votre argent pollue ? Changez de banque ! https://reporterre.net/Marre-que-votre-argent-pollue
Le grand soir est-il arrivé pour l’écologie ? Pour en parler, nous recevons Jean-Marc Jancovici, ingénieur consultant en énergie / climat, enseignant à Mines ParisTech et président du think tank The Shift Project.
Le gouvernement en avait fait sa priorité pour l’acte II du quinquennat, mais c’était avant les difficultés que nous connaissons aujourd’hui. Faut-il y voir une opportunité pour les paroles se concrétisent ? Comment amorcer une transition sans effondrement social dans ce contexte ? Comment accompagner et guider les entreprises dans ce moment stratégique ?
Pour en parler, nous recevons Jean-Marc Jancovici, ingénieur consultant en énergie / climat, enseignant à Mines ParisTech et président du think tank The Shift Project
Pour écouter la première partie des matins, c'est ici https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/pandemie-ce-qui-a-deja-change-4-5-la-chine-au-coeur-dun-nouvel-ordre-mondial
Sommes-nous dans une nouvelle phase de la transition énergétique ?
Il y a une transition énergétique cachée derrière cette crise dont on ne se rend pas compte qui concerne le pétrole. Avant la crise du covid, la production de pétrole dans le monde s’est arrêtée de croitre depuis maintenant un an et demi. Et le covid n’a fait qu’accélérer cette tendance là. La crise économique a fait plonger les prix du pétrole vers le bas. Et l’offre de pétrole va baisser. Jean-Marc Jancovici
"La transition énergétique qui va se faire sans qu'on s'en rende compte, c'est que l'après ne pourra pas revenir au niveau de l'avant parce qu'il n'y aura pas assez de pétrole. Donc, une partie du tourisme ne pourra pas revenir. Quoi qu'on fasse, une partie des déplacements ne pourra pas revenir quoi qu'on fasse tout comme une partie de l'économie."
Les conséquences d'une transition faite de force
On va opérer graduellement une transition de force car on a pas voulu faire celle qui était de gré. En ce moment la transition énergétique est une diminution de la consommation subie. En France comme dans beaucoup de pays européens, on voit la transition énergétique comme une évolution technologique dans un univers en croissance. On a des lois en France de « croissance verte ». En fait, la transition énergétique va passer par une privation du pétrole, du charbon et du gaz. Donc toute cette production va se contracter et l’économie va elle-même se contracter. Et la grande question est d'organiser un monde dans lequel il n’y a pas de plus en plus mais de moins en moins. Jean-Marc Jancovici
"Dans un monde qui se réchauffe de quelques degrés, disons 4 à 5 degrés d'ici à 2100, il y aurait à partir de 2070 entre 1,5 et 3 milliards d'hommes sur terre qui devraient vivre dans des conditions qui sont plus chaudes que le Sahara actuel. Et il y aurait 1 milliard de personnes qui vivraient donc dans des zones dans lesquelles, à peu près tous les jours de l'année, les conditions extérieures seraient mortelles."
Va-t-on vers un vrai changement de modèle ?
"Remplacer du nucléaire qui ne fait pas de CO2 par de l'éolien ou du photovoltaïque qui n'en font pas non plus en fonctionnement, ça ne fait rien gagner. Et comme par ailleurs, il faut dépenser plus de CO2 pour faire le panneau pour faire de la centrale nucléaire. En fait, on peut même perdre quand on remplace par du photovoltaïque. (..) Le grand paradoxe, c'est que développer du solaire et de l'éolien augmente le risque nucléaire et non pas le baisse. Ce qu’on est en train de faire est le parfait exemple d’un problème mal compris."
