par Framasoft | 16 Avr 2026
| Temps de lecture 52 min
Voilà plus de 15 ans que le Framablog traduit les écrits du militant anglo-canadien Cory Doctorow. Le prolifique auteur d’ouvrage de fiction, d’essais (comme « Détruire le capitalisme de surveillance » (2020)), et d’innombrables billets de blog, est membre actif de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation qui lutte notamment en faveur du respect de la vie privée en ligne.
Fin 2011, Cory donnait une conférence mémorable au Chaos Communication Camp, que Framasoft avait traduite et relayée : « On ferme ! La guerre imminente contre nos libertés d’utilisateurs ».
Le 28 décembre 2025, l’hacktiviste faisait en quelque sorte une mise-à-jour avec une nouvelle conférence « Un Internet post-étasunien, conçu pour résister à la merdification », à l’occasion de la 39e édition du CCC à Hambourg en Allemagne.
Voici une traduction de la transcription de cette conférence, réalisée par Framalang.
L’internet post-étasunien.
Transcription de Cory Doctorow de sa propre conférence au 39C3. Traduction par Framalang (Ambar, Booteille, christian, Henri-Paul, Javier, jums, Kit, Lumi, MathildeC, pyg, retrodev, tcit).
Mise en forme pour le blog, mèmes, illustrations, hyperliens, : pyg.
Vidéo de la conférence « Un Internet post-étasunien, conçu pour résister à la merdification »,
de Cory Doctorow, à l’occasion de la 39e édition du CCC à Hambourg en Allemagne..
(Sous-titres FR https://framatube.org/lazy-static/video-captions/0ef835bf-aa74-4bb3-9de2-abb2ddaa65d3-fr.vtt – Sous-titres EN)
-> https://framatube.org/w/t257S21Mj8eS3dz8apeFro
La plupart d’entre vous savent que je suis militant engagé depuis bientôt 25 ans à l’Electronic Frontier Foundation (EFF)
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nous perdons la guerre de l’informatique grand public.
C’est pourquoi, plusieurs décennies plus tard, je suis de retour à Hambourg. Je tente, depuis des années, d’enfoncer une porte fermée à double tour : une porte qui mène à un Internet neuf et vertueux, un Internet qui nous offre à la fois l’autodétermination technologique de l’Internet d’autrefois et la facilité d’accès pour tous, nos semblables néophytes compris, de l’Internet 2.0. Cette porte, mes ami·e·s, vient de s’ouvrir.
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grâce à Donald Trump
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je n’apprécie ni Trump ni sa politique ... l’internet post-étasunien que nous pouvons arracher au chaos créé par Trump
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a mobilisé une nouvelle coalition ... en mobilisant de nouveaux allié⋅es ... ont assez en commun pour se battre côte à côte ... qui inclut celles et ceux qui se battent pour nos droits numériques depuis des décennies, mais aussi des gens qui veulent transformer les milliards des géants du numérique étasuniens en milliards pour leur propre économie, et enfin des obsédés de la sécurité nationale inquiets, à juste titre, quant à la souveraineté numérique.
La thèse que je défends ici est que cette coalition est inarrêtable
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il y a 14 ans, devant ce groupe, j’ai expliqué la « guerre de l’informatique grand public » ... dans les textes législatifs est « anti-contournement »
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Selon les lois anti-contournement, il est illégal de modifier le fonctionnement d’un produit ou service numérique, sans le consentement du fabricant, et – point crucial – cela reste vrai même si cette modification n’enfreint aucune autre disposition légale. ... nous viennent des États-Unis ... « contrôle d’accès » d’une œuvre soumise au droit d’auteur comme un crime passible d’une peine de prison de cinq ans et d’une amende de 500 000 dollars dans le cas d’une première condamnation.
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n’importe quel fabricant peut facilement transformer son produit en une zone de non-droit, qui criminalise à la fois le fait d’examiner, rapporter et corriger ces failles. ... signature du DMCA [ndt le Digital Millennium Copyright Act] par Bill Clinton. Mais avant que vous ne commenciez à railler ces stupides étasuniens, sachez ceci : tous les autres pays du monde ont voté une loi comme celle-là, depuis. Ici, en UE, c’est l’article 6 de la Directive européenne sur le droit d’auteur de 2001 qui marque le début de l’anti-contournement. ... En rendant illégale la modification des produits numériques sans l’accord du fabricant, les États-Unis accroissent les capacités de rente extractive des entreprises les mieux cotées de la bourse étasunienne. ... via l’accord de libre-échange avec les États-Unis, obligeant ... à promulguer une loi anti-contournement.
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le représentant étasunien au commerce a obligé chacun de ses partenaires commerciaux à adopter une loi anti-contournement, pour faciliter l’extraction de données et d’argent de leur propre peuple par des entreprises étasuniennes. Mais bien sûr, cela ne fait que soulever une autre question : pourquoi tous les autres pays du monde accepteraient-ils de laisser les États-Unis voler les données et l’argent de leurs propres peuples, et empêcher leurs secteurs technologiques nationaux de faire des produits interopérables qui éviteraient ce vol ?
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L’alternative c’était les droits de douane. Eh bien, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais on a les droits de douane maintenant !
