par Framasoft | 16 Avr 2026
| Temps de lecture 52 min
Voilà plus de 15 ans que le Framablog traduit les écrits du militant anglo-canadien Cory Doctorow. Le prolifique auteur d’ouvrage de fiction, d’essais (comme « Détruire le capitalisme de surveillance » (2020)), et d’innombrables billets de blog, est membre actif de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation qui lutte notamment en faveur du respect de la vie privée en ligne.
Fin 2011, Cory donnait une conférence mémorable au Chaos Communication Camp, que Framasoft avait traduite et relayée : « On ferme ! La guerre imminente contre nos libertés d’utilisateurs ».
Le 28 décembre 2025, l’hacktiviste faisait en quelque sorte une mise-à-jour avec une nouvelle conférence « Un Internet post-étasunien, conçu pour résister à la merdification », à l’occasion de la 39e édition du CCC à Hambourg en Allemagne.
Voici une traduction de la transcription de cette conférence, réalisée par Framalang.
L’internet post-étasunien.
Transcription de Cory Doctorow de sa propre conférence au 39C3. Traduction par Framalang (Ambar, Booteille, christian, Henri-Paul, Javier, jums, Kit, Lumi, MathildeC, pyg, retrodev, tcit).
Mise en forme pour le blog, mèmes, illustrations, hyperliens, : pyg.
Vidéo de la conférence « Un Internet post-étasunien, conçu pour résister à la merdification »,
de Cory Doctorow, à l’occasion de la 39e édition du CCC à Hambourg en Allemagne..
(Sous-titres FR https://framatube.org/lazy-static/video-captions/0ef835bf-aa74-4bb3-9de2-abb2ddaa65d3-fr.vtt – Sous-titres EN)
-> https://framatube.org/w/t257S21Mj8eS3dz8apeFro
La plupart d’entre vous savent que je suis militant engagé depuis bientôt 25 ans à l’Electronic Frontier Foundation (EFF)
...
nous perdons la guerre de l’informatique grand public.
C’est pourquoi, plusieurs décennies plus tard, je suis de retour à Hambourg. Je tente, depuis des années, d’enfoncer une porte fermée à double tour : une porte qui mène à un Internet neuf et vertueux, un Internet qui nous offre à la fois l’autodétermination technologique de l’Internet d’autrefois et la facilité d’accès pour tous, nos semblables néophytes compris, de l’Internet 2.0. Cette porte, mes ami·e·s, vient de s’ouvrir.
...
grâce à Donald Trump
...
je n’apprécie ni Trump ni sa politique ... l’internet post-étasunien que nous pouvons arracher au chaos créé par Trump
...
a mobilisé une nouvelle coalition ... en mobilisant de nouveaux allié⋅es ... ont assez en commun pour se battre côte à côte ... qui inclut celles et ceux qui se battent pour nos droits numériques depuis des décennies, mais aussi des gens qui veulent transformer les milliards des géants du numérique étasuniens en milliards pour leur propre économie, et enfin des obsédés de la sécurité nationale inquiets, à juste titre, quant à la souveraineté numérique.
La thèse que je défends ici est que cette coalition est inarrêtable
...
il y a 14 ans, devant ce groupe, j’ai expliqué la « guerre de l’informatique grand public » ... dans les textes législatifs est « anti-contournement »
...
Selon les lois anti-contournement, il est illégal de modifier le fonctionnement d’un produit ou service numérique, sans le consentement du fabricant, et – point crucial – cela reste vrai même si cette modification n’enfreint aucune autre disposition légale. ... nous viennent des États-Unis ... « contrôle d’accès » d’une œuvre soumise au droit d’auteur comme un crime passible d’une peine de prison de cinq ans et d’une amende de 500 000 dollars dans le cas d’une première condamnation.
...
n’importe quel fabricant peut facilement transformer son produit en une zone de non-droit, qui criminalise à la fois le fait d’examiner, rapporter et corriger ces failles. ... signature du DMCA [ndt le Digital Millennium Copyright Act] par Bill Clinton. Mais avant que vous ne commenciez à railler ces stupides étasuniens, sachez ceci : tous les autres pays du monde ont voté une loi comme celle-là, depuis. Ici, en UE, c’est l’article 6 de la Directive européenne sur le droit d’auteur de 2001 qui marque le début de l’anti-contournement. ... En rendant illégale la modification des produits numériques sans l’accord du fabricant, les États-Unis accroissent les capacités de rente extractive des entreprises les mieux cotées de la bourse étasunienne. ... via l’accord de libre-échange avec les États-Unis, obligeant ... à promulguer une loi anti-contournement.
...
le représentant étasunien au commerce a obligé chacun de ses partenaires commerciaux à adopter une loi anti-contournement, pour faciliter l’extraction de données et d’argent de leur propre peuple par des entreprises étasuniennes. Mais bien sûr, cela ne fait que soulever une autre question : pourquoi tous les autres pays du monde accepteraient-ils de laisser les États-Unis voler les données et l’argent de leurs propres peuples, et empêcher leurs secteurs technologiques nationaux de faire des produits interopérables qui éviteraient ce vol ?
...
L’alternative c’était les droits de douane. Eh bien, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais on a les droits de douane maintenant !
...
il y a une troisième réponse possible aux droits de douane. Une réponse qui n’attend qu’à être testée : et si on abrogeait les lois anti-contournement ?
...
tracteurs John Deere ... le tracteur ne reconnaît pas ces nouvelles pièces et refuse de démarrer tant que le fermier n’a pas dépensé quelques centaines de dollars pour faire appel à un réparateur John Deere officiel, dont le seul travail consiste à saisir un code de déverrouillage sur la console du tracteur, pour initialiser la pièce et l’associer à l’ordinateur central du tracteur.
...
Apple force tous ses vendeurs d’application à utiliser son système de paiement, et prend une commission de 30 % sur chaque euro dépensé dans une application.
30 % ! C’est une affaire tellement rentable qu’Apple en tire 100 milliards de dollars chaque année. Si l’Union Européenne abrogeait l’article 6 de la Directive sur le droit d’auteur, quelques geeks malins en Finlande pourraient faire de la rétro-ingénierie sur les systèmes de démarrage d’App et créer un appareil qui déverrouille les téléphones afin qu’ils puissent utiliser des magasins d’application alternatifs. Ils pourraient vendre cet appareil, ainsi que l’infrastructure nécessaire pour faire tourner un magasin d’application à toute personne dans le monde qui souhaite entrer en compétition avec Apple pour capter ses utilisateurs et ses éditeurs d’applications.
Ces concurrents pourraient offrir une réduction de 90 % à tou·te·s les bricoleur·euse·s de Etsy, tou·te·s les artistes de Patreon, tous les médias d’actualité, tou·te·s les développeur·euse·s de jeux, tous les systèmes de VOD. Ils pourraient leur offrir 90 % de réduction sur les paiements et quand même gagner 10 milliards de dollars par an.
...
il y a une chose que l’UE peut faire de manière fiable à 100 % : elle peut décider de ne pas laisser Apple utiliser les tribunaux européens dans le but de faire fermer les entreprises européennes qui déverrouillent les téléphones pour défendre les éditeurs, artistes, bricoleur·euse·s, médias d’actualité, développeur·euse·s de jeux et créateur·ice·s européen·ne·s contre les arnaques d’Apple.
Tout ce que l’Union Européenne a besoin de faire, c’est d’abroger l’Article 6 de la Directive sur le droit d’auteur et, ainsi, priver Apple du privilège d’utiliser le système judiciaire européen pour consolider sa taxe annuelle de 100 milliards de dollars sur l’économie numérique du monde. Les entreprises européennes qui réaliseront à quel point il est rentable de déverrouiller des iPhones auront des clients du monde entier, y compris des États-Unis, où Apple n’utilise pas seulement son veto pour décider quelles applications vous pouvez faire tourner sur votre téléphone pour siphonner 30 % de chaque dollar que vous dépensez, mais aussi pour retirer des applications qui protègent ses clients de la prise de pouvoir fasciste de Trump.
...
En octobre dernier, Apple a viré l’application « ICE Block » de l’App Store. C’est une application qui sert à prévenir les utilisateurs si une équipe de voyous masqués de l’ICE est dans les parages à la recherche de quelqu’un à kidnapper et à envoyer dans un goulag à l’étranger. Apple a classé en interne les kidnappeurs de l’ICE comme un « groupe protégé », et a déclaré que l’application ICE block était une atteinte aux droits de ces pauvres voyous de l’ICE.
...
réponse ciblée : visez les marges des géants du numérique, et vous vous attaquez frontalement à ces entreprises dont les PDG ont chacun payé un million de dollars pour s’asseoir derrière Trump le jour de son investiture.
Piller les marges bénéficiaires des géants du numérique n’est pas une attaque contre le peuple des États-Unis, ni contre les petites entreprises des États-Unis qui se font arnaquer par les géants du numérique. C’est une attaque contre les entreprises qui arnaquent quotidiennement le monde entier comme les étasuniens. C’est un moyen de rendre chacun plus riche au dépend de ces entreprises arnaqueuses.
...
vachement mieux que brûler des centaines de milliards de dollars pour construire des centres de données dédiés à l’IA dans l’espoir qu’un jour, un secteur qui a perdu un billion de dollars (mille milliards de dollars) pour produire des agents conversationnels pourris trouve enfin un usage aux cartes graphiques qui ne soit pas une hémorragie financière dès qu’ils les branchent.
Voilà donc nos nouveaux alliés dans la guerre de l’informatique grand public : des entrepreneurs et des techniciens qui veulent faire des milliards de dollars en pillant les marges bénéficiaires des géants du numérique, et des législateurs qui veulent que leur pays soit celui de la dé-merdification. Le pays qui n’a pas seulement protégé l’argent et la vie privée de son peuple en achetant des déverrouillages à d’autres pays, mais plutôt le pays qui a fait des milliards de dollars en vendant au reste du monde ces technologies de protection de la vie privée et du portefeuille.