La chose la plus évidente pour remplacer une voiture qui consomme 6L/100km, c'est de la remplacer par une voiture qui consomme 2L/100Km. Il y a aussi le passage sur le vélo, le vélo électrique en particulier, est quelque chose qui a un potentiel très important dès que vous avez 10 ou 15 km à faire, parce que c’est un vélo sans effort. Le problème du vélo électrique, c'est de construire des pistes cyclables pour avoir une voirie séparée pour les vélos. Et pour vous donner un ordre de grandeur avec l'argent qu'on a déjà mis ou déjà promis de mettre dans l'éolien et le solaire à fin 2018, c'est-à-dire 120 milliards d'euros, on aurait pu doubler toutes les routes en France d'une piste cyclable. Jean-Marc Jancovici
-> rss http://rf.proxycast.org/d9980bfd-de7b-4b47-9d0b-52b088529249/13983-14.05.2020-ITEMA_22339705-3-1779455909.mp3
Connu / https://twitter.com/JMJancovici/status/1260843944600055809
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Jean-Marc Jancovici @JMJancovici · 10h
était invité sur France Culture , à nouveau par Guillaume Erner : "Nous nous dirigeons vers un monde où nous aurons moins de moyens pour plus de problèmes" - 17 - 111 - 220
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Ndlr : "comment on organise une forme de sobriété" n'est pas une phrase relevée :-( dommage car elle est essentielle !
quelques phrases transcrites en +
"charbon, pétrole et gaz sont à la baisse ... récessif ... moins de matière et d'énergie, plus de résilience ... le solaire et l'éolien font baisser le nombre d'heures de fonctionnement des centrales et donc augmenter le risque nucléaire ????!!!! Fesseinheim tout avait été changé sauf la cuve donc on la surveille, on peut donc prolonger à 60 ans comme les usa ; l'EPR pas la meilleure option. ENR 1000x plus de surface, 100x plus de matières que le nucléaire ; le covid-19 fait avancer les prises de conscience pour l'urgence climatique ; ... "
16 371 vues - 509 - 11 - 1,97 k abonnés
Les énergies fossiles sont largement responsables du réchauffement climatique. Et pourtant, nos sociétés en dépendent largement. Transport, agriculture, industrie : les principaux secteurs de nos économies dépendent du prix de l'énergie.
D'où cette question : comment faire pour se passer des énergies fossiles ?
Matthieu Auzanneau est l'auteur d'Or Noir, journaliste spécialisé sur les questions d'énergies et directeur de The Shift Project, un think tank qui milite pour la décarbonation de nos économies.
Catégorie Actualités et politique 59 commentaires
Jean-Marc Jancovici @JMJancovici · 1 mai
Dernier article de Jancovici dans l'Express : En route vers les énergies renouvelables !
Article en entier : https://facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/10159269522692281
lexpress.fr 16 - 32 - 88 ->
"Demain, faute de combustibles fossiles disponibles, les énergies vertes s'imposeront. Comme hier, avant la révolution industrielle.
L'avenir sera renouvelable, c'est une évidence! Depuis que la question se pose de savoir comment nous allons juguler le changement climatique, toutes les réponses partagent une même conviction : il va falloir plus de renouvelables, jusqu'au moment où nous n'aurons plus que cela.
Et, même dans le contexte actuel, où les "contreparties environnementales" demandées aux entreprises à qui l'Etat tend légitimement la main sont anecdotiques voire inexistantes, la seule politique où il a été dit et répété que les milliards seront bien là demeure la poursuite du développement des énergies renouvelables.
Les énergies renouvelables ont longtemps dominé le monde
Mais ces énergies renouvelables sont pleines de surprises. Tout d'abord, en les regardant, on inverse le cours du temps : ce n'est pas tant l'avenir que l'on contemple, mais le passé. En effet, un monde 100 % renouvelable, c'est celui dans lequel l'humanité a vécu depuis ses origines jusqu'à l'apparition des combustibles fossiles, quand le charbon a commencé à remplacer le bois dans les forges, les poêles (pour se chauffer), les fours, et les premières machines à vapeur fournissant de la force mécanique.
