Une coupe rase dans une forêt près d'Eymoutiers (Haute-Vienne), le long du chemin de St Jacques de Compostelle
Publié le dimanche 3 mai 2026 à 09:13
26 min
Interception
En France, 62 000 hectares de forêts sont rasées chaque année selon l’Institut national de l'information géographique et forestière. Derrière ces coupes rases, dénoncées par Canopée, une forêt largement privée et une filière à qui l’on demande de produire toujours plus de bois.
Du jour au lendemain, la forêt n’est plus là. Ce paysage familier, où l’on venait se promener, a disparu. Les jours précédents, pourtant, un indice : le bruit continu des machines. Aujourd’hui, un arbre peut être abattu en 18 secondes, avec des engins industriels capables de couper, débiter et empiler en un seul geste. Après leur passage, il ne reste rien. Le phénomène porte un nom : les coupes rases.
L'équivalent d'un terrain de football toutes les 6 minutes
L’Institut national de l'information géographique et forestière en a mesuré l’ampleur : 62 000 hectares coupés chaque année entre 2018 et 2024. L’équivalent d’un terrain de football toutes les six minutes. À partir d’images satellites, l’ONG Canopée a évalué les conséquences de ces disparitions. Dans un rapport publié en février, elle estime que ces coupes sont « trop nombreuses », au regard de leurs effets sur la biodiversité et l’environnement.
Une forêt privée, morcelée, difficile à réguler
Derrière ces chiffres, une réalité souvent méconnue : la forêt française est majoritairement privée. Elle est répartie entre plus de 3 millions de propriétaires, dont certains ne possèdent qu’un ou deux hectares, parfois oubliés au fil des successions. Le code forestier autorise les coupes, y compris rases, ce qui rend leur encadrement complexe.
Contestations locales
Contre ces coupes rases, des marches blanches sont organisées dans les forêts, des abattages d’arbre ont aussi lieu sous escorte de la gendarmerie. A l’autre bout, il y a une sylviculture à qui on demande de fournir toujours plus de bois de chauffage et de bois d’œuvre destiné à la menuiserie. Pour suivre la cadence, des feuillus sont coupés, remplacés par des résineux, plus rapides à pousser et plus faciles à exploiter.
Partons marcher avec Antoine Giniaux dans une forêt désormais trouée à Saint Eloi dans la Creuse.
Reportage : Antoine Giniaux
Production : Hélène Chevallier
Réalisation : Lucie Lemarchand et Anais Reinhardt
Mixage : Anne Laure Cochet
Références Forêts Nature Info Société Environnement Écologie
L'équipe
Fabienne Sintes, Journaliste et productrice du 18/20 sur France Inter
Lucie Lemarchand, Réalisation
Martine Meyssonnier, Attaché(e) de production
Cécile Bidault, Journaliste
Antoine Giniaux, Journaliste
Hélène Chevallier, Journaliste
Tr.: ...
Bois d’œuvre : reste 1500 scieries en France...
Ndlr : 15 000 scieries en 1960 selon https://kloros.fr/actualites/pourquoi-les-scieries-francaises-sont-elles-en-crise
Missions du CNPF
... l’établissement public en charge du développement de la gestion durable des forêts privées : quelques 3,5 millions de propriétaires forestiers pour 12,6 millions d’hectares soit environ 23% du territoire. Placé sous la tutelle du Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, ses principales missions sont les suivantes :
- orienter la gestion des forêts privées : il agrée les documents de gestion durable, qui prévoient la gestion d’une propriété sur 10 à 20 ans. Tout propriétaire de plus de 20 ha doit avoir un plan simple de gestion agréé ;
- conseiller et former : il réalise des études et des expérimentations sur la forêt, puis vulgarise les méthodes de sylviculture auprès des propriétaires en les formant et les informant ;
- regrouper la propriété privée : la forêt privée étant très morcelée, le CNPF regroupe les propriétaires pour réaliser des projets de desserte, mobiliser les bois, regrouper les chantiers d’exploitation, mutualiser les coûts de travaux forestiers…
Mentions légales :
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- Responsable de la publication : Roland de LARY, Directeur Général du CNPF
- Rédaction : Service communication du CNPF - webmaster@cnpf.fr
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obligatoire pour les forêts de 20 hectares et plus (tous les îlots de plus de 4 hectares situés sur une commune et les communes limitrophes doivent être pris en compte pour le calcul des 20 ha).
Il peut également être rédigé pour des propriétés dont la surface est supérieure ou égale à 10 ha. Il est également possible de présenter un PSG concerté prenant en compte plusieurs propriétaires et regroupant une surface minimum de 10 hectares.
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modifications apportées par la Loi n°2023-580 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie
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Dans le Plan Simple de Gestion de sa forêt, le propriétaire forestier présente :
- quelques éléments administratifs pour s’identifier et caractériser sa forêt : nom et adresse du (ou des) propriétaires(s), surface et localisation de la forêt (avec un plan de situation), engagements fiscaux, etc.,
- une description (et un plan détaillé) de sa forêt : le parcellaire, les peuplements et leur état sanitaire, la desserte, etc.,
- les enjeux qui se rapportent à sa forêt :
. économiques (débouchés des bois, lien avec les industries locales, autres productions, etc.),
. environnementaux (particularités écologiques, zonages de protection, etc.),
. sociaux (fréquentation, convention d’accueil, défense des forêts contre l'incendie, etc.). - un bilan du Plan de Gestion précédent s’il s'agit d'un renouvellement (notamment les difficultés techniques, économiques qu’il a rencontrées),
- les objectifs qu’il s’est fixés (production de bois, chasse, agrément, etc.) : à une même forêt pourront correspondre des objectifs très différents selon son propriétaire,
- le programme des coupes et des travaux qu’il compte effectuer : les coupes prévues dans ce programme peuvent être avancées ou retardées de 4 ans (sans aucune formalité administrative), ce qui laisse une grande souplesse dans la gestion.
- une analyse de l’équilibre forêt-gibier sur la propriété, en précisant l’évolution des surfaces sensibles aux dégâts (plantations et régénérations) et l’évolution souhaitable du plan de chasse.
- une brève analyse des enjeux DFCI (Défense des Forêts Contre les Incendies)
Tout en étant l’expression de la gestion souhaitée par le propriétaire, le PSG doit également être conforme au Schéma Régional de Gestion Sylvicole (SRGS) qui définit les orientations à donner à la gestion des forêts privées de la région.
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En pratique
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il permet au propriétaire forestier de bénéficier d’aides publiques et de dispositions fiscales adaptées (régime « Monichon », IFI, DEFI, etc.).
Pour une forêt située en espace boisé classé dans un plan local d’urbanisme, le PSG agréé dispense le propriétaire de toute déclaration de coupes auprès de la mairie.
De même, pour des règlementations de protection comme celles des sites classés, sites Natura 2000, réserves naturelles, etc., le PSG agréé selon les dispositions des articles L.122-7 et 8 du code forestier dispense le propriétaire de demander par la suite des autorisations de coupes ou de travaux. De plus l’agrément au titre des articles L.122-7 et 8 du code forestier dispense le propriétaire de l’évaluation d’incidences prévue par les textes pour les forêts situées dans un site Natura 2000.
Enfin, pour les forêts pour lesquelles un PSG est obligatoire, celui-ci permet d’éviter le Régime d’Autorisation Administrative de coupes (RAA), qui impose une autorisation pour la réalisation de toutes les coupes.
Ndlr : on peut donc affirmer que le PSG réduit notablement les obligations des propriétaires notamment en matière d'écologie. La chasse étant par ailleurs bien prise en compte (gibier). Dénoncer ACT