...
risque infrastructurel ... Quasiment tous les ministères, toutes les grandes corporations, toutes les petites entreprises et tous les foyers du monde se sont enfermés dans un service de cloud basé aux États-Unis.
La poignée d’entreprises du numérique étasuniennes qui fournissent les outils d’administration du monde entier sont vulnérables à la pression de l’administration Trump, et cela signifie que Trump peut planter une nation entière.
L’attaque contre la CPI était un acte de cyberguerre, tout comme les hackers russes qui arrêtent des centrales électriques ukrainiennes, sauf que Microsoft n’a pas besoin de pirater Outlook pour planter la CPI : elle possède Outlook.
...
le gouvernement étasunien peut contraindre toute entreprise basée aux États-Unis à divulguer des données de ses utilisateurs – y compris celles de gouvernements étrangers – et peu importe l’endroit où sont stockées ces données ... peut imposer des obligations de silence aux entreprises
...
enfin, des choses se mettent en mouvement, comme « Eurostack« , un projet visant à cloner les fonctionnalités des silos des géants du numérique étasuniens sous forme de logiciels libres/open source, et à construire des centres de données basés dans l’Union Européenne sur lesquels on pourra déployer le code de ces logiciels.
...
on a aussi besoin de construire les outils d’interopérabilité antagonistes qui permettent d’exporter en masse des millions de documents, les structures de données sensibles et les historiques de modifications.
On a besoin de scrapers et de navigateurs sans interface graphique pour mettre au point l’interopérabilité antagoniste qui garantira une continuité de service aux institutions encore hébergées par des services cloud étasuniens, car les entreprises étasuniennes ne faciliteront pas d’elles-mêmes l’exode massif de leurs clients internationaux hors de leurs plateformes.
...
première étape ... tuer les lois anti-contournement ... faire tourner des outils virtuels pouvant être scriptés, casser les systèmes de démarrage pour changer les micrologiciels et plus généralement prendre le contrôle des moyens de calcul.
...
nous aurons un internet post-étasunien : avec une coalition inarrêtable d’activistes, d’entrepreneurs et de conseillers en sécurité intérieure.
...
les États-Unis comme une plateforme neutre, un garant de confiance stable des systèmes essentiels aux échanges mondiaux. C’est ce que les politologues Henry Farrell et Abraham Newman appellent « l’Empire souterrain ». Mais lors des 15 dernières années, les États-Unis ont systématiquement brisé la confiance mondiale en leurs institutions, un processus qui n’a fait que s’accélérer sous Trump.
Prenez les câbles à fibre optique transocéaniques ... mettre tous les œufs des télécommunications mondiales dans le (même) panier étasunien ne marche que si les États-Unis ne tirent pas profit de leur centralité. Et alors que beaucoup de gens se souciaient de ce que les États-Unis pouvaient faire à la tête de l’infrastructure mondiale, ce n’est qu’avec les révélations de Mark Klein en 2006 sur les écoutes à l’échelle nationale de la NSA du réseau de fibres optiques de AT&T, et les documents d’Edward Snowden en 2013 qui montraient l’ampleur mondiale de ces écoutes, que le monde a dû se confronter à cette réalité indéniable : on ne pouvait plus faire confiance aux États-Unis comme centre mondial de la fibre.
...
ne pouvaient pas faire confiance à la Réserve Fédérale étasunienne pour leurs réserves de change
...
ne marche que si le dollar est une plateforme neutre. À partir du moment où le dollar devient un instrument de la politique étrangère étasunienne, que vous soyez d’accord avec cette politique ou pas, ce n’est plus une plateforme neutre et le monde entier se met à la recherche d’alternatives.
...
il y a un système post-étasunien qui est facile à imaginer.
Le projet de remplacer toutes les boites noires connectées au cloud, dotées de portes dérobées et auxquelles on ne peut pas se fier, qui font tourner nos institutions, nos implants médicaux, nos véhicules et nos tracteurs, par un code ouvert, libre, fiable, vérifiable et maintenu collectivement.
Ce projet est le seul qui tire profit des économies d’échelle au lieu de se retrouver paralysé par des crises exponentielles de mise à l’échelle. Cela vient du fait que n’importe quel outil libre et ouvert adopté par une institution publique – comme les services Eurostack – peut être audité, localisé, soumis à des tests de sécurité, débogué et amélioré par des institutions de tous les autres pays.
C’est un bien commun, plutôt comme une science que comme une technologie. Il est universel, international et collaboratif
...
le logiciel n’est pas un atout, c’est une responsabilité
...
le chatbot ne peut pas faire ton travail mais un commercial qui vend des IA peut convaincre ton patron de te virer et de te remplacer par un chatbot qui ne peut pas faire ton travail.
Ton patron est une cible facile ... fantasme de l’entreprise sans travailleuses
...
manière dont Trump a viré tous les scientifiques du gouvernement étasunien, puis a annoncé le lancement du programme « Genesis », avec pour objectif que les États-Unis produiront des avancées scientifiques annuelles d’une magnitude comparable à un lancement vers la Lune, via un chatbot
...
elle alimente leurs fantasmes d’un monde sans humains
...
En trois petites années, l’adoption du solaire a atteint des sommets sur le continent. L’UE est passée de 15 ans de retard dans la transition énergétique à 10 ans d’avance sur ses prévisions. ... quand vous tremblez dans le noir, beaucoup de batailles que vous ne pensiez pas dignes d’être menées deviennent soudainement des batailles existentielles
...
en abrogeant les lois anti-contournement. N’importe quel pays pourrait le faire ! Et le pays qui le fait en premier va profiter du fait de fournir des outils de déverrouillage au reste du monde, il deviendra la Nation de la Dé-merdification, et le reste du monde pourra acheter ces outils et se défendre contre le pillage financier et de la vie privée des entreprises étasuniennes.
Il suffit qu’un seul pays brise le consensus
...
Trump a détruit USAID, donc cette dépendance a disparu
...
des décennies de politiques anti-travailleureuses et pro-milliardaires ... leur troisième reprise « en forme de K », c’est-à-dire une reprise économique où les riches s’enrichissent, et les autres s’appauvrissent
...
L’administration Trump s’est rangée fermement du côté des créanciers, des escrocs et des rentiers ... poursuivent le rêve d’un « monde sans les gens » ... le marché financier, les crypto-merdes ou les sites de paris ... Même l’armée ... mise à genoux pour enrichir les rentiers
...
les entreprises européennes qui dépendent de l’anti-contournement sont impliquées dans les fraudes les plus sordides et dégoûtantes que l’on puisse imaginer. ... Volkswagen ... Dieselgate ... des milliers d’européens sont morts chaque année ... Mercedes, qui vous loue la pédale d’accélération de votre voiture de luxe et ne vous débloque la pleine accélération du moteur qu’en payant une souscription mensuelle, jusqu’à BMW, qui vous loue le système qui diminue automatiquement vos feux de route lorsqu’il y a des véhicules qui arrivent en face.
Légalisez le déverrouillage et n’importe quel garagiste en Europe pourrait débloquer ces fonctionnalités qui marchent à l’abonnement pour un paiement en une fois, sans rien en reverser à BMW et Mercedes.
Et puis il y a Medtronic ... la plus grande entreprise technologique dans le secteur médical, ayant racheté tous ses concurrents, et qui a ensuite entrepris la plus grande « inversion fiscale » de l’histoire, en se vendant à une petite entreprise irlandaise ... fournit au monde les ventilateurs les plus répandus et les a piégés de la même manière que John Deere piège ses tracteurs ... pendant les confinements dus au Covid, quand chaque ventilateur était d’une nécessité vitale et que les avions ne volaient plus, il n’y avait pas moyen qu’un technicien Medtronic vienne et bénisse les réparations techniques. Ce fut létal. Cela a tué des gens.
...
la compagnie de trains polonaise Newag. Newag sabote ses propres locomotives, les piégeant de manière à ce que si jamais elles détectent qu’elles ont été déplacées dans le périmètre d’une compagnie concurrente, le train se met à l’arrêt. Quand l’opérateur du train appelle Newag à propos de ce mystérieux problème, la société se montre « aidante » en accédant aux ordinateurs de la locomotive pour effectuer des « diagnostics » qui ne sont rien d’autre qu’une commande de redémarrage qu’ils facturent 20 000 euros.
...
En bloquant l’interopérabilité, en déclarant la guerre à l’informatique grand public nos décideurs ont créé un environnement merdigène qui a récompensé les entreprises qui se sont montrées merdiques et ont inauguré le merdocène, dans lequel tout est en train de se transformer en merde.
...
Réapproprions-nous les moyens informatiques. Construisons des alternatives, gratuites, ouvertes, et auditables aux services et logiciels dont nous dépendons.
Mettons un terme à l’ère des silos. Je veux dire, est-ce que ce n’est pas foutrement bizarre à quel point on doit se soucier de savoir quelle application ou réseau une personne utilise si on veut communiquer avec elle ? Au lieu de juste avoir à se demander à qui on veut parler ?
...
l’internet post-étasunien est aussi un internet post-chinois.
Aucun champ de saisie ne devrait être conçu pour pouvoir être mis à jour sans l’autorisation de l’utilisateur. Rien de critique ne devrait être une boîte noire.
...
Partout dans le monde, les gouvernements déclarent la guerre aux monopoles, la source de richesse et de pouvoir des milliardaires.
...
un internet post-étasunien sera bon pour les étasuniens. Parce que dans des États-Unis en forme de K, divisés et inégalitaires, les billions que pillent les entreprises étasuniennes ne ruissellent pas jusqu’aux étasuniens
...
vous impliquer dans cette bataille ... rejoindre l’EFF dans votre pays, comme Netzpolitik ici en Allemagne ou l’Irish Council for Civil Liberties, ou La Quadrature du Net en France
...
un internet nouveau et bon, qui apporte toute l’autodétermination du bon vieil internet et la facilité d’utilisation du Web 2.0 pour que tout le monde puisse en profiter.