Avant cela, c'est le vent et l'eau qui faisaient tourner les moulins (connus depuis l'Antiquité, et dont les barrages modernes ne sont qu'une version améliorée); c'est l'animal de trait - renouvelable et mangeant de l'herbe qui l'est tout autant - qui fournissait la force mécanique du transport et de l'agriculture; c'est le vent, la rame (donc le marin ou le galérien, parfaitement renouvelables!) ou le cheval (sur les chemins de halage) qui faisaient avancer le bateau; c'est le soleil (renouvelable) qui séchait les cultures...
Et en 1900, ce sont encore les énergies renouvelables qui dominaient l'approvisionnement mondial, le bois représentant 55 % du total des kilowattheures utilisés sur terre, devant le charbon - 42 % -, et le pétrole - 2,3 % seulement. Il faudra attendre 1906 pour voir les fossiles dépasser les renouvelables, puis grimper jusqu'à 80 % du total au moment des chocs pétroliers, valeur qui est quasi la même aujourd'hui, après deux décennies de discours martiaux sur le climat ("la maison brûle" de Chirac, c'était en 2002)... qui n'ont rien changé.
Vers un épuisement inéluctable des combustibles fossiles
Mais, si on y réfléchit bien, le "nucléaire" aurait aussi pu être une bonne réponse. Car toutes les énergies que nous utilisons sur terre sont issues de près ou de loin de l'énergie nucléaire. Le soleil - qui nous donne son énergie - n'est rien d'autre qu'un gros réacteur à fusion! La photosynthèse permise par son rayonnement donne du bois, qui peut donc être vu comme un dérivé du nucléaire. La chaleur solaire permet le cycle de l'eau qui produit l'hydroélectricité, et le cycle de l'air qui permet l'énergie éolienne et la marine à voiles...
A l'avenir, abandonner les combustibles fossiles ne sera pas une option : mettant des centaines de millions d'années à se former, ils sont épuisables, et nous en aurons de moins en moins à disposition, que cela nous plaise ou non.
En revanche, que nous puissions les remplacer un pour un par des renouvelables est extrêmement peu probable. Si les moulins à vent et à eau, le bois et le rayonnement solaire avaient été suffisants pour permettre le développement industriel que nous avons connu, et par la suite ce monde urbain, avec peu de travail et pléthore d'objets à consommer, plein de temps libre et des déplacements faciles, comment expliquer que ce monde ne soit pas survenu avant l'extraction du charbon, puis du pétrole et du gaz? L'avenir sera peut-être un jour à nouveau 100 % renouvelable. Mais sûrement pas dans les conditions figurant actuellement dans les programmes électoraux."
(publié par Joëlle Leconte)
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Ndlr : ce n'est pas un poisson d'avril, JMJ découvre le scénario négawatt ! sobriété, efficacité, ENR, est-il malade ?! => Q
Aux États-Unis, ce 20 avril, le prix du baril de pétrole est passé sous la barre hautement symbolique du… zéro dollar. Mais l’anomalie n’est pas là où on le croit : on peut en effet considérer que le pétrole a atteint son juste prix. Décryptage.
Par Maxime Combes et Nicolas Haeringer - 3 commentaires 2 recommandés
version courte d'une note plus longue à https://static.mediapart.fr/files/2020/04/27/pe-trole-mis-en-page-vfin.pdf
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C’est en effet du “pétrole de papier” qui s’est effondré : le cours du pétrole WTI brut n’est qu’une cotation sur un marché financier, parmi d’autres d’autres cotations sur d’autres marchés, d’un type de pétrole spécifique, produit aux États-Unis. Depuis que le pétrole est devenu un produit financier comme un autre, des investisseurs achètent et revendent des titres financiers, portant sur du pétrole à venir : avant qu’il ne soit extrait, un baril est échangé plusieurs milliers de fois sur les marchés, par des investisseurs qui n’ont nullement l’intention de prendre livraison des litres de pétroles qu’ils échangent : pour la plupart, ils n’ont pas la possibilité, encore moins la compétence, leur permettant de transporter, stocker et raffiner du brut.