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il y a une troisième réponse possible aux droits de douane. Une réponse qui n’attend qu’à être testée : et si on abrogeait les lois anti-contournement ?
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tracteurs John Deere ... le tracteur ne reconnaît pas ces nouvelles pièces et refuse de démarrer tant que le fermier n’a pas dépensé quelques centaines de dollars pour faire appel à un réparateur John Deere officiel, dont le seul travail consiste à saisir un code de déverrouillage sur la console du tracteur, pour initialiser la pièce et l’associer à l’ordinateur central du tracteur.
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Apple force tous ses vendeurs d’application à utiliser son système de paiement, et prend une commission de 30 % sur chaque euro dépensé dans une application.
30 % ! C’est une affaire tellement rentable qu’Apple en tire 100 milliards de dollars chaque année. Si l’Union Européenne abrogeait l’article 6 de la Directive sur le droit d’auteur, quelques geeks malins en Finlande pourraient faire de la rétro-ingénierie sur les systèmes de démarrage d’App et créer un appareil qui déverrouille les téléphones afin qu’ils puissent utiliser des magasins d’application alternatifs. Ils pourraient vendre cet appareil, ainsi que l’infrastructure nécessaire pour faire tourner un magasin d’application à toute personne dans le monde qui souhaite entrer en compétition avec Apple pour capter ses utilisateurs et ses éditeurs d’applications.
Ces concurrents pourraient offrir une réduction de 90 % à tou·te·s les bricoleur·euse·s de Etsy, tou·te·s les artistes de Patreon, tous les médias d’actualité, tou·te·s les développeur·euse·s de jeux, tous les systèmes de VOD. Ils pourraient leur offrir 90 % de réduction sur les paiements et quand même gagner 10 milliards de dollars par an.
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il y a une chose que l’UE peut faire de manière fiable à 100 % : elle peut décider de ne pas laisser Apple utiliser les tribunaux européens dans le but de faire fermer les entreprises européennes qui déverrouillent les téléphones pour défendre les éditeurs, artistes, bricoleur·euse·s, médias d’actualité, développeur·euse·s de jeux et créateur·ice·s européen·ne·s contre les arnaques d’Apple.
Tout ce que l’Union Européenne a besoin de faire, c’est d’abroger l’Article 6 de la Directive sur le droit d’auteur et, ainsi, priver Apple du privilège d’utiliser le système judiciaire européen pour consolider sa taxe annuelle de 100 milliards de dollars sur l’économie numérique du monde. Les entreprises européennes qui réaliseront à quel point il est rentable de déverrouiller des iPhones auront des clients du monde entier, y compris des États-Unis, où Apple n’utilise pas seulement son veto pour décider quelles applications vous pouvez faire tourner sur votre téléphone pour siphonner 30 % de chaque dollar que vous dépensez, mais aussi pour retirer des applications qui protègent ses clients de la prise de pouvoir fasciste de Trump.
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En octobre dernier, Apple a viré l’application « ICE Block » de l’App Store. C’est une application qui sert à prévenir les utilisateurs si une équipe de voyous masqués de l’ICE est dans les parages à la recherche de quelqu’un à kidnapper et à envoyer dans un goulag à l’étranger. Apple a classé en interne les kidnappeurs de l’ICE comme un « groupe protégé », et a déclaré que l’application ICE block était une atteinte aux droits de ces pauvres voyous de l’ICE.
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réponse ciblée : visez les marges des géants du numérique, et vous vous attaquez frontalement à ces entreprises dont les PDG ont chacun payé un million de dollars pour s’asseoir derrière Trump le jour de son investiture.
Piller les marges bénéficiaires des géants du numérique n’est pas une attaque contre le peuple des États-Unis, ni contre les petites entreprises des États-Unis qui se font arnaquer par les géants du numérique. C’est une attaque contre les entreprises qui arnaquent quotidiennement le monde entier comme les étasuniens. C’est un moyen de rendre chacun plus riche au dépend de ces entreprises arnaqueuses.
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vachement mieux que brûler des centaines de milliards de dollars pour construire des centres de données dédiés à l’IA dans l’espoir qu’un jour, un secteur qui a perdu un billion de dollars (mille milliards de dollars) pour produire des agents conversationnels pourris trouve enfin un usage aux cartes graphiques qui ne soit pas une hémorragie financière dès qu’ils les branchent.
Voilà donc nos nouveaux alliés dans la guerre de l’informatique grand public : des entrepreneurs et des techniciens qui veulent faire des milliards de dollars en pillant les marges bénéficiaires des géants du numérique, et des législateurs qui veulent que leur pays soit celui de la dé-merdification. Le pays qui n’a pas seulement protégé l’argent et la vie privée de son peuple en achetant des déverrouillages à d’autres pays, mais plutôt le pays qui a fait des milliards de dollars en vendant au reste du monde ces technologies de protection de la vie privée et du portefeuille.
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risque infrastructurel ... Quasiment tous les ministères, toutes les grandes corporations, toutes les petites entreprises et tous les foyers du monde se sont enfermés dans un service de cloud basé aux États-Unis.
La poignée d’entreprises du numérique étasuniennes qui fournissent les outils d’administration du monde entier sont vulnérables à la pression de l’administration Trump, et cela signifie que Trump peut planter une nation entière.