*Classé dans :* Droits numériques, Enjeux du numérique
Clés :* Conference, Doctorow, Framalang, Loi, merdification, Traduction
La plate-forme HelloAsso a le vent en poupe, et touche de plus en plus d’associations. Elle se présente comme pouvant simplifier l’organisation de vos conférences – festivals – boutiques – voyages – soirées – cours – compétitions – tournois – ateliers – stages – cotisations – courses – financements – projets… au travers d’outils tels que la gestion des dons, la mise en place de crowdfunding, la gestion des adhésions ou la billetterie.
L’équipe de HelloAsso c’est actuellement 65 salarié⋅es : des directeurs⋅trices, des chargé·es d’accompagnement, de communication, de développement, une équipe de développeurs·ses… Elle connaît une expansion très forte : en un an, le nombre de salarié⋅es a doublé. 100 000 associations seraient inscrites sur la plate-forme, et fin 2019, ce sont 210 millions d’euros qui ont été collectés pour les associations !
L’usage du numérique et des données
Disons-le d’emblée : les services proposés sont sympas, HelloAsso est experte dans le paiement en ligne. C’est beau, c’est moderne, modulable, ergonomique, facile à intégrer, à utiliser…
Mais… les logiciels développés par HelloAsso sont privateurs. À l’inverse des logiciels libres, nous n’avons pas connaissance de ce qu’ils font ni comment. Nous ne pouvons pas non plus les installer ni les exécuter sur notre ordinateur, ou mettre en place un HelloAsso bis, que l’on administrerait. La notion de logiciel est d’ailleurs rendue archaïque, puisque l’utilisateur·trice n’a plus à s’en soucier : désormais, tout passe par des services en ligne, dans le « cloud » [1]. Nous voilà donc privé⋅es de toute liberté sur ces services et logiciels, seuls leurs propriétaires (les dirigeants de HelloAsso, donc) en ont le contrôle. Par ailleurs, HelloAsso choisit d’héberger ses applicatifs chez Microsoft.
...
La récupération des émotions
Il convient de s’interroger sur le modèle de « pourboires » – rebaptisé « contributions volontaires » depuis – appliqués aux paiements, et sur lequel repose HelloAsso.
...
Statuts, vertu et perspectives
HelloAsso, contrairement à ce que présupposent la plupart des associations utilisatrices, n’est elle-même pas une association. C’est une société par actions simplifiée (SAS), détenue jusque-là pour l’essentiel par une personne.
...
L’influence de l’entreprise sur le monde associatif serait alors indéniable, en le modelant au travers de leur activité déployée. Des plateformes comme BlaBlaCar, détenue par la société Comuto, ont par exemple mené avec succès une stratégie d’enfermement commercial d’un service qui se présentait comme communautaire, en le rendant payant après quelques années.
En guise de conclusion…
... un regard critique sur la réalité du système HelloAsso ... des outils numériques utilisés par les associations souvent considérés et présentés comme neutres et sans enjeux. Or, cette fausse neutralité recouvre à la fois de réelles considérations marchandes, et de forts enjeux en matière de sécurité et de confidentialité.
...
nous appelons le monde associatif à définir lui-même ses besoins, et à s’auto-organiser, le cas échéant, pour se doter d’un éco-système numérique de confiance, contrôlé et maîtrisé par les associations elles-mêmes.
Enfin, nous appelons le monde associatif à se questionner sur ce recours aveugle aux outils numériques : n’est-il plus possible de s’associer sans avoir recours à ces géants de la technologie ? Ne pouvons-nous pas simplement se voir, échanger, tisser du lien social ? C’est moins « rapide » et plus « exigeant », mais, à minima, cela renforce le projet associatif.
- Texte au format PDF* (PDF - 191.7 ko) http://www.cliss21.com/site/IMG/pdf/aubonheurdesassociations_150dpi.pdf
Vidéo "Une commission neutre et indépendante"
Voir notamment :
- Les objectifs et principes du débat "Permettre la participation de tous au processus d’élaboration ... permettre à chacun d’avoir accès à une information complète afin de pouvoir participer au débat et formuler ainsi un avis éclairé ..." https://eolmernormandie.debatpublic.fr/debat/les-objectifs-et-principes-du-debat
- La bibliothèque du débat https://eolmernormandie.debatpublic.fr/les-ressources/bibliotheque-debat
Ndlr : les promesses (participation de tous, neutralité, information complète, etc) sont-elles tenables, pertinentes ? ACT
Le cas de classes virtuelles synchrones dans un dispositif de formation en ligne
-> https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02182525/document
Cette recherche, menée auprès de formateurs d’étudiants de L3 et M1 de Sciences de l’Éducation du dispositif de formation en ligne FORSE, étudie les effets de la médiation produits par les usages des classes virtuelles synchrones. Une analyse de la littérature du concept de médiation ainsi que celle des usages d’instruments numériques par les enseignants de dispositifs en ligne nous a conduit à construire notre questionnement autour de quatre axes principaux. Ils sont liés aux effets des classes virtuelles synchrones sur la médiation humaine, à l’impact sémiotique de ces logiciels sur les pratiques pédagogiques des enseignants, ainsi que de la médiation sur la scénarisation liée à la diffusion des supports numériques et enfin aux interactions entre les formateurs et leurs apprenants. Les résultats de cette recherche montrent, comme c’est généralement le cas dans les travaux portant sur les technologies numériques en éducation, que l’usage d’un tel instrument n’est jamais neutre et confirment qu’il est à l’origine d’effets sur la relation pédagogique entre le formateur et ses apprenants.
...
mon boulot est un boulot de médiation, c’est-à-dire de faire le lien entre ce que je leur demande et les contenus, pour essayer de les emmener, de les prendre un peu par la main, vers du lien entre les attentes et la tâche. Et puis, ça me permet aussi d’expliciter les critères d’évaluation, et puis toutes les formes du travail final qui sera demandé. »
...
la médiation numérique via la classe virtuelle impose pour l’enseignant de repenser la mise à disposition de ses supports de cours.
...
6.4 Une médiation numérique qui impose une gestion complexe des interactions par l’enseignant
...
AUTEUR HERVÉ DAGUET Laboratoire CIVIIC, Département des Sciences de l’Éducation - Université de Rouen, U.F.R. Sciences de l’Homme et de la Société - herve.daguet@univ-rouen.fr
Le 15 octobre, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, était à Angers afin d’échanger avec ses délégués bénévoles sur l’accès aux droits des habitants de la région.
échanger sur la participation du Défenseur des droits au dispositif expérimental de la médiation préalable obligatoire (MPO). En effet, depuis février 2018, les délégués du Défenseur des droits présents dans six départements (Loire Atlantique, Maine-et-Loire, Isère, Haute Garonne, Bas-Rhin et Meurthe-et-Moselle) assurent une médiation obligatoire avant la saisine du juge administratif, pour certaines décisions relatives aux droits sociaux : RSA, APL et prime exceptionnelle de fin d’année.
En dépit de son caractère obligatoire, cette médiation gratuite dévolue à un tiers neutre, impartial et indépendant, qu’est le Défenseur des droits, intervient après les recours administratifs et offre ainsi à un public précaire, pour lequel l’accès au juge est souvent difficile, un véritable espace de dialogue propice à l’accès aux droits.
Lors de cette journée à Angers, le Défenseur des droits a également abordé le recul des services publics, une problématique qu’il dénonce fréquemment. En effet, en 2018, près de 90 % des réclamations adressées aux 501 délégués du Défenseur des droits soulevaient une difficulté dans la relation des usagers avec les services publics. Il y a quelques mois, l’institution avait d’ailleurs publié un rapport sur la dématérialisation et les inégalités d'accès aux services publics https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/rapports/2019/01/dematerialisation-et-inegalites-dacces-aux-services-publics.
Après l’Auvergne-Rhône-Alpes sur le thème des droits de l’enfant, la Normandie sur le handicap, la Corse sur l’accès aux soins, les Hauts-de-France sur la dématérialisation et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur sur les femmes en rupture de droits, le Défenseur des droits poursuit son tour des 13 régions dans les Pays-de-la-Loire.
Ces visites permettent avant tout de souligner le travail des 22 délégués qui reçoivent gratuitement les habitants de la région qui peinent à accéder à leurs droits.
Un délégué près de chez vous / l’annuaire https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/saisir/delegues.
Mots clés : Pays de la Loire, Médiation, dématérialisation, Services publics, MPO, préalable, obligatoire
Neutralité au pluriel nous invite à une réflexion constructive sur les pratiques, les concepts, les règles et les codes de la médiation. Une douzaine de membres du COllectif de REcherche sur les pratiques de Médiation (COREM) s’interrogent sur la manière dont la neutralité traverse l'espace de médiation, et la posture devant garantir leur éthique professionnelle.
En publiant leurs travaux, ils choisissent de partager plus largement leur questionnement, leurs expériences et leurs échanges. Et relancent un débat toujours vif chez tous les professionnels.
« Cette expérience de recherche collective s’appuyant sur des aspects théoriques et conceptuels de la médiation s’est révélée très impliquante personnellement et émotionnellement. La tâche a parfois été rude, exigeante, longue, fastidieuse et aussi enthousiasmante. »
Extrait du préambule
Coordination : Hélène Lesser - Préface : Dominique Lecoq
Auteurs : Kadhidja Amiti, Claire Bonnelle, Alix Bouche, Bernard Cortot, Claire Denis, Danièle Garin, Maïté Lassime, Hélène Lesser, Anne-Laure Petitjean, Hélène Schwartz, Laura Cardia Vonèche, Emile Ricard
Actualité, Infos
Patrick Levy-Waitz, Président de la Fondation Travailler autrement a remis ce mercredi 19 septembre 2018 à Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Cohésion des territoires, le rapport de la mission Coworking : Territoires, Travail, Numérique qui lui avait été confiée en janvier 2018.