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BlackRock, auquel le gouvernement s’apprêtait à ouvrir grand les portes de l’épargne retraite des salarié.e.s basé.e.s en France, détient par exemple 5,3 milliards d’action Total (au cours de l’action à la mi-avril). Et les investisseurs publics ne sont pas en reste : en France, la Caisse des dépôts et consignations est un soutien majeur des entreprises pétrolières françaises.
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Le pétrole est à son juste prix, laissons le à sa juste place : dans le sol
... Le juste prix du pétrole au regard de la contrainte climatique, c’est donc le prix actuel du pétrole de papier. Cela tombe bien : le moyen le moins onéreux (et coûteux pour le climat) de stocker le pétrole, c’est de le laisser là où il est, à savoir : dans le sol ; et le meilleur moyen de ne plus investir dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements, à défaut d’une interdiction par les pouvoirs publics, est d’avoir un prix du pétrole complètement déprécié.
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opportunité historique de définanciariser l’économie, de tourner enfin la page des énergies fossiles, pour entamer la reconstruction d’une nouvelle économie, juste et durable. Si l’on met dans la balance des plans de relance hautement carbonés d’un côté, de l’autre des mesures permettant d’engager enfin la grande transition vers une économie libérée de l’extractivisme, il est difficile de surestimer l’importance de ce qui se joue actuellement. Les politiques qui sont en train d’être élaborées vont largement déterminer ce à quoi ressemblera notre devenir climatique pour des dizaines, sinon des centaines d’années. C’est donc un moment de vérité pour le mouvement pour la justice climatique. On a souvent glosé sur le fait qu’il était plus difficile d’imaginer l’après capitalisme que la fin du monde - nous voici expressément invité.e.s à penser et construire un avenir libéré du capitalisme fossile, sous peine de voir notre monde finir de tomber en ruine.
Energies fossiles
Le directeur du Shift Project et auteur du livre « Or noir, la grande histoire du pétrole », Matthieu Auzanneau, était l’invité de l’émission Présages. Il évoque la question de l’effondrement du secteur pétrolier, la nécessité de se sevrer des énergies fossiles et la mauvaise gestion des Etats face à la récession économique.
-> vidéo à https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?dIPdOw
@PartagerCSympa 1,1 k vues - 28 Retweets 71 J'aime
Mesure immédiate : arrêter de subventionner le pétrole
Le cours du baril, passé en-dessous de zéro dollar pour la première fois lundi 20 avril face à une chute vertigineuse de la demande et à des réserves américaines proches de la saturation, a légèrement augmenté mardi 21 avril en Asie, pour revenir au-dessus de zéro.
Faute d’espace pour stocker l’excédent sans précédent de l’offre, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai a fini en baisse de 306 % à -37,63 dollars lundi 20 avril, c’est-à-dire que les vendeurs proposaient de payer les acquéreurs pour ce contrat. Ce mardi 21 avril, la tendance s’est légèrement inversée puisque le contrat du WTI s’échangeait à l’ouverture du marché à 0,56 dollar et a rebondi de 103 % pour revenir à 1,38 dollar vers 7 h (heure française). Le contrat pour livraison en juin a lui gagné plus de 5 % à 21,51 dollars. La négociation des contrats pour mai s’achève ce mardi.
Pour la branche étasunienne de l’ONG 350.org, cette chute inédite du prix du pétrole est « une preuve supplémentaire que les combustibles fossiles sont une matière première trop volatile pour alimenter nos économies à l’avenir ».
Brett Fleishman, de 350.org, a déclaré :
« Depuis le début de cette crise, les lobbyistes des entreprises ont été très actifs, et les dirigeants du secteur pétrolier et gazier ont demandé — et reçu — des cadeaux du gouvernement américain. (...) Il est temps que l’industrie des combustibles fossiles reconnaisse que, dorénavant, le meilleur et le moins cher des lieux pour stocker le pétrole se trouve dans le sol. »
Source : Ouest-France et 350.org. Photo : Pixabay.
L'Obs Société Planète
Et si le monde apprenait à être moins dépendant de ce qui le détruit ? La pandémie devait inciter l’Europe à renoncer à son addiction au pétrole, souligne Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project.