L’attaque contre la CPI était un acte de cyberguerre, tout comme les hackers russes qui arrêtent des centrales électriques ukrainiennes, sauf que Microsoft n’a pas besoin de pirater Outlook pour planter la CPI : elle possède Outlook.
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le gouvernement étasunien peut contraindre toute entreprise basée aux États-Unis à divulguer des données de ses utilisateurs – y compris celles de gouvernements étrangers – et peu importe l’endroit où sont stockées ces données ... peut imposer des obligations de silence aux entreprises
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enfin, des choses se mettent en mouvement, comme « Eurostack« , un projet visant à cloner les fonctionnalités des silos des géants du numérique étasuniens sous forme de logiciels libres/open source, et à construire des centres de données basés dans l’Union Européenne sur lesquels on pourra déployer le code de ces logiciels.
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on a aussi besoin de construire les outils d’interopérabilité antagonistes qui permettent d’exporter en masse des millions de documents, les structures de données sensibles et les historiques de modifications.
On a besoin de scrapers et de navigateurs sans interface graphique pour mettre au point l’interopérabilité antagoniste qui garantira une continuité de service aux institutions encore hébergées par des services cloud étasuniens, car les entreprises étasuniennes ne faciliteront pas d’elles-mêmes l’exode massif de leurs clients internationaux hors de leurs plateformes.
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première étape ... tuer les lois anti-contournement ... faire tourner des outils virtuels pouvant être scriptés, casser les systèmes de démarrage pour changer les micrologiciels et plus généralement prendre le contrôle des moyens de calcul.
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nous aurons un internet post-étasunien : avec une coalition inarrêtable d’activistes, d’entrepreneurs et de conseillers en sécurité intérieure.
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les États-Unis comme une plateforme neutre, un garant de confiance stable des systèmes essentiels aux échanges mondiaux. C’est ce que les politologues Henry Farrell et Abraham Newman appellent « l’Empire souterrain ». Mais lors des 15 dernières années, les États-Unis ont systématiquement brisé la confiance mondiale en leurs institutions, un processus qui n’a fait que s’accélérer sous Trump.
Prenez les câbles à fibre optique transocéaniques ... mettre tous les œufs des télécommunications mondiales dans le (même) panier étasunien ne marche que si les États-Unis ne tirent pas profit de leur centralité. Et alors que beaucoup de gens se souciaient de ce que les États-Unis pouvaient faire à la tête de l’infrastructure mondiale, ce n’est qu’avec les révélations de Mark Klein en 2006 sur les écoutes à l’échelle nationale de la NSA du réseau de fibres optiques de AT&T, et les documents d’Edward Snowden en 2013 qui montraient l’ampleur mondiale de ces écoutes, que le monde a dû se confronter à cette réalité indéniable : on ne pouvait plus faire confiance aux États-Unis comme centre mondial de la fibre.
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ne pouvaient pas faire confiance à la Réserve Fédérale étasunienne pour leurs réserves de change
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ne marche que si le dollar est une plateforme neutre. À partir du moment où le dollar devient un instrument de la politique étrangère étasunienne, que vous soyez d’accord avec cette politique ou pas, ce n’est plus une plateforme neutre et le monde entier se met à la recherche d’alternatives.
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il y a un système post-étasunien qui est facile à imaginer.
Le projet de remplacer toutes les boites noires connectées au cloud, dotées de portes dérobées et auxquelles on ne peut pas se fier, qui font tourner nos institutions, nos implants médicaux, nos véhicules et nos tracteurs, par un code ouvert, libre, fiable, vérifiable et maintenu collectivement.
Ce projet est le seul qui tire profit des économies d’échelle au lieu de se retrouver paralysé par des crises exponentielles de mise à l’échelle. Cela vient du fait que n’importe quel outil libre et ouvert adopté par une institution publique – comme les services Eurostack – peut être audité, localisé, soumis à des tests de sécurité, débogué et amélioré par des institutions de tous les autres pays.
C’est un bien commun, plutôt comme une science que comme une technologie. Il est universel, international et collaboratif
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le logiciel n’est pas un atout, c’est une responsabilité
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le chatbot ne peut pas faire ton travail mais un commercial qui vend des IA peut convaincre ton patron de te virer et de te remplacer par un chatbot qui ne peut pas faire ton travail.
Ton patron est une cible facile ... fantasme de l’entreprise sans travailleuses
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manière dont Trump a viré tous les scientifiques du gouvernement étasunien, puis a annoncé le lancement du programme « Genesis », avec pour objectif que les États-Unis produiront des avancées scientifiques annuelles d’une magnitude comparable à un lancement vers la Lune, via un chatbot
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elle alimente leurs fantasmes d’un monde sans humains
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En trois petites années, l’adoption du solaire a atteint des sommets sur le continent. L’UE est passée de 15 ans de retard dans la transition énergétique à 10 ans d’avance sur ses prévisions. ... quand vous tremblez dans le noir, beaucoup de batailles que vous ne pensiez pas dignes d’être menées deviennent soudainement des batailles existentielles
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en abrogeant les lois anti-contournement. N’importe quel pays pourrait le faire ! Et le pays qui le fait en premier va profiter du fait de fournir des outils de déverrouillage au reste du monde, il deviendra la Nation de la Dé-merdification, et le reste du monde pourra acheter ces outils et se défendre contre le pillage financier et de la vie privée des entreprises étasuniennes.
