Parce qu’il n’est plus possible que seuls “les milieux autorisés” soient autorisés à penser notre monde, ses réalités et ses combats. Cette émission se veut le carrefour des intellectuel·le·s, penseuses·eurs et actrices·eurs des luttes sociales dissident·e·s et/ou invisibilisé·e·s.
Par Sarah Duhieu
Journaliste indépendante originaire du Sud-Ouest, Sarah Duhieu s’intéresse aux questions de justice et aux violences faites aux femmes.
Politique
Quand les personnes qui nous représentent mentent constamment et en toute impunité, que reste-t-il de la démocratie ? Clément Viktorovitch, docteur en science politique et professeur de rhétorique, décrit dans son livre « Logocratie » le basculement vers un régime du langage où la parole officielle se décorrèle du réel sans avoir à en payer le prix. Le mensonge, longtemps exceptionnel et politiquement coûteux, est devenu depuis quelques années un réflexe banal. Donald Trump qui affirme que « les migrants mangent les chiens » ou qu’il a « mis fin à sept guerres », Christophe Castaner qui dénonce une « attaque d’hôpital » par des Gilets jaunes…
« Quand le débat public finit par perdre tout contact avec la réalité, quand le gouvernement peut mentir aux citoyennes et citoyens les yeux dans les yeux, c’est notre capacité à décider de notre avenir en commun qui s’efface également », estime Clément Viktorovitch. Sans débat public ancré dans le réel, comment prendre des décisions collectives éclairées ? Dans l’ère de la post-vérité, le vrai n’est plus une valeur absolue : on tend à croire ce qui nous arrange, dans des bulles informationnelles entretenues par les réseaux sociaux. Une dérive d’autant plus grave que les contre-pouvoirs, qu’il s’agisse de la presse, la justice ou les universités, sont constamment attaqués et discrédités.
Face à cela, Clément Viktorovitch appelle à retrouver une indignation citoyenne : se mettre en colère face au mensonge est une condition minimale pour défendre la démocratie.
2016-2017, Macron élu par une campagne vide ... nouvelle ère du mensonge, émis les yeux dans les yeux, clairs, explicites, pur récit ... elle contredit le réel les yeux dans les yeux ... ce sont des anticatastases, cette figure de style tellement audacieuse qu'elle n'était presque jamais utilisée - le mot était tombé en désétude et qui aujourd'hui est devenue une des armes quotidiennes d'un gouvernement qui bascule en logocratie comme Les États-Unis, la France.
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1er mai 2019, Christophe Castaner, manif du 1er mai, des gilets jaunes réfugiés dans un hôpital "... on a attaqué un Hôpital" ... on a appris très vite que c'était totalement faux. Passé la peur initiale, les soignants ont accueilli et soigné les manifestants. Rien à voir avec ce qu'avait dit CCR. J'étais sur un plateau de TV, j'ai dit la voix grave, vibrante "Mmes Mrs, nous venons d'assister à un mensonge d'État". Idem avec anticatastase de la secrétaire d'État Mme Sarah Valérie?? ... devenu la toile quotidienne et dans notre affect nous fait rire au lieu d'attiser notre colère. Notre indignation s'est assêchée, notre colère s'est épuisée, acoutumés à se voir mentir les yeux dans les yeux qu'on a fini par prendre ça à la rigolade de peur de devoir en pleurer comme disait Le Figaro. C'est pas bon démocratiquement. Nous sommes légitimes à rester en colère, indignés devant de telles situations graves démocratiquement. Et le jour où nous abandonnons ledroit à nous indigner, ça vaut le coup d'y consacrer un livre.
La commodité, situation embarrassante rupture dans le rapport au gouvernement. Le mensonge devenu une arme banale ... plus langue de bois, on ment. Parfois avec fierté comme Marlène CHiapa au gouv au moins 6 ans à mentir ... gagner dans les traitres ... système généralisé ... conscient, volontaire d'embrouiller le débat public ... art d'obscurcir, devient un concours de popularité. Si loyauté, honnêteté disparaît, alors l'idéal démocratique finit par se fissurer. Ex. expression "violences policières" ... Gérald Darmanin en pleine anticatastase ... idem E Macron ... alors que enquêtes de journalistes, rapports Défenseur des Droits, d'Amnesty international, du Conseil des Droits de l'Union Européenne, des rapporteurs spéciaux au Conseil de l'ONU ... Tous dans la même direction : IL Y A EN FRANCE UN USAGE DISPROPORTIONNÉ DE LA FORCE À L'ÉGARD DES MANIFESTANTS, manière polie de dire qu'il y a de la RÉPRESSION POLICIÈRE et non plus du maintien de l'ordre lors des manifestations en France. C'est TRÈS GRAVE. Le droit de manifester est essentiel en démocatie. Pierre Rosanvallon : tenter pour le peuple de faire échec aux décisions du gouvernement est un des droits essentiels en démocratie représentative. Un des rares droits après le pouvoir de véto. Composante essentielle de la souveraineté populaire. Ça ne va plus de soi, le droit de manifester en France a été réprimé. ... De plus en plus de gens ne vont plus manifester par peur. On a peur en France aujourd'hui de descendre énoncer son avis dans la rue. Le respect des droits fondamentaux a reculé. Le montre dans le livre que à partir du moment où le langage ne peut s'imposer sur le réel, le corolaire de voir le débat démocratique s'étioler fait reculer l'État de droit. ... intangible et sacré sinon le faire reculer sans avoir à l'assumer. C'est ce qui s'est passé en France avec les violences policières et ça va bien au-delà puisque la parole ?? va jusqu'à modifier le sens des mots ... retournés contre eux-mêmes, contre l'état de droit. Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur, a dit l'inverse "l'état de droit n'est ni intangible ni sacré". Alors que les philosophes de l'ÉTAT de droit nous l'expliquent bien. BRU l'attaque parce que le langage a été manipulé ... dernière étape contre le gouvernement des juges, expression de Laurent Wauquier "contre des coups d'état de droit" pour parler du travail normal du conseil constitutionnel en France
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En France comme aux USA, les même contre-pouvoirs attaqués : les universités, les chercheurs et les chercheuses, la presse car ce sont les journalistes qui peuvent documenter l'action du gouvernement, les ONG car elles sont les gardiennes des droits fondamentaux. Attaqués violemment aux USA, au Brésil, avec des reculs fondamentaux sur ces trois contre-pouvoirs dans ces deux pays. Et en France, moins vite, moins net, mais clair néanmoins contre l'université ... pénaliser l'occupation illégale d'un campus, les grèves étudiants, cad passible de condamnations, indépendance des chercheurs et chercheuses, liberté académique / respect des valeurs de la république. Manque de pot, elles ne sont pas définies juridiquement ... jusqu'où vont les libertés académiques ? potentiellement retourné contre moi ... Ça a finalement été retiré mais au dernier moment. La presse également : la question de la presse présidentielle, pas de dangereux gauchistes, régulièrement s'émeuvent qu'elle ne peut pas faire son travail. Régulièrement l'APPP dit s'est scandaleux, on n'a pas été invités, on a même été tenus à l'écart ! ... recul démocratique, etc. Un pays qui bascule dans la logocratie va en premier lieu tenter de s'attaquer aux vigies, aux contre-pouvoirs qui peuvent justement documenter cette bascule toujours pour les mêmes. Et en France aussi on observe qu'ils sont attaqués.
... l'ère de la post-vérité ... a permis la bascule démocratique ... aussi en Grande Bretagne et dans d'autres pays du globe - le Brésil, la France, l'Argentine quel
32:50 terminer ACT