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Karnes City, Texas, le 8 avril 2020. (ERIC GAY / AP / SIPA)
C’est la grande dégringolade : alors que le monde se confine pour tenter d’enrayer la propagation du Covid-19, la consommation de carburants et le prix du baril de pétrole sont logiquement en chute libre un peu partout dans le monde. Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), la demande mondiale quotidienne de pétrole pourrait baisser de 29 millions de barils ce mois-ci, soit environ 30 % de moins qu’en avril de l’année dernière.
Quel impact peut avoir cette crise ? Est-ce une bonne nouvelle pour le climat ? Les réponses de Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project (groupe de réflexion sur la transition énergétique) et auteur du livre « Or noir, la grande histoire du pétrole » (La Découverte).
La crise du coronavirus accélèrera-t-elle la transition écologique ?
Conséquence du confinement, la consommation de pétrole est en train de s’effondrer au niveau mondial. Cette situation est-elle inédite ?
Ce que l’industrie pétrolière est en train de vivre est sans précédent dans l’histoire. Jamais nous n’avions observé un effondrement aussi brutal de la demande. On estime aujourd’hui que celle-ci a diminué entre un tiers et un quart. Autrement dit, nous sommes revenus au niveau de consommation de pétrole qui prévalait à la fin des années 1990, avant le grand boom de la Chine et de l’Inde. C’est un peu comme si le récent essor de ces deux puissances n’avait pas existé ! Après la crise économique de 1929, une baisse similaire de la demande avait été observée, ...
Pour lire les 82 % restants, testez l'offre à 1€ sans engagement.
Connu / https://twitter.com/SebBillard/status/1252131109871198210
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Conversation
Sébastien Billard
@SebBillard
Alors que la demande de pétrole et le prix du baril dégringolent, @OIL_MEN
décrypte dans cet entretien les impacts que cette crise inédite pourrait avoir sur le secteur (et sur la transition écologique)
17 - 24
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The IEA Oil Market Report (OMR) is one of the world's most authoritative and timely sources of data, forecasts and analysis on the global oil market – including detailed statistics and commentary on oil supply, demand, inventories, prices and refining activity, as well as oil trade for IEA and selected non-IEA countries.
Si les différents secteurs énergétiques français et mondiaux sont évidemment affectés par la crise du Covid-19, il semble que cela n’ait que peu de risque de déboucher sur une rupture d’approvisionnement. En revanche, la tenue des objectifs climatiques risque d’être remise sur la table en sortie de crise.
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énergie électrique - énergies fossiles - consommations - équilibrage des réseaux - production
Le documentaire Irrintzina réalisé par Sandra Blondel et Pascal Hennequin est en accès libre sur internet via Imago TV la plateforme des nouveaux imaginaires Irrintzina, le cri de la génération climat, retrace au travers de trois séquences la formidable aventure du Tour Alternatiba de l’été 2015, les mobilisations citoyennes de la COP21, la campagne des Faucheurs de Chaises et le blocage du sommet du pétrole offshore de Pau (à 1:10:55)
Nicolas Imago :
Sorti au cinéma en 2017, Irrintzina est plus que jamais d'actualité. Plus que jamais d'utilité publique. C'est le documentaire pour comprendre l'émergence du mouvement climat. Comment est-il né ? Ou est-il né ? Pourquoi est-il né ? Tantôt drôle, tantôt enrageant, tantôt émouvant, mais toujours inspirant et enthousiasmant.
Connue / https://www.institutmomentum.org/breves/irrintzina-le-cri-de-la-generation-climat/
Environnement
Business Developper dans le secteur de l'énergie - Basée aux Etats-Unis
Les idées reçues collent à la peau du Texas. Pourtant, le « ol’ money » ou vieil argent des compagnies gazières et pétrolières du Lone Star State s’éclipse peu à peu. Le Texas est aujourd’hui le premier état producteur d’énergie éolienne aux Etats-Unis, loin devant la Californie, qu’il concurrence déjà avec une politique très agressive en faveur des énergies renouvelables. La pandémie que le monde traverse actuellement ébranle également le secteur pétrolier, qui peine à renouer avec des perspectives de croissance à long terme.