Il suffit qu’un seul pays brise le consensus
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Trump a détruit USAID, donc cette dépendance a disparu
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des décennies de politiques anti-travailleureuses et pro-milliardaires ... leur troisième reprise « en forme de K », c’est-à-dire une reprise économique où les riches s’enrichissent, et les autres s’appauvrissent
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L’administration Trump s’est rangée fermement du côté des créanciers, des escrocs et des rentiers ... poursuivent le rêve d’un « monde sans les gens » ... le marché financier, les crypto-merdes ou les sites de paris ... Même l’armée ... mise à genoux pour enrichir les rentiers
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les entreprises européennes qui dépendent de l’anti-contournement sont impliquées dans les fraudes les plus sordides et dégoûtantes que l’on puisse imaginer. ... Volkswagen ... Dieselgate ... des milliers d’européens sont morts chaque année ... Mercedes, qui vous loue la pédale d’accélération de votre voiture de luxe et ne vous débloque la pleine accélération du moteur qu’en payant une souscription mensuelle, jusqu’à BMW, qui vous loue le système qui diminue automatiquement vos feux de route lorsqu’il y a des véhicules qui arrivent en face.
Légalisez le déverrouillage et n’importe quel garagiste en Europe pourrait débloquer ces fonctionnalités qui marchent à l’abonnement pour un paiement en une fois, sans rien en reverser à BMW et Mercedes.
Et puis il y a Medtronic ... la plus grande entreprise technologique dans le secteur médical, ayant racheté tous ses concurrents, et qui a ensuite entrepris la plus grande « inversion fiscale » de l’histoire, en se vendant à une petite entreprise irlandaise ... fournit au monde les ventilateurs les plus répandus et les a piégés de la même manière que John Deere piège ses tracteurs ... pendant les confinements dus au Covid, quand chaque ventilateur était d’une nécessité vitale et que les avions ne volaient plus, il n’y avait pas moyen qu’un technicien Medtronic vienne et bénisse les réparations techniques. Ce fut létal. Cela a tué des gens.
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la compagnie de trains polonaise Newag. Newag sabote ses propres locomotives, les piégeant de manière à ce que si jamais elles détectent qu’elles ont été déplacées dans le périmètre d’une compagnie concurrente, le train se met à l’arrêt. Quand l’opérateur du train appelle Newag à propos de ce mystérieux problème, la société se montre « aidante » en accédant aux ordinateurs de la locomotive pour effectuer des « diagnostics » qui ne sont rien d’autre qu’une commande de redémarrage qu’ils facturent 20 000 euros.
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En bloquant l’interopérabilité, en déclarant la guerre à l’informatique grand public nos décideurs ont créé un environnement merdigène qui a récompensé les entreprises qui se sont montrées merdiques et ont inauguré le merdocène, dans lequel tout est en train de se transformer en merde.
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Réapproprions-nous les moyens informatiques. Construisons des alternatives, gratuites, ouvertes, et auditables aux services et logiciels dont nous dépendons.
Mettons un terme à l’ère des silos. Je veux dire, est-ce que ce n’est pas foutrement bizarre à quel point on doit se soucier de savoir quelle application ou réseau une personne utilise si on veut communiquer avec elle ? Au lieu de juste avoir à se demander à qui on veut parler ?
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l’internet post-étasunien est aussi un internet post-chinois.
Aucun champ de saisie ne devrait être conçu pour pouvoir être mis à jour sans l’autorisation de l’utilisateur. Rien de critique ne devrait être une boîte noire.
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Partout dans le monde, les gouvernements déclarent la guerre aux monopoles, la source de richesse et de pouvoir des milliardaires.
...
un internet post-étasunien sera bon pour les étasuniens. Parce que dans des États-Unis en forme de K, divisés et inégalitaires, les billions que pillent les entreprises étasuniennes ne ruissellent pas jusqu’aux étasuniens
...
vous impliquer dans cette bataille ... rejoindre l’EFF dans votre pays, comme Netzpolitik ici en Allemagne ou l’Irish Council for Civil Liberties, ou La Quadrature du Net en France
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un internet nouveau et bon, qui apporte toute l’autodétermination du bon vieil internet et la facilité d’utilisation du Web 2.0 pour que tout le monde puisse en profiter.
*Classé dans :* Droits numériques, Enjeux du numérique
Clés :* Conference, Doctorow, Framalang, Loi, merdification, Traduction
Le nom de l’Assemblée Virtuelle joue sur le double sens du mot virtuel :
Le sens commun, que l’on associe souvent au numérique
Le sens philosophique qui se rapproche de la notion de potentiel : « Qui est seulement en puissance, sans effet actuel » (Wikipedia), à l’image de l’arbre qui est virtuellement présent dans la graine.
En ce sens, l’Assemblée que nous souhaitons construire n’existe pas encore, elle n’est pas actuelle, mais virtuelle. Ce qui ne veut pas dire qu’elle s’oppose au réel, au contraire, elle voudrait préfigurer son devenir.