Aujourd’hui, le phénomène des tiers lieux, conjugué à la volonté du gouvernement de fournir à l’intégralité du territoire une couverture Très Haut Débit, donne l’opportunité de résorber la fracture numérique, de valoriser et de revitaliser nos territoires, en créant les conditions favorables à une activité nouvelle et hybride.
Dispositif de la Mission
Avec l’appui du Commissariat Général à l’Égalité des Territoires (CGET) et après la mise en place d’un comité de pilotage réunissant plus d’une quinzaine d’acteurs incontournables des tiers lieux, une centaine d’organismes, structures et porteurs de projets ont été consultés depuis le 5 février : réseaux nationaux, réseaux locaux, porteurs de projet, spécialistes du coworking, spécialistes du télétravail, entreprises, associations d’élus, élus, collectivités, ministères, administrations…
12 régions visitées avons pu consulter les acteurs locaux des tiers lieux dans les territoires.
initié une consultation publique nationale réunissant particulièrement des experts de la sphère du coworking et des tiers lieux. plus de 1 100 contributions sur la plateforme ce dernier nombre illustre la volonté des contributeurs de partager du contenu qualitatif, détaillé et argumenté.
six ateliers de travail thématiques organisés sur des sujets clés :
modèles économiques, communauté, gouvernance, compétences et l’accompagnement, L’immobilier, La ruralité.
Quels constats ?
... la mission a répertorié en France près de 1800 tiers lieux dont 46 % se situent en dehors des métropoles.
Carte de France tiers lieux-min
... Patrick Levy-Waitz tire quatre enseignements majeurs :
- L’émergence de ces tiers-lieux, loin d’être marginal, s’inscrit dans un mouvement de fond touchant l’ensemble du territoire ;
- Ces tiers-lieux sont localement porteurs de dynamiques économique et sociale très structurantes ;
- L’essor de ces lieux préfigure celui des nouvelles manières de travailler (télétravail, travailleurs indépendants) ;
- Enfin, en contribuant à développer des activités de proximité et à encourager les circuits courts, ces lieux sont des acteurs essentiels de la transition numérique et écologique dans les territoires.
28 recommandations pour redynamiser l’activité dans les territoires
... des catalyseurs de développement local. La mission a émis 28 propositions dont 6 propositions principales qui constituent l’ossature du projet :
- Créer une structure nationale des tiers lieux, porteuse des actions de soutien ;
- Appuyer l’émergence de 300 fabriques des territoires ;
- Adosser le mouvement à un fonds d’amorçage qui pourra être abondé par des fonds privés pour lancer le dispositif d’accélération ;
- Professionnaliser le métier d’animateur des tiers lieux ;
- Créer un fonds d’investissement socialement responsable (ISR) de 50 M€ pour aider à la reconversion d’espaces en tiers lieux ;
- Favoriser la coordination public-privé en encourageant la mise à disposition de locaux par les collectivités et en formant les agents publics aux Tiers lieux.
Le rapport http://s3files.fondation-ta.org.s3.amazonaws.com/Rapport%20Mission%20Coworking%20-%20Faire%20ensemble%20pour%20mieux%20vivre%20ensemble.pdf
Extraits : ... p27 l’importance de la coordination des acteurs ... p29 l’Observatoire National de la Politique de la Ville (ONPV) 43 identifie plus de 200 quartiers prioritaires, particulièrement fragilisés. Ces quartiers, dont
tous les indicateurs sont « au rouge », exigent une action rapide et disruptive pour enrayer leur dysfonctionnement. ... p31 espace ouvert, hybride, qui facilite
la rencontre entre des acteurs hétérogènes et la mutualisation de ressources aux services de projets individuels et collectifs. Il en ressort que les tiers lieux sont à la fois des espaces physiques dédiés au travail et aux activités collectives mais aussi des espaces sociaux d’échanges entre acteurs. ... Pour Ray Oldenburg, le tiers lieu (« third place ») n’est ni le lieu de travail, ni le domicile, mais bien un espace entre-deux qui présente des caractéristiques communes aux sphères privée et professionnelle. Il précise qu’il est un
espace neutre, accessible à tous et qu’il ne peut avoir un coût financier ou des conditions d’accès restreintes. Sa fonction principale est de stimuler les interactions sociales, de développer les rencontres, conversations, échanges, collaborations... Cette approche se retrouve dans les valeurs des tiers lieux proclamées par Fork the world du réseau des tiers lieux Libres et Open Source 47 https://world-trust-foundation.gitbooks.io/fork-the-world/content/ - Gitbook rédigé par un réseau d’acteurs des Tiers-Lieux lors de l’Expérience Tiers-Lieux «Fork The World» de la Biennale de Design de Saint-Etienne (9 mars - 9 avril 2017) consacrée aux mutations du travail. MOVILAB ... P35 Les Living Labs participent donc à l’arrivée d’un nouveau système d’innovation où les personnes ne sont plus de simples utilisateurs mais deviennent acteurs et collaborateurs. ... p36 Cartographie béta des « espaces hybrides », version 2 - 07/05/2017 de Prima Terra ... p74 France Boissons, filiale de distribution du groupe néerlandais Heineken, organise l’opération Mon Café 2.0, sous l’impulsion du député du Vaucluse Jean-François Cesarini (LaREM), ... p97 concept de Tiers-jardin 126 que l‘hybridation entre espaces de vie,
de travail, de détente et de production agricole opère ... développement de tiers lieux à finalité écologique, ... p112 le télétravail ... p133 Exemple de transformation d’une bibliothèque en tiers lieu La Bibliothèque Oscar Niemeyer au Havre – Dans le mouvement des Bibliothèques Troisième Lieu ... p135 un tiers lieu, mais avec cette particularité de garder la philosophie de la Croix-Rouge, à savoir le don, l’échange, l’humanité. ... p145 7, lieu totem du numérique dans la Métropole de Lyon qui ouvrira ses portes en avril 2019, permettra de réunir des dispositifs d’accélération de projets d’innovation sociale, l’écosystème numérique Lyon French Tech ainsi qu’un espace dédié à la culture. Il sera exploité par un consortium composé du Groupe SOS, premier groupe français de l’entrepreneuriat social, d’Arty Farty, acteur de l’innovation culturelle, et d’1kubtor, réseau d’incubateurs.» ... p158 Les tiers lieux portent l’exigence d’une société à s’auto-organiser, s’émanciper, se démocratiser ... p171 Jouer le rôle de médiateur / facilitateur avec
les différentes administrations pour simplifier le parcours des créateurs de lieu ...
Ndlr :
- du blabla, des contradictions comme "acteurs essentiels mais nécessité de les appuyer", sur "fabrique des territoires" : peut-on "fabriquer" exnihilo un territoire ? cf https://my.framasoft.org/u/mediationpourtous/?W-XvTw
- pas de soubassements conceptuels sur le tiers ou le co (« Nous entrons dans l’âge du co. : coopérer, co‑construire, collaborer ». Élu rural – Membre de l’Association des Maires Ruraux de France)
- réfugés dans le postulat de la neutralité sous couvert d'un chercheur américain caution.
- des collusions (Heineken / LREM-LaREM), du favorisme (les copains GR SOS /ex)
- le couteau suisse des poliltiques publiques ! Un idéal en contradiction avec le fonctionnement quotidien du gouv.
- p166 "l’opposition centre-périphérie qui a servi de base de colère aussi bien aux Frontistes qu’aux Insoumis" phrase partisanne !
- sujet très politique ne retrouve pas dans ce rapport ce qui est initialement projeté ? ACT
...
Ivan Illich, un autre grand penseur de la technique, avait ainsi mis en évidence l’existence de techniques conviviales et d’autres destructrices des liens sociaux (on pourrait aujourd’hui se poser la question avec les « réseaux sociaux »...). Dans son œuvre, il insiste également sur le fait qu’il est impossible d’affirmer que la technique est neutre et que tout dépendrait de l’utilisation qui en serait faite. Quand les techniques sont jetées dans le monde, elles doivent être pensées
dans leur ensemble et dans le retour qu’elles ont sur la transformation de l’humain
...
Connue / https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?ivm5Zg
Jean-Michel Meyre 1
1 LIRDEF - Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Éducation et Formation
Résumé : Freud définit l’acte d’enseigner comme un métier impossible (à l’instar de gouverner et soigner) car pour lui, « on peut d’emblée être sûr d’un succès insuffisant ». Quel point commun entre ces trois spécialités si ce n’est l’importance du rapport à l’autre ? Or, un examen du système scolaire et des préoccupations qui animent le milieu de l’éducation atteste d’une forte prédominance des aspects disciplinaires, didactiques. Pourtant, les souvenirs laissés par les enseignants auprès des élèves sont davantage conditionnés par la relation communicationnelle qu’ils ont établie ensemble. L’étude de ce point de vue et la recherche d’éléments signifiants venant accréditer sa fonctionnalité a été réalisée au moyen d’une méthodologie croisée, quantitative et qualitative, convoquant des questionnaires à destination des élèves, des tests d’empathie et des tests d’assertivité auprès des professeurs, des films en situation d’enseignement analysés tant d’un point de vue thématique que quantitatif, ainsi que des entretiens semi-directifs avec les acteurs. Au final, ce travail atteste que la trace mnésique laissée aux élèves est conditionnée par un « curriculum d’assertivité socio-conative » dont la dynamique propre est à même de contribuer à la formation initiale et continue des enseignants.
Mots-clés : Relation éducative ; Assertivité socio-conative ; Communcation bienveillante ; considération ; souvenir
Type de document : Thèse
Domaine : Sciences de l'Homme et Société / Education
-> 2018_MEYRE_arch.pdf
Version validée par le jury (STAR)
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02134573/document
dont
"
...