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Tout est plus grand au Texas.
Les sceptiques rappelleront que 223 des 254 contés de l’Etat produisent aujourd’hui soit du pétrole, soit du gaz et que le Texas représente à lui seul près de 30% de la production de pétrole américaine. Ce secteur est d’ailleurs toujours en développement au vu de l’investissement massif dans le gaz de schiste. Pour autant, l’ombre des « stranded assets » ou actifs bloqués planent sur ces projets. La pression croissante d’une décentralisation de la production énergétique vers des sources vertes et de leur prix à la baisse pourrait vite rendre ces investissements caduques.
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Le Krach a eu lieu. Le coronavirus est le détonateur d’une panique financière sans précédent. Dans cette vidéo, j’explique les causes, mais surtout les conséquences très concrètes de cette crise/récession/effondrement qui ne fait que commencer et qui s’annonce bien pire que celle de 2008.
Sources :
voici une liste de nos sources, documents et analyse sur lesquels on s’est appuyés !
⮞ Le Parisien, 1é mars "autopsie d’un krach boursier sans précédent" http://www.leparisien.fr/economie/coronavirus-la-bce-maintient-ses-taux-panique-sur-les-marches-boursiers-12-03-2020-8278677.php
⮞ Financial Times, 12 mars “Will the coronavirus trigger a corporate debt crisis?” https://www.ft.com/content/4455735a-63bc-11ea-b3f3-fe4680ea68b5
⮞ Des heures de Bloomberg TV en direct https://www.youtube.com/watch?v=dp8PhLsUcFE
⮞ Boursorama “pourquoi la récession sera pire qu’en 2008?” https://youtu.be/DfPisZjXiAM
⮞ L'Express N° 3584 du 12 mars 2020. “Coronakrach”
⮞ Le Monde, 9 mars, “Crise à l’OPEP” https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/09/fin-de-l-alliance-russie-arabie-saoudite-coronavirus-les-cours-du-petrole-s-effondrent-et-entrainent-avec-eux-les-bourses-asiatiques_6032284_3234.html
⮞ Gaël Giraud - entretien avec Le Vent se Lève: 4 foyers possibles de crise systémique https://lvsl.fr/gael-giraud-nous-sommes-probablement-a-la-veille-dune-nouvelle-crise-financiere-majeure/
Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée - CNC TALENT
.#Effondrement #Krach #Coronavirus
Catégorie People et blogs 894 commentaires
Transcription : ... russie fait baisser les prix du pétrole pour tenter de faire capoter l'industrie usa du gaz de schiste ou pétrole de schiste
Les Émirats arabes unis viennent de juger illégale la rupture de la collaboration entre le fleuron français du parapétrolier, Technip et son partenaire local. Déjà fragilisé par la fusion avec son concurrent américain en 2016, il risque de devoir assumer seul une note qui dépasse les 50 millions de dollars.
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la partie américaine, en l’occurrence le groupe FMC, a procédé à un acte de piraterie hors-normes. Le tout sous le regard bienveillant du ministère de l’Économie de l’époque, dirigé par un certain Emmanuel Macron. D’après des sources présentes lors des négociations, c’est Alexis Kohler en personne, directeur de cabinet de l’époque – aujourd’hui Secrétaire général de l’Elysée – qui a géré le dossier. C’est lui qui dirige les discussions avec le PDG du groupe français de l’époque, Thierry Pilenko. Ce dernier, américanophile assumé, se montre très favorable à la fusion avec le concurrent FMC (13,5 milliards de dollars de CA et 32.500 employés en 2016).
UN GROUPE DU CAC 40 LIVRÉ AUX ETATS-UNIS
Les conditions de la fusion sont bâclées. Alexis Kohler valide même un siège social à Londres. A quelques semaines du vote sur le Brexit. La fusion est effective le 17 janvier 2017 : TechnipFMC voit le jour.