Enjeux
Combiner le potentiel des technologies sémantiques et du modèle pair à pair pour concevoir des systèmes socio-techniques *à la hauteur des défis de notre siècle.
- Enjeux écologiques et sociaux
- Enjeux organisationnels
travailler sur 3 axes :
. Socio-culturel : Accompagner individus et organisations dans l’incorporation des logiques de collaboration en lieu et place des logiques de concurrence
. Organisationnel : Mettre en place des protocoles et règles permettant aux acteurs d’interagir en contexte distribué : Gouvernance, méthodes et pratiques adaptées aux modes d’organisation en réseau / essaim / écosystème. Celles-ci intègrent nécessairement de justes mécanismes de contribution / rétribution / régulation ad hoc afin d’assurer la résilience des écosystèmes. D’où le #CodeSocial.
. Technologique : Mettre en œuvre des protocoles, des standards, et des outils numériques les implémentant afin de favoriser le développement de ces logiques. - Enjeux technologiques
... l’absence de protocoles et de standards communs entre les plateformes induit une architecture en silos du web. En l’absence de protocoles et de standards communs, il est difficile de partager des données et de communiquer par delà les plateformes.
Et si nous faisions en sorte que les plateformes puissent se relier et interagir entre elles, par l’entremise de protocoles et de standards communs ?
Cette approche est en partie rendue possible par le développement des technologies et standards du web sémantique.
Le web sémantique propose une « grammaire » standard et des « vocabulaires » communs pour les données. Parce qu’elles partagent la même “langue”, les données peuvent se lier entre elles, quelque soit leur localisation sur le web.
A travers la spécification SOLID, il propose en outre des mécanismes d’interaction, d’authentification, d’identification et de gestion de droits normés et distribués.
Les standards du web sémantique permettent ainsi :
. A une diversité de données, publiées par une diversité d’acteurs, sur une diversité de plateformes d’être interopérables.
. Aux données d’être accessibles depuis l’ensemble des plateformes.
. Aux utilisateurs de chacune des plateformes d’interagir avec les utilisateurs de l’ensemble des plateformes selon des mécanismes de contrôle d’accès garantissant la souveraineté des individus sur leurs données et leurs interactions.
Parce que le web sémantique permet de relier les données et les plateformes entre elles, il permet d’engager une décentralisation du web – plus besoin de centraliser les données au sein d’une seule et même plateforme – et d’engager le développement de réseaux sociaux distribués.
Les évolutions technologiques nous permettent ainsi d’envisager que le web en tant que web, devienne un réseau social, une plateforme, avec à la clé une multiplicité de propriétés combinées : l’universel et le particulier, le local et le global, l’éthique et l’efficience, l’autonomie et la reliance, le chaos et l’organisation, le simple et le complexe.
Cette approche peut être nommée : Web As A Platform
Étiquettes : #CodeSocial Bus sémantique ; cartographie ; Compte rendu ; Documentation ; ETL ; Faire Systemes ; Focus ; Grands Voisins ; Hackathon ; L'association ; Meetup ; Newsletter ; Offre de stage ; Pair à Pair ; Peer to peer ; Semantic Forms ; web sémantique ; WPDLP
Ndlr : on retrouve les antagonismes identifiés par la TDM ACT
Vincent Huault est maître de conférences en paléontologie à la Faculté des sciences et technologies de Vandoeuvre-lès-Nancy depuis 1998. Il a été chargé de mission Responsabilité sociétale des universités pour l’Université de Lorraine de 2013 à 2015 et il est actuellement vice-président " Immobilier et transition énergétique" à l’Université de Lorraine. Il assure la prise en compte des évolutions d’usage et la transition numérique et poursuit la mise à niveau et en conformité du parc immobilier, le rendant plus attractif et contribuant ainsi au bien-être des personnels et des étudiants.
Pour la rentrée 2019, l'Université de Lorraine a lancé d'autre projets, comme le guide"zéro déchet" http://www.factuel.univ-lorraine.fr/node/12084 ou encore la plateforme participative "onsengage" https://onsengage.univ-lorraine.fr/.
...à destination de l’ensemble des Charentais, cette plateforme ne se limite pas au covoiturage en Charente, mais elle bénéficie des annonces des plateformes gérées par la société Ecolutis disponibles dans le France entière
ndlr : erreur 404( Page introuvable) ce jour :-(
Un « générateur d’intelligence collective ». C’est ainsi que se présente sur son site Cap Collectif, l’entreprise choisie par le gouvernement Macron pour gérer la plate-forme numérique qui recueillera les contributions des citoyens au « grand débat national ». Cette société de 25 salariés a conçu le site qui s’inscrit dans l’opération de réponse à la contestation des « gilets jaunes ».
... Quelles seront les modalités de cette participation en ligne ? Les citoyens pourront-ils poster des commentaires libres dans la forme comme sur le fond ou devront-ils répondre à des questions ?
... Cyril Lage, le fondateur de Cap Collectif ... fait partie des militants de la démocratie participative qui ont lancé en 2013 Parlement et Citoyens, une association en faveur de la construction commune des lois entre parlementaires et citoyens.
... « C’est à l’institution qui organise d’analyser et de traiter ensuite les informations pour décider comment elle va exploiter cette matière », assure-t-il.