Des propos tenus par Don Bosco, Mialaret, Rogers et Zanna (2015) 18 confortent le rôle essentiel de l’empathie dans le triptyque enseignant-enseigné-savoir, permettant l’adaptation posturale, verbale ou interrelationnelle. Par-delà la nature même du savoir, des relations d’ordre affectif se créent, existent, perdurent ou évoluent. Celles
-ci peuvent être positives (+) quand le ressenti est favorable, neutres (=) quand la relation, l’échange, ne transforme ni ne crée aucune émotion, ou négatives (-) dans le cas d’une perception défavorable. A partir du modèle de Houssaye 19, nous avons cherché à modéliser ces échanges permettant d’améliorer la perception des échanges et des relations connexes.
...
Les gestes et les postures sont les médiateurs privilégiés de la conversation non verbale.
...
Si pour Claude Lévy-Strauss (1973), la nature même de l’empathie, « réside dans une conception de l'homme qui met l'autre avant le moi, et dans une conception de l'humanité qui, avant les hommes, pose la vie », l’assertivité est la capacité relationnelle médiatrice d’une communication ouverte impliquant le respect d’autrui.
Aborder le thème de l’assertivité dans la relation pédagogico-sociale enseignant/enseignés, c’est appréhender un mode de communication contribuant à la création d’un climat propice à l’existence d’une trace mnésique positive du dit enseignant.
...
A un autre niveau, l’étude de l’affirmation de soi auprès d’étudiantes infirmières 96 a permis de mettre en évidence le rôle et l’importance des styles de communication dans la pratique de la médiation assertive. Apprendre à parler et à réagir dans n’importe quelle situation, en d’autres termes, accroître sa capacité communicative, appréhender de nouvelles techniques de communication contribue à modifier l’affirmation de soi, c’est-à-dire le mode relationnel établi entre soi et autrui.
...
En 2003, Damasio, après avoir critiqué les positions et les postulats pris par Descartes
va reprendre certains propos de Spinoza ce dernier déclarant dans l’Ethique «
l’esprit et le corps sont un seul et même individu ». Le neurobiologiste pour sa part, écrit « l’idée de l’esprit humain se construit à partir d’un objet : le corps
». C’est donc au travers du corps, par le corps et grâce au corps que l’individu se confronte au milieu qui l’entoure. Celui-ci devient le médiateur par lequel les interactions avec le monde structurel qui l’entoure deviennent possibles. Toutefois, ce corps n’est pas neutre. Il est le signifiant de l’activité de l’individu, mais également le signifié pour l’individu lui-même. C’est à travers lui qu’il se forge ses expériences, mais également à travers lui qu’il utilise et transmet ses propres valeurs.
La conation est « l'inclination à agir dirigée par un système de valeurs
incorporées. C’est donc à travers le corps agissant que l’on peut juger, apprécier, estimer le système qui guide l’activité, qui oriente les choix, qui modifie et corrige les conations, en fonction de la rétroaction émise, « s’inscrivant dans des dynamiques évolutives et progressives
». 107
...
169 L'expérience corporelle, médiation entre sens pour l'élève et exigences pédagogiques : Objectivation par actimétrie de la corrélation entre la direction de jeu et les conations en badminton. Thèse de doctorat soutenue le 06.12.2012 à l’Artois.
"
Le 9 octobre 2018, la médiation de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur fêtait ses 20 ans, l’occasion de faire le point sur l’évolution du rôle de la médiation dans la gestion des litiges entre l'administration et ses usagers ou ses personnels et dans la prévention des violences en établissement scolaire. Entretien avec Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.
...
Le médiateur est d’abord un tiers de confiance, un tiers en qui le système éducatif a placé sa confiance pour favoriser le dialogue et permettre une meilleure compréhension entre deux personnes en situation de litige, qu’il s’agisse d’usagers, de personnels ou d’un autre acteur de la communauté éducative comme les familles, par exemple. Lorsqu’il y a un litige, le médiateur a pour mission d’aider, de manière neutre et impartiale, chacune des parties à renouer le dialogue et à trouver une issue à leur désaccord. En principe, le médiateur n’intervient qu’en deuxième instance lorsqu’un premier recours gracieux a été déposé auprès de l’administration ou du supérieur hiérarchique. Si la démarche n’a pas abouti, le médiateur peut être contacté. La solution trouvée par l’intermédiaire du médiateur doit convenir aux deux parties, il ne doit pas y avoir de perdant dans l’affaire. Le souci du médiateur est ainsi de faire en sorte que la solution soit construite et acceptée par les deux protagonistes du conflit. Cette solution doit être pérenne, stable et doit respecter le droit.
...
En quoi consiste la médiation ?
Notre instance n’a pas de pouvoir de décision, mais un pouvoir d’influence et de persuasion.
...
Je suis heureuse que la culture de la médiation ainsi que l’accompagnement des personnels soient développés au sein de votre fédération. Nos médiateurs, comme les membres de votre réseau sont d’anciens acteurs de l’Education nationale. C’est important, parce que cela apporte une écoute ainsi qu’une attention particulière envers les personnels et cela témoigne d’un attachement fort au service public de l’Education.
ndlr :
- revendiquer un pouvoir d'influence et de persuasion est clairement NON NEUTRE !!! CONTRADICTION... ACT
Le rôle du médiateur dans le Grand Débat National
Jean-Pierre Narbonne
Mediator, Consultant in conflict resolution, INTER-médiés Member of the editorial board
12 - 1 - 4
Pierre-François Degand organisateur de cette réunion a fait appel à deux médiateurs, Martine Van Der Wielen et moi-même pour animer / modérer cette réunion. L’objectif était que les habitants de la commune puissent : Echanger, Partager leurs diagnostics et idées, Identifier des problèmes, des objectifs à atteindre, Emettre des propositions de solution…
En tant que médiateurs nous avons naturellement utilisé les techniques de la médiation. Nous n’étions pas présents en tant que sachant, il ne s’agissait en aucun cas de conduire « une médiation » mais de faire circuler la parole entre les participants pour que chacun puisse s’exprimer et être entendu. La soirée c’est remarquablement bien déroulée, avec beaucoup d’écoute, de respect et de forces de propositions. Il y a eu des bravos mais aussi des marques de réprobation.
Notre posture de médiateur a été appréciée : écoute, respect, empathie, neutralité … ce qui a donné confiance à l’assistance. Pendant que l’un s’assurait de donner la parole aux personnes, voire de les interrompre, l’autre notait sur un paper-board les points soulevés.
Cela a donné du crédit à notre démarche et rassuré les gens quant au compte rendu qui sera téléchargé sur le site du #GrandDebat.
Animer ce type de réunion dans le contexte présent ne s’improvise pas. Il faut savoir alterner entre laisser parler et couper la parole ; interrompre quand les discussions s’enlisent sans blesser, mais aussi laisser parler une personne jusqu’au bout quand on sent qu’elle exprime une souffrance.
Les médiateurs ont toute leur place dans ce genre d’exercice pour faire bénéficier de leur savoir-faire.
N’hésitez pas et tentez l’expérience !
POLITIQUE Enquête
Alors que la Commission nationale du débat public était disposée à assurer l'impartialité et la neutralité du grand débat national, l’Élysée s’y est opposé. Documents et courriels confidentiels à l’appui, Mediapart révèle la lutte menée par Emmanuel Macron pour transformer l’initiative, selon le mot de Chantal Jouanno, en une « campagne de communication ».
...
« Le cabinet du président de la République a confirmé que la CNDP n’assurera pas le pilotage opérationnel du Grand débat national, ni sa restitution, écrit Chantal Jouanno. Le gouvernement a affiché sa volonté d’être le réceptacle de ce débat, sans instance tierce.
...
Mots-clés Chantal Jouanno Commission nationale du débat public Emmanuel Macron Grand débat national
ndlr :
- document de référence / duplicité de Mr Macron! => valoriser ACT
Grand débat : "L'Etat impose son langage" Publié le 20/01/2019 à 13:00 / Emmanuel Lemieux | Marianne
Société
Le "grand débat" ? C'est mal parti. Selon le philosophe Philippe-Joseph Salazar, la difficulté de débattre est une spécificité française. Ce pays doué d'éloquence politique durant des siècles est malade d'une langue technicienne et managériale des élites.
Il est l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la rhétorique, cet art de l'éloquence. Le philosophe Philippe-Joseph Salazar connaît le poids des mots quand la politique est au bord des catastrophes : occupant la chaire de rhétorique à la faculté de droit du Cap et résidant en Afrique du Sud, il a été l'un des observateurs privilégiés de la spectaculaire commission Vérité et réconciliation présidée par Mgr Tutu au lendemain de la fin de l'apartheid. Dans ses nombreux essais (notamment l'Hyperpolitique et Paroles de leaders), l'ancien assistant de Roland Barthes et de Georges Balandier, volontiers incisif et provocateur, n'a de cesse depuis des années de réclamer un réapprentissage civique et massif de l'éloquence digne de ce nom, dès l'école.
Pour se désembourber de la rébellion des « gilets jaunes », le président de la République lance un « grand débat ». Qu'en pensez-vous ?
Philippe-Joseph Salazar : Grand débat… En France, quand on affuble un geste ou un événement de l'épithète « grand », il faut immédiatement y entendre la voix de l'Etat. Seul l'Etat a le droit de qualifier ce qui est « grand » et ce qui ne l'est pas. Les « gilets jaunes » ne sont pas officiellement considérés comme un « grand » mouvement. Pourtant il l'est. Mais sans l'imprimatur de l'Etat qui donne ou refuse le label « grand », ils ne peuvent être que des « petits », des « pauvres », « ces gens-là », le « petit peuple ». Le débat dit à la française est en réalité un sous-produit du dialogue social qui lui-même est une technique de management et de résolution interne des conflits. C'est une langue technicienne à visée managériale de l'opinion.
Les « gilets jaunes » doivent-ils participer à ces réunions ?*
Non,...
Cet article est reservé aux abonnés
Il vous reste 86% à lire.
...