Moins de trois ans plus tard, en août 2019, le conseil d’administration de Technip vote à l’unanimité la scission. Entre temps, Thierry Pilenko est parti avec ses trente pièces d’argent. Ce qui en version CAC 40 donne la somme rondelette – toutes gratifications comprises – de 14 millions d’euros, quand la société annonçait des pertes de 2 milliards d’euros. Les deux sociétés “séparées” vont se répartir les activités. L’activité sous-marine, la plus rentable, pour la partie américaine. Elle sera basée à Houston (RemainCo). L’activité déclinante d’ingénierie pour la partie française. Avec toujours l’immeuble dans le quartier de la Défense mais une immatriculation aux Pays-Bas (SpinCo). Le tout validé par l’Etat, toujours actionnaire à 5% par l’intermédiaire de Bpifrance.
Passifs cherchent entreprise
Cet ultime rebond d’une tragédie industrielle à la française a encore de nombreuses inconnues.
Dans Ecologie / Electrique / Autre actu écologie
... une industrie du brut qui se pose la question de la rentabilité des réserves.
Le gouvernement finlandais a publié une étude intéressante et bien documentée sur l'avenir de l'industrie du pétrole à l'échelle mondiale. Les géologues finlandais, qui ont travaillé avec une multitude de paramètres et variables, tendent à montrer que la santé de l'industrie pétrolière pourrait s'effondrer dans les années à venir.
... Le EROEI (taux de retour énergétique), d'abord, qui chute inexorablement ... ~90 % de la chaîne d'approvisionnement de la totalité de l'industrie manufacturière (tous secteurs confondus) mondiale dépend de la disponibilité de dérivés du pétrole ... ~70 % de nos besoins journaliers en pétrole viennent de champs découverts avant 1970 ... 81 % de la production liquide de pétrole est déjà en déclin ... En janvier 2005, l'Arabie Saoudite a augmenté son nombre de forages opérationnels de 144 %, simplement pour augmenter sa production de pétrole de 6,5 %
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Globalement, le long rapport ne dit pas qu'il n'y aura bientôt plus de pétrole, mais plutôt qu'il va devenir de moins en moins rentable à l'extraction. Et ce n'est probablement pas une hausse des prix qui compensera les pertes engendrées par les poids lourds de l'industrie pétrolière. L'étude est assez alarmiste avec la prévision d'un choc dans les "cinq ans à venir". Affaire à suivre ?
Connu / https://twitter.com/JMJancovici/status/1227699400287379464
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Jean-Marc Jancovici @JMJancovici · 1h
Une étude du ministère des affaires économiques finlandais, à l'origine destinée au gouvernement finlandais, explique qu'une crise sur le pétrole est à venir, avec une industrie du brut qui se pose...
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L’année 2020 a débuté sur les chapeaux de roues. Du côté climatique, l’Australie a ouvert les feux. Bien que les énergies fossiles génèrent la quasi-totalité du CO2, les douze prochains mois devraient battre tous les records de consommation de pétrole, de gaz et de charbon.
Dans l’univers gazier, la Russie devrait tenir la vedette. Avec un accord de cinq ans fraîchement paraphé avec l’Ukraine, Gazprom pourra de nouveau livrer son gaz à l’Europe via la route de Kiev.
... Si le gaz naturel est sous les feux de la rampe pour ses émissions de méthane et de CO2, sa reconversion en plastique ouvre de nouveaux débouchés. Les prévisions tablent sur un doublement de la production mondiale de plastique dans les années à venir, notamment pour assouvir les besoins des Coca-Cola, Pepsico et autres Nestlé. ... la prédominance du président américain est à relativiser. En effet, la puissance des managers de fonds d’investissement et particulièrement des deux mastodontes BlackRock et Vanguard dépasse largement celle du locataire de la Maison-Blanche. Sur les 18 membres du conseil d’administration de BlackRock, six baignent dans l’or noir. Même si les pertes pétrolières de la firme se montent à plus de 90 milliards de dollars, toute l’industrie redoute un arrêt des investissements qui conduirait à une perte systémique de 2400 milliards de dollars d’actifs et sans compter le pétrole non exploité qui ferait grimper le potentiel manque à gagner à plus de 20 000 milliards de dollars.