Mais cette vision ne fait pas l’unanimité chez les acteurs de la « civic tech ». Pour Armel Le Coz, autre pionnier de la démocratie participative en France, cofondateur du collectif Démocratie ouverte : « Ce qu’il s’est passé au CESE est l’un des écueils à éviter. Lors de cette consultation, l’outil a été ouvert avec peu de médiatisation, seuls les militants ont participé. Or, il ne suffit pas d’ouvrir une plate-forme, il faut aussi aller chercher des participants qui soient représentatifs de la société française, au-delà des gens en colère. Une consultation en ligne doit être accompagnée comme un débat public, il faut distribuer la parole pour qu’elle ne soit pas monopolisée par les mêmes personnes. C’est le rôle des organisateurs et c’est pour cela qu’ils doivent être indépendants. »
... « Sans accompagnement indépendant, il y a un vrai risque que ce débat soit instrumentalisé par certains ou boudé par les “gilets jaunes” », prévient Armel Le Coz, qui estime que « le gouvernement n’a pas pris, pour le moment, les garanties nécessaires pour empêcher un nouveau fiasco »
... Autre enjeu, et non des moindres : la transparence des débats et des contributions. Quelle sera l’utilisation des informations recueillies dans le cadre de la consultation ? « Notre contrat stipule que les données, hébergées en France, appartiennent entièrement au client. Cap Collectif a interdiction formelle de les exploiter », précise Cyril Lage. Ces données seront-elles mises par le gouvernement à la disposition d’associations capables de vérifier que la restitution finale, placée sous le contrôle et la responsabilité de garants, est bien impartiale ? L’enjeu est de taille. Si le grand débat national échoue, c’est la démarche même de démocratie ouverte et participative en ligne qui risque d’être touchée.
ndlr :
- ÉVALUATION DU MÉDIATEUR-CHERCHEUR SUR LA THÉORIE DE LA MÉDIATION
. l'opérateur est une "startup" conformément à l'idéologie macronienne ultralibérale.
. Les garants découplés de la plateforme, n'apportent pas l'indépendance, ni la compétence d'un tiers médiateur, ni la capacité à embrasser une médiation nationale multiniveaux, multimédias, systémique complexe.
. c'est donc une opération sans tiers avec un maître d’œuvre - le GOUVERNEMENT - qui ne coconstruit pas avec l'ensemble des parties prenantes, mais décide qui, quoi et comment :-( Il leur impose donc SON CADRE. Elle est donc 100% PARTIALE :-( - le maître d'ouvrage est une civic tec militante de la démocratie participative. C'est conforme aux objectifs du gouvernement : amener les Gilets Jaunes sur SON terrain - la démocratie participative - pour éviter de devoir prendre en compte le sujet principal qui a émergé chez les GJ : la souveraineté populaire, sujet autrement plus ambitieux puisqu'il affirme que les élus en général et le pdt de la république doivent être et rester AU SERVICE DU PEUPLE. Le gouffre béant ouvert par le conflit perdure d'autant plus que les GJ ne semblent pas du tout renoncer à leurs exigences et leur détermination semble rester TOTALE. Donc, le BRAS DE FER CONTINUE... jusqu'à preuve du contraire... Bon courage Mr Macron.
- Les recommandations du M-C :
. identifier les parties prenantes, les consulter en amont, coconstruire avec elles dans la négociation un cadre de médiation susceptive d'être tenu par un opérateur médiateur. Les moyens nécessaires avec les budgets doivent être laissés au médiateur.
. S'il considère nécessaire de faire appel aux UDTIC, il est le garant du cahier des charges et doit participer à la décision du choix des prestataires. Il s'attache particulièrement à maintenir la cohérence du dispositif. Ce tiers médiateur DOIT être un dual du système et donc décomposer en sous-systèmes et sous-ensembles. Tout présupposé comme "démocratie participative" est NON NEUTRE.
Pour le pionnier du Web français Tariq Krim, l'histoire du déclin du numérique français est une tragédie en 3 actes. Il existe pourtant une sortie de crise. Par Tariq Krim
Pionnier du Web francais, Tariq Krim est fondateur de Netvibes, Jolicloud et de la plateforme de Slow Web dissident.ai.
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Pourquoi la France est-elle passée du statut de pays leader dans la technologie à celui beaucoup moins enviable de nation consommatrice de smartphones obligée de mendier un peu d'oxygène aux grandes plateformes pour développer ses projets ?
L'histoire du déclin du numérique français est une tragédie en trois actes. Il y eut d'abord les « 30 honteuses du numérique », où une petite élite arrogante et dénuée de vision stratégique a démantelé notre industrie informatique et électronique grand public. Elle a débranché les travaux de recherches les plus intéressants et laissé nos meilleurs développeurs partir à l'étranger faute de pouvoir les associer à des projets ambitieux.
Vient ensuite la capitulation vis-à-vis des grands acteurs américains. Ainsi, de nombreux politiques et hauts fonctionnaires français leur ont permis d'intégrer leurs technologies au cœur des prérogatives régaliennes de l'État : défense, renseignement, éducation, sécurité, mais aussi culture. Plusieurs d'entre eux quitteront leurs fonctions pour aller rejoindre ces sociétés.