L’animation doit être neutre. Aucune position ou opinion ne doit être favorisée. La parole doit circuler et ne pas être confisquée par quelques personnes. Vous pouvez vous tourner vers l’équipe organisatrice du grand débat national pour demander un appui ou un conseil.
Si les participants sont plus de 40 ou 50, nous vous conseillons d’alterner les temps de dialogue:
en petits groupes et tous ensemble.
Si des élus ou des décideurs publics participent à votre évènement, ils doivent adopter une posture d’écoute vis-à-vis des propos tenus.
L’organisateur doit, si possible, les en avertir en amont.
...
charte est fondée sur les principes de pluralisme, d'argumentation, de transparence et de laïcité. Elle a pour fonction de protéger le débat et de le rendre accessible à toute expression qui respecte les principes généraux de la démocratie.
...
Charte
...
Contact avec la Mission grand débat national
Adresse :
244, Bd Saint Germain – 75 007 Paris
Mail : reunionslocales@granddebat.f r
Contacts :
France Métropolitaine : 0 800 97 11 11
Outre-Mer : 01 82 71
SOMMAIRE :
1 LA SAISINE
3 Lettre de saisine du Premier Ministre
4 Décision de la Cndp du 17 décembre 2018
5 Décision de la Cndp du 9 janvier 2019
6 2 LA MISSION
Mission d’accompagnement et de conseil pour le Grand Débat National
7 Phase préparatoire
8 Proposition de méthode de conduite du Grand Débat National
9 Organisation du Grand Débat National
10 3 LES PRINCIPES PROPOSÉS POUR LE GRAND DÉBAT NATIONAL
12 4 LES OUTILS DU GRAND DÉBAT NATIONAL PROPOSÉS PAR LA CNDP
15 Réunions d’initiative locale / RIL
17 Stands mobiles de proximité
18 Plateforme numérique
19 Conférences régionales citoyennes
19 Ateliers d’acteurs
20 5 LA RESTITUTION DU GRAND DÉBAT NATIONAL
Éléments de stratégie et de méthodologie
21 Les thèmes et le périmètre du débat
22 Le corpus
22 La méthode
23 Partenariat / Ressources
27 ANNEXES
28 Première analyse argumentative des contributions individuelles « Gilets Jaunes »
29 Présentation de la stratégie proposée le 18 décembre par la Cndp
41
...
le calendrier du débat et de sa restitution est extrêmement serré
...
Les principes de la Commission nationale du débat public sont l’indépendance, la neutralité (aucun avis positif ou négatif n’est exprimé sur les positions, propositions ou projets), la transparence (tous les comptes rendus de réunion seront disponibles) et
l’équivalence (la parole du « citoyen ordinaire » a autant de poids que celle d’un haut dirigeant). Il est important d’insister sur ce dernier point, la Cndp souhaite entendre celles et ceux qui se pensent comme de « simples citoyens » et relayer leur parole. Elle ira au devant de cette population.
...
Page 16 ... 5 outils prévus pour recueillir la parole citoyenne.
1 Réunions d’initiative locale – RIL
2 Stands mobiles de proximité
3 Plateforme numérique
4 Conférences régionales citoyennes
5 Ateliers d’acteurs (réunit des acteurs socio-économiques du tissu local pour les faire travailler avec leurs partenaires économiques et politiques afin de proposer et d’assumer des engagements concrets que ces acteurs économiques pourraient assumer sur les 6, 12 et 24 mois à venir.)
La plateforme en ligne est prévue pour réceptionner les résultats de tous les outils mis en place et pour pouvoir s’exprimer en ligne ainsi que pour informer de l’ensemble de la démarche. C’est donc à la fois un outil d’expression et un outil pour héberger tout ce qui émerge du Grand Débat National.
...
Page 21 - Restitution
... éléments de transversalité permettant de les relier ou de structurer la restitution.
2 Le corpus
... une partie du débat a déjà commencé (sur les ronds points, dans les mairies, etc.
...
Page 29
Première analyse argumentative des contributions individuelles « Gilets Jaunes »
/Marianne Doury, Professeur à Paris-Descartes
Destinataire : Ilaria Casillo, Vice-Présidente de la CNDP
... crise dite des « Gilets Jaunes »
... Dans le contexte de la crise des gilets jaunes, dire « je ne suis rien », c’est dire « je suis tout » : la revendication massivement portée par le mouvement étant de faire entendre
la parole du «peuple », de la « base », des « petites gens », plus on minimise son statut social, plus on légitime sa prise de parole.
Connu /
https://twitter.com/OlivierSchneid/status/1085102485461786625
"
Olivier Schneid @OlivierSchneid 7 hil y a 7 heures
Olivier Schneid a retweeté Sébastien Tronche
"La posture d’écoute active implique (pour les responsables politiques) de ne jamais prononcer de discours en ouverture, en clôture ou depuis une estrade, mais de répondre éventuellement aux questions posées" (rapport @CNDPDebatPublic …) #GrandDébatNational
Olivier Schneid ajouté,
Sébastien Tronche Compte certifié @S_Tronche
François Bayrou va organiser à Pau "cinq débats, un par thème défini et un libre" qu'il animera lui-même "en première ligne". Premier rdv le 25 janvier. #PremierDeCordee .#MontrerLExemple #RTL
0 réponse 1 Retweet 1 j'aime
"
Analyse :
- il est établi que ce débat à l'initiative du gouv est bien une conséquence du mouvement GJ.
- la notion de neutralité est convoquée à de très nombreuses reprises.N'est-elle pas confondue par moment avec l'impartialité ? La notion de tiers est-elle convoquée ? ACT
- page 13 : "la Cndp sera totalement apolitique" une posture apolitique est-elle tenable, notamment dans un contexte comme les gilets jaunes ? La notion d'équivalence est-elle incluse dans la notion d'impartialité ? Pourquoi ne pas convoquer plutôt cette dernière plus large ? ex. comment tenir un principe d'équivalence quand il y a de tels écarts de postions de pouvoir, culturels ou autres, entre un élu pdt de la république et un "citoyen ordinaire" ?
- page 14 : "adopter une posture d’écoute active" / élus "a posture d’écoute active implique de ne jamais prononcer de discours en ouverture, en clôture ou depuis une estrade, mais de répondre éventuellement aux questions posées. L’exercice sera particulièrement difficile compte tenu des risques forts d’interpellations virulentes."
Pour le pionnier du Web français Tariq Krim, l'histoire du déclin du numérique français est une tragédie en 3 actes. Il existe pourtant une sortie de crise. Par Tariq Krim
Pionnier du Web francais, Tariq Krim est fondateur de Netvibes, Jolicloud et de la plateforme de Slow Web dissident.ai.
© Creative Commons
Pourquoi la France est-elle passée du statut de pays leader dans la technologie à celui beaucoup moins enviable de nation consommatrice de smartphones obligée de mendier un peu d'oxygène aux grandes plateformes pour développer ses projets ?
L'histoire du déclin du numérique français est une tragédie en trois actes. Il y eut d'abord les « 30 honteuses du numérique », où une petite élite arrogante et dénuée de vision stratégique a démantelé notre industrie informatique et électronique grand public. Elle a débranché les travaux de recherches les plus intéressants et laissé nos meilleurs développeurs partir à l'étranger faute de pouvoir les associer à des projets ambitieux.
Vient ensuite la capitulation vis-à-vis des grands acteurs américains. Ainsi, de nombreux politiques et hauts fonctionnaires français leur ont permis d'intégrer leurs technologies au cœur des prérogatives régaliennes de l'État : défense, renseignement, éducation, sécurité, mais aussi culture. Plusieurs d'entre eux quitteront leurs fonctions pour aller rejoindre ces sociétés.
Le troisième acte se joue en ce moment. Alors que nos dirigeants se préparent à une vente à la découpe, il reste cependant un mince espoir d'inventer une autre manière d'utiliser le réseau plus en phase avec nos principes et nos valeurs.
...
En 1993, les États-Unis lancent le projet des « Autoroutes de l'information » qui fera notamment de l'Internet et du numérique le fer de lance de leur nouvelle stratégie de croissance. Au même moment, l'Europe décide de miser sur les industries traditionnelles… et le diesel propre ! Vingt-cinq ans plus tard, les Gafam dominent aujourd'hui le monde et le patron d'Audi a été arrêté pour avoir faussé les mesures de pollution de ses moteurs. En France, les Gilets jaunes ne comprennent pas pourquoi ils sont taxés sur le diesel alors que pendant des années on les a massivement incités à acheter les voitures utilisant ce type de carburants.
...
Nous aurions pu avoir un autre destin, car si les États-Unis avaient la vision et l'argent, c'est en Europe qu'ont été inventées deux des briques fondamentales de l'Internet : Linux et le Web. Mais à la différence du standard GSM, ces dernières ont eu le malheur d'être conçues par des individus talentueux hors des grandes institutions. Snobés chez nous, ces deux projets deviendront le moteur des plateformes numériques américaines et chinoises et l'instrument de leur domination mondiale. Car c'est bien de la détection précoce des technologies d'avenir et des talents que viennent les succès de sociétés comme Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft. La France ne voit pas les choses de la même manière, notre élite méprise ce qui est marginal, différent ou simplement trop petit. Le scénario de « dénumérisation » de la France suivra toujours le même schéma. Nous vendrons à la casse nos sociétés, ou les dilapiderons alors qu'elles possédaient en interne les technologies qui, si elles avaient été mieux valorisées, nous auraient permis d'influencer la direction prise par l'Internet.
