La rôtisserie est au centre d'une polémique à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où un bras de fer juridique s'est engagé entre le maire et l'enseigne.
Clés : Alimentation
L’enseigne Master Poulet est aussi installée à Marseille. (©TN / actu Marseille)
Par Léa Giandomenico Publié le 26 avr. 2026 à 21h12
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Master Poulet a saisi le tribunal administratif de Montreuil, qui a constaté que « la décision d’emmurer le commerce (était) manifestement illégale » et a condamné la mairie à retirer les blocs de béton sous 48 heures.
Et ce n’est pas la première fois qu’un différend de la sorte éclate : en août 2025, la mairie d’Asnières avait déjà bloqué l’installation d’une enseigne dans la ville.
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36 restaurants en France
Si vous ne connaissez pas cette chaîne de restauration rapide, petite carte d’identité : Master Poulet, c’est une enseigne de fast-food spécialisée dans la vente à emporter de poulet grillé halal à bas prix. La rôtisserie se revendique même « maîtres du poulet grillé ».
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plus de 50 points de vente sur le groupe Master Poulet et ses marques associées. L’enseigne livre aussi via Uber Eats et Deliveroo.
À la carte, on trouve de nombreuses déclinaisons de poulets grillés à des prix défiant toute concurrence : des poulets entiers à 7,5 euros, des demi-poulets à 4 euros, des cuisses de poulet à 2,50 euros… Mais aussi des pilons, des saucisses, des blancs de poulet, des donuts… Et des accompagnements à quelques euros (pâtes, riz ou encore pommes de terre).
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Cuisiné sur place, avec des produits français ou européens
Pour le fondateur de la jeune marque, Chouaib Benbakir, que notre rédaction locale actu Paris avait interrogé en 2024, « le prix abordable ne doit pas se faire en échange de la qualité ». Il l’avait prouvé à notre rédaction qui avait pu pénétrer dans la petite cuisine.
« Il n’y a que les donuts qui sont industriels », signalait d’emblée Chouaib Benbakir. Tout le reste est cuisiné sur place, à base d’ingrédients qui viennent de France ou d’Europe. « Notre poulet, il est élevé aux Pays-Bas. Pas en plein air, mais ce n’est pas du bas de gamme non plus »
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tournure politique, des élus de La France insoumise (LFI) accusant le maire d’instrumentaliser la lutte contre la malbouffe. Selon eux, la démarche répond avant tout à une logique de gentrification, « avec sans doute l’idée de favoriser des commerces proposant des prix qui ne sont pas abordables pour toutes et tous », a estimé le député LFI de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel, qui s’est rendu samedi à Saint-Ouen pour soutenir l’enseigne.
Dernier épisode dans ce bras de fer, le maire a fait installer vendredi 25 avril plusieurs gigantesques pots de fleur orange tout autour du commerce, à la place des blocs de béton.
En réponse, Master Poulet a suspendu des banderoles sur sa façade, indiquant notamment: « Nous sommes ouverts. N’en déplaise à Karim… »
Avec AFP
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Après le ministère américain de la défense, l’armée chinoise et les supermarchés Walmart, la chaîne de fast-food McDonald’s est le quatrième employeur au monde : près de 2 millions de personnes dans plus de cent pays turbinent chaque jour pour le compte du clown Ronald. L’enseigne aux arches dorées emploie quasiment 80 000 personnes en France et est devenue en quarante ans le premier employeur des jeunes. Son modèle : la franchise (les royalties et les loyers) et le CDI à temps partiel.
A Marseille, niché au cœur des quartiers nord, le restaurant de Saint-Barthélémy va à l’encontre du modèle social dominant de McDonald’s. Les 77 salariés y travaillent pour beaucoup depuis plus de vingt ans. En 25 ans de Big Mac, les salariés ont réussi à conquérir des droits inédits au sein du groupe. L’équipe syndicale du restaurant, emmenée par Kamel Guémari, délégué syndical (Force ouvrière) aux vingt ans d’ancienneté, est même parvenue à exporter son savoir-faire au-delà des frontières de leur quartier enclavé.
Dans les Bouches-du-Rhône, plus de 1200 salariés bénéficient d’un treizième mois grâce à un mouvement de grèves en 2012 initié par l’équipe de ce McDo des quartiers nord, considéré comme le berceau des conquêtes sociales des salariés du groupe en France. Le groupe McDonald’s, à la veille de la célébration de ses quarante ans de présence en France, a souhaité s’offrir un cadeau de choix : se débarrasser par tous les moyens de l’équipe syndicale de ce restaurant. Mais les salariés de Marseille répondent coup par coup, armés du code du travail et d’un avocat de combat.
Les escrocs et les indésirables, les ambassadeurs et les renégats, ce film retrace la place spéciale de ce fast-food dans un quartier miné ; il raconte aussi ce dont McDonad’s a peur : que ses salariés, sensés être eux-mêmes rapidement interchangeables, s’emparent de leur travail, décident de l’organiser eux-mêmes, à l’intérieur du cadre de la deuxième filiale de la plus rentable au monde - McDonald’s France totalise 25% du PIB mondial du groupe.
Réalisation : Julien Brygo
Montage : Robin Vollais
Conseillère éditoriale : Nina Faure
Conseiller au montage : Matthieu Parmentier
Image : Romain Rondet (Primitivi), Nina Faure, Adonis Romdhane
Prise de son : Julien Brygo
Mixage : Yves Zarka
Habillage : Jacques Muller
Pétition à signer :
http://bit.ly/faisons-plier-mcdonald