On comprend ainsi mieux l’engrenage.
L’Iran et les Etats-Unis sur le podium
De plus, au niveau des pays importateurs, pratiquement rien n’est entrepris pour faire plier la courbe de la consommation. En 2020, le pétrole porte à merveille son habit estampillé «too big to fail». ...
entretien réalisé avec Gaël Giraud, économiste, directeur de recherche au CNRS, ancien chef économiste de l'Agence française de développement.
... aggravation de l’impact du réchauffement climatique, de la destruction de nos écosystèmes et de la raréfaction de plusieurs ressources naturelles. Il est vraisemblable, par exemple, que le Sud de l’Europe connaisse dans les dix ans qui viennent des pénuries d’eau extrêmement graves. ... il y a un problème structurel lié aux taux d’intérêts nuls ou négatifs des pays riches. Je crains qu’ils ne restent proches de zéro de façon durable à cause de la déflation. Du coup, les investisseurs vont continuer de prendre des risques irresponsables sur les marchés financiers : plus les taux d’intérêts sont faibles, plus les investisseurs sont incités à tout risquer pour rentabiliser leurs placements. Le manque de rendement des titres obligataires devient alors une incitation permanente à la faute. Couplé à l’énormité des dettes privées (et non publiques) dans le monde, cela fait un cocktail idéal pour une nouvelle crise. ... dette des étudiants américains, qui dépasse les 1.500 milliards de dollars ... le risque que le marché du travail américain s’essouffle est réel.On pourrait alors se retrouver dans une situation analogue à celle de 2007. ... nouvelle crise des subprimes. ... dette des cartes de crédit : 1.000 milliards de dollars environ ... Les banques européennes ont beaucoup de Non-performing loans, ou des actifs “pourris" en français ... Nous sommes loin d’être à l’abri de la faillite d’un gros établissement bancaire européen. Contrairement à ce qu’elles répètent, les banques n’ont pas fini de nettoyer leurs bilans après la crise de 2008. A l’époque de Christine Lagarde, le FMI avait déjà multiplié les mises en garde à ce sujet.
Quatrième foyer : la Chine. Les banques chinoises sont des banques d’Etat publiques complètement opaques, dont on ignore une grande partie du bilan. Elles ont énormément prêté pour alimenter l’explosion immobilière sur la côte Est chinoise. Or des erreurs d’estimation des flux migratoires liés à l’exode rural chinois —- qui touche plus d’une centaine de millions de personnes sur une décennie — ont entraîné des milliers de quartiers fantômes, vides aujourd’hui. Cette bulle immobilière pourrait crever d’un instant à l’autre, un peu comme au Japon à la fin des années 1980. ... l’accumulation des dettes privées n’est pas viable
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Nous avons atteint le pic d’extraction conventionnel du pétrole au niveau mondial en 2006. Les techniques non-conventionnelles commela fracturation hydraulique de la roche ou les différents schistes ont permis au secteur pétrolier de crever le plafond conventionnel au-delà de 100 millions de barils par jour
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les communs sont et restent l’avenir institutionnel des sociétés résilientes ... Une intervention massive des Etats est indispensable pour amorcer vraiment un virage vers des sociétés bas-carboneà l’échelle des nations. Les mesures prises par le gouvernement Macron vont exactement en sens inverse : il multiplie les cadeaux aux plus favorisés et aux industries polluantes tout en détruisant les filets sociaux instaurés en 1945 : les indemnités chômage, la retraite… Cette violence à peine dissimulée derrière un faux bon sens gestionnaire s’explique peut-être par la peur de certaines élites françaises : c’est la panique avant la débâcle, et l’on tente de faire payer la note de nos errements écologiques et financiers par les classes moyennes et populaires. ... la situation est bien plus grave qu’en 1939.
Connu / https://twitter.com/JMJancovici/status/1211622749879390208
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