Ateliers Travail et Démocratie
Manifeste pour une démocratie du travail
Novembre 2025
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rédigé par l’équipe d’animation des Ateliers, à partir de notre travail commun depuis 2020 et des réunions-débats tenues (à la Bourse du Travail de Paris et en visio) de décembre 2024 à avril 2025 autour de chaque chapitre du manifeste : nous remercions
chaleureusement les participant·es à ces réunions. Nous sommes notamment redevables à François Guérin, ergonome, décédé l’été dernier, et qui avait introduit nos débats le 7 décembre
2024.
Aurélien Alphon-Layre, Catherine Arnaud, Iwan Barth, Yves Baunay, Bernard Bouché, Fabrice Bourgeois, Thomas Coutrot, Damien Cru, Alexis Cukier, Christine Eisenbeis, Olivier Frachon, Marie Lesage, Julien Lusson, Dominique Malon, Christine Martin, Pascale Molinier, Muriel Prévot-Carpentier, Corinne Savart-Debergue, Nicolas Spire.
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c’est à partir de ce travail réel que peuvent se déployer l’émancipation et la démocratie.
En observant attentivement les personnes en action dans leur travail, les ergonomes ont mis en lumière l’écart systématique qui sépare ce travail réel (ce que les personnes font vraiment) du
travail prescrit (le travail tel qu’il est conçu, prévu et représenté par les directions). Dans la vie réelle, au travail comme ailleurs, rien ne se passe exactement comme prévu. La patiente adresse une demande inattendue à l’aide-soignant-e, la machine alerte l’ouvrier par un toussotement inhabituel, le service administratif s’inquiète de la récurrence d’un bug du logiciel... Ces situations auxquelles se confrontent les salarié·es ne peuvent pas toutes être anticipées par les bureaux d’études et les ingénieurs qui élaborent technologies, consignes et procédures en croyant connaître la réalité du terrain.
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L’écart entre le travail prescrit, formalisé sur le papier, et le travail réel, déployé dans la pratique, fait naître une tension que chaque travailleur ou travailleuse s’efforce de surmonter.
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Billet de blog 27 janvier 2026
Quel antifascisme syndical ? / thomas coutrot, économiste et statisticien
Le mouvement syndical se mobilise contre la montée de l’extrême-droite, car un gouvernement RN durcirait sans aucun doute la répression antisyndicale et les attaques contre les droits du travail. Mais que peuvent vraiment faire les syndicats contre la diffusion des idées racistes au sein du salariat ?
Yves Baunay (Institut de recherche FSU), Bernard Bouché (syndicaliste Solidaires), Fabrice Bourgeois (ergonome), Thomas Coutrot (économiste, membre d'Attac), Alexis Cukier (philosophe), Julien Lusson (militant associatif), Muriel Prévot-Carpentier (ergonome et philosophe), Corinne Savart-Debergue (syndicaliste CGT), membres des Ateliers Travail et Démocratie.
Le Manifeste pour une démocratie du travail cherche à stimuler la réflexion collective sur les stratégies concrètes d'action, notamment contre l'extrême-droite. Il sera lancé lors d'une réunion débat ce samedi 31 janvier après-midi à la Bourse du travail de Paris, visio possible, programme et inscription ici.
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Il y a 600 000 élu·es du personnel dans le secteur privé, et 360 000 dans le public : 1 million de personnes élues pour représenter le travail. Un peu plus de la moitié sont syndiquées. Ajoutons environ deux millions de personnes adhérentes à un syndicat sans être élues du personnel. Si une fraction seulement – mettons 10% - de ces trois millions de salarié·e s’emparait de la question du travail, de son sens, de ses finalités, de son impact social et écologique, l’ambiance changerait dans ce pays : celles et ceux, fort nombreux, qui n’en peuvent plus d’être pris pour des abruti·es dans leur travail, retrouveraient de l’oxygène.
[1] Force Ouvrière ne se prononce pas sur le vote RN, au nom de l’indépendance syndicale.
[2] Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes regroupe CGT, Solidaires, FSU, CFDT, FO, UNSA, CNT, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature…
[3] Voir une synthèse de cette littérature dans l’étude « Le bras long du travail. Conditions de travail et comportements électoraux », Document de travail Ires n°1, 2024.
[4] T. Coutrot (coord.), S. Fortino, L. Goussard, C. Martin, C. Nizzoli, C. Perez, G. Tiffon. Ré-enchanter le syndicalisme ? Les enquêtes syndicales CGT sur le travail réel. Rapport CGT-Ires, décembre 2025.
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Retrouvez la conférence des AMFIS 2022 intitulée : « La grande démission », avec :
• Thomas Coutrot, économiste, statisticien
• Anne Goullet de Rugy, sociologue
Jean-Laurent Catelli ? Livre de 2017 "la révolte des premiers de la classe"
• Matthias Tavel, député LFI-NUPES
Aubert ROLAND
Nous, nous croyons que les gens ont compris que la fortune des riches repose sur leur force de travail de plus en plus soumis au dicktat de ces esclavagistes. Les gens ont compris que le retour à la Nature est la source du BONHEUR et que la société matérialiste n'est que soufrance et dégénérescence !
Tr.: ... Le quiet quitting (en faire le minimum dans son travail, ne pas s'impliquer) ...
L’année dernière, alors que le premier confinement donnait à toute la bourgeoisie intellectuelle des envies de Révolution pour un « monde d’après » plein de bons sentiments, on se demandait dans les journaux et sur les plateaux télé si les personnes essentielles étaient en fait celles et ceux qu’on croyait. Car en un seul confinement national, tout ce que le pays comptait de « CSP plus », c’est-à-dire les cadres dirigeants, les DRH, les intellectuels, se retrouvaient chez eux ou dans leur résidence secondaire, les bras croisés.
Pendant ce temps, souvenez-vous, les « premiers de corvées » trimaient pour faire tourner les usines, les commerces essentiels, les hôpitaux ou encore les transports en commun. La bourgeoisie a eu la larme à l’œil face à ces gagne-petit que d’ordinaire elle ne voit jamais, Macron a concédé une petite prime défiscalisée, et hop, au charbon les gueux.
Le débat sur l’utilité des travailleuses et des travailleurs dans le pays n’aura duré que quelques semaines et c’est bien dommage. Mais encore plus ennuyeux : celui sur l’utilité de celles et ceux qui pouvaient rester chez eux en pleine crise pandémique n’a quasiment pas été abordé. Même au plus fort du Covid, personne ne s’est demandé ce qu’il en était de l’utilité des patrons. Ils sont passés à travers les mailles de la critique de l’utilité sociale des professions, ce qui confirme ce qu’ils sont devenus, dans la France des années 2020 : des divinités intouchables, si sacrées que plus personne ne se permet de les critiquer.
D’ailleurs, ils ne sont plus des patrons mais des « entrepreneurs ». Quelle différence ? En pratique, aucune : ce sont ceux qui dirigent les entreprises de l’économie capitaliste. Dans les croyances, c’est la nouvelle lessive qui a repeint la bonne vieille bourgeoisie en héroïne des temps modernes : quand le patron domine, l’entrepreneur entreprend. Entreprend quoi ? La mise au travail des autres pour en tirer une plus-value, pour lui et ses actionnaires.
Tr.: ... Thomas Coutrot, livre "Libérer le travail, pourquoi la gauche s'en moque et pourquoi ça doit changer" ...