Tout commence dans les années 70, avec l'abandon du réseau Cyclades de Louis Pouzin au profit du Minitel. Louis Pouzin en est le concepteur et il est l'inventeur de la segmentation des données en « Datagramme ». Il sera récompensé (avec Tim Berners-Lee et Vinton Cerf) par la reine d'Angleterre pour ses contributions essentielles à la création de l'Internet et il reste à ce jour un inconnu du grand public en France. Il faudra attendre 1994 pour que nos chercheurs acceptent enfin de s'intéresser à autre chose qu'à des technologies incompatibles avec l'Internet. Dans les années 90, c'est au tour du Premier ministre de l'époque Alain Juppé d'expliquer, au journal de 20 heures, sa décision de vendre à la casse Thomson Multimédia au coréen Daewoo : « Thomson, ça ne vaut rien, juste un franc symbolique. » Le gouvernement obsédé exclusivement par le volet social de l'entreprise ignore que Thomson multimédia dispose d'une grande partie des brevets sur la musique (le fameux MP3) et la vidéo en ligne qui seront utilisés quelques années plus tard dans tous les smartphones. Sa branche grand public sera démantelée et vendue au chinois TCL et ses meilleurs ingénieurs partiront chez Google.
...
Alcatel décide de transférer ses usines vers la Chine. Son PDG veut appliquer la stratégie du « fabless », à savoir délocaliser la production tout en conservant le design en France. Ce sera une grossière erreur d'analyse. Lorsque les smartphones deviennent un succès international, la France n'a plus de capacités industrielles dans ce secteur, alors qu'elle était l'un des principaux fabricants dans le monde.
...
la France préfère s'embourber dans des grands projets institutionnels sans avenir.
...
Tout récemment, le rapport sur l'intelligence artificielle de Cédric Villani n'a pas fait mention des deux meilleures solutions open sources dans le domaine : SciKit Learn et Keras qui se trouvent être… françaises.
...
L'acte deux commence avec le quinquennat Hollande. Un changement d'attitude va s'opérer vis-à-vis des grandes plateformes. La défaite est désormais entérinée en coulisses. Il ne s'agit plus d'exister au niveau mondial, mais de négocier avec les Gafam tout en faisant mine de s'indigner publiquement de leurs abus de position dominante.
...
Comment, dans ces conditions, se plaindre des conséquences des réseaux sociaux et de l'impact des Gafam sur notre démocratie quand nous leur avons ouvert si largement les portes de l'État ?
...
La France peut d'ailleurs se targuer d'être la seule démocratie occidentale à ne pas avoir ouvert de commission d'enquête à la suite de l'affaire Cambridge Analytica. Le gouvernement a préféré annoncer une collaboration rapprochée avec Facebook. Il s'agit de maintenir l'illusion que l'on peut gérer l'État comme une start-up, tout en feignant d'oublier que la majorité d'entre elles échoue dans les deux ans qui suivent leur création. En effet, ce gouvernement prend un risque inconsidéré en pariant notre avenir sur une hypothétique transformation numérique autour de « l'intelligence artificielle ».
Si nous ne nous donnons pas les moyens de réguler la manière dont ses entreprises et ce type de technologies fonctionnent, nous pourrions détruire notre modèle social en tentant de copier ceux de la Chine ou des États-Unis.
L'ironie du sort veut que, désormais, certains industriels et chercheurs américains s'appuient sur l'Europe et sa réglementation sur les données personnelles pour sortir d'un modèle numérique qui n'est pas « durable »
...
la meilleure réponse à la crise de confiance systémique vis-à-vis des Gafam est de soutenir les mouvements autour des technologies « éthiques ». Il s'agit d'un nouveau terrain de croissance industrielle pour l'Europe, comme le Bio l'a été pour l'agriculture.
De nombreux entrepreneurs réfléchissent à d'autres façons de concevoir la technologie, s'appuyant beaucoup moins sur la donnée et créant moins d'intrusions vis-à-vis de leurs utilisateurs.
C'est le mouvement autour des logiciels éthiques et du Slow Web. Ce mouvement, qui s'est réuni en septembre dernier à Copenhague, souhaite définir un meilleur équilibre entre usage numérique et monde réel pour ne pas rendre ces technologies aliénantes. Il prône notamment l'arrêt de certaines pratiques toxiques comme le profilage (micro targeting) ou la manipulation de nos émotions via des messages ciblés sur nos mobiles dont nous avons vu les conséquences désastreuses lors du référendum sur le Brexit ou l'élection américaine. Parce que nous avons laissé le numérique devenir un sujet politique de second plan, et que nous avons nommé des communicants à la tête des institutions qui devaient s'en occuper, il n'y a pas eu de véritable débat sur la digitalisation de l'État, et sur les conséquences que ces technologies peuvent avoir sur chacun d'entre nous.
Nous devons désormais exiger que les choix technologiques faits par l'État (comme les décisions politiques dans ces domaines) soient lisibles et compréhensibles par l'ensemble des citoyens… Car s'il s'agit de faire de la France une colonie numérique des plateformes et qui ne profiterait qu'à une petite bourgeoisie d'Internet, alors il faudra le dire clairement !
Il est temps également de voir émerger* une nouvelle forme de résistance citoyenne. Car l'usage de ces technologies n'est pas neutre, la substitution de l'action de l'État par des algorithmes rend caduque l'égalité de traitement entre chaque Français. Le remplacement de nos services publics par un « État plateforme » totalitaire (à l'instar du « Crédit social » qui voit chaque Chinois recevoir une note qui détermine leur capacité à se déplacer ou à obtenir un crédit) n'est pas la vision que nous souhaitons promouvoir. C'est pourtant ce qui se prépare dans certains cabinets ministériels lorsqu'il est question d'État plateforme… En espérant que la France reprenne le dessus sur ces questions, il faut saluer l'action de la commissaire européenne danoise Margrethe Vestager qui a su faire preuve d'un véritable leadership sur la régulation des plateformes. Il sera important lors des prochaines élections européennes de lui permettre de s'appuyer sur un parlement qui sera capable de l'aider à poursuivre sa tâche.
- Tariq Krim, pionnier du Web français, fondateur de Netvibes, Jolicloud et de la plateforme de Slow Web dissident.ai.
cf aussi https://my.framasoft.org/u/ind1ju/?Mwhg9Q
...
Nous, chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales assemblé·e·s au sein du Groupement d’intérêt scientifique « Démocratie et participation », sommes interpellé·e·s par ce que nous interprétons comme un appel à une république plus « participative » et par des pratiques qui s’attachent d’ores et déjà à la mettre en œuvre au quotidien, entre citoyennes et citoyens. Sans être formulé dans ces termes – la démocratie participative n’étant pas explicitement revendiquée – cet appel prend cependant forme au croisement de propositions plus ou moins creusées qui s’y rattachent fortement : assemblée citoyenne, référendum d’initiative populaire, débats décentralisés. Ces revendications démocratiques, leur émergence comme leur structuration via l’usage des réseaux sociaux ou l’organisation d’assemblées populaires, témoignant d’une profonde défiance à l’égard de la représentation et d’une aspiration à l’horizontalité, ne sont pas en elles-mêmes nouvelles. Ce qui est plus original, c’est qu’elles ne sont pas portées par le petit cercle de leurs promoteurs habituels. Autrement dit, alors que nous observons et contribuons depuis des années à des expériences participatives souvent pensées et pratiquées du haut vers le bas, une forme de demande sociale s’exprime sous nos yeux.
....
animation neutre et indépendante
...
la participation ne saurait conduire à délégitimer les autres formes d’expression ou d’expérimentation démocratiques, y compris celles qui s’expriment sur un mode radical. Nos recherches montrent à cet égard que la vitalité des formes plus conflictuelles d’interpellation est bien souvent une condition d’épanouissement des dispositifs participatifs comme d’aboutissement de décisions mieux ajustées à l’état réel de notre société.
...
ndlr :
- j'ai du mal à comprendre le but de cet article... (marquer son territoire d'intervention ?) => approfondir ACT
Notre Projet
Le Vent Se Lève : un média dans la guerre de position
Le Vent Se Lève part d’un constat : celui d’une défaite historique des forces de progrès. Notre projet s’annonce donc comme une entreprise de reconquête.
La parole confisquée
L’époque actuelle a pour caractéristique première la domination sans partage – quoique contestée – de l’hégémonie néolibérale. Si le néolibéralisme refuse de dire son nom, s’il refuse de se donner un visage unique, il est cependant parvenu à construire une hégémonie solide, laquelle s’incarne dans une variété d’acteurs : journalistes, politiques, partis, etc. Ce sont là les expressions les plus visibles de cette hégémonie, ensemble de théories, de pratiques, d’idées, de valeurs et de méthodes qui infusent dans la société tout entière, unifient une force sociale, font système et fondent le règne d’une pensée dominante omniprésente.
...
On n’imagine en tout cas pas que messieurs Niel, Bergé, Pigasse, Drahi, Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bouygues ou Bolloré, heureux propriétaires du Monde et de l’Obs, de Libération et de l’Express, du Figaro, des Echos, du JDD et du Point, d’Europe 1, du groupe TF1 et du groupe Canal, puissent vouloir contrôler tous les titres de Presse du pays à des fins d’influence.
...
La subordination de l’information aux intérêts privés, économiques ou financiers, est aussi préoccupante que l’était l’alignement de l’information sur les intérêts étatiques au temps de l’ORTF. En quelques décennies, les moyens de communication seront simplement passés des mains de l’État aux mains des puissances privées. Il n’est pas évident que la démocratie ait gagné au change si l’on considère que les médias dominants se sont contentés de troquer un ministre de l’information ayant une ligne directe dans toutes les rédactions contre une multitude d’actionnaires et d’annonceurs publicitaires qui, de la même manière, censurent, licencient et influencent les lignes éditoriales malgré la résistance et le travail indépendant que continuent de mener certains journalistes.
Pourtant, des débats se tiennent, des idées sont échangées, des points de vue contradictoires se confrontent et plusieurs titres de Presse sont concurrents. Seulement la pluralité ne fait pas le pluralisme. CNews, BFMTV et LCI se disputent des parts d’audience.
...