Le troisième acte se joue en ce moment. Alors que nos dirigeants se préparent à une vente à la découpe, il reste cependant un mince espoir d'inventer une autre manière d'utiliser le réseau plus en phase avec nos principes et nos valeurs.
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En 1993, les États-Unis lancent le projet des « Autoroutes de l'information » qui fera notamment de l'Internet et du numérique le fer de lance de leur nouvelle stratégie de croissance. Au même moment, l'Europe décide de miser sur les industries traditionnelles… et le diesel propre ! Vingt-cinq ans plus tard, les Gafam dominent aujourd'hui le monde et le patron d'Audi a été arrêté pour avoir faussé les mesures de pollution de ses moteurs. En France, les Gilets jaunes ne comprennent pas pourquoi ils sont taxés sur le diesel alors que pendant des années on les a massivement incités à acheter les voitures utilisant ce type de carburants.
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Nous aurions pu avoir un autre destin, car si les États-Unis avaient la vision et l'argent, c'est en Europe qu'ont été inventées deux des briques fondamentales de l'Internet : Linux et le Web. Mais à la différence du standard GSM, ces dernières ont eu le malheur d'être conçues par des individus talentueux hors des grandes institutions. Snobés chez nous, ces deux projets deviendront le moteur des plateformes numériques américaines et chinoises et l'instrument de leur domination mondiale. Car c'est bien de la détection précoce des technologies d'avenir et des talents que viennent les succès de sociétés comme Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft. La France ne voit pas les choses de la même manière, notre élite méprise ce qui est marginal, différent ou simplement trop petit. Le scénario de « dénumérisation » de la France suivra toujours le même schéma. Nous vendrons à la casse nos sociétés, ou les dilapiderons alors qu'elles possédaient en interne les technologies qui, si elles avaient été mieux valorisées, nous auraient permis d'influencer la direction prise par l'Internet.
Tout commence dans les années 70, avec l'abandon du réseau Cyclades de Louis Pouzin au profit du Minitel. Louis Pouzin en est le concepteur et il est l'inventeur de la segmentation des données en « Datagramme ». Il sera récompensé (avec Tim Berners-Lee et Vinton Cerf) par la reine d'Angleterre pour ses contributions essentielles à la création de l'Internet et il reste à ce jour un inconnu du grand public en France. Il faudra attendre 1994 pour que nos chercheurs acceptent enfin de s'intéresser à autre chose qu'à des technologies incompatibles avec l'Internet. Dans les années 90, c'est au tour du Premier ministre de l'époque Alain Juppé d'expliquer, au journal de 20 heures, sa décision de vendre à la casse Thomson Multimédia au coréen Daewoo : « Thomson, ça ne vaut rien, juste un franc symbolique. » Le gouvernement obsédé exclusivement par le volet social de l'entreprise ignore que Thomson multimédia dispose d'une grande partie des brevets sur la musique (le fameux MP3) et la vidéo en ligne qui seront utilisés quelques années plus tard dans tous les smartphones. Sa branche grand public sera démantelée et vendue au chinois TCL et ses meilleurs ingénieurs partiront chez Google.
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Alcatel décide de transférer ses usines vers la Chine. Son PDG veut appliquer la stratégie du « fabless », à savoir délocaliser la production tout en conservant le design en France. Ce sera une grossière erreur d'analyse. Lorsque les smartphones deviennent un succès international, la France n'a plus de capacités industrielles dans ce secteur, alors qu'elle était l'un des principaux fabricants dans le monde.
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la France préfère s'embourber dans des grands projets institutionnels sans avenir.
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Tout récemment, le rapport sur l'intelligence artificielle de Cédric Villani n'a pas fait mention des deux meilleures solutions open sources dans le domaine : SciKit Learn et Keras qui se trouvent être… françaises.
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L'acte deux commence avec le quinquennat Hollande. Un changement d'attitude va s'opérer vis-à-vis des grandes plateformes. La défaite est désormais entérinée en coulisses. Il ne s'agit plus d'exister au niveau mondial, mais de négocier avec les Gafam tout en faisant mine de s'indigner publiquement de leurs abus de position dominante.
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Comment, dans ces conditions, se plaindre des conséquences des réseaux sociaux et de l'impact des Gafam sur notre démocratie quand nous leur avons ouvert si largement les portes de l'État ?
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La France peut d'ailleurs se targuer d'être la seule démocratie occidentale à ne pas avoir ouvert de commission d'enquête à la suite de l'affaire Cambridge Analytica. Le gouvernement a préféré annoncer une collaboration rapprochée avec Facebook. Il s'agit de maintenir l'illusion que l'on peut gérer l'État comme une start-up, tout en feignant d'oublier que la majorité d'entre elles échoue dans les deux ans qui suivent leur création. En effet, ce gouvernement prend un risque inconsidéré en pariant notre avenir sur une hypothétique transformation numérique autour de « l'intelligence artificielle ».
Si nous ne nous donnons pas les moyens de réguler la manière dont ses entreprises et ce type de technologies fonctionnent, nous pourrions détruire notre modèle social en tentant de copier ceux de la Chine ou des États-Unis.
