Le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, alerte sur la progression de l’extrême droite partout en Europe, qui s’accompagne de nombreux reculs sur le front de la lutte contre le changement climatique.
Photo Jean-François Julliard. | JOSEPH MELIN-GREENPEACE
« La grammaire de l’extrême droite est bien connue : exploiter les peurs, désigner des boucs émissaires, manipuler l’information et instrumentaliser la colère. Ce schéma populiste, éprouvé depuis des décennies, opère aujourd’hui à plein régime.
L’offensive réactionnaire actuelle se nourrit de la haine, du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, du sexisme, de la LGBTQI + phobie, elle menace directement certaines communautés et des pans entiers de notre société, des services publics à la culture en passant par la recherche scientifique.
Et elle cible aussi le cœur de notre mission sociale : l’écologie, et avec elle, toutes celles et ceux qui s’engagent pour mener les transformations sociétales dont notre monde a besoin face aux immenses défis des crises environnementales qui menacent la survie de l’humanité. La communauté scientifique, qui alerte sur le dépassement des limites planétaires et nous somme d’agir urgemment, est également attaquée. Ce phénomène porte un nom : le backlash écologique.
Aux États-Unis, Donald Trump et Elon Musk sont les figures de proue de ce mouvement
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Dans leur sillage se façonne un monde toujours plus dérégulé, au service des intérêts privés de quelques milliardaires. On y retrouve les puissants qui ont financé la campagne de Trump, des “carbofascistes” dont le refrain favori “Drill, baby, drill” commande de forer toujours plus, quitte à plonger toujours plus la planète dans le chaos climatique. Prêts à tout pour préserver leur fortune, ils attaquent frontalement les ONG environnementales comme Greenpeace USA, actuellement menacée par une poursuite bâillon aux États-Unis intentée par Energy Transfer. En cas de défaite, cette procédure pourrait entraîner la fermeture du bureau américain de Greenpeace, actif depuis plus de cinquante ans pour la protection de l’environnement.
La France n’échappe pas à ce mouvement délétère.
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«L’écologie d’extrême droite n’existe pas»
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ce que porte réellement l’écologie : des valeurs d’humanisme, de justice sociale et de tolérance. Loin des caricatures agitées par ses adversaires, elle se veut une promesse d’amélioration de qualité de vie pour toutes et tous, et doit être un rempart contre les inégalités sociales et les dérives autoritaires.
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L’extrême droite ne sauvera ni le pouvoir d’achat, ni notre environnement. Elle ne réglera pas la crise climatique ni n’empêchera la disparition des espèces. Elle n’améliorera pas les conditions de vie des Français et Françaises. Au contraire, derrière ses discours prétendument à l’écoute des préoccupations du peuple, elle est et restera du côté des élites économiques et des industries polluantes qui ne font qu’accroître les inégalités. Son projet est un mirage dangereux face auquel nous devons faire unité avec l’ensemble des forces qui se battent pour défendre l’environnement, les libertés associatives et les droits humains et contre toute forme de discrimination. »