S’offrir un journal ou une chaîne de télévision c’est s’acheter de l’influence. C’est-à dire une influence personnelle et surtout une influence politique qui s’inscrit dans un projet de classe. Le rachat de la Presse est une étape clé de la conquête de l’hégémonie culturelle par les néolibéraux. Sont ainsi répétés en boucle les mêmes credos néolibéraux, les mêmes mots-valise matraqués ad nauseam (« compétitivité » ; « coût du travail » ; le « courage » du « chef d’entreprise » ; le « dialogue social » qu’il faudrait « fluidifier » etc.) jusqu’à faire passer ces mots pour des évidences. Cette construction d’une grille de lecture prétend à une forme de naturalité. Elle interdit la mise en avant de cadres d’analyse différents. En l’espèce, ces dernières années ont achevé de marginaliser la parole de gauche, pourtant devenue déjà très minoritaire dans le monde médiatique. Il est vrai, cependant, que la parole de gauche s’est elle-même disqualifiée
...
Les voix dissonantes, expropriées de l’espace public, se regroupent autour de pôles de résistance et de potentielle renaissance intellectuelle (on citera Le Monde Diplomatique, Là bas si j’y suis, Les économistes atterrés, Fakir, Acrimed dans des domaines très différents…). Mais ces quelques bastions enclavés se trouvent bien seuls au milieu d’un océan de silence, et s’adressent à un public restreint.
...
admettre comme point de départ une représentation spatiale du monde social dans la lignée d’Antonio Gramsci. Il faut comprendre par là l’idée d’un monde social comme un vaste champ de bataille découpé entre les positions de forces adverses, entre les lignes de défense de « ceux d’en bas » et la tranchée adverse. Les positions de l’adversaire néolibéral ont ceci de particulier qu’elles sont bien mieux défendues que les nôtres, mais surtout qu’il est en permanence à l’offensive. Ce schéma, c’est celui de la guerre de position élaboré par Gramsci au lendemain de la première guerre mondiale. Il transpose le vocabulaire propre à la tactique militaire à l’analyse du monde social. Il parle ainsi des médias, des églises, des universités, des usines, des palais de justice, comme d’autant de bunkers et de casemates, de forteresses et de bastions qu’il importe de défendre ou de conquérir avant de pouvoir prétendre à l’exercice du pouvoir. De là la distinction fondamentale dans la pensée de Gramsci entre la société politique et la société civile. Cette dernière est le lieu de production du consentement à l’hégémonie néolibérale, qui permet ensuite d’assurer le règne d’une force dominante et la diffusion de ses idées.
Ce qui importe ici, c’est de comprendre l’effort d’actualisation de la pensée marxiste entrepris par Gramsci. Ce dernier écrit dans un contexte d’échec généralisé des tentatives révolutionnaires en Europe de l’Ouest et d’arrivée du fascisme au pouvoir en Italie. Plus précisément, il écrit depuis la cellule de prison où Mussolini l’a fait jeter. Afin de comprendre cet échec historique des révolutions socialistes, il opère une distinction d’importance entre l’Est et l’Ouest, entre la Russie où la révolution bolchévique l’a emporté et l’Europe où tous les mouvements révolutionnaires ont été défaits. La société russe se caractérisait alors par une structure sociale simple, une société civile quasi-inexistante, un appareil étatique affaibli : le pouvoir était à prendre. Cette situation implique une guerre de mouvement, rapide, frontale, pour qu’une force sociale puisse l’emporter.
En Europe de l’Ouest tout au contraire, la structure sociale est complexe, nervurée de tranchées, la société civile est puissante et la classe dominante s’appuie bien davantage sur la production du consentement que sur la force brute pour régner. Ce qu’il appelle l’Etat intégral peut ainsi se définir comme une « hégémonie cuirassée de coercition », la domination par la culture encadrée par la possibilité du recours à la contrainte. L’aspect coercitif occupe ici le second rôle. Dans une telle configuration, opposer le fusil à la plume est impossible, inefficace et contre-productif. Gramsci pense ici aux grandes offensives frontales sur des tranchées ennemies trop bien défendues au cours desquelles des centaines de milliers d’hommes se faisaient faucher par les mitrailleuses pendant la Grande Guerre, sans aucun résultat militaire. Il faut adapter les méthodes de lutte et substituer la guerre de position à la guerre de mouvement. Cette guerre de position se mène avant toute chose par une praxis politique propre à une force sociale, par la lutte culturelle. Cette lutte doit être ancrée dans le quotidien. La « bataille des idées et des mots » joue ici un rôle important quoique non exclusif : il s’agit, pour les acteurs de cette guerre, de conquérir des positions sociales, d’avancer leurs pions, et de faire progresser leur vision du monde. C’est une stratégie de conquête plus lente, plus laborieuse, mais la seule à même de réussir. A travers cette guerre de position, ce qu’il s’agit de faire – comme le formulent Ernesto Laclau et Chantal Mouffe -, c’est de tracer une ligne de démarcation claire, à l’endroit le plus pertinent, entre l’adversaire et nous, de créer un eux et un nous de part et d’autre d’une frontière intérieure à la société et de nous battre toujours pour faire avancer cette frontière antagonique, pour faire avancer nos lignes et faire reculer l’adversaire.
...
on peut comparer le rôle d’un média comme Le Vent Se Lève au rôle d’un échafaudage. L’échafaudage est une structure temporaire, il n’est pas une fin en soi. Il a pour seule fonction d’assurer la construction du bâtiment auquel il est adossé. Pour construire le grand mouvement qui émergera demain, un échafaudage solide est nécessaire. L’émergence d’une force politique nouvelle est conditionnée à l’élaboration d’une grille de lecture alternative par des médias comme le nôtre, par l’imposition de nos mots dont Íñigo Errejón dit qu’ils « sont des collines dans le champ de bataille de la politique » et que celui « qui les domine a gagné la moitié de la guerre », par la mise à l’agenda de nos thèmes et de nos termes afin d’œuvrer à la conquête de la centralité de l’échiquier politique. Et nous pouvons en cela compter sur les très nombreuses initiatives qui émergent ici et là, des médias écrits, des blogs, des chaînes Youtube, des revues, des collectifs etc. Le Vent Se Lève n’est de ce point de vue qu’un pion dans la large constellation d’initiatives en train de naître.
La construction d’un média d’opinion ...
contact@lvsl.fr
ndlr :
- positionnement idéologique très proche de LeMédiaTV ? ACT
La commission nationale du débat public rappelle dans une lettre adressée à Matignon datée du 15 décembre qu'un débat public ne peut être un outil à la solde du pouvoir. Si l’exécutif ne respecte pas les règles, elle menace de se retirer du jeu.
...
rappelle fermement ses principes et son indépendance.
...
un débat public ne peut être un outil à la solde du pouvoir : la commission "veillera à ce que les réunions du "grand débat" ne soient en aucun cas" des "meetings politiques", ni pour le gouvernement, ni pour la majorité", écrit-elle. La commission rappelle qu'elle est neutre, indépendante et qu'elle seule décide de la méthode pour organiser le débat et en restituer les conclusions.
...
Après avoir mené, elle aussi, une série de consultations préalables, la CNDP met en garde l’exécutif : la défiance est forte. Elle lui déconseille d’évoquer "des lignes rouges"et de persister à employer des termes comme "pédagogie", ou "explication" au risque de vider les salles ou de les radicaliser. Elle réclame du gouvernement qu’il "s’engage à répondre par écrit, de manière argumentée et détaillée à toutes les positions et propositions" et à ne prendre pendant les deux mois et demi de concertation aucune décision qui n’en tienne pas compte.
En cause notamment, la réunion convoquée mardi 18 décembre au soir à l’Elysée pour préparer le grand débat national, en présence du Premier ministre, qui fait bondir certains membres de la commission, selon franceinfo. L’un d’entre eux évoque une "réunion jupitérienne" en contradiction absolue avec les principes de l’institution. "Emmanuel Macron ne peut pas en faire une affaire personnelle", s’indigne l’un des représentants de la société civile qui y siège.
Emmanuel Macron envoie pourtant le signal parfaitement contraire quand il déclare comme il l’a fait hier que finaliser le débat public et en clarifier les règles avant le Conseil des ministres impose qu’il n’aille pas à Biarritz. C'est une "priorisation normale de mon agenda" a déclaré le chef de l'État, qui se fait remplacer par Jean-Yves Le Drian, son ministre des Affaires étrangères, à la réunion de préparation du G7.
Sujets associés
Gouvernement d'Edouard Philippe Emmanuel Macron "Gilets jaunes" Politique Eco / Conso Transports
ndlr :
- sur la notion de neutralité, affirmer "être neutre" n'a aucun sens. cf travaux de recherche sur ce thème
- il a été dit (ailleurs ?) que la cndp dans un débat précédent avait fait émerger des éléments annonciateurs d'un risque de type "gilets jaunes" transmis au gouv macron/phiippe qui n'en avait tenu aucun compte => chercher réf ACT
->
https://www.lejdd.fr/Politique/taxe-carbone-le-gouvernement-etait-averti-du-risque-de-grogne-3821522
&
info déjà éclairante de fin juin 2018 : https://reporterre.net/Le-debat-public-sur-l-energie-a-produit-des-conclusions-utiles-a-condition-que
Skeptikón est une plateforme de vidéos en ligne autour de la zététique, de l'esprit critique, du scepticisme de manière plus générale.
Cette plateforme est une instance de Peertube, une solution d'hébergement décentralisé de vidéos et basée sur du logiciel libre. Elle ne contient aucune publicité et ne trace pas vos activités dessus (contrairement à d'autres plateformes bien plus connues). Elle est mise à disposition bénévolement et à titre gracieux.
Le nom Skeptikón (σκεπτικόν) est la forme neutre de l'adjectif en grec ancien σκεπτικός / σκεπτική / σκεπτικόν, signifie « Qui observe, qui réfléchit. ». Le choix du neutre vise à être inclusif, indifféremment du genre.
Si vous réalisez des vidéos autour des sujets cités plus haut et que vous souhaitez les voir apparaître sur la plateforme, je serais ravi que nous prenions contact pour en discuter par mail : florent.peertube@zeteo.me.