L'ironie du sort veut que, désormais, certains industriels et chercheurs américains s'appuient sur l'Europe et sa réglementation sur les données personnelles pour sortir d'un modèle numérique qui n'est pas « durable »
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la meilleure réponse à la crise de confiance systémique vis-à-vis des Gafam est de soutenir les mouvements autour des technologies « éthiques ». Il s'agit d'un nouveau terrain de croissance industrielle pour l'Europe, comme le Bio l'a été pour l'agriculture.
De nombreux entrepreneurs réfléchissent à d'autres façons de concevoir la technologie, s'appuyant beaucoup moins sur la donnée et créant moins d'intrusions vis-à-vis de leurs utilisateurs.
C'est le mouvement autour des logiciels éthiques et du Slow Web. Ce mouvement, qui s'est réuni en septembre dernier à Copenhague, souhaite définir un meilleur équilibre entre usage numérique et monde réel pour ne pas rendre ces technologies aliénantes. Il prône notamment l'arrêt de certaines pratiques toxiques comme le profilage (micro targeting) ou la manipulation de nos émotions via des messages ciblés sur nos mobiles dont nous avons vu les conséquences désastreuses lors du référendum sur le Brexit ou l'élection américaine. Parce que nous avons laissé le numérique devenir un sujet politique de second plan, et que nous avons nommé des communicants à la tête des institutions qui devaient s'en occuper, il n'y a pas eu de véritable débat sur la digitalisation de l'État, et sur les conséquences que ces technologies peuvent avoir sur chacun d'entre nous.
Nous devons désormais exiger que les choix technologiques faits par l'État (comme les décisions politiques dans ces domaines) soient lisibles et compréhensibles par l'ensemble des citoyens… Car s'il s'agit de faire de la France une colonie numérique des plateformes et qui ne profiterait qu'à une petite bourgeoisie d'Internet, alors il faudra le dire clairement !
Il est temps également de voir émerger* une nouvelle forme de résistance citoyenne. Car l'usage de ces technologies n'est pas neutre, la substitution de l'action de l'État par des algorithmes rend caduque l'égalité de traitement entre chaque Français. Le remplacement de nos services publics par un « État plateforme » totalitaire (à l'instar du « Crédit social » qui voit chaque Chinois recevoir une note qui détermine leur capacité à se déplacer ou à obtenir un crédit) n'est pas la vision que nous souhaitons promouvoir. C'est pourtant ce qui se prépare dans certains cabinets ministériels lorsqu'il est question d'État plateforme… En espérant que la France reprenne le dessus sur ces questions, il faut saluer l'action de la commissaire européenne danoise Margrethe Vestager qui a su faire preuve d'un véritable leadership sur la régulation des plateformes. Il sera important lors des prochaines élections européennes de lui permettre de s'appuyer sur un parlement qui sera capable de l'aider à poursuivre sa tâche.
- Tariq Krim, pionnier du Web français, fondateur de Netvibes, Jolicloud et de la plateforme de Slow Web dissident.ai.
cf aussi https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?Mwhg9Q
Skeptikón est une plateforme de vidéos en ligne autour de la zététique, de l'esprit critique, du scepticisme de manière plus générale.
Cette plateforme est une instance de Peertube, une solution d'hébergement décentralisé de vidéos et basée sur du logiciel libre. Elle ne contient aucune publicité et ne trace pas vos activités dessus (contrairement à d'autres plateformes bien plus connues). Elle est mise à disposition bénévolement et à titre gracieux.
Le nom Skeptikón (σκεπτικόν) est la forme neutre de l'adjectif en grec ancien σκεπτικός / σκεπτική / σκεπτικόν, signifie « Qui observe, qui réfléchit. ». Le choix du neutre vise à être inclusif, indifféremment du genre.
Si vous réalisez des vidéos autour des sujets cités plus haut et que vous souhaitez les voir apparaître sur la plateforme, je serais ravi que nous prenions contact pour en discuter par mail : florent.peertube@zeteo.me.
Par Sarah Sermondadaz @datisdaz
Le 22.12.2016 à 14h39
Le gouvernement a annoncé la création d'une plate-forme scientifique avec l'Inria afin d'évaluer la responsabilité et la transparence des algorithmes. Entretien avec Nozha Boujemaa, directrice de recherche Inria et chef de projet TransAlgo.
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Les technologies big data provoquent un climat de suspicion (cf. la publication d'essais comme L'Homme nu de Marc Dugain, ou encore La vie algorithmique d'Eric Sadin) qu'il nous faut démystifier. C'est la mission de Transalgo : apporter une aide à la décisions aux régulateurs dans le cadre de la loi pour une république numérique, et émettre des recommandations aux concepteurs. Mais avant tout il faudra définir ce que l'on appelle un logiciel transparent, neutre, loyal, ou équitable, notions juridiques à la base.
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pour agir tout en préservant nos singularités, nous coopérons au sein d’une plateforme nationale, porte-drapeau de multiples actions locales et cheville ouvrière d’une mutualisation de services et du portage de projets communs. Nous décidons de nous doter d’un outil commun, une coopérative d’intérêt collectif à laquelle sera adossé un fonds de dotation.
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Comprendre et dépasser la violence contemporaine
Observatoire des radicalisations
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